« Si tu peux marcher, tu peux danser. Si tu peux parler, tu peux chanter…»
— Proverbe Africain
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Médias

Exilés : la bataille de Cédric Herrou contre les abus de Sentinelle

Rezo.net - lun, 2026-07-13 19:58
Dans la vallée de la Roya, des soldats arrêtent des voitures, interrogent des passants, bloquent les routes. Ils n'en ont pas le droit. Ils le font quand-même. Face à eux : un paysan et sa caméra. Depuis dix ans, les vidéos de Cédric Herrou sont devenues la seule arme capable de tenir l'armée en respect. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Blast/a/b/div

Frontière franco-britannique : une crise humanitaire que l'Assemblée ne peut plus ignorer - Guiti News

Rezo.net - lun, 2026-07-13 19:57
Après six mois d'enquête sur les effets des accords du Touquet, une commission parlementaire dresse un constat inédit des conséquences de la politique migratoire menée à la frontière franco-britannique. Publié le 8 juillet 2026, son rapport dénonce une crise humanitaire durable et formule 33 recommandations pour améliorer la situation à la frontière. À quelques mois des élections, ces conclusions relancent un débat largement absent de la campagne. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

Sur CNews, loyauté entière exigée

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-07-13 13:26
div class='rss_chapo'pPascal Praud veille./p/div div class='rss_texte'pMaintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini, limogeage d'Olivier Nora, tribune des professionnels du cinéma… Depuis plusieurs mois, les protestations contre la prédation et les pratiques du groupe Bolloré se multiplient. Y compris, parfois, depuis l'intérieurspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire « "On va se faire attraper par l'Arcom" : CNews laisse carte blanche au (…)" id="nh1"1/a]/span. Des positionnements inadmissibles sur CNews, qui enchaîne purges et mises au pas – exit Sonia Mabrouk, Élisabeth Lévy, Philippe Bilger ou encore Céline Pina (a href="https://www.liberation.fr/economie/medias/elisabeth-levy-philippe-bilger-celine-pina-sur-cnews-des-chroniqueurs-debranches-et-un-debut-de-malaise-20260517_QE4JYFEHT5ET5CZWHFNFNCSC6Y/" class="spip_out" rel="external"iLibération/i/a, 17/05). Sur son plateau, Pascal Praud n'hésite pas à mener l'inquisition. Illustration, en deux épisodes./p /br h3 class='article_intertitres'Scène 1 : « L'heure des pros 2 », CNews, 3 juin/h3/br div class='spip_document_16611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cnews_03062026.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH278/cnews_03062026-9b465.png?1783941986' width='500' height='278' alt='' //a /figure /div p/brSarah Saldmann refuse de « imettre l'immigration à toutes les sauces/i » pour expliquer les a href="https://www.acrimed.org/Celebrations-post-victoire-du-PSG-CNews-l-usine-a"événements survenus après la victoire du PSG en Ligue des Champions/a et prend ses distances avec iFrontières/i : « iC'est sûr que je n'évolue pas au milieu de Frontières […]. Il n'y a pas que Frontières comme journal non plus !/i » Première remontrance de Pascal Praud : « iÉcoutez ça ne sert à rien parce que vous défendez une posture [...] vous venez ici pour faire un numéro !/i » Mais Sarah Saldmann persiste : « iCe n'est pas parce que je ne ressors pas la propagande de Frontières que je ne peux pas avoir un point de vue qui est le mien !/i » C'en est trop pour Pascal Praud : « iÇa fait 5 fois que vous citez Frontières, qui travaillent sur notre chaîne. Ça fait 5 fois. Vous pouvez le faire une 6e fois. Ça fait 5 fois... […] Je ne suis pas dupe de ce que vous faites, ça s'appelle une posture, et c'est pas bien, c'est pas bien pour la chaîne sur laquelle vous êtes ! […] Parce que ça suffit d'attaquer Frontières. Frontières, ils font le job./i »/p pEt ainsi de suite :/p blockquote class="spip" pstrong- Sarah Saldmann :/strong Mais pas du tout, c'est de la propagande d'extrême droite. Vous connaissez ce que je pense de iFrontières/i./p pstrong- Pascal Praud :/strong Non, non, non. Je récuse ce que vous dites. Parce que d'abord, c'est très grave ce que vous dites. Puisque vous nous accusez, nous, de faire de la propagande d'extrême droite.../p pstrong- Sarah Saldmann :/strong On n'est pas en plateau avec iFrontières/i, là./p pstrong- Yoann Usaï :/strong Moi, je travaille avec eux, je peux vous le dire !/p pstrong- Gilles-William Golnadel/strong [en fond] strong :/strong Et moi je suis leur avocat […] et j'en suis fier !/p pstrong- Pascal Praud :/strong Attendez, iFrontières/i, il faut vraiment défendre ce média…/p pstrong- Sarah Saldmann :/strong Non, je ne vais pas défendre ce média, non, non, non, je ne peux pas, je n'en suis pas capable…/p pstrong- Pascal Praud :/strong […] Moi, je travaille avec eux…/p pstrong- Sarah Saldmann :/strong On ne les reçoit jamais en plateau…/p pstrong- Pascal Praud :/strong Je travaille avec eux. Ils sont sur le terrain. […] Le travail qu'ils font est un travail journalistique, de témoignage./p pstrong- Sarah Saldmann :/strong C'est pas vrai. Vous ne pouvez pas dire des choses comme ça./p pstrong- Pascal Praud :/strong Je le dis parce que c'est vrai./p pstrong- Sarah Saldmann :/strong Mais c'est pas vrai./p pstrong- Pascal Praud :/strong Et on les écoute régulièrement…/p pstrong- Yoann Usaï/strong [en fond] strong :/strong Ils font un travail formidable…/p pstrong- Sarah Saldmann :/strong Mais vous ne pouvez pas dire qu'ils font un travail formidable !/p pstrong- Pascal Praud :/strong Et heureusement qu'ils sont là. Et heureusement qu'ils sont là pour montrer une réalité que personne ne veut montrer en France…/p pstrong- Sarah Saldmann :/strong Mais parce que ce n'est pas la réalité !/p pstrong- Pascal Praud :/strong Ah bon ? C'est pas la réalité ? […]. Mais on va marquer une pause […]. Et je défends Erik Tegnér et ses équipes./p /blockquote/br h3 class='article_intertitres'Scène 2 : « L'heure des pros », CNews, 29 juin/h3/br div class='spip_document_16610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cnews_29062026.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cnews_29062026-89d78.png?1783941986' width='500' height='281' alt='' //a /figure /div p/brLe directeur de la rédaction de iValeurs actuelles/i, Tugdual Denis, est convié pour parler de son dernier ouvrage…/p blockquote class="spip" pstrong- Tugdual Denis :/strong Mais j'ai envie […] que la droite obtienne des prix littéraires, […] que la droite ait des réalisateurs, que la droite…/p pstrong- Pascal Praud :/strong … et des télévisions peut-être aussi ?/p pstrong- Tugdual Denis :/strong Ben, les télés je crois que c'est un peu fait là maintenant [désignant l'animateur]./p /blockquote pEt là… patatras !/p blockquote class="spip" pstrong- Pascal Praud :/strong Oui mais là, vous ne nous avez pas beaucoup défendus, je trouve […]./p pstrong- Tugdual Denis :/strong Oh, c'est pas vrai…/p pstrong- Pascal Praud :/strong Si ! […] non là, je me suis dit « Tugdual Denis, il n'est pas très courageux pour nous ». Vous ne montez pas beaucoup au créneau pour nous…/p pstrong- Tugdual Denis :/strong Ah oui ? Écoutez, je peux vous dire, regardez toute la promo que j'ai faite, j'ai fait un certain nombre de plateaux, on a parlé de Vincent Bolloré sur France Culture la semaine dernière, j'étais face à un prof de science politique de l'École polytechnique qui caricaturait à outrance la pensée de Vincent Bolloré, et je l'ai tout à fait défendu./p /blockquote pÉric Naulleau s'empresse de seconder Pascal Praud : « iTugdual, je suis allé tourner un clip pour soutenir Valeurs Actuelles. Il n'y a pas eu de geste aussi spectaculaire dans votre sens./i » Et l'incriminé tente de se dépatouiller : « iÉcoutez, les Unes que l'on a faites sur CNews ces dernières années, je pense que l'on en a fait 12. Je vous demande souvent des interviews [désignant Pascal Praud], là il y a une interview en cours avec Christine Kelly.../i » Ou encore : « iVous n'avez peut-être pas le temps mais regardez mes interventions sur BFM-TV, sur Franceinfo, sur France Culture, le dernier chapitre de mon livre... Je défends extrêmement ce que vous faites, enfin ce que vous faites tous globalement dans la famille du groupe Bolloré où j'ai de nombreux amis./i »/p pTant de zèle et si peu de reconnaissance !/p /br centerstrong***/strong/center p/brLes deux cas étudiés ici rappellent – si besoin était – la position centrale qu'occupe la « a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/06/15/cnews-chaine-championne-des-sanctions-de-l-arcom_6703227_4355770.html" class="spip_out" rel="external"ichaîne championne des sanctions de l'Arcom/i/a » dans l'écosystème de l'extrême droite médiatique./p p/brstrongNils Solari/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLire « "On va se faire attraper par l'Arcom" : CNews laisse carte blanche au média d'extrême droite "Frontières" et crispe ses équipes », a href="https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/100626/va-se-faire-attraper-par-l-arcom-cnews-laisse-carte-blanche-au-media-d-extreme-droite-frontieres" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a, 10/06./p /div/div
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Exit Chat Control · Devenir Ingouvernable

rezo.net - la sélection - dim, 2026-07-12 14:23
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH63/arton249819-08498.png?1783859371' width='120' height='63' / Le Parlement européen a laissé passer Chat Control. br /La motion de rejet a échoué : 314 eurodéputés pour le rejet, 276 contre, 17 abstentions. Il en fallait 361 pour bloquer le texte. La majorité voulait le rejet ; la procédure l'a enterré. Un seul rempart arraché : les messageries chiffrées de bout en bout sont exclues du scan (amendements adoptés à 369 et 362 voix). Le texte est maintenant sur le bureau du Conseil : une signature d'ici octobre, et le scan « volontaire » de vos messages est autorisé jusqu'au 3 avril 2028. En parallèle, Chat Control 2.0 (CSAR), le scan obligatoire jusque dans les messageries chiffrées, revient en négociation en septembre. La menace n'est pas passée, elle s'installe. br /La fenêtre pour se rééquiper, c'est maintenant, tant que le choix vous appartient encore. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

Exit Chat Control · Devenir Ingouvernable

Rezo.net - dim, 2026-07-12 14:23
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH63/arton249819-08498.png?1783859371' width='120' height='63' / Le Parlement européen a laissé passer Chat Control. br /La motion de rejet a échoué : 314 eurodéputés pour le rejet, 276 contre, 17 abstentions. Il en fallait 361 pour bloquer le texte. La majorité voulait le rejet ; la procédure l'a enterré. Un seul rempart arraché : les messageries chiffrées de bout en bout sont exclues du scan (amendements adoptés à 369 et 362 voix). Le texte est maintenant sur le bureau du Conseil : une signature d'ici octobre, et le scan « volontaire » de vos messages est autorisé jusqu'au 3 avril 2028. En parallèle, Chat Control 2.0 (CSAR), le scan obligatoire jusque dans les messageries chiffrées, revient en négociation en septembre. La menace n'est pas passée, elle s'installe. br /La fenêtre pour se rééquiper, c'est maintenant, tant que le choix vous appartient encore. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

