img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L96xH120/arton249745-a4716.jpg?1776779728' width='96' height='120' /
Les faits ont eu lieu dimanche 19 avril. Alors que des enfants âgées de 6 à 11 ans jouaient dans leur lotissement, un homme âgé de 65 ans est sorti de chez lui armé d'une carabine à plomb, et a tiré en leur direction en hurlant des propos racistes. Notamment « Dehors les Noirs et les Arabes ! » br /« Il a mis en joue mon neveu de 10 ans, puis lui a tiré dessus. La balle a touché son mollet. Mon neveu a eu tellement peur. Il a cru qu'il allait mourir » explique une habitante. La jeune victime a été hospitalisée. Une femme témoigne avoir vu les enfants terrifiés, crier : ‘Il nous tire dessus, il nous tire dessus !' Je l'ai vu les menacer avec la carabine, j'étais choquée ». br /Le tireur a été photographié en train de commettre sa chasse à l'enfant, à la vue de tous, en plein week-end. Ces images insoutenables devraient faire la Une de tous les JT dans un pays où les médias ne sont pas tenus par des milliardaires d'extrême droite. br /Il a finalement été arrêté, et « fait l'objet d'une convocation par officier de police judiciaire pour des faits de violences avec arme » explique Le Progrès. Mais l'intention raciste, pourtant évidente, de cette attaque abjecte n'est même pas retenue ! Pour le moindre tag en manifestation, les poursuites sont plus lourdes que pour ces faits criminels.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Conte attaque/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L96xH120/arton249745-a4716.jpg?1776779728' width='96' height='120' /
Les faits ont eu lieu dimanche 19 avril. Alors que des enfants âgées de 6 à 11 ans jouaient dans leur lotissement, un homme âgé de 65 ans est sorti de chez lui armé d'une carabine à plomb, et a tiré en leur direction en hurlant des propos racistes. Notamment « Dehors les Noirs et les Arabes ! » br /« Il a mis en joue mon neveu de 10 ans, puis lui a tiré dessus. La balle a touché son mollet. Mon neveu a eu tellement peur. Il a cru qu'il allait mourir » explique une habitante. La jeune victime a été hospitalisée. Une femme témoigne avoir vu les enfants terrifiés, crier : ‘Il nous tire dessus, il nous tire dessus !' Je l'ai vu les menacer avec la carabine, j'étais choquée ». br /Le tireur a été photographié en train de commettre sa chasse à l'enfant, à la vue de tous, en plein week-end. Ces images insoutenables devraient faire la Une de tous les JT dans un pays où les médias ne sont pas tenus par des milliardaires d'extrême droite. br /Il a finalement été arrêté, et « fait l'objet d'une convocation par officier de police judiciaire pour des faits de violences avec arme » explique Le Progrès. Mais l'intention raciste, pourtant évidente, de cette attaque abjecte n'est même pas retenue ! Pour le moindre tag en manifestation, les poursuites sont plus lourdes que pour ces faits criminels.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Conte attaque/a/b/div
Si notre toute première perception de l'architecture revenait à en faire le lieu du rêve et du fantasme, à la rattacher à la sphère de « l'impossible », rien d'étonnant alors à ce que beaucoup d'enfants issus des classes ouvrières et pauvres s'avèrent par la suite incapables d'envisager cette discipline comme une activité professionnelle et une pratique culturelle placée au cœur de notre rapport physique et imaginatif à l'espace.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Topophile/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH87/30_ans-5b37b.jpg?1776672966' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt="" /
div class='rss_chapo'pÀ l'occasion de ses 30 ans, l'association Acrimed publie un Appel, en écho à l'« a href="https://www.acrimed.org/Appel-pour-une-action-democratique-sur-le-terrain-des-medias-1996"Appel pour une action démocratique sur le terrain des médias/a » de 1996./p/div
div class='rss_texte'pDepuis 30 ans, les médias dominants confirment et aggravent jour après jour leur rôle de gardiens de l'ordre néolibéral et autoritaire. L'emprise des industriels milliardaires et le poids des logiques commerciales ont appauvri l'information de manière considérable. Dans les médias privés comme de service public, l'enquête et le reportage sont de plus en plus sacrifiés sur l'autel de l'éditorialisme et du commentaire permanent. De la presse écrite à l'audiovisuel, un petit nombre de journalistes vedettes monopolisent la parole, concentrent le pouvoir éditorial et les gratifications symboliques, tandis que les inégalités se creusent avec les journalistes au bas de l'échelle dont les conditions de travail se précarisent./p
pChoix d'agenda, hiérarchisation et cadrages de l'information, marques de (dé)légitimation : imposées par le haut et trop souvent à sens unique, ces pratiques journalistiques pèsent lourd dans la construction de « l'actualité ». Elles sapent les conditions d'expression et de représentation des classes populaires et de la gauche partisane, syndicale, associative et intellectuelle ; elles défigurent les luttes sociales, écologistes, féministes et antiracistes. Dirigés et verrouillés par des chefferies sociologiquement solidaires des intérêts des classes dirigeantes, les médias dominants sont à cet égard des acteurs de l'asphyxie du débat public, renforcée par la normalisation de l'extrême droite et la diabolisation des mouvements d'émancipation./p
pParce que les fondamentaux journalistiques sont aujourd'hui régulièrement balayés au profit d'un prêt-à-penser fondé sur une accumulation d'idées reçues et de représentations frauduleuses du monde social et politique, les grands médias participent activement à l'effondrement démocratique. Le journalisme politique et sa focalisation, à grand renfort de sondages, sur les aspects les plus superficiels de la vie politique joue un rôle délétère. Le traitement des questions internationales en général et du génocide des Palestiniens à Gaza, en particulier, exacerbe ce grand dérèglement./p
pCes phénomènes n'ont rien d'une fatalité. Trente ans après la fondation de l'association Action-Critique-Médias (Acrimed), le 29 mars 1996, nous, lecteurs et lectrices, sympathisants et sympathisantes, camarades, membres et ex-membres d'Acrimed, nous réjouissons de constater que la question médiatique est, aujourd'hui, devenue un enjeu politique incontournable au sein des mouvements d'émancipation. La bataille est plus que jamais d'actualité. Nous appelons en conséquence à soutenir les actions d'Acrimed et à partager son combat pour une réappropriation démocratique des médias, contre la marchandisation de l'information, de l'édition et de la culture. Lutter contre la concentration et la financiarisation des médias, permettre l'indépendance des rédactions, libérer l'audiovisuel public des emprises politiques et commerciales et soutenir les médias indépendants relèvent de l'urgence démocratique./p
/br
h3 class='article_intertitres'Signataires/h3
p/brstrongLe collectif d'animation et la rédaction d'Acrimed/strong · strongSarah Abdelnour/strong (sociologue) · strongGilbert Achcar/strong (sociologue) · strongBruno Amable/strong (économiste) · strongJoseph Andras/strong (écrivain) · strongOlivier Azam/strong (réalisateur) · strongLudivine Bantigny/strong (historienne) · strongLucie Barette/strong (autrice et chercheuse en Langue et littérature françaises) · strongPierre-Emmanuel Barré/strong (humoriste) · strongAllan Barte/strong (dessinateur) · strongHicham Benaissa/strong (sociologue) · strongSoumaya Benaissa/strong (journaliste) · strongMarie Bénilde/strong (journaliste) · strongJudith Bernard/strong (co-fondatrice de Hors-Série) · strongBésot/strong (dessinateur) · strongLaurent Binet/strong (écrivain) · strongJules Blaster/strong (journaliste) · strongPauline Bock/strong (journaliste) · strongVincent Bollenot/strong (historien) · strongSarah Bos/strong (journaliste, porte-parole de l'Ajar) · strongNora Bouazzouni/strong 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Dorlin/strong (philosophe) · strongEtienne Douat/strong (sociologue) · strongYohann Douet/strong (philosophe) · strongDavid Dufresne/strong (écrivain et réalisateur) · strongCédric Durand/strong (économiste) · strongFrantz Durupt/strong (journaliste) · strongMathias Enthoven/strong (directeur des programmes) · strongAnnie Ernaux/strong (écrivaine) · strongJohan Faerber/strong (critique et éditeur) · strongDidier Fassin/strong (anthropologue) · strongÉric Fassin/strong (sociologue) · strongNina Faure/strong (réalisatrice) · strongBenjamin Ferron/strong (sociologue) · strongSébastien Fontenelle/strong (journaliste) · strongBernard Friot/strong (économiste) · strongFanny Gallot/strong (historienne) · strongIsabelle Garo/strong (philosophe) · strongFranck Gaudichaud/strong (historien) · strongDaniel Gaxie/strong (politiste) · strongAlain Gresh/strong (journaliste) · strongSarra Grira/strong (journaliste) · strongAndré Gunthert/strong (historien de l'art) · strongAbdellali Hajjat/strong 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img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/barbier_1er_mai-4b062.jpg?1776672966' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" /
div class='rss_chapo'pAutoriser le travail le 1er mai pour certaines professions ? L'éditocratie soutient l'idée avec enthousiasme./p/div
div class='rss_texte'pC'est ce que les journalistes appellent « un marronnier ». Comme (presque) chaque année, une proposition de loi visant à autoriser le travail le 1er mai a été mise sur la table ; et comme (presque) chaque année, une grande partie de la presse a soutenu l'idée. Cette fois, la tentative émane d'une proposition de loi LR reprise par Gabriel Attal, soutenue par le gouvernement, et examinée à l'Assemblée nationale le 10 avril. C'est le journal iL'Opinion/i qui avait ouvert le feu, dès le 27 mars, avec un article de première page : « Attal veut autoriser le travail le 1er mai et séduire les patrons ». Gabriel Attal « ia un coup en tête/i », explique le journal : « iFaire adopter une proposition de loi qui autorisera le travail le 1er mai pour certaines professions./i » iL'Opinion/i se réjouit de cette volonté de « ilibérer le travail/i » (sic), mais prévient : « iLe sujet est aussi controversé que porteur./i »/p
pPour s'assurer des bonnes dispositions de « l'opinion » – ou en fabriquer une sur mesure –, la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) commande alors un sondage ; c'est iLa Tribune Dimanche/i qui se charge de le relayer (5/04) : « iLes Français souhaitent en majorité travailler le 1er-Mai./i » Le sondage est présenté comme « iexclusif/i » et figure en manchette à la Une du journal, qui se permet de simplifier encore la formule pour être plus accrocheur : « Les Français veulent travailler le 1er mai ». Dans le papier qui présente les résultats, le micro est tendu au commanditaire de l'étude, Amir Reza-Tofighi, président de la CPME : « iComme nous le pressentions, ils sont très majoritairement pour/i », se réjouit-il. Où la dialectique entre un institut de sondage et son client se dévoile : à travers une question orientée et simplifiant les enjeux à l'extrêmespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="La question adressée par le sondage était la suivante : « Seriez-vous (…)" id="nh1"1/a]/span, veuillez nous confirmer ce que « inous pressentions/i » ; aidez-nous à co-construire dans l'espace public cette opinion que nous avons déjà, en lui donnant un vernis scientifique./p
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div class='spip_document_16509 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/montage_manchette_et_titres.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH260/montage_manchette_et_titres-ea5ac.jpg?1776672966' width='500' height='260' alt='' //a
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p/brCela suffit comme souvent à bluffer une bonne part du champ journalistique. Le sondage OpinionWay est instantanément repris un peu partout : iSud Ouest/i (5/04), BFM-TV (5/04), RMC (6/04), iL'Opinion/i (10/04), iL'Indépendant/i (13/04), Le HuffPost (13/04), Sud Radio (14/04), etc. Sur la base de cette « étude » qu'ils prennent au sérieux, les éditorialistes se sentent autorisés à se faire la voix du peuple qui, pour une fois croient-ils, converge avec celle du pouvoir : « iNombre de travailleurs veulent travailler le 1er mai/i, assure Christophe Barbier sur LCI (13/04), ilaissons les professions décider sur la base du volontariat ! La réforme proposée par le gouvernement, c'est pas obliger les gens !/i » L'occasion était trop belle pour ne pas tirer à vue sur « iles professionnels du syndicalism/ie », lesquels ont fait du 1er mai un « itotem/i » « isacré/i » et iraient à l'encontre de la volonté des travailleurs, que Barbier, armé de son sondage, connaît mieux que personne./p
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h3 class='article_intertitres'« iL'État français vous interdit […] de gagner votre vie une journée par an/i »/h3
