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Médias

French police accused over war-like injuries to teenagers in school protests

Rezo.net - ven, 2026-10-16 08:00
Nathalie Tehio, a lawyer and the president of the French Human Rights League, said the fact that only a minority of children's cases would end up before a judge raised concerns that arrests could be unfounded. She said: “There are a record number of arrests … Often, the legal dossiers are empty. In reality, this is more about stopping people from demonstrating. I think there is a sense of hitting hard to try to dissuade people and scare them.” br /Tehio said: “We have received accounts of racist comments made. Lawyers have told us that their clients say they have been humiliated or treated violently or pushed.” br /Romain Boulet, a co-president of France's Association of Criminal Lawyers, said: “Criminal lawyers are worried and raising concerns about the potential misuse of police powers to dissuade citizens aged under 18 from demonstrating.” br /Mohamed Jaite, the president of the Paris branch of the leftwing union Syndicat des Avocats de France, has represented several teenagers stopped in Paris and its suburbs. “I have seen one youth limping in a police station,” he said. “Some have reported being humiliated or receiving racist and sexist insults.” div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-the-guardian-"The Guardian/a/b/div

Apocalypse Now and Then | Arundhati Roy

Rezo.net - jeu, 2026-10-15 21:21
Artificial intelligence is capitalism's final destination div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-en-anglais-"Equator/a/b/div

Retour sur l'évacuation de campement de Stalingrad | le Collectif d'accès au droit

Rezo.net - jeu, 2026-10-15 21:12
Un manque de communication, des associations exclues, des promesses de places d'hébergement et d'absence de mobilier anti-SDF non tenues, le grand n'importe quoi de cette nouvelle opération d'évacuation des campements situés sous la ligne 2 du métro. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/-releve-sur-le-net-"Relevé sur le Net.../a/b/div

“We Can't Punish Our Way Out of This”: A Conversation on Meaningful Accountability After Cornell | The Nation

Rezo.net - mar, 2026-10-13 22:59
A discussion with Rebecca Solnit and Rabbi Danya Ruttenberg about what accountability should look like for survivors of sexual assault and rape. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-the-nation-"The Nation/a/b/div

Des figures des Gilets Jaunes appellent à rejoindre le 17 octobre

Rezo.net - mar, 2026-10-13 10:16
img src='https://rezo.net/IMG/logo/logo-249944.png' class="spip_logo" alt="" style='max-width: 120px;max-width: min(100%,120px); max-height: 120px' / En 10 ans, Macron aura fait souffrir quasiment tous les pans de la société en-dehors des riches, et mis tout le monde dans la rue. Mais séparément. Une combinaison des mouvements lycéens, des Gilets jaunes et d'une grève générale pourrait peut-être le battre enfin. Huit ans après le soulèvement des Gilets jaunes, le pays est en ébullition et quatre figures emblématiques de cet épisode héroïque sortent du silence et appellent à se joindre au 17 octobre. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/-dans-la-presse-"Contre-attaque/a/b/div

Les absents ont toujours tort | Tom Bry-Chevalier

Rezo.net - mar, 2026-10-13 07:39
Pourquoi le validisme demeure-t-il un angle mort si persistant des mouvements d'émancipation ? À partir d'une expérience militante et de l'histoire oubliée des « handicapés méchants », ce texte explore plusieurs hypothèses : l'inaccessibilité matérielle des espaces de lutte, l'hétérogénéité du handicap, le poids du modèle médical et de la charité, mais aussi un imaginaire politique de l'autonomie, du travail et du corps valide qui traverse encore la gauche. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-releve-sur-le-net-"Oblique/a/b/div

J'ai lu le projet de Place publique et ça fait mal | Joseph Fernandes

Rezo.net - lun, 2026-10-12 18:24
img src='http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH63/844737597_122142984261158533_1115338223248867586_n-b180e.jpg?1791822388' class='spip_logo' width='120' height='63' alt="" / Pour qu'on ne vienne pas m'accuser de dire que Raphaël Glucksmann fait une politique de droite sans même m'être renseigné, je me suis plongé dans l'intégralité de l'"Acte Un", le fameux programme de Place Publique. br /Et autant être franc : en tant que personne de gauche, la lecture a été pour le moins douloureuse. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-releve-sur-le-net-"Relevé sur le Net.../a/b/div

Libération (et toute la presse) en extase devant les « sermons » de Delphine Horvilleur