Feux du Diois, autoorganisation | En reportage permanent

Rezo.net - dim, 2026-07-12 11:54
Début juillet 2026, un feu à deux têtes se déchaine sur la montagne au-dessus de Die dans la Drôme.L'un des villages concernés est Barsac, l'endroit où je vis. J'ai enregistré les deux jours précédant l'évacuation, les 5 et 6 juillet 2026. A Barsac, la protection des maisons s'organise entre pompiers et volontaires du village. Les habitants improvisent aussi une base arrière à la salle des fêtes. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"PiNode/a/b/div

Procès Rima Hassan. Du bon usage du « terrorisme » | Alain Gresh

Rezo.net - ven, 2026-07-10 18:52
L'eurodéputée Rima Hassan est convoquée devant le tribunal correctionnel de Paris le 7 juillet pour répondre de l'accusation d'« apologie du terrorisme ». Depuis son élection en juin 2024, 16 procédures judiciaires ont été engagées contre elle. Cet acharnement est évidemment piloté par le gouvernement français. Nous publions le témoignage devant la cour d'Alain Gresh, directeur d'Orient XXI. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/orient-xxi"Orient XXI/a/b/div

Les multiples facettes du campisme : une critique internationaliste | Amir Kianpour, Morteza Samanpour

Rezo.net - ven, 2026-07-10 18:44
Le capitalisme contemporain s'oriente vers une conjoncture de guerre : alors que le marché mondial se fracture, les rivalités entre les puissances géo-économiques s'intensifient, souvent jusqu'à une confrontation militaire ouverte, tandis que la militarisation déborde du champ de bataille pour s'étendre à la gouvernance politique et à la vie quotidienne. br /Dans ce contexte, la nécessité historique de renouveler l'internationalisme apparaît de plus en plus clairement, d'autant plus que les conditions locales sont de plus en plus influencées par les processus de mondialisation et absorbées dans le tourbillon du régime de guerre mondial. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div

Dans le monde entier, un vent de révolte contre les datacenters | Lucille Giovannelli, Séverin Lahaye

Rezo.net - ven, 2026-07-10 08:07
Lancés dans une course folle à l'IA, les Big Tech cherchent à implanter des centres de données sur tous les continents. Ils se heurtent de plus en plus, y compris aux États-Unis, à des oppositions locales qui dénoncent les impacts environnementaux et le manque de transparence autour de ces infrastructures gigantesques. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/observatoire-des-multinationales"Observatoire des multinationales/a/b/div

Pour que MeToo éclate dans la grève féministe | Toni Viot

Rezo.net - ven, 2026-07-10 08:06
Dix ans après MeToo, alors que les violences continuent et que les réactionnaires s'arc-boutent sur leurs privilèges, ce texte appelle à refonder le féminisme comme force collective, décoloniale, transféministe et profondément démocratique. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/politis"Politis/a/b/div

« Guillaume Erner ne doit plus être la voix de France Culture »

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-07-09 15:32
div class='rss_chapo'pNous reproduisons a href="https://www.snjcgt.fr/2026/07/08/marine-le-pen-montage-et-manipulation-le-jour-ou-radio-france-a-renie-ses-principes/" class="spip_out" rel="external"ce communiqué/a de la CGT Radio France./p/div div class='rss_texte'h3 class='article_intertitres'Marine Le Pen, montage et manipulation : le jour où Radio France a renié ses principes/h3 p/brDepuis l'interview de Marine Le Pen le mercredi 24 juin dans Les Matins de France Culture, et la diffusion d'une vidéo trompeuse de « LEON le média », un pure-player actif sur les réseaux sociaux, la colère des auditeur·ices, celle des équipes de France Culture et celle de la CGT Radio France ne faiblit pas. La réponse de la direction de Radio France semble bien éloignée de ses principes jusqu'ici exposés en matière de déontologie./p pCe jour-là, soit le producteur de la matinale Guillaume Erner savait qu'il s'agissait d'un montage fallacieux, et il a choisi délibérément de le diffuser contre l'avis explicite de son équipe et des journalistes, soit il n'a pas fait le travail minimum et élémentaire de vérification qui incombe à tout professionnel de l'information. Dans les deux cas, il s'agit d'une faute majeure qui entache la réputation de toutes les antennes de la radio de service public. Rappelons qu'en novembre 2023, la direction a mis en avant 8 grands « principes de l'information de Radio France », avec notamment le travail de vérification, la crédibilité des sources, la distinction entre opinions et faits, et l'indépendance pour « ne pas entamer la confiance du public », autant de principes incontournables bafoués par Guillaume Erner./p pComme l'a rappelé le SNJ-CGT Radio France, à la faute professionnelle, le producteur a ajouté la complaisance à l'égard du RN, parti d'extrême droite toujours pas purgé de ses racines antisémites, et participé à la diabolisation politico-médiatique de La France Insoumise. La CGT Radio France avait déjà dénoncé un précédent dangereux quand le même producteur avait osé un parallèle insoutenable entre les victimes de l'attentat de Charlie Hebdo et la mort de Charlie Kirk, l'influenceur américain d'extrême droite. La CGT Radio France s'inquiète d'une dérive éditoriale plus profonde. La veille de l'invitation de Marine Le Pen, lors d'un entretien avec l'historien et producteur sur France Culture Patrick Boucheron, ce dernier, malgré l'insistance de Guillaume Erner, a refusé d'instrumentaliser la mémoire et les écrits de Marc Bloch pour trancher un débat biaisé sur l'antisionisme. Depuis, Patrick Boucheron fait l'objet d'une campagne hostile et haineuse, alimentée par les réseaux sociaux./p pAprès tant de dérapages, l'avertissement adressé par la direction de Radio France à Guillaume Erner, ainsi que le retrait de son billet d'humeur, ne peuvent suffire. D'autres salariés de Radio France, bien connus des auditeur·ices, ont été directement licenciés ou privés de la reconduction de leur contrat suite à des cabales d'extrême droite. En vertu de ce dangereux précédent, suffira-t-il de s'excuser lors d'entretiens disciplinaires pour mériter et obtenir la clémence de la direction, ou celle-ci s'exerce-t-elle à géométrie variable ? La CGT Radio France soutient les personnels de France Culture dont l'éthique professionnelle est injustement remise en cause par la faute d'un seul homme. Elle interpelle la direction de Radio France sur son traitement partial de ces manquements graves, qui entame la confiance de tous·tes les salarié·ies de la radio publique et renie les principes déontologiques qui régissent nos antennes./p pNous ne voyons pas comment Guillaume Erner pourra encore présenter à la rentrée cette matinale dans des conditions satisfaisantes et sereines, à l'aube de campagnes pour les élections présidentielle et législatives qui seront traversées par des questions politiques cruciales, et qu'il sera impossible de ne pas évoquer. Le présentateur d'une matinale radio incarne la voix de son antenne. Guillaume Erner ne doit, ne peut plus être la voix de France Culture./p p/brstrongParis, le 8 juillet 2026./strong/p/div
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François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des droits : un recul pour la démocratie et un pied-de-nez à la société civile

Rezo.net - jeu, 2026-07-09 15:16
Le 7 juillet, Emmanuel Macron a nommé le sénateur républicain François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Bien que cette nomination doive encore être validée par l'Assemblée nationale et le Sénat, elle suscite une vive inquiétude parmi nos associations. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Collectif/a/b/div

