img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH66/arton249700-77402.png?1772645992' width='120' height='66' /
En réalité, ce qui est reproché à LFI c'est d'avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France. C'est son opposition résolue à l'islamophobie et aux violences policières ; c'est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c'est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l'Assemblée nationale, faisant d'elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l'opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s'affirme comme une gauche de rupture qui n'entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l'ordre dominant ne lui pardonne pas. br /Quant à l'antifascisme, l'inversion est telle qu'on en oublie sa raison d'être élémentaire : l'autodéfense contre le fascisme. Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH66/arton249700-77402.png?1772645992' width='120' height='66' /
En réalité, ce qui est reproché à LFI c'est d'avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France. C'est son opposition résolue à l'islamophobie et aux violences policières ; c'est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c'est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l'Assemblée nationale, faisant d'elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l'opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s'affirme comme une gauche de rupture qui n'entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l'ordre dominant ne lui pardonne pas. br /Quant à l'antifascisme, l'inversion est telle qu'on en oublie sa raison d'être élémentaire : l'autodéfense contre le fascisme. Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div
En réalité, ce qui est reproché à LFI c'est d'avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France. C'est son opposition résolue à l'islamophobie et aux violences policières ; c'est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c'est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l'Assemblée nationale, faisant d'elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l'opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s'affirme comme une gauche de rupture qui n'entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l'ordre dominant ne lui pardonne pas. br /Quant à l'antifascisme, l'inversion est telle qu'on en oublie sa raison d'être élémentaire : l'autodéfense contre le fascisme. Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div
en quelques décennies, la civilisation des écrans et du numérique a enfanté un mode d'être, de relations et d'interactions profondément nouveaux. Lorsque les coordonnées de l'expérience humaine sont à ce point modifiées, les sciences humaines ont pour habitude de parler d'un « fait social total » : une réalité sociale complexe et multidimensionnelle, qui interfère sur la totalité de la société et de ses institutions, et façonne les individus. br /Illustration de cette nouvelle norme qui concoure à une série de métamorphoses : durant la période de développement foudroyant du numérique, la France a perdu 18 000 de ses bars-tabac entre 2002 et 2022. Si ces lieux de sociabilité ordinaires, tant en ville qu'à la campagne, ont décliné progressivement durant tout le XXe siècle6, la vague de fermetures des deux dernières décennies a porté un rude coup au tissu social. Une récente étude du Centre pour la recherche économique et ses applications fait d'ailleurs le lien entre ces fermetures et la progression du vote pour l'extrême droite : « ce n'est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l'accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l'appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d'un récit de déclin qui peut nourrir un sentiment de relégation et finit par trouver son expression électorale7 ».
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Terrestres/a/b/div
en quelques décennies, la civilisation des écrans et du numérique a enfanté un mode d'être, de relations et d'interactions profondément nouveaux. Lorsque les coordonnées de l'expérience humaine sont à ce point modifiées, les sciences humaines ont pour habitude de parler d'un « fait social total » : une réalité sociale complexe et multidimensionnelle, qui interfère sur la totalité de la société et de ses institutions, et façonne les individus. br /Illustration de cette nouvelle norme qui concoure à une série de métamorphoses : durant la période de développement foudroyant du numérique, la France a perdu 18 000 de ses bars-tabac entre 2002 et 2022. Si ces lieux de sociabilité ordinaires, tant en ville qu'à la campagne, ont décliné progressivement durant tout le XXe siècle6, la vague de fermetures des deux dernières décennies a porté un rude coup au tissu social. Une récente étude du Centre pour la recherche économique et ses applications fait d'ailleurs le lien entre ces fermetures et la progression du vote pour l'extrême droite : « ce n'est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l'accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l'appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d'un récit de déclin qui peut nourrir un sentiment de relégation et finit par trouver son expression électorale7 ».
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Terrestres/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH134/melenchon_v2_logo-3b36b.jpg?1772614454' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt="" /
div class='rss_chapo'pDans un a href="https://www.acrimed.org/Ce-que-nous-dit-l-acharnement-mediatique-contre"article paru en mai 2025/a, nous publiions une compilation de Unes de presse contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumisespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Loin d'être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n'avons par exemple (…)" id="nh1"1/a]/span. La collection s'est étoffée depuis : une actualisation s'impose./p/div
div class='rss_texte'div class='spip_document_16396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/melenchon_v2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH448/melenchon_v2-12ed9.jpg?1772613992' width='500' height='448' alt='' //a
/figure
/div
centerVersion 2, mars 2026/center/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLoin d'être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n'avons par exemple pas inclus les couvertures de puissants quotidiens tels que iLe Figaro/i, iLes Échos/i, iLe Monde/i, etc. – ce paysage de Unes donne néanmoins un aperçu du climat ambiant./p
/div/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH98/arton249698-594f2.jpg?1772524599' width='120' height='98' /
Or voilà que dans cette classe, sans doute composite, bientôt on ne comptera plus les jetés sur la grève. Cruauté des illusions perdues. Tous ces gens ne trouvaient rien à redire parce tout leur était aimable, tout leur semblait fait pour eux. Mieux, tout leur était promis. Promesse évidemment fausse pour bon nombre d'entre eux, cadres moyens-sup qui se vivaient en fantasme comme « en étant » — puisque telle est la vraie question de la sociologie politique : non pas « être ou ne pas être », mais « en être ou ne pas en être ». Et tant pis si « en être » est remis à un horizon tellement indéfini que la retraite sera venue avant — les fantasmes de grandeur sociale ne désarment pas, même devant les verdicts du réel, même devant les statistiques qui les vouaient dès le départ à l'échec. Force de la subjectivité individualiste : « je sais bien, mais moi j'y arriverai ». Raté mon vieux, tu n'y arriveras pas. À ceci près désormais que, là où tu pouvais couler une retraite paisible en imagination continuée, tu vas te retrouver éjecté par une machine, et tout l'environnement saura te faire éprouver très fort le sentiment de ta nullité — de ta nullité dispensable. Car il ne faut pas s'y tromper : des gisements de productivité et de cost-killing aussi colossaux, le capitalisme à dominante financière va s'y ruer comme jamais il ne s'est rué. Aveuglément, écume à la bouche.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-blogs-du-diplo"Les blogs du Diplo, 2 mars 2026/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH98/arton249698-594f2.jpg?1772524599' width='120' height='98' /
