« Il était grand temps que ça arrive » : le militant d'extrême droite interrogé par le média Lyon mag quelques jours après la mort de son camarade Quentin Deranque a du mal à cacher sa joie. Les militants d'extrême droite et néonazis qui se sont rués sur le drame n'ont pas non plus cherché à bien ajuster leur hommage puisqu'ils ont diffusé pendant plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, un visuel montrant un visage qui n'était pas celui de Deranque mais celui d'un militant RN des Pyrénées Atlantique qui a depuis porté plainte, sans que la diffusion de son portrait s'arrête pour autant. “L'hommage” à Quentin Duranque ainsi que les réactions politiques et médiatiques à sa mort se sont fait dans la précipitation, la précipitation de celles et ceux qui sont ravis qu'un tel événement survienne, car il leur a permis deux choses : d'abord, stigmatiser une fois encore la gauche incarnée par la France Insoumise. C'est-à-dire une gauche économiquement modérée – ce qui est insupportable à la bourgeoisie pour qui 2% de taxe Zucman est déjà intolérable – mais socialement très à contre-courant des récits dominants puisque ouvertement multiculturaliste. Mais surtout, en opérant cette stigmatisation et en lui donnant une nouvelle justification (l'extrémisme et la violence de ses partisans), ils blanchissent une bonne fois pour toute l'extrême droite et justifient ainsi une alliance des partis bourgeois avec elle. Le cordon sanitaire a été inversé : il est désormais placé contre la gauche, tandis que le RN et l'extrême droite ainsi victimisés sont accueillis à bras ouverts dans “l'arc républicain”.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration magazine/a/b/div
Je ne sais pas si tout est politique, mais s'il y a des minutes qui le sont, politiques, ce sont bien les minutes de silence. C'est un fait : ces minutes sont rares, elles sont donc le fruit d'un choix politique, d'une élection au sens le plus fort du mot. ll est donc politiquement significatif qu'une minute de silence soit décidée et tenue. Et politiquement instructif d'observer quels morts bénéficient de cet hommage, donc quelles vies sont reconnues comme dignes d'être honorées. Et quelles vies ne le sont pas.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div
La revendication de « choisir sa mort » repose sur la fiction d'un individu complètement autonome. La mort se substitue à la solidarité envers les plus vulnérables.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/l-humanite"L'Humanité/a/b/div
Dans les camps informels du littoral nord, des femmes venues du Soudan, d'Erythrée, de Syrie ou du Tchad inventent des formes de solidarité discrètes mais vitales. En quelques jours, des inconnues deviennent des alliées indissociables face aux violences institutionnelles. Reportage.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/orient-xxi"Orient XXI/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/sequence_montage-66afe.png?1771870370' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pRouleau compresseur./p/div
div class='rss_texte'pC'est une actualité qui a écrasé toutes les autres pendant une semaine entière : la mort de Quentin Deranque, a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/160226/mort-de-quentin-deranque-retour-sur-le-parcours-d-un-militant-neofasciste" class="spip_out" rel="external"militant néofasciste/a tué après une rixe avec des militants antifascistes, a totalement saturé le débat public. Les premières informations tombent un vendredi soir (13/02), en fin d'après-midi, et l'emballement est presque immédiat. Tout est réuni pour que les médias ne parlent plus que de ça : des vidéos accablantes ; un récit des événements installé par des petites vedettes de l'extrême droite médiatique ; l'implication potentielle de membres du collectif antifasciste (dissous) la Jeune Garde et de l'assistant parlementaire d'un député LFI ; des déclarations tapageuses émanant d'une très large partie du personnel politique./p
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h3 class='article_intertitres'Dépolitisation et décontextualisation d'un fait médiatique « total »/h3
p/brDevant cette équation, les chefferies éditoriales n'hésitent pas longtemps : la mort de Quentin Deranque devient un fait médiatique « total » qui, dans la hiérarchie de l'information, supplante tous les autres sujets. Unes de journaux, magazines d'actualité, émissions de débats, interviews politiques, journaux d'information, reportages, enquêtes : la presse fait assaut de tous les formats pour traiter l'affaire de Lyon, et l'on a parfois l'impression de lire un seul et même grand journal, au sujet unique. Il n'y a certes pas tous les jours des morts directement liés à des affrontements politiques de rue : nous le disions plus haut, cet élément parmi d'autres raisons matérielles et objectives expliquent, d'un point de vue journalistique, que le sujet fasse « événement ». D'autant qu'à la faveur d'a href="https://www.acrimed.org/Politiser-la-haine-la-strategie-du-buzz"une mécanique désormais bien huilée/a, la machine Bolloré se met instantanément en branle pour faire « effet d'hégémonie » : propulser le sujet sur le devant de la scène et installer son cadrage des événements, main dans la main avec la fachosphère en général et le groupuscule d'extrême droite Némésis en particulier. Sa porte-parole, Alice Cordier, s'est notamment démultipliée d'Europe 1 à CNews, où elle enregistre au moins un passage par jour entre le 12 et le 16 février./p
pC'est néanmoins (très) loin d'être toujours le cas : disposant d'un pouvoir d'agenda et de hiérarchisation, les grands médias sélectionnent les faits de violence qu'ils vont traiter ; disposant d'un pouvoir de problématisation, ils choisissent la manière dont ils vont en parler : certains seront couverts à la manière de faits divers, là où d'autres seront montés en épingle et/ou analysés comme les symptômes de phénomènes sociaux et politiques. La mort d'El Hacen Diarra dans un commissariat ? Fait divers ; une dépêche suffira. Celle de Thomas Perotto à Crépol ? Émissions d'actualité à n'en plus finir, interviews politiques, débats sur le concept frauduleux de « racisme anti-blanc ». L'assassinat de l'ex-rugbyman Federico Martin Aramburú ? Fait divers, attendons le procès. De nombreux médias indépendants ont d'ores et déjà pointé le double standard flagrant que recouvre cette séquence médiatiquespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire par exemple le texte de Rokhaya Diallo « La violence politique à (…)" id="nh1"1/a]/span./p
