« Dans tout l'univers de la civilisation industrielle, la domination de l'homme sur l'homme croît en étendue et en efficacité»
— Herbert Marcuse
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Médias

Appel à mobilisation le 18 juin à Paris « pour défendre les métiers de l'information »

Acrimed : Action-Critique-Médias - ven, 2026-06-05 10:49
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH81/18juin-6d6d9.png?1780649390' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt="" / div class='rss_chapo'pAcrimed soutient l'initiative de l'intersyndicale pour une journée de mobilisation « pour combattre les dangers qui menacent l'information, pour refuser les plans sociaux et défendre une information de qualité ». Nous reproduisons ci-dessous a href="https://snj.fr/toutes-et-tous-paris-le-18-juin-pour-defendre-les-metiers-de-linformation-piliers-de-la-democratie" class="spip_out" rel="external"leur communiqué/a./p/div div class='rss_texte'pstrongToutes et tous à Paris le 18 juin pour défendre les métiers de l'information, piliers de la démocratie/strong/p pLe jeudi 18 juin, les syndicats SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, le SGJ-FO, la Filpac-CGT, le SNPEP-FO, Info'Com-CGT appellent l'ensemble des salariés des médias à rejoindre ce cortège et à se mobiliser collectivement pour combattre les dangers qui menacent l'information, pour refuser les plans sociaux et défendre une information de qualité./p pDepuis le début de l'année, les tempêtes se succèdent dans le monde des médias : des suppressions de postes par centaines, une précarisation croissante des métiers de l'information, des salarié·es remplacé·es par l'intelligence artificielle, des émissions arrêtées en raison des restrictions budgétaires, des pressions de toutes parts mettant en cause l'indépendance des rédactions, notamment de la part d'éditeurs milliardaires, d'extrême droite entre autres…/p pCes difficultés doivent inquiéter l'ensemble des citoyens. Car elles mettent gravement en danger l'information de qualité que tout citoyen et citoyenne est en droit d'attendre dans une démocratie./p pLecteur et lectrice, internaute, auditeur et auditrice, téléspectateur et téléspectatrice, vous ne trouvez plus votre village dans les pages de votre quotidien régional, vous constatez que votre magazine est moins épais et avec des articles tous écrits de la même façon, que les flashs infos sont moins nombreux, les reportages vidéo moins développés par manque de temps… Ce n'est pas qu'une impression : les conditions de travail se sont fortement dégradées. Elles mettent désormais en péril la qualité de l'information./p pCes plans menacent désormais les emplois de journalistes, infographistes, documentalistes, correcteurs, monteurs vidéo, caméramans, rotativistes, techniciens ou personnels administratifs…/p pÀ travers les dangers qui menacent l'information, c'est une question de vie ou de mort pour la démocratie en France./p pLe 18 juin, mobilisons-nous pour revendiquer :/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span L'arrêt des plans de suppressions d'emplois, des effectifs nécessaires pour un journalisme de qualité, la titularisation des précaires ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Que l'intelligence artificielle ne serve pas de prétexte à la suppression de métiers et d'emplois ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Un encadrement de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour préserver l'emploi et la qualité de l'information ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Des rémunérations à la hauteur de nos qualifications, l'arrêt de la baisse continue des budgets piges et le respect strict de la loi Cressard ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Le respect de notre statut professionnel permettant de résister aux pressions d'où qu'elles viennent, ce qui suppose de refuser que les médias d'information se transforment en officines de propagande ou de désinformation ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Des moyens nécessaires pour que l'audiovisuel public puisse mener sa mission correctement ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Une véritable bataille menée contre les géants du numérique qui pillent nos informations et conservent les retombées financières ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Un renforcement des moyens de régulation du monde des médias : limiter la concentration des médias, inclure les organisations syndicales dans la CPPAP ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Un maintien des imprimeries ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Un véritable plan national pour lutter contre les déserts informationnels ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Un réel renforcement et une plus grande collecte des droits voisins, et l'extension de leur répartition ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Un droit à l'information libre et indépendante, socialement garanti ;/p pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span Une révision en profondeur de la loi contre les concentrations de 1986 et une mise à niveau avec le droit européen, sur la protection des sources, l'indépendance de l'audiovisuel public, etc./p pLes employeurs des médias et le ministère de la Culture, chargé de l'information, doivent nous répondre./p pUn appel à la grève sera déposé par les syndicats SNJ, SNJ-CGT, SGJ-FO et le SNPEP-FO. Les sections d'entreprises sont libres de définir les modalités de leur mouvement de grève./p pLe jeudi 18 juin, rendez-vous à 11 heures à Paris (lieu à définir) pour défiler jusqu'au ministère de la Culture. À partir de 14 heures : tables rondes revendicatives à la Bourse du travail, rue du Château d'eau./p pOrganisée par : le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes, le SGJ-FO, la Filpac-CGT, le SNPEP-FO, et Info'Com-CGT./p pPremiers soutiens : Union des clubs de la presse de France et francophones (UCP2F), Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI), Association des journalistes du tourisme (AJT), Prenons la Une, Club de la presse Occitanie, Profession:Pigiste, FEC-FO./p p/brParis, 4 juin 2026./p/div
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« Aucune violence policière » : Jean-Michel Aphatie pris en flagrant déni

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-06-04 07:49
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/aphatie_aucuneviolence-8fc7f.png?1780552185' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" / div class='rss_chapo'p« Quotidien », TMC, 1er juin./p/div div class='rss_texte'pDeux jours après la victoire du PSG en Ligue des champions et les célébrations qui ont suivi à Paris (et ailleurs), l'émission de Yann Barthès disserte sur « iles émeutiers qui ont gâché la fête/i » (01/06). C'est depuis le plateau de « Quotidien » que le chroniqueur Jean-Michel Aphatie glisse qu'on « ine note aucune violence policière/i » et qu'il faut par conséquent « irendre hommage aux policiers/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Passage repéré par @Achabussuspendu sur X." id="nh1"1/a]/span :/p blockquote class="spip" pstrongJean-Michel Aphatie :/strong Il faut noter – je suis tout à fait du côté du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez – que la police a agi avec beaucoup de professionnalisme. 890 personnes arrêtées mais on ne note aucune violence policière. Tout ça se fait… c'est quand même un travail difficile, là il faut y aller ! En plus, un journaliste de chaîne info le notait, la journée a été quand même caniculaire, c'est lourd, ces CRS passent des heures à attendre, ils sont harnachés, ça transpire un peu, donc quand même il faut rendre hommage aux policiers./p /blockquote pAucune violence policière ? Un constat pour le moins inexact – pour preuves a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/020626/finale-de-la-ligue-des-champions-les-methodes-violentes-des-forces-de-l-ordre-en-question" class="spip_out" rel="external"cet article/a de Mediapart sur les « iméthodes violentes des forces de l'ordre/i » ; cette interview d'une avocate a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/football/victoire-du-psg-a-14-ans-il-denonce-pressions-et-violences-policieres" class="spip_out" rel="external"dans iL'Humanité/i/a ; ou encore a href="https://www.youtube.com/watch?v=oIOSB5P4SME" class="spip_out" rel="external"ce témoignage/a d'un étudiant face aux procureurs de BFM-TV (03/06)./p pL'assurance avec laquelle Aphatie livre son verdict erroné rappelle que pour un éditorialiste de plateau, il est possible et permis de rendre compte d'événements depuis un talk show sans connaître le dossier. C'est même le principe des émissions de bavardage. Par défaut, ce sont donc des préjugés et une vision du monde qui serviront de base argumentative. Et voici comment, malgré l'évidence, « aucune violence policière » devient tout à fait plausible. Il faut dire que les médias dominants ont un mal endémique à traiter a href="https://www.acrimed.org/+-Violences-policieres-+"cette question/a… y compris quand ça se passe a href="https://www.acrimed.org/BFM-TV-maquille-des-violences-policieres-et-s"devant leurs caméras/a./p p/brstrongMaxime Friot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanPassage repéré a href="https://x.com/achabussuspendu/status/2061516855156646068" class="spip_out" rel="external"par @Achabussuspendu/a sur X./p /div/div
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Areski Belkacem, compositeur et musicien de génie

Rezo.net - mar, 2026-06-02 20:27
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH88/arton249768-40c12.png?1780428675' width='120' height='88' / Areski était un véritable briseur de codes, lui qui a réussi à appliquer à la chanson la même liberté qu'il pouvait trouver dans le free jazz, avec beaucoup d'improvisations par exemple. Bref, un véritable esprit libre et créatif. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Jazz Radio/a/b/div

La nuit du carrefour | Nicolas Klotz

rezo.net - la sélection - mar, 2026-06-02 09:00
En tant que terriennes et terriens, nous sommes collectivement aussi attaqué.es que le climat. br /Et nous sommes pris.es de vertiges devant les ravages de l'IA dans ce monde de prédation en guerre perpétuelle, qui ne connait que la fuite en avant, justifie les génocides, admire la force brute des puissants qui vantent leurs chocs d'autorité, valorisent la peste brune de l'individualisme et de l'infantilisation de nos imaginaires. br /Le langage de ce capitalisme de l'urgence a tellement corrompu les autres langages et les dialectes de notre démocratie, effacé nos histoires, dressé les un.e contre les autres, désespéré les vivants ; que l'immense majorité des femmes et des hommes sur cette terre ont perdu tout espoir parce qu'il est devenu LE langage universel des prédateurs. br /Un langage sur-armé d'outils financiers capables de détruire sous nos yeux tous les autres langages. br /Ça se voit dans les rues, dans les solitudes, dans la chasse aux immigré.es, dans l'écart génocidaire entre les ultra-riches et tous les autres ; un écart que les uns appellent « le talent », et les autres le néo-fascisme. br /Dans ce monde-là, faire des images qui tenteraient d'échapper à cet immense réseau de camps de concentrations financiers et idéologiques, est devenu un défi héroïque. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/lundi-matin"Lundi matin/a/b/div

La nuit du carrefour | Nicolas Klotz

Rezo.net - mar, 2026-06-02 09:00
En tant que terriennes et terriens, nous sommes collectivement aussi attaqué.es que le climat. br /Et nous sommes pris.es de vertiges devant les ravages de l'IA dans ce monde de prédation en guerre perpétuelle, qui ne connait que la fuite en avant, justifie les génocides, admire la force brute des puissants qui vantent leurs chocs d'autorité, valorisent la peste brune de l'individualisme et de l'infantilisation de nos imaginaires. br /Le langage de ce capitalisme de l'urgence a tellement corrompu les autres langages et les dialectes de notre démocratie, effacé nos histoires, dressé les un.e contre les autres, désespéré les vivants ; que l'immense majorité des femmes et des hommes sur cette terre ont perdu tout espoir parce qu'il est devenu LE langage universel des prédateurs. br /Un langage sur-armé d'outils financiers capables de détruire sous nos yeux tous les autres langages. br /Ça se voit dans les rues, dans les solitudes, dans la chasse aux immigré.es, dans l'écart génocidaire entre les ultra-riches et tous les autres ; un écart que les uns appellent « le talent », et les autres le néo-fascisme. br /Dans ce monde-là, faire des images qui tenteraient d'échapper à cet immense réseau de camps de concentrations financiers et idéologiques, est devenu un défi héroïque. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/lundi-matin"Lundi matin/a/b/div

D'une école à une maisonnée d'architecture | Babba

Rezo.net - lun, 2026-06-01 08:45
Qui n'a pas rêvé d'une autre école ? Dans le texte qui suit, un·e enseignant·e dans une école d'architecture nous écrit depuis l'an 2033 et nous décrit une école autogérée et décoloniale où « les étudiant·es n'y sont plus en compétition, en notation permanente, dans des cursus-tunnels. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Topophile/a/b/div

