un sanglier rencontre un cochon... le sanglier : Alors ca va ta chimio ?
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Médias

The one thing everyone gets wrong about feminism

Rezo.net - dim, 2026-03-15 10:59
The eager obituary writers tended to announce that #MeToo had failed whenever further incidents of high-profile sexual abuse were reported (though the very fact they were reported and in some cases successfully prosecuted may have been a result of these shifts). The single most important impact of #MeToo, I believe, is akin to what many environmental victories look like: nothing, in the absolute best sense of that word. Success for many environmental campaigns is the river that was not dammed or polluted, the forest that was not cut down, the species that did not go extinct, the oil wells that were not dug, the coal that was not burned. Unfortunately, these results are invisible if you don't know why the river is flowing freely, the birds are singing or the meadow near your home wasn't paved over. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/the-guardian"The Guardian/a/b/div

Rachid Benzine répond à Luc Ferry : non, le droit international n'est pas réservé aux “nations respectables”

rezo.net - la sélection - ven, 2026-03-13 09:59
Le droit existe parce qu'il y a des conflits. Pas malgré les conflits. A cause d'eux. Kelsen l'a écrit cent fois. Le droit international n'est pas un club de gens bien. C'est un système de contraintes pour limiter la violence entre Etats qui se détestent.br class='autobr' / Ferry transforme ça en récompense. En médaille. Le droit pour les gentils. La force pour les méchants.br class='autobr' / Qui décide ?br class='autobr' / Qui décide qu'un Etat est « respectable » et qu'un autre est un « voyou » ? Ferry ? Trump ? Netanyahou ?br class='autobr' / Regardons les faits.br class='autobr' / Iran. 28 février 2026. Donald Trump ordonne l'attaque. Frappes américano-israéliennes. Téhéran. Ispahan. Qom. Milliers de morts. Justification qui change tous les jours. Pas de mandat de l'ONU. Pas de légitime défense. Juste la force. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/nouvel-obs"L'Obs/a/b/div

Rachid Benzine répond à Luc Ferry : non, le droit international n'est pas réservé aux “nations respectables”

Rezo.net - ven, 2026-03-13 09:59
Le droit existe parce qu'il y a des conflits. Pas malgré les conflits. A cause d'eux. Kelsen l'a écrit cent fois. Le droit international n'est pas un club de gens bien. C'est un système de contraintes pour limiter la violence entre Etats qui se détestent.br class='autobr' / Ferry transforme ça en récompense. En médaille. Le droit pour les gentils. La force pour les méchants.br class='autobr' / Qui décide ?br class='autobr' / Qui décide qu'un Etat est « respectable » et qu'un autre est un « voyou » ? Ferry ? Trump ? Netanyahou ?br class='autobr' / Regardons les faits.br class='autobr' / Iran. 28 février 2026. Donald Trump ordonne l'attaque. Frappes américano-israéliennes. Téhéran. Ispahan. Qom. Milliers de morts. Justification qui change tous les jours. Pas de mandat de l'ONU. Pas de légitime défense. Juste la force. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/nouvel-obs"L'Obs/a/b/div

Sur X, la haine quotidienne du chroniqueur Gilles-William Goldnadel

Acrimed : Action-Critique-Médias - mar, 2026-03-10 12:38
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/goldnadel-fa953.png?1773140362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pBrutalisation du débat public./p/div div class='rss_texte'pSur X, le chroniqueur du a href="https://www.lefigaro.fr/auteur/gilles-william-goldnadel" class="spip_out" rel="external"iFigaro/i/a et de CNewsspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Et anciennement « Grande gueule » de RMC, chroniqueur chez Valeurs actuelles (…)" id="nh1"1/a]/span Gilles-William Goldnadel tweete frénétiquement. Parmi ses cibles : l'ONU (« iune déchèterie/i », 12/02) ou encore l'audiovisuel public : « iDepuis deux ans je finance la désinformation d'Israël via la propagande du Hamas. Je finance la défense de l'immigration invasive. Je finance l'indulgence pour la France insoumise. Je finance la destruction de la France. Je finance ma faillite et mon suicide./i » (23/01)/p pMais avant tout, c'est la gauche, sous toutes ses formes, qui est visée : « iL'extrême gauche est une lèpre/i » (21/02) ; « iLa Lèpre rouge d'aujourd'hui a remplacé la Peste noire d'hier. On l'éradique ou l'on crève/i » (22/01) ; « iJ'aurais préféré [que Marine Tondelier] soit intelligente plutôt que demeurée. Las, la vie ce n'est pas toujours ce qu'on désire…/i » (2/03) ; « iCe n'est pas juste que seul le gang antisémite [il parle de LFI] soit rangé à l'extrême droite [sic] : Ses vassaux socialistes et pseudo-écolos devraient également l'être illico/i » (9/02) ; Olivier Faure « ilaquais du Parti néo-naze et Antisémite/i » (25/02), etc./p pVoici pour la toile de fond. L'objet de la détestation principale reste, c'est original, LFI : « iJ'accuse la France insoumise d'être un nid de cloportes antisémites et d'excréments/i » (12/01) ; « iLa France Insoumise est le cloaque qui compte le plus de repris de justice et d'antisémites au mètre carré/i » (17/01) ; « iPlus rien venant du Parti Antisémite ne peut plus choquer : Déclarations racistes, commissions de délits, rencontres avec des terroristes. Une seule solution : L'exclusion et le cordon sanitaire étrangleur. Un seul mot langage [sic] à lui tenir : TA GUEULE !/i » (30/01)/p pCe à quoi il s'astreindra avec rigueur. À Carlos Bilongo : « iRépétez après moi : Ta Gueule Bilongo !/i » (2/01) ; à Danièle Obono : « iTa gueule la raciste/i » (25/01) ; à Antoine Léaument : « iMais ta gueule mon petit bonhomme/i » (1/02) ; à Manon Aubry : « iTa Gueule Aubry, ta sottise est sans limites/i » (6/02) ; à Mathilde Panot : « iTa gueule la Panot : Toute la France emmmmerde le Parti Antisémite et ton patron Mollachon !/i » (1/03) Et bien sûr, à Jean-Luc Mélenchon, variantes comprises :/p blockquote class="spip" p- Ta Gueule Mélenchon, tu as raison, LFI avec ses fichés S, ses racisés anti français, ses racistes anti juifs, ses dealers, des délinquants sexuels, n'est pas un parti d'extrême gauche. C'est un gang d'extrême gauche. (7/02)/p p- Ta Gueule Doriochon, on ne laissera pas faire ton fascisme rouge vert. Quant à son intelligence, aucun parti ne compte plus de demeurés au mètre carré. Delogu, Portes, Panot, Aubry, Bilongo zzzzz quand je veux m'endormir le soir, je compte tes demeurés zzz Soudais, Obono zzz (24/02)/p p- Ta gueule Mélenchon, patron du Parti Antisémite. (1/03)/p p- Ta gueule Mollachon, t'es le boss du Parti Antisémite qui attire les islamistes, les médiocres et les assistés. Tous ceux qui détestent viscéralement les français. […] Tu ne mérites aucun respect. Toi ou nous. (3/03)/p p- Ta gueule Mollachon, le féministe qui voile les femmes et qui défend les 0 cul TF [sic] et le Hamas qui les violent. (4/03)/p p- Ta gueule Mollachon l'antisémite. (7/03)/p /blockquote pCe n'est pas tout. Danièle Obono ? « iAu sein du gang des Insoumis, la Obono coche toutes les cases : raciste antisémite et anti blanc/i » (8/02). Mathilde Panot ? « iPoissonnière poisseuse du Parti Antisémite/i » (3/03). Jean-Luc Mélenchon ? « iL'exacte réincarnation de Jacques Doriot/i » (2/03). LFI ? « iL'ensemble du Parti Antisémite et Anti Français est un parti galeux/i » (20/01) ; « iLa France Insoumise pue/i » (27/02) ; bref « iLFI [le] fait vomir/i » (24/02) – on avait compris./p pEt de lancer l'alerte : si LFI « iarrivait au pouvoir, la France deviendrait en peu de temps une dictature islamo-communiste. Ce ne serait plus la France/i ». Et d'avancer un programme : « iUn cordon sanitaire étrangleur doit empêcher ce cauchemar de survenir./i » (23/02) Il réitère, quelques jours plus tard : « iL'ensemble de ce parti a contracté la gale, raison pourquoi il faut bâtir d'urgence autour de lui un cordon sanitaire étrangleur./i » (3/03)/p pAu vu du registre mobilisé, on se dispensera de commenter et de qualifier – tout ceci nous semble assez éloquent. Permettons-nous une question cependant : la profession, parfois si prompte à s'indigner, compte-t-elle fermer les yeux encore longtemps ?/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanEt anciennement « Grande gueule » de RMC, chroniqueur chez iValeurs actuelles/i et dans l'émission « Les Terriens du dimanche » (C8) animée par Thierry Ardisson./p /div/div
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The Emotional Toll of Living With Institutional Betrayal | Soraya Chemaly

rezo.net - la sélection - dim, 2026-03-08 10:32
Freyd's work also led her to another concept with incredible value and usefulness today, DARVO. DARVO stands for Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender. It's a pattern Freyd identified in how perpetrators of violence respond when confronted. However, institutions also use this strategy, and they often have more power and resources, allowing them to be more effective than individuals. br /Today, DARVO is a weapon wielded against the public by people and institutions meant to represent and protect us as citizens. The handling of the Epstein files, for instance, follows the classic abuser's playbook identified by Freyd: the obstruction, and then slow-walk, of selectively redacted release of information (Deny); the constant discrediting and threatening of survivors (Attack); the protection of powerful men's identities, reputations, and privacy (Reverse Victim and Offender). Asymmetrical power and the government's use of “transparency” have exposed victims' identities while masking those of the powerful. At various points, their names. Faces. Bodies. Addresses. Families. br /This is what a system protecting itself does. DARVO, in the Epstein case, has consistently made victims the face of the crimes and ensured that the network that enabled Epstein remains an abstract force. br /For many women, especially women of color who have never had the luxury of trusting these systems in the first place, the Epstein situation is confirming our worldview. The distress we are feeling isn't borne of surprise or even outrage, but deep grief and rage. It's the exhausting weight of living in a world that continues to tell women that we don't matter, not even as children. What the Epstein case is doing, however, is showing many more people that the men most likely to talk about protecting “their” girls and women are the ones most likely to feel entitled to do to girls and women whatever they please. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Dame Magazine/a/b/div

The Emotional Toll of Living With Institutional Betrayal | Soraya Chemaly

Rezo.net - dim, 2026-03-08 10:32
Freyd's work also led her to another concept with incredible value and usefulness today, DARVO. DARVO stands for Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender. It's a pattern Freyd identified in how perpetrators of violence respond when confronted. However, institutions also use this strategy, and they often have more power and resources, allowing them to be more effective than individuals. br /Today, DARVO is a weapon wielded against the public by people and institutions meant to represent and protect us as citizens. The handling of the Epstein files, for instance, follows the classic abuser's playbook identified by Freyd: the obstruction, and then slow-walk, of selectively redacted release of information (Deny); the constant discrediting and threatening of survivors (Attack); the protection of powerful men's identities, reputations, and privacy (Reverse Victim and Offender). Asymmetrical power and the government's use of “transparency” have exposed victims' identities while masking those of the powerful. At various points, their names. Faces. Bodies. Addresses. Families. br /This is what a system protecting itself does. DARVO, in the Epstein case, has consistently made victims the face of the crimes and ensured that the network that enabled Epstein remains an abstract force. br /For many women, especially women of color who have never had the luxury of trusting these systems in the first place, the Epstein situation is confirming our worldview. The distress we are feeling isn't borne of surprise or even outrage, but deep grief and rage. It's the exhausting weight of living in a world that continues to tell women that we don't matter, not even as children. What the Epstein case is doing, however, is showing many more people that the men most likely to talk about protecting “their” girls and women are the ones most likely to feel entitled to do to girls and women whatever they please. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Dame Magazine/a/b/div