pParadoxalement, la place qu'occupe l'événement n'est pas le gage d'une meilleure information. La course au scoop entraîne inévitablement ses cohortes d'erreurs ; la complaisance pour un récit directement dicté par une extrême droite dotée d'une crédibilité ia priori/i, sa vague de désinformation ; le commentaire en plateau, sa part de conjectures et de divagations ; l'instantanéité exacerbée, son lot de biais ordinaires : présentisme, déshistoricisation./p
pEt il est peu de dire que les médias ont rechigné à inscrire cette rixe dans son contexte historico-politique. L'enracinement local et les exactions de l'extrême droite lyonnaise sont pourtant documentés a href="https://www.rue89lyon.fr/dossier/lyon-extreme-droite-15-ans-impunite/" class="spip_out" rel="external"depuis longtemps/a ; les mots d'ordre d'auto-défense antifascistes sont centenaires ; les affrontements, à Lyon particulièrement, sont récurrents. Mais nous avons là un fait social et politique qui n'intéresse pas, en règle générale, les médias dominants. Les défilés néofascistes, les expéditions racistes, les agressions et les meurtres commis par l'extrême droite ? Des faits divers, très rarement – pour ne pas dire jamais – des faits politiques, alors que dans le spectre des violences politiques, ils constituent incontestablement, de l'aveu des chercheurs spécialisés, la dynamique la plus saillante de la dernière décenniespan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire par exemple : « Isabelle Sommier, sociologue : "Les violences (…)" id="nh2"2/a]/span./p
pLe traitement médiatique n'a pas « seulement » occulté le contexte : il lui a instantanément préféré un cadrage articulé autour des liens réels ou supposés entre cette actualité… et LFI. Dès lors, le débat médiatique autour de la mort de Quentin Deranque s'est mué en véritable rouleau compresseur destiné à disqualifier, si ce n'est à criminaliser l'antifascisme en général, et LFI en particulier./p
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h3 class='article_intertitres'La « violence » de la gauche sous le feu des projecteurs/h3
p/brLe cadrage est hégémonique et tient dans une équation journalistique toute simple : si l'on voit de la violence politique dans la rue, c'est parce que LFI porte un « idiscours violent/i ». Voici, dans les premiers jours, le « contexte explicatif » que la presse veut bien entendre et laisser exister. Suivisme oblige, il coïncide avec les premières réactions du pouvoir politique et de l'extrême droite qui, tour à tour et sans attendre que les responsabilités pénales soient établies, vont unanimement pointer du doigt La France insoumise : « iIl faut appeler un chat un chat, La France insoumise encourage depuis des années un climat de violence/i », synthétise la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFM-TV (16/02)./p
pLes grands médias s'arrachent les acteurs les plus influents pour le spectacle, invités dans les formats les plus exposés à dérouler le leitmotiv : Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, est au 20h de France 2 le dimanche soir (15/02) ; Gérald Darmanin, ministre de la Justice, trône le même jour dans l'émission dominicale « Le grand Jury » du trio RTL - iLe Figaro/i - Public Sénat ; Jean-Philippe Tanguy dans celle du service public, « Questions politiques » (France Inter et Franceinfo, en partenariat avec iLe Monde/i)… Recueillies en toute complaisance, leurs déclarations font immédiatement l'objet de dépêches AFP, reprises par l'ensemble de la presse. Elles donnent le ton de la couverture qui va suivre : qu'on lise iLibération/i ou iLe Figaro/i, que l'on regarde CNews ou TF1, que l'on écoute RTL ou France Inter, personne ne trouve rien à redire à ce cadrage : la « violence » de LFI est une évidence au sein du journalisme politique et, pour la plupart des médias, sa « iresponsabilité morale/i » est la question qui s'impose./p
pElle est d'ailleurs le sujet de toutes les chroniques, de toutes les interviews politiques et de tous les éditos : « iQuand la violence verbale est ainsi banalisée/i, estime Patrick Cohen, ila violence tout court [...] est toujours au bout du chemin./i » (France Inter, 16/02) Le pluralisme est atone, les interviews se muent en gardes à vue pour les membres de LFI… et en boulevard de calomnies pour ses opposants. Bref, « l'actu » est partout la même : « iLFI dans la tourmente/i »./p
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div class='spip_document_16383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/sequence_tourmente.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH204/sequence_tourmente-c4262.png?1771869306' width='500' height='204' alt='' //a
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p/brLe « deux poids, deux mesures » de la séquence opère également à cet endroit précis du cadrage, et le traitement de l'assassinat de Federico Martin Aramburú, si les faits ne sont pas réellement comparables, est à cet égard un bon indicateur. Dans cette affaire, Loïk Le Priol, principal suspect, mis en examen pour « assassinat », est un militant du GUD, dont les liens avec le Rassemblement National sont avérés. Invité sur France Inter après la mort de Quentin Deranque (17/02), Manuel Bompard reproche aux intervieweurs, qui consacrent alors 20 minutes sur les 28 de l'entretien à la mise en accusation de La France insoumise, de ne pas avoir fait la même chose avec l'extrême droite lors de l'assassinat d'Aramburú. La remarque indigne Benjamin Duhamel et Florence Paracuellos : « iBien sûr que nous l'avons fait !/i » Vérification faite : non, France Inter ne l'avait pas fait. Certes, l'assassinat de Federico Martin Aramburú était dans les journaux du matin, au 13h, et même dans ceux du soir. Mais dans les quinze jours qui ont suivi cet assassinat, pas moins de quatre représentants de l'extrême droite ont défilé dans la même case que Manuel Bompard, celle de 8h20 : dans l'ordre, Marion Maréchal, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Éric Zemmour. Résultat ? Pas une seule question ne leur fut adressée à propos de l'assassinat de Federico Martin Aramburú, ni, ia fortiori/i, sur les liens entre le GUD et le RN ou plus généralement, sur la violence politique d'extrême droite. Pas une seule. À la même époque sur BFM-TV (25/03/22), Apolline de Malherbe posera bien la question à Jordan Bardella, lequel la balayera en une phrase : « iN'essayez pas de chercher des liens./i » Docile, l'intervieweuse n'y reviendra pas : la question n'était pas devenue le sujet prioritaire d'une interview… et encore moins un débat public national./p