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-10-12 13:47
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/horvilleurentournee-0296e.jpg?1791805660' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pEn promouvant a href="https://www.acrimed.org/Les-resistants-de-la-25e-heure-au-chevet-de-l-ame"une nouvelle fois/a en grande pompe les états d'âme de Delphine Horvilleur concernant Gaza et surtout Israël, les grands médias contribuent à consolider la hiérarchie des voix légitimes et à renforcer les a href="https://www.acrimed.org/Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-1-un"récits hégémoniques/a à propos de a href="https://www.acrimed.org/+-Palestine-+"la question palestinienne/a. Une hiérarchie de l'information déréglée, un pouvoir de consécration dévoyé, un deux poids, deux mesures décomplexé : iLibération/i avait donné le ton dès la fin septembre./p/div div class='rss_texte'pLe dernier livre de Delphine Horvilleur, iSermons sous les décombres/i, paru début octobre dans la nouvelle maison d'Olivier Nora (ex-Grasset), fascine les grands médias français. Partout, le tapis rouge : entretiens louangeurs dans les matinales de France Inter (06/10) et de Radio Classique (08/10), dans iOuest-France/i (06/10) – où Delphine Horvilleur est exposée en manchette à la Une –, mais aussi sur le plateau de « La grande librairie » (France 5, 07/10) ou encore dans les pages du iMonde/i (11/10) et de iLa Tribune dimanche/i (11/10) ; bonnes feuilles dans iLe Figaro/i (06/10) ; comptes rendus béats dans iChallenges/i (07/10), iLa Voix du Nord/i (7/10) – qui salue « iune parole pleine de sagesse/i » –, iLa Croix/i (11/10) – qui honore ses « ipuissantes méditations […] sur la violence/i » –, sans oublier iLe Nouvel Obs/i (07/10), qui célèbre un livre « iinspirant/i » et, « ià l'heure des campismes délétères/i », nous invite à « icheminer avec [Delphine Horvilleur] pour explorer nos propres omissions/i ». Rien que ça. Mais rendons à César ce qui lui appartient : fin septembre, c'est iLibération/i qui ouvrait le bal (et donnait le ton) de cette tournée médiatique promotionnelle./p /br div class='spip_document_16681 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/horvilleurentournee.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH265/horvilleurentournee-860cb.jpg?1791805660' width='500' height='265' alt='' //a /figure /div/br h3 class='article_intertitres'Encenser les censeurs : ibis repetita/i /h3 p/brAu cours des neuf premiers mois de l'année 2026, iLibération/i n'a pas consacré de gros titre de Une à la situation à Gazaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="On recense une couverture sur la Cisjordanie « livrée à la terreur des (…)" id="nh1"1/a]/span. Le 28 septembre en revanche, il a offert sa couverture aux états d'âme de Delphine Horvilleur « isur Israël et Gaza/i », en orchestrant en grande pompe la promotion de son dernier livre./p /br div class='spip_document_16683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/horvilleur_libe.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH648/horvilleur_libe-7feec.png?1791805660' width='500' height='648' alt='' //a /figure /div p/br« iAi-je su voir ou ai-je été aveuglée ?/i » Les tourments oculaires de Delphine Horvilleur, photographiée visage accablé, font logiquement le gros titre du journal, dont les pages intérieures sont sur la même ligne quant à la hiérarchie de l'information : le livre fait l'objet d'un édito signé de la directrice de la rédaction, puis d'un entretien courant sur plus de trois pages – les pages « Événement » –, avant quelques mots d'actualité sur « il'impasse/i » de ce que iLibération/i qualifie encore aujourd'hui de « iconflit meurtrier/i » à Gaza, page 5. D'un côté, près de 20 000 signes pour Horvilleur ; de l'autre, 4 000 pour la Palestine. Flanqué d'un encart publicitaire pour une offre d'abonnement à iLibération/i, l'article sur Gaza n'occupe d'ailleurs même pas un tiers de page à lui tout seul. « iL'enclave vit la pire débâcle économique jamais observée dans le monde/i », rapporte pourtant le journaliste. Pas de quoi voler la vedette à la « iréflexion intime/i » d'Horvilleur./p p« iIl faut saluer le courage de la rabbine/i », nous enjoint ainsi Sonia Delesalle-Stolper dans un édito qui en rappelle un autre : « iIl faut saluer cette prise de parole importante/i », ordonnait l'éditorialiste Thomas Legrand en mai 2025, dans le même quotidien, au moment où, après avoir contribué à légitimer la « iguerre contre le Hamas/i » (iL'Obs/i, 25/10/2023) et à disqualifier le mouvement de solidarité avec la Palestine, Delphine Horvilleur confiait sa crainte de voir l'État d'Israël « is'égarer/i » dans une « ifaillite morale/i » face à « ila tragédie endurée par les Gazaouis/i ». Nous avons longuement écrit sur a href="https://www.acrimed.org/Les-resistants-de-la-25e-heure-au-chevet-de-l-ame"cette séquence médiatique/a, véritable cas d'école de réécriture de l'histoire « en train de se faire », qui entendait transformer les légitimateurs d'hier en opposants d'avant-garde, polarisant l'attention sur « l'âme d'Israël » et assurant la continuité du cadrage dominant depuis le 7 octobre 2023, le tout avec grandes proclamations de « rupture » et de « changement de ton ». Via la célébration d'Anne Sinclair et Delphine Horvilleur, notamment, les grands médias délimitaient alors arbitrairement le périmètre du discours autorisé et légitime. Ainsi que nous l'écrivions :/p blockquote class="spip" pPrescrire l'amnésie et sommer que l'on entende ices/i voix, ici et maintenant. Celles qui ont participé à étouffer les contre-courants minorisés. Celles dont on doit retenir le nom. Celles dont on fait pour cela les gros titres. Celles que « la raison » commande d'applaudir. Celles dont les grands pontes du journalisme « ne peuvent pas ne pas parler », quand il leur fut pourtant si facile d'en piétiner ou d'en ignorer tant d'autres. […] Cette séquence de médiatisation ne fait donc ni plus ni moins que consacrer les acteurs que les grandes rédactions consacraient déjà hier… sur le dos des acteurs qu'elles invisibilisaient ou stigmatisaient déjà hier, et dont la parole reste confisquée./p /blockquote pUn an plus tard, on en est toujours au même point. Mais on est reparti pour un tour./p /br h3 class='article_intertitres'Les voix de Une… et les voix de bas de page/h3 p/brParmi les nombreux auteurs et autrices ayant publié des essais sur la question palestinienne depuis le 7 octobre 2023, tant en France qu'à l'étranger, combien ont eu les honneurs de la première page de iLibération/i ? Sauf erreur de notre part, le précédent remonte au 15 mai 2024, lorsque iLibération/i organisa une « irencontre/i » entre... a href="https://www.blast-info.fr/articles/2025/cher-joann-sfar-boxing-day-30-SEOArjnPQxyyrUi5d6CgAA" class="spip_out" rel="external"l'inénarrable Joann Sfar/a et la journaliste israélienne Lee Yaron, « ichacun [ayant publié] un ouvrage sur le massacre commis par le Hamas et ses conséquences/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Les artistes Joe Sacco et Art Spiegelman ont eu droit à la Une le 20 (…)" id="nh2"2/a]/span. De quoi souscrire à l'interpellation de Taoufiq Tahani, professeur et président d'honneur de l'AFPS : « iLibération, faites un effort pour assurer la promotion de l'excellent livre de Omar El Akkad : "Un jour, tout le monde aura été contre ça". Vous y trouverez des réponses anticipées aux larmes de crocodile de Delphine Horvilleur./i » (X, 28/09) Pour ne donner qu'un seul exemple./p pEn dehors d'angles morts pour le moins problématiques, il serait pourtant injuste de laisser croire que iLibération/i ignore tout des productions éditoriales sur la question palestinienne. Leur traitement différencié, en revanche, nous dit beaucoup des pouvoirs qu'exercent les médias dominants en termes d'agenda, de cadrage et de consécration. Ainsi, aucune ou presque de ces parutions n'aura fait (littéralement) iévénement/i en occupant la Une, l'édito et les premières pages « Événement », consacrées d'ordinaire aux actualités internationales, politiques, économiques et sociales ou écologiques. Le plus souvent, ces parutions ont été cantonnées aux pages « Livres », ou intégrées aux pages « Idées », par exemple via des tribunes de leurs auteurs, qui n'engagent pas la rédaction./p pIronie de l'histoire – ou plutôt révélateur éclatant : une semaine avant le tapage autour de l'essai de Delphine Horvilleur, iLibération/i a consacré une double-page « Livres » à la rentrée littéraire de six auteurs et autrices ayant mis « iau cœur de leurs ouvrages le sort des Palestiniens dans une région déchirée par le conflit. Avec un même désir : donner à voir l'ampleur du désastre comme "ce qu'il y avait avant les décombres"/i ». Dans un paysage journalistique indifférent au sort de la Palestine, un geste médiatique fort aurait pu accompagner cette démarche de visibilisation dans des proportions similaires à celles qui furent déployées pour Delphine Horvilleur. D'autant plus que les ouvrages en question sont le fait d'autrices et d'auteurs d'origine palestinienne, pour la majorité d'entre elles et eux : la journaliste et poétesse palestinienne Nour Elassy, l'écrivain franco-palestino-libanais Jadd Hilal, l'écrivain franco-palestinien Karim Kattan et l'autrice palestinienne Ibtisam Azem, en plus de l'écrivaine franco-suisse Elisa Shua Dusapin et de Joe Sacco, auteur américano-maltais./p pBilan des courses ? La Une, les quatre premières pages du journal et près de 20 000 signes ont été réservés à une seule essayiste, là où six autrices et auteurs, dont quatre Palestinien·ne·s, ont dû se partager moins de 10 000 signes aux pages 34 et 35 du journal. Aucune logique strictement journalistique ne pouvant justifier une telle asymétrie, ce constat mathématique laisse donc iLibération/i face à ses propres choix (et ses propres œillères) éditoriaux…/p /br div class='spip_document_16682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/horvilleur_livres.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH323/horvilleur_livres-1452a.jpg?1791805660' width='500' height='323' alt='' //a /figure /div/br h3 class='article_intertitres'« iIl n'y a plus chez elle d'angle mort/i »/h3 p/brUn an après la séquence de réhabilitation médiatique de personnalités ayant soutenu la dite « riposte israélienne » et discrédité le mouvement de solidarité avec la Palestine, iLibération/i continue de faire preuve d'une mansuétude extrême à l'égard de ces acteurs, à qui l'on prête hauteur de vue, rigueur intellectuelle et probité morale, et dont les positions paraissent indiscutables. L'emphase et la flagornerie sont naturellement de mise : les « iquestionnements [de Delphine Horvilleur] sont à saluer/i, assène Sonia Delesalle-Stolper, itant notre monde vit aujourd'hui de certitudes, assenées comme autant de vérités en noir ou blanc./i » Et les platitudes rivalisent avec les hyperboles :/p blockquote class="spip" pstrongSonia Delesalle-Stolper :/strong Delphine Horvilleur parle maintenant, écrit maintenant, parce qu'elle le peut, parce qu'elle le veut, parce qu'elle est libre. […] Ses mots […] sont aussi un plaidoyer pour l'humanisme, contre l'outrance, la simplification ou les raccourcis. Un plaidoyer qui vaut pour ceux qui défendent la Palestine comme Israël. Là-bas, mais aussi ici en France./p /blockquote pL'entretien-fleuve mené par Alexandra Schwartzbrod ne comprend quant à lui pas le début du commencement d'une contradiction, si bien que les propos de Delphine Horvilleur semblent endossés de A à Z par la direction de la rédaction. Si les positions de cette dernière incarnent la juste ligne, à quoi bon les discuter ? Qu'objecter à un « iplaidoyer pour l'humanisme/i » ? D'autant que Sonia Delesalle-Stolper nous l'assure : « iIl n'y a plus chez elle d'"angle mort"/i ». Vraiment ?/p pS'il n'appartient pas à notre critique des médias de discuter politiquement de la ligne Horvilleur – dont Blast a a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/chere-delphine-horvilleur-boxing-day-96-r6gCisFdSsqnI_1Ovj9ZWw" class="spip_out" rel="external"exposé en longueur/a les « icapacités de "compréhension" […] bornées/i », par exemple s'agissant de a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/gaza-comment-le-genocide-se-poursuit-un-an-apres-le-cessez-le-feu-PaMP7-qfSeqRF04P0LuWKg" class="spip_out" rel="external"la poursuite du génocide/a –, on soulignera simplement que l'entretien regorge de biais en général… et d'angles morts en particulier. Et que si iLibération/i est absolument incapable de les identifier comme tels, c'est précisément parce qu'ils correspondent aux biais et aux angles morts qui, encore aujourd'hui, continuent de structurer le récit médiatique dominant. Entre autres : mépris et dévaluation du droit international, notamment via son assimilation à la position d'un « camp » ; dénégation du a href="https://orientxxi.info/Genocides-et-crimes-de-masse-quelle-reponse-internationale" class="spip_out" rel="external"consensus scientifique et juridique/a autour du génocide, au profit d'arguties morales et de procédés rhétoriques dilatoiresspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="« Seuls les juges pourront à l'avenir se prononcer sur la validité d'un (…)" id="nh3"3/a]/span ; disqualification des contre-pouvoirsspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="À propos du film « Naza » de Yuval Abraham et Rachel Szor, Delphine (…)" id="nh4"4/a]/span ; dépolitisation de la question palestinienne ; neutralisation du débat public français autour de la question palestinienne à travers la mobilisation du mythe du « débat impossible » ou de l'épouvantail de « l'importation du conflit » ; hiérarchisation des racismes, par le biais d'un double procédé consistant à singulariser l'antisémitisme tout en minimisant l'islamophobie et le racisme antipalestinien./p pAucun de ces éléments n'aura inspiré à Alexandra Schwartzbrod le moindre questionnement. Pas même le dernier. Après avoir dénoncé à juste titre l'assignation des juifs à l'État d'Israël – un procédé soit dit en passant régulièrement usité… par l'éditocratie –, Delphine Horvilleur n'hésite pas : « iÀ quel autre groupe demande-t-on de passer un examen de pureté morale, pour obtenir un laissez-passer ou simplement le droit qu'on lui foute la paix ? […] Demande-t-on à des enfants de culture arabe dans des cours d'école de se désolidariser de ce que certains pays musulmans font vivre aux femmes ou aux homosexuels ? Le racisme antimusulman est très présent dans notre société mais il ne prend pas cette forme-là./i » Lancer ce genre d'absurdité à quelqu'un qui s'en émerveille au point de publier fièrement la nouvelle quand a href="https://www.acrimed.org/Interdiction-du-voile-la-mecanique-mediatique-de"une séquence de stigmatisation médiatico-politique/a vient de déferler plusieurs jours durant contre les femmes musulmanes, sommées en direct de plateaux de télévision, à heure de grande écoute, de répondre des politiques iraniennes du seul fait qu'elles portaient un voile : voilà un aveuglement commun qui en dit longspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Les exemples sont en réalité pléthoriques, y compris s'agissant des mineurs, (…)" id="nh5"5/a]/span./p pDe quoi plagier la citation à la Une de iLibération/i en ce 28 septembre : ce journal va-t-il finir par savoir voir… ou continuer de s'aveugler ?/p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanOn recense une couverture sur la Cisjordanie « ilivrée à la terreur des colons/i » a href="https://journal.liberation.fr/liberation/liberation/2026-08-18" class="spip_out" rel="external"le 18 août/a./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLes artistes Joe Sacco et Art Spiegelman ont eu droit à la Une le 20 décembre 2025, « ià l'occasion de la vente de leurs planches au profit de l'Unicef pour les enfants palestiniens/i »./p div class='spip_document_16685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/sacco_libe.jpg' width="400" height="514" alt='' / /figure /div/divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /span« iSeuls les juges pourront à l'avenir se prononcer sur la validité d'un terme [génocide, NDLR] qu'ils n'ont à ce jour pas retenu/i », décrète Delphine Horvilleur, avant de poursuivre : « iComme s'il fallait tenter ainsi de nazifier les juifs. S'agissait-il de se laver d'une mauvaise conscience européenne ou de banaliser la Shoah ? Quelle que soit l'horreur de ce qui s'est passé et se passe encore à Gaza, la comparaison avec Auschwitz est à la fois obscène et très contre-productive./i »/p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanÀ propos du film a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/110926/naza-le-carnage-de-gaza-raconte-par-ceux-qui-le-font" class="spip_out" rel="external"« Naza »/a de Yuval Abraham et Rachel Szor, Delphine Horvilleur déclare : « i"Naza" en hébreu signifie "dommage collatéral" mais pourquoi choisir de diffuser le film qui, à l'étranger, n'évoque rien, à part de façon très subliminale le mot "nazi". Pourquoi encore et toujours nourrir de telles confusions historiques ?/i »/p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanLes exemples sont en réalité pléthoriques, y compris s'agissant des mineurs, pour qui se remémore, par exemple, l'affaire des enfants d'Albertville (cf. les enquêtes de Mediapart (a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/091120/apologie-du-terrorisme-les-familles-d-albertville-disent-leur-stupefaction" class="spip_out" rel="external"09/11/2020/a et a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/300321/apologie-du-terrorisme-des-eleves-accuses-un-fiasco-l-arrivee" class="spip_out" rel="external"30/03/2021/a)./p /div/div
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Refoulement des migrants vers la Libye : les chiffres secrets de Frontex | Clément Fayol, Antoine Harari, et Lila Briand