Or voilà que dans cette classe, sans doute composite, bientôt on ne comptera plus les jetés sur la grève. Cruauté des illusions perdues. Tous ces gens ne trouvaient rien à redire parce tout leur était aimable, tout leur semblait fait pour eux. Mieux, tout leur était promis. Promesse évidemment fausse pour bon nombre d'entre eux, cadres moyens-sup qui se vivaient en fantasme comme « en étant » — puisque telle est la vraie question de la sociologie politique : non pas « être ou ne pas être », mais « en être ou ne pas en être ». Et tant pis si « en être » est remis à un horizon tellement indéfini que la retraite sera venue avant — les fantasmes de grandeur sociale ne désarment pas, même devant les verdicts du réel, même devant les statistiques qui les vouaient dès le départ à l'échec. Force de la subjectivité individualiste : « je sais bien, mais moi j'y arriverai ». Raté mon vieux, tu n'y arriveras pas. À ceci près désormais que, là où tu pouvais couler une retraite paisible en imagination continuée, tu vas te retrouver éjecté par une machine, et tout l'environnement saura te faire éprouver très fort le sentiment de ta nullité — de ta nullité dispensable. Car il ne faut pas s'y tromper : des gisements de productivité et de cost-killing aussi colossaux, le capitalisme à dominante financière va s'y ruer comme jamais il ne s'est rué. Aveuglément, écume à la bouche.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-blogs-du-diplo"Les blogs du Diplo, 2 mars 2026/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/interrogatoires_lfi-4d0cf.png?1772517600' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pDepuis la mort du militant néofasciste Quentin Deranque, les « interviews » audiovisuelles ont été l'un des théâtres privilégiés d'une campagne médiatique menée à une échelle de masse : a href="https://www.acrimed.org/Antifascisme-et-LFI-les-medias-brutalisent-le"une diabolisation tous azimuts/a de l'antifascisme en général, et de LFI en particulier. L'observation de ces dispositifs offre une vision tout à fait nette du déchaînement des chiens de garde./p/div
div class='rss_texte'pCe ne sont pas des interviews, mais des gardes à vue systématiques. Le but n'est pas d'organiser équitablement le « débat politique » ni même d'en rendre compte, mais de participer activement à son hystérisation, en se repaissant par exemple de petites phrases, remisées pour le plaisir du pugilat avant que l'interviewé soit sommé d'y « réagir ». Il ne s'agit pas de faire œuvre de pluralisme… et informer n'est donc plus une option : au cours des dix jours ayant suivi la mort de Quentin Deranque, les responsables politiques de LFI ont été de véritables faire-valoir, convoqués pour être cloués au pilori. Dans cette salle d'interrogatoire multimédia, c'est à qui « mieux mieux ». De France Inter à BFM-TV en passant par Franceinfo, RTL, LCI, TF1 et bien d'autres, les interviews ont été menées à l'identique par des journalistes interchangeables./p
/br
h3 class='article_intertitres'Un journalisme policier/h3
p/brLe 17 février, trois jours après l'annonce officielle de la mort de Quentin Deranque, c'est face à Manuel Bompard que la première matinale de France et ses duettistes, Florence Paracuellos et Benjamin Duhamel, ont donné le conducteur de la cabale qui sera entretenue durant plus d'une semaine, tout en dessinant la posture inquisitrice avec laquelle les hauts gradés du journalisme entendaient la mener : 1/ pointer la « iresponsabilité politique/i » de La France insoumise, selon la formule de Benjamin Duhamel ; 2/ polariser les entretiens autour de l'implication de membres de la Jeune Garde (dissoute) avant de stigmatiser LFI pour ses liens avec le collectif antifasciste et avec Raphaël Arnault en particulier, son ancien porte-parole, devenu député LFI en juin 2024, dont il n'est sans doute pas inutile de rappeler qu'il n'est nullement visé par l'enquête pénale à l'heure où nous publions cet article ; 3/ disserter sur la « violence » de LFI – « iLa brutalisation du débat public, ça vous parle pas ?/i », lance par exemple Florence Paracuellos de façon très originale ; 4/ élargir le « débat » sur la « imenace d'ultra-gauche violente en France/i », dans les termes d'une « question » de Benjamin Duhamel./p
pTout un programme, en tout point conforme au bruit médiatique dominant : dépolitiser la question de la « violence » et balayer d'un revers de main, en particulier, celle qui fonde intrinsèquement la nature, le projet politique, les discours et les pratiques militantes de l'extrême droite. Y compris, bien sûr, dans la conjoncture : comme ailleurs dans les grands médias, ni les communiqués des groupuscules néofascistes, ni les attaques qu'ils perpètrent contre des militants, des locaux politiques et des domiciles personnels d'élusspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Alerte à la bombe à la CGT à Lyon, agressions de jeunes communistes à (…)" id="nh1"1/a]/span n'intéressent outre mesure les intervieweurs, qui relèguent le sujet aux notes de bas de page./p
pCe matin-là donc, sur France Inter, près des trois quarts de l'entretien ont porté sur les événements de Lyon et ses suites politiciennes. L'entrée en matière de Florence Paracuellos donne le ton : « iEst-ce que vous pouvez nous dire ce matin si oui ou non, [l'assistant parlementaire du député Raphaël Arnault] était présent sur les lieux de l'agression ?/i » Manuel Bompard déclare qu'il n'est pas en mesure d'apporter une telle information, laquelle fait précisément l'objet d'une vaste enquête policière et judiciaire en cours : les intervieweurs auraient donc pu en rester là ; du moins s'il avait été question de journalisme. Mais ils avaient délibérément choisi de se substituer aux policiers chargés de l'investigation : ainsi Benjamin Duhamel reposera-t-il trois fois cette même question. Sous couvert de vouloir obtenir un aperçu « iprécis/i » et « iclinique/i » des événements, cette obstination – dont le journaliste sait pertinemment qu'elle ne débouchera sur rien – ne vise qu'à créer un climat oppressant… et à délégitimer l'interviewé : « iVous êtes à la tête d'un mouvement, La France insoumise, […] et vous n'êtes pas en capacité ce matin de nous dire si oui ou non un assistant parlementaire qui est donc un militant de La France insoumise était ou non sur les lieux de l'agression de ce jeune militant ?!/i » Et encore : « iJuste pour bien clouter, si vous le permettez, vous n'êtes pas capable de nous dire ce matin si oui ou non l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault était présent au moment où ce jeune militant a été agressé ?/i » Journaliste, ou policier ?/p
pBenjamin Duhamel n'était alors qu'une pâle copie de ses consœurs de LCI : deux jours plus tôt face au même invité, Élizabeth Martichoux et Arlette Chabot s'enquéraient déjà de potentiels échanges entre Manuel Bompard et Raphaël Arnault, avec en ligne de mire, déjà, la même question autour de l'assistant parlementaire de ce dernier. Des interpellations/remarques que les intervieweuses ont formulées, au total, pas moins de douze fois en vingt minutes ! Et c'est peu dire qu'elles n'en avaient jamais fini de ronger leur os : « iOn est un peu surpris que vous ne puissiez pas nous dire ce matin, je vous le dis très franchement, "j'ai eu Raphaël Arnault au téléphone et il m'a donné telle ou telle information qui pourrait effectivement clarifier"/i » ; « iIl est co-fondateur de Jeune Garde [sic], permettez qu'on insiste un peu/i », déclare poliment Élizabeth Martichoux. Douze fois : insistance, ou harcèlement ?/p
pCette démarche était alors d'autant plus pernicieuse que l'enquête avait tout juste débuté. Peu importe qu'au lendemain de cet entretien, le procureur de la République de Lyon se soit lui-même refusé à « iévoquer le moindre nom ou […] confirmer que ce collectif antifasciste pouvait être responsable de cette agression/i » (iLibération/i, 17/02), avant d'en faire de même le 19 février lors d'une deuxième conférence de presse, au cours de laquelle il rappela d'ailleurs, par deux fois, le secret de l'instruction à ses interlocuteurs de la grande presse. Las, le journalisme de préfecture avait d'ores et déjà pris le dessus./p
pSur toutes les lèvres, inscrits sur les bandeaux des chaînes d'information en continu, les noms du collectif et d'individus sont diffusés dans des médias chauffés à blanc, qui s'empressent également de diffuser des photos (la plupart du temps non floutées) de l'assistant parlementaire au cœur de toutes leurs préoccupations – dont le contrat fut par ailleurs rompu le 16 février. Le député Raphaël Arnault n'est pas visé par l'enquête, mais son visage est également placardé partout dans les programmes et magazines d'actualité, surexposé dans les 20h, épinglé dans les journaux qui sélectionnent soigneusement, pour l'occasion, les clichés censés répondre au portrait que les médias (se) font de lui : un homme violent et menaçant./p
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h3 class='article_intertitres'Un journalisme de meute/h3