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h3 class='article_intertitres'Excommunication de LFI/h3
p/brLe « discours violent » de LFI est un « ça va de soi » journalistique : les journalistes dégainent l'anathème en se croyant dispensés de toute argumentation, en même temps qu'ils passent sous silence la doctrine non-violente qui structure la philosophie du parti de gauche depuis sa naissance, laquelle est répétée clairement et régulièrement dans ses meetings et conférences. Ce refrain, bien sûr, a href="https://www.acrimed.org/La-gauche-irresponsable-ce-que-les-medias-font-au"n'est pas nouveau/a. Quelques signifiants creux permettent aux intervieweurs et aux débatteurs de synthétiser et rabâcher le crédo, comme la « brutalisation » ou la « bordélisation ». Mais que recouvrent réellement ces mots ? Lorsque les journalistes s'aventurent à les caractériser, c'est le drame : sur Franceinfo par exemple, Alix Bouilhaguet, qui n'en est pas à a href="https://www.blast-info.fr/articles/2025/chere-alix-bouilhaguet-boxing-day-58-SpNNP-67TQa2EW23G_Tftg" class="spip_out" rel="external"son premier usage de méthodes déloyales/a, est obligée d'aller piocher dans un meeting… de novembre 2022 pour retenir deux mots contre LFI : « iméthodes impactantes/i ». Remis en circulation sur les réseaux sociaux, le court extrait fabrique naturellement la question de cette grande enquêtrice face au député Alexis Corbière : « i[Jean-Luc Mélenchon] qui demande à ses militants dans la salle de passer à des "méthodes impactantes".... Est-ce que ça, il n'y a pas un crescendo dans une forme d'appel à la violence ?/i » (Franceinfo, 17/02) Une chose est sûre : parmi les commentateurs, il y a un crescendo dans une forme de n'importe quoi./p
pL'actualité a en tout cas donné une nouvelle vigueur à ce mantra journalistique déjà bien installé, et une nouvelle intensité à son matraquage. Il s'agit désormais de faire porter à La France insoumise la responsabilité non plus seulement d'un « discours violent », mais celle d'un homicide : « iAux soupçons d'antisémitisme, à la récente classification à l'extrême gauche, à la litanie des outrances verbales, s'ajoute désormais un mort. Celui de trop ?/i » (iL'Opinion/i, 17/02) « iIls viennent de buter un mec/i », lâche sans retenue le chroniqueur Jérôme Lavrilleux sur RMC (17/02). LFI est un « idanger public/i » en couverture de iL'Express/i, en « iextrême dérive/i » sur celle du iParisien/i ; Mélenchon est un « ipoison/i » à la Une de iLa Tribune dimanche/i et a du sang sur les mains dans iCharlie Hebdo/i./p
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div class='spip_document_16379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/poison.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH171/poison-d6abb.png?1771869306' width='500' height='171' alt='' //a
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p/brDans ce bain de boue, l'extrême droite est à son aise. Elle fait l'agenda ; elle donne le ton... et la profession fait ce qu'elle a l'habitude de faire : caisse de résonance. Jordan Bardella décide-t-il opportunément de convoquer une conférence de presse ? Celle-ci se voit multi-télévisée en direct, avec son lot de bandeaux qui flashent, avant d'être commentée par les professionnels du bavardage comme s'il s'agissait d'une allocution présidentielle. Le dirigeant frontiste réclame-t-il un « front républicain » contre LFI ? C'est précisément ce dont vont discuter les journalistes, lesquels ne l'avaient, du reste, pas totalement attendu pour ce faire…/p
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div class='spip_document_16380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bardella-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH273/bardella-2-834e2.png?1771869307' width='500' height='273' alt='' //a
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p/brAprès avoir à ce point normalisé l'extrême droite, il n'est pas étonnant que les grands médias installent ses mots d'ordre au cœur du débat public : des renversements relayés tantôt froidement comme autant d'actualités dignes d'intérêt – « Mort de Quentin Deranque : Jordan Bardella appelle à un "front commun" contre LFI » (AFP, 18/02) – tantôt très activement, notamment par les chaînes d'information en pointe dans la diabolisation forcenée de la gauche. « Lynchage de Quentin : LFI, nouvel ennemi ? », s'interroge par exemple Franceinfo (16/02) qui, la veille, n'hésitait pas à titrer l'un de ses plateaux : « Ultragauche, antisémitisme : LFI, ennemi politique n°1 ? » (15/02)/p
pCette séquence dessine un paysage dans lequel les médias d'information disparaissent au profit de salles d'interrogatoires, où les journalistes les plus en vue prennent le rôle de policiers… ou de procureurs. Une tendance que l'on observe sous ses traits paroxystiques dans l'audiovisuel, gangréné par l'éditorialisme sous toutes ses formes. Dans ce concert d'invectives et de partis pris à sens unique, le pluralisme est au tapis. À peu de choses près… Tout en apportant de l'eau au moulin en soutenant que LFI « iminimise, nie, et donc banalise la violence/i », Patrick Cohen entend tout de même dénoncer la « icampagne de rejet/i » qui vise le parti de gauche (France Inter, 18/02) : « iSi les mots ont un sens, si on considère que LFI est une organisation criminelle – puisque le mot a été prononcé –, alors il faut la mettre hors d'état de nuire./i » Si l'éditorialiste pensait dérouler un raisonnement par l'absurde, il est d'ores et déjà dépassé par la surenchère et l'hystérisation ambiantes : l'idée est en effet envisagée de façon très sérieuse par ses confrères et discutée comme telle sur plusieurs chaînes au même moment./p
pSur CNews, Éric Naulleau se pose ainsi « ila question de la légalité de LFI, de son interdiction/i ». Idem sur Franceinfo, où Agathe Lambret, intervieweuse du matin, interroge François-Xavier Bellamy sur l'opportunité « id'interdire LFI/i » (18/02). Sur un mode plus réservé, nombreux sont les éditorialistes à contempler leur œuvre en rêvant que cette séquence marque la « mort politique » de LFI. C'est le cas d'Isabelle Saporta sur LCI (18/02) : « iJe pense que c'est la fin de Mélenchon […]. Je pense qu'il n'y aura plus de deuxième tour de Mélenchon./i » Suivie un peu plus tard par Ruth Elkrief, qui ne livre pas les mêmes conclusions… mais témoigne du même espoir : « iEst-ce qu'il va survivre à cette crise ? Moi je crois hélas que oui… Ce n'est pas normal, ce ne serait pas normal…/i » Mettre LFI « hors d'état de nuire » : tel est bien l'objectif de la séquence politico-médiatique./p