Habiller le discours dominant en rigueur historique

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-06-01 08:44
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/palestine_une_histoire-07aeb.png?1780296304' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pNous reproduisons, sous forme de tribune, ce texte a href="https://fracbi.org/ressources/tribunes/habiller-le-discours-dominant-en-rigueur-historique/" class="spip_out" rel="external"initialement publié/a par la Coordination française du boycott universitaire, culturel et sportif d'Israël (FRACBI) le 29 avril 2026. Il porte sur le documentaire iPalestine, une histoire/i diffusé a href="https://www.france.tv/france-5/palestine-une-histoire/" class="spip_out" rel="external"sur France 5/a./p/div div class='rss_texte'pIl existe une forme de malhonnêteté intellectuelle plus redoutable que le mensonge, celle qui emprunte le langage de la rigueur pour mieux maîtriser la conclusion. Le documentaire « Palestine : une histoire », diffusé sur France 5, en offre un exemple particulièrement travaillé. Sur trois épisodes, il convoque le paradigme du colonialisme de peuplement, donne à voir la dépossession historique du peuple palestinien, interroge des témoins, palestiniens notamment, cite des archives, partage des cartes, etc. Tout cela pour aboutir, dans son dernier épisode, à la conclusion la plus convenue qui soit : deux camps, deux extrémismes religieux responsables de manière symétrique. Les Palestiniens seraient finalement tout autant responsables de leur dépossession et du génocide qu'ils subissent actuellement. Le détour historique n'aura servi qu'à habiller d'un vernis de rigueur ce que le discours dominant occidental répète depuis des années./p /br h3 class='article_intertitres'Les deux premiers épisodes comme construction rhétorique/h3 p/brLes deux premiers épisodes retracent la dépossession coloniale du peuple palestinien, s'inscrivent dans le cadre du colonialisme de peuplement et présentent le projet sioniste comme colonial. Travail utile, en apparence. Mais cette histoire n'est pas là pour comprendre, elle est là pour servir de caution à ce qui vient ensuite. L'épisode 3, le dernier, révèle la fonction des deux premiers ; toute la rigueur historique sur le colonialisme de peuplement était un détour rhétorique. Une fois posée, elle est abandonnée. On bascule vers une autre grille, celle de deux camps, deux extrémismes religieux qui s'affrontent et qui usent de la violence dans le même but./p /br h3 class='article_intertitres'Un cadrage religieux assumé/h3 p/brDès les premières minutes de l'épisode 3, le décor est exclusivement religieux. Des hommes qui prient dans la rue. Le Hamas décrit comme mû par une « action idéologique » visant un « État islamique » en Palestine. Le doublement du nombre de mosquées entre 1967 et 1987 cité comme donnée signifiante. On est censé parler de colonialisme, on parle uniquement de religion pendant les trois premières minutes de cet épisode. Ce choix n'est pas anodin. Ancrer la résistance palestinienne dans le religieux plutôt que dans le politique et l'anticolonial, c'est la déshistoriciser. C'est faire du Hamas une aberration idéologique, anachronique, sans ancrage dans l'occupation militaire qui dure depuis plusieurs décennies. La musique d'ambiance suit ; l'appel à la prière revient fréquemment en fond sonore, et en général dès que le Hamas est évoqué. Un choix de montage qui n'est pas neutre./p /br h3 class='article_intertitres'La disparition progressive des Palestiniens/h3 p/brLes Palestiniens, très présents dans les deux premiers épisodes, s'effacent progressivement dans l'épisode 3. Comme si, au moment où l'histoire rejoint l'actualité, ils cessaient d'être des sujets pour devenir un problème, des victimes uniquement. Ce glissement n'est pas accidentel, il accompagne au contraire le basculement de cadre. On ne parle plus d'une population dépossédée, spoliée, chassée de ses terres, en lutte pour recouvrer ses droits les plus fondamentaux, on parle de deux camps qui s'affrontent./p /br h3 class='article_intertitres'Les biais lexicaux/h3 p/brLes indices sont aussi dans les mots. En 1948, ce n'est pas un nettoyage ethnique, c'est une « expulsion ». Autre exemple. Les élections de 2006, pourtant reconnues comme démocratiques par les observateurs internationaux, sont décrites comme remportées « à la loyale » et non « démocratiquement » (ce terme n'est jamais employé). Un terme qui introduit subtilement le doute là où les faits sont établis. De même, Oslo est présenté comme un « accord historique », horizon de paix, presque sans réserve initiale. Il faut attendre plusieurs minutes avant qu'une nuance soit émise, le temps que la grille s'installe ; la paix était possible, les extrémistes l'ont tuée, des deux côtés. Cela s'étend jusqu'à la prononciation. En effet, dans la narration, le Hamas devient « Khamas », Haïfa devient « Khaïfa ». Adopter la phonologie israélienne pour prononcer des noms arabes dans un documentaire français n'est pas un détail, c'est choisir, jusque dans la langue, le point de vue de l'un des deux camps./p /br h3 class='article_intertitres'L'inversion des responsabilités/h3 p/brSur le fond, le documentaire procède à plusieurs reprises à une inversion des responsabilités. Les autorités israéliennes auraient été « contraintes » de boucler Gaza et la Cisjordanie en réponse aux attentats dans les années 2000. Les guerres à Gaza sont présentées comme des réponses à des prises d'otages israéliens uniquement, sans cadre politique. Une intervenante affirme que le Hamas « a poussé Israël à commettre les pires crimes de guerre au détriment des Palestiniens eux-mêmes ». L'occupant ne ferait donc que réagir, c'est de la légitime défense, une réponse aux provocations palestiniennes. Sur la seconde Intifada, le commentaire atteint un sommet. Du côté palestinien « on est prêt à sacrifier sa vie », du côté israélien « on tient à la vie ». Vieux fantasme orientaliste qui voudrait que les Arabes aient un rapport particulier à la mort. Les autres tiennent à la vie, tandis qu'eux s'y abandonnent./p pCes glissements, surtout ceux dans le troisième épisode, auraient pu être corrigés si l'on avait davantage donné la parole à des spécialistes du sujet – ils sont nombreux à avoir été sollicités pour ne finalement pas être retenus ou très peu au montage, alors même qu'ils sont aujourd'hui reconnus comme les spécialistes de ces sujets. Leur absence est aussi un révélateur de l'objectif que semble s'être fixé le reportage ?/p /br h3 class='article_intertitres'La symétrie comme effacement/h3 p/brC'est là la conclusion du documentaire, annoncée dès la présentation de l'épisode 3 : « Dans les deux camps, c'est le temps des faucons, des extrémistes religieux qui préfèrent la guerre à la paix ». Voilà où mène le détour colonial. À une équivalence entre colonisateur et colonisé. Or le colonialisme de peuplement comme paradigme analytique implique précisément une dissymétrie structurelle. Vous avez d'un côté un État avec une armée, des colons, une administration d'occupation, des soutiens internationaux puissants et de l'autre une population dépossédée, en lutte, qui résiste pour sa survie en tant qu'individu et en tant que peuple. Mettre les deux « camps » au même niveau n'est pas de la nuance. C'est l'effacement de cette dissymétrie, et donc la négation du paradigme que le documentaire prétendait pourtant mobiliser./p pEnfin, reste les erreurs historiques, factuelles et juridiques. Il ne s'agit pas ici de faire une recension de l'ensemble de celles-ci, mais seulement de rappeler que la rigueur du documentaire est à interroger. Par exemple, sont confondues deux procédures distinctes devant la Cour internationale de Justice (CIJ) : l'avis consultatif du 19 juillet 2024 sur l'occupation d'un côté (qui ne se prononce jamais sur le génocide) et les ordonnances sur le génocide dans l'affaire Afrique du Sud c. Israël de l'autre, en citant une « Charte des Nations Unies sur le génocide » qui n'existe tout simplement pas. Il existe une Charte des Nations Unies et il existe une Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ce ne sont pas les mêmes textes et ils ne sont pas mobilisés au même moment devant la CIJ./p pEn somme, ce documentaire ne déconstruit pas le discours dominant sur la Palestine, il lui offre une façade de rigueur historique pour mieux reconduire ses conclusions : la résistance palestinienne est d'abord religieuse, les responsabilités sont partagées, la paix a été sabordée par les deux extrêmes. Mobiliser des paradigmes critiques pour en vider la portée au moment précis où ils comptent le plus, c'est ce que fait ce documentaire. Et c'est plus dangereux qu'une propagande assumée, parce que ça ressemble à de l'analyse./p p/brstrongInsaf Rezagui/strong, strongSbeih Sbeih/strong, strongLeila Seurat/strong, strongStéphanie Latte Abdallah/strong et strongAbaher El-Sakka/strong, a href="https://fracbi.org/ressources/tribunes/habiller-le-discours-dominant-en-rigueur-historique/" class="spip_out" rel="external"FRACBI/a, 29 avril 2026./p/div
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Canicule : Daniel Riolo, « les chouineries » et « les glandus »

Acrimed : Action-Critique-Médias - ven, 2026-05-29 16:19
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/riolo_canicule-898cf.png?1780064342' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" / div class='rss_chapo'pRMC et RMC Story, 26 mai./p/div div class='rss_texte'pAu programme du talk-show « Estelle Midi »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Que nous avions déjà épinglé pour ses faits d'armes anti-grévistes." id="nh1"1/a]/span, diffusé simultanément sur RMC et RMC Story, ce 26 mai : « Records de chaleur : faut-il fermer les écoles ? » La discussion, portant sur l'adaptation face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, est initiée par l'animatrice Estelle Denis :/p blockquote class="spip" pstrongEstelle Denis :/strong Il y a quelques jours, il y a Marine Tondelier, la cheffe de file des Écologistes, qui proposait […] un congé climatique. Alors, c'est vrai [que] ça n'a pas recueilli, on va dire, l'ensemble des voix sur ce plateau, beaucoup se sont moqués d'elle, mais est-ce que finalement Marine Tondelier elle avait pas raison ? Est-ce qu'en période de forte chaleur, on devrait pas retirer les enfants de l'école et puis les garder et essayer de faire en sorte qu'ils soient bien ? Aller se balader en forêt par exemple, ce genre de choses…/p /blockquote pC'en est déjà trop pour le journaliste sportif-éditorialiste-chroniqueur a href="https://www.acrimed.org/Grandes-Gueules-Daniel-Riolo-un-nouvel"Daniel Riolo/a... Et c'est un festival :/p blockquote class="spip" pstrongDaniel Riolo :/strong Ouais, et puis moi je pense qu'il faudrait un chèque chaleur aussi. Et puis une aide pour acheter des bouteilles d'eau. Une aide pour acheter la petite serviette fraîche que tu vas te mettre sur la nuque. Non, mais c'est bien, j'écoute votre débat avec beaucoup d'intérêt. Tout ce blabla pour deux semaines de chaleur dans l'année. […] J'entends des chiffres qui tombent, « il faut faire quelque chose », « et les bâtiments y sont pas construits correctement »… Bah oui ben dis donc en Espagne, en Italie, au Portugal, en Grèce, les pauvres dis donc, comment ils font ! C'est quand même incroyable, il fait deux fois deux semaines [sic], à peine, à peine !, quand ça arrive parce que c'est pas tous les ans, et on perd notre temps avec ces discussions-là ! Et « il faut fermer les écoles », et « on a trop chaud », et « faut faire attention à bien leur mouiller la nuque et à boire »… Mais on est sérieux là ou pas ? […] Moi, je vous laisse discuter de quelque chose que je trouve absolument délirant./p /blockquote pEncore n'était-ce là qu'une mise en bouche. L'étape suivante ? Relativiser voire nier les dangers des canicules :/p blockquote class="spip" pstrong- Daniel Riolo :/strong Parce que maintenant j'ai appris qu'au-dessus de 25°C on était déjà « en danger » ! J'entends parler de « sécurité » : sécurité de quoi en fait ? Mais sécurité de quoi ?/p pstrong- Estelle Denis :/strong Il y a déjà 7 morts, là./p pstrong- Daniel Riolo :/strong 7 morts de quoi ? De chaleur ?/p pstrong- Estelle Denis :/strong 7 morts de chaleur et d'imprudences liées à la chaleur./p pstrong- Daniel Riolo :/strong D'imprudences ? Mais moi je m'en fous de l'imprudence ! Ils ont qu'à être prudents !/p /blockquote p« iToute votre réflexion, c'est l'assistanat permanent. Le moindre geste du citoyen dans cette société, il doit être fait avec quelqu'un qui vous tient la main. Tout ! Il fait chaud, il fait trop froid… c'est pas possible !/i », poursuit-il… avant le bouquet final :/p blockquote class="spip" pstrong- Estelle Denis :/strong Donc on fait rien en fait ? On laisse les mômes crever de chaud ?/p pstrong- Daniel Riolo :/strong Il fait chaud, il fait chaud, basta. T'ouvres la fenêtre et tu mets un tee-shirt. Et puis t'arrêtes de chouiner !/p /blockquote pComplété, dix minutes plus tard :/p blockquote class="spip" pstrongDaniel Riolo :/strong Dans les cas de grosse chaleur comme ça, moi, les seules personnes que je comprends, et pour qui il faut arrêter et tout, c'est ceux qui sont sur les gros chantiers, sur les échafaudages, ou qui bossent dans la rue, vraiment où là ils se tapent le cagnard pleine tronche, là oui il faut décaler les horaires, il faut organiser […]. Pour le reste, c'est que des chouineries./p /blockquote p« iBeaucoup de messages pour applaudir la diatribe de Daniel tout à l'heure contre une éventuelle fermeture des écoles/i » appuie enfin un chroniqueur. Riolo plastronne :/p blockquote class="spip" pstrongDaniel Riolo :/strong Ben tout le monde est d'accord avec moi ! […] Mais qui va pas être d'accord avec moi à part les glandus ? […] C'est comme d'hab', 20% de la population de glandus./p /blockquote pMinimiser les risques des canicules, rechigner aux politiques d'adaptation au changement climatique, tout en ironisant voire en insultant : c'est indubitablement un joli palmarès. D'autant que la leçon de validisme est assurée depuis un plateau climatisé – « iNous, il fait 19°C, il fait trop froid/i » (Estelle Denis). Mais Daniel Riolo t-arrêtes-de-chouiner est un vrai bonhomme : « iMais, moi, vous pouvez l'enlever !/i »/p p/brstrongMaxime Friot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanQue nous avions déjà épinglé pour a href="https://www.acrimed.org/Estelle-Midi-RMC-un-talk-show-contre-les"ses faits d'armes anti-grévistes/a./p /div/div
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CNews, La Baule et la fabrique de l'« insécurité »