p/brCe détour n'était pas accessoire : Raphaël Arnault – comme Rima Hassan avant lui – fait l'objet d'une cabale médiatique qui, pour avoir été (par définition) déployée dans sa version la plus voyeuriste par la télévision, s'est également déclinée lors des « interviews » audiovisuelles. Dans un registre non moins tonitruant, et à la faveur de pratiques journalistiques non moins problématiques ayant viré, dans bien des cas, à une véritable chasse à l'homme. Comment qualifier autrement l'interview de Manuel Bompard dans la matinale de Franceinfo le 19 février ? Les deux éditocrates en chef, Agathe Lambret et Paul Larrouturou – ayant tous deux fourbi leurs armes en tant que journalistes politiques à l'antenne de télévisions commercialesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="BFM-TV pour la première – dont on rappelle également qu'elle est la compagne (…)" id="nh2"2/a]/span – ont tricoté l'affaire de Lyon jusqu'à plus soif : non seulement le sujet a occupé les huit dixièmes de « l'entretien »span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="19'20 sur 23'35 d'interview." id="nh3"3/a]/span, mais cet agenda s'est doublé d'une problématique à charge, focalisée prioritairement, pour ne pas dire exclusivement, sur le triptyque LFI – la Jeune Garde – Raphaël Arnault. L'interrogatoire s'est ainsi articulé autour de trois interpellations rabâchées en boucle : sommer LFI de « rompre les liens » avec le collectif antifasciste ; sommer LFI de renoncer à contester sa dissolution (qui fait actuellement l'objet d'un recours devant le conseil d'État) ; sommer LFI de ipunir/i Raphaël Arnault et donc, symboliquement, lui réclamer sa tête./p
pLa transcription de cette interview matinale ne rendrait pas justice à son climat : au-delà des « questions-injonctions » en elles-mêmes, tout dans l'expression des journalistes transpire le dédain le plus absolu. Depuis leur langage corporel jusqu'au ton arrogant de la parole, en passant par la formulation de leur « bon droit » de « bon » intervieweurspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Sur ces éléments, relire le chapitre de Pierre Bourdieu « Des débats (…)" id="nh4"4/a]/span – « iManuel Bompard ! Excusez-moi… si je peux dire quelque chose !/i » ; « iNon mais pardon, mais si je peux quand même poser des questions !/i » –, laquelle dissimule assez mal un bilan accablant en termes d'interruptions : 64 en à peine vingt minutes, c'est-à-dire une fois toutes les dix-huit secondes en moyenne. Sélection (non exhaustive) en vidéo :/p
/br
centeriframe title="Franceinfo, 19 février 2026" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/83aLjgkzPibu2zMhvTobjm" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center
p/brFace à quel autre dirigeant politique s'autorisent-ils un tel mépris ?/p
pTous les coups sont donc permis, jusqu'à faire dire à l'invité le strict contraire de ce qu'il formulait quelques secondes plus tôt en des termes pourtant parfaitement clairs, et lorsque celui-ci s'en offusque, le regarder fixement, les mains levées : « iJe vous écoute attentivement/i », sourit Paul Larrouturou. Outrepassant de très loin leur rôle de journaliste pour camper tour à tour ceux d'opposant politique, de prédicateur et de moraliste, nombre d'intervieweurs ont ainsi fait de la Jeune garde et de Raphaël Arnault le centre de gravité de leur campagne d'acharnement./p
pLa preuve sur la même chaîne, dans la même ambiance, avec une autre intervieweuse face à la députée LFI Danièle Obono, invitée dans l'émission fort mal nommée « La politique s'éclaire » (Franceinfo, 21/02) : « iEst-ce qu'il faut faire le ménage dans vos rangs ? C'est ce que vous demandent le Premier ministre et le président de la République/i » ; « iIl faut couper les liens avec la Jeune Garde ?/i » ; « iEst-ce que Raphaël Arnault a toute sa place dans le groupe La France insoumise ?/i » ; « iVous conservez des liens avec la Jeune Garde ?/i » Les réponses de la députée n'étant jugées ni raisonnables, ni conformes à la bienséance attendue, la morgue déborde dans une sorte de bouquet final :/p
blockquote class="spip"
pstrongBrigitte Boucher :/strong Pourquoi vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde, alors ? Pourquoi vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ? […] Est-ce que vous demandez toujours l'abandon ? Vous ne voulez pas répondre à la question ! Est-ce que vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ? Alors ? […] Répondez aux questions sinon… au lieu d'accuser les médias, c'est trop facile ! Est-ce que vous demandez toujours l'abandon ? Attendez ! Vous dites que vous n'avez aucun lien, que vous ne soutenez pas ce qui s'est passé, mais vous demandez toujours la dissolution de la Jeune Garde. [Sic] […] Vous demandez l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ? […] Ma question, c'était est-ce que vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ?/p
/blockquote
pRideau./p
pL'intervieweuse avait du reste indiqué le sens de ses priorités dès le début de l'entretien. Alors qu'une parade néonazie s'apprêtait à démarrer dans les rues de Lyonspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir « À Lyon, des néonazis prennent la rue pour rendre hommage à Quentin (…)" id="nh5"5/a]/span, Brigitte Boucher la présenta comme une « imarche/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Elle en fera d'ailleurs le service après-vente le lendemain matin." id="nh6"6/a]/span avant de questionner Danièle Obono sur la potentialité, à cette occasion… d'« iun nouveau lynchage de l'ultra-gauche/i » : « iLes antifas seront peut-être aussi présents sur place, est-ce que vous voulez leur adresser un message, à l'ultra-gauche ? Est-ce que vous les appelez au calme ? Est-ce que vous les appelez au calme ? On vient d'avoir ce lynchage de Quentin Deranque, est-ce que vous les appelez au calme ?/i »/p
/br
h3 class='article_intertitres'Un journalisme inquisiteur/h3
p/brAutre cas d'école – et non des moindres – avec la très prescriptrice émission dominicale « BFM Politique », où était invitée, le 22 février, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale Mathilde Panot. Comme ailleurs, trente minutes sur quarante-deux ont porté sur l'affaire de Lyon. Comme ailleurs, alors que de l'aveu du présentateur Léopold Audebert lui-même, « iaujourd'hui, à ce stade de l'enquête, pénalement, il n'y a rien contre lui/i », le cas Raphaël Arnault a déchaîné la meute : les journalistes ont cité son nom pas moins de seize fois sur une tranche de quinze minutes. Et comme ailleurs, leur démarche a consisté à stigmatiser, disqualifier et brutaliser l'invitée./p
pExemple avec Amandine Atalaya :/p
blockquote class="spip"
pstrongAmandine Atalaya :/strong Donc pour vous, il n'y a pas de responsabilité de la part de ce député de La France insoumise dans le choix de ses collaborateurs pour commencer ? Il n'y a pas de responsabilité morale et politique ? […] Il n'y a pas de responsabilité ? Il n'y a pas de responsabilité politique et morale ? i[Léopold Audebert : Mathilde Panot, Mathilde Panot. On vous pose une question très directe, s'il vous plaît, répondons à ça s'il vous plaît. Allons-y.]/i Sur la responsabilité politique et morale de Raphaël Arnault./p
/blockquote
pLa réponse ne convenant (toujours) pas aux journalistes, le présentateur insiste : « iAmandine vous pose une question plus précise ! Elle vous parle de la responsabilité morale./i » Mathilde Panot tente-t-elle de s'extirper de la nasse policière et d'amorcer un développement politique sur les violences de l'extrême droite ? Elle est interrompue quasi immédiatement… et ramenée au point 0 :/p
blockquote class="spip"
pstrongAmandine Atalaya :/strong Mais pour poursuivre, Mathilde Panot, sur Raphaël Arnault. Pour être très factuelle sur Raphaël Arnault, […] il n'y a pas une responsabilité pour vous de l'employeur non plus ? C'est-à-dire ses collaborateurs sont censés travailler à ses côtés à Paris. Pourquoi […] étaient-ils à Lyon ce jour-là ? Était-ce sur leurs heures de travail, par exemple ? […] Je parle de la responsabilité de l'employeur./p
/blockquote
pRappelant qu'elle n'est pas enquêtrice, exhortant les journalistes à respecter le cours de l'investigation, la députée insoumise essaye-t-elle ensuite une critique de l'instrumentalisation de cette affaire par le champ politique ?/p
blockquote class="spip"
pstrong- Lépold Audebert :/strong C'est très important, votre parole était attendue Mathilde Panot sur ce point : pas de démission de Raphaël Arnault ?/p
pstrong- Mathilde Panot :/strong Certainement pas./p
pstrong- Amandine Atalaya :/strong Ni de suspension du groupe de La France insoumise ?/p
pstrong- Mathilde Panot :/strong Non, certainement pas./p
pstrong- Jules Pecnard :/strong Et il sera réinvesti aux prochaines élections législatives ?/p
pstrong- Mathilde Panot :/strong Mais écoutez… oui, enfin…/p
pstrong- Léopold Audebert :/strong Oui ?! Il sera investi ?/p