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h3 class='article_intertitres'Haro sur l'antifascisme/h3
p/brL'autre renversement majeur, symptôme s'il en est de l'extrême droitisation généralisée du débat public, concerne bien sûr le traitement de l'antifascisme. À la faveur d'une symétrisation dépolitisée et totalement dénuée de sens, le récit journalistique fait état « au mieux » de « violences » entre « extrêmes »span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Charlie Hebdo figure cette symétrie (16/02) : ." id="nh3"3/a]/span./p
pCertains commentateurs poussent l'orwellisation un cran plus loin : « l'antifascisme, c'est le fascisme ». Le slogan, qui demeurait jusqu'il y a peu l'apanage des habitués de CNews, se retrouve aujourd'hui sur le fronton de iMarianne/i :/p
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div class='spip_document_16378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/marianne20260219.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH537/marianne20260219-7dac7-d772a.jpg?1771869307' width='400' height='537' alt='' //a
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p/brDe toute façon « ile fascisme n'existe pas en France/i » : c'est Renaud Pila qui le hurle sur LCI (18/02). Thomas Legrand – qui trônait le mois dernier dans iLibération/i pour sonner l'alerte de la 25e heure au sujet de la « banalisation » de l'extrême droite –, titre aujourd'hui son billet : « S'acharner sur un homme à terre, ce n'est pas antifa, c'est fa ». Quand le bruit médiatique fait la boussole, l'inconséquence fait la ligne éditoriale…/p
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div class='spip_document_16381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH536/legrand-814f3.png?1771869307' width='500' height='536' alt='' /
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p/brPoursuivons avec LCI qui, a href="https://www.acrimed.org/Desinformation-sur-la-ZAD-de-Notre-Dame-des"huit ans après s'être demandé si les zadistes étaient « ides "terroristes" comme les autres/i »/a suit la même dynamique en organisant un débat intitulé « Faut-il classer les antifas comme terroristes ? » (18/02) Le iJDD/i titre quant à lui sans point d'interrogation – « L'antifascisme, un terrorisme comme les autres » (17/02) – et iLe Figaro/i parle des « ifascistes de l'anti-fascisme/i » (15/02). iL'Opinion/i propose carrément d'« ien finir avec la rhétorique de l'antifascisme/i » (17/02). Sur CNews (17/02), Éric Naulleau résume : « iIl faut arrêter de dire militants antifascistes, ce sont des fascistes, ce sont des nazillons, ce sont les sections nazies qui tabassaient des opposants dans les rues de Berlin./i »/p
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centerstrong***/strong/center
p/brUne « iradicalisation de la diabolisation de l'antifascisme/i » : c'est dans les termes du sociologue Ugo Palhetaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Sur le plateau de Mediapart, 17/02." id="nh4"4/a]/span que nous pourrions synthétiser la nature de cette séquence politico-médiatique. Loin d'être une rupture, et encore moins un accident, elle ne pouvait advenir que sur un terrain progressivement préparé par des années de a href="https://www.acrimed.org/Ce-que-nous-dit-l-acharnement-mediatique-contre"matraquage contre la gauche/a et de a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-et-le-Front-National-"normalisation de l'extrême droite/a. Ce qui pose, au fond, cette question : qui brutalise vraiment le débat public ?/p
p/brstrongJérémie Younes/strong, avec strongPauline Perrenot/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLire par exemple le texte de Rokhaya Diallo « a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/200226/la-violence-politique-l-heure-du-deux-poids-deux-mesures" class="spip_out" rel="external"La violence politique à l'heure du deux poids, deux mesures/a » (Mediapart, 20/02)./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLire par exemple : « a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/19/isabelle-sommier-sociologue-les-violences-politiques-connaissent-une-augmentation-significative-avec-un-doublement-des-agressions-depuis-dix-ans_6667345_3232.html" class="spip_out" rel="external"Isabelle Sommier, sociologue : "Les violences politiques connaissent une augmentation significative avec un doublement des agressions depuis dix ans"/a », iLe Monde/i, 19/02./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spaniCharlie Hebdo/i figure cette symétrie (16/02) :/p
div class='spip_document_16385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH424/charlie-182a2.png?1771869630' width='300' height='424' alt='' /
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/div
p./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanSur le a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/170226/l-antifascisme-risque-d-etre-diabolise" class="spip_out" rel="external"plateau de Mediapart/a, 17/02./p
/div/div
Ni les principaux médias, ni le Gouvernement ne dénoncent ni ne luttent vraiment contre cette violence d'extrême droite et l'engrenage infernal dans lequel elle risque de faire tomber toute la société5, mais ils n'hésitent pas à jouer de ce drame pour diaboliser le principe même de l'antifascisme, jusqu'à tenter de disqualifier, voire de criminaliser, la LFI, l'un des principaux partis d'opposition du pays, juste avant les élections municipales. Manœuvre grossière s'il en est. br /L'UJFP a une pensée solidaire pour toutes les minorités cibles d'oppression ce samedi 21 février 2026, qui croiseraient la route de ces groupes fascistes et néo-nazis : victimes de racisme, de xénophobie, de lgbtphobies, de validisme… faites attention à vous ! br /L'UJFP s'inscrit dans la lutte contre le racisme, le sexisme, l'homophobie et toutes les formes d'oppression sur lesquelles se fonde le fascisme.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"UJFP/a/b/div
Je ne sais pas si les mots vont pouvoir exprimer ce que je veux dire. Exprimer ma tristesse, exprimer ma douleur, exprimer ma perte. La perte de cette grande dame que j'ai toujours admirée, que j'ai toujours respectée, qui a toujours été pour moi le symbole même de la dignité et de l'humanité de la cause palestinienne.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/orient-xxi"Orient XXI/a/b/div