Trump left America vulnerable to retribution — and that's no accident

Rezo.net - dim, 2026-03-08 00:47
So, Trump desperately needed something to change the subject. And right on cue, he launched an unprovoked military attack on Iran, apparently at the urging of Benjamin Netanyahu, who has his own desperate need to remain in power to keep himself out of prison for his own bribery and corruption scandals. br /The bombing of Iran gave Trump a few days of wall-to-wall war coverage, pushing every other scandal (including Epstein) below the fold. It was a classic wag-the-dog maneuver, but so far it's worked well enough to dominate the news cycle. br /But here is where the rhyme with 2001 turns frighteningly dark. br /Kash Patel, Trump's FBI director, has fired or reassigned almost the entire FBI team responsible for tracking Iranian threats inside the United States. The specialists who spent years building intelligence networks to monitor Iranian-linked operatives on American soil have been purged from the agency, fired unceremoniously. br /At the same time, Trump has let funding for the Department of Homeland Security lapse, leaving critical counterterrorism functions in limbo as Republicans in Congress refuse — at his insistence — to act. He's systematically dismantled the very apparatus that exists to prevent a terrorist attack on the continental US or our assets around the world. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/alternet"Alternet.org/a/b/div

« Nous avons été réveillés par le bruit des explosions » | le cinéaste Abbas Fahdel

Rezo.net - sam, 2026-03-07 19:23
Mais le cessez-le-feu annoncé n'a jamais été respecté par les israéliens. La menace ne s'est pas arrêtée. Le ciel n'est jamais redevenu silencieux. Nous avons continué à vivre sous le bourdonnement permanent des drones et des avions israéliens.br class='autobr' / Et puis, hier, à trois heures du matin, la nuit a explosé.br class='autobr' / Le fracas nous a arrachés au sommeil. Les murs ont tremblé. Les éclairs ont traversé les fenêtres, découpant la chambre en flashes blancs.br class='autobr' / Et une fois de plus, nous avons fait ce que des centaines de milliers d'habitants du sud du Liban ont déjà fait : partir. Quitter la maison. Quitter le village. Quitter nos repères. Sans savoir où aller. Juste s'éloigner du danger.br class='autobr' / Voir ma fille se réveiller en tremblant est une chose que je ne pourrai jamais oublier. Ni pardonner à ceux qui lui ont volé le droit de dormir en paix. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"L'asymptomatique/a/b/div

