En 2023, de retour aux États-Unis, il décroche un poste d'acheteur dans une entreprise de Lancaster (Pennsylvanie), liée à l'exploitation minière. Dès l'entretien, le ton est donné : « J'ai eu du mal à expliquer au DRH que j'avais passé 4 ans en Europe », raconte-t-il. « Là-bas, c'est suspect. » Au travail, ses collègues le surnomment vite « le traître ». « Au début, c'est pour déconner. On m'a même demandé sérieusement si je n'avais pas passé ces dernières années en prison, et si je ne me serais pas inventé des voyages en Europe pour brouiller les pistes. » Un jour, dans l'open space, Matthew téléphone à un confrère québécois. « Par courtoisie, je lui parle en français. C'est sa langue maternelle et moi je la pratique. Prétextant un obscur règlement interne, mon boss me signifie qu'au boulot, il est interdit de parler une autre langue que l'américain. Les quolibets suivent. On me dit qu'il faut vraiment être un sacré con pour apprendre le français. La France ? Savent-ils seulement où ça se trouve ? » br /Quelques mois plus tard, le même boss demande à Matthew d'espionner un concurrent dans le cadre d'un appel d'offre. Après tout, puisque Matthew est un « traître », il saura bien en trouver un autre en face pour lui soutirer des infos. Matthew refuse au nom de « ses valeurs ». Licenciement immédiat. Exit la brebis galeuse.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Dans la presse/a/b/div
En 2023, de retour aux États-Unis, il décroche un poste d'acheteur dans une entreprise de Lancaster (Pennsylvanie), liée à l'exploitation minière. Dès l'entretien, le ton est donné : « J'ai eu du mal à expliquer au DRH que j'avais passé 4 ans en Europe », raconte-t-il. « Là-bas, c'est suspect. » Au travail, ses collègues le surnomment vite « le traître ». « Au début, c'est pour déconner. On m'a même demandé sérieusement si je n'avais pas passé ces dernières années en prison, et si je ne me serais pas inventé des voyages en Europe pour brouiller les pistes. » Un jour, dans l'open space, Matthew téléphone à un confrère québécois. « Par courtoisie, je lui parle en français. C'est sa langue maternelle et moi je la pratique. Prétextant un obscur règlement interne, mon boss me signifie qu'au boulot, il est interdit de parler une autre langue que l'américain. Les quolibets suivent. On me dit qu'il faut vraiment être un sacré con pour apprendre le français. La France ? Savent-ils seulement où ça se trouve ? » br /Quelques mois plus tard, le même boss demande à Matthew d'espionner un concurrent dans le cadre d'un appel d'offre. Après tout, puisque Matthew est un « traître », il saura bien en trouver un autre en face pour lui soutirer des infos. Matthew refuse au nom de « ses valeurs ». Licenciement immédiat. Exit la brebis galeuse.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Dans la presse/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L118xH150/logo57-e62f5.jpg?1769758082' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt="" /
div class='rss_chapo'pLe iMédiacritiques/i n°57 sortira de l'imprimerie le 10 février. À commander dès maintenant a href="https://boutique.acrimed.org/mediacritiques" class="spip_out" rel="external"sur notre site/a ou à retrouver en librairie. Et surtout, a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"abonnez-vous/a !/p/div
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/une57.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH510/une57-85baa-284ea.jpg?1769758082' width='400' height='510' alt='' //a
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/sommaire57.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH510/sommaire57-b34e5-bbcf2.jpg?1769758082' width='400' height='510' alt='' //a
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p/brCe numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans les librairies a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"listées ici/a, ainsi que sur a href="https://boutique.acrimed.org/mediacritiques" class="spip_out" rel="external"notre boutique en ligne/a./p
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pTous les anciens numéros sont (ou seront) a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"en accès libre ici/a./p/div
En octobre 2024, la Quadrature et 14 autres associations ont déposé un recours au Conseil d'Etat pour faire reconnaître l'illégalité de l'algorithme utilisé par la CAF (elles sont désormais 25 et la Quadrature a rendu disponible son mémoire). Le Défenseur des droits qui a été interrogé par le Conseil d'Etat en octobre a produit des observations (non publiées) dans lesquelles le Défenseur parle de présomption de discrimination et estime que la CAF n'a pas démontré l'absence de discrimination indirecte à l'encontre de populations protégées. Mediapart, rapporte les constatations du Défenseur qui estime que le traitement algorithmique : « paraît produire un surcontrôle des populations les plus précaires et donc constituer une différence de traitement fondée sur la particulière vulnérabilité économique. Une présomption de discrimination indirecte semble établie ». br /Les indus sont souvent liés à des erreurs de déclaration plus qu'à de la fraude. En 2022, la CAF indiquait que sur l'ensemble 100 milliards de prestations, il y avait un peu moins d'un milliard d'indus retrouvés et 350 millions de fraude constatés, ce qui, proportionnellement à la surveillance générale de la population produite par ce scoring, semble un résultat assez anecdotique. « L'algorithme va chercher là où c'est le plus efficace d'aller trouver des indus, c'est-à-dire là où les prestations sont complexes », rappelle Le Querrec, donc cible les personnes les plus précaires, celles qui dépendent d'un faisceau d'aides pour survivre.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"Dans les algorithmes/a/b/div