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-05-28 11:01
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/baule_plateau-5fd83.png?1779969301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" / div class='rss_chapo'pEntre-soi, mépris de classe et racisme habituel sur CNews…/p/div div class='rss_texte'pUne vague de chaleur inédite par sa précocité et son ampleur s'abat sur la France. Comme lors de chaque épisode caniculaire, les médias audiovisuels dépolitisent et remplissent les antennes à peu de frais : micros-trottoirs sur les terrasses des cafés, images et témoignages de baigneurs, recettes de « cuisine fraîcheur », etc. a href="https://www.dailymotion.com/video/xab8z1o" class="spip_out" rel="external"Sur CNews/a le 26 mai, lorsque le climato-négationnisme ne s'exprime pas en roue librespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Georges Fenech notamment ce matin-là, qui interrompt Pascal Praud lorsque ce (…)" id="nh1"1/a]/span, Pascal Praud et son équipe bavardent ainsi de divers sujets plus ou moins profonds, en relation plus ou moins directe avec les « fortes chaleurs » : « iComment faut-il s'habiller ?/i » ; « iLe short est-il autorisé en entreprise ?/i » Puis, comme par association d'idées, une autre thématique va s'imposer : en scrutant les réseaux sociaux, Pascal Praud a repéré une vidéo d'« incivilités » à La Baule, la station balnéaire où il a l'habitude de a href="https://www.youtube.com/watch?v=jC4wBbY0RUQ" class="spip_out" rel="external"passer ses vacances/a. Cela suffit à faire l'agenda : exit la canicule, place à l'insécurité./p /br h3 class='article_intertitres'« iIl n'y a plus d'espace préservé de l'insécurité en France/i »/h3 p/br« iSi vous regardez les infos sur les réseaux sociaux […], vous avez peut-être vu depuis trois jours des images qui vous ont surpris parce qu'à La Baule, cité tranquille, y a une image très très forte qui a fait le tour des réseaux sociaux, où on voit des jeunes gens entrer dans un train./i » Le lancement de Pascal Praud est sibyllin, mais le mystère s'éclaircit dès le lancement de la vidéo : sur les images en question, les jeunes qui se pressent et se bousculent sur le quai d'une gare pour prendre le train ont la particularité d'être en majorité… non blancs. « iOn voit des jeunes gens qui par dizaines sont sur le quai de la gare et ça créé […] beaucoup de chahut ! Et c'est généralement plus calme…/i », désespère Pascal Praud, qui tente alors une exégèse au doigt mouillé : « iAlors pourquoi ? Parce que visiblement, les trains sont gratuits désormais entre Nantes et La Baule, et donc beaucoup de Nantais vont à La Baule gratuitement […], je crois que c'est Madame Rolland qui avait décidé cette initiative, et ça change effectivement la station parce qu'il y a beaucoup de personnes qui arrivent le week-end alors qu'avant, ça pouvait être plus tranquille./i »/p pSalauds de pauvres ! Comme d'habitude, Pascal Praud n'est pas une foudre de précision : le train entre La Baule et Nantes n'est pas gratuit, et il ne s'agit pas d'une compétence de la maire mais de la régionspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire par exemple cet article du Télégramme (26/05), dans lequel le maire de (…)" id="nh2"2/a]/span. Mais peu importe sur CNews : Pascal Praud diffuse dans la foulée une seconde vidéo et décrit « ides échauffourées/i » devant la plage de La Baule, survenues la veille. Une « ibagarre/i » qu'il relie naturellement aux « ijeunes gens/i » dont il venait de parler. Et d'égrainer les « on dit » en guise d'information : « iOn dit qu'il y a du deal, il y a du shit, il y a de la drogue, et des choses qui ne se passaient jamais, la cité était plus calme./i »/p /br div class='spip_document_16541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/baule_plateau.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH280/baule_plateau-5d6e4.png?1779958870' width='500' height='280' alt='' //a /figure /div p/brL'occasion de rediffuser un extrait de l'interview du maire LR de La Baule, Franck Louvrier – que Pascal Praud promouvait déjà quelques mois plus tôtspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple « La vie rêvée de Franck Louvrier », Pascal Praud, Le JDD, (…)" id="nh3"3/a]/span –, sollicité dans l'émission précédente pour réclamer davantage de « iforces de l'ordre/i » au ministre de l'Intérieur. Le cadre étant posé, le commentaire débridé peut s'élancer. Avec Joachim Le Floch-Imad en l'occurrence :/p blockquote class="spip" pstrongJoachim Le Floch-Imad :/strong Je connais bien La Baule, donc je n'aurais jamais pensé être amené à commenter ce genre d'images un jour… Maintenant, on a là une preuve de plus qu'il n'y a plus d'espace préservé de l'incivilité, de l'insécurité en France. Mais le problème, il n'est pas dans la politique municipale du maire de La Baule qui est extrêmement vigilant […], il est sur le ruissellement de tout un tas de maux qui travaillent l'ouest de la France, en particulier Saint-Nazaire et Nantes, où il y a eu une explosion de l'immigration […], une politique totalement absurde du logement social. On est face à des défis vertigineux qui appelleraient à une thérapie de choc… Qui aura le courage ?/p /blockquote/br div class='spip_document_16543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/lefloch.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH280/lefloch-b230c.png?1779958870' width='500' height='280' alt='' //a /figure /div/br h3 class='article_intertitres'« iLe train, ça change tout/i »/h3 p/brUne fois le lien insécurité/immigration effectué sur la base d'une simple vidéo postée sur X, le journaliste Thomas Bonnet entretient la stigmatisation en expliquant que « ice n'est pas parce qu'on a grandi dans un logement social qu'on doit se comporter comme ça/i ». D'ailleurs, selon lui, le « iniveau social/i » n'explique rien, puisque les « isupporters de Lens/i », eux, se comportent bien – « ila notion d'enracinement commande aux instincts primaires/i » expliquait-il a href="https://www.dailymotion.com/video/xab3gks" class="spip_out" rel="external"la veille/a (25/05). Praud intercepte et relance en citant le tweet d'un élu RN anciennement syndicaliste policier. Puis, vient cet échange d'anthologie :/p blockquote class="spip" pstrong- Pascal Praud :/strong Ceux qui auront les moyens iront dans des endroits où ils se savent protégés. Donc ils iront à Monaco, ils iront en Corse…/p pstrong- Thomas Bonnet :/strong C'est la fin de la France comme nation./p pstrong- Pascal Praud :/strong Oui, bien sûr ! Mais bien sûr, c'est ça ! Donc ceux qui sont entre guillemets privilégiés…/p pstrong- Thomas Bonnet :/strong Mais La Baule était censée être un endroit préservé…/p pstrong- Pascal Praud :/strong Oui, mais il y a le train ! Et le train, ça change tout. Surtout quand il est gratuit. Parce qu'à Noirmoutier, il n'y a pas de train. Donc les gens iront à Noirmoutier./p /blockquote pSi vous croisez Pascal Praud à Noirmoutier, vous saurez pourquoi : pour éviter « iles allers-retours/i » de « ices gens-là/i ». Ces « igens-là/i » qui ne sont d'ailleurs « iabsolument pas élevés/i », « ipas éduqués/i », explique encore Charlotte d'Ornellas./p /br div class='spip_document_16542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/baule_dornellas.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH280/baule_dornellas-bba15.png?1779958870' width='500' height='280' alt='' //a /figure /div p/brPascal Praud, magnanime, les pardonnerait presque : « iLa chance que vous avez eue, la chance que j'ai eue, c'est qu'on a eu des parents qui se sont occupés de nous et qui nous ont appris !/i » Contrairement à ces jeunes sauvageons, dont les parents sont forcément « idémissionnaires/i ». « iOn voit bien sur les images qu'ils sont massivement issus de l'immigration/i, continue d'Ornellas. iLe fait de le souligner, c'est suspect […], personne ne va oser !/i » Heureusement, CNews a osé, tout comme ses chroniqueurs osent tirer la conclusion qui s'impose : « iSi on ne remet pas des interdits éducatifs dès le plus jeune âge/i, prévient ainsi Joachim Le Floch-Imad, ion sera incapable demain de civiliser la jeunesse, de lui permettre de résister à la barbarie […], c'est ça qu'il y a derrière ces images./i »/p pMonter un fait divers en épingle pour fabriquer le grand récit de « l'ensauvagement » et attiser la haine raciste : telle est la spécialité de CNews. Dans l'émission précédente, où le sujet faisait déjà « débat », le présentateur Romain Desarbres avait beau reconnaître un effet de loupe – « iC'est une loupe parce que c'est quoi ? C'est une minute dans une journée/i » –, il n'en justifiait pas moins cette instrumentalisation éditoriale : « iC'était important d'en parler, parce que c'est vrai que quand Gérald Darmanin dit : "Il n'y a plus d'endroit safe", on le voit petit à petit. Voilà. […] [C]'est un événement qui s'est passé : il faut en parler./i »/p pEt à vrai dire, le groupe Bolloré n'a pas lésiné sur les moyens pour tenter de convertir ce fait divers insignifiant en fait politique majeur, également traité par la presse locale et commenté par Jordan Bardella sur X : commentaires dans les émissions « La matinale », « L'Heure des Pros », « L'Heure des pros 2 » ou encore « 100% Frontières » – qui consacrera l'ouverture puis vingt minutes au sujet, dont un micro-trottoir avec un ancien candidat du RN… a href="https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-baule-44500/rixe-a-la-baule-un-ancien-candidat-du-fn-parmi-les-passants-interroges-par-cnews-72d30864-59d8-11f1-8481-6f001a76e738" class="spip_out" rel="external"présenté comme un simple passant/a. Et comme de coutume, les synergies ont joué à plein puisque des contenus sont également parus dans iLe JDD/i, mais aussi sur Europe 1, où les vidéos de La Baule ont notamment fait les choux gras de… Pascal Praud, dans l'émission qu'il anime entre deux « Heures des Pros »./p /br centerstrong***/strong/center p/brPendant que la planète brûle et qu'on compte déjà « iau moins/i » sept morts liées à la canicule en Francespan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Selon les déclarations de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon." id="nh4"4/a]/span, Pascal Praud semble bien davantage s'inquiéter pour son lieu de villégiature, pollué par une horde de pauvres décivilisés. Pour anecdotique que semble cette séquence sur la chaîne, elle n'en est pas moins représentative de la mécanique des médias Bolloré : co-construire un « événement » à partir d'un post X et recycler l'« actualité » jusqu'au matraquage – quitte à diffuser des informations fausses ou approximatives –, au bénéfice d'un agenda politique d'extrême droite tout à fait clair : mépris de classe, racisme, haine de la gauche, du service public et des politiques de justice sociale. Et ce, en pleine canicule comme en période de grand froid./p p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanGeorges Fenech notamment ce matin-là, qui interrompt Pascal Praud lorsque ce dernier parle de « ila part de l'activité humaine/i » dans le réchauffement climatique : « iVous avez dit : "Personne peut la nier." Bah moi je vous dis non./i » Ou encore : « iBeaucoup de scientifiques ont pas cette opinion, il ne faut pas jeter l'anathème sur ceux qui réfléchissent un peu autrement/i. »/p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLire par exemple a href="https://www.letelegramme.fr/france/bagarre-sur-le-remblai-et-bousculade-a-la-gare-que-sest-il-passe-a-la-baule-ce-lundi-de-pentecote-7051434.php" class="spip_out" rel="external"cet article/a du iTélégramme/i (26/05), dans lequel le maire de La Baule déclare lui-même qu' « iil n'existe pas de "train des plages" ou de gratuité sur les transports./i »/p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanVoir par exemple « La vie rêvée de Franck Louvrier », Pascal Praud, a href="https://www.lejdd.fr/politique/pascal-praud-la-vie-revee-de-franck-louvrier-160743" class="spip_out" rel="external"iLe JDD/i/a, 03/08/25./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanSelon a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/deja-plusieurs-morts-liees-a-l-episode-de-fortes-chaleurs-selon-la-porte-parole-du-gouvernement-maud-bregeon_8029229.html" class="spip_out" rel="external"les déclarations/a de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon./p /div/div
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Tone-deaf