Les médias dominants veulent dominer sans entraves

Acrimed : Action-Critique-Médias - sam, 2026-03-07 08:00
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH83/confmelenchon-77927.png?1772863202' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt="" / div class='rss_chapo'pRéserver une conférence de presse à des médias numériques alternatifs ? La presse traditionnelle est sous le choc et dénonce une atteinte à sa « liberté ». Davantage qu'une « simple » éruption corporatiste, les cris d'orfraie témoignent d'une résistance farouche à toute remise en cause des rapports de pouvoir (et de classe) qui structurent le champ journalistique./p/div div class='rss_texte'pLe 23 février, LFI organisait a href="https://www.youtube.com/watch?v=oWFfe5iI2kA" class="spip_out" rel="external"une conférence de presse « iface aux nouveaux médias/i » « inumériques et alternatifs/i »/a à laquelle n'ont pas été accrédités, par définition, les médias traditionnels qui en ont fait la demande comme TF1, iLe Monde/i, iLibération/i, iL'Express/i ou encore France Info. Cette initiative intervient dans une conjoncture particulière, après dix jours d'intense cabale médiatique contre le mouvement de gauche : une phase d'accélération très nette de a href="https://www.acrimed.org/Antifascisme-et-LFI-les-medias-brutalisent-le"la fascisation du débat public/a, au cours de laquelle à peu près tous les fondamentaux journalistiques ont été allègrement sabordés. Comme souvent face à a href="https://www.acrimed.org/+-La-France-insoumise-+"ce type d'emballements/a – normalisés, massifs et de plus en plus fréquents, en particulier depuis 2015 –, SDJ et syndicats de journalistes sont restés bouche cousue : à notre connaissance, au 23 février, aucun n'avait trouvé à redire publiquement à cette entreprise de dénigrement, dont les chefferies éditoriales (et les services « politique ») ont été activement partie prenante./p pL'organisation de cette conférence de presse signe un regain de politisation des rapports qu'entretient LFI à la médiatisation… et au champ journalistique en particulier. Ici, un mouvement d'opposition – à la fois fort d'un ancrage électoral populaire et dominé dans le champ politique – propose un dispositif d'un genre nouveau, consistant à légitimer des médias et des producteurs d'information dominés quant à eux dans le champ journalistique en leur réservant une conférence de presse. En dehors de la fachosphère, LFI n'observe pas de discrimination idéologique parmi les médias numériques. Elle revendique pleinement, en revanche, la portée politique de cette initiative : une rupture avec « ila presse des 9 milliardaires qui possèdent 90% [des] médias/i » et la légitimation d'une « ialternative/i », pour un « iautre format de relations/i » qui « iconcilierait le respect mutuel et l'interrogation sans complaisance/i », ainsi que le souligne un communiqué de Jean-Luc Mélenchon (X, 23/02)./p pSi le dispositif est amené à être pérennisé, il n'annule ni ne remplace ceux au travers desquels se jouent traditionnellement les interactions entre LFI et les grands médias – a href="https://www.youtube.com/watch?v=0i1npjxuolY" class="spip_out" rel="external"le lendemain/a, le groupe parlementaire organisait d'ailleurs son « Point presse » comme chaque semaine –, dans lesquels des députés LFI continuent du reste de se rendre régulièrement pour ce qu'il est a href="https://www.acrimed.org/Face-a-LFI-le-regne-des-interrogatoires"convenu d'appeler des « interviews »/a. Une diffusion en direct sur les plateformes numériques était de surcroît annoncée : la conférence de presse était donc visionnable par toutes et tous. Fin de l'histoire ? Pas vraiment !/p /br h3 class='article_intertitres'Une « ientrave à la liberté de la presse/i »/h3 p/brLe 23 février, la conférence de presse ne s'est pas encore tenue que le Syndicat national des journalistes (SNJ) a href="https://www.snj.fr/liberte-de-la-presse-les-politiques-ne-doivent-pas-filtrer-les-journalistes/2585" class="spip_out" rel="external"dénonce « iune entrave à la liberté de la presse/i »/a et une « idécision plutôt préoccupante/i », qui revient selon lui à « iplacer chaque journaliste dans un camp : celui des bons, ou celui des mauvais/i ». Si la sentence du « i1er syndicat de la profession/i » tombe comme la foudre – son premier communiqué après la mort de Quentin Deranquespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Le 18 février, le SNJ relaie bien un communiqué, mais il s'agit du (…)" id="nh1"1/a]/span –, il n'a visiblement rien à dire sur la séquence médiatique en elle-même. Ou presque… Le SNJ mentionne l'existence de « icritiques/i » à l'encontre des grands médias en jugeant « itout à fait légitime/i » qu'elles aient été formulées, mais il n'en pipe mot. En lieu et place, le syndicat invite LFI « ià saisir le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) si elle estime qu'il y a eu atteinte aux bonnes pratiques de la profession/i »./p pEt qu'« estime » le SNJ, lui ? Un positionnement qui interroge, pour dire le moins, en ce qu'il 1/ réduit la faillite structurelle des médias dominants à des errements déontologiques ; 2/ sous-entend qu'il incombe prioritairement au mouvement de gauche d'en entreprendre la critique – meilleure manière d'enfermer la critique en question dans une logique « partisane », donc disqualifiante ; 3/ se défausse de leur analyse sur une instance de régulation – le CDJM – à mille lieues de pouvoir jouer matériellement le rôle qu'elle entend se donnerspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Au-delà des critiques que nous avons formulées sur la nature même de cette (…)" id="nh2"2/a]/span face à un paysage de l'information totalement ravagé. Ça fait beaucoup… et c'est bien peu (à la hauteur) dans la séquence./p pAdoubée par Edwy Plenel – « iJe suis d'accord avec ce communiqué/i » (X, 23/02) –, la position du SNJ est dominante, en ce qu'elle exprime la voix des acteurs (collectifs et individuels) dominants issus de a href="https://www.acrimed.org/La-subordination-du-journalisme-au-pouvoir"divers pôles du champ journalistique/a. iLe Monde/i (23/02) s'indigne ainsi de « irédactions triées sur le volet/i », ce qui en plus d'être malhonnête, témoigne d'un « deux poids, deux mesures » éloquent que a href="https://bsky.app/profile/vivelefeu.bsky.social/post/3mfqtbygna22d" class="spip_out" rel="external"souligna le journaliste Sébastien Fontenelle/a (Bluesky, 26/02). Récurrente, la formule du « quotidien de référence » convoque surtout le souvenir des rencontres en petit comité, « cafés » et autres « déjeuners » privés entre journalistes et représentants politiques, dont le principe même repose… sur la sélection, pratiquée tantôt par les premiers, tantôt par les seconds : autrement moins démocratiques que la conférence de presse dont il est ici question, ces dispositifs n'en sont pas moins routinisés dans le milieu journalistique, a href="https://www.acrimed.org/Polemiques-autour-du-dejeuner-presidentiel-l"valorisés en tant que pratique professionnelle à part entière/a, et même régulièrement a href="https://www.acrimed.org/Affaire-Thomas-Legrand-le-journalisme-politique"défendus comme le b.a.-ba du « bon » journalisme politique/a./p pQu'importe… Les grands médias évoluent H24 dans l'entre-soi jusque dans leurs colonnes et plateaux, mais iLibération/i (23/02) considère que la conférence de presse de LFI témoigne d'une volonté de « is'affranchir du pluralisme/i », avant d'inscrire l'initiative dans une liste d'« ientraves à la liberté de la presse considérées jusque-là comme la marque de fabrique de l'extrême droite/i ». Même facétie dans iLe Nouvel Obs/i (26/02), qui entrevoit dans cette « isélection qui a exclu la majorité des titres de presse/i » un véritable « imanque de pluralisme/i »./p piLe Figaro/i (26/02) dirait même plus… et le fait d'ailleurs en toute expertise : « ilogique "trumpienne" à son maximum/i », analyse le quotidien qui a href="https://www.acrimed.org/La-convergence-mediatique-des-droites"parachève en ces heures sa mue à l'extrême droite/a, mais accuse LFI d'user des « imêmes méthodes que le très conservateur Donald Trump, lancé dans une entreprise de démantèlement méthodique du quatrième pouvoir/i ». Compte tenu de cette banalisation outrancière d'un pouvoir fasciste (gouvernant la première puissance mondiale) en guerre systématique contre les contre-pouvoirs et les lieux de production du savoir et de la pensée critique, il n'est pas surprenant de voir iLe Figaro/i exprimer ses penchants autoritaires dans la même « analyse », notamment lorsque ses journalistes décrivent le fait que LFI développe ses propres canaux de communication et émissions (sur Youtube ou Twitch, par exemple) comme une manière de « icontourner les règles du pluralisme en décuplant son temps de parole, limité sur les chaînes de télévision et les radios/i » ! C'est peu dire que iLe Figaro/i pousse la sophistique à l'extrême pour ne pas avoir à formuler explicitement son rêve : ne plus voir LFI nulle part./p pLe quotidien n'a toutefois nullement l'apanage des rapprochements du type « LFI = Trump » : de médiocrité en dépolitisation exacerbées, ils sont monnaie courante dans les grands médias. Sur France Info par exemple. Dans le journal du « 17/20 » (23/02), le chef du service politique Jean-Rémi Baudot se défend de vouloir « ifaire [un] cours de philosophie politique/i » avant de rétropédaler pour notre plus grand malheur :/p blockquote class="spip" pstrongJean-Rémi Baudot :/strong Rappelons que l'un des piliers de la démocratie, c'est la liberté de la presse. Le fait de pouvoir questionner les élus et ceux qui aspirent à le devenir, librement et sans contrainte. Ça veut dire poser toutes les questions, sans risquer d'être mis de côté ou pire, et là je vous parle des régimes autoritaires, mis en prison. Quand un camp politique décide de ne plus traiter certains journalistes, c'est un coup de canif dans ce contrat moral qui fonde notre République et c'est, disons-le, le début d'une tentation illibérale./p /blockquote pDe la part d'un média a href="https://www.acrimed.org/Palestine-un-mois-ordinaire-dans-les-medias"n'ayant de cesse/a de ventiler a href="https://www.acrimed.org/Gaza-une-inflexion-mediatique-en-trompe-l-oeil"la propagande d'un État (Israël)/a qui massacre les journalistes à Gazaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Comité de protection des journalistes, « Record 129 press members killed in (…)" id="nh3"3/a]/span, emprisonne des journalistes en Cisjordanie occupée, a href="https://www.acrimed.org/Fermeture-d-Al-Jazeera-en-Cisjordanie-occupee-ou"envahit militairement des locaux de presse, interdit des médias et censure à tours de bras/a, la leçon d'éthique politique est plutôt dure à avaler. Mais le chef du service politique n'en démord pas et, comme iLe Figaro/i, continue de comparer l'incomparable pour mieux banaliser :/p blockquote class="spip" pstrong- Jean-Rémi Baudot :/strong Je vous donne un dernier exemple : aux États-Unis, Donald Trump a fait rentrer dans les journalistes qui suivent la Maison Blanche des influenceurs, des plateformes, des Youtubeurs, des gens qui sont en fait proches de ses idées, et ça change la physionomie des conférences de presse. Souvenons-nous qu'il y a un an, quand Zelensky se prend une volée de bois vert dans le bureau ovale, c'est un journaliste proche de Donald Trump qui pose la question./p pstrong- Célyne Baÿt-Darcourt :/strong Ah bah de là à dire que LFI se trumpise… ! Je vous laisse quand même cette interprétation. Merci à tous les deux !/p /blockquote pInutile de faire le tour du reste de l'audiovisuel : les réactions sont à peu près les mêmes partout./p /br h3 class='article_intertitres'Une « iatteinte au droit à l'information des citoyens/i »/h3 p/brLe lendemain, 24 février, le SNJ-CGT dégaine à son tour a href="https://bsky.app/profile/snjcgt.bsky.social/post/3mfm4xodajc2o" class="spip_out" rel="external"un communiqué posté sur les réseaux sociaux/a : « ipas acceptable/i », décrète le syndicat, qui qualifie cette conférence de presse, diffusée publiquement… d'« iatteinte au principe fondamental d'égalité d'accès aux sources, à la transparence politique, indissociables de la liberté de la presse/i ». Et de prévenir : « iSi l'erreur de vouloir trier les journalistes persiste, il conviendra de s'interroger sincèrement sur la nature d'un mouvement incapable de respecter un pilier de la démocratie/i »./p pDe quel « pilier de la démocratie » parle-t-on ? Ainsi, tandis que le pluralisme et les chartes professionnelles sont piétinés chaque jour et de plus en plus grossièrement aux yeux de tous, les chefferies médiatiques, le journalisme politique et les professionnels du bavardage ont assis leur domination sur la production du commentaire, normalisé la stigmatisation en continu, le confusionnisme et les pires renversements, lesquels fondent désormais les nouvelles « évidences » du débat public. À ce titre, ils sont au contraire des « iagents actifs/i » de « il'effondrement démocratique/i » et des acteurs de premier plan de la normalisation de l'extrême droite, dont « il'indigence du journalisme politique dominant/i » est d'ailleurs « iune condition indispensable/i », ainsi que le formulait très justement a href="https://bsky.app/profile/jeromelatta.bsky.social/post/3mevbwrn2222y" class="spip_out" rel="external"le journaliste Jérôme Latta/a (Bluesky, 15/02)./p pSignalons tout de même que le SNJ-CGT, qui réagit lui aussi instantanément sur cette affaire, après dix jours (lui aussi) de mutismespan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="S'agissant du traitement médiatique de LFI. Mentionnons cependant ce (…)" id="nh4"4/a]/span, tentera de corriger le tir en portant dans le même communiqué une critique incisive sur l'état de la grande presse – et, singulièrement, sur son traitement de LFI. Mais le 27 février, le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes publient un nouveau texte dans lequel ils condamnent de concert une « irestriction de l'accès à l'information/i ». S'il en va là d'un désaccord d'appréciation avec les syndicats de journalistes, nous ne les confondons pas avec les chefferies éditoriales et notre critique n'enlève rien au fait que nous partageons – et espérons continuer à le faire – nombre de combats pour la démocratisation des rédactions et la défense du droit à l'information./p pLe tableau serait incomplet sans le directeur général de RSF Thibaut Bruttin, qui déclara à l'AFP que « ichoisir les journalistes autorisés à couvrir un événement d'intérêt général, c'est directement porter atteinte au droit à l'information des citoyens/i ». On en viendrait presque à oublier que l'événement était retransmis publiquement, que tout un chacun pouvait ainsi le visionner et qu'au cours des dix jours qui ont précédé, les médias mainstream n'ont pas manqué d'occasions d'« aller à la source » et de « poser des questions » au mouvement de gauche... Du reste, le « droit à l'information » est une valeur tellement cardinale que les médias éconduits n'ont quasiment rien dit du fond de cet événement, des questions, des thématiques et des développements qui furent abordés. Las : la déclaration du directeur de RSF a donné son titre à l'AFP et s'est trouvée par conséquent épinglée partout dans les médias, à l'instar des – trois ! – autres dépêches que l'agence a fait paraître entre le 23 et le 25 février à propos (ou autour) de ce qui ressemble, pour la presse, à un scandale d'État./p pL'extrême droite médiatique exulte : « iVoilà un parti dictatorial/i, s'enflamme Paul Amar à propos de LFI. iVoilà un parti qui dit aux journalistes : "Allez, taisez-vous !" […] Ce parti-là a tous les germes d'une dictature potentielle et il annonce la couleur avant !