pstrong- Jules Pecnard :/strong Il sera investi…/p
pstrong- Léopold Audebert :/strong En 2027 s'il y a dissolution, après l'élection présidentielle, il sera réinvesti ?!/p
pstrong- Mathilde Panot :/strong S'il le souhaite, oui./p
pstrong- Léopold Audebert :/strong S'il le souhaite… Et vous le souhaitez, vous ?/p
/blockquote
pTous extraits de la première moitié de l'émission, ces morceaux choisis forment un volet à part entière de l'interview : 36 interruptions en six minutes, soit une fois toutes les dix secondes./p
pEt les procureurs reviennent à la charge après la publicité : « iVous lui avez parlé [à Raphaël Arnault] récemment ?/i » ; « iQu'est-ce qu'il vous a dit ?/i » ; « iPourquoi il parle pas aujourd'hui ?/i » ; « iIl ne serait pas temps pour vous qu'il ait une expression publique ?/i » Un journalisme que l'on se gardera de caractériser lorsque face à un tel traitement, le présentateur pose la cerise sur le gâteau : « iComment il va aujourd'hui, Raphaël Arnault ?/i »/p
pLes menaces de mort dont fait état Mathilde Panot n'encouragent chez eux aucune relâche. Comme Agathe Lambret sur Franceinfo, la journaliste de BFM-TV lit au débotté des extraits du décret de dissolution de la Jeune Garde, sans contextualisation, dans le brouhaha le plus total, mais avec le soutien appuyé de son confrère qui, en bon élève, allie le geste à la parole : « iIl est là ce décret ! Je vais le montrer pour les personnes qui nous regardent. Il est là./i »/p
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div class='spip_document_16393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/bfm_decret-a7c3d.png?1772517601' width='500' height='281' alt='' /
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p/brEt ça continue : « iJean-Luc Mélenchon revendique aujourd'hui que la Jeune Garde soit liée et alliée à la FI […], vous ne voyez pas le problème ?!/i » ; « iÊtes-vous toujours alliée et liée comme le dit Jean-Luc Mélenchon à la Jeune Garde ?/i » ; « iVous êtes contre sa dissolution ?/i » ; la question sera posée quatre fois. Et comme pour toutes les autres, différents députés LFI y avaient déjà répondu (mille fois) au cours de la semaine écoulée…/p
pLe cirque se (re)produit donc sans trêve et il avait d'ailleurs commencé en fanfare. Signalons en effet que dès l'introduction, les intervieweurs ont disserté autour d'un propos présenté comme une citation de Jean-Luc Mélenchon, sourcée comme telle à l'écran… alors qu'elle n'en était pas une. Voyons plutôt :/p
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div class='spip_document_16392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/bfm_citation-223dc.png?1772517601' width='500' height='279' alt='' /
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p/brSi les journalistes avaient seulement pris la peine de (vraiment) lire ce qu'ils affichaient sur leur écran, ils se seraient (sans doute) rendus compte qu'il s'agissait en réalité d'un extrait d'article journalistique. Publié dans iLa Tribune dimanche/i en l'occurrence, où un mot de Jean-Luc Mélenchon fut détaché de son contexte d'énonciation originel avant d'être intégré dans un autre récit que le sien : celui du journaliste, utilisant le discours indirect libre – un procédé narratif très intéressant en littérature… beaucoup moins en journalisme. En début d'émission, ce plantage en règle avait en tout cas donné lieu à des interpellations très assurées :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Léopold Audebert :/strong Mathilde Panot, vous êtes capable de regarder la caméra i[Il regarde la caméra.]/i et de dire aux parents de Quentin Deranque que c'est une bataille de rue qui a mal tourné ? Est-ce que vous pouvez dire ça aux parents de Quentin Deranque ?! […]/p
pstrong- Amandine Atalaya :/strong Tout en disant « qui s'en souviendra » Mathilde Panot… Tout en disant « qui s'en souviendra »… Enfin… ça semble une façon évidente de minimiser ce qui s'est passé./p
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pSauf que Jean-Luc Mélenchon ne l'avait pas dit. Le présentateur en conviendra d'ailleurs en toute fin d'émission : alerté dans l'oreillette, il consacrera une minute à « irétabli[r] les faits/i », mais aucun des trois journalistes ne présentera la moindre excuse. Après un tel déballage de hargne, comment s'en étonner ?/p
pAu cours de l'émission, Mathilde Panot a légitimement critiqué la diabolisation médiatique dont son mouvement politique fait l'objet. Venue avec quelques reproductions de Unes de presse (iMarianne/i, iLa Tribune dimanche/i, iL'Express/i), elle entendait pointer la responsabilité des grands médias dans la normalisation de l'extrême droite et dénoncer « il'inversion des valeurs/i » à laquelle ils se livrent. Elle ne croyait pas si bien dire : la séquence en a instantanément généré une nouvelle. Coupable de l'ultime affront – critiquer les médias dans les médias –, elle est assaillie ni une ni deux par le présentateur : « iDonc c'est la presse qui est responsable Mathilde Panot ?! C'est très important ce que vous venez de faire ! Il n'y a pas une liberté de la presse en France ?!/i » Orwell, disions-nous : « la violence, c'est la gauche » ; « les antifascistes, ce sont les fascistes » ; « critiquer les médias, c'est attaquer la démocratie »./p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brLes « interviews » audiovisuelles figurent parmi les formats les plus suivis et les plus prescripteurs du PAF ; ceux dont des extraits seront rediffusés sur les antennes, cités dans les dépêches, postés sur les réseaux sociaux, commentés sur les plateaux et dans les articles des journalistes politiques. Ce sont aussi, par conséquent, des dispositifs parmi les plus verrouillés, encadrés par les journalistes les plus en vue, disposant d'un fort capital professionnel, qui ne doivent leur position (et leur longévité) qu'à leur conformité la plus totale avec les « bonnes » manières d'exercer le journalisme politique en général et l'interview en particulier, et à leur adhésion intransigeante au discours dominant. Diaboliser LFI jusqu'à l'écrasement ; blanchir et promouvoir l'extrême droite : les « entretiens » audiovisuels ont été une excellente loupe pour observer cette dynamique à deux faces, normalisée dans la quasi-totalité des grands médias. Cette semaine-là, au-delà du double standard éclatant qu'ils ont donné à voir – tant du point de vue de l'agenda, du cadrage, que des sommations adressées aux responsables politiques de gauche –, ces dispositifs ont montré à quel point ils fonctionnent comme des espaces de mise au pas. Dès lors, parce que les invités LFI jouent le jeu médiatique sur la forme (aller dans ces dispositifs, se plier au « question/réponse ») tout en refusant de jouer le jeu médiatique sur le fond (consentir aux injonctions et cocher les cases du bingo journalistique de la « respectabilité »), ils déclenchent les foudres de l'éditocratie. Une éditocratie qui s'illustre, au passage, par sa capacité à exercer une violence symbolique de très haute intensité au moment même où elle prétend condamner « la violence » et « la brutalisation » du débat public. Face à de tels interrogatoires, les différentes instances représentatives de la profession, des SDJ aux syndicats, parviendront-elles à expliquer, de façon détaillée, en quoi il en va là d'une quelconque forme de journalisme ?/p
p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« Alerte à la bombe à la CGT à Lyon, agressions de jeunes communistes à Tours, dégradations de locaux… L'extrême droite multiplie les violences », a href="https://www.humanite.fr/politique/cgt/alertes-a-la-bombe-a-la-cgt-agressions-de-jeunes-communistes-degradations-de-locaux-quand-lextreme-droite-multiplie-les-violences" class="spip_out" rel="external"iL'Humanité/i, 23/02/a./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanBFM-TV pour la première – dont on rappelle également qu'elle est la compagne de Benjamin Duhamel et la belle-fille de Nathalie Saint-Cricq – et « Le Petit Journal » puis le groupe Bouygues (LCI et TF1) pour le second, après avoir été à l'origine du « Lab d'Europe 1 » d'actualité politique, a href="https://www.acrimed.org/Le-Lab-d-Europe-1-ou-de-l-art-de-faire-un-peu-de-tout-a-partir-de-presque-rien"laboratoire de la substantifique moelle du journalisme politique dans toutes ses (pires) pratiques/a./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /span19'20 sur 23'35 d'interview./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanSur ces éléments, relire le chapitre de Pierre Bourdieu « Des débats vraiment faux ou faussement vrais » dans iSur la télévision/i, Raisons d'agir, 2008, p. 32./p