Rezo.net - mer, 2026-05-27 17:20
African audiences' responses to our “Elections Circus” publication — which detailed how more than €100 million of EU taxpayers' money, earmarked for free and fair elections, has largely benefited ruling elites rather than supporting meaningful democratic change — have been overwhelming. Hundreds of readers accessed the online link as soon as it went live, and print copies sold in significantly higher numbers than usual. In Côte d'Ivoire, three online media outlets and one print newspaper published all five country chapters, while on the day of publication, the government also disbanded its electoral commission. In Kenya and Nigeria, high-quality independent media co-published the work, reaching millions. Even Mozambique, which was not included in the project, chose to publish it. In contrast, the EU has remained silent throughout. EU delegations did not respond to NAIRE journalists' requests for comment; the EU in Brussels did not respond to emailed questions; and no response was provided after publication. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"ZAM/a/b/div

Trois ans après le carnage de Sainte-Soline, la presse travaille mieux que les enquêteurs

Rezo.net - mar, 2026-05-26 22:53
Le 25 mars 2023, nous écrivions en quittant la manifestation : « Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d'un champ ». Dans les vidéos révélées en 2025, on entend effectivement les gendarmes s'exclamer : « T'en crèves deux-trois, ça calme les autres », « Je compte plus les mecs qu'on a éborgné ! », « Un vrai kiff ! », « Mets leur une GM2L dans la gueule », « fils de pute », « pue-la-pisse », « faut les tuer », ou encore, en criant de joie : « Il l'a mis en pleine tête ». Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, continue d'assurer qu'à Sainte-Soline, « il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée ». Une intention assumée d'assassiner et des tirs depuis un blindés militaire, voilà une riposte « proportionnée » pour nos dirigeants. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contre attaques/a/b/div

Sainte-Soline : révélations sur le tir tendu qui a failli tuer Serge Duteuil-Graziani | Camille Polloni, Laura Wojcik, Antoine Schirer et Ismaël Halissat

Rezo.net - mar, 2026-05-26 18:37
Après plusieurs années d'enquête, la justice s'était déclarée incapable de savoir qui avait grièvement blessé le manifestant. « Mediapart » et « Libération » ont mené l'enquête et sont parvenus à établir avec certitude qui est l'auteur du tir tendu de grenade lacrymogène. Démonstration en vidéo. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Libération et Médiapart/a/b/div

Matthieu Pigasse : un « Bolloré de gauche » ?