En octobre 2024, la Quadrature et 14 autres associations ont déposé un recours au Conseil d'Etat pour faire reconnaître l'illégalité de l'algorithme utilisé par la CAF (elles sont désormais 25 et la Quadrature a rendu disponible son mémoire). Le Défenseur des droits qui a été interrogé par le Conseil d'Etat en octobre a produit des observations (non publiées) dans lesquelles le Défenseur parle de présomption de discrimination et estime que la CAF n'a pas démontré l'absence de discrimination indirecte à l'encontre de populations protégées. Mediapart, rapporte les constatations du Défenseur qui estime que le traitement algorithmique : « paraît produire un surcontrôle des populations les plus précaires et donc constituer une différence de traitement fondée sur la particulière vulnérabilité économique. Une présomption de discrimination indirecte semble établie ». br /Les indus sont souvent liés à des erreurs de déclaration plus qu'à de la fraude. En 2022, la CAF indiquait que sur l'ensemble 100 milliards de prestations, il y avait un peu moins d'un milliard d'indus retrouvés et 350 millions de fraude constatés, ce qui, proportionnellement à la surveillance générale de la population produite par ce scoring, semble un résultat assez anecdotique. « L'algorithme va chercher là où c'est le plus efficace d'aller trouver des indus, c'est-à-dire là où les prestations sont complexes », rappelle Le Querrec, donc cible les personnes les plus précaires, celles qui dépendent d'un faisceau d'aides pour survivre.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"Dans les algorithmes/a/b/div
From the founding of America, gun laws were written in racially tinged ink. In the colonial South, militias and slave patrols were created to control Black people and suppress rebellion. As early as 1704, organized slave patrols roamed Southern colonies, arming white men and tasking them with the perpetual surveillance and disarmament of enslaved populations. By the mid-18th century, this system was codified into law: As legal historian Carl Bogus recounts, between 1755 and 1757, Georgia law required every plantation's armed militia to conduct monthly searches of “all Negro houses for offensive weapons and ammunition.” br /Gun ownership in America did not initially materialize as a personal right to self-defense so much as an underpinning of white security. As slave revolts spread across the Atlantic world — culminating in the first successful Black revolution in Haiti — lawmakers moved to further codify these fears. Colonial statutes explicitly barred Black people from keeping or carrying weapons, embedding racial hierarchy directly into early American gun policy. As historian Carol Anderson told Democracy Now, each slave revolt triggered “a series of statutes that the enslaved, that Black people, could not own weapons.”
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/en-anglais"The Intercept/a/b/div
From the founding of America, gun laws were written in racially tinged ink. In the colonial South, militias and slave patrols were created to control Black people and suppress rebellion. As early as 1704, organized slave patrols roamed Southern colonies, arming white men and tasking them with the perpetual surveillance and disarmament of enslaved populations. By the mid-18th century, this system was codified into law: As legal historian Carl Bogus recounts, between 1755 and 1757, Georgia law required every plantation's armed militia to conduct monthly searches of “all Negro houses for offensive weapons and ammunition.” br /Gun ownership in America did not initially materialize as a personal right to self-defense so much as an underpinning of white security. As slave revolts spread across the Atlantic world — culminating in the first successful Black revolution in Haiti — lawmakers moved to further codify these fears. Colonial statutes explicitly barred Black people from keeping or carrying weapons, embedding racial hierarchy directly into early American gun policy. As historian Carol Anderson told Democracy Now, each slave revolt triggered “a series of statutes that the enslaved, that Black people, could not own weapons.”
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/en-anglais"The Intercept/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/knafo-7aec5.png?1769597232' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pUn « moment » médiatique, entre fascination et fascisation./p/div
div class='rss_texte'pMercredi 7 janvier 2026, 20h de TF1, Sarah Knafo est interviewée par Gilles Bouleau. Le « moment » télévisuel, a href="https://www.youtube.com/watch?v=x9Tawj5iGZs" class="spip_out" rel="external"étrangement flottant/a, « ine semble avoir aucun autre but que de dérouler le tapis rouge à l'eurodéputée d'extrême droite et avoir l'exclusivité de l'annonce de sa candidature/i » à l'élection municipale de Paris, comme a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/sur-le-gril/fallait-pas-linviter-sarah-knafo-au-20-heures-de-tf1" class="spip_out" rel="external"le remarque Arrêt sur images/a (10/01). La séquence médiatique ne fait alors que commencer./p