On parle d'inversisme, c'est-à-dire un processus d'inversion des valeurs qui s'est petit à petit installé dans une forme de normalité, en banalisant les formes de discours qu'on ne questionne plus car elles feraient partie du sens commun. C'est ce que le philosophe Antonio Gramsci appelait la philosophie des non-philosophes. Ce processus d'inversion des valeurs s'inscrit dans un tournant qui a lieu dans les années 1980. Ce n'est alors plus la solidarité collective qui est valorisée, mais les responsabilités individuelles qui deviennent un mantra. « There is no such thing as society » (« la société n'existe pas »), affirmait Margaret Thatcher. C'est le moment d'émergence du révisionnisme, qui impose une relecture de l'histoire des opprimés et des luttes sociales. br /« Vouloir catégoriser l'antifascisme comme terroriste, c'est attaquer ce que ce mouvement représente : les droits démocratiques, la justice sociale et la solidarité avec les migrants » br /Dans les discours publics et politiques, cette inversion des valeurs a été favorisée par le fait que les mots ont été peu à peu vidés de leur sens. Le terme de « liberté » ne fait par exemple plus référence à la liberté des peuples, chèrement acquise, mais à celle des multimillionnaires qui dictent de plus en plus les règles du jeu. Elle est devenue un signifiant vide dont l'extrême droite peut se saisir. Ce processus de réécriture de la langue et de l'histoire a pleinement cours aujourd'hui.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/basta"Basta !/a/b/div
On parle d'inversisme, c'est-à-dire un processus d'inversion des valeurs qui s'est petit à petit installé dans une forme de normalité, en banalisant les formes de discours qu'on ne questionne plus car elles feraient partie du sens commun. C'est ce que le philosophe Antonio Gramsci appelait la philosophie des non-philosophes. Ce processus d'inversion des valeurs s'inscrit dans un tournant qui a lieu dans les années 1980. Ce n'est alors plus la solidarité collective qui est valorisée, mais les responsabilités individuelles qui deviennent un mantra. « There is no such thing as society » (« la société n'existe pas »), affirmait Margaret Thatcher. C'est le moment d'émergence du révisionnisme, qui impose une relecture de l'histoire des opprimés et des luttes sociales. br /« Vouloir catégoriser l'antifascisme comme terroriste, c'est attaquer ce que ce mouvement représente : les droits démocratiques, la justice sociale et la solidarité avec les migrants » br /Dans les discours publics et politiques, cette inversion des valeurs a été favorisée par le fait que les mots ont été peu à peu vidés de leur sens. Le terme de « liberté » ne fait par exemple plus référence à la liberté des peuples, chèrement acquise, mais à celle des multimillionnaires qui dictent de plus en plus les règles du jeu. Elle est devenue un signifiant vide dont l'extrême droite peut se saisir. Ce processus de réécriture de la langue et de l'histoire a pleinement cours aujourd'hui.
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Pour l'auteur, l'extrême droite a imposé à la ville un niveau de violences qui nécessite une réponse « par tout le monde ». « Le Planning familial ou un groupe de lesbiennes sont obligés de se former au service d'ordre ou à modifier leur parcours de manifestations en prévision d'actions de l'extrême droite. La question de l'autodéfense s'est posée pour tout le monde, ce n'est pas qu'une affaire d'antifas », détaille l'auteur. br /Car oui, en parallèle, la confrontation physique est également utilisée par certains et les affrontements existent, comme Terres de luttes l'explique. Dans les années 1990, c'est le Scalp. En 2013, la Gale émerge après la mort de Clément Méric, puis la Jeune Garde, en 2018. « Tous ces mouvements antifas ont été créés en réaction au fascisme, c'est dans leur nom. Les villes sans extrême droite ont très peu de présence antifasciste. Ces groupes se montent uniquement là où l'extrême droite agit », remarque Romain Jeanticou.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"20 Minutes/a/b/div
Pour l'auteur, l'extrême droite a imposé à la ville un niveau de violences qui nécessite une réponse « par tout le monde ». « Le Planning familial ou un groupe de lesbiennes sont obligés de se former au service d'ordre ou à modifier leur parcours de manifestations en prévision d'actions de l'extrême droite. La question de l'autodéfense s'est posée pour tout le monde, ce n'est pas qu'une affaire d'antifas », détaille l'auteur. br /Car oui, en parallèle, la confrontation physique est également utilisée par certains et les affrontements existent, comme Terres de luttes l'explique. Dans les années 1990, c'est le Scalp. En 2013, la Gale émerge après la mort de Clément Méric, puis la Jeune Garde, en 2018. « Tous ces mouvements antifas ont été créés en réaction au fascisme, c'est dans leur nom. Les villes sans extrême droite ont très peu de présence antifasciste. Ces groupes se montent uniquement là où l'extrême droite agit », remarque Romain Jeanticou.
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De manière purement statistique, on ne saurait en toute bonne foi mettre dos à dos les collectifs antifascistes et d'extrême droite. Selon la chercheuse Isabelle Sommier, entre 1986 et 2021, sur 53 meurtres à caractère idéologique, 9 sur 10 étaient le fait de l'extrême droite. (Ce type d'assassinat constitue 13 % des violences politiques, qui restent dominées à 70 % par les attaques meurtrières perpétrées par des islamistes, concentrées pour plus du tiers sur l'année 2015). br /“Si les coups portés à Quentin Deranque ont été commis par des groupes antifascistes en raison de ses opinions politiques, ce serait la première victime d'un groupe de gauche depuis Action Directe dans les années 1980”, souligne par ailleurs la sociologue dans une interview au Nouvel Obs. br /Elle précise que le camp progressiste a davantage recours à des actions de type “vandalisme” et “affrontements avec les forces de l'ordre”, tandis que l'extrême droite est adepte “des agressions racistes, homophobes ou contre des adversaires politiques”. br /De quoi démentir l'affirmation de Marion Maréchal, selon laquelle “la violence d'extrême droite est dérisoire” et qu'elle “n'existe pas dans notre pays” (sur BFMTV, ce mardi 17 février). br /À l'inverse, LFI – qui a pourtant condamné “la violence physique d'où qu'elle vienne” – est désormais attaquée de toutes parts, accusée d'avoir attisé la violence ayant mené à la mort de Quentin Deranque. Un peu partout, on peut lire que LFI est dans “l'engrenage de la violence” (L'Opinion) ou encore qu'il existe “une complaisance de LFI pour la violence politique” (Gérald Darmanin, sur RTL).