Rezo.net - dim, 2026-10-11 19:48
L'agence européenne a confié aux milices et aux gardes-côtes libyens le soin de « sauver » plus de 23 500 personnes en Méditerranée entre 2019 et 2024. Malgré les nombreuses accusations de tortures et de racket dans l'enfer des centres de détention du pays. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-dans-la-presse-"Revue21/a/b/div

Médiatiser les représentants des lycéens : tendre le micro… et confisquer la parole

Acrimed : Action-Critique-Médias - ven, 2026-10-09 16:48
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH81/lyceens-12f82.png?1791557323' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt="" / div class='rss_chapo'pDes plateaux télé aux studios de radio, du service public aux médias privés, les interviews de lycéens et de leurs porte-parole se succèdent (un peu) et se ressemblent (beaucoup). À l'instar de a href="https://www.acrimed.org/Mobilisation-des-lyceens-les-editocrates-veulent"leurs soutiens/a, nombre d'entre eux ont dû affronter les injonctions et la morgue de l'éditocratie, dont la démarche se résume en une formule : interviewer pour mieux faire taire./p/div div class='rss_texte'pDébut octobre, alors que le mouvement social gagne des centaines d'établissements partout en France, les chefferies éditoriales n'ont d'autre choix que de donner à entendre lycéens et dirigeants syndicaux de jeunesse, toutes et tous mobilisés contre la casse du service public de l'enseignement. Au cours de la semaine précédant la journée d'action du 6 octobre, ces derniers sont invités dans des dispositifs plus exposés que les sous-espaces (et leurs lots de micros-trottoirs) dans lesquels ils étaient jusque-là enfermés. Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, est par exemple interviewée dans la matinale de RMC (01/10), puis dans celle de France Inter (02/10) aux côtés du président de l'Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani, qui fut aussi reçu dans la matinale de RTL (30/09). Responsable fédéral de l'USL, Philémon Jouglet Marcus est présent quant à lui dans le « 8h30 » de Franceinfo (04/10). Tous ont également été sollicités par les chaînes d'information en continu, à l'instar de Marius Mesnil, co-secrétaire de l'USL, Nathanaël Combary, président de l'association Renouveau lycéen, ou encore Sofia Tizaoui, ex-présidente de l'USL./p pCes interviews ont-elles été l'occasion de faire entendre la voix des lycéens en mettant un coup de projecteur sur les enjeux structurels qu'ils soulèvent et les revendications de fond qu'ils défendent ? Loin de là… Si tous les entretiens ne sont pas également caricaturaux, les journalistes-intervieweurs y campent généralement un rôle de gardiens de l'ordre, endossant au choix la posture de procureurs – sommant leurs invités de « condamner les violences » (des manifestants) ; d'arbitres partiaux – disqualifiant telle ou telle revendication, généralement au nom de l'orthodoxie budgétaire ; de policiers – exigeant des lycéens qu'ils montrent patte blanche et dénoncent la « récupération » du mouvement imputée (exclusivement) à La France insoumise ; ou d'entremetteurs – enjoignant aux lycéens de « dialoguer » avec le gouvernement pour mieux « sortir de la crise ». Et parfois… tout cela en même temps !/p /br h3 class='article_intertitres'De procureurs à entremetteurs : l'éditocratie au service du maintien de l'ordre/h3 p/brConformément à a href="https://www.acrimed.org/Au-JT-de-France-2-poubelles-brulees-partout"la hiérarchie de l'information/a en vigueur dans la plupart des médias dominants, les intervieweurs hissent la question des « violences » (des manifestants) au premier plan de l'agenda, au détriment des revendications des syndicats lycéens et enseignants. Systématiquement à sens unique, les injonctions à « condamner » fusent par conséquent d'un plateau à l'autre… et constituent d'ailleurs un prérequis : aussi marginales soient-elles, les discussions sur les enjeux de fond auxquels sont confrontés les élèves, les professeurs et l'ensemble des professionnels intervenant ou travaillant au sein des établissements scolaires sont la plupart du temps conditionnées au bon respect de la marche journalistique imposée, lequel détermine également l'attitude des intervieweurs à l'égard de leur invité. Quiconque aurait ainsi le mauvais goût d'en dévier, de désaxer le conducteur ou les questions des journalistes, de ne pas s'exprimer dans les termes attendus, voire pire, de critiquer l'agenda et le traitement médiatiques sera impitoyablement renvoyé dans les cordes. Meilleur du pire en vidéo :/p /br centeriframe title="Face aux lycéens : journalistes ou procureurs ?" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/3UUVkqAHBhCirhd6WY2WJ1" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brDans la plupart de ces entretiens, les journalistes ont également endossé une fonction d'entremetteurs, négligeant leur rôle d'intervieweurs pour mieux engager les lycéens sur le chemin du « dialogue » institutionnel, les incitant à porter leurs revendications « iau moment des urnes/i » sept mois plus tard (Myriam Encaoua, Franceinfo, 01/10) ou à « iouv[rir] la porte/i » au ministre de l'Éducation nationale, selon les termes de Marc-Olivier Fogiel (RTL, 30/09), le tout pour mieux répondre à la question que lui (et ses confrères) se posent en chœur : « iComment on en sort, en fait ?/i » Quelques exemples :/p /br centeriframe title="Journalistes ou entremetteurs ?" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/qsE1vSbsUgDZZMfUCYZWEH" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brEnfin, les journalistes ont régulièrement pris des attitudes policières, exigeant de leurs interviewés non pas seulement qu'ils fassent état d'une éventuelle affiliation ipartisane/i, mais, plus avant, de témoigner de possibles « iliens directs ou indirects avec La France insoumise/i » (Quentin Lafay, France Inter, 02/10) ou « iproximité avec La France insoumise/i » (Camille Girerd, Franceinfo, 04/10). Loin d'être appliquée à l'ensemble des invités (lycéens ou non) s'exprimant dans le cadre de ce mouvement social – et c'est un euphémisme –, cette exigence de transparence a même été initialement mobilisée de façon exclusive dans des cas de sympathie présumée pour LFI. À des fins de délégitimation, là encore, néanmoins dans la droite ligne du récit médiatique dominant, n'ayant eu de cesse de véhiculer la représentation complotiste d'un mouvement lycéen a href="https://www.acrimed.org/Mouvement-lyceen-un-complot-de-LFI-selon-l"téléguidé en sous-main par LFI et ses « iproxys d'ultra-gauche/i »/a, dans la roue du gouvernement, de la police et des services de renseignements. Florilège :/p /br centeriframe title="Journalistes ou policiers ?" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/cxXyv8Qg44CWyzhZy6zhnN" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brMais au-delà de ces fonctions symboliques exercées par les présentateurs, les dispositifs contribuent eux aussi au maintien de l'ordre./p /br h3 class='article_intertitres'Déséquilibres et « deux poids, deux mesures »/h3 p/brPremier exemple avec la matinale de Franceinfo (04/10), où le responsable fédéral de l'USL Philémon Jouglet Marcus est invité aux côtés de Carole Zerbib, proviseure d'un lycée parisien : « iOn a voulu vous réunir aujourd'hui tous les deux, un lycéen, une proviseure, pour évoquer les enjeux de la mobilisation du moment/i », expose le journaliste Benjamin Fontaine. Sous le « dialogue », une fausse symétrie, aveugle au rapport de domination qui s'installe sans surprise dès les premières minutes de l'interview croisée. Avant même qu'on le lui demande, la proviseure consacre l'intégralité de sa première intervention à condamner « ila violence/i » de la mobilisation, alors que la journaliste la questionnait… sur son « iampleur/i » : « iCes revendications ne doivent pas être le prétexte pour régler des comptes avec des personnels/i », généralise-t-elle. Benjamin Fontaine embraye : « iEt ça, vous avez pu le dire justement aux représentants syndicaux comme Philémon ?/i » Carole Zerbib : « iBah je lui dis !/i » Le journaliste se tourne vers l'intéressé : « iVous l'entendez ?/i » Et la journaliste Camille Girerd de rebondir quelques secondes plus tard en recadrant Philémon : « iPhilémon, la question c'est : est-ce que vous-même vous avez été surpris par cette violence, est-ce que vous-même vous avez été dépassé ?/i » De quoi installer une certaine ambiance dans le studio, où un adolescent de 16 ans – nécessairement peu familier des plateaux télé quoique représentant syndical – est d'emblée pris à partie, pointé du doigt et mis en porte-à-faux. Sans doute des journalistes (véritablement) soucieux de recueillir sa parole – qui plus est dans une matinale écoutée par 2,5 millions de personnes, en plein mouvement social – se seraient-ils davantage interrogés sur leur mise en scène, tout en redoublant d'efforts pour mettre leur interlocuteur à l'aise. À défaut : un simulacre d'égalité. Loin de s'être démonté, le lycéen s'est toutefois attelé à capter la parole. Au bout du compte, il cumule un temps d'expression plus élevé que celui de la proviseure, en dépit d'un total d'interruptions quatre fois supérieur (15 contre 4)./p pLes déséquilibres sont encore plus importants dans la matinale de RTL. Le 30 septembre, dans l'« ientretien de référence/i » autoproclamé de 8h30, les temps de parole sont tels qu'on se demande qui du journaliste (Marc-Olivier Fogiel) ou du porte-parole des lycéens (Ryad Rani) reçoit l'autre : le président de l'USL s'exprimera 5 minutes et 25 secondes au total ; seulement 40 secondes de plus que… son intervieweur ! Une demi-heure plus tôt, dans la même matinale, l'interview du ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray se soldait par un ratio bien différent : le premier bénéficia d'un temps de parole de 6 minutes et 15 secondes, contre 1 minute et 45 secondes du côté de la journaliste. Au cours de cet entretien, seules deux questions (sur neuf) ont porté sur les « irevendications parfois légitimes des lycéens/i », toutes deux axées sur les « iheures de cours non remplacées/i ». Les enjeux de fond ont été tout autant marginalisés face à Ryad Rani. Ainsi, sur les 19 questions et/ou relances (hors commentaires istricto sensu/i) de Marc-Olivier Fogiel :/p p- 5 portent sur le « idialogue social/i » et les annonces gouvernementales du lendemain, incluant trois remontrances à l'endroit de Ryad Rani, coupable de ne pas avoir engagé de discussion avec le ministre dans les couloirs de RTL !