/divdiv id="nb5"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanVoir a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/210226/lyon-des-neonazis-prennent-la-rue-pour-rendre-hommage-quentin-deranque" class="spip_out" rel="external"« À Lyon, des néonazis prennent la rue pour rendre hommage à Quentin Deranque »/a, Mediapart, 21/02 et a href="https://www.streetpress.com/sujet/1771517300-lyon-organisatrice-marche-pour-quentin-deranque-mariee-neonazi-violent-eliot-bertin" class="spip_out" rel="external"« À Lyon, l'organisatrice de la marche pour Quentin Deranque est mariée à un néonazi violent »/a, Streetpress, 19/02./p
/divdiv id="nb6"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanElle en fera d'ailleurs a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/les-enerve-es/sur-franceinfo-brigitte-boucher-et-les-irresponsables" class="spip_out" rel="external"le service après-vente/a le lendemain matin./p
/div/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L113xH150/pahlavi_le_point-0d056.jpg?1772458290' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt="" /
div class='rss_chapo'pUn agenda, ça se travaille./p/div
div class='rss_texte'p« Guerre des 12 jours », soulèvement du peuple iranien contre la dictature au pouvoir, menaces états-uniennes d'intervention militaire : même avant les attaques israélo-américaines du 28 février, la question iranienne occupait régulièrement l'agenda médiatique. À chaque fois, c'était l'occasion pour une poignée d'entrepreneurs de cause de battre campagne pour Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran. S'ils n'ont pas le monopole de la critique du régime iranien, absolument consensuelle dans le débat public français, ils sont hégémoniques pour traiter de l'alternative politique en Iran : l'autodétermination du peuple iranien n'est quasiment pas un sujet médiatique. C'est que les défenseurs de Reza Pahlavi ont tout des bons clients : soutiens des gouvernements états-unien et israélien, adversaires revendiqués de la gauche française, ils s'inscrivent parfaitement dans l'air du temps médiatique./p
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h3 class='article_intertitres'Des réseaux à la manœuvre/h3
p/brLa campagne pro-Pahlavi dans les médias français s'appuie sur des relais bien insérés dans le milieu politico-médiatique : a href="https://www.intelligenceonline.fr/moyen-orient-et-afrique/2026/02/16/du-quai-d-orsay-au-20-heures-la-longue-marche-de-reza-pahlavi-pour-s-imposer-a-paris,110630106-art" class="spip_out" rel="external"d'après Intelligence Online/a, c'est l'ancien conseiller en communication de Bruno Retailleau, Jean-Baptiste Doat, qui a permis à Reza Pahlavi d'être invité tout récemment au 20h de TF1 (16/02). De quoi donner un coup d'accélérateur à sa tournée : dix jours plus tard, il trônait en majesté en couverture du iPoint/i (26/02)./p
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div class='spip_document_16389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH532/pahlavi_le_point-9cbe7-d6130.jpg?1772458208' width='400' height='532' alt='' /
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p/brComme a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/13/iran-shah-reza-pahlavi-trump/" class="spip_out" rel="external"aux États-Unis/a, Reza Pahlavi bénéficie de l'appui de groupes de pression pro-israéliens : le 9 février, l'organisation à Paris d'une soirée spéciale « Iran, silence on tue » par Agir Ensemble, une émanation du lobby Elnet France, réunissait des figures médiatiques bien connues (Raphaël Enthoven, Rachel Khan, Jean Quatremer, Arthur etc.) derrière le drapeau français et le drapeau iranien de la dynastie Pahlavi, réunis côte à côte. À l'origine destiné à soutenir les manifestations durement réprimées par le régime iranien, l'événement a pris une tournure politique, fustigeant tour à tour la gauche et LFI – « ice que la politique a produit de pire au XXIe siècle/i » dixit Raphaël Enthoven./p
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h3 class='article_intertitres'Entrepreneurs de cause : Mona Jafarian comme figure de proue/h3
p/brParmi les soutiens de Reza Pahlavi, on trouve notamment Mona Jafarian. Proche de la galaxie printaniste, ardente défenseuse d'Israël, elle est une habituée des plateaux télévisés, sur lesquels elle martèle ses éléments de langage contre le droit international et « ila gauche qui est dans le déni/i » (TV5 Monde, 19/01). L'« iinfluenceuse monarchiste/i », comme la décrit a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/chere-mona-jafarian-boxing-day-65-x116dsPORWm_LPMoyfxmbQ" class="spip_out" rel="external"Blast (24/01)/a, qui tweete frénétiquement au nom du collectif Femme Azadi, a droit à des portraits complaisants dans a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/mona-jafarian-une-combattante-pour-les-femmes-iraniennes-qui-alerte-sur-l-emprise-islamiste-20240927" class="spip_out" rel="external"iLe Figaro/i/a (27/09/24) ou a href="https://www.marianne.net/monde/asie/mona-jafarian-a-la-gauche-pro-mollah-cessez-de-parler-a-la-place-des-concernees" class="spip_out" rel="external"iMarianne/i/a (8/01) et fréquente régulièrement le plateau de Franceinfo – l'occasion à chaque fois de promouvoir Reza Pahlavi (10/01 et 1/03)./p
pDans la même veine, Mahnaz Shirali est régulièrement invitée par CNews, Franceinfo ou Sud Radio. Elle aussi colle à un narratif faisant de l'Iran un pays acclamant le retour de Reza Pahlavi. Elle aussi fustige la gauche française et ses intellectuels. Au micro de Jean-François Achilli (a href="https://www.youtube.com/watch?v=8KnotaolFn0" class="spip_out" rel="external"Sud Radio, 12/01/a), ça donne ceci : « iLa situation iranienne sort des cases préétablies de la gauche française qui domine les médias. [Comme] les Iraniens sont anti-musulmans, anti-islam et qu'ils brûlent les mosquées, ça ne plaît pas à la gauche mélenchoniste et à la gauche française, parce qu'ils sont devenus des pro-islamistes maintenant et ils défendent bec et ongles les islamistes sur le sol français./i » Tout en finesse./p
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h3 class='article_intertitres'L'extrême droite médiatique en campagne/h3
p/brQuelques jours plus tôt, Mahnaz Shirali était a href="https://www.youtube.com/watch?v=sJWBWHBUzcY" class="spip_out" rel="external"déjà invitée sur les ondes de Sud Radio/a (9/01), cette fois aux côtés de Sahand Saber, porte-parole d'un collectif d'avocats franco-iraniens pro-monarchie. Face à eux, la présentatrice Céline Alonzo verse dans la propagande : « iPartout en Iran, le peuple appelle au retour de Reza Pahlavi, prince héritier d'Iran./i » Sahand Saber, qui est par ailleurs présenté comme ex-collaborateur de Reza Pahlavi, aura ensuite tout loisir de dérouler : portrait laudateur de Pahlavi, minimisation des crimes de son père, réécriture de l'histoire favorable au chah./p
pCe n'est pas tout, puisque Sud Radio a href="https://www.youtube.com/watch?v=djgxh2uF3zo" class="spip_out" rel="external"invitera aussi Arash Derambarsh/a (15/01), adjoint au maire de Courbevoie qui défend les attaques israéliennes de juin 2025 et fustige les « igauchistes et les islamistes/i » en France qui avaient protesté contre. Lui aussi défend le retour du chah et affirme qu'une « itrès grande majorité des Iraniens veulent le retour du chah et de la royauté et dans la très grande majorité, ils veulent une intervention du président Trump qui est très populaire en Iran/i »./p
pQuant à la galaxie Bolloré, elle semble tout particulièrement apprécier la famille Pahlavi. En juin, Europe 1 (18/06/25) a href="https://www.dailymotion.com/video/x9lkdlg" class="spip_out" rel="external"donnait la parole/a à Christian Pahlavi, neveu du dernier chah, et à Pierre, son fils, dans une émission tout simplement titrée « L'Iran a besoin d'une monarchie, c'est la meilleure solution pour faire rayonner ce pays ». Déjà l'an dernier (6/02/25), lors de son passage en France, Reza Pahlavi était interviewé sur le plateau de CNews par Laurence Ferrari. Sobrement présenté comme « ile prince héritier d'Iran/i », il avait pu dérouler son programme en toute tranquillité./p
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h3 class='article_intertitres'L'omniprésent Emmanuel Razavi/h3
p/briParis Match/i aussi s'est montré particulièrement actif pour faire la promotion de Reza Pahlavi. Dans une a href="https://www.parismatch.com/actu/international/prince-reza-pahlavi-je-veux-une-democratie-laique-pour-liran-237511" class="spip_out" rel="external"interview/a publiée le 17 mai 2024, c'est un certain Emmanuel Razavi, dont nous a href="https://www.acrimed.org/Entrisme-iranien-l-actualite-ca-se-faconne"avons déjà croisé la route/a, qui pose les questions. La toute première d'entre elles, commençant par « iVotre altesse impériale/i », donne le ton. iParis Match/i publiera d'autres papiers dans le même registre, notamment un « iRoyal Blog/i » sur Farah Pahlavi, femme de l'ancien chah, intitulé « L'histoire en images d'une impératrice sans royaume » (23/02)./p