pSi iGala/i dégaine très vite (« Sarah Knafo fait une grande annonce, son compagnon Éric Zemmour aux anges : "En avant !" », 8/01), tous les registres du journalisme politique sont mobilisés : portrait (a href="https://www.lepoint.fr/politique/lenigme-sarah-knafo-G3MW5V652NCOJHG5SHMLU2GAJU/" class="spip_out" rel="external"iLe Point/i, 14/01/a), couverture de son premier meeting (a href="https://www.marianne.net/politique/edith-piaf-paris-d-antan-et-insecurite-on-a-assiste-au-premier-meeting-de-sarah-knafo-a-paris" class="spip_out" rel="external"iMarianne/i/a, a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/130126/municipales-sarah-knafo-promet-un-paris-de-carte-postale-un-peu-rance" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a, 13/01), entretien (a href="https://www.lefigaro.fr/politique/sarah-knafo-au-figaro-j-ai-le-programme-qu-il-faut-pour-faire-de-paris-une-ville-heureuse-20260118" class="spip_out" rel="external"iLe Figaro/i/a, 18/01), sondages (iLe Parisien/i, 25/01)... Sans oublier, évidemment, les entretiens : Sarah Knafo fait donc le tour des plateaux et des micros : France Inter le 12 janvier, RTL le 16, les « Grandes gueules » de RMC le 23, Franceinfo le 28… On retrouve aussi Sarah Knafo en Une de iValeurs actuelles/i (26/01)… et comme tête de gondole des « 200 qui feront la France de demain » d'après iLe Figaro magazine/i (16/01)./p
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figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH337/knafo_1-7e473.png?1769597232' width='500' height='337' alt='' /
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p/brSarah Knafo est encore « itata flingueuse/i » aux côtés des candidates Rachida Dati (LR) et Sophia Chikirou (LFI), en couverture de iMarianne/i (22/01) :/p
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figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH671/knafo_2-396da.jpg?1769597232' width='500' height='671' alt='' /
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p/brLa complaisance n'est pas toujours de mise, il faut bien le dire, mais de toute évidence la candidature de Knafo « fait l'actu ». « iVotre réaction à ce qu'a proposé Sarah Knafo ?/i » demande par exemple Sonia Mabrouk au candidat PS Emmanuel Grégoire. Ou encore : « iComment vous qualifiez le positionnement politique de Mme Sarah Knafo ?/i » (CNews, 26/01) « iÊtes-vous d'extrême droite, Sarah Knafo ?/i » demandait déjà un Thomas Sotto faussement ingénu quelques jours plus tôt (RTL, 16/01). La réponse sera placardée en vignette, dans un exercice incontestable de banalisation/promotion de l'extrême droite./p
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div class='spip_document_16342 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/knafo_3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/knafo_3-63726.jpg?1769597233' width='500' height='281' alt='' //a
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p/brEt pendant ce temps, au iPoint/i (22/01), on disserte tranquillement sur « ile jaune Knafo/i » (22/01) :/p
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pLa numéro 2 du parti Reconquête ! arbore de manière quasi-systématique du jaune depuis qu'elle s'est déclaré candidate à la mairie de Paris. Ce jaune se décline en plusieurs pièces : un long manteau droit pour ses rencontres avec les Parisiens, une robe chemise ajustée sur son affiche de campagne, ou encore une ample tunique portée lors d'une récente visite au Grand Palais. Sur son site de campagne, la souverainiste et libérale Knafo vend même des écharpes… jaunes ! […] Du jaune, couleur maîtresse de sa garde-robe ? Ce choix est curieux en termes de stratégie politique. […] Ce pari du jaune s'avère toutefois risqué. Toujours en France, et plus largement en Occident, cette couleur est associée à des symboliques négatives./p
/blockquote
pQuelques jours plus tard, c'est iLe Parisien/i qui embraye : « Le "jaune Knafo" est-il un atout dans sa campagne pour les municipales à Paris ? » (28/01) Et de développer : « iLa candidate de Reconquête à la mairie de Paris a fait de son manteau couleur soleil sa signature visuelle. Cette stratégie marketing séduit les militants de Sarah Knafo et attire les passants, dans une palette chromatique politique française déjà saturée d'autres couleurs./i »/p
pEt la campagne officielle n'a pas encore commencé…/p
p/brstrongMaxime Friot/strong/p/div
Dans la presse de droite, des tribunes sont régulièrement offertes aux protagonistes du « cancer backlash ». Ils s'appliquent à manipuler et contredire les chiffres tirés des études épidémiologiques. À les entendre, la mise en évidence croissante de déterminismes environnementaux, industriels et sociaux dans l'apparition des cancers relèverait d'une surinterprétation, d'une hystérie médiatique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/reporterre"Reporterre/a/b/div
Dites et pensez ce que vous voulez de l'université mais gardez en tête que tout cela concerne d'abord vos enfants. Trois millions d'entre eux. Le monde dans lequel vos gosses (et les miens) vont devenir des adultes n'aura plus rien de commun avec celui que nous avons connu. Dérèglement climatique, conflits internationaux, escalades militaires, brutalisation des démocraties et des institutions, désinformation massive, arrivée au pouvoir de régimes autoritaires, illibéraux, montée des nationalismes et des fascismes. Donc on ne va pas seulement avoir besoin de discipliner les corps via la remilitarisation qui s'annonce, mais on va aussi avoir besoin, et besoin comme jamais d'avoir des gens capables de réfléchir et de penser le monde, leur monde, avec toute la distance et les connaissances que cela implique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"affordance.info/a/b/div
Dites et pensez ce que vous voulez de l'université mais gardez en tête que tout cela concerne d'abord vos enfants. Trois millions d'entre eux. Le monde dans lequel vos gosses (et les miens) vont devenir des adultes n'aura plus rien de commun avec celui que nous avons connu. Dérèglement climatique, conflits internationaux, escalades militaires, brutalisation des démocraties et des institutions, désinformation massive, arrivée au pouvoir de régimes autoritaires, illibéraux, montée des nationalismes et des fascismes. Donc on ne va pas seulement avoir besoin de discipliner les corps via la remilitarisation qui s'annonce, mais on va aussi avoir besoin, et besoin comme jamais d'avoir des gens capables de réfléchir et de penser le monde, leur monde, avec toute la distance et les connaissances que cela implique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"affordance.info/a/b/div