/p p- 5 sont axées sur « ila violence/i » (des manifestants) et « ile côté gangréné du mouvement/i » par « iceux qui sont cagoulés, en gros/i », là où une seule relance portera sur le maintien de l'ordre ;/p p- 4 sont dédiées à la « irécupération politique de LFI/i » et aux représentants insoumis « iqui s'intéressent moins au fond qu'à l'agitation/i » ;/p p- 4 réclament de Ryad Rani qu'il expose les conditions pour que cesse la mobilisation, enjeu majeur aux yeux de Marc-Olivier Fogiel si l'on en croit son disque rayé :/p blockquote class="spip" pstrongMarc-Olivier Fogiel :/strong Concrètement comment on en sort en fait ? Parce que si vous n'allez pas discuter avec les instances de dialogue démocratiques, il y a ces blocages […], comment on en sort en fait ? Vous dites on en sort comment ? Vous, vous l'avez pas fait avant en entrant dans le studio avec le ministre, au micro vous dites quoi ? […] Mais vous lui demandez quoi concrètement ? Concrètement, comment on en sort ? […] Comment vous remettez les élèves en cours ? […] Qu'est-ce qui serait de concret qui ferait que les élèves retournent en cours […] ?/p /blockquote pRyad Rani pourra à ce moment-là parler un tant soit peu du fond. Mais le dispositif a ceci de pervers que si la question des revendications est abordée, en tout cas verbalisée – Marc-Olivier Fogiel prononcera le terme six fois pendant l'interview –, elle n'est jamais l'objet, à proprement parler, de la discussion. Ainsi, le journaliste attend moins de son invité qu'il explique ou détaille des revendications en évoquant réellement la situation « concrète » des lycéens et les problèmes qu'ils dénoncent qu'à ce qu'il liste, brièvement, les conditions auxquelles le mouvement social pourrait prendre fin… et les méthodes envisagées à cet effet. Exemple exemplaire :/p blockquote class="spip" pstrongMarc-Olivier Fogiel :/strong Sur le fond, vous avez entendu le ministre : toutes vos revendications, elles sont légitimes, mais y a des instances de dialogue social, démocratiques, qui sont faites pour ça, et qu'en fait, il suffit d'aller les voir et de discuter avec eux, plutôt que de poser ça aussi fortement sur la table. Et c'est vrai que quand on voit vos demandes, c'est assez disparate. On parle de bâtiments, d'emplois du temps, de téléphones portables, de portions de cantine. Tout ça, c'est de la vie quotidienne des lycéens et c'est bien normal de poser ça sur la table. Mais pourquoi pas le faire dans ces instances de dialogue social ?/p /blockquote pOu comment parler des revendications… pour mieux les évacuer./p /br h3 class='article_intertitres'BFM-TV : le cirque de la « violence »/h3 p/brSi les interviews agissent structurellement comme a href="https://www.acrimed.org/1995-2025-les-medias-contre-les-mouvements"des étouffoirs/a capables de canaliser, d'anesthésier voire de dompter les paroles subalternes, les chaînes d'info réservent aux lycéens les dispositifs les plus violents./p pUn seul exemple, sur l'antenne de BFM-TV, le 1er octobre. Porte-parole de l'Union étudiante, Sabrine Kharbach est invitée dans l'émission conduite par le duo Olivier Truchot/Alain Marschall. Sur 1 heure et 9 minutes d'échanges consacrés au mouvement lycéen, elle s'exprimera à peine 5 minutes en cumulé. Au cours de la première phase d'interview, pour 2 minutes 47 de temps de parole, elle est interrompue par les deux présentateurs à 15 reprises, soit toutes les 11 secondes en moyenne. La situation empire par la suite : 9 interruptions durant sa deuxième intervention de 82 secondes, soit une fois toutes les 9 secondes en moyenne ! Elle parlera brièvement une troisième (et dernière fois), pour un total de 48 secondes…/p pTous les intervenants en plateau ne sont pas logés à la même enseigne. À titre de comparaison, sur la première demi-heure, le policier et délégué national du syndicat Alliance, Stanislas Gaudon, fait une première intervention de 2 minutes et 29 secondes ponctuée de 4 interruptions seulement (soit toutes les 37 secondes en moyenne). Parcours sans trop d'embûche non plus pour le principal de collège Hugues Poirier, récompensé pour avoir consacré la quasi-totalité de son intervention aux « violences » des « jeunes » : 2 interruptions seulement sur 2 minutes et 34 secondes de temps de parole (une fois toutes les 77 secondes en moyenne). Mais au cours de cette même demi-heure, l'intervenant le mieux traité restera le député RN Aleksandar Nikolic : gratifié de la plus « longue » prise de parole en continu (1 minute et 25 secondes), sa première intervention de 2 minutes et 3 secondes n'aura eu à subir qu'une seule coupure. Et pour cause : de dénonciation spontanée des « iviolences graves/i » en condamnations de La France insoumise, en passant par des appels à la « iresponsabilisation/i », son discours est en parfaite harmonie avec le ronron médiatique. La complicité objective entre les deux présentateurs et le député RN éclate dans une intervention où ce dernier remplace les premiers dans la conduite de l'interrogatoire de Sabrine Kharbach. Et reconnaissons-le, il est parfait dans le rôle :/p blockquote class="spip" pstrongAleksandar Nikolic :/strong On ne comprend pas très bien quelles sont les revendications précises. i[Sabrine Kharbach : On nous a pas demandé, hein !]/i Vous avez la parole, c'est dommage que vous ayez utilisé votre temps de parole pour dire plutôt [sic] que c'était des agressions de la police ou parler de choses qui n'ont rien à voir ! Et quand on vous demande de condamner les violences, vous dites : « C'est pas nous qui avons fait ces violences ». Mais en aucun cas vous avez dit : « On condamne les violences »./p /blockquote pLe Rassemblement national, un laquais de l'éditocratie ? Et vice versa. S'ensuivra cet échange :/p blockquote class="spip" pstrong- Sabrine Kharbach :/strong Je suis venue pour parler de fond, monsieur./p pstrong- Olivier Truchot :/strong Pas tout à fait…/p pstrong- Sabrine Kharbach :/strong On ne pose des questions que sur le sensationnel et le spectaculaire. Moi, j'étais venue parler du fond des revendications./p pstrong- Alain Marschall :/strong C'est pas le spectaculaire, c'est le factuel qui s'est passé aujourd'hui./p /blockquote p« iOn a du mal à voir concrètement quelles sont les revendications/i », osera même Olivier Truchot. « On ne veut ni ne cherche à connaître vos revendications » aurait sans doute été une formule plus appropriée compte tenu du bilan chiffré de l'émission. Sur 1 heure et 9 minutes d'échanges consacrés au mouvement lycéen, le chapitre sur « le-mouvement-qui-dégénère » a occupé 79% du temps d'antenne – incluant quelques passages de choix sur La France insoumise. Alain Marschall avait du reste annoncé la couleur en présentant Pauline Revenaz, cheffe du service police-justice de BFM-TV chargée de « ifaire le panorama de la journée/i », autrement dit, de « ivoir précisément combien d'agressions, ce qui s'est passé, les interpellations, etc./i » En parallèle, 7% seulement du temps d'antenne fut dédié à la question des violences policières. Les 14% restants correspondent aux enjeux de fond, abordés bien souvent de manière superficielle./p pSabrine Kharbach y viendra au bout d'une demi-heure de plateau. Mais dans quelles conditions : lors de sa dernière prise de parole… de 48 secondes. D'autres intervenants, jugés visiblement plus qualifiés, se partageront cette tâche sur une durée cumulée d'environ 8 minutes et 45 secondes : Rayan Nezzar, professeur des universités en finances publiques et ancien haut-fonctionnaire de Bercy ; les députés Charlotte Parmentier-Lecoq (Horizons), Arthur Delaporte (PS) et Aleksandar Nikolic (RN), qui parlera « iclimatiseurs réversibles/i » et fin du collège unique pendant deux minutes ; l'étudiant Eustache Bonnet (pendant 15 secondes, à l'occasion d'un micro-trottoir en duplex)./p pMais aussi – et l'épisode constitue sans nul doute le clou du spectacle – Romain Dominati, introduit en plateau comme le « ifondateur du mouvement et du compte X "Les Miléistes français"/i ». Un partisan de Javier Milei donc, à ce moment-là en visite en France : « iL'homme à la tronçonneuse !/i » s'esclaffe Olivier Truchot ; « il'homme à la tronçonneuse qui a relancé quand même l'Argentine/i », corrobore sans honte Alain Marschall. L'occasion, pour notre expert du jour, de prescrire un changement de paradigme « à la Milei » dans le domaine de l'enseignement. Quèsaco ? La distribution aux parents d'un « ibon éducation/i » à dépenser dans l'établissement de leur choix, de manière à mettre « ila pression sur les profs pour être bons, parce que sinon, plus personne ne viendra dépenser le bon chez eux/i », et ainsi observer « itout simplement, comme par magie, comme d'habitude, la liberté et la concurrence [faire] que bah… la solution émerge naturellement/i ». Loin de provoquer l'hilarité en plateau, Olivier Truchot relance ce fanatique du marché de manière bien plus courtoise qu'il ne le fit face à la représentante des lycéens : « iDonc si je comprends bien, […] pour vous, le problème de l'éducation, c'est pas une question de budget, c'est une question d'organisation : faut revoir tout./i » « iTout à fait. Exactement./i » Rideau./p /br div class='spip_document_16678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bfm_milei.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/bfm_milei-84694.png?1791557323' width='500' height='279' alt='' //a /figure /div/br centerstrong***/strong/center p/brLe 5 octobre, en plein direct devant le lycée Turgot à Paris, un manifestant s'approchait de la caméra de BFM-TV en brandissant une pancarte où était inscrit le message suivant : « Médias = diffamation ». Apolline de Malherbe prit instantanément la mouche :/p blockquote class="spip" pstrongApolline de Malherbe :/strong Alors ça, c'est un bon classique hein !… […] Alors précisément que nous sommes en train de montrer ce qui se passe, de donner la parole aux lycéens, il y a marqué « Médias = diffamation »… Je vous laisse juger, mais je trouve ça toujours assez inouï ! C'est-à-dire que c'est notre caméra qui est là, de manière calme […] et ces panneaux sont désormais donc pour nous insulter ! Je trouve quand même que c'est absolument inouï !/p /blockquote pInouï, en effet. Et pour l'autocritique, on repassera./p /br div class='spip_document_16677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bfm_lycees.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH290/bfm_lycees-333b0.png?1791557323' width='500' height='290' alt='' //a /figure /div p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div
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Créer comme un riche | Bénédicte