Acrimed : Action-Critique-Médias - ven, 2026-05-22 17:30
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/pigasse-363e5.png?1779463850' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pRetour sur la dernière tournée m'as-tu-vu de Matthieu Pigasse, le « ibanquier de gauche/i » qui se vit comme un rempart face à l'empire Bolloré et un héraut de la « ibataille culturelle/i », « ià disposition/i » pour 2027. Ou comment convertir un capital économique en capital médiatique et politique. Et le journalisme dans tout ça ?/p/div div class='rss_texte'pLe paysage médiatique français ne manque pas de milliardaires (ou de multimillionnaires) passionnés par la presse au point d'investir leur fortune dans cette activité certes peu rentable, mais bien pratique pour défendre les intérêts de leur groupe industriel, promouvoir leur image publique ou influencer la vie politique. De ce point de vue, le banquier d'affaires Matthieu Pigasse est loin d'être un nouveau venu : en 2005, il négocie la vente de iLibération/i à Édouard de Rothschild ; en 2007, il tente, sans succès, de s'emparer de la présidence du conseil de surveillance du iMonde/i ; groupe Le Monde qu'il rachète en 2010, avec Xavier Niel et Pierre Bergé, avant de céder ses parts a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie/250122/le-monde-matthieu-pigasse-vend-la-moitie-de-ses-parts-xavier-niel" class="spip_out" rel="external"en 2019 puis 2022/a ; il est aujourd'hui propriétaire de Radio Nova et des iInrockuptibles/i, actionnaire du Huffington Post et de la société de production Mediawan (« C à vous », « C dans l'air », etc.)span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Mediawan détient plusieurs boîtes de production, comme Maximal, Réservoir (…)" id="nh1"1/a]/span ; et il envisagerait, selon les informations du site a href="https://www.satellifacts.com/news/revue-de-presse/matthieu-pigasse-groupe-combat-en-piste-pour-lancer-une-chaine-d-info-en-continu-de-gauche-sur-la-tnt" class="spip_out" rel="external"Satellifacts/a, de « ilancer une chaîne d'info en continu de gauche sur la TNT/i »…/p pMais depuis quelques mois et dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, celui que toute la presse de droite présente dorénavant comme « ile Bolloré de gauche/i » ne se contente plus de mener son « combat » (c'est le nom de son groupe de presse) via l'influence supposée de sa radio ou de ses journaux : après avoir été en bonne place dans les cabinets de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius au ministère des Finances entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 sous les gouvernements Jospin – dont on retiendra d'ailleurs quelques faits d'armes assurément très « à gauche »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple un aperçu de son CV dont s'enorgueillissait Le Monde en (…)" id="nh2"2/a]/span… –, le banquier cherche de nouveau à se ménager une place de premier plan sur la scène politique. Il se « itient prêt/i », « in'écarte aucune hypothèse/i », « iest à la disposition de la gauche/i » et se démultiplie dans les médias pour le faire savoir./p /br h3 class='article_intertitres'« iUn banquier de gauche/i » qui « ise tient prêt/i »/h3 p/brUn capitaliste qui possède des titres de presse dispose de plusieurs façons d'exercer son pouvoir. Matthieu Pigasse, lui, semble se servir de son « aventure éditoriale » (et du succès des humoristes qu'il finance) pour se fabriquer une image publique de « banquier de gauche », mais aussi de « présidentiable » et s'octroyer au passage une place démesurée dans le débat politique. Une place que lui accordent sans rechigner journaux et télévisions, et que le banquier d'affaires ne peut accaparer ique/i du fait de sa position sociale… et parce qu'il investit dans la presse./p pLe voici donc en tournée médiatique pour, dans le même souffle, parler des audiences de Nova et des échéances de 2027. Si le marathon n'est pas aussi intense qu'a href="https://www.acrimed.org/La-tournee-mediatique-triomphale-de-Matthieu-Pigasse"en 2014/a – lors de la parution d'un ouvrage que iLes Échos/i décrivaient déjà avec quelque cocasserie comme « ile cri d'alarme d'un banquier de gauche/i » –, Matthieu Pigasse n'en est pas moins reçu avec les honneurs dans des cases « prestigieuses » et parmi les plus exposées de l'audiovisuel, comme « Quotidien » (TMC, 21/04) ou encore les « Matins » de France Culture (23/04). Au cours de ces entretiens, Pigasse est présenté alternativement comme un « ibanquier de gauche/i », « ile banquier qui veut taxer les riches/i », voire un banquier… « icontre le capitalisme/i » ! Il se pose tantôt en spécialiste de l'économie, tantôt en analyste de la géopolitique ; il se fait pourfendeur des inégalités et chevalier de la « ibataille culturelle/i » ; il parle de la « ibonne et de la mauvaise finance/i », mais aussi de « il'union de la gauche/i » ; et n'oublie jamais de signaler qu'il est « idisponible/i » pour 2027./p pLa presse écrite s'engouffre bien évidemment dans les portes laissées ouvertes, quand bien même elle ne tient là aucun « scoop ». Dans la période récente en effet, l'affairiste avait déjà affiché publiquement ses ambitions politiciennes : en janvier par exemple, il « in'exclu[ait] rien/i » au micro de la matinale de France Inter, déclarait vouloir « ipeser sur 2027/i », et tous les journaux s'en faisaient l'écho. Dépêche AFP, reprises dans iLibération/i ou iLe Monde/i, édito a href="https://www.lepoint.fr/editos-du-point/fog-lincroyable-m-pigasse-part-en-campagne-RMWUWCUAVVHHDP5TMJA4HVAIRM/" class="spip_out" rel="external"enflammé/a de Franz-Olivier Giesbert… En septembre 2025 encore, il était invité de l'émission « L'Événement » sur France 2, interrogé à propos de « il'instabilité politique/i » et de la « icrise budgétaire/i » par une brochette de quatre commentateurs, au même titre – et dans le strict même dispositif – que trois responsables politiques, en l'occurrence Jordan Bardella (RN), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et la ministre des Comptes publics de l'époque, Amélie de Montchalin (Renaissance)./p pDepuis, la presse politique toutes tendances confondues n'a pas cessé de le positionner « dans la photo », souvent à propos d'une hypothétique « union de la gauche ». Dans la foulée de ses apparitions audiovisuelles, le voici à Liffré, « iau grand raout des sociaux-démocrates/i » (iLe Figaro/i, 29/04), en compagnie de la gauche qui se désigne elle-même comme « inon-mélenchoniste/i » (iLibération/i, 27/04). Le 26 avril, Matthieu Pigasse donne un grand entretien à iOuest-France/i, titré tout en finesse : « Je suis disponible pour la gauche ». Ce voyage en Bretagne va faire les choux gras de la presse politique, d'autant que cette dernière aura l'occasion de se mettre sous la dent une anecdotique « embrouille » entre Raphaël Glucksmann et Matthieu Pigasse – le premier aurait esquivé un débat avec le second. « iÀ quoi joue Matthieu Pigasse en ciblant Raphaël Glucksmann ?/i », se demande ainsi Antoine Oberdorff dans iL'Opinion/i (27/04). Le bruit médiatique nourrissant le bruit médiatique, la co-construction d'une éventuelle candidature de Matthieu Pigasse bat son plein, lequel figure d'ailleurs dans les énumérations des « candidats potentiels à gauche ». Les spéculations sont aussi bien entretenues dans iLa Tribune Dimanche/i (03/05) que dans a href="https://regards.fr/pigasse-sur-orbite-presidentielle/" class="spip_out" rel="external"iRegards/i/a (27/04) :/p blockquote class="spip" pstrongCatherine Tricot :/strong Les socialistes ne manquent pas de prétendants mais aucun ne s'impose. Le flop du groupement Glucksmann/Jadot/Vallaud complique encore l'équation… alors que le temps presse. Un homme coche de nombreuses cases : le millionnaire Matthieu Pigasse. La fusée est sur le pas de tir./p /blockquote pTristesse de la prose des journalistes politiques : la métaphore, à vocation performative, est identique à celle que mobilisait iL'Obs/i en mars 2016 pour propulser à la Une… « ila fusée Macron/i »./p /br h3 class='article_intertitres'« iDeux faces d'une même pièce/i » : Bolloré vs Pigasse ?/h3 p/brCela dit, difficile de parler ici d'unanimisme. À force de mettre en avant son activisme éditorial et de se positionner en dernier rempart contre l'extrême droite prédatrice, le banquier d'affaires s'est en effet attiré les foudres de la presse conservatrice et réactionnaire, fachosphère incluse. Le 10 mai notamment, une « polémique » est lancée sur les réseaux après une chronique humoristique de Pierre-Emmanuel Barré dans l'émission « La Dernière » (Radio Nova). Le groupe Bolloré (CNews, Europe 1, iLe JDD/i notamment), iLe Figaro/i, iLe Point/i, Géraldine Woessner, Sophia Aram, Eugénie Bastié… et bien plus largementspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple le billet de Daniel Schneidermann dans Libération (15/05)." id="nh3"3/a]/span : toutes et tous y vont de leur petite chronique ou de leur petite indignation. Radio Nova, qui n'est pas une radio d'information générale, serait ainsi le « iCNews inversé/i » (Caroline Fourest, X, 11/05) et Pigasse est campé en « iBolloré de gauche/i ». « iVous êtes comme les deux faces d'une pièce ?/i », demandait Yann Barthès à l'intéressé quelques semaines plus tôt (« Quotidien », 21/04)./p pUne question reprise dans iFranc-Tireur/i (13/05) par Thierry Keller, qui livre du même coup sa réponse : « iQuand Bolloré soutient l'union des droites, quitte à faire monter l'extrême droite raciste, le second soutient l'union des gauches, quitte à faire grimper l'extrême gauche antisémite./i » L'hebdomadaire porte même Matthieu Pigasse à la Une, reconverti cette fois en « Bolloré de Mélenchon », tandis qu'en guise de consécration, le banquier d'affaires fait l'objet de la quasi-totalité de la chronique de Caroline Fourest dans « 24h Pujadas » (LCI, 12/05), où entre autres outrances, on entendra celle-ci : « iRadio Nova, il en a fait Radio Gaza./i »/p /br div class='spip_document_16537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/franctireur_pigasse.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH545/franctireur_pigasse-15a3c-9b706.png?1779463850' width='400' height='545' alt='' //a /figure /div p/brPluralisme oblige, c'est dans iLes Échos/i (19/05) que la franc-tireuse Tristane Banon s'en va combattre « il'ultra-gauche décomplexée/i » sévissant au micro de Nova :/p blockquote class="spip" pstrongTristane Banon :/strong [S]i une démocratie peut survivre à des organes de presse engagés, comment s'assurer qu'elle tienne bon face à des médias transformés en artillerie partisane. D'autant que le « combat » de Matthieu Pigasse épouse les contours d'une gauche radicalisée, fascinée par le bruit, la conflictualité permanente et l'indignation sélective. Quand il ne cautionne pas l'antisémitisme pur et dur, sous couvert de gaudriole. C'est une croisade culturelle qui puise ses idées dans le « mélenchonisme », avec sa dramaturgie du peuple offensé, et son goût du tribunal moral. […] [L]e débat public devient un ring où des médias radicalisés ne cherchent plus à éclairer, mais à galvaniser. C'est ainsi que meurent les nuances : dans le vacarme incessant de guerres culturelles indignes./p /blockquote pAinsi Pigasse se retrouve-t-il au milieu de la photo, au cœur des éditos et des envolées de plateaux. La situation est pour le moins incongrue : les éditorialistes qui lui reprochent son engagement politique travaillent pour des médias appartenant à des magnats (Kretinsky, Dassault, Pinault, Arnault, etc.) qui en font tout autant – a href="https://www.acrimed.org/Monopole-mortifere-de-Bernard-Arnault-sur-la"si ce n'est bien plus/a –, et ne brillent pas spécialement par leur aptitude à la « nuance », ni par leur pondération. Ils sont donc ce qu'on appelle des « gatekeepers » : des acteurs opposés à ce que les participants du grand Monopoly de la presse prennent quelques libertés, mêmes infimes, avec les règles du jeu. Dans un paysage de l'information fonctionnant en circuit fermé – du « cercle de la raison » à l'extrême droite –, le « laisser-faire » de Matthieu Pigasse face à l'émission de « la bande à Meurice » lui attire par conséquent les rodomontades habituelles contre la gauche. Des cris d'orfraie qui nous rappellent d'ailleurs, s'il en était besoin, l'ADN autoritaire des commentateurs dominants, lesquels ne tolèrent pas la moindre existence d'expressions et de récits contestataires au sein des médias « légitimes »./p /br h3 class='article_intertitres'La triple ineptie d'un « iBolloré de gauche/i »/h3 p/brDire cela ne revient pas, en revanche, à accepter le (faux) débat entre « pro » et « anti » Pigasse, ou à valider le portrait (absurde) de Matthieu Pigasse en « Bolloré de gauche ». D'abord, parce que nous laissons aux commentateurs « neutres », « impartiaux » et forcément « raisonnables » la rhétorique fallacieuse des « extrêmes qui se valent », qui met sur le même plan, d'une part, un empire médiatique reposant sur le business de la haine raciste et jouant un rôle central dans la fascisation du débat public, et, d'autre part, une émission radiophonique hebdomadaire faisant la part belle à la satire sociale, à la pensée critique et aux contre-courants minorisés. Ensuite, parce que le signe égal placé entre Pigasse et Bolloré n'est ni plus ni moins qu'un jeu de dupes : en quoi deux ou trois émissions politiques hebdomadaires diffusées sur Radio Novaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="En plus de « La Dernière », citons par exemple « La Riposte », animée par (…)" id="nh4"4/a]/span feraient-elles le poids face aux grilles quotidiennes de CNews et Europe 1 ? Les quelques pages généralistes des iInrocks/i – mensuel à dominante culturelle, par ailleurs assez peu connu pour ses inclinaisons communistes révolutionnaires – donnent-elles le « la » du débat public en France ? L'émission « La Dernière » influe-t-elle sur l'agenda médiatique au point de réussir à imposer certains de ses cadrages et invités dans le traitement mainstream de « l'actualité » ?/p pL'idée, ou même, plus modestement, l'expression « Bolloré de gauche » relève à nos yeux d'une triple erreur de perspective :/p p(1) Premièrement, parce que cela revient à entériner le istatu quo/i en enfermant la question de la propriété des médias dans le cadre capitalistique. Pour véritablement contrer les empires des milliardaires de droite et d'extrême droite, un groupe « de gauche » a forcément vocation à… grossir. C'est précisément dans cette logique que s'abîme l'interview menée par « Quotidien » (21/04). Ainsi, après que le plateau s'est demandé si Matthieu Pigasse était en capacité de rivaliser avec Bolloré, Yann Barthès prolonge « naturellement » le questionnement : « iEst-ce qu'il ne faudrait pas racheter d'autres marques ?/i » ; « iEst-ce qu'il va falloir grossir ?/i » À la concentration capitalistique des médias de droite et d'extrême droite, il faudrait donc opposer une concentration capitalistique des médias « de gauche » – qui ne pourra, par principe, jamais exister dans des proportions similaires. Mais imaginons que ça soit le cas. Nous aboutirions alors, et de manière caricaturée, à un paysage du type : Bolloré pour l'extrême droite, Dassault et Bouygues pour la droite radicalisée, Kretinsky, Saadé et Niel pour le « cercle de la raison » en voie de droitisation accélérée… et Pigasse pour « la gauche ». Est-ce ainsi qu'il faudrait concevoir le pluralisme en France ? Et plus encore : à quel moment le pluralisme (a href="https://www.acrimed.org/Pluralisme-de-quoi-parle-t-on"sous toutes ses formes/a) pourrait-il être déployé à forces égales par des industriels milliardaires ? Le rapport de forces témoigne d'un déséquilibre structurel qui penchera toujours en faveur des intérêts capitalistes, et pour cause…/p p(2) L'expression « Bolloré de gauche » relève fondamentalement de l'oxymore. Car au-delà de l'idéologie véhiculée par tel ou tel groupe de presse, c'est bien la question centrale du pouvoir – et ici du pouvoir de l'argent – qui se pose... mais que les faux débats autour de ce prétendu « Bolloré de gauche » conduisent justement à évacuer. Peut-on se prétendre « de gauche » et souscrire à l'idée que détenir du capital serait une raison suffisante et légitime pour posséder des médias ? Que vient faire un banquier d'affaires dans le monde des médias et pourquoi peut-il en contrôler à sa guise ? De quelle légitimité peut-il se prévaloir pour avoir son mot à dire sur l'information et les conditions de sa production ? Autant de questions occultées, laissées dans l'angle mort des débats dépolitisés et polarisés par la guerre des titans milliardaires./p p(3) Enfin, si une telle configuration du débat mène à l'impasse, c'est parce qu'elle revient à s'enfermer dans un paradigme strictement idéologique et à ne percevoir les médias que comme le marché de l'éditorialisme généralisé, en perdant de vue le combat pour la défense de il'information/i en tant que telle. Reprenant chez « Quotidien » le motif « tarte à la crème » de « la bataille culturelle », Matthieu Pigasse entendait définir cette dernière « ijuste en une phrase : c'est le fait de chercher à imposer ses thèmes, ses idées, ses expressions à travers les médias […] avec un objectif, qui est de gagner la bataille électorale/i ». Outre cette conception passablement réductrice et dévoyée du concept de Gramscispan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="À propos de « la bataille des idées » ou de « la bataille culturelle », (…)" id="nh5"5/a]/span, cette déclaration transparente a au moins une utilité : elle nous rappelle encore une fois quel poids le capital entend faire peser sur le débat public en s'appropriant des médias – et les pouvoirs exorbitants qu'il prête à ces derniers. Ne vaudrait-il pas mieux, pour les forces « de gauche », poser la question des conditions matérielles qui permettraient de garantir l'exercice du journalisme en favorisant par exemple le reportage en bonne et due forme, l'enquête au long cours, la critique sociale, un véritable pluralisme, etc., plutôt que de réfléchir aux moyens d'égaler d'autres capitalistes dans le seul but de massifier un « commentariat de gauche » ?/p /br centerstrong***/strong/center p/brDans la conjoncture actuelle, marquée par une extrême droitisation, par le haut, des médias dominants, Matthieu Pigasse a beau jeu de présenter son groupe de presse comme un « ivillage gaulois qui résiste à l'envahisseur/i » et « iaux forces du mal/i » (« Quotidien », 21/04). Il existe assurément un espace suffisant pour qu'un entrepreneur occupe un tel rôle, et puisse par conséquent en récolter les fruits : une marque de distinction dans le champ symbolique des idées, à faire potentiellement fructifier sur le marché politique. Jusqu'au jour où cet entrepreneur changera son fusil d'épaule… Dès lors, que les « idées » promues par le groupe de presse de Pigasse soient à l'instant T plus progressistes que celles portées par les groupes Dassault ou Bolloré ne change rien à l'affaire, ni au fond de l'analyse quant aux effets néfastes d'un tel accaparement capitalistique de l'information, de l'édition et de la culture. Plutôt que des catégories morales comme le « bien » et le « mal », considérons des catégories matérielles : les « iforces/i » dont il faut protéger la presse, ce sont « iles puissances d'argent/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Expression empruntée au programme du CNR de 1944, « Les jours heureux ». (…)" id="nh6"6/a]/span. Que Mathieu Pigasse incarne aussi bien que n'importe quel autre capitaliste de presse./p p/brstrongJérémie Younes/strong et strongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanMediawan détient plusieurs boîtes de production, comme Maximal, Réservoir Prod, 3e Œil, etc./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanVoir par exemple un aperçu de son CV dont s'enorgueillissait a href="https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/06/matthieu-pigasse-nouvel-actionnaire-du-monde_1436409_3236.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i en 2010/a, juste après l'entrée de Matthieu Pigasse au capital du quotidien : « iTravailleur, il se donne à fond dans la réforme des Caisses d'épargne, la privatisation de France Télécom et d'Air France, la création d'EADS et d'Areva.../i » Voir également « Ce que l'affaire Pigasse révèle sur le capitalisme parisien », a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/020912/ce-que-l-affaire-pigasse-revele-sur-le-capitalisme-parisien" class="spip_out" rel="external"Mediapart, 2/09/2012/a./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanVoir par exemple le billet de Daniel Schneidermann dans a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/humoristes-ecrabouillages-pour-de-rire-par-daniel-schneidermann-20260515_ABJ7QKSKFZDKXHSKWZOSYSFFKI/" class="spip_out" rel="external"iLibération/i (15/05)/a./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanEn plus de « La Dernière », citons par exemple « La Riposte », animée par Akim Omiri, et « Les Grands remplaçants », animée par Djamil le Shlag./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanÀ propos de « la bataille des idées » ou de « la bataille culturelle », (re)lire a href="https://www.acrimed.org/Gramsci-critique-des-medias"notre entretien/a avec le philosophe Yohann Douet, spécialiste d'Antonio Gramsci, et sa recension de l'ouvrage a href="https://www.acrimed.org/Lu-Le-journalisme-integral-d-Antonio-Gramsci"iLe journalisme intégral/i/a (Éditions Critiques, 2022)./p /divdiv id="nb6" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanExpression empruntée au programme du CNR de 1944, « Les jours heureux ». Lire : « a href="https://www.acrimed.org/Petite-histoire-des-ordonnances-de-1944-sur-la"Petite histoire des ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse et de leur destin/a »./p /div/div
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Monopole mortifère de Bernard Arnault sur la presse économique