Interrogé par le magazine de gauche, Mother Jones, Andrew Fahlstron membre du groupe Defend the 612, un quartier de la ville, estime même que ce sont désormais des dizaines de milliers de personnes qui sont mobilisées à Minneapolis. « En ce moment, je ne connais aucune personne à Minneapolis qui n'est pas impliquée », assure-t-il. Le militant évoque également toutes les autres formes de solidarité qui se sont mises en place. Des volontaires, de tous âges, de toutes classes, et même des électeurs Républicains dégoûtés, vont faire des courses pour des familles qui n'osent plus sortir, participent à des distributions de denrées alimentaires, emmènent les enfants à l'école, ou encore lancent des appels aux dons pour aider à payer le loyer de ceux qui ne peuvent plus sortir travailler. br /Dans un article publié quelques jours après la mort de Renee Good, la radio publique américaine NPR relatait comment il avait fallu la coordination d'au mois cinq personnes pour qu'une jeune adolescente migrante, qui n'osait plus sortir de chez elle, puisse avoir accès à des serviettes hygiéniques alors qu'elle venait d'avoir ses règles pour la première fois. Le lendemain, elle a pu parler avec une infirmière dans une clinique underground qui traite des personnes migrantes ne pouvant plus se rendre à un rendez-vous médical, de peur d'être arrêtées. br /Ni le froid (les températures peuvent atteindre les -30 degrés) ni la neige ne semblent arrêter ce mouvement de contestation historique à Minneapolis. La ville s'est plusieurs fois illustrée dans l'Histoire par des mobilisations sociales fortes, que ce soit l'emblématique grève générale de 1934, ou l'immense mouvement de contestation Black Live Matter après la mort de George Floyd en 2020 dans un des quartiers du sud de la ville.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
Le risque n'est pas une disparition du travail, mais une expansion continue de la production dans un contexte où la demande solvable n'augmente pas au même rythme, voire se contracte sous l'effet même de l'automatisation et de la compression de la masse salariale. L'économie peut produire toujours plus, mais rien ne garantit que les revenus, et donc la capacité d'achat, suivront. Ajoutons enfin l'hypothèse classique selon laquelle une part des profits procède du travail humain. On voit dès lors comment sa disparition, si elle devait s'étendre à l'ensemble de l'économie, finirait par miner la possibilité même de leur réalisation.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"CONTRETEMPS/a/b/div
Le risque n'est pas une disparition du travail, mais une expansion continue de la production dans un contexte où la demande solvable n'augmente pas au même rythme, voire se contracte sous l'effet même de l'automatisation et de la compression de la masse salariale. L'économie peut produire toujours plus, mais rien ne garantit que les revenus, et donc la capacité d'achat, suivront. Ajoutons enfin l'hypothèse classique selon laquelle une part des profits procède du travail humain. On voit dès lors comment sa disparition, si elle devait s'étendre à l'ensemble de l'économie, finirait par miner la possibilité même de leur réalisation.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"CONTRETEMPS/a/b/div
Si les liens entre température, violences intentionnelles ou non, violences en général ou violences faites aux femmes en particulier sont documentés de façon robuste, on commence à en identifier les mécanismes biologiques et psychologiques. Il semblerait que la température affecte l'équilibre et la régulation de certains neurotransmetteurs, comme la sérotonine ou la dopamine, qui jouent un rôle dans la régulation de l'humeur, dans la fonction cognitive ou encore dans la capacité à réaliser des tâches complexes. Il a été également suggéré que les températures chaudes maintenues sur des périodes de plusieurs jours à plusieurs semaines pouvaient affecter les capacités d'adaptation physiologiques et comportementales et se répercuter de différentes façons : consommations excessives d'alcool ou de psychotropes, agressivité, etc. br /Cette relation est de plus cohérente avec tout un pan de la recherche en psychologie, dont les résultats basés sur des études expérimentales que la hausse du thermomètre génère du stress psychologique et de l'irritabilité, ayant en quelque sorte l'effet d'abaisser le seuil au-delà duquel les violences peuvent se manifester.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Dans la presse/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH112/poster_medias_francais_6347-v21-1-2026-92c47.png?1766069894' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt="" /
div class='rss_chapo'pNous publions une carte du paysage médiatique français, qui permet de démêler l'écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias. Cette carte est le fruit d'un partenariat entre Acrimed et iLe Monde diplomatique/i. Il est possible de la commander, au format A3, a href="https://boutique.acrimed.org/carte-medias-fran%C3%A7ais-qui-possede-quoi" class="spip_out" rel="external"sur notre site/a./p/div
div class='rss_texte'div class='spip_document_16315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/carte_decembre2025.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH373/carte_decembre2025-8a4ca.png?1766069894' width='500' height='373' alt='' //a