Entre deux canicules, les médias promeuvent les super-pollueurs

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-07-09 09:10
div class='rss_chapo'p« iGéant français des mers/i », « isymbole de la puissance maritime française/i », « ifleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants/i », « iplus moderne que jamais/i », « ipionnier du transport maritime écologique/i »… Entre deux canicules, les grands médias n'ont pas manqué de s'esbaudir devant le nouveau porte-conteneurs de la multinationale CMA CGM, détenue par le super-pollueur Rodolphe Saadé, industriel milliardaire également propriétaire de médias. L'écologie ? Exit./p/div div class='rss_texte'p« iC'est l'attraction depuis le début de la semaine dans le port du Havre/i, s'emballe la présentatrice Élise Denjean à l'antenne de RMC (02/07). iDes curieux viennent apercevoir un des plus gros porte-conteneurs du monde !/i » « iIl appartient à la compagnie CMA CGM, également propriétaire de la radio RMC/i », rebondit succinctement son confrère Quentin Vinet, avant d'introduire un sujet apologique illustré par des images directement fournies… par la CMA CGM. Au même moment sur BFM-TV (02/07), on entend aussi parler de « ice nouveau navire de la compagnie CMA CGM, propriétaire de BFM-TV/i » : la présentatrice Pascale de la Tour du Pin annonce un reportage « embedded » sur le porte-conteneurs, qui, précise-t-elle, « ifonctionne au gaz naturel/i » – un « itransport moins polluant/i », soutient le « reporter ». « iLe premier d'une série de dix navires géants/i », lit-on encore sur le post de Brut (Instagram, 02/07), à l'origine d'une vidéo que ne renierait pas le service comm' de la multinationale : « iGrâce à ces nouvelles capacités, CMA CGM, propriétaire de Brut, espère se hisser au deuxième rang des armateurs mondiaux d'ici 2027./i »/p pLe lendemain (03/07), c'est sur le site de iLa Tribune/i que le gros bateau de Rodolphe Saadé, « il'armateur marseillais (propriétaire de la Tribune)/i », est mis à l'honneur. Supposément en reportage au port du Havre, le journaliste assure le SAV commercial du groupe, activité dont témoigne le panel des interlocuteurs cités : Rodolphe Saadé lui-même ; Emmanuel Delran, directeur des opérations du groupe CMA CGM ; « iles dirigeants de CMA CGM/i » ; « iune porte-parole du groupe/i » ; sans oublier Philippe Tabarot, le ministre des Transports. « Avec le CMA-CGM Notre-Dame, la souveraineté française prend le large », proclame le titre de iLa Tribune/i, où le journalisme, quant à lui, fait naufrage. Quelques jours plus tôt, l'hebdomadaire iLa Tribune dimanche/i (28/06) saluait déjà « ile Notre-Dame de CMA CGM (propriétaire de La Tribune Dimanche)/i » dans sa rubrique « Good News » – un « iporte-conteneurs d'exception/i » –, seulement quelques pages après un éditorial grandiloquent de Bruno Jeudy, appelant à ce que la « iprise de conscience/i » quant au changement climatique « idébouche sur des actes/i » : « iLa maison brûle davantage encore/i, désespère l'éditorialiste. iEt nous continuons trop souvent de regarder ailleurs./i » En direction des gros bateaux, par exemple ?/p pAu terme d'une semaine caniculaire en effet, le déni dont s'offusque Bruno Jeudy inclut-il la promotion du deuxième milliardaire français présentant la plus grande empreinte carbone financièrespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Oxfam et Greenpeace, « Les milliardaires français font flamber la planète et (…)" id="nh1"1/a]/span, patron de la troisième entreprise mondiale de transport maritime, un secteur aujourd'hui responsable d'environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon l'Ademe, c'est-à-dire, « ià l'échelle planétaire, […] l'équivalent d'un grand pays industrialisé comme l'Allemagne ou le Japon/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Ademe, « Décarboner le maritime : une opportunité industrielle », mars 2026." id="nh2"2/a]/span ?/p /br div class='spip_document_16607 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cma1.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH348/cma1-3a959.png?1783581162' width='500' height='348' alt='' //a /figure /div p/brEt ce d'autant que les médias précédemment cités (RMC, BFM-TV, Brut, iLa Tribune/i et iLa Tribune dimanche/i) présentent la particularité, on l'aura compris, d'appartenir à Rodolphe Saadé lui-même. Est-ce à dire que ce rapport de propriété garantit, au sein des médias en question, l'absence de toute critique substantielle du gigantisme industriel et l'invisibilisation des ravages écologiques provoqués par l'un des plus grands armateurs mondiaux ? Assurément oui. Ce rapport de propriété constitue-t-il un élément suffisant – voire en lui-même probant – pour expliquer une telle promotion médiatique du dernier porte-conteneurs maison CMA CGM ? Deux fois non. La preuve ? Bien d'autres médias ont fait pareil… si ce n'est pire./p /br h3 class='article_intertitres'Économie partout, écologie nulle part/h3 p/brLa couverture du « Notre-Dame » et de son inauguration, le 2 juillet, est en effet sensiblement identique d'un grand média à un autre, que ces derniers soient ou non possédés par Rodolphe Saadé, sous la coupe d'un autre capitaliste… ou de service public. Des dépêches AFP aux contenus produits par les journaux télévisés, les radios ou la presse écrite, les mêmes biais sont à l'œuvre : prime aux indicateurs économiques, détails logistiques, descriptions fascinées ou platement techniques du navire, aux dépens de toute réflexion et mise en perspective écologiques. Aucun des contenus observés ne mentionne par exemple la part du fret maritime – et encore moins celle de CMA CGM ou de Rodolphe Saadé, en particulier – dans le réchauffement climatique. Les journalistes s'interrogent encore moins sur l'impact écologique de la fabrication même de ce type d'engins aux proportions gargantuesques, le « Notre-Dame » étant capable de soutenir une charge de près de 300 000 tonnes en chargeant à son bord jusqu'à 24 000 conteneurs, c'est-à-dire l'équivalent de 600 trains de fret…/p pLe cas du iFigaro/i est frappant. a href="https://www.lefigaro.fr/societes/plus-grands-plus-propres-plus-performants-en-chine-notre-visite-du-chantier-demesure-ou-naissent-les-nouveaux-geants-des-mers-francais-20260627" class="spip_out" rel="external"Le 27 juin/a, si le quotidien produit un long reportage (à bien des égards informatif) sur le chantier naval chinois où sont construits les porte-conteneurs de CMA CGM, il passe à côté de la problématique écologique. Pire : ces navires sont qualifiés dès le titre de « iplus propres/i ». On lit en effet que le carburant principal utilisé pour les propulser, le gaz naturel liquéfié (GNL), « ia permis de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre/i » : « iPour le groupe, [cette énergie] est surtout considéré[e] comme une étape de transition vers une plus grande décarbonation du transport maritime, en attendant que les carburants zéro émission […] soient disponibles en volumes suffisants et à "coûts compétitifs"./i » C'est tout ? C'est tout. Le GNL est également présenté comme un « ilevier de décarbonation et d'innovation/i » dans iLes Échos/i (02/07), en pâmoison devant les prouesses technologiques de « ila nouvelle cathédrale des mers de CMA CGM/i »./p pPourtant, comme l'indiquait déjà a href="https://reporterre.net/L-Europe-se-rue-vers-le-gaz-naturel-liquefie-au-mepris-du-climat" class="spip_out" rel="external"Reporterre/a en mai 2022, le GNL, qui demeure un carburant fossile, est certes moins polluant que le fioul lourd et « iémet autant de gaz à effet de serre que du gaz "classique"/i », « imais si l'on prend en compte l'ensemble de sa chaîne de valeur, il s'avère encore plus néfaste pour le climat/i ». Des analyses étayées par de nombreuses ONGspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="De la coalition d'ONG « Transport Environnement » à la campagne (…)" id="nh3"3/a]/span, ainsi que par plusieurs experts auditionnés lors de la commission d'enquête sénatoriale de 2024 sur les obligations de TotalEnergiesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple les auditions de Valérie Masson-Delmotte, climatologue et (…)" id="nh4"4/a]/span, tandis qu'en 2023 a href="https://lesjours.fr/obsessions/cma-cgm-marine-marchande/ep4-gnl/" class="spip_out" rel="external"Les Jours/a enquêtaient sur la promotion de longue date du GNL par la CMA CGM : « ison étendard vert/i »./p pCela dit, iLe Figaro/i et iLes Échos/i sont loin d'être les seuls médias à faire l'impasse sur ces informations. Dépendance à la communication commerciale, renforcée par des visites de presse « exclusives » à bord du porte-conteneurs sous l'égide de CMA CGM ; travail journalistique ilow cost/i ; inconséquence politique des chefferies éditoriales ; absence de transversalité de la thématique écologique au sein des rédactions ; « cocorico économique » ordinaire des productions médiatiques, où « l'évidence » ia priori/i du capitalisme mondialisé n'est jamais remise en cause… Mis bout à bout, ces différents éléments expliquent en grande partie la pauvreté générale de l'information. Et que ce soit l'intention ou non des médias ne change rien à l'affaire : les productions journalistiques se font ide facto/i les relais du plan comm' de CMA CGM, igreenwashing/i inclus./p /br h3 class='article_intertitres'De la « iprise de conscience/i »… à la célébration des super-pollueurs/h3 p/brIl y a d'abord celles où l'approche écologique est tout simplement introuvable. Passée la canicule, iLa Croix/i eut beau parler de « ichoc de conscience/i » à sa Une (29/06), ça ne l'a pas empêché de traiter de l'inauguration du « Notre-Dame » sous un prisme religieux trois jours plus tard – « CMA CGM confie son plus gros porte-conteneurs à la Providence » (02/07) –, le quotidien allant jusqu'à dévoiler en avant-première un extrait de la prière catholique du père Guy Pasquier, présent « ipour placer le navire sous protection divine/i ». Même aveuglement au iParisien/i, qui fantasma « iune prise de conscience/i » écologiste collective à sa Une le 29 juin… avant de s'enthousiasmer le 2 juillet devant « ice porte-conteneurs géant [qui] bat tous les records/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Le titre de l'article paru dans l'édition Aujourd'hui en France (02/07). Le (…)" id="nh5"5/a]/span./p pOn ne trouve dans ces deux articles aucune occurrence des termes « écologie » / « écologique » / « carbone » / « décarbonation », également absents de la couverture du iMonde/i, où le bilan n'est pas plus glorieux. La rédaction a beau être dotée d'un solide pôle « Écologie », celui-ci ne se charge pas de la couverture du « Notre-Dame » : c'est dans la rubrique « Économie » (chapitre « Transports ») que paraît l'article sur le site du quotidien (02/07), dont une version raccourcie sera ensuite publiée dans le journal papier (04/07), section « Économie Entreprise », quelques pages après les sujets « Environnement » consacrés ce jour-là au désarroi des élus locaux face aux canicules et aux incendies prématurés… Bilan des courses ? Les préoccupations écologiques sont reléguées aux oubliettes, au profit de considérants économiques mis en avant par des interlocuteurs triés sur le volet, célébrant tantôt « ile choix du personnel français/i » – « iSyndicalement, le Notre-Dame, c'est ce qu'on veut voir/i », soutient le syndicat de cadres CFE-CGC –, tantôt « ile choix de la France [et] le choix de ses marins/i », selon les termes de Rodolphe Saadé lui-même. En guise de pluralisme, iLe Monde/i laisse le mot de la fin au directeur de l'École nationale supérieure maritime, lequel tient à souligner que « iCMA CGM aurait pu faire un pari très différent, mais a choisi de soutenir cette filière française. C'est une très grande fierté/i ». Circulez./p /br h3 class='article_intertitres'L'information au rabais/h3 p/brDans d'autres rédactions, si les problématiques écologiques ne sont pas totalement invisibilisées, l'espace qui leur est alloué est réduit à peau de chagrin. Après avoir repris les éléments de langage de CMA CGM présentant le GNL comme « iune solution moins polluante/i », l'AFP (27/06) indique entre deux virgules que ce carburant « iest le plus souvent issu de ressources fossiles/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Le 2 juillet, l'AFP consacre une deuxième dépêche à ce « fleuron d'une (…)" id="nh6"6/a]/span. Peut-on parler d'« information » ?