p/brIl n'est pas le seul éditocrate à gloser sur le travail du 1er mai… et encore moins sur les désirs supposés « des-Français ». Dès le 6 avril, au lendemain de la publication du fameux sondage, c'est la « voix de droite » de RMC, Louis Sarkozy, qui s'y met, avec la finesse qu'on commence à lui connaître. La théâtralisation se joue dans un tango parfaitement maîtrisé avec le présentateur, Matthieu Belliard, qui pose dès le lancement les résultats du sondage d'opinion comme un fait incontestable :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Matthieu Belliard :/strong Près de 3 Français sur 4 qui veulent pouvoir bosser le 1er mai, c'est le résultat d'un sondage commandé par la CPME pour iLa Tribune Dimanche/i. Fleuristes et boulangers n'ont pas le droit de faire travailler leurs salariés […]. Vous, Louis, ça vous révolte ?/p
pstrong- Louis Sarkozy :/strong Matthieu, j'aime mon pays. Je l'aime profondément. Mais parfois il est l'hôte d'une bêtise, d'un non-sens stratosphérique. Nous sommes en 2026 et l'État français vous interdit physiquement et juridiquement de gagner votre vie une journée par an, même si vous le voulez, même si vos employés sont d'accord, même si vos clients le demandent, même si le pays en a besoin… mais c'est désespérant !/p
pstrong- Matthieu Belliard :/strong Mais ce jour férié c'est une conquête sociale, et puis par ailleurs c'est un jour férié historique !/p
pstrong- Louis Sarkozy :/strong Mais quelle importance, Matthieu ? Regardez ce qui arrive à nos artisans ! L'année dernière en Vendée, cinq boulangeries ont été « raidées » par l'inspection du travail comme s'il s'agissait de repères de trafiquants… Les points de deal, on n'y touche pas, mais le vendeur de pain le 1er mai mobilise des dizaines de fonctionnaires ?/p
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pInterdiction de se moquer…/p
pPendant dix jours, journalistes et éditorialistes vont ainsi se relayer pour mettre à l'agenda médiatique cette idée originale. Le 6, Estelle Denis en fait l'un des sujets de son émission sur RMC (« Estelle Midi ») : « iLes Français ont tranché !/i affirme-t-elle sur la base du sondage de la CPME. iTravailler le 1er mai, c'est un grand oui !/i » Ce n'est plus seulement une mesure (bancale) de l'opinion, mais le résultat d'un vote formel, presque d'un référendum, « iles Français ont tranché/i ». Le 7, c'est Alba Ventura qui s'y colle sur TF1, dans la matinale de Bruce Toussaint : « Travailler le 1er mai… si je veux ! » Tous les mots-clés sont lancés : « isouplesse/i », « iliberté/i », « ibâton dans les roues/i » des petits commerçants, « ilutte complètement dépassée/i » des syndicats… Pour appuyer sa démonstration, Alba Ventura cite elle aussi le sondage de la CPME : « iVous savez Bruce, c'est rare qu'un sondage soit aussi unanime […] : tout le monde dit oui !/i » Le même jour (7/04), le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou se rend sur CNews, face à une Laurence Ferrari conquise par l'idée./p
pQuand elle n'est pas le sujet d'un édito ou d'une interview politique, la question « faut-il autoriser le travail le 1er mai ? » se retrouve au cœur d'un débat de plateau. C'est ce qu'organise l'émission « C à Vous » le 7 avril (France 5). C'est aussi le sujet du débat d'Anne-Sophie Lapix deux jours plus tard sur RTL (9/04) : « Faut-il que les salariés travaillent le 1er mai ? ». Ou encore celui d'Éliot Deval sur Europe 1 (10/04) : « iC'est incroyable que dans un pays qui souffre d'un manque de travail, on ne permet [sic] pas aux gens de travailler./i » La radio du groupe Bolloré va d'ailleurs s'illustrer par un matraquage de grande ampleur, avec pas moins de 21 entrées sur le site à ce sujet entre le 10 et le 14 avril. Mention spéciale pour les éditos de Christine Kelly, qui s'est surpassée en matière de titraille : « Pourquoi la gauche veut-elle continuer d'interdire aux Français courageux de travailler le 1er mai ? » (13/04) Ou encore : « Contrôles, amendes : le 1er mai est-il devenu le jour du racket des petits commerçants ? » (14/04). Sur BFM-TV aussi, le débat est posé par Marschall et Truchot en des termes choisis : « 1er mai : le diktat du repos obligatoire ? » (14/04)/p
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div class='spip_document_16510 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/diktat_repos_obligatoire.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/diktat_repos_obligatoire-58c49.jpg?1776672966' width='500' height='281' alt='' //a
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p/brCe plateau-ci est l'occasion d'une autre figure classique du journalisme de classe, le traquenard organisé contre un représentant de gauche : le sénateur communiste Fabien Gay se retrouve ainsi seul contre tousspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="En plus des deux présentateurs, il y a autour du plateau : Marie Chantrait, (…)" id="nh2"2/a]/span, autour d'une table entièrement favorable à la « ilibération du travail/i », à « il'assouplissement/i », et considérant comme une évidence « iqu'il faut travailler plus dans ce pays/i ». Lorsque Fabien Gay fait remarquer au présentateur que le plateau n'est pas équilibré, et qu'il s'agit d'un « idébat à 5 contre 1/i », Olivier Truchot se retranche derrière… le sondage de la CPME, pour considérer que son plateau est en réalité représentatif de « l'opinion publique » : « iBen, 74% des Français !/i », lâche-t-il avec un haussement d'épaules./p
pLes JT ne passent pas à côté de cette « actualité » et les sujets sont à peu près tous construits de la même façon, à l'image de ce « reportage » de BFM-TV (10/04) diffusé en boucle : d'abord, et comme le veut la hiérarchie, parole d'un petit patron souhaitant faire travailler ses salariés le 1er mai (ici, un poissonnier parisien) : « iIl faut vivre avec son temps et laisser faire les gens comme ils le souhaitent/i » ; puis, rappel de la législation en vigueur ; ensuite, parole d'un salarié (ici, une employée de la même poissonnerie, interrogée… devant son patron) ; enfin, conclusion sur… le sondage de la CPME : « i74% des Français se disent tout de même favorables […]/i ». Emballez, c'est pesé !/p
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h3 class='article_intertitres'Motion de rejet : « iPas forcément une mauvaise nouvelle/i »/h3
p/brLargement promue avant son examen par l'Assemblée nationale, la proposition de loi arrive finalement au parlement le 10 avril. La presse écrite est évidemment sur le pont. Et se montre elle aussi plutôt favorable à cette arlésienne : iLe Figaro/i fustige la « igrogne des syndicats/i » (10/04), et iL'Opinion/i s'appuie (encore) sur le sondage de la CPME pour affirmer qu'une « iécrasante majorité/i » des Français est favorable à cette réforme (10/04). Le HuffPost nous parle de « ice totem que rêvent de faire tomber le bloc central et la droite/i » (10/04), quand iL'Indépendant/i fait dans l'équivoque : « Travail le 1er mai : "Je pensais que c'était déjà autorisé..." » (10/04). iMidi Libre/i interroge un professeur de droit social qui parle de « idéverrouiller[r] l'interdiction/i » (10/04), et iLe Journal de Saône-et-Loire/i interroge le président de la Confédération nationale de la boulangerie, « il'un des acteurs à l'origine de la proposition de loi présentée ce vendredi pour autoriser sous conditions le travail le 1er Mai/i », qui parle lui de « iclarification/i » (10/04). Bref, comme l'audiovisuel, la presse écrite exerce à sens unique ses pouvoirs de mise à l'agenda (« nous allons parler de ci plutôt que de ça ») et de cadrage (« nous allons en parler comme ci plutôt que comme ça »)./p
pMais dans la journée, un rebondissement s'offre aux chroniqueurs : les députés macronistes votent une motion de rejet préalable contre leur propre texte afin de contourner les débats parlementaires ! La pratique est rare, mais elle ne scandalise pas outre mesure la presse politique. Au contraire : le coup de force institutionnel est euphémisé, justifié voire valorisé par une large partie des médias, enthousiastes face à cette accélération du calendrier qui pourrait permettre à la réforme de s'appliquer dès le 1er mai 2026. « iSur le papier, le texte a toutes les chances de passer puisqu'il bénéficie d'une majorité allant de Renaissance au RN […]. Encore faut-il que les députés aillent jusqu'au vote, ce qui n'est pas garanti vu le nombre important d'amendements déposés par la gauche/i », prévenait d'ailleurs Le HuffPost (10/04). Aussi le quotidien iLes Échos/i avait-il anticipé le coup de force avec une très belle litote (10/04) : « iJeudi en fin de journée, les députés EPR s'interrogeaient sur l'opportunité de voter [la motion de rejet préalable] : son adoption ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle, puisque le texte serait directement renvoyé en commission mixte paritaire, où la majorité en faveur de l'extension du travail le 1er-Mai est acquise./i »/p
pChristophe Barbier est lui beaucoup plus clair (LCI, 13/04) : « iOn renvoie directement le texte en commission mixte paritaire, sept députés/sept sénateurs, c'est plus raisonnable !/i » Et surtout : « iÇa permet de faire espérer une adoption du texte avant le 1er mai !/i »/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/barbier_1er_mai.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/barbier_1er_mai-43edf.jpg?1776672967' width='500' height='281' alt='' //a
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p/briLe Progrès/i entretient le même espoir (11/04) : « iPeut-être dès cette année […], si le texte est rapidement inscrit au Journal Officiel./i » « iLes députés ont trouvé le moyen d'accélérer le parcours législatif du texte/i », écrit iLe Figaro/i (11/04) : « iAfin de contourner cet embouteillage parlementaire, les macronistes ont saboté leur propre texte./i » Dans iLibération/i aussi, en première page (13/04), le coup de force est présenté comme une simple « imanœuvre/i » visant « ià accélérer l'examen/i », non pas à s'asseoir sur l'Assemblée. On trouve ailleurs les mots « icoup de théâtre/i » (iL'indépendant/i), « itour de passe-passe/i » (iLe Figaro/i), ou simplement « idémarche/i » (iLe Monde/i) – les mots les plus tranchés étant systématiquement entre guillemets et, comme de coutume, prêtés à l'opposition : « iLa gauche dénonce un "passage en force"/i » (iLe Monde/i, 10/04) ; « iSophie Binet a dénoncé "un coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses"/i » (iNouvel Obs/i, 10/04), etc./p
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h3 class='article_intertitres'Le gouvernement recule… au grand dam des éditocrates/h3
p/brLundi 13 avril, nouveau « icoup de théâtre/i » : menacé par une motion de censure déposée par le groupe GDR (communiste), le gouvernement recule et enterre le texte de loi… au grand dam d'une partie de l'éditocratie. Sur Franceinfo, Axel de Tarlé revient sur cette actualité dans son émission fort mal nommée, « L'info s'éclaire » (13/04). La question qui structure son plateau (et orne son bandeau) résume l'état d'esprit du présentateur : « Travail le 1er mai : le gouvernement recule… à tort ? » Face à un plateau plutôt rétif, Axel de Tarlé ne cache pas sa déception : « iC'est aux syndicats de statuer ? Ou aux Français ? Non parce que si vous demandez aux Français, regardez le sondage, il est très clair : 74% des Français sont pour cette proposition de Gabriel Attal […]. Ils ont tort les Français ?/i »/p
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div class='spip_document_16508 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/info_s_eclaire.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/info_s_eclaire-e0762.jpg?1776672967' width='500' height='281' alt='' //a
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p/brPour Pascal Praud, sur Europe1/CNews (13/04), l'abandon de cette réforme est « iune synthèse de tous les maux français/i » et de « il'archaïsme syndical/i ». Et les violons sont de sortie : « iQuelle tristesse que cette reculade ! En France, la liberté de travailler est soumise à la CGT et à quelques syndicats qui rejouent la lutte des classes./i » Sur LCI, Ruth Elkrief jette les mêmes mots dans un autre ordre : « iCette affaire n'est pas anecdotique, […] elle révèle plusieurs maux de la société française et de la politique française : c'est une comédie parlementaire, face à un gouvernement faible, et une gauche archaïque./i » Sur Sud Radio, Éric Revel est colère (13/04) : « iPaf ! Tout ça est balayé. Pourtant, sur la base du volontariat, pourquoi pas ? Libérer le travail dans ce pays, pourquoi pas ? […] Les syndicats ont dit "Niet !" et tout a été balayé./i » L'éditocrate n'en revient pas : « iJe regardais le sondage, 73% des Français sont pour. Les syndicats sont contre. Et ils représentent quoi les syndicats ? 7 à 8% des salariés du secteur privé. C'est ça la démocratie sociale en France./i » Enfin, pour Dominique Seux, sur France Inter (13/04), « itransformer le 1ᵉʳ mai en guerre de religion, entonner L'Internationale à l'Assemblée, quand le sujet concerne quelques professionnels bien identifiés, tout cela est ridicule !/i »/p