pEmmanuel Razavi met à profit son entregent : il publie une autre interview de Reza Pahlavi dans a href="https://www.lefigaro.fr/international/reza-pahlavi-au-figaro-magazine-mon-role-est-de-diriger-la-transition-democratique-20260113" class="spip_out" rel="external"iLe Figaro Magazine/i/a (13/01) et une recension laudative des mémoires de sa mère dans a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/iran-entretien-exclusif-avec-imperatrice-iran-en-exil-farah-pahlavi-pour-sortie-ses-memoires-shah-Mohammad-Reza-Pahlavi-histoire-exil-recit-Emmanuel-Razavi" class="spip_out" rel="external"Atlantico/a (15/02). Un papier sentimental, écrit à la première personne, qui laisse peu de doutes sur son parti pris : « iComme beaucoup d'Iraniens, j'aime résolument l'impératrice Farah. Pas en raison de ce qu'elle incarne, mais plutôt en raison de ce qu'elle est sur le plan personnel. […] Elle ne s'est jamais montrée abattue, et jamais elle ne s'est posée en victime. Ceux qui la connaissent de près le savent : alors qu'elle aurait pu vivre une vie "facile", elle a choisi de se consacrer au peuple iranien./i » Ou encore : « iVisionnaire, elle a toujours eu l'intelligence de considérer que chaque destin est important. Elle sait ainsi combien les Iraniens de l'intérieur souffrent, s'en inquiétant et s'interdisant de se plaindre d'une vie qui ne l'a pourtant pas épargnée./i »/p
pEmmanuel Razavi multiplie aussi les entretiens sur LCI ou iValeurs actuelles/i pour encenser Reza Pahlavi… et dénoncer une pseudo-connivence entre LFI et la République islamique d'Iran. « iLa réalité, c'est qu'on [les Iraniens] est contre l'islamisme et contre le communautarisme. On considère que l'Iran, débarrassé des mollahs, devrait être à nouveau allié à Israël. Donc on ne correspond pas du tout à l'image clichée que l'extrême gauche véhicule sur les gens d'origine orientale, pour ne pas dire sur les musulmans/i », explique-t-il (iValeurs actuelles/i, 25/01) avant de tacler les chroniqueurs plus prudents sur une potentielle intervention militaire des États-Unis. Bref, avec des accents de « guerre des civilisations », Emmanuel Razavi prend la défense de son « altesse impériale », qualifiée au passage « ide solution qui rassure tout le monde/i » et de « ilibéral progressiste/i »./p
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centerstrong***/strong/center
p/brSur ce sujet comme sur bien d'autres, l'agenda médiatique est travaillé par des entrepreneurs de cause et d'authentiques lobbyistes. Les journalistes n'y sont pas toujours sensibles, et les campagnes n'ont pas toujours autant de succès. On constatera néanmoins que soutenir les impérialismes occidentaux et s'attaquer à la gauche sont des atouts pour être relayé dans les médias dominants… même quand il s'agit de défendre le rétablissement d'une monarchie autoritaire./p
p/brstrongQuentin Müller/strong/p/div
L'Iran a attaqué son propre pétrolier utilisé pour contourner les sanctions. Relisez ça. br /Il ne s'agit pas de détruire le trafic maritime. Il s'agit d'établir un précédent. Un seul pétrolier touché dans le détroit d'Ormuz transforme une réévaluation théorique des primes d'assurance en un événement actuariel concret. Chaque assureur sur la planète dispose désormais d'un sinistre à comptabiliser. Chaque police de risque de guerre dans le Golfe est recalculée non plus à partir d'une hypothèse, mais à partir d'un incident avec des blessés, une évacuation, et une confirmation officielle du gouvernement omanais.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
Ce qui me frappe, plus encore que l'offensive extérieure, c'est la fragmentation interne. Une partie de la gauche se précipite pour surenchérir dans la condamnation, comme si l'existence d'antisémites, de racistes, d'homophobes ou de validistes au sein d'un espace politique « de gauche » relevait de l'impossibilité métaphysique. Dans quel monde imaginaire vivrions-nous pour croire qu'un mouvement humain, quel qu'il soit, pourrait être exempt de toute faute politique, morale ou éthique ? Cette situation met en exergue deux réalités : d'une part, les questions décoloniales, la morale catholique et le suprémacisme blanc restent insuffisamment traitées au sein des mouvements de gauche ; d'autre part, l'exigence d'une pureté absolue appliquée à ces mêmes mouvements — et donc à leurs membres entre eux — instaure un standard moral inatteignable. Ce standard cristallise des conflits internes, tandis que d'autres acteurs politiques — le centre, la droite et l'extrême droite — prospèrent dans l'impunité discursive. br /La machine de fabrication du consentement à la fascisation n'a alors plus besoin d'attaquer frontalement l'ennemi. Il suffit de prélever la moindre scorie, le plus petit « cheveu dans la soupe », et de l'amplifier jusqu'à saturation, pour que l'ego de certains, qui pèchent autant que les autres, s'érige en défenseur d'une moralité qu'ils ne possèdent pas. Le pédantisme devient alors le meilleur ami du politicien. Pendant ce temps, certaines personnalités de gauche profitent de l'erreur de leur « allié » pour satisfaire des désirs personnels, tandis que la haine antisémite, islamophobe et xénophobe se déverse quotidiennement sur les plateaux télévisés, devant des millions de spectateurs, sans susciter la même intensité d'indignation structurelle. br /Nous finissons ainsi par jouer le jeu de l'adversaire. L'extrême droite n'a même plus à pointer les failles de ses opposants : nous nous déchirons entre nous, non pour progresser collectivement, mais parce que l'ennemi a réussi à imposer l'image d'une gauche sommée d'être immaculée face à des forces qui ne s'imposent aucune contrainte éthique équivalente.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
Ce qui me frappe, plus encore que l'offensive extérieure, c'est la fragmentation interne. Une partie de la gauche se précipite pour surenchérir dans la condamnation, comme si l'existence d'antisémites, de racistes, d'homophobes ou de validistes au sein d'un espace politique « de gauche » relevait de l'impossibilité métaphysique. Dans quel monde imaginaire vivrions-nous pour croire qu'un mouvement humain, quel qu'il soit, pourrait être exempt de toute faute politique, morale ou éthique ? Cette situation met en exergue deux réalités : d'une part, les questions décoloniales, la morale catholique et le suprémacisme blanc restent insuffisamment traitées au sein des mouvements de gauche ; d'autre part, l'exigence d'une pureté absolue appliquée à ces mêmes mouvements — et donc à leurs membres entre eux — instaure un standard moral inatteignable. Ce standard cristallise des conflits internes, tandis que d'autres acteurs politiques — le centre, la droite et l'extrême droite — prospèrent dans l'impunité discursive. br /La machine de fabrication du consentement à la fascisation n'a alors plus besoin d'attaquer frontalement l'ennemi. Il suffit de prélever la moindre scorie, le plus petit « cheveu dans la soupe », et de l'amplifier jusqu'à saturation, pour que l'ego de certains, qui pèchent autant que les autres, s'érige en défenseur d'une moralité qu'ils ne possèdent pas. Le pédantisme devient alors le meilleur ami du politicien. Pendant ce temps, certaines personnalités de gauche profitent de l'erreur de leur « allié » pour satisfaire des désirs personnels, tandis que la haine antisémite, islamophobe et xénophobe se déverse quotidiennement sur les plateaux télévisés, devant des millions de spectateurs, sans susciter la même intensité d'indignation structurelle. br /Nous finissons ainsi par jouer le jeu de l'adversaire. L'extrême droite n'a même plus à pointer les failles de ses opposants : nous nous déchirons entre nous, non pour progresser collectivement, mais parce que l'ennemi a réussi à imposer l'image d'une gauche sommée d'être immaculée face à des forces qui ne s'imposent aucune contrainte éthique équivalente.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/franceinfomilitant-c1153.png?1772184915' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pManifestement interpellée par des téléspectateurs, France Télévisions a envoyé au charbon son directeur délégué de l'information, Pascal Doucet-Bon, qui s'est fendu d'une tribune a href="https://www.franceinfo.fr/une-information-transparente-franceinfo/pourquoi-la-redaction-de-france-televisions-decrit-elle-quentin-deranque-comme-un-militant-nationaliste-proche-du-collectif-identitaire-nemesis-ou-un-militant-identitaire_7816025.html" class="spip_out" rel="external"sur le site de France Info/a : « Pourquoi la rédaction de France Télévisions décrit-elle Quentin Deranque comme un "militant nationaliste proche du collectif identitaire Némésis" ou un "militant identitaire" ? » (21/02). Ce qui nécessite en effet des explications – un peu de pédagogie. On ne sera pas déçu du voyage./p/div