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Bon pote/a/b/div
De manière purement statistique, on ne saurait en toute bonne foi mettre dos à dos les collectifs antifascistes et d'extrême droite. Selon la chercheuse Isabelle Sommier, entre 1986 et 2021, sur 53 meurtres à caractère idéologique, 9 sur 10 étaient le fait de l'extrême droite. (Ce type d'assassinat constitue 13 % des violences politiques, qui restent dominées à 70 % par les attaques meurtrières perpétrées par des islamistes, concentrées pour plus du tiers sur l'année 2015). br /“Si les coups portés à Quentin Deranque ont été commis par des groupes antifascistes en raison de ses opinions politiques, ce serait la première victime d'un groupe de gauche depuis Action Directe dans les années 1980”, souligne par ailleurs la sociologue dans une interview au Nouvel Obs. br /Elle précise que le camp progressiste a davantage recours à des actions de type “vandalisme” et “affrontements avec les forces de l'ordre”, tandis que l'extrême droite est adepte “des agressions racistes, homophobes ou contre des adversaires politiques”. br /De quoi démentir l'affirmation de Marion Maréchal, selon laquelle “la violence d'extrême droite est dérisoire” et qu'elle “n'existe pas dans notre pays” (sur BFMTV, ce mardi 17 février). br /À l'inverse, LFI – qui a pourtant condamné “la violence physique d'où qu'elle vienne” – est désormais attaquée de toutes parts, accusée d'avoir attisé la violence ayant mené à la mort de Quentin Deranque. Un peu partout, on peut lire que LFI est dans “l'engrenage de la violence” (L'Opinion) ou encore qu'il existe “une complaisance de LFI pour la violence politique” (Gérald Darmanin, sur RTL).
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img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/albanese_lci-5093a.jpg?1771312886' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" /
div class='rss_chapo'pUne députée propage une fake news, un ministre embraye… et les médias se font caisse de résonance./p/div
div class='rss_texte'pLe 7 février, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires occupés palestiniens, Francesca Albanese, participe en vidéo à un forum de la chaîne qatarie Al Jazeera. Le lendemain, la députée Caroline Yadan reprend sur ses réseaux sociaux un visuel publié sur Instagram et X par une ancienne responsable de l'American Jewish Committee (AJC), qui met en exergue une (prétendue) citation de la rapporteuse lors de son intervention :/p
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figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH750/albanese_visuel-7d682.jpg?1771258858' width='500' height='750' alt='' /
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p/brLa députée agrémente le visuel d'une « idemande [officielle] au Ministre des affaires étrangères de réagir en sollicitant la révocation immédiate d'Albanese de ses fonctions officielles à l'ONU/i » (X, 8/02). Le 10 février, la députée relaie un montage vidéo diffusé l'avant-veille par la chaîne Youtube de l'ONG UN Watch, décrite a href="https://www.lefigaro.fr/international/l-agence-de-l-onu-pour-les-refugies-palestiniens-a-nouveau-accusee-d-etre-infiltree-par-des-agents-du-hamas-20251107" class="spip_out" rel="external"par iDie Welt/i/a comme un « igroupe de pression pro-israélien/i ». Celui-ci contient une coupe de 46 secondes, qui tronque de la même façon que le visuel les propos de Francesca Albanese : a href="https://x.com/caissesdegreve/status/2021892249726906489" class="spip_out" rel="external"elle n'a pas prononcé « Israël est l'ennemi commun de l'humanité »/a./p
pAu départ, la manipulation (grossière) n'est reprise et endossée que par des titres marginaux. iCauseur/i, le 9 février : « iScandale : lors d'un forum organisé par la chaîne arabe Al Jazeera, la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens a déclaré […] que "l'humanité a un ennemi commun : Israël"/i ». Ou Atlantico, le 10 : « iObsédées résiduelles : Francesca Albanese désigne Israël comme "ennemi commun de l'humanité"/i »./p
pÀ compter du 10 février, la « polémique » prend une autre dimension, après que Caroline Yadan parvient à convaincre une cinquantaine de députés, la plupart de son groupe (Renaissance), d'adresser un courrier à Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, pour réclamer la démission de Francesca Albanese, sur la base de cette déclaration qu'elle n'a pas tenue. Atlantico, encore, publie une interview de Caroline Yadan (11/02), opportunité pour recycler une nouvelle fois, et dès la première question, la fake news sur « Israël ennemi de l'humanité » : « iQuelle est votre réaction à chaud quand vous voyez une chaîne financée par les Français presque glorifier Francesca Albanese, alors qu'au même moment elle s'affiche avec le Hamas pour désigner Israël comme "ennemi de l'humanité" ?/i » Il est frappant de constater que tout est faux dans cette question : Francesca Albanese n'a pas désigné Israël comme « ennemi de l'humanité » ; elle ne s'affichait pas avec le Hamas pour ce faire ; le a href="https://www.arte.tv/fr/videos/125537-000-A/disunited-nations-proche-orient-l-onu-dans-la-tourmente/" class="spip_out" rel="external"documentaire d'Arte/a sur lequel portait l'entretien, factuel lui, ne glorifiait en rien Albanese./p
pNonobstant, l'opération politico-médiatique de Caroline Yadan est un succès : le jour-même, lors des questions au gouvernement, diffusées sur LCP, la députée obtient que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot condamne les propos imaginaires de Francesca Albanese et réclame sa démissionspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« La France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables (…)" id="nh1"1/a]/span. Les effets de l'officialité se font immédiatement sentir : une dépêche AFP tombe en fin d'après-midi et se retrouve partout. « Des "propos outranciers et coupables" : la France réclame la démission de la rapporteure spéciale de l'ONU pour les territoires palestiniens après des déclarations visant Israël » (11/02), reprennent par exemple France Info ou iLibération/i. Le fait que la dépêche contienne le verbatim exact de Francesca Albanese, qui montre clairement qu'elle n'a pas prononcé la phrase qu'on lui prête, n'empêche visiblement pas les rédactions de titrer sur « ides déclarations visant Israël/i »./p