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Une dérangeante allégation revient souvent : l'inventeur de la Terre du Milieu serait « raciste ». Dans son livre Tolkien contre les machines, Sébastien Fontenelle réfute cette idée, et s'en prend à toutes les lectures malhonnêtes de l'oeuvre de Tolkien, plus particulièrement aux tentatives de captations frauduleuses de l'extrême-droite. C'est tout au contraire « une source d'inspiration progressiste, notamment sur la question environnementale, devenue indissociable de la question politique » que l'on peut y trouver.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/venezuela_imperialisme-22b92.png?1768845531' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pDéfendre le droit international ou appuyer l'impérialisme étatsunien ? Les éditorialistes ont tranché./p/div
div class='rss_texte'p« iC'est un peu facile de dire que c'est toujours l'impérialisme […] mais si on peut faire tomber une dictature, alors pourquoi pas ! Et je crois que c'est ce qu'est en train de faire Trump./i » Il est 10h20 sur LCI, samedi 3 janvier, et la chaîne d'info a invité François-Xavier Freland, ancien correspondant au Venezuela, en duplex depuis chez lui, pour analyser les images de bombardements qui arrivent tout juste de Caracas : « iOn voyait bien de toute façon que ça devenait de plus en plus tendu autour de Noël/i, explique le journaliste, iet beaucoup de Vénézuéliens sur place s'attendaient à une attaque imminente, comme une espèce de cadeau/i ». L'agression des États-Unis vient tout juste d'avoir lieu et Donald Trump n'a pas encore parlé. Mais l'ancien correspondant le devance : l'intervention militaire est un « icadeau/i » qui vise à destituer un dictateur narcotrafiquant. C'est un peu facile de dire que c'est toujours l'impérialisme./p
pQuelques secondes plus tard, l'annonce tombe : Maduro a été enlevé par les États-Unis. Freland exulte :/p
blockquote class="spip"
pstrongFrançois-Xavier Freland :/strong C'est un moment historique pour les Vénézuéliens parce que je pense qu'honnêtement ça faisait longtemps qu'ils avaient envie de voir tomber ce régime complètement à la ramasse […]. Maduro espérait peut-être passer pour une victime, pour un martyr de la révolution, mais plus personne n'y croit à sa révolution bolivarienne. D'ailleurs je peux vous dire une chose, en Amérique latine, tout le monde se détourne de ce socialisme du XXIe siècle, qui a ruiné tous les pays qui y avaient adhéré./p
/blockquote
pPendant la première heure de l'édition spéciale de LCI, les termes « droit international » ne sont pas prononcés une seule fois à l'antenne. Après avoir été totalement piétiné dans le cadre du traitement médiatique de la question palestinienne, peut-on encore s'en étonner ? Reste qu'en guise d'« information », les professionnels de la parole publique éditorialisent, jugent, bavardent et s'autorisent à commenter « à chaud » sans en savoir encore très long des événements – et encore moins de ses répercussions : la norme de l'apparition médiatique./p
/br
h3 class='article_intertitres'« iScènes de liesse/i » à Caracas : « info en continu » ou scénario préfabriqué ?/h3
p/brSur France 24 aussi, dans la foulée de l'annonce par Donald Trump de l'enlèvement de Nicolas Maduro, on se met à spéculer : « iC'est vrai qu'on s'attend maintenant, peut-être, à voir des scènes de liesse dans les rues/i », hasarde la présentatrice de l'édition spéciale, Aude Lechrist, qui poursuit « l'info » par anticipation : « iC'est ce qu'on l'on diffusera si c'est le cas, bien évidemment./i » Mieux équipée en correspondants internationaux que la plupart des autres chaînes d'information, France 24 contacte immédiatement Alice Campaignolle, journaliste française à Caracas. Une anecdote lancée au cours de sa première intervention va rapidement prendre une proportion inattendue… et illustrer de manière spectaculaire la fabrique de « l'information » et des cadrages dominants./p
pAlice Campaignolle est questionnée par Aude Lechrist sur le « isoutien réel de la population à Maduro/i ». La correspondante répond que « il'on estime les partisans de Nicolas Maduro entre 20 et 30% maximum de la population/i », et pousse l'analyse un cran plus loin : « iEn réalité, autour de moi, ces derniers mois, les gens étaient plutôt favorables à une intervention américaine. Ils voyaient cette intervention américaine possible […] comme une libération…/i » Soudain, Alice Campaignolle s'interrompt, se retourne à moitié et reprend : « … iEt je ne sais pas si vous l'entendez autour de moi, mais il y a des gens qui s'exclament à l'heure qu'il est… […] Je tiens à ce que vous le sachiez, les gens s'exclament./i » Sur le direct, il fait encore nuit à Caracas et nous n'entendons pas les cris que rapporte la correspondante. Mais « l'info » plaît tellement à la présentatrice qu'elle devient structurante dans la minute qui suit, au point de donner le ton et le cadrage de ses questions à venir./p
pFace au premier invité en effet – Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à la fondation Jean-Jaurès –, qui évoque une violation flagrante du droit international, la relance d'Aude Lechrist ne se fait pas attendre : « i[…] Et pourtant, notre correspondante à Caracas nous disait qu'à l'annonce par Donald Trump de la capture du président Maduro, elle assistait, elle entendait des scènes de liesse…/i » Par un petit glissement sémantique (et un gros raccourci), non seulement les « exclamations » rapportées par Alice Campaignolle sont devenues des « iscènes de liesse/i », mais une impression rapportée à l'instant T est mobilisée pour cadrer l'interview d'un chercheur… et contester un argumentaire fondé sur le droit international. La même scène est rejouée quelques minutes plus tard, face à un autre universitaire, Eduardo Rios (Sciences Po Paris). Aude Lechrist lui pose une première question avant de solliciter de nouveau Alice Campaignolle, en duplex de Caracas :/p