/i » (Europe 1, 25/02) Fermez le ban./p /br h3 class='article_intertitres'Pas touche au magistère des dominants/h3 p/brN'insistons pas davantage sur la dépolitisation et les œillères qui structurent cette ribambelle d'indignations corporatistes et d'incantations à la « liberté de la presse » : a href="https://www.acrimed.org/Universite-d-ete-de-LFI-retour-sur-l-affaire"« l'affaire Olivier Pérou »/a était du même tonneau. Il n'est pas inutile, en revanche, de s'arrêter un instant sur les griefs formulés par les « grands » journalistes à l'encontre du dispositif auquel ils n'étaient pas conviés et/ou des médias quant à eux représentés. Pourquoi ? Parce qu'ils témoignent de la persistance de vieilles mythologies professionnelles et des jugements normatifs (tacites ou explicites) avec lesquels les hauts gradés du journalisme définissent ce que serait le « bon » exercice du métier et les « bonnes » pratiques journalistiques ; en bref, les manières « homologuées » d'être un « bon » journaliste./p pCette lutte pour la définition des frontières légitimes apparaît d'autant plus nettement que les médias « exclus » sont ici les médias « de référence », dominants au sein du champ journalistique, et que LFI ne se contente pas de contester leur magistère : elle fait « pire » en ce qu'elle leur oppose la légitimité de médias dits « alternatifs » ou d'influenceurs politiques travaillant sur les plateformes. Snober la grande presse au profit des « pouilleux » du numérique ? Voilà la faute de trop. Celle qui, de fait, rend visible et met à l'épreuve les rapports de domination – et iin fine/i, bien souvent, les rapports de classe – qui structurent le champ journalistique… et celles et ceux qui évoluent à l'intérieur. Dans un tel cadre, on ne s'étonnera pas de voir les « grands » journalistes réactiver a href="https://www.acrimed.org/Qui-est-journaliste-Mobilisation-de-quelques"le double procès qu'ils instruisaient en d'autres temps contre les journalistes Taha Bouhafs ou Gaspard Glanz par exemple/a : un procès en « incompétence » – où il sera question de « déontologie » journalistique – et un procès en « militantisme » – où il sera question d'« indépendance » journalistique./p pLe procès en « militantisme » se manifeste sous différentes formes, toutes mobilisées en vue de disqualifier – sans que le phénomène soit toujours conscientisé comme tel – les journalistes et/ou les médias représentés à cette conférence de presse, parmi lesquels se trouvaient par exemple Le Média, Les Jours, le HuffPost, Mediapart, Blast, Alertes Racisme, Nouvelles pensées critiques, 15min Médias, la Grande Bavardeuse ou encore Farah RKspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Mise à jour, 10/03 : Et non Reporterre, comme nous l'écrivions initialement." id="nh5"5/a]/span. Les grands médias se le disent : ce sont là des médias « imarqués à gauche/i » (iLe Figaro/i), « isouvent marqués à gauche.../i » dont certains avec « iun penchant éditorial à gauche assumé/i » (iLe Nouvel Obs/i), « isinon [une audience] acquise à [l]a cause/i » des insoumis (iLibération/i), qui « ichoisissent des journalistes qu'ils estiment appartenir à leur bord politique ou en tout cas à leur champ idéologique/i » (France Info). France Info décèle d'ailleurs chez eux « iune forme de militantisme/i », quand iLe Figaro/i parle même d'« iune conférence de presse… sans journalistes/i ». Voilà qui a le mérite d'être plus clair !/p pUn certain nombre de ces médias n'ont jamais caché leur ancrage ipolitique/i, lequel ne saurait être confondu avec un engagement ipartisan/i. C'est leur droit le plus strict, sans que cela n'attente en rien à la sacro-sainte aura du journalisme. Leur détachement vis-à-vis de l'impossible « neutralité » journalistique les honore même davantage que l'hypocrisie des médias qui s'attachent à les marquer ainsi symboliquement dans l'espace public et qui, de leur côté, passent le plus clair de leur temps à a href="https://www.acrimed.org/Glucksmann-Bardella-Zemmour-Macron-les-candidats"faire le tri entre les « bons » et les « mauvais » candidats/a ; à a href="https://www.acrimed.org/+-Emmanuel-Macron-+"propulser des « fusées » politiques/a ; à a href="https://www.acrimed.org/Quand-les-medias-avouent-traficoter-le-capital"traficoter le capital politique des élus/a ; à promouvoir la « gauche » pour peu qu'elle ait l'obligeance de donner des gages à a href="https://www.acrimed.org/Bernard-Cazeneuve-ou-la-gauche-dont-revent-les"la droite/a ; à diaboliser a href="https://www.acrimed.org/Ce-que-nous-dit-l-acharnement-mediatique-contre"celle qui ne veut pas rentrer dans ces clous/a ; bref, à a href="https://www.acrimed.org/Les-medias-contre-la-gauche-6909"fixer partout et tout le temps les bornes du « raisonnable »/a, au-delà desquelles il est impossible d'intervenir dans le débat public sans être tancé, quand leurs propriétaires ne prennent pas directement la plume pour a href="https://www.acrimed.org/Quand-les-proprietaires-de-medias-pesent-sur-les"passer des consignes de vote/a et les chefferies, lancer leurs appels partisans à la Une./p pDans le paysage mainstream, ces ingérences éditoriales ont beau servir des options politiques diverses – de l'extrême droite à la gauche dite de « gouvernement » –, elles opèrent au (strict) bénéfice de celles qui incarnent et promeuvent le maintien de l'ordre, dont les grands médias sont les indécrottables gardiens. S'ils ne représentent pas un pôle homogène, s'ils ne sont ni monolithiques (éditorialement parlant), ni étanches à l'agenda ou aux pratiques en vigueur dans les « grands » médias, le fait qu'une partie des médias « alternatifs » donnent à voir d'autres sujets, d'autres cadrages de l'information, d'autres voix, d'autres imaginaires, d'autres propositions politiques, d'autres formes d'expression, etc., voilà qui devrait faire réfléchir les donneurs de leçon de la profession./p pMais rien n'y fait : à la faveur d'un autre renversement orwellien caractéristique de la période, ces derniers taxent au contraire cette conférence de presse d'homogénéité – « iQuand on n'a qu'un seul type de journaliste qui participe […], ça peut donner une forme d'uniformité/i », ose même Élie Abergel (France Info, 23/02). À l'échelle du paysage de l'information, elle fut pourtant l'expression du pluralisme – y compris du point de vue du profil ethno-social des journalistes qui s'y trouvaient./p /br h3 class='article_intertitres'Un « mauvais » journalisme, vraiment ?/h3 p/brPar capillarité, ce procès en « militantisme » a donc débouché sur un second réquisitoire : un procès en « incompétence ». Ainsi les « petits » journalistes « militants » ont-ils été brocardés par les « grands » journalistes « neutres » et jugés coupables de fautes déontologiques lourdes. Lesquelles ? Avoir posé des « iquestions très complaisantes/i » par exemple : des questions qui ont pu « iparfois manquer de recul dans la manière avec lesquelles [sic] elles [ont été] formulées/i » et qui n'ont témoigné d'aucune « iréelle contradiction face à un Jean-Luc Mélenchon qui [a] donc [pu] dérouler de très longues réponses sans jamais être repris/i ». Défense de rire, d'autant que l'appréciation émane d'un journaliste politique de France Info, Élie Abergel en l'occurrence (23/02). Une chaîne qui sait indéniablement se montrer impitoyable… a href="https://www.acrimed.org/+-France-Info-radio-et-tele-+"surtout avec les faibles/a, quel que soit le champ (a href="https://www.acrimed.org/Acharnement-mediatique-contre-Rima-Hassan-video"politique/a, a href="https://www.acrimed.org/Gilles-Bornstein-France-Info-chien-de-garde-face"syndical/a, a href="https://www.acrimed.org/Notre-Dame-la-revue-de-presse-de-France-Info"journalistique/a, etc.), et faire œuvre d'un mordant à toute épreuve face aux acteurs dominants, qu'ils s'appellent a href="https://www.acrimed.org/Macron-candidat-imbattable-pour-Franceinfo"Emmanuel Macron/a ou a href="https://www.acrimed.org/France-Info-naufrage-Total"Patrick Pouyanné/a./p pLes « grands » journalistes n'iront pas jusqu'à rendre compte des interrogations « complaisantes » en question, qui eurent surtout l'insolence de ne ressembler en rien – à quelques exceptions près… – aux questions qui idoivent/i se poser, c'est-à-dire aux questions que (se) posent d'ordinaire les « grands » journalistes politiques certifiés dans un mimétisme confondant. Dans la même veine, iLibération/i pointe « ile choix [de LFI] de s'adresser à une audience segmentée, plus favorable, […] plutôt que de prendre la peine d'endurer le contradictoire rugueux imposé par la presse traditionnelle/i » (23/02). Un « contradictoire » – à ne pas confondre avec « interrogatoire » – dont a href="https://www.acrimed.org/Face-a-LFI-le-regne-des-interrogatoires"on a pu prendre la mesure/a et dont on imagine que iLibération/i puise le modèle dans les interviews fort rugueuses que ses journalistes politiques infligèrent par exemple à Christiane Taubira (janvier 2022), Marine Tondelier (juillet 2024), François Ruffin (août 2024) ou encore Raphaël Glucksmann, en proie à un traitement d'une rugosité telle qu'en novembre 2018, la rédaction lançait son mouvement « Place Publique » à la Une puis en double-page « Événement » : une « iaspiration/i », disait à l'époque très âprement Laurent Joffrin, laquelle ne s'est jamais tarie depuis./p pSur France Info (23/02), ce procès en « connivence » à l'encontre des médias « alternatifs » va même plus loin :/p blockquote class="spip" pstrongJean-Rémi Baudot :/strong Le risque, c'est que la communication politique prenne le pas sur l'information recoupée et hiérarchisée. Il faut bien comprendre de quoi on parle. Quand les seuls messages, les photos, les vidéos que les politiques choisissent de vous donner sont celles qui sont mises en avant dans le débat public, eh bien c'est le retour d'une forme de propagande qui n'aurait plus de contradiction. Le travail des journalistes, c'est aussi d'apporter de la contradiction, de poser des questions qui parfois, eh bien, ne plaisent pas./p /blockquote pQuand il adhérera à Acrimed – et il semble en bonne voie ! –, on n'ose imaginer l'effroi avec lequel le chef du service politique de France Info (re)découvrira moult émissions de sa maison. En particulier celles dont le principe et le panel des invités brouillent quotidiennement les frontières entre « journalisme » et « communication politique », au point d'ailleurs que des communicants, consultants et autres « spécialistes de la stratégie d'influence et de la médiatisation » y tiennent lieu de « journalistes », ainsi que nous le détaillions par exemple dans a href="https://www.acrimed.org/Les-Informes-France-Info-le-triomphe-de-la"un portrait des « Informés »/a, actualisé a href="https://www.arretsurimages.net/articles/sur-franceinfo-qui-sont-vraiment-les-informes" class="spip_out" rel="external"tout récemment par Arrêt sur images/a./p pPour l'heure, le syndrome de la paille et de la poutre semble encore beaucoup trop prononcé : « iÇa dit […] quelque chose de notre époque où on cherche plus à influencer qu'à informer/i, se désole Jean-Rémi Baudot, ioù l'opinion prend le terrain sur l'information/i ». Rappelons qu'en pleine mobilisation sociale (massive) contre la réforme des retraites, en 2023, ce non-influenceur a href="https://www.acrimed.org/Le-Pen-grande-gagnante-un-matraquage-mediatico"déclarait à l'antenne de France Info/a : « iSouvenez-vous quand le social était un sujet de gauche. C'est désormais Marine le Pen qui est en pointe sur la question./i » Mais un journaliste politique ose tout : c'est même à ça qu'on le reconnaît !/p p« iIl n'est pas question ici de faire de la hiérarchie entre des journalistes dits de médias traditionnels qui feraient mieux leur métier que d'autres/i », se défendra un peu plus tard son confrère Élie Abergel. Et s'il s'agissait pourtant précisément de cela ? En témoigne d'ailleurs le simple fait qu'un journaliste politique se permette des critiques de cette nature à l'endroit d'autres journalistes, dérogeant ainsi à la règle d'or du milieu : « pas touche aux confrères ». Si Élie Abergel se permet d'enfreindre cette règle, ne serait-ce pas qu'il se sent autorisé à le faire sur un plateau où lui et ses confrères se perçoivent à l'évidence, sans avoir à le formuler, comme de « vrais » journalistes, en chair et en os, légitimes – en un mot : dominants ?/p /br centerstrong***/strong/center p/brOutre les procès en « atteinte à la liberté de la presse » et au « droit à l'information » qu'il a suscités, le dispositif initié par LFI avec les médias « alternatifs » a donné lieu, en creux, à de nombreux portraits du journalisme et des journalistes. Une conférence de presse « iun peu spéciale/i », dira France Info, « iétrange/i » aux yeux du iNouvel Obs/i, « iétonnante/i » pour le Huffpost. Par contraste, cette formulation de l'« anormalité » a rendu visible la norme : celle de l'entre-soi des médias dominants ; celle qui autorise toutes les dérives (en « militantisme », en « incompétence ») que les « grands » journalistes ont cru pointer chez leurs « petits » confrères ; celle qui peut décréter ce qu'est (vraiment) le « pluralisme » et ce qu'est le « vrai » journalisme, selon des critères plus ou moins conscients qui matérialisent dans bien des cas, outre des angles morts béants, des frontières de classe. Alors que depuis Gaza, le Titanic des grands médias n'en finit plus de sombrer, ces derniers ne tolèrent pas de voir leur chasse gardée remise en cause. Morale de l'histoire ? Le journalisme dominant veut pouvoir dominer sans entraves… et en toute inconséquence./p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLe 18 février, le SNJ relaie bien a href="https://www.snj.fr/lyon-ne-pas-ceder-aux-recuperations-indignes/2583" class="spip_out" rel="external"un communiqué/a, mais il s'agit du positionnement politique national de Solidaires, qui ne porte pas sur les médias./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanAu-delà des a href="https://www.acrimed.org/Pourquoi-Acrimed-ne-rejoindra-pas-le-Conseil-de"critiques que nous avons formulées sur la nature même de cette instance/a. À titre d'exemple, a href="https://cdjm.org/2026/03/05/le-cdjm-publie-cinq-nouveaux-avis-2/" class="spip_out" rel="external"les dernières saisines jugées « fondées » par le CDJM, dans un avis publié le 6 mars 2026/a, portent sur des émissions diffusées en septembre ou octobre 2025… soit 5 mois plus tôt./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanComité de protection des journalistes, a href="https://cpj.org/wp-content/uploads/2026/02/Record-129-press-members-killed-in-2025-Israel-responsible-for-2_3-of-deaths-Committee-to-Protect-Journalists.pdf" class="spip_out" rel="external"« Record 129 press members killed in 2025 ; Israel responsible for 2/3 of deaths »/a, 25 février 2026./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanS'agissant du traitement médiatique de LFI. Mentionnons cependant a href="https://snjcgt.fr/2026/02/23/violences-neo-fascistes-un-naufrage-politique-et-mediatique/" class="spip_out" rel="external"ce communiqué/a de la CGT France Télévisions (23/02) et a href="https://bsky.app/profile/snjcgt.bsky.social/post/3mfjcjfo5js23" class="spip_out" rel="external"ce fil sur Bluesky/a (23/02)./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spaniMise à jour, 10/03 :/i Et non Reporterre, comme nous l'écrivions initialement./p /div/div
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Éditorial - En solidarité avec LFI et l'antifascisme. Construire un front social antifasciste et antiraciste