Rezo.net - ven, 2026-10-09 08:26
Créer comme un riche c'est penser que les savoir-faire qui permettent aux idées de sortir de leur état d'esquisse sont moins importants que l'idée elle-même. Il n'y a alors plus qu'un pas pour penser que ces savoir-faire (je dis volontairement savoir-faire et pas compétences, en vertu de l'idée que tout ce qui permet aux idées de devenir des choses, des entreprises, même des objets scalables, ce sont des artisanats) peuvent être avantageusement remplacés par des machines… pire, espérer qu'ils le soient, pour se débarrasser des petites mains dont on n'a pas compris le travail. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-releve-sur-le-net-"La pension Almayer/a/b/div

Créer comme un riche

Rezo.net - ven, 2026-10-09 08:26
Créer comme un riche c'est penser que les savoir-faire qui permettent aux idées de sortir de leur état d'esquisse sont moins importants que l'idée elle-même. Il n'y a alors plus qu'un pas pour penser que ces savoir-faire (je dis volontairement savoir-faire et pas compétences, en vertu de l'idée que tout ce qui permet aux idées de devenir des choses, des entreprises, même des objets scalables, ce sont des artisanats) peuvent être avantageusement remplacés par des machines… pire, espérer qu'ils le soient, pour se débarrasser des petites mains dont on n'a pas compris le travail. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-releve-sur-le-net-"La pension Almayer/a/b/div