/p pSur France Inter (02/07), partie prenante du dispositif « embedded » mis en place le jour de l'inauguration, la rédaction diffuse un sujet « Sur le terrain » pour le moins compressé – deux minutes, ce que la radio publique appelle « iun reportage long/i » –, dans lequel la narration est majoritairement prise en charge par la multinationale (commandant et second-mécanicien du navire, vice-président du groupe CMA CGM). Plus qu'une dépendance aux sources, l'effacement du journalisme produit inévitablement un dépliant publicitaire : il est ainsi question de « icombustion beaucoup plus propre/i », de « ibénéfices pour l'environnement/i » et même d'un « icoup d'accélérateur sur la décarbonation/i ». La contradiction arrive en queue de comète : « iCe n'est pas une solution de décarbonation, répond l'ONG Transport Environnement, qui rappelle que le GNL reste un gaz fossile./i » Huit secondes : le temps de l'information sur France Inter. Et dire que a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/france-inter-sur-le-terrain/rep-fi-sur-le-terrain-du-jeudi-02-juillet-2026-4047116" class="spip_out" rel="external"sur le site de la radio/a, le chapô du reportage annonçait que si « ile mastodonte se veut moins nocif pour l'environnement, [il] peine à convaincre les associations écologistes/i ». Associations que l'on n'entendra même pas : un cadrage pour le moins survendu au vu du résultat final./p pMêmes écueils dans les journaux télévisés de France 2 et TF1. Au « 13h » de la télé publique (02/07), le reportage parle à juste titre d'une « icourse au gigantisme/i », mais l'expression n'ouvre nullement la voie à la critique écologique. Au contraire : cette course « ipermet aux armateurs de répondre au développement rapide du commerce entre l'Asie et l'Europe/i », explique le journaliste… Tout juste apprend-on que le GNL « iest composé de méthane, 80 fois plus polluant que le CO2 quand il s'échappe dans l'atmosphère/i ». Basta. L'inconséquence éditoriale frôle également des sommets au « 20h » de TF1 (28/06), où dès l'annonce des titres, Anne-Claire Coudray introduit des sujets liés à « ila semaine la plus chaude enregistrée/i »… avant de promettre un reportage « embedded » « ià bord [du] monstre des mers/i ». « iEt preuve que la technologie permet de voir grand/i, s'exclame plus tard la présentatrice, ice porte-conteneurs, l'un des plus imposants du monde, […] fonctionne au gaz naturel !/i » Vient alors un reportage de six minutes s'ouvrant sur une vue aérienne de l'« iogre d'acier/i » – « iDe là-haut, le géant, allongé sur son étendue bleue, semble presque endormi/i » –, où l'écologie devra encore se contenter de la portion congrue : « iQui dit gros moteur dit forcément grosse empreinte carbone/i », concède le reporter, avant de qualifier le fonctionnement au GNL d'« iencourageant/i » , tout en rappelant que « ide par la distance et le volume transportés, la marine marchande reste un secteur très polluant/i ». Fin de l'histoire./p /br div class='spip_document_16606 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cma2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH222/cma2-cd731.png?1783581163' width='500' height='222' alt='' //a /figure /div/br h3 class='article_intertitres'Des logiques exacerbées dans la PQR/h3 p/brOn retrouve les mêmes mécanismes (en pire) dans la presse locale. Du côté de iParis Normandie/i notamment, où la direction a mis les bouchées doubles. En une semaine, le journal a publié pas moins de dix contenus sur le porte-conteneurs CMA CGM. Mais comme le laissaient présager leurs titres, aucun ne parlera d'écologie./p /br div class='spip_document_16604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cma_pn.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH241/cma_pn-38745.png?1783522396' width='500' height='241' alt='' //a /figure /div p/brD'interviews tapis-rouge en publicités déguiséesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb7" class="spip_note" rel="appendix" title="C'est le cas du contenu « Le géant des mers à travers votre objectif » par (…)" id="nh7"7/a]/span, le journalisme se dissout entièrement dans la communication d'entreprise. Mention spéciale à cet article intitulé « "Notre Dame" ouvre une nouvelle voie pour le transport maritime vert », dont le web propose un titre encore plus cavalier : « "Nous basculons du fossile à un carburant vertueux" : Notre Dame, pionnier du transport maritime écologique" » (30/06). Le « ivice-président du Bunkering Energy Transition chez CMA CGM/i » (sic) étant la seule et unique source du journaliste, il n'est pas abusif de parler de « co-écriture » : l'impact environnemental des porte-conteneurs est dit « iamoindri et vertueux/i », là où le GNL est célébré en tant que… « icarburant de l'avenir/i »./p /br div class='spip_document_16605 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cma3.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH258/cma3-d7fef.png?1783581163' width='500' height='258' alt='' //a /figure /div p/brJournalisme et écologie sont aux abonnés absents à iOuest-France/i, également, qui publie certes deux fois moins de contenus que iParis Normandie/i à la même période (cinq entre le 27 juin et le 3 juillet), mais peut en tout état de cause s'enorgueillir d'une interview qui restera dans les annales du « contre-pouvoir », chapitre a href="https://www.acrimed.org/L-entretien-audiovisuel-information-ou-spectacle"« Badinages médiatiques avec les puissants »/a :/p /br div class='spip_document_16603 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH148/cma_of-6d761.png?1783581163' width='500' height='148' alt='' / /figure /div p/br« iBourreau de travail, ascète et secret, le milliardaire fuit la notoriété/i, prévient d'emblée le quotidien régional. iMais pour ce baptême exceptionnel, Rodolphe Saadé a accepté de se livrer comme rarement dans une interview, accordée […] à Ouest-France et à sa filiale spécialisée dans l'économie maritime, Le marin./i » Et qu'on se le dise : là où le « isi discret patron a accepté d'aborder toutes les facettes de son groupe tentaculaire/i », les intervieweurs ont laissé toutes les facettes du journalisme au vestiaire. Dans cette interview de 2 582 mots, le terme « écologie » n'apparaît pas une seule fois. La thématique passe totalement sous les radars des journalistes, qui eurent en revanche toute latitude pour faire valoir des questionnements autrement plus incisifs. Florilège non exhaustif :/p blockquote class="spip" p- Pourquoi avez-vous choisi comme marraine Delphine Arnault ?/p p- Pourquoi baptisez-vous le iCMA CGM Notre-Dame/i au Havre et pas dans votre ville de Marseille ?/p p- Comment choisissez-vous le nom de vos navires ?/p p- Votre groupe a affiché au premier trimestre de meilleurs résultats que ses concurrents. Quand allez-vous devenir n°2 mondial ?/p p- Comment voyez-vous l'avenir du Liban ?/p p- L'Iran représente-t-il un marché d'avenir ?/p p- Qu'attendez-vous de vos médias ?/p p- Vous en demandez davantage [de stabilité, NDLR]. Édouard Philippe, ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron et maire du premier port français, Le Havre, l'incarne-t-elle ?/p p- Il existe un débat au sein du patronat : faut-il parler avec les extrêmes ? Qu'en pensez-vous ?/p p- Pourquoi avoir donné le nom de CMA CGM au stade Océane du Havre ?/p /blockquote pRideau./p pAu terme d'une semaine ponctuée par la publication de contenus à caractère quasi-publicitaire, on pouvait lire dans iOuest-France/i que « ila mer est aujourd'hui confrontée à un défi majeur : celui du changement climatique/i » (02/07). Sursaut de dernière minute ? Voyons plutôt : « iAlors que la CMA-CGM baptise aujourd'hui le plus gros porte-conteneurs français, la présidente du Cluster maritime, Nathalie Mercier-Perrin, rappelle les enjeux majeurs de l'innovation et de la formation pour ce secteur clé de l'économie du pays dans le contexte du changement climatique./i » Résumons : la seule et unique fois où le quotidien iOuest-France/i fait mine de traiter le gigantisme industriel au prisme de la question écologique, il confie l'exercice à la directrice d'une plateforme de lobbying qui défend les intérêts économiques de la filière maritime auprès des décideurs publics. Résultat ? Le « Notre-Dame » de la CMA CGM démontre qu'« iil est possible de concilier échanges mondiaux, compétitivité économique et réduction de l'impact environnemental/i ». En d'autres termes : « iinnover pour naviguer, décarboner pour durer/i ». Et le journalisme se fracassa sur un slogan./p /br centerstrong***/strong/center p/brDans son éditorial de iLa Tribune dimanche/i (28/06), Bruno Jeudy se réjouissait du fait que « iles climatosceptiques ont quasiment disparu du débat public/i » : « iMédias et journalistes ouvertement climatosceptiques sont contraints de la mettre en sourdine. C'est un progrès./i » Sauf que rien n'est moins sûr… iA fortiori/i si l'on prend la peine de ne pas réduire le phénomène au a href="https://www.telerama.fr/television/sur-cnews-la-vague-de-chaleur-ne-peut-rivaliser-avec-la-submersion-migratoire-7031358.php" class="spip_out" rel="external"climato-négationnisme de CNews/a et d'autres a href="https://www.acrimed.org/Dans-les-medias-d-extreme-droite-une-croisade"médias d'extrême droite/a. Sans doute la désinformation scientifique s'incarne-t-elle tout autant – si ce n'est plus – dans les opérations massives de igreenwashing/i comme celle-ci. Opérations auxquelles se livrent (consciemment ou non) les grands médias, incapables de se départir du ronron capitaliste qui conditionne toutes les productions consacrées à « l'économie », « thématique » que les chefferies éditoriales persistent à soustraire à la question écologique./p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanOxfam et Greenpeace, « Les milliardaires français font flamber la planète et l'État regarde ailleurs », a href="https://www.oxfamfrance.org/app/uploads/2022/02/rapport_milliardaires_carbone220222.pdf" class="spip_out" rel="external"février 2022/a./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanAdeme, « Décarboner le maritime : une opportunité industrielle », a href="https://infos.ademe.fr/mobilite-transports/2026/decarboner-le-maritime-une-opportunite-industrielle/" class="spip_out" rel="external"mars 2026/a./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanDe la coalition d'ONG a href="https://www.transportenvironment.org/te-france/articles/limpact-climatique-des-importations-de-gnl-en-europe-est-largement-sous-estime" class="spip_out" rel="external"« Transport Environnement »/a à la campagne mondiale de lutte pour la décarbonation du transport maritime a href="https://saynotolng.org/fr/" class="spip_out" rel="external"« Say no to LNG »/a./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanVoir par exemple les auditions de Valérie Masson-Delmotte, climatologue et co-présidente du Giec (a href="https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20240129/ce_total.html#toc2" class="spip_out" rel="external"29/01/2024/a) et de Lou Welgryn (analyste au sein du cabinet Carbon4Finance et co-présidente de l'association Data For Good (a href="https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20240205/ce_total.html#toc4" class="spip_out" rel="external"08/02/2024/a)./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanLe titre de l'article paru dans l'édition iAujourd'hui en France/i (02/07). Le même article paraît sur le site du iParisien/i (02/07) sous un titre différent : « "C'est le plus grand porte-conteneurs à battre pavillon français" : construit en Chine, ce géant des mers va être inauguré au Havre »./p /divdiv id="nb6" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanLe 2 juillet, l'AFP consacre une deuxième dépêche à ce « ifleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants/i » : pas un mot sur l'écologie./p /divdiv id="nb7" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh7" class="spip_note" title="Notes 7" rev="appendix"7/a] /spanC'est le cas du contenu « Le géant des mers à travers votre objectif » par exemple, dans lequel iParis Normandie/i relaie une opération comm' de CMA CGM : un « iconcours photo/i », où, moyennant récompense (assister à l'inauguration), les participants sont priés de poster des clichés du porte-conteneurs sur Instagram, d'« iidentifier le compte Instagram de CMA CGM/i » et d'« iajouter le hashtag #CMACGMNotreDameAuHavre/i ». Bref : un travail (gratuit) de communicant qui ne dit pas son nom, assuré à la fois par les photographe amateurs… et par iParis Normandie/i./p /div/div
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« Successions 2027 » (France 2) : un safari politique dépolitisé