rezo.net - la sélection - mer, 2026-03-04 18:36
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH66/arton249700-77402.png?1772645992' width='120' height='66' / En réalité, ce qui est reproché à LFI c'est d'avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France. C'est son opposition résolue à l'islamophobie et aux violences policières ; c'est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c'est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l'Assemblée nationale, faisant d'elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l'opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s'affirme comme une gauche de rupture qui n'entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l'ordre dominant ne lui pardonne pas. br /Quant à l'antifascisme, l'inversion est telle qu'on en oublie sa raison d'être élémentaire : l'autodéfense contre le fascisme. Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div

Éditorial - En solidarité avec LFI et l'antifascisme. Construire un front social antifasciste et antiraciste

Rezo.net - mer, 2026-03-04 18:36
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH66/arton249700-77402.png?1772645992' width='120' height='66' / En réalité, ce qui est reproché à LFI c'est d'avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France. C'est son opposition résolue à l'islamophobie et aux violences policières ; c'est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c'est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l'Assemblée nationale, faisant d'elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l'opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s'affirme comme une gauche de rupture qui n'entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l'ordre dominant ne lui pardonne pas. br /Quant à l'antifascisme, l'inversion est telle qu'on en oublie sa raison d'être élémentaire : l'autodéfense contre le fascisme. Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div

Éditorial - En solidarité avec LFI et l'antifascisme. Construire un front social antifasciste et antiraciste

Rezo.net - mer, 2026-03-04 18:36
En réalité, ce qui est reproché à LFI c'est d'avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France. C'est son opposition résolue à l'islamophobie et aux violences policières ; c'est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c'est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l'Assemblée nationale, faisant d'elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l'opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s'affirme comme une gauche de rupture qui n'entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l'ordre dominant ne lui pardonne pas. br /Quant à l'antifascisme, l'inversion est telle qu'on en oublie sa raison d'être élémentaire : l'autodéfense contre le fascisme. Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div

Numérique, la fin des illusions ? Anatomie d'une utopie

Rezo.net - mer, 2026-03-04 18:31
en quelques décennies, la civilisation des écrans et du numérique a enfanté un mode d'être, de relations et d'interactions profondément nouveaux. Lorsque les coordonnées de l'expérience humaine sont à ce point modifiées, les sciences humaines ont pour habitude de parler d'un « fait social total » : une réalité sociale complexe et multidimensionnelle, qui interfère sur la totalité de la société et de ses institutions, et façonne les individus. br /Illustration de cette nouvelle norme qui concoure à une série de métamorphoses : durant la période de développement foudroyant du numérique, la France a perdu 18 000 de ses bars-tabac entre 2002 et 2022. Si ces lieux de sociabilité ordinaires, tant en ville qu'à la campagne, ont décliné progressivement durant tout le XXe siècle6, la vague de fermetures des deux dernières décennies a porté un rude coup au tissu social. Une récente étude du Centre pour la recherche économique et ses applications fait d'ailleurs le lien entre ces fermetures et la progression du vote pour l'extrême droite : « ce n'est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l'accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l'appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d'un récit de déclin qui peut nourrir un sentiment de relégation et finit par trouver son expression électorale7 ». div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Terrestres/a/b/div

Numérique, la fin des illusions ? Anatomie d'une utopie

Rezo.net - mer, 2026-03-04 18:31
en quelques décennies, la civilisation des écrans et du numérique a enfanté un mode d'être, de relations et d'interactions profondément nouveaux. Lorsque les coordonnées de l'expérience humaine sont à ce point modifiées, les sciences humaines ont pour habitude de parler d'un « fait social total » : une réalité sociale complexe et multidimensionnelle, qui interfère sur la totalité de la société et de ses institutions, et façonne les individus. br /Illustration de cette nouvelle norme qui concoure à une série de métamorphoses : durant la période de développement foudroyant du numérique, la France a perdu 18 000 de ses bars-tabac entre 2002 et 2022. Si ces lieux de sociabilité ordinaires, tant en ville qu'à la campagne, ont décliné progressivement durant tout le XXe siècle6, la vague de fermetures des deux dernières décennies a porté un rude coup au tissu social. Une récente étude du Centre pour la recherche économique et ses applications fait d'ailleurs le lien entre ces fermetures et la progression du vote pour l'extrême droite : « ce n'est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l'accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l'appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d'un récit de déclin qui peut nourrir un sentiment de relégation et finit par trouver son expression électorale7 ». div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Terrestres/a/b/div

Les Unes de la presse écrite contre Mélenchon et LFI

Acrimed : Action-Critique-Médias - mer, 2026-03-04 10:54
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH134/melenchon_v2_logo-3b36b.jpg?1772614454' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt="" / div class='rss_chapo'pDans un a href="https://www.acrimed.org/Ce-que-nous-dit-l-acharnement-mediatique-contre"article paru en mai 2025/a, nous publiions une compilation de Unes de presse contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumisespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Loin d'être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n'avons par exemple (…)" id="nh1"1/a]/span. La collection s'est étoffée depuis : une actualisation s'impose./p/div div class='rss_texte'div class='spip_document_16396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/melenchon_v2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH448/melenchon_v2-12ed9.jpg?1772613992' width='500' height='448' alt='' //a /figure /div centerVersion 2, mars 2026/center/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLoin d'être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n'avons par exemple pas inclus les couvertures de puissants quotidiens tels que iLe Figaro/i, iLes Échos/i, iLe Monde/i, etc. – ce paysage de Unes donne néanmoins un aperçu du climat ambiant./p /div/div
Catégories: Médias

Marx va avoir raison (IA et lutte des classes) | Frédéric Lordon

rezo.net - la sélection - mar, 2026-03-03 09:55
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH98/arton249698-594f2.jpg?1772524599' width='120' height='98' / Or voilà que dans cette classe, sans doute composite, bientôt on ne comptera plus les jetés sur la grève. Cruauté des illusions perdues. Tous ces gens ne trouvaient rien à redire parce tout leur était aimable, tout leur semblait fait pour eux. Mieux, tout leur était promis. Promesse évidemment fausse pour bon nombre d'entre eux, cadres moyens-sup qui se vivaient en fantasme comme « en étant » — puisque telle est la vraie question de la sociologie politique : non pas « être ou ne pas être », mais « en être ou ne pas en être ». Et tant pis si « en être » est remis à un horizon tellement indéfini que la retraite sera venue avant — les fantasmes de grandeur sociale ne désarment pas, même devant les verdicts du réel, même devant les statistiques qui les vouaient dès le départ à l'échec. Force de la subjectivité individualiste : « je sais bien, mais moi j'y arriverai ». Raté mon vieux, tu n'y arriveras pas. À ceci près désormais que, là où tu pouvais couler une retraite paisible en imagination continuée, tu vas te retrouver éjecté par une machine, et tout l'environnement saura te faire éprouver très fort le sentiment de ta nullité — de ta nullité dispensable. Car il ne faut pas s'y tromper : des gisements de productivité et de cost-killing aussi colossaux, le capitalisme à dominante financière va s'y ruer comme jamais il ne s'est rué. Aveuglément, écume à la bouche. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-blogs-du-diplo"Les blogs du Diplo, 2 mars 2026/a/b/div

Marx va avoir raison (IA et lutte des classes) | Frédéric Lordon

Rezo.net - mar, 2026-03-03 09:55
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH98/arton249698-594f2.jpg?1772524599' width='120' height='98' / Or voilà que dans cette classe, sans doute composite, bientôt on ne comptera plus les jetés sur la grève. Cruauté des illusions perdues. Tous ces gens ne trouvaient rien à redire parce tout leur était aimable, tout leur semblait fait pour eux. Mieux, tout leur était promis. Promesse évidemment fausse pour bon nombre d'entre eux, cadres moyens-sup qui se vivaient en fantasme comme « en étant » — puisque telle est la vraie question de la sociologie politique : non pas « être ou ne pas être », mais « en être ou ne pas en être ». Et tant pis si « en être » est remis à un horizon tellement indéfini que la retraite sera venue avant — les fantasmes de grandeur sociale ne désarment pas, même devant les verdicts du réel, même devant les statistiques qui les vouaient dès le départ à l'échec. Force de la subjectivité individualiste : « je sais bien, mais moi j'y arriverai ». Raté mon vieux, tu n'y arriveras pas. À ceci près désormais que, là où tu pouvais couler une retraite paisible en imagination continuée, tu vas te retrouver éjecté par une machine, et tout l'environnement saura te faire éprouver très fort le sentiment de ta nullité — de ta nullité dispensable. Car il ne faut pas s'y tromper : des gisements de productivité et de cost-killing aussi colossaux, le capitalisme à dominante financière va s'y ruer comme jamais il ne s'est rué. Aveuglément, écume à la bouche. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-blogs-du-diplo"Les blogs du Diplo, 2 mars 2026/a/b/div