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pstrongAude Lechrist :/strong Cette opération pose des questions de légalité, nous allons y revenir, restez avec nous Eduardo Rios. Mais avant cela, on va retrouver notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle […]. Vous nous parliez au moment de l'annonce de cette capture de scènes de liesse de la part des Vénézuéliens. Est-ce que c'est toujours le cas ? […]/p
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p Cette fois, la correspondante est obligée de modérer l'enthousiasme de la présentatrice : « iNon, pour le moment, à part quelques cris de joie que j'ai entendus au moment de l'annonce sur les réseaux sociaux, pour le moment tout est extrêmement calme, il est encore tôt ici, les rues sont vides./i » Bref, les « iscènes de liesse/i » n'ont pas fait long feu à l'antenne de France 24./p
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h3 class='article_intertitres'« iVenezuela : pourquoi Emmanuel Macron a raison/i »/h3
p/brDurant les premières heures, les discussions de plateaux vont ainsi fluctuer au gré des informations qui se décantent. Il est tout de même possible d'identifier quelques-uns des axes qui, pour ne pas être systématiques, ont néanmoins contribué au bruit médiatique dominant. À commencer par celui qui affleure des exemples de LCI ou de France 24 : anticiper les justifications « démocratiques » de cette intervention impérialiste avant même la première prise de parole de Donald Trump. Mais ces justifications n'arriveront… jamais. Lors de sa conférence de presse à 17h, le 3 janvier, le président américain ne s'embarrasse que très peu d'enrobage démocratique, affichant sans ambages ses motivations : le contrôle stratégique du Venezuela et de ses ressources naturelles. Pas de quoi enrayer le moulin à parole des radios et des télés françaises, qui vont continuer sur ce thème et trouver en fin de journée un nouvel appui. Et de choix : Emmanuel Macron qui, dans sa réaction officielle, ne dit pas un mot du droit international et affirme d'emblée : « iLe peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s'en réjouir./i »/p
pC'est un nouveau départ pour l'éditorialisme. Et si la réaction du président de la République surprend la plupart des journaux, les commentateurs ménagent leurs critiques via un tour de passe-passe désormais habituel : le mépris du droit international par Emmanuel Macron n'est pas un ifait/i mais une « iaccusation de la gauche/i », résume courageusement Renaud Dély (Franceinfo, 5/01), parmi les plus virulents contempteurs du pouvoir… Et ce, quand les éditorialistes ne volent pas plus directement au secours d'Emmanuel Macron. Anne Saurat-Dubois par exemple, qui déploie une inventivité langagière étonnante sur BFM-TV (5/01) pour justifier l'absence de condamnation d'une violation manifeste du droit international : si le président s'est contenté d'applaudir l'ingérence américaine, c'est parce qu'il a réalisé une « iellipse stratégique/i ». Qu'en termes galants ces choses-là sont mises !/p
pPeu à peu, et conformément au cadrage d'Emmanuel Macron, les références au droit international vont ainsi s'estomper pour laisser place aux commentaires sur la « ichute/i » d'un dictateur et la libération du peuple vénézuélien. Et comme d'habitude, c'est sur Franceinfo que l'on trouve les meilleurs exégètes du gouvernement français. Dès le 3 janvier, à 19h39, soit 9 minutes après le tweet d'Emmanuel Macron, Laurence Haïm, « journaliste spécialiste des États-Unis », mais aussi ancienne porte-parole d'Emmanuel Macron – ce qui n'est pas précisé dans le bandeau de présentation –, est déjà en plateau pour assurer le service après-vente. La présentatrice la lance : « iIl n'y a aucune condamnation dans ce message…/i » Laurence Haïm n'est pas d'accord et le trouve équilibré :/p
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pstrongLaurence Haïm :/strong Non mais c'est un message… Petit 1, c'est très bien vous vous êtes débarrassé d'une crapule. Petit 2, attention ne vous installez pas quand même trop […], la transition doit être démocratique ! Et c'est fait avec beaucoup de diplomatie, mais c'est vraiment le message qui est passé !/p
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pLe 5 janvier, dans la matinale de la chaîne, l'inénarrable Alix Bouilhaguet ne fait elle non plus aucun détour : « iLa réaction d'Emmanuel Macron suscite beaucoup de critiques, mais je vais vous expliquer surtout pourquoi il a raison !/i »/p
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div class='spip_document_16338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/bouilhaguet-2fa02.png?1768844712' width='500' height='281' alt='' /
/figure
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p/brSur LCI, Éric Brunet ne dit rien de différent le lendemain dans son émission (6/01) :/p
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pstrongÉric Brunet :/strong Les Européens se roulent par terre depuis ce week-end, expliquant qu'aucune base légale ne permettait aux États-Unis et à Donald Trump, d'enlever, de retenir et de juger le président du Venezuela, Nicolas Maduro. Sauf Emmanuel Macron ! Lui ne se roule pas par terre […]. Au passage, bravo Emmanuel Macron !/strong/p
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h3 class='article_intertitres'« iJe m'accommode du fait que le droit international n'ait pas été respecté/i »/h3