div class='rss_texte'p« iLa qualification politique d'une personne/i », nous explique M. Doucet-Bon, « iest un exercice délicat/i ». Aussi, « idans un contexte électrique/i », le service public a-t-il choisi de faire œuvre de transparence. Comment les termes ont-ils été choisis ?/p
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h3 class='article_intertitres'Uniformisation par le haut/h3
p/brLa première phrase — et un bon tiers du papier – répond à une autre question : par qui ? Réponse : par « ila direction de l'information/i ». C'est cette direction qui, sur la base de la « isynthèse des enquêtes/i » de ses « ireporters/i », sélectionne et décrète les mots à utiliser. Il s'agit là d'une « idémarche collective/i » qui, nous précise-t-on, n'a rien d'un « ioukaze/i ». L'objectif est d'éviter « iune cacophonie/i » sur les différentes antennes du groupe et de répondre ainsi à une « iexigence de cohérence/i ». Une « exigence de cohérence » qui ressemble à s'y méprendre à une exigence d'uniformisation : le fait que ces qualificatifs soient choisis par la direction et non par les reporters indique que cette uniformisation se fait par en haut, privant les travailleurs de l'information de l'une de leurs principales prérogatives. La « cacophonie » évitée, on se passera avec elle du « pluralisme » des analyses journalistiques, qui n'a donc pas droit de cité. Faisons confiance à la direction et à son art de la « synthèse » !/p
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h3 class='article_intertitres'Dépolitisation, confusionnisme et journalisme technico-technique/h3
p/brEn s'appuyant sur le Larousse, Doucet-Bon explique d'abord pourquoi Quentin Deranque peut être qualifié de « militant ». Il s'adresse ici manifestement aux auditeurs de droite(s) ayant protesté contre l'utilisation du terme sur le service public. Mais il ne va pas jusqu'à leur signaler que ce que de nombreux journaux de droite et d'extrême droite ont fait, c'est-à-dire se contenter de le qualifier d'« étudiant » ou de « jeune homme », relève de la désinformation par omission. Le terme « militant » est ipolitiquement/i plus signifiant et icontextuellement/i plus éclairant – mais Doucet-Bon préfère éviter toute évocation d'un choix éditorial : à France TV, on se fonde « isur des faits/i » (c'est l'intertitre)./p
pPhilippe Doucet-Bon en vient à sa méthode pour les mots « identitaires » et « nationalistes » que la rédaction a retenus, au détriment, par exemple, de « néofasciste », « néonazi » ou « d'extrême droite ». Un critère précède tous les autres, selon le directeur délégué de l'information : l'officialité, qu'il confond aussitôt avec « les faits » précédemment évoqués. Alors qu'il nous assurait se fonder sur le travail des reporters de terrain, Doucet-Bon le balaye sous nos yeux : certes, Quentin Deranque appartenait à un groupuscule néofasciste de Bourgoin ; certes, Quentin Deranque a participé à la marche néo-nazie du C9M à Paris, en mai 2025 ; certes, l'Action française a affirmé qu'il était l'un de ses militants. Mais certains de ces groupes n'ont pas vraiment « d'existence légale », explique-t-il en clôturant le dossier. br class='autobr' /
Alors, que retenir de tout cela ? La réponse à cette question pourtant cruciale tient en une phrase : « iCet adjectif, ["nationaliste"], comme l'adjectif "identitaire", sont les plus petits communs dénominateurs des philosophies des mouvements fréquentés par le jeune homme./i » Le « plus petit dénominateur commun », vraiment ? Et si c'est la direction qui fait le calcul – en enlevant de l'équation les groupuscules fascisants, sous prétexte qu'ils n'ont pas de « caractère officiel » – on vous prie de croire au résultat ! Voilà une bien sommaire et curieuse méthode pour caractériser politiquement un individu, qui conduit inévitablement au concours d'euphémismes./p
pL'analyse historique, sociologique, idéologique ? Trop compliqué, d'ailleurs n'en parlons pas, mais faisons du journalisme « neutre » et « objectif » labellisé France Télé, grâce au « plus petit dénominateur commun » du parcours biographique officiel. Brandir un tel concept, manier de tels faux-fuyants est un véritable aveu d'incompétence, ou d'inconséquence – mais Doucet-Bon poursuit, imperturbable : « iUn choix informé et en conscience, dans un contexte électrique./i » Notons, avec un rien d'amusement, qu'un tel procédé devrait conduire France Télé à présenter Jean-Luc Mélenchon, ancien sénateur socialiste, comme un réformiste de centre gauche – ce qu'elle ne fait évidemment pas. Double standard ?/p
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h3 class='article_intertitres'Le centrisme méthodologique du journalisme neutre et objectif/h3
p/brL'absence du moindre recours au savoir académique pour se donner les moyens de caractériser politiquement un individu éclate dans les sources que cite l'article en conclusion, comme dans un mauvais travail d'étudiant :/p
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div class='spip_document_16387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/franceinfosources.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH265/franceinfosources-277c0.png?1772184858' width='500' height='265' alt='' //a
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p/brL'AFP, les fameuses « enquêtes », les réseaux sociaux, des articles de 5 titres de presse, dans un joyeux pluralisme : iLe Monde/i, iLe Figaro/i, le Huffington Post, iLibération/i et iValeurs Actuelles/i. En piochant aussi bien dans le « journal de référence » que dans un magazine d'extrême droite, on obtient normalement un consensus raisonnable… Duquel ne participent pas, à l'évidence, les médias et journalistes (pour la plupart indépendants) ayant pourtant publié les informations les plus fournies dans cette affairespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Citons par exemple Ricardo Parreira (notamment pour Reflets), Streetpress, (…)" id="nh1"1/a]/span. Et pour cause : rappelons que pour la rédaction de France Info, a href="https://www.acrimed.org/A-gauche-donc-pas-neutre-intraitable-sur-ses"un média comme Basta est « iclairement marqué à gauche […] donc pas neutre/i »/a, au contraire visiblement de iValeurs actuelles/i, clairement marqué à l'extrême droite et donc suffisamment « neutre » pour être revendiqué et légitimé en tant que source première par France Info. Là encore, le « double standard » est un instrument de mesure de phénomènes plus larges : dépolitisation… et droitisation./p
pLa direction de France Télé se conforte en tout cas dans son idée à la lecture des « icommentaires contrastés/i » reçus sur ses choix : certains téléspectateurs ont trouvé que « nationalistes » et « identitaires » étaient de doux « ieuphémismes/i », quand d'autres étaient scandalisés que l'on salisse ainsi la mémoire de Quentin Deranque. C'est bien la preuve que nous sommes équilibrés, semble conclure M. Doucet-Bon, avant de répondre à une question que nul n'avait posée, à savoir que ces choix ne sauraient s'imposer aux invités. Fin de la séance pédagogique./p
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centerstrong***/strong/center
p/brEt pourtant, « dans un contexte électrique », la séquence politico-médiatique, entre dépolitisation et blanchiment par euphémisme de groupuscules fascistes, aurait mérité mieux que ce laborieux exercice. Rappelons qu'on a pu entendre sur Franceinfo (15/02) l'Action Française présentée comme un simple « imouvement nationaliste et royaliste/i », sans qu'on ne daigne systématiquement rappeler son antisémitisme historique ou son appartenance à l'extrême droite ; le service public télévisuel est allé jusqu'à diffuser benoîtement les slogans de cette ligue fasciste du siècle dernier pendant toute une après-midi. L'ironie du sort a voulu que ceci advienne presque 90 ans jour pour jour après que la même Action Française a href="https://www.retronews.fr/politique/echo-de-presse/2018/07/10/l-attaque-de-leon-blum-par-les-camelots-du-roi" class="spip_out" rel="external"a tabassé Léon Blum en plein Paris, le 13 février 1936/a. Mais ce fait-là n'intéressait pas France TV. Ce qui compte plus que la mise en perspective historique, pour « iun choix informé et en conscience/i », c'est la logique du « plus petit dénominateur commun ». Au risque d'oublier les plus grands éléments de réponse./p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