Face à LFI : le règne des interrogatoires

Acrimed : Action-Critique-Médias - mar, 2026-03-03 08:00
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/interrogatoires_lfi-4d0cf.png?1772517600' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pDepuis la mort du militant néofasciste Quentin Deranque, les « interviews » audiovisuelles ont été l'un des théâtres privilégiés d'une campagne médiatique menée à une échelle de masse : a href="https://www.acrimed.org/Antifascisme-et-LFI-les-medias-brutalisent-le"une diabolisation tous azimuts/a de l'antifascisme en général, et de LFI en particulier. L'observation de ces dispositifs offre une vision tout à fait nette du déchaînement des chiens de garde./p/div div class='rss_texte'pCe ne sont pas des interviews, mais des gardes à vue systématiques. Le but n'est pas d'organiser équitablement le « débat politique » ni même d'en rendre compte, mais de participer activement à son hystérisation, en se repaissant par exemple de petites phrases, remisées pour le plaisir du pugilat avant que l'interviewé soit sommé d'y « réagir ». Il ne s'agit pas de faire œuvre de pluralisme… et informer n'est donc plus une option : au cours des dix jours ayant suivi la mort de Quentin Deranque, les responsables politiques de LFI ont été de véritables faire-valoir, convoqués pour être cloués au pilori. Dans cette salle d'interrogatoire multimédia, c'est à qui « mieux mieux ». De France Inter à BFM-TV en passant par Franceinfo, RTL, LCI, TF1 et bien d'autres, les interviews ont été menées à l'identique par des journalistes interchangeables./p /br h3 class='article_intertitres'Un journalisme policier/h3 p/brLe 17 février, trois jours après l'annonce officielle de la mort de Quentin Deranque, c'est face à Manuel Bompard que la première matinale de France et ses duettistes, Florence Paracuellos et Benjamin Duhamel, ont donné le conducteur de la cabale qui sera entretenue durant plus d'une semaine, tout en dessinant la posture inquisitrice avec laquelle les hauts gradés du journalisme entendaient la mener : 1/ pointer la « iresponsabilité politique/i » de La France insoumise, selon la formule de Benjamin Duhamel ; 2/ polariser les entretiens autour de l'implication de membres de la Jeune Garde (dissoute) avant de stigmatiser LFI pour ses liens avec le collectif antifasciste et avec Raphaël Arnault en particulier, son ancien porte-parole, devenu député LFI en juin 2024, dont il n'est sans doute pas inutile de rappeler qu'il n'est nullement visé par l'enquête pénale à l'heure où nous publions cet article ; 3/ disserter sur la « violence » de LFI – « iLa brutalisation du débat public, ça vous parle pas ?/i », lance par exemple Florence Paracuellos de façon très originale ; 4/ élargir le « débat » sur la « imenace d'ultra-gauche violente en France/i », dans les termes d'une « question » de Benjamin Duhamel./p pTout un programme, en tout point conforme au bruit médiatique dominant : dépolitiser la question de la « violence » et balayer d'un revers de main, en particulier, celle qui fonde intrinsèquement la nature, le projet politique, les discours et les pratiques militantes de l'extrême droite. Y compris, bien sûr, dans la conjoncture : comme ailleurs dans les grands médias, ni les communiqués des groupuscules néofascistes, ni les attaques qu'ils perpètrent contre des militants, des locaux politiques et des domiciles personnels d'élusspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Alerte à la bombe à la CGT à Lyon, agressions de jeunes communistes à (…)" id="nh1"1/a]/span n'intéressent outre mesure les intervieweurs, qui relèguent le sujet aux notes de bas de page./p pCe matin-là donc, sur France Inter, près des trois quarts de l'entretien ont porté sur les événements de Lyon et ses suites politiciennes. L'entrée en matière de Florence Paracuellos donne le ton : « iEst-ce que vous pouvez nous dire ce matin si oui ou non, [l'assistant parlementaire du député Raphaël Arnault] était présent sur les lieux de l'agression ?/i » Manuel Bompard déclare qu'il n'est pas en mesure d'apporter une telle information, laquelle fait précisément l'objet d'une vaste enquête policière et judiciaire en cours : les intervieweurs auraient donc pu en rester là ; du moins s'il avait été question de journalisme. Mais ils avaient délibérément choisi de se substituer aux policiers chargés de l'investigation : ainsi Benjamin Duhamel reposera-t-il trois fois cette même question. Sous couvert de vouloir obtenir un aperçu « iprécis/i » et « iclinique/i » des événements, cette obstination – dont le journaliste sait pertinemment qu'elle ne débouchera sur rien – ne vise qu'à créer un climat oppressant… et à délégitimer l'interviewé : « iVous êtes à la tête d'un mouvement, La France insoumise, […] et vous n'êtes pas en capacité ce matin de nous dire si oui ou non un assistant parlementaire qui est donc un militant de La France insoumise était ou non sur les lieux de l'agression de ce jeune militant ?!/i » Et encore : « iJuste pour bien clouter, si vous le permettez, vous n'êtes pas capable de nous dire ce matin si oui ou non l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault était présent au moment où ce jeune militant a été agressé ?/i » Journaliste, ou policier ?/p pBenjamin Duhamel n'était alors qu'une pâle copie de ses consœurs de LCI : deux jours plus tôt face au même invité, Élizabeth Martichoux et Arlette Chabot s'enquéraient déjà de potentiels échanges entre Manuel Bompard et Raphaël Arnault, avec en ligne de mire, déjà, la même question autour de l'assistant parlementaire de ce dernier. Des interpellations/remarques que les intervieweuses ont formulées, au total, pas moins de douze fois en vingt minutes ! Et c'est peu dire qu'elles n'en avaient jamais fini de ronger leur os : « iOn est un peu surpris que vous ne puissiez pas nous dire ce matin, je vous le dis très franchement, "j'ai eu Raphaël Arnault au téléphone et il m'a donné telle ou telle information qui pourrait effectivement clarifier"/i » ; « iIl est co-fondateur de Jeune Garde [sic], permettez qu'on insiste un peu/i », déclare poliment Élizabeth Martichoux. Douze fois : insistance, ou harcèlement ?/p pCette démarche était alors d'autant plus pernicieuse que l'enquête avait tout juste débuté. Peu importe qu'au lendemain de cet entretien, le procureur de la République de Lyon se soit lui-même refusé à « iévoquer le moindre nom ou […] confirmer que ce collectif antifasciste pouvait être responsable de cette agression/i » (iLibération/i, 17/02), avant d'en faire de même le 19 février lors d'une deuxième conférence de presse, au cours de laquelle il rappela d'ailleurs, par deux fois, le secret de l'instruction à ses interlocuteurs de la grande presse. Las, le journalisme de préfecture avait d'ores et déjà pris le dessus./p pSur toutes les lèvres, inscrits sur les bandeaux des chaînes d'information en continu, les noms du collectif et d'individus sont diffusés dans des médias chauffés à blanc, qui s'empressent également de diffuser des photos (la plupart du temps non floutées) de l'assistant parlementaire au cœur de toutes leurs préoccupations – dont le contrat fut par ailleurs rompu le 16 février. Le député Raphaël Arnault n'est pas visé par l'enquête, mais son visage est également placardé partout dans les programmes et magazines d'actualité, surexposé dans les 20h, épinglé dans les journaux qui sélectionnent soigneusement, pour l'occasion, les clichés censés répondre au portrait que les médias (se) font de lui : un homme violent et menaçant./p /br h3 class='article_intertitres'Un journalisme de meute/h3 p/brCe détour n'était pas accessoire : Raphaël Arnault – comme Rima Hassan avant lui – fait l'objet d'une cabale médiatique qui, pour avoir été (par définition) déployée dans sa version la plus voyeuriste par la télévision, s'est également déclinée lors des « interviews » audiovisuelles. Dans un registre non moins tonitruant, et à la faveur de pratiques journalistiques non moins problématiques ayant viré, dans bien des cas, à une véritable chasse à l'homme. Comment qualifier autrement l'interview de Manuel Bompard dans la matinale de Franceinfo le 19 février ? Les deux éditocrates en chef, Agathe Lambret et Paul Larrouturou – ayant tous deux fourbi leurs armes en tant que journalistes politiques à l'antenne de télévisions commercialesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="BFM-TV pour la première – dont on rappelle également qu'elle est la compagne (…)" id="nh2"2/a]/span – ont tricoté l'affaire de Lyon jusqu'à plus soif : non seulement le sujet a occupé les huit dixièmes de « l'entretien »span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="19'20 sur 23'35 d'interview." id="nh3"3/a]/span, mais cet agenda s'est doublé d'une problématique à charge, focalisée prioritairement, pour ne pas dire exclusivement, sur le triptyque LFI – la Jeune Garde – Raphaël Arnault. L'interrogatoire s'est ainsi articulé autour de trois interpellations rabâchées en boucle : sommer LFI de « rompre les liens » avec le collectif antifasciste ; sommer LFI de renoncer à contester sa dissolution (qui fait actuellement l'objet d'un recours devant le conseil d'État) ; sommer LFI de ipunir/i Raphaël Arnault et donc, symboliquement, lui réclamer sa tête./p pLa transcription de cette interview matinale ne rendrait pas justice à son climat : au-delà des « questions-injonctions » en elles-mêmes, tout dans l'expression des journalistes transpire le dédain le plus absolu. Depuis leur langage corporel jusqu'au ton arrogant de la parole, en passant par la formulation de leur « bon droit » de « bon » intervieweurspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Sur ces éléments, relire le chapitre de Pierre Bourdieu « Des débats (…)" id="nh4"4/a]/span – « iManuel Bompard ! Excusez-moi… si je peux dire quelque chose !/i » ; « iNon mais pardon, mais si je peux quand même poser des questions !/i » –, laquelle dissimule assez mal un bilan accablant en termes d'interruptions : 64 en à peine vingt minutes, c'est-à-dire une fois toutes les dix-huit secondes en moyenne. Sélection (non exhaustive) en vidéo :/p /br centeriframe title="Franceinfo, 19 février 2026" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/83aLjgkzPibu2zMhvTobjm" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brFace à quel autre dirigeant politique s'autorisent-ils un tel mépris ?/p pTous les coups sont donc permis, jusqu'à faire dire à l'invité le strict contraire de ce qu'il formulait quelques secondes plus tôt en des termes pourtant parfaitement clairs, et lorsque celui-ci s'en offusque, le regarder fixement, les mains levées : « iJe vous écoute attentivement/i », sourit Paul Larrouturou. Outrepassant de très loin leur rôle de journaliste pour camper tour à tour ceux d'opposant politique, de prédicateur et de moraliste, nombre d'intervieweurs ont ainsi fait de la Jeune garde et de Raphaël Arnault le centre de gravité de leur campagne d'acharnement./p pLa preuve sur la même chaîne, dans la même ambiance, avec une autre intervieweuse face à la députée LFI Danièle Obono, invitée dans l'émission fort mal nommée « La politique s'éclaire » (Franceinfo, 21/02) : « iEst-ce qu'il faut faire le ménage dans vos rangs ? C'est ce que vous demandent le Premier ministre et le président de la République/i » ; « iIl faut couper les liens avec la Jeune Garde ?/i » ; « iEst-ce que Raphaël Arnault a toute sa place dans le groupe La France insoumise ?/i » ; « iVous conservez des liens avec la Jeune Garde ?/i » Les réponses de la députée n'étant jugées ni raisonnables, ni conformes à la bienséance attendue, la morgue déborde dans une sorte de bouquet final :/p blockquote class="spip" pstrongBrigitte Boucher :/strong Pourquoi vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde, alors ? Pourquoi vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ? […] Est-ce que vous demandez toujours l'abandon ? Vous ne voulez pas répondre à la question ! Est-ce que vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ? Alors ? […] Répondez aux questions sinon… au lieu d'accuser les médias, c'est trop facile ! Est-ce que vous demandez toujours l'abandon ? Attendez ! Vous dites que vous n'avez aucun lien, que vous ne soutenez pas ce qui s'est passé, mais vous demandez toujours la dissolution de la Jeune Garde. [Sic] […] Vous demandez l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ? […] Ma question, c'était est-ce que vous demandez toujours l'abandon de la dissolution de la Jeune Garde ?