Acrimed : Action-Critique-Médias - mer, 2026-05-20 17:12
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/bernardarnault_2025_rs2-47516.png?1779289946' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pÀ propos de la mainmise de Bernard Arnault sur la presse économique./p/div div class='rss_texte'pLe phénomène de concentration capitalistique des médias vire au monopole dans certains secteurs de l'information. Concernant le journalisme économique, un constat suffit à mesurer l'ampleur du désastre : la quasi-totalité de la presse économique est aujourd'hui détenue par le milliardaire Bernard Arnault et son groupe LVMH./p pPropriétaire du seul quotidien économique de France, iLes Échos/i, depuis 2007, Bernard Arnault a avalé en 2025 plusieurs « gros » titres de l'information économique, accélérant cette concentration qui tend aujourd'hui au monopole. En juillet 2025 d'abord, LVMH annonce le rachat de Bey Médias, la structure de Nicolas Beytout qui éditait le quotidien iL'Opinion/i (lancé en 2013 avec, déjà, le soutien financier du groupe de luxe) et le journal d'information financière, iL'Agefi/i. Puis, en décembre 2025, Bernard Arnault concrétise une arlésienne et met la main sur les Éditions Croque Futur, qui éditent entre autres le magazine de « ison ami/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Bernard Arnault : dans les médias, l'économie, c'est lui », Mediapart, 12/02." id="nh1"1/a]/span Claude Perdriel, iChallenges/i./p pSi le rachat de Bey Médias se déroule sans accroc – Nicolas Beytout a été PDG du groupe Les Échos –, celui de iChallenges/i, dont LVMH était déjà pourtant un actionnaire important, ne va pas sans polémiques et recours judiciaires. RSF et les syndicats de journalistes (SNJ et SNJ-CGT) a href="https://rsf.org/fr/concentration-des-m%C3%A9dias-la-france-prise-en-d%C3%A9faut-rsf-et-les-syndicats-saisissent-le-conseil-d" class="spip_out" rel="external"saisissent/a en référé le Conseil d'État, brandissant « il'article 22 du règlement européen/i » relatif au contrôle des concentrationsspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="L'article 22 du règlement 139/2004 du Conseil." id="nh2"2/a]/span ; en parallèle, les syndicats de journalistes a href="https://snj.fr/rachat-de-challenges-par-lvmh-double-offensive-de-rsf-et-des-syndicats-pour-faire-respecter-le/2545" class="spip_out" rel="external"saisissent/a l'Autorité de la concurrence pour « iabus de position dominante/i ». Mais le 18 mars 2026, le Conseil d'État a href="https://www.la-croix.com/culture/apres-le-rachat-de-challenges-des-organisations-de-journalistes-alertent-contre-la-concentration-des-medias-20260312" class="spip_out" rel="external"rejette/a leur requête : « iAucun texte ne donne, en l'état actuel du droit français, compétence à une quelconque autorité, notamment pas à l'ARCOM, pour évaluer les effets d'une cession […] sur le pluralisme des médias et l'indépendance éditoriale/i », a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-03-18/512800" class="spip_out" rel="external"explique/a la haute autorité administrative. La cession de iChallenges/i est donc actée, et le groupe LVMH devient totalement hégémonique sur la presse économique et financière./p pRésumons le « portefeuille » d'actifs du groupe de presse de M. Arnault :/p /br div class='spip_document_16530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bernardarnault_2025.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH409/bernardarnault_2025-99024.png?1779289946' width='500' height='409' alt='' //a /figure /div centersmallExtrait de la carte « a href="https://www.acrimed.org/Medias-francais-qui-possede-quoi"Médias français : qui possède quoi ?/a », Acrimed et iLe Monde diplomatique/i, déc. 2025./small/center p/brComme le note a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120226/bernard-arnault-dans-les-medias-l-economie-c-est-lui" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a (12/02), les seuls titres « iprestigieux/i » de la presse économique qui ne lui appartiennent pas sont iCapital/i (propriété de Vincent Bolloré) et iLa Tribune/i (propriété de Rodolphe Saadé, journal qui avait déjà connu une a href="https://www.acrimed.org/Suppression-de-la-macroeconomie-a-La-Tribune"mise au pas/a il y a une dizaine d'années). Dans ce paysage dévasté, ne subsistent que quelques médias spécialisés indépendants, comme iAlternatives économiques/i, édité par une société coopérative dijonnaise depuis 46 ans, ou encore L'Informé, fondé par un ex de iCapital/i./p /br h3 class='article_intertitres'Le pouvoir de l'actionnaire/h3 p/brSi Bernard Arnault étend son emprise sur la presse économique, sans que les autorités de régulation n'y trouvent à redire, ce n'est pas par passion pour l'information. Cette maîtrise capitalistique des journaux et magazines lui offre un pouvoir qu'il entend bien exercer. Ainsi, dès le rachat de iChallenges/i, le nouveau propriétaire impose un changement de ligne éditoriale : de magazine défendant selon sa charte « il'économie sociale de marché/i », iChallenges/i devient un magazine favorable à « il'économie libérale de marché/i ». Les journalistes sont priés de signer cette nouvelle charte ou d'aller voir ailleurs si Bernard y est. Une a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/10/motion-de-defiance-de-challenges-sciences-et-avenir-et-la-recherche-contre-lvmh_6666209_3234.html" class="spip_out" rel="external"motion de défiance/a est votée par 84% des salariés des Éditions Croque Futur le 10 février./p pLe 27 février, a href="https://www.lalettre.fr/fr/medias_presse-ecrite/2026/02/27/challenges--le-cadeau-a-double-tranchant-aux-journalistes,110669435-art" class="spip_out" rel="external"La Lettre/a fait part d'un « icadeau à double tranchant/i » pour les salariés de iChallenges/i : « iEn accordant de généreuses indemnités de départ aux journalistes de Croque Futur dans le cadre de la clause de cession, le groupe de luxe entend réduire les effectifs de Challenges/i », en le recentrant notamment sur son site web. Deux mois plus tard, c'est le directeur de la rédaction Pierre-Henri de Menthon qui annonce son départ sur fond de « idivergences/i » avec le nouvel actionnaire. Puis, fait inédit, la rédaction de Challenges se met a href="https://www.challenges.fr/entreprise/medias/challenges-en-greve-pour-la-premiere-fois-de-son-histoire_642882" class="spip_out" rel="external"en grève/a, à un niveau tel qu'elle empêche la parution du numéro du 22 avril – une première dans l'histoire de ce magazine fondé en 1982. Quatre mois après le rachat, les syndicalistes craignent toujours « iun accident industriel/i » (a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/16/a-challenges-la-redaction-se-met-en-greve-et-redoute-un-accident-industriel_6680481_3234.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i/a, 16/04), « ile dispositif qui permet de quitter un média après un changement de propriétaire faisant craindre des départs en masse/i » (a href="https://www.liberation.fr/economie/medias/les-journalistes-de-challenges-en-greve-contre-leur-nouveau-proprietaire-lvmh-20260421_V4O3AQCDNNABZKNIVSMNIAGU64/" class="spip_out" rel="external"iLibération/i/a, 16/04)./p pCette brutalité dans la reprise en main d'un magazine – qui n'est pourtant pas connu pour être une officine marxiste – marque un raidissement « idans la gestion de la presse par le capital/i », comme le notent Romaric Godin et Mathias Thépot dans a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120226/bernard-arnault-dans-les-medias-l-economie-c-est-lui" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a (12/02) :/p blockquote class="spip" pJusqu'ici, à quelques exceptions notables près, le mode de domination passait par l'autocensure, largement pratiquée par les directions éditoriales effrayées par la pression de l'actionnaire et qui, pour conserver leurs postes et – souvent – d'épais salaires, prenaient les devants. Ce qui rendait les interventions directes largement inutiles./p /blockquote pIl semble que le seuil de tolérance des capitalistes de presse ait reculé. Dans la presse économique, même une ligne « iéconomie sociale de marché/i » est désormais bannie – quand bien même celle-ci n'était que pur affichage et correspondait davantage à une orientation classiquement néolibérale et pro-patronale, option « ideuxième gauche/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="D'après la présidente de la SDJ de Challenges, citée dans Stratégies (…)" id="nh3"3/a]/span./p pDevant la commission d'enquête sur la concentration des médias, en 2022, Bernard Arnault s'était contenté a href="https://www.acrimed.org/Ballet-de-philanthropes-mediatiques-au-Senat"de déclarer/a qu'il serait « iextrêmement gêné/i » si ses rédactions se mettaient à défendre « il'économie marxiste/i »…/p pOutre la maîtrise (et l'imposition) d'une ligne éditoriale, le quasi-monopole d'Arnault sur la presse économique lui permet également d'éteindre la critique contre ses marques avant même qu'elle ne naisse. Qui pourra critiquer LVMH quand toute la presse économique appartiendra à LVMH ? « iOn risque de devenir un outil de propagande au service [...] des intérêts du groupe de luxe/i », déclare la présidente de la SDJ de iChallenges/i, Delphine Déchaux, citée dans a href="https://reporterre.net/Le-milliardaire-anti-ecolo-Bernard-Arnault-rachete-Challenges-et-deux-journaux-scientifiques" class="spip_out" rel="external"Reporterre/a./p pDe quoi approfondir encore les logiques repérées par le sociologue Julien Duvalspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Julien Duval, Critique de la raison journalistique, Seuil, 2004." id="nh4"4/a]/span : financiarisée, soumise aux logiques commerciales, ne s'adressant qu'à un lectorat de « décideurs » et de « CSP+ », la presse économique ne cherche plus (sauf dans ses marges) à expliquer le monde ou les rouages de l'économie : « iL'objet est moins d'informer des citoyens sur le système économique capitaliste dans lequel ils vivent que de donner à des individus les recettes pour évoluer au mieux à l'intérieur de ce système/i », disions-nous dans a href="https://www.acrimed.org/Journalisme-economique-40-ans-de-catechisme"notre chronique vidéo/a consacrée au journalisme économique./p /br h3 class='article_intertitres'L'économie « sérieuse »/h3 p/brC'est dans ce contexte d'écrasement du pluralisme de l'information économique que l'un des économistes français les plus en vue, Philippe Aghion, a cru bon de peser de tout son poids académique pour marginaliser le seul titre de presse qui incarne une ligne non-néolibérale, iAlternatives économiques/i. Auditionné devant le Sénat le 16 avril, le titulaire du prix de la Banque de Suède (frauduleusement présenté comme un « prix Nobel ») n'y est pas allé de main morte :/p blockquote class="spip" pJ'ai refait complètement les programmes de SES. Avant, ils lisaient iAlternatives économiques/i. Maintenant, on fait de l'économie sérieuse au lycée. Je suis assez content d'avoir fait ça […]. Maintenant on a de vrais programmes d'économie et de SES dignes de ce nom. […] En économie, il y avait des gens qui voulaient que ce soit des trucs mondains, où on discutait des inégalités, ou de ci ou de ça./p /blockquote pQue des enseignants aient jugé que les articles d'iAlternatives économiques/i soient suffisamment intéressants « ipour être le support de cours/i » est une chose insupportable pour M. Aghion. Dans sa a href="https://www.alternatives-economiques.fr/serieusement-monsieur-aghion/00118513" class="spip_out" rel="external"réponse/a (13/05), la rédaction d'iAlter éco/i écrit :/p blockquote class="spip" pÀ l'heure des plans sociaux massifs qui déciment les rédactions, au moment où les fake news envahissent l'espace public et où les milliardaires de droite et d'extrême droite enchaînent les rachats de médias, est-il vraiment sérieux, monsieur Aghion, de s'attaquer au dernier journal économique indépendant de France ?/p /blockquote/br centerstrong***/strong/center p/brLe pluralisme de l'information économique est, on le voit, combattu à tous les niveaux : de l'organisation de la production à ses effets concrets dans la diffusion, si modestes soient-ils. Si, comme le prétend le Conseil d'État, « iaucun texte/i » n'existe pour interdire une telle concentration et démanteler un tel monopole sur l'information, alors il est urgent de les écrire. Les a href="https://www.acrimed.org/-Transformer-les-medias-Nos-propositions-"propositions/a et les exemples historiques ne manquent pas./p p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« Bernard Arnault : dans les médias, l'économie, c'est lui », a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120226/bernard-arnault-dans-les-medias-l-economie-c-est-lui" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a, 12/02./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanL'article 22 du règlement 139/2004 du Conseil./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanD'après la présidente de la SDJ de iChallenges/i, citée dans a href="https://www.strategies.fr/actualites/medias/LQ5417486C/challenges-defend-son-independance.html" class="spip_out" rel="external"iStratégies/i/a (21/11/2025)./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanJulien Duval, a href="https://www.acrimed.org/Lire-sur-la-presse-economique-Critique-de-la-raison-journalistique-de-Julien"iCritique de la raison journalistique/i/a, Seuil, 2004./p /div/div
Catégories: Médias

Les poulets, oubliés du débat de Saint Ouen | Sylvie Tissot

Rezo.net - mar, 2026-05-19 14:08
Réflexions sur le combat antispéciste et la question de classe. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div

Iran. La résistance sourde de la société | Marmar Kabir

Rezo.net - lun, 2026-05-18 18:13
Durement réprimée lors des manifestations du début de l'année, la société iranienne doit aussi faire face aux bombardements israélo-états-uniens sur le pays, pour l'instant suspendus. Elle compose avec leurs conséquences économiques, et tient une position complexe : réinvestir l'espace public tout en défendant l'intégrité souveraine du pays. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/orient-xxi"Orient XXI/a/b/div

Le maire, les voisins et la sorcière - Chronique d'un féminicide que personne ne nomme

Rezo.net - mar, 2026-05-12 13:10
Je suis profondément révoltée que la mort de Catherine soit dans les pages Faits Divers. C'est un féminicide, commis par un élu de la République. Catherine est morte car femme. Catherine est morte car malade. Ne pas qualifier de féminicide ce drame, c'est encore et toujours laisser ce qui ne convient pas, ce qui n'entre pas dans les lignes aux orties. Sa maladie ne donne pas un caractère inexplicable politiquement à sa mort. Elle n'est pas morte parce qu'elle était malade : elle est morte parce que des hommes, sous l'impulsion d'autres, ont voulu l'effacer. br /Quand je pense à Catherine, je pense aussi à toutes les femmes qu'on a jeté dans des hôpitaux ou des maisons car elles n'étaient pas assez soumises. Jeunes délinquantes, lesbiennes, malades mentales, sexuellement actives : la mort de Catherine est liée au traitement historique et patriarcale des femmes. Vous entendrez ici la voix de celles qu'on a enfermées, mauvaises graines. Je pense aussi, antifa toujours, à toustes les malades tué.e.s par le régime nazi. br /Pour paraphraser mon agent du chaos préf', si tu ne t'intéresses pas au sujet, sache que le sujet s'intéresse à toi : dans le cadre de la lutte antiterroriste, il sera désormais possible de tomber sous le coup d'une injonction à examen psychiatrique émise par le préfet. Alors ? Prêt.e.s à se retrouver devant un psychiatre car vous avez protesté contre une loi ? Ou à voir des malades traités en terroristes ? br /Un féminisme qui exclut les malades mentales n'est pas le mien, et un féminisme qui ne s'adresse qu'aux femmes respectables car pas malades/grosses/moches/folles/arabes/TDS/voilées/… ne devrait être celui de personne. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