pCNews en fait l'un de ses débats du soir et le présentateur Gauthier Le Bret cadre la discussion sur la fake news : « iLa rapporteure spéciale de l'ONU pour les territoires palestiniens accusée – c'est plus que des accusations parce qu'elle les a tenus ces propos, vous allez le voir dans le sujet – d'avoir tenu des propos plus qu'hostiles à Israël […]./i » Dans le sujet en question, la chaîne ne va pas jusqu'à diffuser le montage trompeur, et relaie même les dénégations de Francesca Albanese. Peu importe ! Erik Tegnér (iFrontières/i) en profite pour monter en généralité : « iCe n'est pas juste cette femme qui doit démissionner, c'est l'ONU qu'on doit démissionner !/i »/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/albanese_cnews.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH278/albanese_cnews-c7b02.png?1771250854' width='500' height='278' alt='' //a
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p/brJean Quatremer (iLibération/i) partage l'analyse, sur LCI le même jour : « iQuand on écoute ce qu'elle a dit juste avant, cet ennemi commun, c'est Israël/i », affirme-t-il après avoir diffusé un nouveau montage des propos de Francesca Albanese qui, justement… coupe ce qu'elle dit « juste avant ». Quatremer fait lui aussi part des dénégations immédiates d'Albanese sur les interprétations malveillantes de sa phrase, mais n'y croit pas beaucoup, lui non plus : « iÉvidemment qu'elle visait Israël. Et en fait ce qu'elle nous ressort madame Albanese c'est le vieux cliché du complot juif mondial qui a été popularisé par les nazis, mais qui a été revu à la sauce progressiste en complot sioniste mondial./i » Choqué, David Pujadas estime « iqu'on peut comprendre/i » certaines critiques portées par Francesca Albanese, « imais c'est autre chose de dire [qu'] Israël est l'ennemi commun de l'humanité/i ». À ce stade, rappelons que Francesca Albanese n'a jamais prononcé ces mots. Et notons qu'à la suite de sa chronique, Jean Quatremer va recevoir les félicitations publiques de Caroline Yadan sur X : « iMerci à Jean Quatremer pour cette démonstration implacable./i » (11/02)/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/albanese_lci.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/albanese_lci-3f09a.jpg?1771250854' width='500' height='281' alt='' //a
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p/brLe lendemain, certains titres commencent (enfin) à démonter la fausse information. C'est le cas par exemple du iParisien/i : « La rapporteuse de l'ONU pour les territoires palestiniens a-t-elle vraiment dit qu'Israël était "l'ennemi commun de l'humanité" ? » (12/02). De 20 minutes : « Non, Francesca Albanese n'a pas dit qu'Israël était "l'ennemi commun de l'humanité" » (12/02). Ou de France 24, qui y consacre sa chronique « Info ou Intox » : « "Israel est l'ennemi commun de l'humanité" : comment cette phrase a été attribuée à tort à Francesca Albanese » (12/02)/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/albanese_france24.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/albanese_france24-3b721.png?1771258858' width='500' height='281' alt='' //a
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centersmall(visuel produit par France 24 pour ses réseaux sociaux)/small/center
p/brDe façon beaucoup moins claire, iLe Monde/i glisse une information importante au détour d'un article consacré à la déclaration de Jean-Noël Barrot : « iLes autorités françaises n'ignorent pas que les accusations portées par Mme Yadan reposent sur un montage qui déforme à dessein l'intervention de Mme Albanese./i » Peu importe ! iLe Monde/i semble ne pas faire grand cas de cette « révélation », mais d'autres s'en saisissent, comme l'association des Juristes pour le respect du droit international (Jurdi), qui dépose un signalement pour « délit de diffusion de fausse nouvelle » auprès de la procureure de la République de Paris. iLe Figaro/i rapporte ce signalement et en profite pour réemployer la fausse citation dans son titre : « "Israël est l'ennemi commun de l'humanité" : la justice saisie après des accusations de propos antisémites contre une rapporteuse de l'ONU » (12/02)./p
pLe 12 février, alors que la fausse information est donc déjà « débunkée », Franceinfo invite sur son plateau l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka, afin de commenter la fausse citation ! Nathalie Saint-Cricq tentera tout de même un semblant de contradictoire : « iElle se défend en disant que ses propos ont été tronqués…/i » Joshua Zarka l'interrompt et réitère qu'il est évident selon lui qu'elle « iveut dire […] Israël/i »./p
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centerstrong***/strong/center
p/brAu cours de ces quelques jours de propagation d'une fausse nouvelle forgée par le pouvoir politiquespan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Le 16 février, la CNCDH parle d'une « déformation manifeste de ses propos »." id="nh2"2/a]/span, Francesca Albanese a fait deux apparitions dans la presse française, une première sur France 24 (11/02) et une seconde a href="https://www.humanite.fr/monde/francesca-albanese/propos-tronques-sur-israel-francesca-albanese-retablit-les-faits" class="spip_out" rel="external"sur le site de iL'Humanité/i/a (12/02). Les deux fois, elle a fermement démenti les propos qu'on lui prêtait, vidéo et verbatim à l'appui. Peu importe ! Nous en sommes désormais au stade où un faux grossier peut prospérer dans les champs journalistique et politique, en toute connaissance de cause, pourvu qu'il permette de poursuivre une campagne de dénigrement. L'Allemagne, l'Autriche et l'Italie ont d'ailleurs embrayé dans la roue de la France, et demanderont officiellement la démission de Francesca Albanese fin février, lors du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. La fake news a produit ses effets…/p
piAddendum (26/02) : Finalement, comme le précise a href="https://www.humanite.fr/monde/francesca-albanese/apres-avoir-calomnie-francesca-albanese-jean-noel-barrot-retropedale" class="spip_out" rel="external"/iL'Humanitéi/a, « la France n'a pas demandé la démission de la rapporteuse spéciale sur les Territoires palestiniens occupés, contrairement à ce qu'affirmait le ministre des Affaires étrangères »./i/p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« iLa France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese qui visent, non pas le gouvernement israélien dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable./i »/p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLe 16 février, a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lettre-du-bureau-de-la-cncdh-en-soutien-madame-francesca-albanese" class="spip_out" rel="external"la CNCDH parle/a d'une « idéformation manifeste de ses propos/i »./p