/p /blockquote pRideau./p pL'intervieweuse avait du reste indiqué le sens de ses priorités dès le début de l'entretien. Alors qu'une parade néonazie s'apprêtait à démarrer dans les rues de Lyonspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir « À Lyon, des néonazis prennent la rue pour rendre hommage à Quentin (…)" id="nh5"5/a]/span, Brigitte Boucher la présenta comme une « imarche/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Elle en fera d'ailleurs le service après-vente le lendemain matin." id="nh6"6/a]/span avant de questionner Danièle Obono sur la potentialité, à cette occasion… d'« iun nouveau lynchage de l'ultra-gauche/i » : « iLes antifas seront peut-être aussi présents sur place, est-ce que vous voulez leur adresser un message, à l'ultra-gauche ? Est-ce que vous les appelez au calme ? Est-ce que vous les appelez au calme ? On vient d'avoir ce lynchage de Quentin Deranque, est-ce que vous les appelez au calme ?/i »/p /br h3 class='article_intertitres'Un journalisme inquisiteur/h3 p/brAutre cas d'école – et non des moindres – avec la très prescriptrice émission dominicale « BFM Politique », où était invitée, le 22 février, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale Mathilde Panot. Comme ailleurs, trente minutes sur quarante-deux ont porté sur l'affaire de Lyon. Comme ailleurs, alors que de l'aveu du présentateur Léopold Audebert lui-même, « iaujourd'hui, à ce stade de l'enquête, pénalement, il n'y a rien contre lui/i », le cas Raphaël Arnault a déchaîné la meute : les journalistes ont cité son nom pas moins de seize fois sur une tranche de quinze minutes. Et comme ailleurs, leur démarche a consisté à stigmatiser, disqualifier et brutaliser l'invitée./p pExemple avec Amandine Atalaya :/p blockquote class="spip" pstrongAmandine Atalaya :/strong Donc pour vous, il n'y a pas de responsabilité de la part de ce député de La France insoumise dans le choix de ses collaborateurs pour commencer ? Il n'y a pas de responsabilité morale et politique ? […] Il n'y a pas de responsabilité ? Il n'y a pas de responsabilité politique et morale ? i[Léopold Audebert : Mathilde Panot, Mathilde Panot. On vous pose une question très directe, s'il vous plaît, répondons à ça s'il vous plaît. Allons-y.]/i Sur la responsabilité politique et morale de Raphaël Arnault./p /blockquote pLa réponse ne convenant (toujours) pas aux journalistes, le présentateur insiste : « iAmandine vous pose une question plus précise ! Elle vous parle de la responsabilité morale./i » Mathilde Panot tente-t-elle de s'extirper de la nasse policière et d'amorcer un développement politique sur les violences de l'extrême droite ? Elle est interrompue quasi immédiatement… et ramenée au point 0 :/p blockquote class="spip" pstrongAmandine Atalaya :/strong Mais pour poursuivre, Mathilde Panot, sur Raphaël Arnault. Pour être très factuelle sur Raphaël Arnault, […] il n'y a pas une responsabilité pour vous de l'employeur non plus ? C'est-à-dire ses collaborateurs sont censés travailler à ses côtés à Paris. Pourquoi […] étaient-ils à Lyon ce jour-là ? Était-ce sur leurs heures de travail, par exemple ? […] Je parle de la responsabilité de l'employeur./p /blockquote pRappelant qu'elle n'est pas enquêtrice, exhortant les journalistes à respecter le cours de l'investigation, la députée insoumise essaye-t-elle ensuite une critique de l'instrumentalisation de cette affaire par le champ politique ?/p blockquote class="spip" pstrong- Lépold Audebert :/strong C'est très important, votre parole était attendue Mathilde Panot sur ce point : pas de démission de Raphaël Arnault ?/p pstrong- Mathilde Panot :/strong Certainement pas./p pstrong- Amandine Atalaya :/strong Ni de suspension du groupe de La France insoumise ?/p pstrong- Mathilde Panot :/strong Non, certainement pas./p pstrong- Jules Pecnard :/strong Et il sera réinvesti aux prochaines élections législatives ?/p pstrong- Mathilde Panot :/strong Mais écoutez… oui, enfin…/p pstrong- Léopold Audebert :/strong Oui ?! Il sera investi ?/p pstrong- Jules Pecnard :/strong Il sera investi…/p pstrong- Léopold Audebert :/strong En 2027 s'il y a dissolution, après l'élection présidentielle, il sera réinvesti ?!/p pstrong- Mathilde Panot :/strong S'il le souhaite, oui./p pstrong- Léopold Audebert :/strong S'il le souhaite… Et vous le souhaitez, vous ?/p /blockquote pTous extraits de la première moitié de l'émission, ces morceaux choisis forment un volet à part entière de l'interview : 36 interruptions en six minutes, soit une fois toutes les dix secondes./p pEt les procureurs reviennent à la charge après la publicité : « iVous lui avez parlé [à Raphaël Arnault] récemment ?/i » ; « iQu'est-ce qu'il vous a dit ?/i » ; « iPourquoi il parle pas aujourd'hui ?/i » ; « iIl ne serait pas temps pour vous qu'il ait une expression publique ?/i » Un journalisme que l'on se gardera de caractériser lorsque face à un tel traitement, le présentateur pose la cerise sur le gâteau : « iComment il va aujourd'hui, Raphaël Arnault ?/i »/p pLes menaces de mort dont fait état Mathilde Panot n'encouragent chez eux aucune relâche. Comme Agathe Lambret sur Franceinfo, la journaliste de BFM-TV lit au débotté des extraits du décret de dissolution de la Jeune Garde, sans contextualisation, dans le brouhaha le plus total, mais avec le soutien appuyé de son confrère qui, en bon élève, allie le geste à la parole : « iIl est là ce décret ! Je vais le montrer pour les personnes qui nous regardent. Il est là./i »/p /br div class='spip_document_16393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/bfm_decret-a7c3d.png?1772517601' width='500' height='281' alt='' / /figure /div p/brEt ça continue : « iJean-Luc Mélenchon revendique aujourd'hui que la Jeune Garde soit liée et alliée à la FI […], vous ne voyez pas le problème ?!/i » ; « iÊtes-vous toujours alliée et liée comme le dit Jean-Luc Mélenchon à la Jeune Garde ?/i » ; « iVous êtes contre sa dissolution ?/i » ; la question sera posée quatre fois. Et comme pour toutes les autres, différents députés LFI y avaient déjà répondu (mille fois) au cours de la semaine écoulée…/p pLe cirque se (re)produit donc sans trêve et il avait d'ailleurs commencé en fanfare. Signalons en effet que dès l'introduction, les intervieweurs ont disserté autour d'un propos présenté comme une citation de Jean-Luc Mélenchon, sourcée comme telle à l'écran… alors qu'elle n'en était pas une. Voyons plutôt :/p /br div class='spip_document_16392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/bfm_citation-223dc.png?1772517601' width='500' height='279' alt='' / /figure /div p/brSi les journalistes avaient seulement pris la peine de (vraiment) lire ce qu'ils affichaient sur leur écran, ils se seraient (sans doute) rendus compte qu'il s'agissait en réalité d'un extrait d'article journalistique. Publié dans iLa Tribune dimanche/i en l'occurrence, où un mot de Jean-Luc Mélenchon fut détaché de son contexte d'énonciation originel avant d'être intégré dans un autre récit que le sien : celui du journaliste, utilisant le discours indirect libre – un procédé narratif très intéressant en littérature… beaucoup moins en journalisme. En début d'émission, ce plantage en règle avait en tout cas donné lieu à des interpellations très assurées :/p blockquote class="spip" pstrong- Léopold Audebert :/strong Mathilde Panot, vous êtes capable de regarder la caméra i[Il regarde la caméra.]/i et de dire aux parents de Quentin Deranque que c'est une bataille de rue qui a mal tourné ? Est-ce que vous pouvez dire ça aux parents de Quentin Deranque ?! […]/p pstrong- Amandine Atalaya :/strong Tout en disant « qui s'en souviendra » Mathilde Panot… Tout en disant « qui s'en souviendra »… Enfin… ça semble une façon évidente de minimiser ce qui s'est passé./p /blockquote pSauf que Jean-Luc Mélenchon ne l'avait pas dit. Le présentateur en conviendra d'ailleurs en toute fin d'émission : alerté dans l'oreillette, il consacrera une minute à « irétabli[r] les faits/i », mais aucun des trois journalistes ne présentera la moindre excuse. Après un tel déballage de hargne, comment s'en étonner ?/p pAu cours de l'émission, Mathilde Panot a légitimement critiqué la diabolisation médiatique dont son mouvement politique fait l'objet. Venue avec quelques reproductions de Unes de presse (iMarianne/i, iLa Tribune dimanche/i, iL'Express/i), elle entendait pointer la responsabilité des grands médias dans la normalisation de l'extrême droite et dénoncer « il'inversion des valeurs/i » à laquelle ils se livrent. Elle ne croyait pas si bien dire : la séquence en a instantanément généré une nouvelle. Coupable de l'ultime affront – critiquer les médias dans les médias –, elle est assaillie ni une ni deux par le présentateur : « iDonc c'est la presse qui est responsable Mathilde Panot ?! C'est très important ce que vous venez de faire ! Il n'y a pas une liberté de la presse en France ?!/i » Orwell, disions-nous : « la violence, c'est la gauche » ; « les antifascistes, ce sont les fascistes » ; « critiquer les médias, c'est attaquer la démocratie »./p /br centerstrong***/strong/center p/brLes « interviews » audiovisuelles figurent parmi les formats les plus suivis et les plus prescripteurs du PAF ; ceux dont des extraits seront rediffusés sur les antennes, cités dans les dépêches, postés sur les réseaux sociaux, commentés sur les plateaux et dans les articles des journalistes politiques. Ce sont aussi, par conséquent, des dispositifs parmi les plus verrouillés, encadrés par les journalistes les plus en vue, disposant d'un fort capital professionnel, qui ne doivent leur position (et leur longévité) qu'à leur conformité la plus totale avec les « bonnes » manières d'exercer le journalisme politique en général et l'interview en particulier, et à leur adhésion intransigeante au discours dominant. Diaboliser LFI jusqu'à l'écrasement ; blanchir et promouvoir l'extrême droite : les « entretiens » audiovisuels ont été une excellente loupe pour observer cette dynamique à deux faces, normalisée dans la quasi-totalité des grands médias. Cette semaine-là, au-delà du double standard éclatant qu'ils ont donné à voir – tant du point de vue de l'agenda, du cadrage, que des sommations adressées aux responsables politiques de gauche –, ces dispositifs ont montré à quel point ils fonctionnent comme des espaces de mise au pas. Dès lors, parce que les invités LFI jouent le jeu médiatique sur la forme (aller dans ces dispositifs, se plier au « question/réponse ») tout en refusant de jouer le jeu médiatique sur le fond (consentir aux injonctions et cocher les cases du bingo journalistique de la « respectabilité »), ils déclenchent les foudres de l'éditocratie. Une éditocratie qui s'illustre, au passage, par sa capacité à exercer une violence symbolique de très haute intensité au moment même où elle prétend condamner « la violence » et « la brutalisation » du débat public. Face à de tels interrogatoires, les différentes instances représentatives de la profession, des SDJ aux syndicats, parviendront-elles à expliquer, de façon détaillée, en quoi il en va là d'une quelconque forme de journalisme ?/p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« Alerte à la bombe à la CGT à Lyon, agressions de jeunes communistes à Tours, dégradations de locaux… L'extrême droite multiplie les violences », a href="https://www.humanite.fr/politique/cgt/alertes-a-la-bombe-a-la-cgt-agressions-de-jeunes-communistes-degradations-de-locaux-quand-lextreme-droite-multiplie-les-violences" class="spip_out" rel="external"iL'Humanité/i, 23/02/a./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanBFM-TV pour la première – dont on rappelle également qu'elle est la compagne de Benjamin Duhamel et la belle-fille de Nathalie Saint-Cricq – et « Le Petit Journal » puis le groupe Bouygues (LCI et TF1) pour le second, après avoir été à l'origine du « Lab d'Europe 1 » d'actualité politique, a href="https://www.acrimed.org/Le-Lab-d-Europe-1-ou-de-l-art-de-faire-un-peu-de-tout-a-partir-de-presque-rien"laboratoire de la substantifique moelle du journalisme politique dans toutes ses (pires) pratiques/a./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /span19'20 sur 23'35 d'interview./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanSur ces éléments, relire le chapitre de Pierre Bourdieu « Des débats vraiment faux ou faussement vrais » dans iSur la télévision/i, Raisons d'agir, 2008, p. 32./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanVoir a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/210226/lyon-des-neonazis-prennent-la-rue-pour-rendre-hommage-quentin-deranque" class="spip_out" rel="external"« À Lyon, des néonazis prennent la rue pour rendre hommage à Quentin Deranque »/a, Mediapart, 21/02 et a href="https://www.streetpress.com/sujet/1771517300-lyon-organisatrice-marche-pour-quentin-deranque-mariee-neonazi-violent-eliot-bertin" class="spip_out" rel="external"« À Lyon, l'organisatrice de la marche pour Quentin Deranque est mariée à un néonazi violent »/a, Streetpress, 19/02./p /divdiv id="nb6" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanElle en fera d'ailleurs a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/les-enerve-es/sur-franceinfo-brigitte-boucher-et-les-irresponsables" class="spip_out" rel="external"le service après-vente/a le lendemain matin./p /div/div
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Iran : lobbying pro-chah dans les médias français