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p/brDe nombreuses propositions de loi sont discutées chaque semaine, et rares sont celles qui font l'objet d'un réel débat public organisé par l'espace médiatique. Dans le cas d'espèce, les outils journalistiques employés pour « mettre à l'agenda » la proposition de Gabriel Attal ne sont que très classiques dès qu'il s'agit de a href="https://www.acrimed.org/Medias-et-travail-celebrer-la-valeur-travail"casser les conquêtes du mouvement ouvrier/a : sondage d'opinion commandité par un syndicat patronal et mobilisé à tort et à travers ; éditos à sens unique des gardiens de l'ordre économique et social ; cadrages des débats depuis le point de vue du pouvoir ; euphémisation voire valorisation du coup de force parlementaire ; utilisation d'un vocabulaire mélioratif pour la réforme (« libérer le travail », « déverrouiller », « bon sens ») et de disqualifications pour les syndicats (« archaïques » ou « grogneurs »). Au total, une large partie de la presse aura parfaitement joué son rôle d'accompagnement d'une réforme anti-sociale… et peut se remettre à espérer, après que Sébastien Lecornu a annoncé vendredi 17 avril le dépôt d'un nouveau projet de loi, a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/17/sebastien-lecornu-annonce-que-les-boulangers-et-les-fleuristes-pouront-ouvrir-le-1er-mai_6680879_823448.html" class="spip_out" rel="external"« iavant ce 1er mai/i »/a./p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
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div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLa question adressée par le sondage était la suivante : « iSeriez-vous favorable à ce que les salariés volontaires puissent travailler le 1er mai dans les commerces de proximité, avec une rémunération doublée ?/i »/p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanEn plus des deux présentateurs, il y a autour du plateau : Marie Chantrait, cheffe du service politique de BFM-TV ; Véronique Langlais, présentée comme « bouchère », qui dirige la boucherie Meissonier, une boucherie de luxe du 17e arrondissement de Paris, présidente du syndicat des Bouchers de Paris (ce n'est pas précisé sur le bandeau) ; et Farell Legendre, présenté comme « fleuriste », président de la Féderation Française des Artisans fleuristes (ce n'est pas précisé sur le bandeau)./p
/div/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH91/salamearnault-7afdf.jpg?1776672967' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt="" /
div class='rss_chapo'pPour restaurer son image, le grand patronat peut toujours compter sur Léa Salamé./p/div
div class='rss_texte'pLe 23 février 2026, Marc-Olivier Fogiel reçoit une invitée « exceptionnelle » sur RTL : la pianiste Hélène Mercier-Arnault, « épouse de Bernard Arnault » (c'est précisé dans le titre). À cette occasion, elle déclare notamment que « iles clochards/i » le seraient par « ichoix de vie/i ». Si ces propos ne sont pas diffusés par RTL, ils sont exhumés près d'un mois plus tard par a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/les-sdf-choisissent-leur-vie-le-passage-censure-au-montage-dhelene-mercier-arnault-sur-rtl-2d1UQcs3Tk-8zWvpvXpdYQ" class="spip_out" rel="external"Blast/a et a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/190326/etre-sans-abri-un-choix-de-vie-helene-mercier-arnault-coupee-au-montage-sur-rtl" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a (19/03). Face au tollé, Hélène Mercier-Arnault a pu compter sur Léa Salamé pour restaurer son image./p
pC'est le 4 avril, dans l'émission d'infotainment à paillettes « Quelle époque » (France 2), qu'on a pu assister à la contrition poignante d'Hélène Mercier-Arnault… Après l'inévitable promotion du disque de l'invitée – plus de vingt (longues) minutes de complaisance –, Léa Salamé introduit la séquence qui l'intéresse réellement :/p
blockquote class="spip"
pstrongLéa Salamé :/strong Vous avez donné une interview il y a un peu plus d'un mois à RTL, à Marc-Olivier Fogiel. Dans cette interview-là, qui a duré plus de 20 minutes, elle a été montée, ce qui arrive souvent – donc ils ont gardé 10 minutes qu'ils ont diffusées. Et puis, il y a un extrait qui a fuité, dans la presse, dans Mediapart notamment, où on vous entend dire les mots suivants […] : « Ce que je vais vous dire va peut-être vous choquer, les SDF j'y pense pas tous les jours. La première fois où j'ai vu des clochards, c'est quand je suis arrivée à Paris. C'est aussi, j'ai l'impression, un choix de vie. Un choix de vie avec des gens [...] qui ont décidé de lâcher la société. C'est un retrait du monde. » Vous comprenez que cette phrase ait choqué beaucoup de monde ?/p
/blockquote
pLa façon dont Léa Salamé revient sur les événements est intéressante : elle insiste d'abord sur le montage et les coupes, « iça arrive souvent/i », puis parle de « ifuite […] dans Mediapart/i » – alors même que l'intéressée se trouvait dans un dispositif d'interview explicite chez RTL, donc en situation de parole publique. De quoi distiller l'impression qu'Hélène Mercier-Arnault a pu être piégée, que les choses n'ont pas été réglo, justifiant ainsi la maladresse ? Il s'agit, précisément, d'une séance de rattrapage en bonne et due forme :/p
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pstrong- Hélène Mercier-Arnault :/strong Il m'a posé plein de questions, des questions sur Trump, sur Macron ; et moi je pensais qu'il allait me poser des questions complètement différentes. Je devais présenter mon disque, et toutes les questions qu'il m'a posées pratiquement étaient des surprises. Mauvaises surprises. Mais en même temps, je pensais que c'était un sketch, quoi. Rien de… Vous voyez, quoi. C'était une mise en scène./p
pstrong- Léa Salamé :/strong Mais sur cette réponse-là, on s'est dit « oh la la ! Elle est complètement déconnectée »./p
pstrong- Hélène Mercier-Arnault :/strong Non. Alors il faut dire, le montage n'est pas du tout bien fait, il y a beaucoup de choses qui ont été coupées là-dedans, c'est juste des parties qu'on entend./p
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pPourtant, selon Blast, le passage indélicat a été censuré par RTL suite à la demande expresse de son attachée de presse. Cette défense pour le moins confuse laisse place ensuite au véritable morceau de bravoure qui, lui, ne sera pas coupé au montage par France 2. Trémolos grandissants dans la voix, moulinets submergés d'émotions avec les mains, la pianiste poursuit :/p
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pstrong- Hélène Mercier-Arnault :/strong Et dès qu'il m'a parlé des SDF [...], j'ai eu un espèce de retour en arrière de ma vie, quand j'avais 16 ans, quand j'habitais avec ma sœur à Nanterre, où elle avait un amoureux SDF. Et elle voulait aller vivre avec lui dans la gare du RER à Nanterre. Donc tout de suite ça m'est venu quand il m'a parlé de ça, j'ai eu besoin de dire « j'y pense pas tous les jours » parce que c'était insupportable, tout d'un coup, cette violence. Alors je suis désolée de pleurer à la télévision. En fait, c'est honteux. Et puis c'est très impudique, vous voyez là. Désolé, mais…/p
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pL'explication, quoique originale, ne suscite aucune relance de Léa Salamé. Sans doute parce qu'elle apparaît secondaire face au geste d'Hélène Mercier-Arnault : essuyer des larmes à ses yeux, hélas invisibles à l'écran malgré le plan serré du réalisateur. Mais l'essentiel est fait : Léa Salamé tient son « moment », une contre-séquence calibrée pour tourner sur les réseaux sociaux./p
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h3 class='article_intertitres'Dépolitiser l'époque/h3
p/brQuant à savoir pourquoi les paroles initiales de madame Arnault sont « choquantes », la question est traitée de manière superficielle, essentiellement pour la forme : « iDe ces dernières années, il y a une telle inégalité, entre les 1% qui gagnent tellement de milliards et les gens qui galèrent […] et qui se disent que des gens comme vous, comme votre mari, sont totalement déconnectés et vivent dans leur petit monde, et ne comprennent pas les vraies souffrances des gens, et c'est peut-être ça qui a résonné dans cette phrase-là/i » désamorce Léa Salamé. Réponse de l'intéressée : « iMais mon mari travaille tellement, il ne profite jamais de la vie, c'est pour ça je suis ravie de faire autant de piano, il travaille, il construit, il donne des emplois…/i » Relance de Léa Salamé : « iOui./i »/p
pHugo Clément, l'autre « journaliste » de l'émission, tente alors un relai : « iCe ressentiment qu'il y a dans une partie de la population, envers les ultra-riches et ces fortunes qui augmentent, vous le comprenez, quand même ?/i » Réponse : « iJe comprends, parce qu'il y a souvent des attitudes de gens très riches qui se croient tout permis, au-dessus de tout le monde, qui sont très arrogants, c'est insupportable./i » Un problème d'éducation, donc. Relance du contradicteur : « iCe n'est pas le cas de votre mari, donc, selon vous./i » « iNon/i », se contente de répondre l'épouse. Fin de l'échange, on en restera là./p
pOn ne débattra pas davantage des inégalités qui sévissent en France, de la hausse de la pauvreté sous la présidence du mari de la « icopine/i » d'Hélène Mercier-Arnault, sur la persistance des SDF dans la 7e économie mondiale, ni des ressorts de la fortune de Bernard Arnault, que Léa Salamé présente d'ailleurs d'emblée comme l'« iun des plus grands chefs d'entreprise français/i », qui « icrée plein d'emplois/i » (et « iqui suscite beaucoup de fantasmes/i »). Car « Quelle époque » n'est pas tant là pour éclairer l'histoire que pour dépolitiser ses enjeux./p
pEn l'occurrence, en dehors de la séquence commedia dell'arte, c'est une trentaine de minutes de bavardages people qu'il faut subir. Sur sa love story avec Bernard et la tenue dans laquelle il se couche, sur sa sœur Madeleine qui fumait du cannabis et qui s'est suicidée, sur ses voyages et sa manière de faire sa valise, sur son horreur des dîners mondains et la guéguerre de succession entre progénitures dorées…/p
pTandis que Léa Salamé et son acolyte font étalage de leurs qualités d'intervieweurs. Florilège : « iVotre mari, quand vous le rencontrez, vous lui dites très clairement "désolé, moi j'aime pas les hommes d'affaires, c'est que des voleurs ou des menteurs"/i » (Léa Salamé) ; « iJe crois que c'est votre mari, Bernard Arnault, qui vous a sorti de ce deuil, en vous disant une phrase qui vous a fait l'effet d'un électrochoc ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ?/i » (Hugo Clément) ; « iMême à votre mari, vous lui dites "je peux claquer la porte" ?/i » (Léa Salamé) ; « iEst-ce qu'il vous joue toujours ça, l'Étude révolutionnaire de Chopin ?/i » (Hugo Clément) ; « iCeux qui disent qu'il est hautain, qu'il est froid, qu'est-ce que ça vous fait ?/i » (Léa Salamé) ; « iVous allez faire vos courses au supermarché ?/i » (Hugo Clément) ; « i35 ans d'amour, c'est quoi le secret de la longévité ?/i » (Léa Salamé) – jusqu'alors silencieux, le journaliste Julian Bugier, invité, tente une relance : « iOn est tous intéressés par la réponse/i »./p
pEn définitive, l'ensemble de la séquence consacrée à Hélène Mercier-Arnault vise à humaniser la grande bourgeoisie, rattraper ses maladresses et dépolitiser ses positions. Par la chronique mondaine, Léa Salamé s'échine à déréaliser les rapports de pouvoir en anesthésiant les rapports de classe./p
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div class='spip_document_16507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/salamearnault.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH304/salamearnault-ca5c6.jpg?1776672967' width='500' height='304' alt='' //a
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h3 class='article_intertitres'Merci pour ce moment/h3
p/brAncienne égérie de la matinale de France Inter et a href="https://www.acrimed.org/Starification-des-journalistes-le-cas-Lea-Salame"désormais star/a du 20h de France 2, Léa Salamé cultive le mélange des genres. Dans « Quelle époque », une émission de divertissement présentée comme un talk-show sur l'actualité, on ne sait plus trop si on a affaire à une journaliste de premier plan ou à l'animatrice glamour du show-business./p
pCe mélange des genres est utile : il lui permet de reverser la légitimité symbolique associée à la crédibilité journalistique (et au service public) sur son rôle de faire-valoir des grands et des grandes de cette époque. En l'espèce, apporter le gage de sérieux à ce sketch de seconde zone et replacer le cadrage de la polémique dans les bornes consensuelles de l'ordre établi./p
pCe qui en fait une ressource de premier plan pour la classe dominante. On pourrait d'ailleurs imaginer que cette séance de rattrapage offerte sur un plateau à madame Arnault vise à rabrouer les mauvaises manières d'un concurrent (Marc-Olivier Fogiel). Et ainsi de se placer avantageusement dans le portefeuille de faveurs d'un grand patron de presse ? Car Bernard Arnault détient aussi, par l'intermédiaire de son groupe de luxe LVMH, le groupe Les Échos-Le Parisien./p