p/brComme le résume un bandeau de l'émission « Tout est politique », diffusée sur Franceinfo : « Venezuela : la force du droit contre la realpolitik ? » Voici la problématique fondue dans une équation simple, que les journaux vont décliner de façon plus au moins subtile – droit international contre « irealpolitik/i » (iLe Parisien/i, 4/01) ; idéalistes contre réalistes, « iherbivores/i » contre « icarnivores/i » (iParis Match/i, 6/01) – et à laquelle de nombreux éditorialistes répondent tout de go. Gilles Bornstein par exemple, qui, au cours d'une séquence d'anthologie sur Franceinfo (5/01) avec le docteur en droit public (et invité régulier) Béligh Nabli, a visiblement tranché la question :/p
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pstrong- Gilles Bornstein :/strong Je comprends que le droit international doit être une boussole, mais à un moment, il faut parler des peuples. Si ne pas respecter le droit international permet justement de minorer l'importance de la loi du plus fort, alors la question est posée. Vous avez dit « ce qui se joue, c'est un rapport au droit ». Ce qui se joue aussi, c'est l'intérêt du peuple vénézuélien. Et si effectivement, cet acte qui n'a pas respecté le droit international – évidemment on n'y est pas – permet des élections libres et permet que finalement ça aille mieux pour le peuple vénézuélien, alors la question est posée. J'ai un autre exemple./p
pstrong- Béligh Nabli :/strong Non, non, mais là vous portez atteinte à la souveraineté des Vénézuéliens. C'est pas aux États-Unis d'intervenir pour régler un conflit interne./p
pstrong- Gilles Bornstein :/strong Ce n'est pas aux États-Unis d'intervenir, théoriquement./p
pstrong- Béligh Nabli :/strong C'est pas « théoriquement »./p
pstrong- Gilles Bornstein :/strong Bien sûr, après, il faut voir le résultat. Et ce qu'il en adviendra pour le peuple vénézuélien ne peut pas être complètement évacué, laissez-moi terminer, ne peut pas être complètement évacué du débat. On a eu le même débat au moment de l'intervention américaine à Téhéran. Alors effectivement, les bombardements […] américains contre les installations nucléaires […] venaient à l'encontre du droit international. Mais le monde est-il plus sûr avec un Iran qui a un arsenal nucléaire dégradé, quitte à ce que le droit international... ? […]/p
pstrong- Béligh Nabli :/strong Mais vous changez de registre. Dans un premier temps, vous parlez du « respect du peuple », et après vous parlez d'« un monde plus sûr » : on n'est plus dans le même registre ! Vous n'êtes pas cohérent…/p
pstrong- Gilles Bornstein :/strong Mais je n'ai pas la prétention de... Je ne suis pas un universitaire, je vous dis ce que je ressens en tant que citoyen./p
pstrong- Béligh Nabli :/strong C'est quand même problématique…/p
pstrong- Gilles Bornstein :/strong Mais, après ces interventions en Iran, par exemple, si le monde est moins dangereux, je m'accommode du fait que le droit international n'ait pas été respecté. Si à la fin des fins, le peuple vénézuélien y trouve son compte, je crois que je m'accommoderais du fait que Donald Trump n'ait pas respecté le droit international./p
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pAu moins, c'est dit./p
pGilles Bornstein n'est d'ailleurs pas le seul (ni le premier) à assumer de s'accommoder de la violation du droit international. L'éditorialiste du service public peut notamment s'enorgueillir de tenir une position identique à celle de la tête d'affiche du groupe Bolloré :/p
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pstrongPascal Praud :/strong Eh bien si l'arrestation de Maduro met un terme à la dictature vénézuélienne, si elle apporte la démocratie, si elle freine le narcotrafic dans le monde, je me dirais que la fin justifie les moyens et qu'entre légalité et légitimité – éternel débat qui traverse l'histoire –, je choisirais toujours la légitimité.span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Cité dans « Face à Trump : les médias entre admiration, sidération et (…)" id="nh1"1/a]/span/p
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h3 class='article_intertitres'Exaltation de la force : déclinaisons médiatiques/h3
p/brSur BFM Business (5/01), comme a href="https://www.arretsurimages.net/articles/venezuela-les-chaines-dinfo-enterrent-le-droit-international" class="spip_out" rel="external"l'a relevé Arrêt sur Images/a, le rédacteur en chef Mathieu Jolivet ne se gêne pas non plus : « iLa question de s'affranchir du droit international, elle peut se poser légitimement, tout simplement parce qu'aujourd'hui, on ne vit pas dans un monde de bisounours./i » « iEst-ce une ingérence politique ou le sauvetage d'un peuple ?/i », se demande plus candidement Europe 1 (5/01). La réponse ne se fait pas attendre : « iC'est le retour de la realpolitik, c'est le retour des sphères d'influence/i », explique le rédacteur en chef du journal d'extrême droite Frontières, Erik Tegnér, chose que l'on a du mal à comprendre en France, regrette-t-il, « icar nous n'avons plus de sphère d'influence : l'Afrique, on l'a totalement quittée/i »./p
pÀ travers la presse écrite aussi, les exaltations de la force contre le droit sont légion. Dans un édito du 4 janvier titré justement « Realpolitik », qui semble être le mot choisi par certains pour parler d'impérialisme, le rédacteur en chef du iParisien/i Frédéric Michel s'exclame :/p
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pstrongFrédéric Michel :/strong On peut toujours applaudir des deux mains la chute d'un monstre. Après des années de répression et de violences, Nicolas Maduro laisse le Venezuela exsangue, miné par la pauvreté et l'insécurité alimentaire. […] Comment dès lors ne pas se réjouir de son arrestation ?/p
/blockquote