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-03-02 15:31
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L113xH150/pahlavi_le_point-0d056.jpg?1772458290' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt="" / div class='rss_chapo'pUn agenda, ça se travaille./p/div div class='rss_texte'p« Guerre des 12 jours », soulèvement du peuple iranien contre la dictature au pouvoir, menaces états-uniennes d'intervention militaire : même avant les attaques israélo-américaines du 28 février, la question iranienne occupait régulièrement l'agenda médiatique. À chaque fois, c'était l'occasion pour une poignée d'entrepreneurs de cause de battre campagne pour Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran. S'ils n'ont pas le monopole de la critique du régime iranien, absolument consensuelle dans le débat public français, ils sont hégémoniques pour traiter de l'alternative politique en Iran : l'autodétermination du peuple iranien n'est quasiment pas un sujet médiatique. C'est que les défenseurs de Reza Pahlavi ont tout des bons clients : soutiens des gouvernements états-unien et israélien, adversaires revendiqués de la gauche française, ils s'inscrivent parfaitement dans l'air du temps médiatique./p /br h3 class='article_intertitres'Des réseaux à la manœuvre/h3 p/brLa campagne pro-Pahlavi dans les médias français s'appuie sur des relais bien insérés dans le milieu politico-médiatique : a href="https://www.intelligenceonline.fr/moyen-orient-et-afrique/2026/02/16/du-quai-d-orsay-au-20-heures-la-longue-marche-de-reza-pahlavi-pour-s-imposer-a-paris,110630106-art" class="spip_out" rel="external"d'après Intelligence Online/a, c'est l'ancien conseiller en communication de Bruno Retailleau, Jean-Baptiste Doat, qui a permis à Reza Pahlavi d'être invité tout récemment au 20h de TF1 (16/02). De quoi donner un coup d'accélérateur à sa tournée : dix jours plus tard, il trônait en majesté en couverture du iPoint/i (26/02)./p /br div class='spip_document_16389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH532/pahlavi_le_point-9cbe7-d6130.jpg?1772458208' width='400' height='532' alt='' / /figure /div p/brComme a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/13/iran-shah-reza-pahlavi-trump/" class="spip_out" rel="external"aux États-Unis/a, Reza Pahlavi bénéficie de l'appui de groupes de pression pro-israéliens : le 9 février, l'organisation à Paris d'une soirée spéciale « Iran, silence on tue » par Agir Ensemble, une émanation du lobby Elnet France, réunissait des figures médiatiques bien connues (Raphaël Enthoven, Rachel Khan, Jean Quatremer, Arthur etc.) derrière le drapeau français et le drapeau iranien de la dynastie Pahlavi, réunis côte à côte. À l'origine destiné à soutenir les manifestations durement réprimées par le régime iranien, l'événement a pris une tournure politique, fustigeant tour à tour la gauche et LFI – « ice que la politique a produit de pire au XXIe siècle/i » dixit Raphaël Enthoven./p /br h3 class='article_intertitres'Entrepreneurs de cause : Mona Jafarian comme figure de proue/h3 p/brParmi les soutiens de Reza Pahlavi, on trouve notamment Mona Jafarian. Proche de la galaxie printaniste, ardente défenseuse d'Israël, elle est une habituée des plateaux télévisés, sur lesquels elle martèle ses éléments de langage contre le droit international et « ila gauche qui est dans le déni/i » (TV5 Monde, 19/01). L'« iinfluenceuse monarchiste/i », comme la décrit a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/chere-mona-jafarian-boxing-day-65-x116dsPORWm_LPMoyfxmbQ" class="spip_out" rel="external"Blast (24/01)/a, qui tweete frénétiquement au nom du collectif Femme Azadi, a droit à des portraits complaisants dans a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/mona-jafarian-une-combattante-pour-les-femmes-iraniennes-qui-alerte-sur-l-emprise-islamiste-20240927" class="spip_out" rel="external"iLe Figaro/i/a (27/09/24) ou a href="https://www.marianne.net/monde/asie/mona-jafarian-a-la-gauche-pro-mollah-cessez-de-parler-a-la-place-des-concernees" class="spip_out" rel="external"iMarianne/i/a (8/01) et fréquente régulièrement le plateau de Franceinfo – l'occasion à chaque fois de promouvoir Reza Pahlavi (10/01 et 1/03)./p pDans la même veine, Mahnaz Shirali est régulièrement invitée par CNews, Franceinfo ou Sud Radio. Elle aussi colle à un narratif faisant de l'Iran un pays acclamant le retour de Reza Pahlavi. Elle aussi fustige la gauche française et ses intellectuels. Au micro de Jean-François Achilli (a href="https://www.youtube.com/watch?v=8KnotaolFn0" class="spip_out" rel="external"Sud Radio, 12/01/a), ça donne ceci : « iLa situation iranienne sort des cases préétablies de la gauche française qui domine les médias. [Comme] les Iraniens sont anti-musulmans, anti-islam et qu'ils brûlent les mosquées, ça ne plaît pas à la gauche mélenchoniste et à la gauche française, parce qu'ils sont devenus des pro-islamistes maintenant et ils défendent bec et ongles les islamistes sur le sol français./i » Tout en finesse./p /br h3 class='article_intertitres'L'extrême droite médiatique en campagne/h3 p/brQuelques jours plus tôt, Mahnaz Shirali était a href="https://www.youtube.com/watch?v=sJWBWHBUzcY" class="spip_out" rel="external"déjà invitée sur les ondes de Sud Radio/a (9/01), cette fois aux côtés de Sahand Saber, porte-parole d'un collectif d'avocats franco-iraniens pro-monarchie. Face à eux, la présentatrice Céline Alonzo verse dans la propagande : « iPartout en Iran, le peuple appelle au retour de Reza Pahlavi, prince héritier d'Iran./i » Sahand Saber, qui est par ailleurs présenté comme ex-collaborateur de Reza Pahlavi, aura ensuite tout loisir de dérouler : portrait laudateur de Pahlavi, minimisation des crimes de son père, réécriture de l'histoire favorable au chah./p pCe n'est pas tout, puisque Sud Radio a href="https://www.youtube.com/watch?v=djgxh2uF3zo" class="spip_out" rel="external"invitera aussi Arash Derambarsh/a (15/01), adjoint au maire de Courbevoie qui défend les attaques israéliennes de juin 2025 et fustige les « igauchistes et les islamistes/i » en France qui avaient protesté contre. Lui aussi défend le retour du chah et affirme qu'une « itrès grande majorité des Iraniens veulent le retour du chah et de la royauté et dans la très grande majorité, ils veulent une intervention du président Trump qui est très populaire en Iran/i »./p pQuant à la galaxie Bolloré, elle semble tout particulièrement apprécier la famille Pahlavi. En juin, Europe 1 (18/06/25) a href="https://www.dailymotion.com/video/x9lkdlg" class="spip_out" rel="external"donnait la parole/a à Christian Pahlavi, neveu du dernier chah, et à Pierre, son fils, dans une émission tout simplement titrée « L'Iran a besoin d'une monarchie, c'est la meilleure solution pour faire rayonner ce pays ». Déjà l'an dernier (6/02/25), lors de son passage en France, Reza Pahlavi était interviewé sur le plateau de CNews par Laurence Ferrari. Sobrement présenté comme « ile prince héritier d'Iran/i », il avait pu dérouler son programme en toute tranquillité./p /br h3 class='article_intertitres'L'omniprésent Emmanuel Razavi/h3 p/briParis Match/i aussi s'est montré particulièrement actif pour faire la promotion de Reza Pahlavi. Dans une a href="https://www.parismatch.com/actu/international/prince-reza-pahlavi-je-veux-une-democratie-laique-pour-liran-237511" class="spip_out" rel="external"interview/a publiée le 17 mai 2024, c'est un certain Emmanuel Razavi, dont nous a href="https://www.acrimed.org/Entrisme-iranien-l-actualite-ca-se-faconne"avons déjà croisé la route/a, qui pose les questions. La toute première d'entre elles, commençant par « iVotre altesse impériale/i », donne le ton. iParis Match/i publiera d'autres papiers dans le même registre, notamment un « iRoyal Blog/i » sur Farah Pahlavi, femme de l'ancien chah, intitulé « L'histoire en images d'une impératrice sans royaume » (23/02)./p pEmmanuel Razavi met à profit son entregent : il publie une autre interview de Reza Pahlavi dans a href="https://www.lefigaro.fr/international/reza-pahlavi-au-figaro-magazine-mon-role-est-de-diriger-la-transition-democratique-20260113" class="spip_out" rel="external"iLe Figaro Magazine/i/a (13/01) et une recension laudative des mémoires de sa mère dans a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/iran-entretien-exclusif-avec-imperatrice-iran-en-exil-farah-pahlavi-pour-sortie-ses-memoires-shah-Mohammad-Reza-Pahlavi-histoire-exil-recit-Emmanuel-Razavi" class="spip_out" rel="external"Atlantico/a (15/02). Un papier sentimental, écrit à la première personne, qui laisse peu de doutes sur son parti pris : « iComme beaucoup d'Iraniens, j'aime résolument l'impératrice Farah. Pas en raison de ce qu'elle incarne, mais plutôt en raison de ce qu'elle est sur le plan personnel. […] Elle ne s'est jamais montrée abattue, et jamais elle ne s'est posée en victime. Ceux qui la connaissent de près le savent : alors qu'elle aurait pu vivre une vie "facile", elle a choisi de se consacrer au peuple iranien./i » Ou encore : « iVisionnaire, elle a toujours eu l'intelligence de considérer que chaque destin est important. Elle sait ainsi combien les Iraniens de l'intérieur souffrent, s'en inquiétant et s'interdisant de se plaindre d'une vie qui ne l'a pourtant pas épargnée./i »/p pEmmanuel Razavi multiplie aussi les entretiens sur LCI ou iValeurs actuelles/i pour encenser Reza Pahlavi… et dénoncer une pseudo-connivence entre LFI et la République islamique d'Iran. « iLa réalité, c'est qu'on [les Iraniens] est contre l'islamisme et contre le communautarisme. On considère que l'Iran, débarrassé des mollahs, devrait être à nouveau allié à Israël. Donc on ne correspond pas du tout à l'image clichée que l'extrême gauche véhicule sur les gens d'origine orientale, pour ne pas dire sur les musulmans/i », explique-t-il (iValeurs actuelles/i, 25/01) avant de tacler les chroniqueurs plus prudents sur une potentielle intervention militaire des États-Unis. Bref, avec des accents de « guerre des civilisations », Emmanuel Razavi prend la défense de son « altesse impériale », qualifiée au passage « ide solution qui rassure tout le monde/i » et de « ilibéral progressiste/i »./p /br centerstrong***/strong/center p/brSur ce sujet comme sur bien d'autres, l'agenda médiatique est travaillé par des entrepreneurs de cause et d'authentiques lobbyistes. Les journalistes n'y sont pas toujours sensibles, et les campagnes n'ont pas toujours autant de succès. On constatera néanmoins que soutenir les impérialismes occidentaux et s'attaquer à la gauche sont des atouts pour être relayé dans les médias dominants… même quand il s'agit de défendre le rétablissement d'une monarchie autoritaire./p p/brstrongQuentin Müller/strong/p/div
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Comment le traffic pétrolier du détroit d'Ormuz va s'interrompre : parce qu'il est désormais impossible d'assurer les pétroliers | Shanaka Anslem Perera

Rezo.net - lun, 2026-03-02 10:01
L'Iran a attaqué son propre pétrolier utilisé pour contourner les sanctions. Relisez ça. br /Il ne s'agit pas de détruire le trafic maritime. Il s'agit d'établir un précédent. Un seul pétrolier touché dans le détroit d'Ormuz transforme une réévaluation théorique des primes d'assurance en un événement actuariel concret. Chaque assureur sur la planète dispose désormais d'un sinistre à comptabiliser. Chaque police de risque de guerre dans le Golfe est recalculée non plus à partir d'une hypothèse, mais à partir d'un incident avec des blessés, une évacuation, et une confirmation officielle du gouvernement omanais. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
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