Acrimed : Action-Critique-Médias - mar, 2026-07-07 07:46
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/successions-cc49b.png?1783413049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pIl y a des émissions qui prétendent réconcilier les citoyens avec la politique. Et qui, pour y parvenir, commencent par retirer à la politique tout ce qui la rend compréhensible : les conflits, les rapports de force, les idéologies, les intérêts sociaux, les contradictions. « Successions 2027 », diffusée en deux épisodes sur France 2 le 14 juin dans « 13h15, le dimanche » – donc en pleine tranche info –, appartient à cette catégorie. Sous couvert de (re)mettre les responsables politiques « au contact des Français », l'émission ressemble surtout à une vaste opération de désarmement intellectuel et symbolique : la présidentielle 2027 n'y apparaît plus comme un affrontement entre visions du monde, projets et programmes, mais comme un diaporama de rencontres humaines, de poignées de main, de regards et de sourires, d'où toute dimension proprement « politique » est soigneusement tenue à distance./p/div div class='rss_texte'h3 class='article_intertitres'Un « casting » présidentiel avant la présidentielle/h3 p/brFrance 2 nous propose de suivre une dizaine de personnalités politiques liées, de près ou de loin, à l'élection présidentielle de 2027, qui seront plongées pour l'occasion dans un ersatz de vie sociale ordinaire. Le titre évoque un soap-opéra, et le a href="https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/77384146" class="spip_out" rel="external"communiqué de presse/a de l'émission donne un avant-goût du spectacle : « i10 politiques au contact des Français/i », un « icasting inédit/i », des rencontres dans des « ilieux inattendus/i », des discussions « isans intermédiaire/i », « iles yeux dans les yeux/i ». Marine Le Pen (RN), Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Marine Tondelier (Les Écologistes), Raphaël Glucksmann (Place publique), François Hollande (PS), Bruno Retailleau (LR), François Ruffin (Debout), Manuel Bompard (LFI), Sarah Knafo (Reconquête) : voici les personnages principaux d'une saison électorale dont France Télévisions tente de rédiger la dramaturgie./p pDe fait, c'est un « show », comme le montre le lexique promotionnel de l'émission. Cette idée de « casting », d'abord, pour évaluer les personnalités de responsables politiques au cours de séquences scénarisées ; les « lieux inattendus », évoquant une simple PME comme un décor insolite ; les « nuances et sourires », indiquant que les conflits et les clivages ne sauraient troubler l'épiphanie de la rencontre./p pL'émission a d'ailleurs choisi de placer Édouard Philippe en exergue, dans la partie générique, lui octroyant une forme de préemption éditoriale : assis à une table, l'ancien Premier ministre sermonne : « iUne campagne, c'est bien saisir l'intimité du pays./i » Voilà la clé du programme. « Successions » cherche bien une intimité : celle des intérieurs, des trajets, des petits objets, des prénoms, des maladresses, des rires et des confidences. Mais cette intimité vaguement voyeuriste se substitue à la politique. Elle ne révèle pas les structures ; elle les évapore./p /br h3 class='article_intertitres'Un safari politique/h3 p/brPour susciter l'intérêt du téléspectateur, France 2 entreprend d'emmener ses protagonistes dans des lieux qui laissent entrevoir, sur le papier, une tension entre l'appartenance partisane de la personnalité politique et le public rencontré : Manuel Bompard dans l'usine d'un patron de PME, François Hollande dans une entreprise de lingerie en redressement judiciaire, Bruno Retailleau dans une fonderie autogérée, François Ruffin au Puy du Fou, Sarah Knafo dans l'école de formation de Thierry Marx (où se trouvent des étrangers), Raphaël Glucksmann dans les quartiers nord de Marseille, Édouard Philippe dans un village de l'Armée du salut au Havre, Marine Tondelier dans l'exploitation productiviste d'un céréalier adhérent à la FNSEA, et Gabriel Attal dans un foyer protestant pour seniors./p pL'occasion d'explorer les contradictions entre des situations sociales réelles et des programmes politiques, en laissant apparaître à l'écran divers points de friction ? Pas vraiment. Si chaque lieu est choisi pour produire un antagonisme attendu – écologie contre agriculture industrielle, gauche institutionnelle face aux quartiers populaires, droite gestionnaire confrontée à la précarité –, l'émission ramène presque toujours ces scènes vers la proximité : le tutoiement, la blague, les formules de politesse. La contradiction sociale ou politique attendue est aussitôt oubliée, chassée par les priorités éditoriales de l'émission : « l'intimité » de la rencontre – avec une science indéniable de la mise en situation : François Ruffin dans un manège, chambrière en main ; Marine Tondelier à genoux, occupée à arracher quelques mauvaises herbes ; Bruno Retailleau maniant une grosse louche de coulée, souffle court ; Glucksmann jouant à la passe à dix avec des jeunes ; Bompard pédalant sur une nationale, un casque vissé sur la tête./p pCet effacement est d'autant plus facile que les responsables politiques sont souvent présentés comme des visiteurs presque ordinaires, en général mal identifiés par celles et ceux qu'ils rencontrent :/p blockquote class="spip" p- Je m'appelle Sarah Knafo et je suis députée européenne./p p- Oh, une députée !/p p- Je ne fais pas ça depuis longtemps, je viens de commencer./p /blockquote pSi la scène semble anodine, elle en dit long sur le dispositif : la fonction, le bilan, l'appartenance partisane ou le programme passent au second plan derrière la scène de contact. On ne voit plus un ancien Premier ministre, un président de groupe parlementaire ou une dirigeante de parti, mais quelqu'un qui arrive, serre la pince, plaisante, écoute, s'étonne, compatit, admire : « iC'est hyper dur ce geste/i » ; « iJ'apprends/i » ; « iEst-ce que vous vous êtes déjà brûlé ? Oui hein, il faut protéger les yeux surtout/i » ; « iÇa me fascine, moi je suis plutôt littéraire/i », etc./p pLa séquence consacrée à Édouard Philippe à l'Armée du salut condense cette logique. Un lieu socialement lourd – où pourrait surgir la question du logement, de la précarité, des politiques publiques, du bilan gouvernemental ou municipal – est converti en décorum d'humanité : accolades, visite attendrie, petit père Noël, doudou, tomates, trémolo sur « c'est beau ce qui se passe ici ». Quand la responsable du site commence pourtant à formuler une demande matérielle – « iNous avons dix chalets, et il nous en faudrait dix supplémentaires…/i » –, l'ancien Premier ministre la coupe net, sur le registre de la plaisanterie : « iVous nous en mettrez dix supplémentaires pour octobre !/i » Fin de la « discussion ». La doléance existe, mais le montage n'en fait qu'une réplique./p pQuant à Bruno Retailleau, il commence son expédition par une longue extase patrimoniale sur les briques d'Albi : « iC'est fantastique, qu'est-ce que c'est beau, toute cette brique/i » ; « iC'est extraordinaire, et c'est doux/i » ; « iAvec le soleil du matin, c'est rosé/i ». Le lieu de travail – la fonderie Gillet – disparaît derrière la carte postale./p /br h3 class='article_intertitres'Des Français « de tous les jours »/h3 p/brQuant aux personnes rencontrées, présentées comme des incarnations « concrètes » du réel – ouvriers et ouvrières, jeunes de Marseille, intermittents du spectacle, retraités, précaires, étrangers –, l'émission leur donne peu la parole. La plupart du temps, celle-ci est d'ailleurs prise en charge par un directeur, un responsable de site, un chef d'entreprise ou un intermédiaire afin d'assurer une transmission conciliante entre les classes populaires et la classe politique en balade. Les tensions potentielles sont ainsi largement édulcorées, filtrées par l'habitus mondain de celles et ceux qui dirigent, administrent ou encadrent./p pL'émission ne fait donc pas disparaître les « Français » – au contraire, elle les surexpose : visages en gros plan, sourires prolongés, intérieurs visités, objets personnels, anecdotes biographiques. Mais cette présence, intimiste, évacue les rapports de classe, de travail, de propriété, de dépendance ou de domination dans lesquels ils sont pris. « Les Français » ne valent ici que comme supports d'ambiance, chargés d'attester que le responsable politique est bien allé « au contact »./p pDe fait, on en apprend très peu sur leurs trajectoires individuelles, leurs conditions matérielles d'existence, leurs préférences partisanes ou les enjeux existentiels qui traversent leurs préoccupations du moment. Quand une brèche s'ouvre, elle se referme presque aussitôt. Un retraité explique qu'il ne gagne que 900 euros par mois ? La séquence ne lui donne ni le temps ni les moyens de contrecarrer la langue de bois professionnelle que lui oppose Gabriel Attal. Un jeune de Marseille confie à Raphaël Glucksmann qu'il préfère Mélenchon ? Il disparaît aussitôt dans le flux, comme un incident mineur de la déambulation. Ils ne sont jamais constitués en sujets politiques./p pDans les lieux de travail, cette logique est particulièrement frappante. L'émission ne montre que le fonctionnement générique de la production : un geste technique, une machine, un savoir-faire, une démonstration. On fabrique, on coule, on désherbe, on apprend. Le travail n'apparaît presque jamais comme rapport social conflictuel, que ce soit sur les salaires ou les conditions de travail. L'empirisme naïf déployé par France 2 débranche les protagonistes du monde social, pour les prendre comme figurants dans sa série au « casting inédit »./p /br h3 class='article_intertitres'Le réel en miettes/h3 p/brCette réduction du réel ne tient pas seulement au choix des lieux ou des interlocuteurs. Elle est également produite par la forme même de l'émission, qui fragmente chaque scène à l'excès, au point d'empêcher toute continuité argumentative (alors même que chaque candidat dispose d'un temps extrêmement comprimé : moins de neuf minutes en moyenne). « Successions » ne raconte pas vraiment des rencontres ; elle juxtapose des éclats d'interactions et mime « l'intimité recherchée » par des plans (très) rapprochés sur le visage des candidats, notamment au moment de l'inévitable séquence (faussement) backstage en train ou en voiture. Dès lors, la vie « politique » apparaît comme une succession de bribes sans conséquences, jamais comme une chaîne de causalité, de choix ou de responsabilités./p pLe montage fabrique ainsi une fausse nervosité. Il donne l'impression d'un pays sillonné, d'une campagne en mouvement, d'une société saisie sur le vif. Mais cette mobilité permanente interdit au débat de s'installer. À peine une objection apparaît-elle qu'elle est recouverte par une plaisanterie, un plan de coupe, un changement de lieu ou le retour à un autre personnage du « casting ». Un plan ne dure jamais plus d'une poignée de secondes, les images sont filmées caméra à l'épaule. La séquence ne développe pas : elle papillonne./p pDans une séquence exemplaire, l'émission passe ainsi sans cesse de Hollande à Retailleau, chacun en visite dans une PME, dans une sorte de ping-pong effréné : Hollande descend de voiture avec la directrice, on entre dans l'atelier, elle commence à expliquer que l'entreprise fait « itout sur place/i », « ide la conception à la commercialisation/i ». Mais déjà, on zappe sur Retailleau qui observe des « crochets » et un moule en impression 3D. Retour illico chez Hollande : « iBonjouuuur. Alors, quelle partie c'est, ça ?/i » On mentionne les bonnets de soutien-gorge. Retour chez Retailleau : « iAh, c'est manuel quand même/i », s'étonne-t-il, avant de siffler. Nouvelle coupe : Hollande devant une machine à coudre, puis Retailleau demandant à un fondeur s'il s'est déjà brûlé, puis Hollande interrogeant une couturière, puis Retailleau maniant un outil, puis Hollande – et ainsi de suite./p pDe cette lessiveuse ne peuvent ressortir que des généralités confondantes, interchangeables, en guise de parole politique. Bruno Retailleau parle de « iprivilégier le travail/i », François Hollande explique que le thème de 2027 sera « il'unité/i », Marine Le Pen disserte sur les « iqualités humaines/i » qui auraient manqué aux autres dirigeants, Gabriel Attal promet de « irassembler les générations/i ». Mis bout à bout, ces fragments semblent parfois composer une conversation. Mais en réalité, personne ne se croise jamais et personne ne se répond. L'émission promettait des discussions « à bâtons rompus » ; elle livre une litanie de banalités découpée en morceaux./p pÀ cet émiettement s'ajoute l'intégration des équipes de tournage à la dramaturgie de la sympathie. On s'est bien gardé de couper les apartés et autres enfantillages avec la caméra : les moments de connivence avec les journalistes comme autant de preuves de naturel et d'épreuves de décontraction. Édouard Philippe plaisante avec la caméraman en voiture (« iVous n'êtes pas morte ?/i ») ; Marine Tondelier interpelle « César » sur son stationnement (« iOn va plier le rétroviseur/i ») ; Raphaël Glucksmann redirige des cris extérieurs vers le cadreur (« iYou are the problem/i »). Déférente, la médiation journalistique ne réintroduit pas de la contradiction ; elle ajoute une couche de familiarité dans laquelle la dilution du contenu politique s'accentue./p /br h3 class='article_intertitres'Le fétichisme de la concorde/h3 p/brDerrière la chorégraphie du terrain et la mécanique du montage se dessine cependant le projet éditorial de France Télévisions avec cette émission : nourrir le fétichisme de la concorde pour tempérer une ambiance présidentielle marquée par la a href="https://www.france.tv/france-5/c-politique/saison-17/8436243-presidentielle-la-tentation-radicale.html" class="spip_out" rel="external"« radicalité »/a, en montrant que toute conflictualité politique peut être absorbée par l'écoute, l'empathie et le compromis./p pSi elle traverse l'ensemble des expériences de terrain proposées aux candidats, cette concorde apparaît dès l'ouverture de la séquence avec François Hollande qui, par un heureux hasard, croise dans le train le ministre des PME. Pierre Papin en profite pour lier « spontanément » conversation et s'assoit à côté de l'ancien président sous l'œil gourmand des caméras, avides de complicité transpartisane : « iNon mais je ne vais pas vous embêter longtemps : cinq minutes. C'est dur parce qu'on gère une fin de mandat, on essaye de ne pas rester dans les affaires courantes, d'amener une dynamique, un legs qui soit intéressant./i » Hollande opine, prévenant : « iIl faut faire comme si ça ne s'arrêtait pas./i » Le ministre poursuit : « iOui, et puis la crise iranienne… on essaye de ne pas trouver de bouc émissaire, mais on n'a pas de pognon dans les caisses./i » Les fausses confidences n'iront pas plus loin : une poignée de main chaleureuse apparaît subitement à l'écran./p pCette tendance à la « concorde » apparaît clairement dans les séquences de François Ruffin au Puy du Fou. Si le député était venu pour porter des « critiques sur la vision de l'histoire » proposée par le parc, il capitule rapidement face au dispositif, et finit par rire de bon cœur avec son directeur, De Villiers junior. Elle apparaît aussi, et de façon spectaculaire, dans la séquence Tondelier en visite d'une exploitation gorgée d'intrants chimiques. Tout commence pourtant par un désaccord très concret : « iFini les néonicotinoïdes, le problème c'est qu'on ne m'a pas donné d'alternative/i », explique l'agriculteur. Mais la séquence bifurque rapidement vers la recherche d'un point d'accord. Après avoir déposé son fils à l'école – « iDonc on peut être en campagne présidentielle et déposer son enfant le matin à l'école ?/i » –, Marine Tondelier rappelle au journaliste que son « igrand-père était agriculteur/i », qu'il faisait « ides pommes de terre, des betteraves, des petits pois, enfin bref : le Nord quoi/i », avant d'assurer qu' « ion a intérêt à trouver un terrain d'entente là-dessus/i » et que « itout le monde s'accorde à dire que oui, on a besoin de bosser ensemble/i ». L'agriculteur formule lui-même la concorde possible : avec Tondelier et les Écologistes, « ion a la même destination/i », seul le « ichemin/i » diffère – elle voudrait aller vite, lui plus lentement./p pPuis la rencontre se poursuit sur le mode de la proximité : les bouteilles, la bise, jardinage en commun, rigolades. Et sur les néonicotinoïdes ou le glyphosate, les formules d'accord prennent le dessus : « iNon mais on est d'accord là-dessus que ça devrait être interdit partout/i » ; « iIl faut harmoniser/i » ; « iJe suis d'accord, il faudrait que les Écologistes gèrent la France et l'Europe, et là ce serait hyper harmonisé/i ». Pour finir, tous deux trinquent pour la caméra pendant que Tondelier porte un toast « ià l'avenir de l'écologie et de l'agriculture : ensemble/i »./p pOu comment vaporiser la politique dans une aimable conversation. Et quand on applique ce genre de recettes avec l'extrême droite, le résultat devient vite immangeable./p /br h3 class='article_intertitres'Intronisation de l'extrême droite/h3 p/brOr, il faut souligner que Marine Le Pen bénéficie d'un traitement de faveur qui laisse pantois. Comme on lui accorde de pouvoir choisir elle-même son terrain – sans que l'on sache pourquoi –, elle profite d'un accueil triomphal : un bain de foule acquis à sa personne. C'est la seule que l'on voit entourée d'un réel soutien populaire, déambulant librement en terrain conquis : une foire à Sens, dans l'Yonne, un département tombé dans l'escarcelle du RN./p pMarine Le Pen a également le privilège d'ouvrir l'émission, sur une musique rock conquérante (« Kashmir », de Led Zeppelin). On la voit descendre de voiture sous les hourras de la foule, qui scande « Marine présidente ! », visiblement prévenue. Rapide contrepoint : quelques militants insoumis haranguent au loin sur les détournements de fonds européens. Mais ils ne sont pas interrogés : le montage enchaîne immédiatement sur une voix non identifiée qui lui demande un selfie en hurlant. Les photos s'enchaînent. On peut entendre des « On vous aime ! », dans une intense effervescence sonore et visuelle. France 2 sélectionne ensuite l'interpellation d'une sympathisante, une commerçante qui va finir avec 600 euros bruts de retraite, qui répète qu'elle en a « imarre/i » de l'AME (aide médicale de l'État), comme tous les gens « qui bossent/i ». « iMais pour ceux qui l'ont déjà ?/i » questionne-t-elle. « iAh bah ceux qui l'ont déjà ils ne l'auront plus/i ». Fin de la pastille. « iUne femme au pouvoir, ça fera du bien/i », entend-on alors. « iMais si c'est monsieur Bardella, allons-y banco/i », retient tout de même France 2. De toute façon, « iils pourront dire tout ce qu'ils voudront sur Jordan ou Marine, ça ne changera pas notre vote/i ». Le Pen se fraie difficilement un chemin vers un stand, où la caméra l'attend déjà poliment, pour un nouvel exercice d'admiration, tâte un nourrisson (une voix commente : « iVous pouvez être sûre qu'elle votera pour vous quand elle sera majeure/i »). Le reste à l'avenant, ponctué de relances journalistiques d'une pugnacité rare : « iOn est en temps de crise, Madame Le Pen ?/i » ; « iVous pensez que c'est une campagne qui va se jouer sur le pouvoir d'achat ?/i » ; « iVous restez "ni droite ni gauche", finalement/i », etc. Les derniers mots de la séquence qui lui est dédiée sont pour elle : « iNous, nous défendons les intérêts du peuple français./i »/p /br centerstrong***/strong/center p/brC'est ainsi que « Successions » dépolitise la politique elle-même, ce qui reste une façon de faire de la politique. À force de tout ramener artificiellement au « contact » le plus éphémère, France 2 encourage une démocratie fantôme, où les oppositions disparaissent derrière les images de cordialité. Avec une préférence pour celles de l'extrême droite./p p/brstrongClément Sénéchal/strong/p/div
Catégories: Médias