« Nous n'acceptons plus de réparer les dégâts causés par les politiques » : des soignants rejoignent la lutte contre les pesticides

Rezo.net - jeu, 2026-10-08 08:45
img src='http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH80/logo-249937-ff9df.jpg?1791442358' class='spip_logo' width='120' height='80' alt="" / Nous, soignant⋅es, scientifiques, sommes témoins d'un paradoxe : malgré l'abondance des travaux scientifiques reliant exposition chimique et santé, malgré les alertes de l'Inserm et du Conseil national de l'Ordre des médecins, les politiques publiques se succèdent sans prendre en compte ce lien déterminant. Pire, elles vont à rebours : la loi d'urgence agricole, et la réautorisation de l'acétamipride, le montre. br /Et pourtant, les études de biosurveillance nationales ne manquent pas d'être explicites : chacun est exposé, dès la période fœtale, à des substances toxiques (PFAS, pesticides, cadmium, perturbateurs endocriniens…), et ces expositions contribuent au développement de nombreuses maladies chroniques, dont certains cancers. Ces maladies seraient donc en partie évitables ; ce sont des « maladies politiques ». br /Nous n'acceptons plus d'être celles et ceux qui tentent de réparer les dégâts causés par les politiques, dans un contexte d'accès aux soins toujours plus dégradé et inégalitaire. Nous pensons qu'il faut sortir de nos lieux d'exercice, et agir, de façon radicale et directe, sur les causes des maladies. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-reporterre-"Reporterre/a/b/div

La France des nouveaux « nouveaux pauvres » | Maëlle Mariette

rezo.net - la sélection - mer, 2026-10-07 17:56
img src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH80/logo-249935-56cab.jpg?1791388698' class='spip_logo' width='120' height='80' alt="" / Lorsqu'on se mobilisait contre la fermeture de la maternité, la directrice du CHU [centre hospitalier universitaire] de Brest-Carhaix, qui vient tout droit de Paris, où elle occupait un poste important au sein de l'AP-HP [Assistance publique — Hôpitaux de Paris], a quand même osé déclarer : “Si les femmes de Guyane mettent trois jours de pirogue pour aller accoucher, les Centre-Bretonnes peuvent bien faire une heure de route pour en faire autant” ! » br /« Ce mépris, ce regard-là de la part des élites, il est insupportable », conclut ce restaurateur qui fut l'un des porte-parole du mouvement des « bonnets rouges » en 2013 (4). Mme Le Guern, qui y était très impliquée, nous raconte : « À l'époque, on était tous mobilisés, nous, les ouvriers, pour défendre nos emplois menacés par les fermetures d'usine, et d'autres pour le retrait de l'écotaxe. Les médias ont tout fait pour décrédibiliser le mouvement mais, en fait, c'était juste un peuple qui se soulevait. On travaille pour payer les factures, on n'a pas de loisirs, on ne peut rien se permettre. Est-ce qu'un jour on va sortir le bec de l'eau ? » Le mouvement l'a formée politiquement, elle qui milite aujourd'hui au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) : « J'ai tissé des liens, j'ai fait connaissance avec des gens que je n'aurais pas rencontrés en dehors de la manifestation, car à l'usine, avec le turn-over et l'intérim, on ne se connaît pas vraiment, on ne peut pas se parler. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus dans les luttes. » Enfin, quand elle le peut, car « quand on a mal partout et qu'on est crevé du travail, on n'a pas forcément envie le week-end d'aller en manif pour prendre des coups et du gaz ». div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/-diplo-"Le Monde diplomatique, mai 2024/a/b/div

La France des nouveaux « nouveaux pauvres » | Maëlle Mariette

Rezo.net - mer, 2026-10-07 17:56
img src='http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH80/logo-249935-56cab.jpg?1791388698' class='spip_logo' width='120' height='80' alt="" / Lorsqu'on se mobilisait contre la fermeture de la maternité, la directrice du CHU [centre hospitalier universitaire] de Brest-Carhaix, qui vient tout droit de Paris, où elle occupait un poste important au sein de l'AP-HP [Assistance publique — Hôpitaux de Paris], a quand même osé déclarer : “Si les femmes de Guyane mettent trois jours de pirogue pour aller accoucher, les Centre-Bretonnes peuvent bien faire une heure de route pour en faire autant” ! » br /« Ce mépris, ce regard-là de la part des élites, il est insupportable », conclut ce restaurateur qui fut l'un des porte-parole du mouvement des « bonnets rouges » en 2013 (4). Mme Le Guern, qui y était très impliquée, nous raconte : « À l'époque, on était tous mobilisés, nous, les ouvriers, pour défendre nos emplois menacés par les fermetures d'usine, et d'autres pour le retrait de l'écotaxe. Les médias ont tout fait pour décrédibiliser le mouvement mais, en fait, c'était juste un peuple qui se soulevait. On travaille pour payer les factures, on n'a pas de loisirs, on ne peut rien se permettre. Est-ce qu'un jour on va sortir le bec de l'eau ? » Le mouvement l'a formée politiquement, elle qui milite aujourd'hui au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) : « J'ai tissé des liens, j'ai fait connaissance avec des gens que je n'aurais pas rencontrés en dehors de la manifestation, car à l'usine, avec le turn-over et l'intérim, on ne se connaît pas vraiment, on ne peut pas se parler. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus dans les luttes. » Enfin, quand elle le peut, car « quand on a mal partout et qu'on est crevé du travail, on n'a pas forcément envie le week-end d'aller en manif pour prendre des coups et du gaz ». div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-diplo-"Le Monde diplomatique, mai 2024/a/b/div