pMais c'est aussi une manière de réaffirmer un credo qu'elle exprimait sans détours en mai 2024, dans une interview vidéo pour Konbini : « iMoi, mon obsession le matin sur Inter par exemple, c'est qu'il y ait un moment. Ce n'est pas d'aller chercher, déceler la vérité./i » CQFD. La starification journalistique ne passe pas par des enquêtes au long cours dignes du prix Albert-Londres, mais par l'exhibitionnisme des connivences auprès des puissants./p
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h3 class='article_intertitres'L'archange médiatique des grands patrons/h3
p/brNaturaliser la bonne fortune du grand patronat : Léa Salamé est coutumière du fait. Il y a dix ans déjà, en décembre 2016, elle consacrait une longue interview « embedded » à… Bernard Arnault, pour l'émission « Le doc Stupéfiant » (France 5). Le reportage introduit son sujet avec neutralité et distance toutes journalistiques : « iC'est l'une des plus belles expositions du moment, elle est visible à Paris, la collection Chtchoukine, c'est à la Fondation Louis Vuitton, chez le milliardaire Bernard Arnault, que ça se passe. Et du coup on pose cette question : quand l'État est à sec, est-ce que ce sont les milliardaires qui vont sauver le monde de l'art ? […] Une rencontre exclusive./i »/p
pD'emblée, le biais idéologique est clair : les milliardaires, bons samaritains d'une époque marquée par le démantèlement de l'État (comme s'il n'y avait aucune corrélation entre les deux). Puis le reportage rappelle que Bernard Arnault a suscité la polémique quelques mois plus tôt, en demandant la nationalité belge pour des raisons fiscales. Sauf que « ile milliardaire a cette fois les honneurs de la République/i », nous rassure la voix off./p
pLà encore, Léa Salamé semble bien orchestrer une séance de rattrapage afin de redorer le blason meurtri de la sainte bourgeoisie. D'ailleurs, dès l'entame de la discussion avec le discret milliardaire, Léa Salamé met les pieds dans le plat : « iVous en avez marre d'être critiqué ?/i », avant de laisser son interlocuteur déballer péniblement ses éléments de langage (en France on n'aime pas la réussite, igrosso modo/i) tout en opinant du chef. Quand le bienfaiteur de la création évoque « il'esprit socialo-marxiste qui prédomine en France/i », elle oppose un « ioulah/i » badin, avant de changer de sujet prestement, visiblement rassurée : « iQuand je dis socialo-marxiste, je ne parle pas de vous, Léa Salamé./i »/p
pPour le reste, les vingt minutes hagiographiques du reportage retracent le parcours exemplaire du milliardaire et sa passion – lucrative – pour l'art (on les voit s'extasier devant un Basquiat « iqui vaut des millions/i » et lui appartient personnellement, acquis « idans des conditions intéressantes/i » à l'époque, c'est-à-dire entre 10 000 et 20 000 dollars), ponctuées par une conversation confondante de déférence, dans laquelle Léa Salamé, volontiers sémillante, interroge par exemple le nabab sur son goût – manifestement limité au marketing de sa fondation – pour le rap US, après une séance de piano supposément improvisée (l'homme a du génie décidément), ou sur sa manière de rester en contact avec la « idureté du monde/i » (il dîne de temps en temps avec des salariées). Avec un délicieux final à propos du mécène implicite de l'exposition en cours à la Fondation Louis Vuitton, le brave président russe, où affleure une pointe de jalousie : « iVous l'avez déjà rencontré, Vladimir Poutine ? Il est comment ?/i »/p
pRebelote en janvier 2020 où elle décroche pour France Inter un entretien avec a href="https://www.acrimed.org/Affaire-Carlos-Ghosn-le-journalisme-se-fait-la"Carlos Ghosn/a au Liban, le patron déchu de Renault-Nissan, en cavale depuis une semaine après un mandat d'arrêt du Japon. Pour blanchir le grand patron, plutôt que de revenir sur la situation du groupe automobile ou les chefs d'accusation pesant sur l'homme d'affaire, Léa Salamé va concentrer l'entretien sur la planification et le déroulement de l'évasion, en lui donnant une consonance glamour : « iVotre évasion fascine le monde entier, pour beaucoup d'enfants vous êtes l'homme qui a voyagé dans la malle. Vous avez vraiment voyagé dans la malle ?/i » insiste-t-elle, sourire béant. « iLa malle, pas la malle, allez, un petit indice. Tout le monde rêve de savoir ça/i » relance-t-elle. « iEn tout cas vous ne dites pas que c'est faux, la malle/i » conclut-elle, pugnace./p
pEnfin, comme avec Hélène Mercier-Arnault, vient le recours aux émotions individuelles pour susciter l'empathie et dissoudre le caractère politique de l'affaire : « iVous avez eu peur, lors de cette cavale ?/i » « iMais vous avez eu peur ou pas ? Peur de mourir ?/i »/p
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h3 class='article_intertitres'Grands patrons, grande parole/h3
p/brÀ écouter Léa Salamé, on voit se dessiner la figure du grand patron en une sorte d'oracle sécularisé dont les paroles occupent le sommet de la hiérarchie discursive. Ils incarnent le pouvoir, le vrai. Un pouvoir immuable et naturel. Quand elle officiait à France Inter, plusieurs pontes du CAC 40 ont ainsi défilé agréablement dans sa matinale, pour livrer parole d'évangile à la plèbe./p
pRien que pour la grande distribution, Léa Salamé a ainsi pu y interroger Dominique Schelcher (Sytème U) le 12 septembre 2023, a href="https://www.acrimed.org/Thierry-Cotillard-nouveau-patron-prefere-des"Thierry Cotillard/a (Intermarché, Bricorama) le 27 février 2024, Alexandre Bompard (Carrefour) le 17 octobre 2024 et Michel-Édouard Leclerc (centres E. Leclerc) le 28 avril 2025. Non pas pour les confronter aux contradictions du capitalisme (comme la crise environnementale ou la hausse de la pauvreté), mais pour solliciter leurs avis bien avisés sur la conjoncture économique – et plus largement géopolitique : inflation, déficit budgétaire, droits de douane, pouvoir d'achat, crise agricole, Trump, etc./p
pC'est le même Michel-Édouard Leclerc que l'on retrouvait invité dans la séquence entretien du 20h inaugural de Léa Salamé sur France 2, le 1er septembre 2025, pour deviser sur l'humeur des Français. Ou encore mardi 14 avril 2026, pour disserter sur l'inflation du prix des carburants. Juge et partie ? Non, baromètre implacable. Lors de sa dernière interview à la radio publique, Léa Salamé poussait même celui qu'elle présente comme l'un des grands patrons « les plus emblématiques » à franchir le Rubicon de la politique : « iNon mais Michel-Édouard Leclerc, vous dites que vous voulez être utile. On vous entend. Mais vous nous l'aviez dit à cette place-là il y a un an, au moment des européennes, "je n'exclue pas d'y aller", et finalement vous n'y allez pas, quoi./i »/p
pUne obligeance qui contraste avec le ton employé pour interroger ceux dont la fonction est de défendre les salariés face au patronat. Comme ce jour où, en pleine mobilisation sociale contre la réforme des retraites, le leader de la CGT de l'époque, Philippe Martinez, a href="https://www.acrimed.org/Retraites-Nicolas-Demorand-et-Lea-Salame-chiens"se retrouve en garde à vue face à elle et Nicolas Demorand/a, qui lui enjoignent de participer à la table des négociations. Avec cette remarque élégante à l'adresse du syndicaliste en lutte : « iOn dirait un disque rayé./i »/p
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centerstrong***/strong/center
p/brOn voit bien, derrière cette pratique journalistique, les biais idéologiques implicites : une vision a href="https://www.acrimed.org/Le-20h-de-France-2-en-passe-de-gagner-le-concours"réactionnaire/a de l'ordre social, avec les hiérarchies symboliques qu'il convient de maintenir, au sommet desquelles trônent les rois et reines du système économique. Dans le 20h de France 2, où officie Léa Salamé depuis la rentrée 2025, a href="https://www.acrimed.org/Le-20h-de-Salame-l-info-en-mode-zapping"la pauvreté est d'ordinaire naturalisée/a. Dans son traitement de l'actualité économique, l'influence politique du grand patronat n'est jamais mise en question. Que ce soit dans le cadrage, le choix des sujets, la hiérarchie des faits ou dans l'interaction elle-même, Léa Salamé prêterait presque la neutralité axiologique du journaliste au grand patronat. Avec lequel elle a donc pris l'habitude de construire des « moments » pour l'audiovisuel public./p
p/brstrongClément Sénéchal/strong/p/div
Le recul de l'âge de départ à la retraite est donc l'une des causes de l'augmentation des arrêts maladies, information que le gouvernement et les médias ne nous donnent jamais, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité du premier dans cette hausse qu'il dénonce. br /Comment expliquer le reste de la hausse ? D'abord, l'état général de santé de la population n'est pas bon. La hausse des cancers, notamment chez les moins de 40 ans, est forte partout dans le monde et en particulier en France. “Il faut se préparer à un tsunami”, déclarait le 22 janvier 2025 le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l'Institut Gustave-Roussy. Les cancers digestifs sont en forte hausse, et à mesure que les études se multiplient pour souligner l'exposition de la population au cadmium et à des cocktails de pesticides cancérigène présents dans l'air ou dans notre alimentation, une politique de santé publique préventive se pencherait sur ces causes et prépareraient notre protection sociale à des prises en charge nombreuses et donc coûteuses, y compris en termes d'arrêts de travail de longue durée, qui vont forcément augmenter si cette épidémie de cancer se confirme. Ce n'est pas la direction prise par le gouvernement, qui pense d'abord à culpabiliser et contrôler les malades. br /Le même déni existe en ce qui concerne le Covid long, qui touche 75 millions de personnes dans le monde depuis 2020, et dont l'OCDE pointe dans un récent rapport les coûts actuels et futurs, notamment pour la productivité du travail. Les évolutions contemporaines de la santé publique ne sont pas bonnes, notamment parce que les gouvernements pro-capitalistes refusent de s'en prendre aux secteurs qui causent ces dégâts sanitaires comme les industries polluantes et le secteur agroalimentaire. Le réchauffement climatique, et notamment les épisodes caniculaires de plus en plus longs et éprouvants, ont déjà des impacts avérés sur la santé des travailleurs, mais, là encore, c'est le déni qui règne. br /Mais rien n'est comparable au déni général de la dégradation de la santé au travail des salariés.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration/a/b/div
Le recul de l'âge de départ à la retraite est donc l'une des causes de l'augmentation des arrêts maladies, information que le gouvernement et les médias ne nous donnent jamais, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité du premier dans cette hausse qu'il dénonce. br /Comment expliquer le reste de la hausse ? D'abord, l'état général de santé de la population n'est pas bon. La hausse des cancers, notamment chez les moins de 40 ans, est forte partout dans le monde et en particulier en France. “Il faut se préparer à un tsunami”, déclarait le 22 janvier 2025 le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l'Institut Gustave-Roussy. Les cancers digestifs sont en forte hausse, et à mesure que les études se multiplient pour souligner l'exposition de la population au cadmium et à des cocktails de pesticides cancérigène présents dans l'air ou dans notre alimentation, une politique de santé publique préventive se pencherait sur ces causes et prépareraient notre protection sociale à des prises en charge nombreuses et donc coûteuses, y compris en termes d'arrêts de travail de longue durée, qui vont forcément augmenter si cette épidémie de cancer se confirme. Ce n'est pas la direction prise par le gouvernement, qui pense d'abord à culpabiliser et contrôler les malades. br /Le même déni existe en ce qui concerne le Covid long, qui touche 75 millions de personnes dans le monde depuis 2020, et dont l'OCDE pointe dans un récent rapport les coûts actuels et futurs, notamment pour la productivité du travail. Les évolutions contemporaines de la santé publique ne sont pas bonnes, notamment parce que les gouvernements pro-capitalistes refusent de s'en prendre aux secteurs qui causent ces dégâts sanitaires comme les industries polluantes et le secteur agroalimentaire. Le réchauffement climatique, et notamment les épisodes caniculaires de plus en plus longs et éprouvants, ont déjà des impacts avérés sur la santé des travailleurs, mais, là encore, c'est le déni qui règne. br /Mais rien n'est comparable au déni général de la dégradation de la santé au travail des salariés.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration/a/b/div
À quoi diable servent les règles, les conventions, les doctrines, dans un combat à mort ? Préexistent-elles au combat, ou faut-il les inventer d'une façon ou d'une autre ? Faut-il les définir et les redéfinir à chaque fois, selon le contexte, dans un débat périlleux et incessant ? Ou au contraire, avoir des principes et s'y tenir ?