The Woman-Hating Lie Behind Kidmaxxing | Sonia Shah

Rezo.net - lun, 2026-07-06 20:07
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L80xH120/arton249812-5d79e.jpg?1783361387' width='80' height='120' / The problem with “kidmaxxers” is not just that they're proto-Nazi eugenicists, although they are. These overpaid braggarts have also completely misunderstood the nature of reproduction. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/en-anglais"En anglais/a/b/div

Canicule sur BFM-TV : la mise en spectacle d'une tragédie sans cause

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-07-06 10:45
div class='rss_chapo'pUne journée de canicule sur la chaîne du deuxième plus gros émetteur français de CO2./p/div div class='rss_texte'pPeut-on compter sur les plus grands pollueurs pour nous informer sur le réchauffement climatique ? La question paraît incongrue, mais elle correspond pourtant à la situation de fait dans laquelle nous nous trouvons : la première chaîne d'information en continu, BFM-TV, est dans les mains du deuxième plus gros émetteur de CO2 français, le milliardaire Rodolphe Saadé, propriétaire notamment de l'armateur CMA CGMspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Selon une étude d'Oxfam et Greenpeace : « Les milliardaires français font (…)" id="nh1"1/a]/span./p pNous avons regardé la chaîne pendant une journée entière, vendredi 26 juin, en plein épisode caniculaire. Si le constat d'ensemble est loin de concerner exclusivement BFM-TV – ou les médias des milliardaires, plus généralement –, il est néanmoins implacable : sur la chaîne info de la CMA CGM, il est itoujours/i question des conséquences des fortes chaleurs, ijamais/i des raisons pour lesquelles ces épisodes caniculaires sont plus fréquents, plus précoces et plus violents. Défilé de médecins et de policiers, décompte des morts, conseils rafraîchissement, débat sur la clim, reportages dans les hôpitaux, micros-trottoirs en jungle urbaine ou expéditions joyeuses de reporters les pieds dans l'eau… C'est une constante sur l'antenne : un « présentisme » exacerbé, qui laisse dans l'ombre les causes et les responsabilités du réchauffement, doublé d'un journalisme « de solutions », dépolitisé et axé sur la « irésilience/i » plutôt que sur les transformations structurelles, en particulier des modes de production./p p/brstrong4h30-6h · La « pré-matinale » : « iVous vous sentez irritables ?/i »/strong/p pSur BFM-TV, l'antenne s'ouvre à 4h30 du matin et le ton du journalisme « de proximité » auto-proclamé est donné d'emblée : « iVous vous sentez plus fatigués ou plus irritables ? C'est normal, la chaleur et les nuits trop courtes peuvent jouer sur nos humeurs !/i », lance la présentatrice avec un sourire dans la voix. La tranche info démarre avec les reportages de la rédaction, et l'enchaînement des sujets dit déjà tout de la journée qui va suivre : des touristes américains déçus que les monuments parisiens soient fermés ; des lycéens s'apprêtant « ià passer le brevet sous 40 degrés/i » ; des hôpitaux « isous tension/i » et des infirmières débordées. Les grands thèmes qui vont structurer l'antenne toute la journée sont en place. Priorité au récit platement descriptif : le sujet sur l'hôpital diffusé à 4h30 du matin, par exemple, sera le seul de la journée au cours duquel on entendra une infirmière cégétiste dénoncer ses conditions de travail. Puis, BFM-TV nous montre « ideux images importantes/i » : l'arrivée de 20 tonnes de glaçons à l'Accor Arena, « istockés sur la patinoire de Bercy/i » – l'occasion de voir le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, souriant et à pied d'œuvre ; et les premières images d'orages à Rennes./p pRediffusés en moyenne deux ou trois fois sur la même tranche, les sujets s'enchaînent et avec eux, la télégénie du chaos : ici, la mairie distribuant des packs d'eau minérale ; là, des habitants en proie à une coupure d'électricité. L'écueil ne réside pas tant dans ces choix de sujets que dans leur mode de traitement : quelle que soit la thématique, c'est la forme « micro-trottoir » qui s'impose, au point que l'on a parfois l'impression de regarder un long bout-à-bout de témoignages incohérents. D'autant plus que le montage, qui représente la principale intervention journalistique dans la production de ces « pastilles vidéo » (à défaut d'être des reportages), n'hésite pas à mettre en avant les interventions les plus creuses et anesthésiantes, comme celle de cet habitant, privé d'eau du robinet, qui déclare en bafouillant face caméra : « iDeux litres d'eau par jour c'est un peu juste, mais ce n'est pas de leur faute, ils font ce qu'ils peuvent/i » (« iils/i » étant « les politiques »)./p p/brstrong6h-8h · BFM Première : la chronique du pittoresque/strong/p pLes sujets installés dans la « pré-matinale » se répètent dans la tranche suivante, avec un seul mot d'ordre : conséquences, conséquences, conséquences. Certains de ces sujets versent dans un voyeurisme malsain, sous couvert d'« humanisation » du réel. On se demande, par exemple, quelle peut bien être la valeur journalistique d'un « reportage » filmant en gros plan une personne âgée, alitée, sous assistance respiratoire, le tout habillé d'une musique angoissante… Les bandeaux défilent : « Ventilateur, clim… combien ça va vous coûter ? » ; « Canicule : pourquoi les esprits s'échauffent » ; « Les urgences vont-elles tenir ? », etc. Micros-trottoirs, duplex, retour en plateau : la mécanique bien huilée du remplissage d'antenne à peu de frais. Comme toujours, prime au spectacle et au pittoresque : nous irons ainsi trois fois dans ce petit village de Bretagne où une maison a été frappée par la foudre. BFM-TV a dépêché un « envoyé spécial » pour l'occasion. Parfois, la réalité politique entre par effraction dans l'un de ces « reportages », avant d'en être évacuée imanu militari/i. Il en va ainsi de ce sujet consacré aux récoltes agricoles : en plateau, le présentateur entend parler des « idates de récoltes décalées/i » ; le reporter, en duplex depuis un champ dans l'Essonne, renforce ce cadrage : « iOui, il va falloir s'adapter !/i » Mais dès ses premiers mots, Florent, le maraîcher bio interrogé, politise la question (avec un petit sourire en coin) : « iL'État pourrait nous aider, mais il va préférer se focaliser sur permettre l'agro-industrie [sic] qui réchauffe un peu plus la planète…/i » C'est la première fois, en trois heures d'antenne, que l'une des causes majeures du réchauffement climatique, l'agro-industrie, est mentionnée. Très loin de saisir la perche, le reporter l'interrompt immédiatement pour mieux étouffer le sujet dans l'œuf : « iEt en termes de dates de récoltes, ça va évoluer ? Là, c'est des courgettes et des courges qui sont en train d'être arrosées ?/i »/p p/brstrong8h30 · Le face à face : « iVous avez chacun un rôle à jouer !/i »/strong/p pL'inconséquence éditoriale se poursuit avec le « face à face » d'Apolline de Malherbe. L'invité ce jour-là est Philippe Juvin, député LR et chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris. Mais la présentatrice croit apparemment pouvoir séparer l'homme de l'artiste : ce n'est pas l'élu de droite qu'elle reçoit, « ic'est d'abord le médecin/i ». iA priori/i, rien de répréhensible à parler de la situation hospitalière sur l'une des tranches les plus exposées de la journée. Sauf que Philippe Juvin est aussi rapporteur du budget… lequel continue d'asphyxier l'hôpital publicspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire « PLFSS 2026 : une austérité insupportable pour les soignants », (…)" id="nh2"2/a]/span. Dans un tel cadre, nul ne s'étonnera que l'interview tourne beaucoup autour des responsabilités individuelles face à la canicule. « iAllez-y ! Vous avez chacun un rôle à jouer/i », enjoint le député LR, qui osera même cette petite facétie en fin d'entretien : « iArrêtons de chercher les responsabilités des années précédentes./i » Aucune réaction d'Apolline de Malherbe./p /br div class='spip_document_16597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/bfm_juvin.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH282/bfm_juvin-3dfcd.jpg?1783327524' width='500' height='282' alt='' //a /figure /div p/brstrong9h-10h · Apolline de 9 à 10 : les « idiscours abstraits/i » des climatologues/strong/p pLe « climax » de la journée intervient dans la tranche suivante. Heureuse nouvelle : Apolline de Malherbe reçoit le climatologue et co-auteur du rapport du GIEC, Christophe Cassou. Mais sur BFM-TV le climat est une question trop sérieuse pour être laissée aux seuls climatologues : en face de lui se tient notamment l'éditorialiste « économie » maison, Emmanuel Lechypre. Arrive donc ce qui devait arriver…/p pAlors que Christophe Cassou tente d'en venir aux causes des canicules en évoquant les émissions de gaz à effet de serre, il est interrompu par Emmanuel Lechypre, dans une séquence « Don't look up » appelée à rester dans les annales :/p blockquote class="spip" pstrong- Apolline de Malherbe :/strong Pourquoi on n'a pas réussi à faire quelque chose où on pouvait à la fois lutter contre le réchauffement climatique et s'adapter à l'urgence ?/p pstrong- Christophe Cassou :/strong Parce qu'on ne nous a pas écoutés, nous, scientifiques…/p pstrong- Emmanuel Lechypre :/strong Vous n'avez pas été très convaincants non plus, vous n'avez pas été très convaincants non plus…/p pstrong- Christophe Cassou :/strong Attendez…/p pstrong- Emmanuel Lechypre :/strong Attendez, nan, juste… Au sens où : effectivement, le diagnostic, il est là, mais ce qui compte aussi, c'est le relai de transmission, c'est-à-dire la pédagogie du diagnostic. Or, tous les discours qu'on a entendus, c'était des discours qui étaient très abstraits ! C'était « 2 degrés de réchauffement climatique à horizon 2100 »…/p pstrong- Apolline de Malherbe :/strong Ben c'est pas très abstrait ça ! Franchement, c'est pas très abstrait… […]/p pstrong- Christophe Cassou :/strong Je pense que c'est assez honteux ce que vous venez de dire là. […] Rejeter la responsabilité sur une mauvaise communication de la part des scientifiques, c'est inadmissible./p /blockquote pRésumons la situation : un chroniqueur économique, haut-parleur du prêt-à-penser néolibéral depuis près de quinze ans, employé de l'industriel milliardaire qui se trouve être le deuxième émetteur de CO2 en France, reproche à un auteur du GIEC d'avoir « imanqué de pédagogie/i », ce qui explique selon lui l'inadaptation du pays aux épisodes plus fréquents de canicule. Le problème, c'est le « irelai de transmission/i », soutient Lechypre, sans avoir l'air de bien réaliser qu'il en va là précisément du rôle… des journalistes. « iQui est responsable de l'information des citoyens sur un sujet à forte composante scientifique et technique ?/i, interroge ainsi Sylvestre Huet a href="https://www.lemonde.fr/sciences-au-carre/article/2026/06/30/mesinformation-climatique-qui-est-responsable_6717254_6565027.html" class="spip_out" rel="external"dans iLe Monde/i/a (30/06). iPour répondre correctement à la question, il suffit de s'interroger sur… les métiers de chacun. […] Cette transmission, c'est le métier et la responsabilité sociale de la presse./i »/p pMoins relevée, la seconde partie de l'interpellation d'Emmanuel Lechypre mérite elle aussi son verbatim : pour l'éditorialiste, jusqu'à présent, ces épisodes climatiques, « ic'était ailleurs que chez nous, etc. […] Ce qui choque beaucoup, c'est de voir que l'Europe, c'est le continent qui est le plus frappé, alors qu'on pensait que…/i » Le réchauffement climatique était-il moins « choquant » aux yeux d'Emmanuel Lechypre lorsque ce dernier pensait qu'il ne frapperait que les Océaniens, les Africains, les Asiatiques et les Sud-Américains ?/p /br /br div class='spip_document_16600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bfm_canicule.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH280/bfm_canicule-537bb.png?1783327525' width='500' height='280' alt='' //a /figure /div pDans la suite de l'entretien, Christophe Cassou aura tout de même l'occasion d'expliquer, solennellement : « iOn marche sur deux jambes, l'atténuation et l'adaptation. L'atténuation, c'est la décarbonation. Si on coupe l'une des deux jambes, on tombe./i » Ce sera là la première et la dernière occurrence du terme « décarbonation » à l'antenne de BFM-TV, en ce 26 juin. Et là encore, plutôt que d'embrayer, Apolline de Malherbe fait marche arrière : « iEt on a l'impression que les deux jambes ne vont pas ensemble…/i » Notre observation de l'antenne de BFM-TV un jour de canicule montre, en tout cas, combien l'« iimpression/i » de la présentatrice est érigée en politique éditoriale : prioriser les sujets sur « l'adaptation » et les petits gestes de « résilience », bien souvent de la « débrouille » (pause fraîcheur lors du brevet, couvertures de survie aux fenêtres, touristes réfugiés dans la montagne, etc.) ; reléguer aux oubliettes l'information sur les perspectives structurelles de décarbonation. Un constat permet d'enfoncer le clou : Christophe Cassou sera le seul et unique climatologue invité à s'exprimer ce jour-làspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Nous ne comptons pas ici les deux météorologues et l'hydrologue qui (…)" id="nh3"3/a]/span – à titre de comparaison, 20 médecins ou soignants interviendront tout au long de la journée./p p/brstrong10h-12h · « Arnaud Direct » : la préfecture vous informe/strong/p pEn fin de matinée, les interdictions des grands événements publics tombent : « Solidays et Marche des fiertés annulés ». Le bandeau déroulant des « Alerte Info » relaie les messages du ministère de la Transition écologique et Jérémy Trottin fait quant à lui la lecture des communiqués du préfet de Paris, qu'il découvre en direct sur son téléphone portable. Puis, c'est la commissaire divisionnaire Hélène Denéchère, porte-parole de la préfecture, qui vient directement en plateau annoncer les interdictions préfectorales. « Journalisme de préfecture » est ici un euphémisme./p /br div class='spip_document_16598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/bfm_denechere.