Mouvement lycéen : un complot de LFI, selon l'éditocratie

Acrimed : Action-Critique-Médias - mer, 2026-10-07 09:38
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH83/vignette_lyceens-50971.png?1791359366' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt="" / div class='rss_chapo'pÀ force de recouvrir les causes et les revendications de leurs commentaires sur les « violences » (jamais policières), les éditocrates se sont mis hors d'état de comprendre le mouvement lycéen. Jusqu'à l'envisager comme un grand complot de LFI et de ses « iproxys d'ultra-gauche/i »…/p/div div class='rss_texte'pLundi 28 septembre, a href="https://www.acrimed.org/Au-JT-de-France-2-poubelles-brulees-partout"France 2/a consacre dans le JT de 20h son tout premier sujet au mouvement des lycéens qui a pourtant démarré depuis plus d'une semaine. D'emblée, Jean-Baptiste Marteau pose un cadre : « iDans l'actualité également, la colère des lycéens... et le ton monte entre le gouvernement et La France insoumise…/i » Le journal télévisé n'a pas encore dit un mot du mouvement mais on comprend qu'il n'en dira pas grand-chose : à peine évoquée, « la colère des lycéens », ce qui constitue déjà une dénomination réductrice et déformante, est révoquée. Le vrai sujet est ailleurs, dans « ile ton [qui] monte entre le gouvernement et La France insoumise/i »./p pLe court reportage ainsi introduit tient toutes ses promesses. Après une minute trente, parole à Laurent Nuñez, puis à Jean-Luc Mélenchon pour le démenti. Résultat : près de la moitié du sujet est consacré à la question de savoir si LFI « iincite/i » les lycéens à bloquer – et pas le moindre mot sur les revendications qu'ils portent./p pTout au long de la semaine, ce cadrage ne va faire que se resserrer. Le tout premier article du iMonde/i sur le mouvement (28/09) était d'ailleurs anglé de la même façon. Le mouvement social est-il un vaste complot de LFI et de « l'ultra-gauche » ? La question obsède les plateaux et les journaux, et tous les registres sont employés pour l'explorer : reprises en écho inextinguibles de déclarations politiciennes tonitruantes, Gabriel Attal sur Europe 1 (30/09), Édouard Geffray sur RMC (28/09) ou encore Valérie Pécresse, dans une tribune enflammée pour iLe Point/i (28/09) (« iNon, Monsieur Mélenchon, nos jeunes ne sont pas de la chair à canon électorale/i ») ; graves chroniques des meilleurs éditorialistes, Ruth Elkrief (LCI, 30/09), Renaud Dély (France Info, 02/10), Antoine Oberdoff (iL'Opinion/i, 02/10), etc. ; gardes à vue télévisuelles et radiophoniques pour les représentants de gauche, quels qu'ils soient, a href="https://www.acrimed.org/Mobilisation-des-lyceens-les-editocrates-veulent"sommés de se désolidariser des violences/a et de s'expliquer sur ce complot qu'ils ont ourdi, « selon le gouvernement » ; débats de plateaux à n'en plus finir, entre personnes qui s'accordent sur l'essentiel, « LFI manipule et instrumentalise »... Florilège (non-exhaustif) :/p /br centeriframe title="Mouvement lycéen : un complot de LFI, selon l'éditocratie" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/k3owTbW2qHJqfpWbjYTwMW" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brParallèlement à ce matraquage, naît logiquement l'idée de mesurer (scientifiquement) son impact dans l'opinion publique. On peut ainsi continuer à matraquer, en toute bonne conscience, puisqu'on ne fait que commenter « l'opinion des Français ». Sondage Odoxa dans iLe Figaro/i, dont on appréciera la charge informative : « i70 % [des Français] dénoncent l'implication des Insoumis/i » dans le mouvement lycéen. Sondage CSA dans iLe JDD/i, Europe 1 et CNews : « iBlocages : 55 % des Français jugent que les lycéens sont instrumentalisés par LFI/i ». Bref, à force de martèlement, les accusations manifestement lancées, au départ, par un gouvernement aux abois soucieux de délégitimer un mouvement social… sont devenues l'analyse journalistique hégémonique. Une évidence, qui permet de distinguer le bon grain de l'ivraie : en douter revient à s'exclure de l'arc des « raisonnables », qui appellent au calme…/p /br h3 class='article_intertitres'La « note des renseignements »/h3 p/brJeudi 1er octobre, ce journalisme de maintien de l'ordre se double d'un bel épisode de journalisme de préfecture. Exclusif ! iLe Figaro/i dévoile « iune note des renseignements/i » qui indique que LFI est à la manœuvre derrière ce mouvement social (01/10). Lecornu en avait dit quelques mots le matin même, et les chaînes d'info s'en régalaient déjà : « iMatignon accuse LFI et ses proxys de l'ultra-gauche d'être à l'origine du mouvement /i », pouvait-on entendre sur BFM-TV, sans aucune distance ni questionnement sur ce curieux terme de « proxy », passé de l'informatique à la rhétorique militaire (notamment celle d'Israël désignant ainsi les relais et soutiens plus ou moins officieux du régime iranien : pour évoquer LFI et « l'ultra-gauche », le mot est pourtant à lui seul un éditorial fachosphérique). Mais c'est au iFigaro/i que revient la primeur d'un best-of de cette « note des renseignements ». Le titre est grandiloquent : « Blocage des lycées : la note de renseignement qui pointe le rôle clé de LFI ». Mais le contenu est loin d'être à la hauteur… En tout et pour tout, trois passages de l'article mentionnent LFI, et aucun d'entre eux n'autorisent à parler d'un « rôle clé ». Les voici :/p blockquote class="spip" p- [Les] services [de Matignon] relèvent que, ce 29 septembre, une vingtaine d'élus nationaux LFI étaient d'ailleurs « impliqués dans le mouvement », de Lille à Rennes, en passant par Toulouse, Albi, Rouen, Clermont-Ferrand, Bègles ou Avignon./p p- « Ceci rappelle fortement le "blocus challenge" lancé en mars 2023 par le député (LFI) du Val-de-Marne Louis Boyard pendant le conflit social lié à la réforme des retraites pour créer une émulation entre lycéens », se souviennent les analystes./p p- De toute évidence, les lycéens sont poussés à ces actions par des éléments d'extrême gauche repérés tant parmi des structures syndicales étudiantes de l'université Paris 8 (Le Poing levé, FSE) ou Paris Nanterre (FSE) que des organisations politiques comme les Jeunes communistes révolutionnaires, Révolution permanente ou LFI ./p /blockquote pVoilà tout. Résumons et reformulons les arguments, pour plus de clarté : « des élus LFI étaient présents » (comme à chaque mobilisation sociale d'ampleur) ; « cela rappelle le blocus challenge de Louis Boyard en 2023 » (ou n'importe quel blocus depuis mai 1968) ; « de toute évidence, les lycéens sont poussés » (il s'agit, « ide toute évidence/i », d'une affirmation non-corroborée). La gigantesque pantalonnade que constituent ces extraits d'une « inote des renseignements/i » ne va toutefois pas empêcher « l'exclusif » du iFigaro/i de se répandre à toute vitesse. Au contraire. C'est la iNouvelle République des Pyrénées/i qui, en toute transparence, nous décrit le procédé, et nous fait entrer dans le cœur des désastreuses routines du métier (02/10) : « iLa note est tombée vers 16 heures sur les boucles WhatsApp qui permettent à Matignon de communiquer avec la presse. En style télégraphique, elle résume ainsi l'un des points abordés lors de la réunion de crise organisée par le Premier ministre hier après-midi : "constat partagé par les services de renseignements sur l'origine du mouvement (lycéen NDLR) : manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra gauche"./i » Or, on commentait déjà les « iinformations des services de renseignement/i » à 16h15 sur LCI, ce qui laisse, au fond, assez peu de temps pour vérifier (une petite quinzaine de minutes). Fascinés par les sources officielles tout autant que par les polémiques politiciennes (surtout quand elles visent LFI), et se prenant volontiers eux-mêmes pour des privilégiés ayant accès à des secrets d'État, de nombreux journalistes vont ainsi plonger la tête la première dans cette communication et reprendre, voire amplifier les accusations de « iMatignon/i » et de ses « iservices/i »./p /br div class='spip_document_16670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/lci_notedesrenseignements.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/lci_notedesrenseignements-3a7f2.png?1791358688' width='500' height='281' alt='' //a /figure /div p/brD'autres vont même pousser le bouchon un peu plus loin, en relayant sans broncher les propositions les plus radicales de la droite, comme celle de Bruno Retailleau, proposant sur BFM-TV (01/10) de « ilancer dans le débat public/i » la question de la « idissolution de LFI/i ». Et trouvant quelques relais complaisants pour effectivement mettre cette question à l'agenda, comme l'éditorialiste de France Inter Yaël Goosz (05/10), se demandant à la cantonade : « iFaut-il, et peut-on, interdire La France insoumise ?/i » Sa réponse est plutôt non, mais la question méritait d'être posée !/p pNotons toutefois que pour des journaux comme iLe Monde/i ou iLibération/i, les faiblesses de la « note » étaient trop manifestes pour la recracher telle quelle. iLe Monde/i, par exemple, conclut sa recension ainsi : « iSollicités pour savoir si Matignon avait d'autres éléments que cette note pour accréditer l'instrumentalisation du mouvement, les services du premier ministre n'ont pas répondu./i » (02/10)/p /br h3 class='article_intertitres'Les complotistes/h3 p/brD'autres, au contraire, ont redoublé de théories farfelues pour abonder dans le sens du gouvernement, refusant aux lycéens l'initiative de leur mouvement. Incapable de comprendre (ou de documenter) les dynamiques historiques, matérielles, sociales ou politiques qui expliquent ce mouvement de luttes lycéennes, iLe Point/i s'est donc vu contraint de recourir à des explications… authentiquement complotistes. Voyant, dans ces « iviolences urbaines/i », outre l'influence de LFI, la main de l'Iran ou des Frères musulmans.../p /br div class='spip_document_16672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bussigny_lycees.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH133/bussigny_lycees-d7410.png?1791358688' width='500' height='133' alt='' //a /figure /div p/brInvitée chez Sonia Mabrouk sur BFM-TV (05/10), Nora Bussigny peut revenir sur cette fulgurante « enquête » qui consiste à dénoncer encore et toujours, derrière la viralité des vidéos des violences policières sur les réseaux sociaux, la main de l'Iran qui tiendrait celle de « l'ultra-gauche », dans un gloubi-boulga lancé d'une voix chevrotante, qui mérite d'être transcrit in extenso :/p blockquote class="spip" pstrongNora Bussigny :/strong Ce qui m'a intéressé dans ce mouvement, c'est effectivement les relais numériques qui sont extrêmement conséquents et qui parviennent d'agréger [sic] différents collectifs pour instrumentaliser et radicaliser les messages lycéens, qui sont, je trouve, initialement primordiaux. En l'occurrence, on trouve en premier lieu un homme qui s'appelle Shahin Hazamy, c'est un agent du régime iranien […]. Et lui il fait partie de ceux qui ont poussé des vidéos extrêmement virales de violences policières, toujours avec un biais d'appel à la déstabilisation de l'État, parce que c'est le propre de l'ultra-gauche ! Si on doit définir en deux mots l'ultra-gauche, c'est un ensemble de groupes militants qui ont en commun un rejet des institutions démocratiques, un rejet de l'État, et une volonté de déstabilisation de ces institutions./p /blockquote pDans cette salade indigeste, Nora Bussigny passe sans transition ni lien logique d'un « agent » de la « mollarchie » à « l'ultra-gauche », dont elle nous livre pour finir une définition qui éclaire surtout la détestation qu'elle lui voue. Résumé des révélations ? Un « agent du régime » aurait retweeté (ou reposté sur TikTok, nous ne le saurons pas), une vidéo de violences policières. C'est bien la preuve que c'est l'Iran qui essaye de déstabiliser l'État, tout comme l'ultra-gauche d'ailleurs ! Intriguée par ce niveau d'investigation et par la thèse iranienne, Sonia Mabrouk relance : « iEt vous dites que ces personnes ont infiltré, noyauté ce mouvement ?/i » « iOui/i, répond Nora Bussigny, avant de retouiller sa grande macédoine : « iOn retrouve Shahin Hazamy, mais on retrouve d'autres groupuscules./i » Et Bussigny de mettre dans la phrase qui suit, et dans le même souffle, l'agent iranien, Extinction Rebellion et Red-jeunes (une scission de la Jeunesse communiste). Nous n'en saurons pas plus sur l'implication de l'Iran…/p pPugnace, Mabrouk y revient encore quelques minutes plus tard : « iQuel est le lien entre un élu LFI, un lycéen, et un proche d'un régime iranien ? Quel est le lien ?/i » Bussigny, décidément peu à l'aise, esquive à nouveau, et répond sur… Clémence Guetté et Louis Boyard. Toujours pas de traces de l'Iranspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="À propos de la « viralité » du mouvement social sur les réseaux sociaux, le (…)" id="nh1"1/a]/span./p pL'aspect conspirationniste de cette théorie du « complot LFI » n'a pas échappé à tout le mondespan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire par exemple : « LFI et la jeunesse "manipulée" : le retour d'une (…)" id="nh2"2/a]/span. Il faut dire que les éditorialistes les plus épais repoussent toujours plus loin leurs limites et leur absence de scrupules. C'est ainsi qu'Éric Naulleau, chroniqueur régulier de CNews, a cru bon de partager, pour résumer son idée, un dessin généré par IA, reprenant une vieille iconographie antisémite parfaitement identifiable. On y voit un Mélenchon maléfique, représenté en grand marionnettiste. Au bout de ses ficelles, les lycéens sont ses pantins./p /br div class='spip_document_16671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH555/naulleau_lyceens-5d2c1.png?1791358688' width='500' height='555' alt='' / /figure /div/br centerstrong***/strong/center p/brPour l'éditocratie qui divague, un mouvement social ne peut-être qu'un complot de « l'ultra-gauche ». Déléguant leur travail d'enquête aux « services » de « Matignon », s'y fiant comme à l'évangile, ces commentateurs se sont mis hors d'état de comprendre ce qui se déroulait sous leurs yeux. Mais la vision du monde social qu'ils propagent ainsi ne contribue pas qu'à obscurcir les causes ipolitiques/i qui ont mené à ce mouvement : elle construit également par avance la justification de sa répression./p p/brstrongJérémie Younes/strong, et strongFlorent Michaux/strong pour la vidéo/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanÀ propos de la « viralité » du mouvement social sur les réseaux sociaux, le premier a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/28/le-blocus-des-lycees-prend-de-l-ampleur-et-oppose-la-france-insoumise-et-le-gouvernement_6785108_3224.html" class="spip_out" rel="external"article du iMonde/i/a (28/09) se terminait par le paragraphe suivant : « iCette diffusion à grande échelle semble avoir été "naturelle", sans relais politiques particuliers ni promotion artificielle […]. Viginum, l'organisme chargé de la détection et de la lutte contre les ingérences étrangères, explique au Monde n'avoir constaté à ce stade aucune amplification artificielle des contenus liés aux blocages par des acteurs étrangers./i »/p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLire par exemple : « LFI et la jeunesse "manipulée" : le retour d'une vieille rengaine », a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/021026/lfi-et-la-jeunesse-manipulee-le-retour-d-une-vieille-rengaine" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a, 02/10./p /div/div
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Mobilisation des lycéens : les éditocrates veulent rétablir l'ordre