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
Le 14 avril 1986, Simone de Beauvoir décédait. Pour célébrer, 40 ans plus tard et de façon un peu décalée, cette immense écrivaine et philosophe féministe, nous republions la lettre B comme Beauvoir, qui figure dans l'Abécédaire de Christine Delphy.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L118xH150/une58-845ef.jpg?1776672967' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt="" /
div class='rss_chapo'pLe iMédiacritiques/i n°58 sortira de l'imprimerie le 21 avril. À commander dès maintenant a href="https://boutique.acrimed.org/mediacritiques" class="spip_out" rel="external"sur notre site/a ou à retrouver en librairie. Et surtout, a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"abonnez-vous/a !/p/div
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/une58.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH638/une58-b0a25-49791.jpg?1776672968' width='500' height='638' alt='' //a
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/sommaire58.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH638/sommaire58-99393-0a7cc.jpg?1776672968' width='500' height='638' alt='' //a
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p/brCe numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans les librairies a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"listées ici/a, ainsi que sur a href="https://boutique.acrimed.org/mediacritiques" class="spip_out" rel="external"notre boutique en ligne/a./p
pEt surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"sur notre boutique en ligne/a. Vous pouvez également nous soutenir en a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"adhérant/a à l'association ou en a href="https://boutique.acrimed.org/don" class="spip_out" rel="external"faisant un don/a./p
pTous les anciens numéros sont (ou seront) a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"en accès libre ici/a./p/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/lci_drogue-4b859.png?1776672968' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" /
div class='rss_chapo'pa href="https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique"Dans un précédent article/a, nous sommes revenus sur le fiasco médiatique généralisé autour de la prétendue découverte d'une « drogue de synthèse » dans le sac de Rima Hassan lors de sa garde à vue le 2 avril : un paroxysme de journalisme de préfecture. Alors que les rédactions observaient un silence gêné après avoir largement cotisé à cette séquence de désinformation massive, l'équipe de iFranc-Tireur/i dégaine à retardement et remet dix pièces dans la machine de dénigrement, 24 heures avant que l'on apprenne… le classement sans suite de cette (non-)affaire./p/div
div class='rss_texte'pL'opération débute sur LCI, dans l'émission « 24h Pujadas » du 7 avril, où la chronique de Caroline Fourest permet de faire la promotion de l'hebdomadaire. En grande pompe :/p
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pstrongDavid Pujadas :/strong Vous vous emparez de cette affaire de la drogue, qui peut apparaître de prime abord comme une affaire de vie privée, après tout, mais il y a une raison bien particulière à ce que vous révéliez, parce que ce sont des révélations, un aspect de cette affaire que l'on n'a pas vu./p
/blockquote
pCaroline Fourest ne boude pas son plaisir : ainsi annonce-t-elle que les « révélations » en question correspondent à « ides confidences et des messages/i » prêtés à Rima Hassan, datant d'« iune dizaine d'années, qui remontent à la sortie de ses études/i », et dont la cheffe de iFranc-Tireur/i indique qu'ils ont été recueillis par l'illustre Nora Bussignyspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir notamment les articles d'Élodie Safaris chez Arrêt sur images : « (…)" id="nh1"1/a]/span au cours de son enquête sur l'eurodéputée parue en septembre 2025. Toujours selon Caroline Fourest, Rima Hassan y « iraconte sa consommation de drogue dure et de drogue de synthèse/i ». Dans le numéro de iFranc-Tireur/i, Nora Bussigny ne dévoile pas les messages en question… mais assure qu'ils « isèment le doute/i », avant de faire le pont avec « l'affaire » en cours : « iLe test urinaire réalisé lors de [la] garde à vue [de Rima Hassan] n'en comporte aucune trace [de drogues dures]. Mais sa défense, elle, sent la poudre aux yeux./i » Traduisons : des messages (allégués) vieux de dix ans sont utilisés pour accréditer la fake news qui a été déversée dans les médias. Caroline Fourest n'en fait d'ailleurs aucun mystère :/p
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pstrongCaroline Fourest :/strong Il n'y a peut-être rien de surprenant, j'allais dire de stupéfiant à retrouver de la drogue de synthèse dans les affaires de Rima Hassan, même en petite quantité, en l'occurrence là c'est du 3-MMC apparemment, au regard de ce que nous nous savions du parcours de Rima Hassan avant même qu'elle devienne parlementaire […]./p
/blockquote
pSauf que ce que nous savons, surtout, c'est que tout était faux : de drogue, il n'y avait point… et la procédure a été classée sans suite. Mais le procédé est éculé, en particulier s'agissant de Rima Hassan et de la question palestinienne en général : entretenir la suspicion et semer le doute./p
pDans son édito de iFranc-Tireur/i, Caroline Fourest pousse même un cran au-dessus en faisant comme si « iune dizaine d'années/i » (selon ses propres dires) ne s'étaient pas passées entre les messages (allégués) et l'affaire en cours :/p
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pstrongCaroline Fourest :/strong D'autres politiques, pris dans ces affres, admettent généralement un problème d'addiction, promettent de se soigner. Rima Hassan a choisi le déni et l'attaque. La procédure judiciaire en cours est publique et sa mauvaise foi, très politique. Voilà pourquoi nous décidons d'alerter. Pour que le citoyen ne soit pas dupé./p
/blockquote
pSans apporter de preuve tangible à même d'étayer un « iproblème d'addiction/i » chez Rima Hassan – ni hier, et encore moins aujourd'hui –, Caroline Fourest se contente de laisser courir le bruit en rejoignant de surcroît les deux « affaires ». Deux procédés manipulatoires supplémentaires. Mais a href="https://lmsi.net/-Soeur-Caroline-Fourest-et-ses-ami-" class="spip_out" rel="external"la journaliste n'en est sans doute plus à ça près/a... Car son but est ailleurs./p
pDans sa chronique de LCI – comme dans son édito de iFranc-Tireur/i où elle dénonce « ile numéro de claquettes victimaire auquel se sont livrés Rima Hassan et son avocat/i » –, Caroline Fourest reconnaît en effet à plusieurs reprises sa volonté de peser dans l'enquête et le débat public en cours… dans une tirade ayant (déjà) très mal vieilli :/p
blockquote class="spip"
pstrongCaroline Fourest :/strong À l'époque, […] nous l'avions gardé pour nous ; nous décidons aujourd'hui de le publier parce qu'il y a une procédure en cours et parce qu'il y a eu un flagrant délit de possession de drogue de synthèse. Et surtout je vais vous dire plus encore, c'est une décision que nous avons prise suite à la défense […] qu'a choisie Rima Hassan, qui a été le déni, de crier au mensonge […], son avocat en a fait des tonnes là-dessus ! Les autres représentants de La France insoumise sont allés très très loin dans les accusations contre la presse, contre la police, contre la justice./p
/blockquote
pAussi la « journaliste » fait-elle valoir « iun but légitime d'informer/i » – défense de rire –, avant d'y insister plus tard : « iLà réellement, le but légitime d'informer, moi, me paraît réuni pour dire : "Attention, ne soyez pas dupes de cette défense"./i »/p
/br
h3 class='article_intertitres'« iLa France insoumise a usé et abusé de la post-vérité trumpiste/i »/h3
p/brLà est donc l'essentiel : discréditer point par point la défense de Rima Hassanspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Dans sa chronique de LCI, le contradictoire a d'ailleurs dû, là encore, se (…)" id="nh2"2/a]/span. Au moment même où s'accumulent des éléments qui devraient conduire les journalistes à faire profil bas, c'est au contraire la tête haute que Caroline Fourest désinforme. Ainsi répète-t-elle à plusieurs reprises et sans conditionnel qu'« ion avait retrouvé de la drogue, pas simplement du CBD mais aussi de la drogue de synthèse dans la valise lors de cette garde à vue de Rima Hassan/i ». C'était faux. Ainsi soutient-elle, par cinq fois, que « ile parquet confirme/i ». Ce qui est (encore) faux, le parquet ayant communiqué – au moyen d'une formule certes ambiguëspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="À propos de la communication du parquet, voir l'article de Mediapart, « Rima (…)" id="nh3"3/a]/span, mais qui aurait justement dû inciter les journalistes à la prudence – sur la présence de substances « is'apparentant à/i »./p
pRima Hassan dénonce-t-elle des « iaccusations […] totalement fausses/i » en évoquant simplement du CBD ? « iC'est un mensonge/i, tonne Caroline Fourest. iDepuis on le sait, puisque le parquet a confirmé./i » La France insoumise monte-t-elle au créneau et l'avocat Vincent Brengarth dénonce-t-il des accusations au service d'un « irécit politique visant encore une fois à atteindre la réputation de Rima Hassan/i » ? Caroline Fourest parle d'une « ipetite musique qui est celle du complot politique/i », celle « ique font tous les populistes et les démagogues quand ils sont pris […] la main dans le sac/i ». Et de condamner : « idésinformation/i » et « imanipulation de l'opinion/i » ! Orwell. Mais personne ne l'arrête :/p
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pstrongCaroline Fourest :/strong C'est scandaleux de monter sur les grands chevaux […] en traitant les journalistes qui avaient donné cette information de menteurs, parce que ça, ils [Les Insoumis] ont été pris encore une fois là en flagrant délit d'avoir essayé de manipuler l'opinion./p
/blockquote
pNaturellement, la défense de la corporation est totale : « iLes journalistes ont été traités de menteurs !/i », s'indigne-t-elle. Et plus tard : « iCe n'était pas un mensonge de la presse et pourtant, des politiques ont osé le dire !/i » Comme chacun a href="https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique"pourra le constater/a. Mathilde Panot (LFI) dénonce-t-elle la précipitation et le fiasco médiatique sur Franceinfo (7/04) ? Caroline Fourest désespère :/p
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pstrongCaroline Fourest :/strong Le fait d'informer est considéré en soi comme un mensonge. Ça, c'est vraiment le signe d'un parti qui est en pleine dérive populiste, de manipulation de l'opinion, et pour le coup, oui, il est légitime d'essayer d'informer le public sur au moins le fait de la vraisemblance de ce qu'un parquet de la République a confirmé./p
/blockquote
pIl en va là, tout bonnement, d'un nouveau naufrage en règle pour Caroline Fourest. Un naufrage dont témoigne également l'éditorial qu'elle signe dans le numéro de iFranc-Tireur/i – « Stupéfiante Hassan » (8/04) – et sur lequel s'appuyait sa chronique de LCI. L'éditocrate n'y allait pas de main morte : « iLe fiel factieux est un poison que fabriquent les abeilles de la ruche populiste LFI/i », débute-t-elle, avant de s'acharner d'emblée contre « ila piquante Rima Hassan/i ». Et d'entretenir la fake news de la « idrogue de synthèse/i » en calomniant, sans trêve ni repos :/p
blockquote class="spip"
pstrongCaroline Fourest :/strong Dans cette affaire, La France insoumise a usé et abusé de la post-vérité trumpiste, jusqu'à répandre de fausses informations pour contrer le travail de la presse, jusqu'à nier les déclarations du parquet, jusqu'à clamer qu'il n'y avait pas de drogue dans ce sac, que c'était un « imensonge des médias/i » […]. Et bien sûr, la horde d'excités croit déjà à un complot du Mossad, puisque Rima Hassan elle-même l'habitue à le voir partout, même dans l'affaire Epstein. Qu'il s'agisse des Juifs ou des immigrés, la technique ancestrale du bouc émissaire permet toujours d'exacerber les fantasmes pour masquer ses démons, de gagner un public et du temps. L'autre option ? Mentir./p
/blockquote
pAccablant. Mais à l'heure où nous écrivons ces lignes, le pamphlet de Caroline Fourest ne comporte pas le moindre ierratum/i, contrairement à celui de Nora Bussigny, qui fut agrémenté d'une « imise à jour/i » en dépit du fait que, a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/100426/rima-hassan-la-drogue-et-les-medias-autopsie-d-un-fiasco" class="spip_out" rel="external"d'après Mediapart/a, cette dernière « ine renie rien/i »./p
pAjoutons que le tout fut accompagné d'une titraille tapageuse et, sur les réseaux sociaux, d'un montage iconographique (réalisé par l'IA) qui subliment la débâcle…/p
/br
div class='spip_document_16495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH354/ft_drogue-8770c.png?1776672968' width='500' height='354' alt='' /
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/div
p/brEt ce n'est pas fini : deux jours plus tard (9/04), Christophe Barbier, membre (lui aussi) de iFranc-Tireur/i, disposant (lui aussi) de son rond de serviette sur LCI, se fend d'un éditorial (lui aussi) accusateur en relayant la fake news. Ainsi déplore-t-il qu'« ion ne parle plus ni de l'apologie du terrorisme, ni de l'affaire de la drogue qui a été trouvée dans les affaires de Rima Hassan/i » :/p
blockquote class="spip"
pstrongChristophe Barbier :/strong Et ici la défense de Rima Hassan est fragilisée ! Parce qu'au début, elle a commencé par nier les faits par la voix de son avocat Vincent Brengarth. i[Diffusion d'un extrait où ce dernier dit notamment : « Il n'y a strictement aucune drogue consommée par Rima Hassan. »]/i Ah, aucune drogue ? Et pourtant, c'est confirmé ! Le CBD, c'est légal certes, mais la drogue chimique, il faudra bien donner des explications ! La défense change de pied, ben… strongcontre l'évidence/strong. Évidence confortée par les révélations d'une journaliste, Nora Bussigny, dans iFranc-Tireur/i, le journal de Caroline Fourest auquel j'ai l'honneur de participer. […] Ah mais quand la vérité dérange, eh bien, faut organiser la diversion !/p