« L'affaire Abdallah est aussi un désastre médiatique »

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-05-11 18:56
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH79/abdallah-51eaf.jpg?1778519841' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt="" / div class='rss_chapo'pDans son film consacré à l'affaire Georges Ibrahim Abdallah (iL'Affaire Abdallah/i, 2026), Pierre Carles revient sur un épisode majeur de désinformation médiatique. Il analyse comment une fausse piste, relayée par les grands médias, a pesé sur le sort du militant libanais pendant plus de quarante ans. Il évoque également la réception du film, les limites de la critique des médias dans les médias dominants, et la place du documentaire dans un paysage médiatique verrouillé. Entretien./p/div div class='rss_texte'p/brstrongAcrimed : Ton film montre que les médias ont joué un rôle central dans l'affaire Abdallah. Comment ?/strong/p pstrongPierre Carles :/strong Les médias ont joué plusieurs rôles, tous néfastes. D'abord, ils ont contribué à fabriquer ou à reproduire la figure du « terroriste », à propos de Georges Abdallah, en faisant quasi-systématiquement l'amalgame entre la résistance radicale pouvant aller jusqu'à des assassinats ciblés, et le terrorisme à l'égard de la population civile pratiqué par des fondamentalistes religieux comme Daech. Ce glissement existait déjà dans les années 1980, mais il s'est accentué après le 11 septembre 2001 : toute lutte armée non étatique est désormais classée « terroriste », qu'il s'agisse de mouvements communistes, indépendantistes, nationalistes ou religieux. On met dans le même sac les FARC, l'ELN, Al-Qaïda et Daech, afin de disqualifier toute forme de résistance radicale. Ces dernières années, les grands médias ont banni de leur vocabulaire les termes « guérillero » et « fedayin » pour parler des résistants palestiniens et pro-palestiniens. C'est le qualificatif infamant « terroriste » qui l'a remplacé, afin de couper court à toute discussion sur la légitimité des actions de résistance./p pDans le cas Abdallah, cette logique a été amplifiée par le contexte : en 1986, une vague d'attentats meurtriers revendiqués par un mystérieux CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes) frappe la France. Le CSPPA demande la libération de plusieurs prisonniers politiques, dont Georges Abdallah, incarcéré depuis 1984, après que son groupe armé, les FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), a revendiqué l'assassinat en 1982 de l'attaché militaire étasunien en poste à Paris et d'un fonctionnaire israélien, agent du Mossad, après qu'Israël avec l'assentiment des États-Unis attaque le Liban, comme il continue de le faire de nos jours. Mais les attentats de 1986 dans les rues de Paris n'avaient rien à voir avec le mode opératoire des FARL. Il ne s'agissait pas d'assassinats ciblés, cette fois-ci, mais de bombes tuant et blessant des civils de manière indiscriminée, soit des attentats à caractère terroriste. Ces attaques étaient en réalité menées par des membres du Hezbollah missionnés par l'Iran, en réaction au soutien militaire français à l'Irak en guerre contre l'Iran et au refus de Paris de régler un contentieux financier datant du régime du Shah./p p/brstrongComment cette fausse piste a-t-elle été construite ?/strong/p pUn journaliste du iMonde/i, Edwy Plenel, s'est fait intoxiquer par une source qui lui a fourni de fausses informations. iLe Monde/i, alors perçu comme le « quotidien de référence », a entraîné toute la presse derrière lui : radios, télévisions, journaux ont repris sans vérification l'idée que les attentats seraient liés aux « frères Abdallah » et à la Syrie. Une thèse totalement infondée./p pPlenel avait déjà obtenu des informations exclusives dans l'affaire du Rainbow Warrior, probablement de cette source. Il lui faisait confiance, donc. Mais cette fois, il s'est trompé – ou a été trompé. Cette information erronée a ensuite été reprise sans vérification approfondie par ses confrères du iMonde/i, mais aussi par iLibération/i, iLe Figaro/i, iLe Nouvel Observateur/i et d'autres médias. On peut parler de « journalisme de préfecture » : les médias se contentent souvent de relayer des informations provenant de la police ou de la justice sans enquête indépendante. Hervé Brusini, ancien de France Télévisions, a d'ailleurs reconnu que les rédactions manquaient cruellement de services d'enquête à l'époque. Certains journalistes interrogés dans le film (Véronique Brocard de iLibération/i, Georges Marion du iMonde/i, Hervé Brusini) ont accepté de revenir sur ces erreurs. Edwy Plenel, en revanche, a refusé de s'expliquer devant notre caméra. C'est bien dommage. Son témoignage aurait permis d'avancer dans la compréhension de cette opération de désinformation./p p/brstrongDans tes films, tu utilises parfois des stratagèmes, des ruses, pour obtenir des réponses. Pourquoi ne pas l'avoir fait ici avec Edwy Plenel ?/strong/p pParce que ce long-métrage est un film-enquête essentiellement fondé sur la coopération des interlocuteurs : d'anciens directeurs du contre-espionnage ont accepté de témoigner sans pratiquer la langue de bois. Même un important magistrat antiterroriste étiqueté à droite, comme Alain Marsaud, s'est prêté au jeu de la vérité. Et au moins trois journalistes protagonistes de la monumentale ifake news/i de 1986, ont accepté de revenir sur leur travail, de se pencher sur leurs erreurs dans ce dossier. Notre objectif, avec mon équipe, n'était pas de piéger qui que ce soit mais de tenter d'examiner avec eux ce qui avait failli. C'eut été tout à l'honneur d'Edwy Plenel de faire de même, d'accepter de s'expliquer sur cette monumentale erreur dans son parcours de journaliste d'investigation. Son éclairage aurait été précieux pour avancer dans la compréhension de cette histoire. Mais il semblerait qu'il ne soit pas trop enclin à l'autocritique./p p/brstrongPourquoi le gouvernement n'a-t-il pas démenti ?/strong/p pParce qu'admettre que les attentats venaient d'Iran revenait à reconnaître que la France était indirectement responsable des morts dans les rues Paris. La France avait en quelque sorte provoqué cette opération de représailles iranienne en soutenant militairement l'Irak de Saddam Hussein et en refusant de régler ses dettes envers Téhéran, le fameux contentieux Eurodif. Le Premier ministre Jacques Chirac, le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, le ministre délégué à la Sécurité Robert Pandraud, sans compter de hauts responsables de la DST (Direction de la surveillance du territoire) savaient que les attaques étaient commanditées par l'Iran, même si le régime des mollahs n'avait pas déclaré officiellement la guerre à la France comme l'explique le magistrat antiterroriste Alain Marsaud dans le film. Le gouvernement français a laissé prospérer la fausse piste, a laissé courir la ifake news/i. Ça l'arrangeait politiquement./p p/brstrongCette désinformation a-t-elle eu un impact judiciaire ?/strong/p pOui. Comme le raconte Alain Marsaud, les juges de la cour spéciale qui ont condamné Abdallah en 1987 avaient en tête les attentats-massacres de 1986 et la présumée responsabilité des frères Abdallah dans ceux-ci, même si ces attentats n'étaient pas à l'ordre du jour du procès de février 1987. Abdallah a « payé » pour ces attentats dans lesquels il n'était pour rien, lui ont confié ses collègues magistratsspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Propos tenus par Alain Marsaud dans L'Affaire Abdallah : « Georges Ibrahilm (…)" id="nh1"1/a]/span. Cette étiquette « terroriste », qu'on lui a collée en 1986, ne l'a plus jamais quitté./p pMême trente ans plus tard, lors des audiences de libération conditionnelle, l'avocat de la partie civile américaine, Georges Kiejman, agitait encore les coupures de presse de l'époque comportant ces fausses informations. Et comme les archives du iMonde/i n'ont jamais été corrigées, il arrive que les jeunes journalistes qui travaillent sur le sujet reproduisent les mêmes erreurs de nos jours./p p/brstrongComment les médias ont-ils accueilli ton film ?/strong/p pGlobalement bien. a href="https://www.telerama.fr/cinema/l-affaire-abdallah-de-pierre-carles-une-enquete-siderante-sur-le-plus-ancien-prisonnier-politique-de-france_cri-7043717.php" class="spip_out" rel="external"iTélérama/i/a, a href="https://www.liberation.fr/culture/cinema/laffaire-abdallah-retour-sur-quarante-ans-dobstination-judiciaire-20260408_5RVJ2DAQ5BFEXH7XQ74VCDVD2U/" class="spip_out" rel="external"iLibération/i/a, même a href="https://www.lesinrocks.com/cinema/laffaire-abdallah-le-plus-celebre-prisonnier-politique-de-france-dans-loeil-de-pierre-carles-692136-05-04-2026/" class="spip_out" rel="external"iLes Inrockuptibles/i/a ont chroniqué positivement. Deux exceptions : a href="https://www.franc-tireur.fr/pierre-carles-abdallah-tout-un-poeme" class="spip_out" rel="external"iFranc-Tireur/i/a, un organe de presse de droite, mais ça c'était prévisible, et... a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/04/08/l-affaire-abdallah-pierre-carles-se-fait-l-avocat-de-l-ex-plus-vieux-prisonnier-politique-francais_6678223_3246.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i/a. Leur critique, signée Jacques Mandelbaum, est non seulement négative mais surtout très étrange : elle passe totalement sous silence le rôle du journal dans la désinformation de 1986. C'est un oubli tellement énorme qu'il en devient suspect./p pOn parle, en effet, d'un film qui démontre, documents et témoignages à l'appui, que iLe Monde/i a joué un rôle majeur dans la diffusion d'une fausse thèse liant Abdallah aux attentats de 1986. Et la critique du iMonde/i… n'en dit pas un mot./p pJacques Mandelbaum, qui a signé l'article, est critique cinéma. Il n'est ni journaliste d'investigation, ni spécialiste du Proche-Orient, ni familier des dossiers antiterroristes. Or il s'est mis en tête de « contre-enquêter » sur un film qui repose sur cinq ans de travail, des dizaines d'entretiens, des archives judiciaires, des documents diplomatiques, des témoignages de magistrats, de policiers, de journalistes…/p pSa « contre-enquête » a consisté à aller chercher trois ou quatre informations sur Internet, probablement dans les archives du iMonde/i, et à en tirer des conclusions hâtives. C'est exactement le travers que le film dénonce : l'absence de vérification, la dépendance à une source unique, la reproduction d'erreurs anciennes./p pLe plus ironique, c'est que iLe Monde/i dispose de journalistes parfaitement compétents pour examiner le sujet. Benjamin Barthe, par exemple, est un spécialiste du Proche-Orient. Ils auraient été beaucoup plus compétents pour réaliser une contre-enquête sur notre enquête, s'ils estimaient que celle-ci comportait des lacunes./p p/brstrongTu as écrit au courrier des lecteurs. As-tu eu une réponse ?/strong/p pAucune réponse. Silence total. En revanche, ils ont discrètement modifié un passage de l'article en ligne, en reconnaissant que iLe Monde/i avait bien participé à la désinformation en 1986. C'est la seule concession qu'ils ont faite. Ce geste minimal montre qu'ils savent très bien qu'ils ont un problème. Mais ils ne veulent pas l'assumer publiquement./p p/brstrongEt du côté de Mediapart cofondé par Edwy Plenel, comment a-t-on réagi à ton film ?/strong/p pC'est peut-être le silence le plus révélateur de tous. Mediapart se revendique comme un média d'investigation, indépendant, critique, et sur le papier, iL'Affaire Abdallah/i cochait toutes les cases pour les intéresser : raison d'État, ingérences étrangères, justice d'exception, pressions diplomatiques, désinformation médiatique… C'est un sujet Mediapart par excellence. Et pourtant : rien. Pas une ligne sur le film./p pCe silence ne peut pas s'expliquer par l'ignorance. Un journaliste de Mediapart est venu à une projection de presse du film tandis qu'une autre a reçu un lien du distributeur pour le visionner. Ils savaient donc ce que le film contenait, ce qu'il démontrait, et surtout ce qu'il révélait sur le rôle d'Edwy Plenel en 1986./p pMais le média, en tant qu'institution, n'a rien publié. Ce n'est pas un oubli. C'est un choix éditorial. Déjà, en 2013, lorsque Mediapart avait publié un semblant d'enquête sur l'affaire Abdallah, ils avaient omis d'évoquer le rôle d'Edwy Plenel dans cette histoire. Pourquoi font-ils de même lors de la sortie du film ? Probablement parce que iL'Affaire Abdallah/i touche directement l'un des fondateurs de Mediapart... Critiquer le film, c'était devoir argumenter. En parler positivement, c'était valider le travail du film. Et en parler tout court, c'était devoir évoquer la responsabilité de Plenel dans la désinformation de 1986. Résultat : le silence. Le silence comme aveu./p p/brstrongPourquoi l'affaire Abdallah est-elle restée si longtemps dans l'ombre médiatique ?/strong/p pEn grande partie, parce qu'Abdallah portait cette étiquette infamante de « terroriste ». Les grands médias ne se précipitent pas pour documenter des injustices commises à l'égard de « terroristes ». Ils se disent, consciemment ou inconsciemment, « ce n'est pas grave », « ça ne vaut pas une enquête », voire « bien fait pour eux ». C'est mon hypothèse. Seule la presse militante ou engagée (iLe Monde diplomatique/i, iAfrique-Asie/i, iL'Humanité/i) a suivi le dossier pendant des décennies. La presse imainstream/i, elle, a pratiqué l'omerta. Seule RFI fait exception. Une émission comme « Affaires sensibles » (France Inter) aurait dû consacrer une émission à l'affaire Abdallah depuis ses débuts (2014) étant donné que la durée de détention d'Abdallah était déjà hors norme à l'époque et que les ingérences des États-Unis dans le dossier judiciaire s'avéraient multiples. Or Fabrice Drouelle a attendu 2024, soit 10 ans, pour s'intéresser à cette histoire, et seulement après que son confrère Benoît Collombat, journaliste à la cellule investigation de Radio France, a réalisé une enquête sérieuse – tardive, certes, mais solide – pour « Secrets d'info » (France Inter). Que ce soit dans iLe Monde/i ou sur France Télévisions, il aura fallu attendre 2024 pour que le sujet commence enfin à être traité. Pendant dix ans (2014-2024), on a assisté à un véritable blackout./p p/brstrongLe site de critique des médias Arrêt sur Images en a-t-il parlé ?/strong/p pOui mais de manière anecdotique à deux reprisesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="L'ancien journaliste du Monde Georges Marion est revenu sur cette affaire en (…)" id="nh2"2/a]/span. On pourrait penser que l'affaire Abdallah, et en particulier l'opération de désinformation de 1986, serait pour eux un sujet naturelspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Soyons honnêtes : Acrimed n'en a jamais parlé... avant cet entretien." id="nh3"3/a]/span./p pÀ l'époque où il avait son émission sur France 5, Daniel Schneidermann, le fondateur d'Arrêt sur images, n'avait pas enquêté sur le rôle du iMonde/i dans l'affaire Abdallah alors qu'il connaissait très bien cette histoire pour avoir partagé la vie de l'écrivaine Chloé Delaume. Or celle-ci est... la nièce de Georges Abdallah. Est-ce parce qu'il était aussi journaliste au iMonde/i à l'époque de l'opération de désinformation de 1986 que Schneidermann s'est interdit d'enquêter ? Faut-il y voir une sorte de vieux réflexe corporatiste ? Dans la BDspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Dans les oubliettes de la République - Georges Ibrahim Abdallah, Pierre (…)" id="nh4"4/a]/span consacrée à cette affaire, nous lui avions posé la question : il estimait alors qu'il y avait des sujets plus intéressants./p p/brstrongPourquoi ton film a-t-il été refusé par les chaînes de télévision ?/strong/p pParce que les chaînes n'apprécient pas trop les films mettant en cause les institutions médiatiques et mettant à l'honneur des résistants arabes. Les responsables des programmes documentaires sont frileux. Une critique des médias, surtout lorsqu'elle touche à des institutions puissantes comme iLe Monde/i ou à des affaires d'État, a peu de chance d'être financée. Et pas question pour elle de présenter Abdallah comme un résistant, ce qu'il est pourtant, objectivement. Son profil de militant communiste, internationaliste, prenant les armes contre une puissance étrangère (Israël) et son principal soutien (les États-Unis), n'est-il pas proche d'un Missak Manouchian, récemment panthéonisé ? S'il s'était battu pour les Ukrainiens – contre la Russie donc – plutôt qu'en faveur des Palestiniens – soit contre Israël –, c'est certain que les grands médias se seraient intéressés à lui. En tant que « terroriste arabe », Abdallah cochait toutes les mauvaises cases./p pLa chaîne de télévision franco-allemande Arte a refusé le film pour de drôles de motifs : « iC'est une histoire spécifiquement française […] qui ne concerne guère nos voisins européens/i » a répondu, sans rire, la directrice adjointe de l'unité Société et Culture d'Arte France. On l'a aussi envoyé à France Télévisions et à Netflix qui n'ont même pas répondu./p p/brstrongLe cinéma est-il devenu le dernier espace de liberté ?/strong/p pProbablement. Avec l'édition livre où j'ai pu publier, avec le dessinateur Malo Kerfriden, une version BD de cette enquête, plus fouillée, plus étoffée, intitulée iDans les oubliettes de la République/i (éditions Delcourt). Mais c'est un espace fragile. Le cinéma permet encore de produire des films indépendants comme celui-ci. On trouve encore, dans l'économie du long-métrage documentaire, des ressources financières pour réussir à mener à bien un travail d'investigation long, rigoureux, sans pression, pour ne pas avoir à s'autocensurer. Il faut juste déjouer la censure économique, la principale. Ma productrice Annie Gonzalez est très forte pour cela. Elle trouve des financements. On sollicite aussi les spectateurs et spectatrices par le biais d'appels à dons. Bref, c'est encore possible de faire ce genre de film, nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à le faire, mais on touche un public plus restreint qu'à la télévision. On a même une audience inférieure à celle de youtubeurs ou d'influenceurs sur les réseaux sociaux, qui ne constituent pas une alternative car ils n'ont pas la capacité de produire ce genre de films./p p/brstrongTu t'inscris dans une tradition de critique radicale des médias. Quels sont tes repères ?/strong/p pDans les années 1990, la critique des médias était vive. Les sociologues Patrick Champagne et Pierre Bourdieu ont été déterminants. iSur la télévision/i est un texte fondateur : il montre que les journalistes sont pris dans un champ social avec ses contraintes, ses hiérarchies, ses intérêts. Bourdieu explique que les journalistes ne sont pas libres : ils sont soumis à des logiques d'audience, de concurrence, de rapidité, qui les poussent à produire une pensée conforme, rapide, peu critique. L'affaire Abdallah en est une illustration parfaite. Serge Halimi, avec iLes Nouveaux Chiens de garde/i, a prolongé ce travail en nommant les choses. Et les responsables du système. Il a montré comment une poignée d'éditorialistes occupent l'espace médiatique, comment ils se cooptent, comment ils verrouillent le débat public. L'avènement d'Acrimed a aussi apporté quelque chose d'essentiel : la rigueur. La critique des médias, ce n'est pas un coup de gueule, c'est un travail de veille, de documentation, de contextualisation. Alain Accardo et Gilles Balbastre, enfin, ont apporté une dimension essentielle : les journalistes ne sont pas seulement des individus qui manquent de courage ou de rigueur. Ils sont des agents pris dans un système social. Avec iJournalistes précaires/i, ils ont montré que la précarité induit structurellement un journalisme de mauvaise qualité, superficiel, docile... Je n'ai pas cité Julien Brygo, Olivier Cyran, Daniel Mermet, Nina Faure, le journal iPLPL/i (iPour Lire Pas Lu/i), Zaléa TV (devenu Les Mutins de Pangée), et j'en oublie, qui ont eux aussi contribué à forger une critique radicale des médias./p pMais dès son irruption, cette critique radicale des médias a été concurrencée par des formes plus soft comme l'émission de télévision « Arrêt sur images ». Le système a cette capacité de récupérer tout ce qui peut s'insérer dans la société du spectacle, faire marchandise, et de mettre rapidement en place des ersatz. Il a donc recyclé la critique des médias dans les médias imainstream/i, mais en faisant en sorte qu'elle soit anecdotique, qu'elle ne remette fondamentalement rien en cause./p pAujourd'hui, avec les réseaux sociaux, on est passé à une autre étape. Les formats courts privilégiés par Instagram, TikTok et compagnie, renforcent un conservatisme structurel, favorisent les idées préconçues. La journaliste a href="https://www.slate.fr/tech-internet/reseaux-sociaux-machine-radicaliser-extreme-droite-tiktok-twitter-musk" class="spip_out" rel="external"Léa Polverini/a a montré l'effet produit par les réseaux sociaux sur le glissement à droite des électeurs. Les plateformes numériques valorisent des vidéos courtes, des contenus brefs, faisant appel à l'émotion plus qu'à la raison. Cette dernière nécessite un temps d'installation et d'exposition bien plus long. Pour contrer les idées dominantes, essentiellement de droite voire d'extrême droite, les réseaux sociaux ne sont pas des alliés, même si certains youtubeurs continuent d'y croire. Sans compter qu'on peut revenir à des mécanismes de censure à l'ancienne, comme lorsque Youtube, propriété d'Alphabet (Google), censure les vidéos iraniennes hilarantes se moquant de Donald Trump et de l'impérialisme américain./p p/brstrongQuel est, pour toi, l'enjeu de la critique des médias aujourd'hui ?/strong/p pLa critique des médias doit être radicale – au sens d'aller à la racine. Comprendre les structures, les intérêts, les logiques sociales qui produisent l'information. Pas seulement pointer des erreurs individuelles. iL'Affaire Abdallah/i montre qu'un récit médiatique, même faux, peut devenir une vérité sociale, judiciaire et politique. C'est pour cela que la critique des médias n'est pas un luxe intellectuel : c'est une nécessité démocratique. Une dernière remarque : les grands médias sont a-historiques, ils racontent les choses collés à l'actualité. Or, il faut se battre pour des mises en perspective historique. C'est ce que j'ai tenté de faire dans mes derniers films où il est question de l'histoire des FARC (Colombie) et de celle d'Abdallah et des FARL (Liban/Palestine). Il ne faut pas cesser de se référer à l'Histoire, pour ne pas se faire avoir./p p/brPropos recueillis par strongMathias Reymond/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanPropos tenus par Alain Marsaud dans iL'Affaire Abdallah/i : « iGeorges Ibrahilm Abdallah, il va prendre réclusion criminelle à perpétuité, officiellement, pour avoir assassiné l'Israélien et les deux Américains, mais en réalité il morfle – je le sais parce que j'en ai discuté avec mes collègues qui étaient juges à la cour d'assises, qui ont jugé – il morfle pour les attentats/i [de 1986]. »/p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanL'ancien journaliste du iMonde/i Georges Marion est revenu sur cette affaire a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/ma-boite-a-souvenirs/georges-ibrahim-abdallah-et-les-aventures-de-super-souris" class="spip_out" rel="external"en 2013/a et en 2016 le site a aussi a href="https://www.arretsurimages.net/articles/liberation-de-georges-ibrahim-abdallah-comment-clinton-a-tente-de-faire-pression-sur-fabius" class="spip_out" rel="external"documenté/a la pression qu'avait exercé Hillary Clinton sur Laurent Fabius./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanSoyons honnêtes : Acrimed n'en a jamais parlé... avant cet entretien./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spaniDans les oubliettes de la République - Georges Ibrahim Abdallah/i, Pierre Carles et Malo Kerfriden, Delcourt, 2024./p /div/div
Catégories: Médias