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div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanCitons par exemple Ricardo Parreira (notamment pour Reflets), Streetpress, Mediapart, iL'Humanité/i, etc./p
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Par leur conception, les I.A. statistiques, qui reposent dans leur immense majorité sur un entraînement nécessitant des millions ou des milliards de données, annotées, classées, filtrées par des travailleurs humains, puis sur un alignement là aussi nécessairement humain, mais aussi sur du matériel et des matières premières exploitant des ouvriers et mineurs dans le monde entier, sont structurellement dépendantes de ces chaînes de sous-traitance qui commence dans les start-ups de l'I.A. et se termine sur les tâcherons philippins, indiens, kényans ou les mineurs et mineuses congolaises, par exemple. C'est absolument inévitable, et il faut arrêter d'imaginer les start-ups comme des lieux de conception numérique détachés de ce colonialisme, qui seraient juste des enclos à développeurs informatiques branchés sur internet concevant des I.A. simplement à travers de complexes lignes de code. Toutes les start-ups dépendent des données, des métaux et des semi-conducteurs, dans une quantité qui ne permet et ne permettra jamais leur production éthique, alors même que nous n'avons pas abordé ici les conséquences sur l'environnement planétaire de cette production. br /On peut alors mettre un mot plus exact pour qualifier ces tâcherons, ces ouvriers, ces mineurs : ils sont des esclaves, modernes certes, mais pas bien différents depuis toujours, issus de pays pauvres, « d'anciennes » colonies, toujours victimes de l'exploitation par ceux qui possèdent les richesses et la puissance.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"La fourmi dans la coquille/a/b/div
Il suffit de creuser un peu pour s'apercevoir que ce “bug 2038” est connu depuis plus de vingt ans dans le monde des codeurs. Son origine est simple : un grand nombre de nos systèmes informatiques fonctionnent avec une date paramétrée qui permet de repérer des actions dans le temps (prêt bancaire, maintenance…). Et pour que tout soit harmonisé, une norme dite “heure Unix” ou “heure Posix” impose que cette date soit calculée en égrenant les secondes à partir du 1er janvier 1970 (juste après l'invention du système d'exploitation Unix, en 1969). Par exemple, le 25 février 2026, date de sortie de ce numéro d'Epsiloon, il se sera écoulé 1 772 020 678 secondes. Sauf que cette date, exprimée en bits (0 ou 1), est souvent codée sur un nombre de bits limité, en l'occurrence 32 : 31 pour égrener les secondes qui s'écoulent et le 32e pour préciser si on est avant ou après 1970. Le problème, avec ce système, c'est que le nombre le plus élevé s'écrit 01111111 11111111 11111111 11111111. Ce qui correspond au 19 janvier 2038, 3 h 14 min et 7 s donc. Et que la seconde suivante, le codage va afficher 10000000 00000000 00000000 00000000 : le 13 décembre 1901, la date la plus reculée possible dans le passé… “Nos systèmes informatiques comparent les chiffre, et une date future qui se retrouve d'un seul coup plus ancienne que la précédente induit des erreurs”, conclut Thierry Roger, directeur de recherche chez Alten, à Rennes.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Epsiloon/a/b/div
Comment expliquer une contamination aussi massive dans une région dépourvue de grandes usines chimiques ? La réponse est à rechercher dans le passé des exploitations d'où proviennent nos échantillons de sols. Pendant des années, elles ont toutes les trois utilisé un engrais bien particulier : des déchets boueux provenant d'une usine locale, l'ancienne papeterie Ahlstrom à Stenay. br /Le principe est le suivant : plutôt que d'incinérer des tonnes de boues issues du traitement des eaux usées de l'usine, cette matière était fournie aux agriculteur·ices alentour dans le but de fertiliser leurs terres. Dans le jargon on parle de « valorisation des boues d'épuration ». Un cadeau empoisonné : pour fabriquer des emballages résistants à la graisse, le groupe finlandais utilisait des produits contenant des PFAS. Comme la station d'épuration de l'usine était incapable de les éliminer, ces polluants éternels se sont retrouvés dans les boues alimentant la filière agricole.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
Comment expliquer une contamination aussi massive dans une région dépourvue de grandes usines chimiques ? La réponse est à rechercher dans le passé des exploitations d'où proviennent nos échantillons de sols. Pendant des années, elles ont toutes les trois utilisé un engrais bien particulier : des déchets boueux provenant d'une usine locale, l'ancienne papeterie Ahlstrom à Stenay. br /Le principe est le suivant : plutôt que d'incinérer des tonnes de boues issues du traitement des eaux usées de l'usine, cette matière était fournie aux agriculteur·ices alentour dans le but de fertiliser leurs terres. Dans le jargon on parle de « valorisation des boues d'épuration ». Un cadeau empoisonné : pour fabriquer des emballages résistants à la graisse, le groupe finlandais utilisait des produits contenant des PFAS. Comme la station d'épuration de l'usine était incapable de les éliminer, ces polluants éternels se sont retrouvés dans les boues alimentant la filière agricole.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
« Il était grand temps que ça arrive » : le militant d'extrême droite interrogé par le média Lyon mag quelques jours après la mort de son camarade Quentin Deranque a du mal à cacher sa joie. Les militants d'extrême droite et néonazis qui se sont rués sur le drame n'ont pas non plus cherché à bien ajuster leur hommage puisqu'ils ont diffusé pendant plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, un visuel montrant un visage qui n'était pas celui de Deranque mais celui d'un militant RN des Pyrénées Atlantique qui a depuis porté plainte, sans que la diffusion de son portrait s'arrête pour autant. “L'hommage” à Quentin Duranque ainsi que les réactions politiques et médiatiques à sa mort se sont fait dans la précipitation, la précipitation de celles et ceux qui sont ravis qu'un tel événement survienne, car il leur a permis deux choses : d'abord, stigmatiser une fois encore la gauche incarnée par la France Insoumise. C'est-à-dire une gauche économiquement modérée – ce qui est insupportable à la bourgeoisie pour qui 2% de taxe Zucman est déjà intolérable – mais socialement très à contre-courant des récits dominants puisque ouvertement multiculturaliste. Mais surtout, en opérant cette stigmatisation et en lui donnant une nouvelle justification (l'extrémisme et la violence de ses partisans), ils blanchissent une bonne fois pour toute l'extrême droite et justifient ainsi une alliance des partis bourgeois avec elle. Le cordon sanitaire a été inversé : il est désormais placé contre la gauche, tandis que le RN et l'extrême droite ainsi victimisés sont accueillis à bras ouverts dans “l'arc républicain”.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration magazine/a/b/div
« Il était grand temps que ça arrive » : le militant d'extrême droite interrogé par le média Lyon mag quelques jours après la mort de son camarade Quentin Deranque a du mal à cacher sa joie. Les militants d'extrême droite et néonazis qui se sont rués sur le drame n'ont pas non plus cherché à bien ajuster leur hommage puisqu'ils ont diffusé pendant plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, un visuel montrant un visage qui n'était pas celui de Deranque mais celui d'un militant RN des Pyrénées Atlantique qui a depuis porté plainte, sans que la diffusion de son portrait s'arrête pour autant. “L'hommage” à Quentin Duranque ainsi que les réactions politiques et médiatiques à sa mort se sont fait dans la précipitation, la précipitation de celles et ceux qui sont ravis qu'un tel événement survienne, car il leur a permis deux choses : d'abord, stigmatiser une fois encore la gauche incarnée par la France Insoumise. C'est-à-dire une gauche économiquement modérée – ce qui est insupportable à la bourgeoisie pour qui 2% de taxe Zucman est déjà intolérable – mais socialement très à contre-courant des récits dominants puisque ouvertement multiculturaliste. Mais surtout, en opérant cette stigmatisation et en lui donnant une nouvelle justification (l'extrémisme et la violence de ses partisans), ils blanchissent une bonne fois pour toute l'extrême droite et justifient ainsi une alliance des partis bourgeois avec elle. Le cordon sanitaire a été inversé : il est désormais placé contre la gauche, tandis que le RN et l'extrême droite ainsi victimisés sont accueillis à bras ouverts dans “l'arc républicain”.
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