/blockquote/br
div class='spip_document_16498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/capture_d_ecran_2026-04-11_092932.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/capture_d_ecran_2026-04-11_092932-15323.png?1776672968' width='500' height='279' alt='' //a
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p/brBref, comme l'a souligné Daniel Schneidermann (a href="https://x.com/d_schneidermann/status/2042214914651983964" class="spip_out" rel="external"X, 9/04/a), « ià quatre heures près, Barbier s'évitait une honte supplémentaire !/i » Et convenons-en, dans ce domaine, a href="https://www.acrimed.org/+-Christophe-Barbier-+"la liste est plutôt longue/a... Des excuses seront-elles présentées à l'antenne de LCI ? Pas dans la matinale du lendemain en tout cas : lorsque la présentatrice introduit les deux éditos de Christophe Barbier le 10 avril – successivement à 6h16 et à 7h18 –, personne ne revient sur les erreurs diffuséesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Non plus dans les journaux de 6h et 7h, alors que dans les deux cas, une (…)" id="nh4"4/a]/span. L'occasion de rappeler le dicton forgé par l'éditocrate lorsqu'en 2019, il refusait de s'excuser pour a href="https://www.acrimed.org/Affaire-Delevoye-les-plantages-en-serie-de"ses plantages en série dans l'affaire Delevoye/a : « iLa vérité de 6h50 n'est pas celle de midi./i »/p
pDans la même veine, le tweet infamant d'une autre éditocrate est par exemple toujours en ligne./p
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figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L437xH566/sophiaaram_drogue-2c9a9.png?1776672968' width='437' height='566' alt='' /
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centerstrong***/strong/center
p/brDe Caroline Fourest à Christophe Barbier en passant par Nora Bussigny, l'équipe de iFranc-Tireur/i choisit de booster une fake news au moment même où s'accumulent les éléments devant inciter les journalistes à la prudence… et seulement quelques heures avant que l'ensemble du récit médiatique tombe à l'eau. Cette « affaire » avait beau être frappée dès ses débuts d'invraisemblance, les francs-tireurs y ont vu, au contraire, une « iévidence/i » (Christophe Barbier). Une « évidence » confortée par l'opinion qu'ils (se) font de Rima Hassan… et par la campagne de dénigrement et de délégitimation ayant cours à son encontre, a href="https://www.acrimed.org/Acharnement-mediatique-contre-Rima-Hassan-video"depuis maintenant deux ans/a, dans la quasi-totalité des médias dominants. Dans le fiasco journalistique d'ensemble, cet épisode est un cas chimiquement pur de désinformation. En dépit de lourds bagages en la matière, les grands médias continuaient jusqu'à présent à dérouler le tapis rouge à Caroline Fourest et consorts. Combien de temps encore ?/p
p/brstrongPauline Perrenot/strong/p
p/brstrongMise à jour, 15 avril 2026/strong/p
pLe 14 avril, sur LCI, Caroline Fourest revient 4 minutes durant sur « l'affaire Rima Hassan ». Un semi imea culpa/i, au cours duquel elle rejette opportunément la faute sur l'AFP et déclare : « iIl nous tenait à cœur de rectifier parce que […] on est là toujours pour informer et quand on a été induit en erreur, il faut savoir le dire, même si tous nos confrères ont fait la même erreur./i » Ce qui inspire cette réflexion à David Pujadas : « iPeut-être qu'on a été vite en besogne, comme une partie de la presse aussi, donc c'est bien de faire ce rectificatif./i »/p
pLe lendemain, dans iFranc-Tireur/i (15/04), Caroline Fourest met encore moins les formes : « iLa presse n'a pas à présenter ses excuses puisqu'elle a été induite en erreur par des sources fiables. En revanche, elle se doit de rectifier./i »/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanVoir notamment les articles d'Élodie Safaris chez Arrêt sur images : a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/calmos/pourquoi-la-journaliste-infiltree-chez-les-woke-est-devenue-un-meme" class="spip_out" rel="external"« Pourquoi la journaliste "infiltrée chez les woke" est devenue un même »/a (2/10/2023) et sa contre-enquête concernant le livre de Nora Bussigny, iLes nouveaux antisémites/i, en trois parties : a href="https://www.arretsurimages.net/articles/les-nouveaux-antisemites-un-livre-aux-conclusions-jamais-demontrees-1-3" class="spip_out" rel="external"volet 1/a, a href="https://www.arretsurimages.net/articles/les-nouveaux-antisemites-des-recits-contestes-par-les-protagonistes-2-3" class="spip_out" rel="external"volet 2/a et a href="https://www.arretsurimages.net/articles/les-nouveaux-antisemites-lobsession-rima-hassan-3-3" class="spip_out" rel="external"volet 3/a./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanDans sa chronique de LCI, le contradictoire a d'ailleurs dû, là encore, se contenter de la portion congrue : seulement deux extraits de la conférence de presse du 3 avril sont retransmis pour une durée cumulée… de 47 secondes (sur 9 minutes et 30 secondes consacrées à cette affaire par Caroline Fourest) !/p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanÀ propos de la communication du parquet, voir l'article de Mediapart, a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/100426/rima-hassan-la-drogue-et-les-medias-autopsie-d-un-fiasco" class="spip_out" rel="external"« Rima Hassan, la drogue et les médias : autopsie d'un fiasco »/a (10/04)./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanNon plus dans les journaux de 6h et 7h, alors que dans les deux cas, une brève fait état du classement sans suite./p
/div/div
Les tensions actuelles autour du pétrole du Moyen-Orient ne sont pas seulement géopolitiques. En menaçant de s'emparer des réserves pétrolières de l'Iran, quelques semaines après avoir fomenté un « coup d'Etat fossile » au Venezuela et menacé de saisir le Groenland et son riche sous-sol, le président des Etats-Unis dévoile la violence sur laquelle repose ce qu'Ulrich Brand et Markus Wissen qualifient de « mode de vie impérial » de l'Occident, et plus particulièrement des Etats-Unis. Rappelons qu'avec 17 tonnes équivalent CO₂ par habitant en 2024 (contre 7 pour l'Union européenne), les Etats-Unis figurent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde. br /Les transports sont leur premier poste d'émissions directes. Parmi ces derniers, les SUV, camions et voitures particulières en totalisent 80 %. Derrière ces chiffres se cache une organisation spatiale spécifique autour d'un des piliers majeurs de l'ordre social américain : les banlieues tentaculaires des grandes métropoles. Or le métabolisme suburbain sur lequel repose l'American way of life, avec son triptyque maison individuelle, centre commercial et voiture obligatoire, dépend d'une source absolument vitale : une énergie abondante et bon marché.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/nouvel-obs"L'Obs/a/b/div
Les tensions actuelles autour du pétrole du Moyen-Orient ne sont pas seulement géopolitiques. En menaçant de s'emparer des réserves pétrolières de l'Iran, quelques semaines après avoir fomenté un « coup d'Etat fossile » au Venezuela et menacé de saisir le Groenland et son riche sous-sol, le président des Etats-Unis dévoile la violence sur laquelle repose ce qu'Ulrich Brand et Markus Wissen qualifient de « mode de vie impérial » de l'Occident, et plus particulièrement des Etats-Unis. Rappelons qu'avec 17 tonnes équivalent CO₂ par habitant en 2024 (contre 7 pour l'Union européenne), les Etats-Unis figurent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde. br /Les transports sont leur premier poste d'émissions directes. Parmi ces derniers, les SUV, camions et voitures particulières en totalisent 80 %. Derrière ces chiffres se cache une organisation spatiale spécifique autour d'un des piliers majeurs de l'ordre social américain : les banlieues tentaculaires des grandes métropoles. Or le métabolisme suburbain sur lequel repose l'American way of life, avec son triptyque maison individuelle, centre commercial et voiture obligatoire, dépend d'une source absolument vitale : une énergie abondante et bon marché.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/nouvel-obs"L'Obs/a/b/div
Réflexion sur les dérives identitaires du mouvement animaliste et les pâtes qui ramolliraient les peuples.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
L'encéphalomyélite myalgique touche au moins 450 000 personnes en France qui subissent directement le déni des autorités sanitaires, le sexisme du corps médical et le délaissement de l'État par l'absence de recherche de traitement et de protection sociale. La maladie est pourtant très répandue.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/ce-qu-il-faut-detruire"CQFD/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/drogue-a39b0.jpg?1776672968' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pJeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l'une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n'ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police./p/div
div class='rss_texte'pLe 2 avril, Rima Hassan est une nouvelle fois entendue dans le cadre d'une procédure pour « apologie du terrorisme » à la suite de plaintes et/ou de signalements déposés par un député d'extrême droite, des associations pro-israéliennes et le ministre de l'Intérieur. Auditionnée librement lors des convocations précédentes – treize procédures ont toutes abouti à un classement sans suitespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Dans une communication à la presse du 2 avril, le parquet de Paris indique (…)" id="nh1"1/a]/span –, la députée européenne est cette fois-ci placée en garde à vue pour un tweet effacé. L'affaire est instantanément (et massivement) médiatisée./p
pDonne-t-elle lieu à une présentation des faits équitable et pluraliste ? À des interrogations quant au recul des libertés publiques et au caractère coercitif de cette garde à vue ? À un débat sur la judiciarisation à géométrie variable des expressions publiques relatives à la question « Israël-Palestine » ? À des mises en perspective sur la criminalisation de la solidarité avec la Palestine en général, et, en particulier, des activités politiques de la juriste franco-palestinienne ? La plupart du temps, non : le journalisme dominant ne se pose pas ces questions – ou alors dans ses margesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Une fois n'est pas coutume, signalons que le billet de Thomas Legrand dans (…)" id="nh2"2/a]/span. a href="https://www.acrimed.org/Convocations-policieres-pour-apologie-du"Comme au printemps 2024/a, les grands médias légitiment au contraire la (ré)pression et, dans la droite ligne du a href="https://www.acrimed.org/Acharnement-mediatique-contre-Rima-Hassan-video"traitement stigmatisant qu'ils réservent à Rima Hassan/a, participent pleinement à la co-construction d'une séquence à charge. Et tous les coups sont (de nouveau) permis./p
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h3 class='article_intertitres'De France Culture à CNews : l'emballement médiatique sur « la drogue »/h3
p/brTrès tôt, les moindres détails de la garde à vue de Rima Hassan fuitent dans la presse. Et ce qui devait arriver arriva : c'est en relayant sans distance un bruit de commissariat que les grands médias vont céder aux sirènes du sensationnalisme. « iIl y a une affaire dans l'affaire/i, s'emballe le journal de RTL à 18h, ipuisque les policiers ont trouvé dans son sac quelques grammes de drogue de synthèse/i ». L'« information » circulait en boucle sur BFM-TV dès 16h30 : la cheffe adjointe du service « police-justice », Alexandra Gonzalez, relayait alors « iune source proche de l'enquête confirmant une information de nos confrères du/i Parisien », tout en concédant ne pas savoir grand-chose, encore moins « ice que l'eurodéputée dit de strongces faits/strong i[nous soulignons]/i pour l'instant/i ». Et pour cause : cette dernière ne sortira de garde à vue que… sept heures plus tard./p
pPeu importe : des 20h aux journaux radio, en passant par les chaînes d'information en continu, la presse audiovisuelle choisit de s'affranchir du contradictoire et de s'engager tête baissée dans le « scoop ». Florilège non exhaustif :/p
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centeriframe title="Rima Hassan et la drogue : journalisme de préfecture et fiasco médiatique" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/teu1Ss7zbMk3RTyHTSbX9W" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center
p/bra href="https://x.com/v_brengarth/status/2041839765478072553" class="spip_out" rel="external"Comme nous l'apprendra six jours plus tard l'avocat de Rima Hassan/a, Vincent Brengarth, « ila procédure concernant la prétendue découverte d'un produit stupéfiant dans les affaires de madame Rima Hassan lors de sa garde à vue a fait l'objet d'un classement sans suite par le parquet du tribunal judiciaire de Paris. […] Le scellé ayant fait l'objet de la fuite abusivement présenté comme contenant de la "3-MMC" ne contient en réalité aucun produit stupéfiant/i »./p
pUn fiasco médiatique dans les règles de l'art, donc, dont la palme revient comme souvent à CNews… et à l'émission de a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/cher-gauthier-le-bret-boxing-day-75-3yVRB3BpQZaxKUeXObx32g" class="spip_out" rel="external"Gauthier Le Bret/a en particulier. « iParti de drogués/i », « ivéritable séisme au sein de La France insoumise/i », « inouvel épisode de la triste série narco-LFI/i », « isentiment d'impunité absolument total/i », « icomportement de délinquant/i », « iproblème d'immigration/i » : le plateau du 2 avril s'est surpassé dans tous les domaines. Extraits montés :/p
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centeriframe title="CNews, 2 avril 2026" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/pbTVYads3mNnFobXfixcsQ" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center