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH282/bfm_denechere-d8637.jpg?1783327525' width='500' height='282' alt='' //a /figure /div p/brstrong12h-14h · « Midi BFM » : « iComment ça va ?/i »/strong/p p« iÀ chaque heure, les conséquences de la canicule/i » : c'est peu dire que la nouvelle tranche d'information annonce la couleur. Tandis que les débats de fond et l'information sur les causes ne trouvent toujours aucune place à l'antenne, les mêmes sujets sont rediffusés en boucle : épreuves du brevet, témoignages de baigneurs et, même, un micro-trottoir au principe audacieux, que Christophe Delay explicite : « iNous sommes allés à votre rencontre pour vous poser une question simple : comment ça va ?/i » Quelques minutes plus tard, cette foudre du journalisme d'investigation reçoit un météorologue, ancien fonctionnaire de Météo France devenu entrepreneur, Ruben Hallali. L'occasion d'étoffer un peu l'information ? Non : « iEn fait, si vous l'acceptez, on va parler un peu de vous/i, amorce Christophe Delay. iQu'est-ce qui vous est arrivé ?/i » « iJ'ai perdu mon grand-père lundi/i, répond Ruben Hallali manifestement ému. iJe pense que la canicule a été un accélérateur/i ». Au cours des 10 minutes (cumulées) qui lui sont accordées, le météorologue a tout de même l'occasion de placer que « iles scénarios du Giec sont clairs/i » et qu'on ne peut pas dire, comme Emmanuel Macron, que la France s'est « iadaptée/i ». Mais pour reprendre la métaphore de Christophe Cassou, BFM-TV « ne marche que sur une jambe » : il n'est toujours question que d'adaptation – surtout pas d'atténuation. Et pour légitime que soit l'approche émotionnelle dans le journalisme, on ne peut que déplorer que dix minutes d'antenne avec un météorologue soient polarisées à ce point par le registre du témoignage personnel./p p/brstrong14h-17h · BFM Non-Stop week-end/strong/p pNous voici dans le creux de l'après-midi. Ces trois longues heures s'avèrent extrêmement répétitives. Décompte des morts, surcharge des hôpitaux, interdictions préfectorales, déclarations ministérielles : répétez la formule jusqu'à que le temps s'écoule. Cette nouvelle tranche est l'occasion d'accentuer une tendance déjà bien entamée par les précédentes : l'omniprésence des médecins ou soignants, qui défilent à intervalles de plus en plus serrés. Pas moins de 7 médecins en 2h30 d'antenne (moins la demi-heure de publicité), soit un nouveau toutes les 21 minutes. S'il est plutôt normal qu'un jour de crise hospitalière des soignants s'expriment à l'antenne, tous sont convoqués pour faire l'état des lieux de la catastrophe, non pas pour examiner… les causes du débordement. Il ne sera à aucun moment rappelé, par exemple, que les « trous » dans les finances de l'hôpital public « is'explique(nt) par un sous-financement de l'État/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire « Hôpitaux : des déficits dus en grande partie à un sous-financement de (…)" id="nh4"4/a]/span./p p/brstrong17h-19h · « Le club BFM » : le journalisme sans concession/strong/p pÀ 17h30, le ministre de l'Éducation Nationale Édouard Geffray arrive sur le plateau du « club BFM ». L'entretien porte en premier lieu sur les conditions dans lesquelles se tiennent les épreuves du brevet et du bac, que le ministre a choisi de maintenir nonobstant les températures. S'il est confronté à des images accablantes – des oraux du bac installés dans un parking à Rueil-Malmaison (92), par exemple –, le ministre n'est pas plus embêté que ça par les journalistes. Mieux : au bout de dix minutes, ces derniers délèguent leur rôle de contradicteurs… à des enfants. « iLes enfants des salariés de BFM, on voulait vous les présenter, M. le Ministre/i » : âgés de 4 à 9 ans, ces derniers arrivent en plateau pour questionner Édouard Geffray. « iEst-ce que vous avez la clim dans votre bureau ?/i » ; « iPourquoi quand on va à l'école, on ne travaille pas en ce moment ?/i » ; « iPourquoi y a pas la clim dans les écoles ?/i » ; « iPourquoi à la place de la clim, on ne mettrait pas des arbres dans la cour de récréation pour se mettre à l'ombre ?/i » La naïveté enfantine des questions – qui ressemblent à s'y méprendre à celles des journalistes – permet au ministre de se donner pendant quelques instants le beau rôle du professeur. Et de s'adresser indirectement aux téléspectateurs comme s'ils avaient 8 ans et demi./p /br div class='spip_document_16599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/bfm_geffray.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/bfm_geffray-d497c.jpg?1783327525' width='500' height='281' alt='' //a /figure /div p/brCes deux heures se terminent d'ailleurs en apothéose par un débat guère plus mature entre le député PS et candidat à l'élection présidentielle, Jérôme Guedj, et l'économiste médiatique ultralibéral Marc Touati. Un simulacre de pluralisme. Mais le dispositif est pensé pour que ça ne se voie pas trop : ces deux-là « s'affrontent » ; ils s'écharpent sur « le plan clim », les déclarations de Monique Barbut ou la dette française. Et derrière ce faux duel, l'invisible demeure : les causes parfaitement identifiées du réchauffement climatique ne sont toujours pas évoquées, pas plus que ne sont imaginées les mutations socio-économiques à même de l'« atténuer », ia minima/i…/p p/brstrong19h-20h · « Made in Montebourg » : entre-soi entrepreneurial/strong/p pPar charité, nous passerons vite sur l'heure qui suit, véritable tunnel de propagande entrepreneuriale, au cours de laquelle Arnaud Montebourg invite ses amis – sans les présenter comme tels –, pour vanter les mérites de l'entreprise libre, celle qui n'est pas entravée par les « icongés climatiques/i ». Hélas, l'un de ses invités, Amir Reza-Tofighi, président de la CPME (syndicat patronal rebaptisé « Entrepreneurs ») vend la mèche au bout de quelques minutes… « iQui avez-vous réussi à convaincre de faire le front du "Made in France" […] ?/i », lui demande l'ancien ministre du Redressement productif, comme si les deux ne se connaissaient pas. « iIl y a deux syndicats de salariés, CFTC et CFE-CGC ; on a différents experts… On a vous…/i », étouffe Reza-Tofighi dans un sourire. Tant pis pour les apparences… Un nouvel angle avec lequel la chaîne info entend apparemment parler « sérieusement » d'écologie : le changement climatique, « iune opportunité économique/i » si les investissements sont fléchés vers les entreprises françaises ?/p p/brstrong20h-22h · « 20h BFM » : « iEst-ce que les magasins Leclerc sont devenus des îlots de fraicheur ?/i »/strong/p pStop ou encore ? Réponse avec l'invité qui déboule en plateau à 20h30 : voici Michel-Édouard Leclerc. La présentatrice Alice Darfeuille tient face à elle le président du comité stratégique d'une entreprise, Leclerc, qui, en 2023, a émis 73 millions de tonnes de CO2span class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Selon les propres chiffres du groupe Leclerc." id="nh5"5/a]/span, et se classe dernière au a href="https://reseauactionclimat.org/les-supermarches-francais-mauvais-eleves-europeens-pour-le-climat/" class="spip_out" rel="external"classement « Superlist Environnement »/a co-réalisé par le Réseau Action Climat (RAC) évaluant vingt-sept supermarchés européens en fonction de « ila conformité de leurs plans climatiques avec l'Accord de Paris/i » et « ila manière dont ils orientent leurs ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale/i »./p pMais bien entendu, l'entretien ne portera pas sur le poids de la grande distribution (en général) et celui de Leclerc (en particulier) dans l'empreinte climatique et les émissions de gaz à effet de serrespan class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple Réseau Action Climat, « Alimentation et climat : l'heure (…)" id="nh6"6/a]/span. Florilège des questions adressées au grand patron : « iÇa va ? Vous avez la clim vous dans votre bureau ?/i » ; « iLa clim au bureau, ça ramène les salariés sur site ?/i » ; « iQu'est-ce qui vous frappe depuis le début de cet épisode caniculaire ?/i » ; « iEst-ce que comme les cinémas, les magasins Leclerc sont devenus des îlots de fraicheur ?/i » ; « iEst-ce que par exemple vous vous avez encore des ventilateurs ?/i » ; « iEst-ce que les ventes d'autres produits [ont explosé] ? Les glaces ?/i » Etc./p pAprès 20 minutes conso-conso, Michel-Édouard Leclerc a même l'occasion de se repeindre en écolo sans que la journaliste n'y trouve à redire : « iOn a fait le pas complètement de la transition écologique, nous ne sommes pas du tout climatosceptiques, on ne reviendra pas en arrière !/i » L'occasion d'un teasing commercial pour des offres prochaines de bornes électriques… Au détour d'un développement à propos du transport de marchandises, l'héritier Leclerc évoque Rodolphe Saadé et la CMA-CGM. « iPatron de BFM-TV/i », précise aussitôt Alice Darfeuille. Et deuxième émetteur français de CO2, oublie-t-elle d'ajouter./p /br centerstrong***/strong/center p/brAu chercheur du GIEC Christophe Cassou qui pointait un « idéni de responsabilité/i » collectif à propos du réchauffement climatique, Apolline de Malherbe répondait du tac au tac : « iJ'ai quand même l'impression qu'on en parle beaucoup./i » L'antenne « ien/i » parle en effet « ibeaucoup/i » : ce jour-là, entre 4h30 et 22h, toutes les émissions sont en « édition spéciale canicule ». Mais le bilan est sans appel : BFM-TV n'a traité ique/i des conséquences immédiates de ce nouvel épisode caniculaire, jamais de ses causes ni des transformations structurelles nécessaires pour l'enrayer. Si bien qu'un téléspectateur assidu serait bien en peine, au terme de cette journée, d'exposer ce qu'il a appris à propos de la récurrence et de l'intensification de ces épisodes. Un constat édifiant suffit à mesurer ce trou noir informationnel : au cours de ces 17h30 d'antenne, le mot « idécarbonation/i » n'a été prononcé qu'une seule fois, à l'initiative de Christophe Cassou. Laisser dans l'ombre l'information de fond sur le réchauffement climatique ? Voilà qui ne doit pas déranger le propriétaire de la chaîne./p p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanSelon une étude d'Oxfam et Greenpeace : « a href="https://www.oxfamfrance.org/app/uploads/2022/02/rapport_milliardaires_carbone220222.pdf" class="spip_out" rel="external"Les milliardaires français font flamber la planète et l'Etat regarde ailleurs/a », février 2022./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLire « a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/plfss/plfss-2026-une-austerite-intolerable-pour-les-soignants" class="spip_out" rel="external"PLFSS 2026 : une austérité insupportable pour les soignants/a », iL'Humanité/i, 16/12/2025./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanNous ne comptons pas ici les deux météorologues et l'hydrologue qui défileront au cours de la journée, tous trois venus (et présentés) en tant qu'entrepreneurs « conseils » dans leurs domaines respectifs. Ils n'aborderont pas plus que les médecins le thème des émissions de gaz à effet de serre./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanLire « a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/21/hopitaux-des-deficits-dus-en-grande-partie-a-un-sous-financement-de-l-etat_6667686_3224.html" class="spip_out" rel="external"Hôpitaux : des déficits dus en grande partie à un sous-financement de l'Etat/a », iLe Monde/i, 21/02/2026./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanSelon a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-distributeur-e-leclerc-veut-diviser-par-deux-ses-emissions-de-co2-d-ici-2035-20250415" class="spip_out" rel="external"les propres chiffres/a du groupe Leclerc./p /divdiv id="nb6" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanVoir par exemple Réseau Action Climat, a href="https://reseauactionclimat.org/publications/alimentation-et-climat-lheure-des-comptes-pour-les-supermarches/" class="spip_out" rel="external"« Alimentation et climat : l'heure des comptes pour les supermarchés »/a, 2023./p /div/div
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Misogynie et botanique : comment le patriarcat s'est infiltré dans nos jardins | Marie Astier et David Richard