/div/div
L'écologie de guerre désigne la possibilité que les impératifs de sécurité des États contemporains les conduisent à s'orienter vers une transition énergétique à laquelle aucun argument issu des pensées écologistes pacifistes traditionnelles n'aurait pu les conduire. Afin d'assurer leur indépendance énergétique, les États ne disposant pas de ressources fossiles propres auraient intérêt à assurer une transition rapide vers des énergies renouvelables…
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Révolution permanente/a/b/div
« Il est important de préciser que l'envoi de la lettre des députés Renaissance au ministre est intervenu après que, sur le réseau social X, plusieurs comptes ont relayé la fausse nouvelle à partir du 8 février, rappelle Patrick Zahnd, président de Juristes pour le droit international. Tel est notamment le cas des comptes de Mme Caroline Yadan, première signataire de la lettre et de Mme Shannon Seban. » br /Les deux élues sont notamment visées par le signalement, pour avoir « persévéré dans leurs affirmations fallacieuses », malgré la rediffusion du passage de Francesca Albanese dans son intégralité sur X. Les juristes derrière le signalement estiment donc que les députés signataires de la lettre, le ministre des Affaires étrangères et plusieurs médias sont fautifs de « délit de diffusion de fausse nouvelle », comme expliqué dans l'article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette dernière prévoit une amende qui peut aller jusqu'à 45 000 euros.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/l-humanite"L'Humanité/a/b/div
« Il est important de préciser que l'envoi de la lettre des députés Renaissance au ministre est intervenu après que, sur le réseau social X, plusieurs comptes ont relayé la fausse nouvelle à partir du 8 février, rappelle Patrick Zahnd, président de Juristes pour le droit international. Tel est notamment le cas des comptes de Mme Caroline Yadan, première signataire de la lettre et de Mme Shannon Seban. » br /Les deux élues sont notamment visées par le signalement, pour avoir « persévéré dans leurs affirmations fallacieuses », malgré la rediffusion du passage de Francesca Albanese dans son intégralité sur X. Les juristes derrière le signalement estiment donc que les députés signataires de la lettre, le ministre des Affaires étrangères et plusieurs médias sont fautifs de « délit de diffusion de fausse nouvelle », comme expliqué dans l'article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette dernière prévoit une amende qui peut aller jusqu'à 45 000 euros.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/l-humanite"L'Humanité/a/b/div
But now we have “AI” and everyone can generate some code. That might work. Or might mine some crypto or give your laptop an STI. Decades of collective work proving that “open source” is not less but at least as secure as commercial offerings now slowing going down the drain. Because a bunch of men – and it is always all men – just don't want to be responsible for their actions. Which is fine if you are 5. But after 18 it gets old really fucking fast. br /We deserve good software in a world where participation is often connected to having access to a computer, to software, etc. We should push towards more reliable software, more secure software, software that is accessible, that protects people against misuse and allows them to be as safe as possible in doing what they want to do. br /What do we get? Slop. Slop generated by guys who – when called out for their irresponsible behavior – just start crying about how they only wanted to “share” or “inspire” or “educate” while handing out running chainsaws to kids. br /And that was what makes me fucking furious. Not just these dudes being spineless but the disrespect to those who have run serious projects for decades to build a more humane stack. br /And it reminds me that “Open Source” is not enough. Open source code can still be harmful to you and your digital existence, can put you in danger without you realizing it. We need something better. Something more. br /We need to be willing to take responsibility for and care of one another. “AI” generated software is the opposite of that. br /Coda: Never forget. Nothing only men like is cool.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Smashing Frames/a/b/div
Ces événements ont provoqué des prises de position politique virulentes. Certains, en particulier à droite de l'échiquier politique, ont remis en question les politiques récentes de restauration de l'état naturel des cours d'eau, de protection des zones humides et de destruction des barrages. Elles ont conduit à des appels à la suppression de l'Office français de la biodiversité lors des manifestations agricoles, proposition reprise par le sénateur Laurent Duplomb devant le Sénat le 24 janvier 2024. br /Les aménagements les plus récents, défendus par de nombreuses structures territoriales, visent à redonner au cycle de l'eau, et en particulier aux rivières, des espaces plus larges et à recréer ou protéger des zones humides. Tous ces aménagements conduisent à ralentir les flux et donc luttent contre les inondations, tout en préservant la biodiversité à laquelle notre santé est liée. Les zones humides sont par exemple les meilleurs ennemis des moustiques tigres, en permettant le développement de leurs prédateurs. Bien qu'ils exigent de concéder des terres agricoles aux milieux naturels, ces aménagements nourrissent les nappes qui restent le meilleur réservoir pour le stockage de l'eau des saisons humides.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Europe Solidaire Sans Frontières/a/b/div
Google informed Thomas-Johnson via a brief email in April that it had already shared his metadata with the Department of Homeland Security, as The Intercept previously reported. But the full extent of the information the tech giant provided — including usernames, addresses, itemized list of services, including any IP masking services, telephone or instrument numbers, subscriber numbers or identities, and credit card and bank account numbers — was not previously known.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/en-anglais"En anglais/a/b/div