p/brSi le vaisseau amiral du groupe Bolloré agite à l'extrême le cocktail racisme/misogynie, la quasi-totalité des médias audiovisuels sont impliqués dans l'emballement. BFM-TV, notamment, aura nourri la séquence avec roulements de tambourspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Le 7 avril, Manuel Bompard et Paul Vannier rendent public un courrier dans (…)" id="nh3"3/a]/span. Les présentateurs de toutes les émissions diffusées entre 16h30 et 21h ont en effet soigné leur mise en scène : « iQuand elle arrive en garde à vue, elle a ses petites affaires personnelles, et là… drogue dans le sac !/i », déclare Alain Marschall. Lorsque Marc Fauvelle prend l'antenne à 18h48, le journaliste en fait sa Une : « iBonsoir à tous, ravis de vous retrouver. Une garde à vue pour apologie du terrorisme et de la drogue retrouvée sur elle. Rima Hassan, l'étoile des Insoumis au cœur de la tempête ce soir./i » Idem lorsqu'à 20h18, la journaliste Julie Hammett abrège temporairement son édition spéciale sur l'Iran et s'amuse avant la page de pub : « iOn reviendra sur Rima Hassan qui a été placée en garde à vue pour apologie du terrorisme à Paris et qui avait pris dans son sac pour sa convocation quelques drogues de… quelques drogues de synthèse. Voilà ! "C'est ballot", dit Didier François ! On marque une courte pause, à tout de suite./i »/p
pDans ce grand tohu-bohu, il ne se trouve presque aucun invité pour marquer ses distances à l'égard de ce qui est reçu et commenté comme une information certifiée : dans la roue du service « police-justice », c'est bien toute la chaîne rédactionnelle qui est impliquée. Ainsi, lorsqu'un présentateur soutient que « ic'est la deuxième fois qu'un député LFI se retrouve impliqué dans une affaire de drogue/i » (Olivier Truchot), l'éditorialiste politique rebondit sans le moindre doute : « iAbsolument !/i » (Guillaume Daret). Posté devant le commissariat du 10e arrondissement de Paris, le « reporter » y va lui aussi franco : « iOn sait que c'est une drogue de synthèse qui est plus communément appelée de la 3-MMC, qui fait les effets d'une drogue de synthèse qui peut s'apparenter entre la cocaïne, la MDMA, c'est une drogue de synthèse qui était dans son sac à main/i » (Maxime Brandstaetter). Et lorsqu'Alain Marschall demande à l'un de ses invités – en l'occurrence le maire de Béziers et pilier de comptoir sur BFM-TV – son sentiment sur le fait que Rima Hassan « iavait [dans son sac] des substances diverses et variées, bref, de la drogue/i », la saillie de Robert Ménard donne à la chaîne un titre de bandeau instantané : « Hassan/Ménard : "Ça fait beaucoup de drogués à LFI" »./p
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div class='spip_document_16490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/bfm_drogue.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH420/bfm_drogue-69ab1-5bd8d.jpg?1776672968' width='500' height='420' alt='' //a
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h3 class='article_intertitres'Itinéraire d'une fake news, cas d'école de journalisme de préfecture/h3
p/brSi l'audiovisuel agit telle une caisse de résonance assourdissante, la fake news a surgi de la presse écrite, en l'occurrence d'un quotidien très en pointe dans le journalisme de préfecturespan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir, pour rappel, le fiasco du quotidien autour de l'affaire Dupont de (…)" id="nh4"4/a]/span. Dès 12h30 le 2 avril, iLe Parisien/i revendiquait en effet son exclusivité avec un gros titre tapageur : « Info Le Parisien. De la drogue de synthèse retrouvée dans le sac de Rima Hassan lors de sa garde à vue ». À l'origine de l'article, deux journalistes du service « police-justice », Denis Courtine et Jean-Michel Décugis. Se prévalant de « isources concordantes/i » n'incluant pas le parquet de Paris – dont les deux journalistes soulignent l'absence de réaction –, ces derniers sont formels et ne s'embarrassent d'aucun conditionnel :/p
blockquote class="spip"
p[Rima Hassan] était d'abord en garde à vue pour apologie du terrorisme. Elle l'est maintenant également pour usage, transport et détention de drogue. La députée européenne Rima Hassan est dans de sales draps. Quelques grammes de drogue de synthèse ont été découverts ce jeudi matin dans le sac qu'elle avait apporté pour sa convocation [...]. Une convocation pour apologie du terrorisme qui avait aussitôt débouché, sans surprise, sur un placement en garde à vue. Ce qui était, en revanche, beaucoup plus inattendu c'était donc la présence d'un produit stupéfiant dans le baise-en-ville de la femme politique. On ignore, pour l'heure, de quelle drogue de synthèse précise il s'agit et quelle est la quantité exacte./p
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pLes « informations » avancées sont plus que parcellaires, mais les deux fins limiers ne se démontent pas. Au cours de la journée, le quotidien éditera cet article à plusieurs reprises en aggravant son cas. Les modifications, que nous avons réussi à identifier au fil de (trois) versions successives, sont en partie les suivantes :/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/parisien_drogue.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH337/parisien_drogue-1f1ca.jpg?1776672969' width='500' height='337' alt='' //a
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p/brBref, iLe Parisien/i ne sait rien avec certitude, mais n'hésite pas à gloser sur le chemsex avec un « expert » anonyme à l'appui : non seulement le journalisme est passé par-dessus bord, mais la pratique vise ici, très clairement, à nuire doublement à la réputation de Rima Hassan. Même pratique du côté de BFM-TV. Dans un article présenté comme factuelspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="« "Apologie du terrorisme", drogue de synthèse, immunité parlementaire : ce (…)" id="nh5"5/a]/span, auquel contribuent pas moins de quatre journalistes « police-justice » de la chaîne et sa cheffe adjointe, BFM-TV affabule au point d'inclure, l'air de rien, un ancien podcast sur les « ipratiques dangereuses/i » du chemsex dans le corps de l'article consacré à la garde à vue de l'eurodéputée :/p
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div class='spip_document_16493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bfm_drogue2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH234/bfm_drogue2-ae0ca.png?1776672969' width='500' height='234' alt='' //a
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p/brIdem jusque dans iL'Indépendant/i, où un journaliste entretient la circulation circulaire de la fake news tout en écrivant ne rien savoir de la « inature de la drogue dont les traces ont été trouvées dans les urines de l'eurodéputée/i » – nous y reviendrons… –, mais en consacrant un paragraphe entier aux effets de la 3-MMC, avec les mots-clés tapageurs attendus :/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/indep_drogue.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH312/indep_drogue-d0e1d.png?1776672969' width='500' height='312' alt='' //a
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p/brLa faillite journalistique est totale./p
pDans la foulée du iParisien/i, d'autres journalistes vont activer leurs réseaux policiers pour entretenir le « feuilleton » de la drogue. Et c'est une prime à celui ou celle qui dispose de la meilleure vue sur l'intérieur du commissariat ! À 13h57 le 2 avril, l'AFP « iconfirme les infos du Parisien/i » au présent de l'indicatif : « i"Quelques grammes de drogue" de synthèse ont été trouvés dans le sac de l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, lors de sa garde à vue à Paris pour "apologie du terrorisme", a-t-on appris de source proche du dossier./i » Notons ici l'emploi du mot « source » au singulier. La dépêche est reprise massivement et la « drogue de synthèse » figure dans tous les titres : iLibération/i, iLe Figaro/i, le HuffPost, France 24, Europe 1, 20 Minutes, iValeurs Actuelles/i, iOuest-France/i, iMidi Libre/i, iL'Indépendant/i, etc.span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Mise à jour, 10/04 : le 2 avril, Le Nouvel Obs reprend aussi la dépêche AFP (…)" id="nh6"6/a]/span/p
pPuis, à partir de 15h43, c'est le journaliste « police-justice » du groupe TF1-LCI, Raphaël Maillochon, qui se transforme publiquement en courroie de transmission police-média. Sans aucun filtre : « iEn faisant la liste des biens personnels de la députée européenne lors de sa fouille, les [policiers] ont mis la main sur... des stupéfiants = GAV supplétive/i », écrit-il avec assurance sur X. L'inspecteur Maillochon ajoute : « iLa députée européenne avait donc en sa possession 1g de 3-MMC (drogue de synthèse) et du cannabis (test en cours pour savoir s'il s'agit de CBD)./i » Puis, il s'autocite quelques heures plus tard de manière à parfaire le voyeurisme, piétiner plus encore le contradictoire et ajouter à son tableau de chasse une autre « exclusivité » made in TF1 : « iLe test urinaire de [Rima Hassan] fait apparaître un résultat positif à une drogue./i » Résumons : la garde à vue est toujours en cours, mais des journalistes ont accès à des éléments particulièrement précis ne pouvant provenir que de l'intérieur du commissariat et décident de transgresser allégrement, au compte-gouttes et en direct sur les réseaux sociaux, le secret de l'instruction : présence de « stupéfiant », grammage et nature de la drogue, jusqu'au résultat du test urinaire !/p
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div class='spip_document_16488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/maillochon.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH284/maillochon-a99b7.png?1776672969' width='500' height='284' alt='' //a
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p/brLes tweets de Maillochon connaissent un franc succès : sa consœur Ruth Elkrief le cite par exemple dans sa chronique du soir même sur LCI (« 24h Pujadas ») et juge ses déclarations assez solides pour se passer du conditionnel : « iIl y a une petite quantité de drogue de synthèse qui a été retrouvée dans le sac de Rima Hassan, des cristaux d'un dérivé de la 3-MMC./i » Dans la journée, le parquet de Paris communique lui-aussi : « iLa fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC./i » La plupart des journalistes ne s'attardent pas sur la curieuse expression : « s'apparentant à »span class="spip_note_ref" [a href="#nb7" class="spip_note" rel="appendix" title="Raphaël Maillochon tweete d'ailleurs le 3 avril en coupant la citation du (…)" id="nh7"7/a]/span. Ils se sentent, au contraire, confortés dans leurs « révélations » : si les informations se révèlent erronées, au moins n'auront-ils fait que relayer la parole officielle… Dans le sujet qu'il consacre à Rima Hassan le 3 avril dans l'émission « C à vous » (France 5), c'est d'ailleurs ce que sous-entend le courageux Paul Larrouturou, intervieweur du matin sur Franceinfo, en retraçant le déroulé des événements et ses prémices : « iUne affaire éclate dans l'affaire. Effectivement, le parquet annonce que du cannabis aurait été trouvé dans les affaires de l'eurodéputée./i » À quel communiqué se réfère ici le journaliste ? On ne saura pas… mais Paul Larrouturou croit en tout cas pouvoir exempter la presse de sa responsabilité : las, la fausse information sur la « drogue de synthèse » fut d'abord et avant tout divulguée par iLe Parisien/i (sans confirmation alléguée du parquet), avant d'avoir été répercutée dans la quasi-totalité des grands médias./p
pDisons-le tout net : nous sommes ici devant un cas d'école de journalisme de préfecture. Et même devant un paroxysme du genre. Dépendance aux sources policières, croyance aveugle dans leurs « révélations », course à l'audience et au scoop, sensationnalisme, recoupement des sources inexistant, traitement dénigrant, instrumentalisations politiques : tous les ingrédients du fiasco sont réunis. Et celui-ci est de taille, car les éléments distillés par des « insiders » du commissariat vont bel et bien se révéler frelatés. Pour une bonne raison : des bruits de commissariat ou de « isource proche du dossier/i » – a href="https://www.acrimed.org/Les-sources-proches-de-l-enquete-un-paravent"selon la formule tristement consacrée/a –, ne constituent pas une « information ». En théorie, pour que ces bruits deviennent une « information », il faut les soumettre à des recroisements, puis à ce que le journalisme appelle « le contradictoire ». Ce qui, en l'occurrence, ne pouvait être fait puisqu'au moment où les journaux et les plateaux divaguaient sur la « idrogue de synthèse retrouvée dans le sac de Rima Hassan/i », celle-ci était encore au commissariat, d'où elle ne sortira qu'aux alentours de 23h./p
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h3 class='article_intertitres'Un rétropédalage à bas bruit/h3
p/brLe contradictoire arrive donc enfin le lendemain, 3 avril, lors d'une conférence de presse tenue en fin d'après-midi par Rima Hassan, son avocat Vincent Brengarth et le député LFI Paul Vannier. Dans celle-ci, au moins deux précisions d'importance sont apportées après 24h de matraquage médiatique à sens unique. D'une part, l'avocat déclare que les deux contenants saisis « icorrespondent à du CBD/i », que la députée européenne a indiqué s'être procuré de manière légale dans une boutique de Bruxelles, dont elle a en outre indiqué l'adresse à la police ; le « itest urinaire positif/i » – « scoop » rapporté par Maillochon et brandi par une partie de la presse comme preuve ultime du fait que la députée était « iune droguée/i » –, n'a fait que « i[confirmer]/i, rapporte son avocat, iqu'il n'y a pas de consommation de drogue ou de stupéfiant/i », celui-ci ne détectant chez Rima Hassan que de faibles traces de THC, correspondantes à une consommation… de CBD./p