Rezo.net - dim, 2026-07-05 09:26
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH80/arton249811-fb492.jpg?1783236456' width='120' height='80' / Des savoirs effacés et des noms de plantes sexistes : une balade organisée par l'association Les Mutines indigènes, dans le Gard, a permis de mesurer les biais qui parcourent encore le monde de la botanique. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/reporterre"Reporterre/a/b/div

Les médias contre Mélenchon et LFI : 15 ans de diabolisation (vidéo)

Acrimed : Action-Critique-Médias - sam, 2026-07-04 11:19
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/blast8-376a3.jpg?1783156750' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" / div class='rss_chapo'pHuitième épisode de a href="https://www.acrimed.org/+-Acrimed-sur-Blast-+"« 4e pouvoir »/a, l'émission vidéo d'Acrimed sur Blast./p/div div class='rss_texte'iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/NrWl84bQRPY?si=iDoSRhQ_IEB7de2S" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen/iframe/div
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Rapport du World Inequality Lab : 50 ans après, le nouveau rapport Meadows ?

rezo.net - la sélection - sam, 2026-07-04 08:09
la baisse du temps de travail du scénario Convergence Soutenable est historiquement modeste. Un simple calcul contrefactuel le montre : si l'intégralité des gains de productivité horaire engrangés en Europe depuis les années 1960 avait été convertie en temps libre plutôt qu'en production supplémentaire, nous travaillerions aujourd'hui autour de 450 à 500 heures par an – une dizaine d'heures par semaine. Dans les faits, le temps de travail n'a reculé que d'un quart depuis les années 1960, parce que les trois quarts de ces gains ont servi à produire et à consommer davantage. En ce sens, la semaine de 25 heures du WIL ne fait que rattraper une partie du temps libre que nous aurions pu nous offrir depuis un demi-siècle. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Bon Pote/a/b/div

Rapport du World Inequality Lab : 50 ans après, le nouveau rapport Meadows ?

Rezo.net - sam, 2026-07-04 08:09
la baisse du temps de travail du scénario Convergence Soutenable est historiquement modeste. Un simple calcul contrefactuel le montre : si l'intégralité des gains de productivité horaire engrangés en Europe depuis les années 1960 avait été convertie en temps libre plutôt qu'en production supplémentaire, nous travaillerions aujourd'hui autour de 450 à 500 heures par an – une dizaine d'heures par semaine. Dans les faits, le temps de travail n'a reculé que d'un quart depuis les années 1960, parce que les trois quarts de ces gains ont servi à produire et à consommer davantage. En ce sens, la semaine de 25 heures du WIL ne fait que rattraper une partie du temps libre que nous aurions pu nous offrir depuis un demi-siècle. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Bon Pote/a/b/div
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