Leur grotte, un « lieu magique » où ils cultivent endives et champignons | Nolwenn Jaumouillé et Antoine Boureau

Rezo.net - ven, 2026-05-08 11:16
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH80/arton249759-5b514.jpg?1778231908' width='120' height='80' / Près de Vendôme, des maraîchers passionnés de souterrains cultivent depuis six ans légumes et champignons dans une grotte. Une quête d'adaptation au milieu troglodyte inspirante, notamment à l'aune des enjeux climatiques. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/reporterre"Reporterre/a/b/div

Adieu à Marc Laimé

Rezo.net - mer, 2026-05-06 18:17
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH77/arton249757-8a1e8.jpg?1778084416' width='120' height='77' / Lundi 27 avril 2026, sa famille, ses amis et ses anciens collègues se sont réunis au Père-Lachaise à Paris pour un ultime adieu à Marc Laimé, décédé le vendredi 17 avril. Ancien rédacteur en chef du mensuel L'Autre Journal puis du magazine La Rue — parmi ses autres collaborations comptent Libération, Le Canard enchaîné, Sciences et vie et Le Monde diplomatique —, il avait figuré parmi les pionniers de l'Internet indépendant en France avant d'entamer une reconversion au mitan des années 1990 en se spécialisant dans les questions liées à la gestion de l'eau. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-blogs-du-diplo"Les blogs du Diplo/a/b/div
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