Acrimed : Action-Critique-Médias - mar, 2026-10-06 16:35
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/rochebin_ordre-6ba97.png?1791297348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pEst-ce que vous appelez au calme ?! Est-ce que vous condamnez les violences ?! C'est un a href="https://www.acrimed.org/1995-2025-les-medias-contre-les-mouvements"grand classique/a de la couverture médiatique des mouvements sociaux : les chiens de garde veulent rétablir l'ordre. Zapping./p/div div class='rss_texte'/br centeriframe title="Mobilisation des lycéens : les éditocrates veulent rétablir l'ordre" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/hGyz2C2e1PgMNfE4kmjrfQ" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brLa vidéo est aussi a href="https://www.youtube.com/watch?v=O10A6-quEWo" class="spip_out" rel="external"sur Youtube/a./p/div
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« Une restitution pitoyable » : à France Télévisions, la colère de journalistes sur la couverture du mouvement lycéen

Rezo.net - mar, 2026-10-06 08:43
Sur 18 minutes consacrées aux manifestations, seules 30 secondes se penchent réellement sur le cœur des revendications, l'absence des professeurs, les bâtiments insalubres. Soit moins de 3% du temps d'antenne. br /Le constat est partagé par Danilo Commodi, représentant CGT France Télévisions à l'antenne du Havre. Il charge en premier lieu le traitement du national (France 2 et France Info, notamment), qui « ressemble à ce qui se fait dans les autres médias », sous-entendu les chaînes d'information en continu : une concentration sur les faits de violences au détriment des revendications de fond. Une recette fruit de « choix éditoriaux » tout à fait conscients pris par la direction, ajoute-t-il. br /La CGT France Télévisions s'est par ailleurs indignée par le biais d'un communiqué, en jugeant que la « restitution [...] dans les JT de 13h et 20h est pitoyable ». Le tout en ajoutant que « la véritable violence est celle que subissent les jeunes au quotidien. » L'organisation appelle à rejoindre le mouvement lycéen dès demain, le mardi 6 octobre. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-dans-la-presse-"Blast/a/b/div

Lycées et universités. La révolution du peu. La colère de tant | Olivier Ertzscheid

rezo.net - la sélection - mar, 2026-10-06 08:36
img src='http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH31/logo-249932-12786.png?1791268776' class='spip_logo' width='120' height='31' alt="" / Moi j'ai 54 piges, j'ai fait ma première grève et séché mes premiers cours contre le projet Devaquet. Depuis j'en ai fait d'autres. Plein. Vraiment. Puis j'ai vieilli, je me suis embourgeoisé, et si je me raconte du fond de mon canapé italien que j'appartiens toujours à la gauche radicale, j'ai au moins la décence ou la lucidité de reconnaître qu'a minima j'ai l'indignation confortable. Et pourtant. Et pourtant. Pourtant même moi quand je vois ça j'ai juste envie de tout cramer. br /Demain, mardi 6 Octobre j'ignore ce qu'il se passera. J'ignore aussi après-demain. Ce que je sais c'est que ces gosses, ces ados, ces presqu'adultes, sont citoyens. Et que notre rôle, notre seul rôle, notre rôle de parents, d'éducateurs, d'enseignants, d'élus, notre seul rôle c'est de les accompagner sans cesse, de les écouter sans trêve, et désormais donc face à un pouvoir qui pète des mâchoires, explose des mains, et crève des yeux d'adolescentes et d'adolescents, de les protéger sans relâche. D'aller mettre nos mains, nos mâchoires, nos yeux et nos corps pour protéger les leurs. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-releve-sur-le-net-"affordance.info/a/b/div

Lycées et universités. La révolution du peu. La colère de tant | Olivier Ertzscheid

Rezo.net - mar, 2026-10-06 08:36
img src='http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH31/logo-249932-12786.png?1791268776' class='spip_logo' width='120' height='31' alt="" / Moi j'ai 54 piges, j'ai fait ma première grève et séché mes premiers cours contre le projet Devaquet. Depuis j'en ai fait d'autres. Plein. Vraiment. Puis j'ai vieilli, je me suis embourgeoisé, et si je me raconte du fond de mon canapé italien que j'appartiens toujours à la gauche radicale, j'ai au moins la décence ou la lucidité de reconnaître qu'a minima j'ai l'indignation confortable. Et pourtant. Et pourtant. Pourtant même moi quand je vois ça j'ai juste envie de tout cramer. br /Demain, mardi 6 Octobre j'ignore ce qu'il se passera. J'ignore aussi après-demain. Ce que je sais c'est que ces gosses, ces ados, ces presqu'adultes, sont citoyens. Et que notre rôle, notre seul rôle, notre rôle de parents, d'éducateurs, d'enseignants, d'élus, notre seul rôle c'est de les accompagner sans cesse, de les écouter sans trêve, et désormais donc face à un pouvoir qui pète des mâchoires, explose des mains, et crève des yeux d'adolescentes et d'adolescents, de les protéger sans relâche. D'aller mettre nos mains, nos mâchoires, nos yeux et nos corps pour protéger les leurs. div class='source'Source: ba href="http://rezo.net/-releve-sur-le-net-"affordance.info/a/b/div
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