pDans la suite de son papier, le journaliste qualifie Nicolas Maduro de « ivermine/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="« Vermine » qui se transformera en « personnage méprisable » dans l'édition (…)" id="nh2"2/a]/span dont « il'opération clandestine/i » américaine a « idébarrassé la planète/i ». Même ambiance à il'Opinion/i (4/01), avec le bien nommé Éric Le Boucher : « iVoir le tyran Nicolas Maduro menotté dans un jogging immonde et emporté vers New-York : quoiqu'on en pense, l'image fait plaisir./i » Au lendemain des bombardements américains, le titre de son édito est le suivant : « Et si 2026 nous rapportait de l'optimisme ? » Guillaume Roquette du iFigaro/i est sur la même ligne :/p
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pstrongGuillaume Roquette :/strong […] Le procédé employé par Donald Trump prend indéniablement de sérieuses libertés avec les règles de souveraineté territoriale. Et alors ? Les forces spéciales américaines n'ont-elles pas fait œuvre de salubrité publique en débarrassant le Venezuela d'un dictateur qui a ruiné son pays, emprisonné ses opposants et contraint à l'exil 8 millions de personnes ?/p
/blockquote
pDans le FigaroVox (6/01), le chroniqueur Julien de Saint-Lalanne légitime lui aussi la loi du plus fort (et la ligne de son groupe de presse) en orientant copieusement la réponse d'une question qui, en première instance, ne devrait même pas en être une : « L'arrestation de Nicolas Maduro est-elle vraiment contraire au droit international ? » Le choix du terme « arrestation » n'est en outre pas innocent puisqu'il consiste à présenter les bombardements américains et l'enlèvement du président vénézuélien comme une « opération de police » contre un narco-criminel – un argument a href="https://www.acrimed.org/Venezuela-des-medias-intoxiques-par-la-propagande"au cœur de la propagande étasunienne/a. Les défenseurs de cette vision des choses ont en tout cas micro ouvert dans « C ce soir » (5/01) : « iLes États-Unis ici ont agi […] en position de légitime défense/i, ose le journaliste Gérard Olivier, iparce que le trafic de drogue orchestré, dans lequel le Venezuela participe, tue des dizaines de millions de personnes tous les ans/i »./p
/br
h3 class='article_intertitres'Haro sur LFI/h3
p/brCe déferlement éditorial dans une large partie de la presse a un corollaire évident : celui de renvoyer à leur naïveté toutes les expressions, qu'elles soient politiques ou universitaires, qui se sont attachées à dénoncer l'agression impérialiste. La séquence a donc donné lieu à un nouvel intense épisode de matraquage des positions de la gauche en général, et des insoumis en particulier, à grands coups de chroniques assassines et d'interviews « interrogatoires ». Ainsi, les interviews matinales de Manuel Bompard chez Thomas Sotto (RTL, 5/01) et de Mathilde Panot chez Apolline de Malherbe (BFM-TV, 7/01) sont remarquablement similaires, tous deux sommés de répondre à la question : « Nicolas Maduro était-il un dictateur ? » Le sous-texte n'est pas exprimé par les présentateurs, mais c'est tout comme : si Maduro est un dictateur, alors on peut se réjouir de sa chute, et, conséquemment, de l'intervention américaine. Anticipant certainement ce cheminement de pensée, et manifestement coordonnés, Bompard et Panot tentent tous deux d'éviter l'obstacle : « iCe n'est pas la question qui se pose/i » dit Panot, « ice n'est pas la question qui est posée/i », répond Bompard. Mais force est de constater que dans ce cas précis, les effets de cadrage sont si puissants que les tentatives de le déjouer sont vaines : la question, qui apparaît simple, est réitérée plusieurs fois par les présentateurs. Et les insoumis, refusant de répondre, semblent s'embourber…/p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brDans la foulée de toute cette production médiatique, dont on peut trouver d'autres extraits chez Arrêt sur images, a href="https://www.arretsurimages.net/articles/comment-les-chaines-dinfo-ont-couvert-lenlevement-de-maduro" class="spip_out" rel="external"ici/a et a href="https://www.arretsurimages.net/articles/venezuela-les-chaines-dinfo-enterrent-le-droit-international" class="spip_out" rel="external"là/a, ou encore a href="https://www.telerama.fr/television/venezuela-les-chaines-info-se-mettent-au-pas-de-donald-trump-7029108.php" class="spip_out" rel="external"sous la plume de Samuel Gontier/a, plusieurs journaux ou antennes se sont demandé si le droit international avait été définitivement enterré par Donald Trump au Venezuela. Dans les médias en tout cas, les funérailles a href="https://www.acrimed.org/Palestine-Des-victimes-sans-visages-des-crimes"avaient déjà eu lieu à Gaza/a./p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanCité dans a href="https://www.youtube.com/watch?v=URIiySZ83Hwt" class="spip_out" rel="external"« Face à Trump : les médias entre admiration, sidération et embarras »/a, Blast, 18/01./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /span« iVermine/i » qui se transformera en « ipersonnage méprisable/i » dans l'édition papier du lendemain./p
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Explorez les liens capitalistiques du monde de l'édition : scannez le code-barres d'un livre pour vérifier qui possède son éditeur.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
« Le tribunal administratif de Nice affirme et confirme : la liberté d'expression des librairies ; que les messages féministes ne sont pas des risques de troubles à l'ordre public ; que le ministère de l'intérieur s'est senti un petit peu trop à l'aise dans la répression à mettre en œuvre lorsque quelques collages parsèment une vitrine ; que donc il nous reste quelques espaces de libertés n'en déplaise à Gérald et consort ».
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Les Nouvelles News/a/b/div