pEn bref : sept heures d'attente auraient suffi à ce que la presse ne s'engage pas dans un gigantesque emballement, avec, à la clé, un gloubi-boulga de raccourcis, fausses informations, mensonges par omission et élucubrations diverses et variées. Une séquence qui, toute bien pesée, aurait dû être un « non-événement » médiatique, mais qui s'est au contraire transformée en un violent déferlement de sensationnalisme, de fake news policières, de mise à l'index, de stigmatisation, de racisme et de misogynie. En peu de mots : une désinformation de masse./p
pÀ la mi-journée le lendemain, sur BFM-TV (3/04), le présentateur Christophe Delay commence à douter en questionnant la formulation du parquet de Paris : « i"S'apparentant à une drogue de synthèse", c'est ce que disait hier le parquet./i » « iJe pense que c'est une question de vocable/i », rebondit la cheffe du service « police-Justice », Pauline Revenaz. « iFranchement, "s'apparentant", c'est pas très sérieux/i, s'agace le présentateur qui se sent sans doute dupé. iSoit c'est, soit c'est pas !/i » Pauline Revenaz en convient : « iC'est très bizarre de la part du parquet qui est très prudent en général… Gardons la prudence nous aussi de notre côté./i » Une consigne (et une exigence journalistique de base) bien trop tardives : comme à chaque fois dans pareils cas, le mal est déjà fait./p
pEt ce d'autant que la chaîne ne va pas (du tout) dépenser autant d'énergie à médiatiser les démentis qu'elle n'en avait déployé la veille pour matraquer les informations erronées : alors que Christophe Delay avait par exemple annoncé que les téléspectateurs de BFM-TV pourraient « iévidemment/i » suivre la conférence de presse à partir de 17h, l'heure venue, la chaîne fait l'impasse et ne la diffuse que sur sa chaîne numériquespan class="spip_note_ref" [a href="#nb8" class="spip_note" rel="appendix" title="C'est-à-dire accessible sur internet et via les box des fournisseurs d'accès (…)" id="nh8"8/a]/span, BFM2 ! Si Franceinfo la donne à voir, LCI et CNews n'en retransmettront en revanche pas un mot en direct. Cette disproportion volontaire entre la médiatisation massive de la fake news et la mise en sourdine de son correctif s'illustre aussi dans la pratique du 20h de France 2. Le 3 avril, la rédaction se contente en effet d'un tweet de « imise à jour/i » posté sous le sujet qui, la veille, affirmait que « iles policiers font état d'une petite quantité de drogue retrouvée dans son sac/i ». Selon les chiffres de Médiamétrie, le 20h a été regardé par 3,43 millions de téléspectateurs ; à l'heure où nous écrivons ces lignes, le tweet de « mise à jour » apportant une partie du contradictoire cumule 3 913 vuesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb9" class="spip_note" rel="appendix" title="Contre plus de 130 000 vues pour le tweet ayant relayé le sujet du 20h." id="nh9"9/a]/span, dont rien ne garantit, en outre, qu'elles correspondent ne serait-ce qu'à une partie des téléspectateurs du 20h…/p
piLe Monde/i, qui avait repris le 2 avril à 17h55 la dépêche de l'AFP rapportant les pseudo-« iconfirmations/i » du parquet de Paris sur la détention de « drogue », s'est vu lui aussi contraint de se doter d'une mise à jour mentionnant le contradictoire, le 3 avril, à 12h36. D'autres médias n'ont même pas eu cette élégance minimale : au lendemain de la conférence de presse, samedi 4 avril, iLe Parisien/i, BFM-TV et iL'Indépendant/i n'avaient par exemple toujours pas jugé bon de modifier les trois articles (en ligne) dont nous parlions plus haut, n'y d'y adjoindre le moindre ierratum/i… et encore moins d'excuse./p
pPire : alors que les rédactions observent un silence gêné après avoir saturé leurs médias de fausses informations, la fine équipe de iFranc-Tireur/i revient à la charge… cinq jours plus tard. « Exclusif. Rima Hassan et la drogue. Révélations », annonce en manchette la Une de l'hebdomadaire (8/04), dont Caroline Fourest fait le service avant-vente sur LCI, à l'occasion de sa chronique attitrée dans l'émission « 24h Pujadas » (7/04). Si nous aurons probablement l'occasion de revenir sur cet épisode, contentons-nous de souligner, pour l'heure, qu'il s'agit de jeter la suspicion et de discréditer la défense de Rima Hassan… en (re)boostant la fake news. Au moment même où s'accumulent des éléments qui devraient inciter les journalistes à faire profil bas, c'est au contraire la tête haute que Caroline Fourest remet dix pièces dans la machine. En répétant par exemple dans sa chronique, à plusieurs reprises et sans conditionnel, qu'« ion avait retrouvé de la drogue, pas simplement du CBD mais aussi de la drogue de synthèse dans la valise lors de cette garde à vue de Rima Hassan/i ». Et tout en soutenant par cinq fois que « ile parquet confirme/i », ce qui est faux, comme le rapportera explicitement une dépêche AFP le 8 avril : « iCette information n'a pas été corroborée par le parquet à l'issue de la garde à vue, affirmant qu'il fallait attendre les résultats "d'analyses complémentaires" du produit pour se prononcer./i » Le 2 avril peu après 23h, la communication du parquet en question, répondant aux journalistes sollicités, était la suivante : « iLa fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières strongs'apparentant/strong d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC, sur lesquelles elle a été interrogée. Ces éléments sont disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte./i » Et nous avons aujourd'hui le fin mot de l'histoire : le sac de Rima Hassan ne contenait aucune drogue./p
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centerstrong***/strong/center
p/brDans a href="https://www.acrimed.org/Les-medias-contre-la-gauche-6909"iLes médias contre la gauche/i/a, nous résumions en quelques mots le processus qui caractérise régulièrement les épisodes de journalisme de préfecture : « iPhase 1 : désinformation massive. Phase 2 : rétropédalage et demi mea culpa. Phase 3 : maintien des informations bidonnées./i » Dans le cas d'espèce, la deuxième phase fut généralement passée par pertes et profits. Intoxiqués aux sources policières, aveuglés par leur traitement ordinaire à charge contre Rima Hassan, incapables de tirer les leçons de leurs errements passés, les médias dominants ont sauté à pieds joints dans une nouvelle cabale. Le rythme instantané du traitement de l'« information » accélère le phénomène de circulation circulaire… et aggrave le pouvoir de nuisance : en seulement quelques heures, les mots-épouvantails ont fusé sans le moindre recul d'une chaîne à l'autre, d'une radio à une autre, d'une colonne à une autre. Restent les faits : la procédure pour prétendue « détention de drogue » contre Rima Hassan est classée sans suite ; le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé avoir saisi l'inspection générale de la justice a href="https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/53588-un-probleme-de-fuites-de-la-pj-jusqu-a-la-chancellerie" class="spip_out" rel="external"après un article du iCanard enchaîné/i (7/04)/a et une enquête est ouverte par la procureure de la République sur la « violation du secret de l'instruction »… que les médias ont massivement confondus avec le « journalisme »./p
p/brstrongPauline Perrenot/strong et strongJérémie Younes/strong, avec strongFlorent Michaux/strong pour le premier montage vidéo./p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanDans une communication à la presse du 2 avril, le parquet de Paris indique que Rima Hassan est mise en cause dans « i6 autres procédures toujours en cours, soit au parquet, soit confiées à la BRDP [...]. Il n'y a pas de communication sur ces procédures toujours en cours/i »./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanUne fois n'est pas coutume, signalons que a href="https://www.liberation.fr/politique/garde-a-vue-de-rima-hassan-un-abus-de-droit-la-marque-dune-pente-autoritaire-et-une-immense-betise-politique-20260404_4ZQG72HS6JCNZG4UMUALG5CDXM/" class="spip_out" rel="external"le billet de Thomas Legrand dans iLibération/i (4/04)/a constitue une goutte de pluralisme au sein des grands médias./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanLe 7 avril, Manuel Bompard et Paul Vannier rendent public un courrier dans lequel ils annoncent qu'ils ont a href="https://x.com/PaulVannierFI/status/2041584381395947869" class="spip_out" rel="external"saisi l'Arcom/a. Le lendemain, les deux députés LFI adressent un courrier public à la direction de BFM-TV « ipour exiger un rectificatif clair au sujet des fausses informations diffusées en boucle le 2 avril/i » (a href="https://x.com/PaulVannierFI/status/2041902227502084389" class="spip_out" rel="external"X, 8/04/a)./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanVoir, pour rappel, le fiasco du quotidien autour de l'affaire Dupont de Ligonnès (a href="https://www.acrimed.org/Dupont-de-Ligonnes-Jour-1-le-naufrage-mediatique"jour 1/a et a href="https://www.acrimed.org/Dupont-de-Ligonnes-Jour-2-l-autocritique"jour 2/a), et bien d'autres cas de a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Parisien-+"journalisme de préfecture/a./p
/divdiv id="nb5"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /span« "Apologie du terrorisme", drogue de synthèse, immunité parlementaire : ce que l'on sait de la garde à vue de Rima Hassan », BFM-TV, 2/04./p
/divdiv id="nb6"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanMise à jour, 10/04 : a href="https://www.nouvelobs.com/justice/20260402.OBS113832/rima-hassan-en-garde-a-vue-pour-apologie-du-terrorisme.html" class="spip_out" rel="external"le 2 avril, iLe Nouvel Obs/i/a reprend aussi la dépêche AFP (et relaie l'article du iParisien/i), mais ne mentionne pas la « drogue de synthèse », contrairement à ce que nous écrivions./p
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pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh7" class="spip_note" title="Notes 7" rev="appendix"7/a] /spanRaphaël Maillochon tweete d'ailleurs le 3 avril en coupant la citation du parquet à l'endroit précis de cette formule… tout en postant une capture d'écran de la communication en question !/p
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pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh8" class="spip_note" title="Notes 8" rev="appendix"8/a] /spanC'est-à-dire accessible sur internet et via les box des fournisseurs d'accès et les télévisions connectées./p
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pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh9" class="spip_note" title="Notes 9" rev="appendix"9/a] /spanContre plus de 130 000 vues pour le tweet ayant relayé le sujet du 20h./p
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Un article de la loi sur le service militaire est encore plus inquiétant que la mesure elle-même. L'article 3 doblige tous les hommes de 17 à 45 ans à déclarer à l'armée tout séjour à l'étranger de plus de trois mois. Concrètement, cela veut dire que tous les hommes en âge de combattre subissent une séquestration implicite.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contre Attaque/a/b/div
Nous soutenons au contraire que pour agir en faveur d'une langue, il faut qu'elle soit enseignée, pratiquée, utilisée pour la création littéraire ou artistique. Or, l'enfermer dans des logiciels d'intelligence artificielle c'est la condamner à n'avoir plus besoin de vecteurs humains pour la faire vivre. À intégrer des fragments de langues dans des machines, on risque surtout d'en faire des langues mortes dont on pourra restituer des ersatz qui n'ont plus rien à voir avec l'usage en cours ou l'usage qui a eu lieu à un moment. C'est le latin de la messe. Automatiser une langue, c'est déposséder à la longue ses locuteur·ices de leur pratique, de leur savoir. Ça revient à dire, pour parler breton je n'ai qu'à cliquer : à quoi bon l'apprendre ? Et c'est d'autant plus cynique que c'est aux locuteur·ices actuel·les que l'on demande de l'aide pour aller saboter leur propre langue ! Tout comme beaucoup de travailleur·euses dans de nombreux domaines se voient incité·es ou contraint·es d'introduire l'IA dans leurs pratiques professionnelles, assurant ainsi la dégradation de leurs conditions de travail et la perte de leurs savoir-faire. Tout ça contre la promesse d'avoir aujourd'hui un GPS en corse ou en alsacien, quand on condamne en même temps ces langues à disparaître. À la logique court-termiste qui propose comme autant de gadgets des « outils » pour tout résoudre tout de suite, nous opposons une pensée globale des langues et des cultures, qui sont des objets à la fois plus précieux et plus complexes que de simples données.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net" En chair et en os/a/b/div
Nous soutenons au contraire que pour agir en faveur d'une langue, il faut qu'elle soit enseignée, pratiquée, utilisée pour la création littéraire ou artistique. Or, l'enfermer dans des logiciels d'intelligence artificielle c'est la condamner à n'avoir plus besoin de vecteurs humains pour la faire vivre. À intégrer des fragments de langues dans des machines, on risque surtout d'en faire des langues mortes dont on pourra restituer des ersatz qui n'ont plus rien à voir avec l'usage en cours ou l'usage qui a eu lieu à un moment. C'est le latin de la messe. Automatiser une langue, c'est déposséder à la longue ses locuteur·ices de leur pratique, de leur savoir. Ça revient à dire, pour parler breton je n'ai qu'à cliquer : à quoi bon l'apprendre ? Et c'est d'autant plus cynique que c'est aux locuteur·ices actuel·les que l'on demande de l'aide pour aller saboter leur propre langue ! Tout comme beaucoup de travailleur·euses dans de nombreux domaines se voient incité·es ou contraint·es d'introduire l'IA dans leurs pratiques professionnelles, assurant ainsi la dégradation de leurs conditions de travail et la perte de leurs savoir-faire. Tout ça contre la promesse d'avoir aujourd'hui un GPS en corse ou en alsacien, quand on condamne en même temps ces langues à disparaître. À la logique court-termiste qui propose comme autant de gadgets des « outils » pour tout résoudre tout de suite, nous opposons une pensée globale des langues et des cultures, qui sont des objets à la fois plus précieux et plus complexes que de simples données.
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