On s'est dit : les médias en France ne font pas leur travail. Il faut se mettre au travail, c'est à nous de le faire parce qu'il n'y aura personne d'autre pour le faire à notre place. […] On voulait du transversal, de l'horizontal, de l'international surtout. Donc on va faire notre magazine féministe international sur le web. br /Durée : 48 minutes.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/rfi"RFI/a/b/div
Une semaine après la signature du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, Disclose révèle qu'un lot de matériel fabriqué par la société française Sermat doit être expédié en Israël, lundi 20 octobre. Ces composants sont destinés à des drones conçus par Elbit Systems, l'un des principaux fournisseurs de l'armée israélienne. Depuis le début de la guerre à Gaza, il s'agit du quatrième contrat mis au jour par Disclose entre une entreprise française et un acteur de l'industrie militaire israélienne.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Disclose/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH80/arton249563-d82ae.png?1760698980' width='120' height='80' /
De nombreuses personnes racisées et véganes partagent leur combat sur les réseaux sociaux. Leur refus de l'exploitation animale se double d'une volonté de renouer avec un héritage culinaire et, souvent, d'un discours anticolonial.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Bondy Blog/a/b/div
C'est l'une des nombreuses victimes de la répression du 17 octobre 1961. Le corps sans vie de Fatima, 15 ans, est retrouvé dans le canal de Saint-Denis le 31 octobre 1961. Témoignage de Djoudi Bedar, le frère de la victime.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Bondy Blog/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH120/lecornu_logo-056cf.jpg?1760696725' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt="" /
div class='rss_chapo'pEn pâmoison devant le discours de politique générale du nouveau Premier ministre, émoustillé par la perspective de « non-censure » au point de désinformer sans entraves sur la question des retraites, le journalisme politique nous a encore gratifié d'une très grande scène de son théâtre habituel. Tandis que la co-production de l'information politique (en huis-clos) bat son plein, les grands médias pèsent de tout leur poids sur la recomposition du champ politique en général… et de « la gauche » en particulier./p/div
div class='rss_texte'pDans la foulée du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, plateaux et journaux ne savaient plus se contenir : « iEst-ce la fin de la crise politique ?/i » se demandait-on en chœur. « iSuspension/i » de la réforme des retraites, promesse de renoncer au 49.3, accord de non-censure avec le Parti socialiste : la perspective, même momentanée, d'une éventuelle « istabilité politique/i », tant désirée par les partisans de l'ordre, a déclenché une nouvelle vague d'unanimisme éditorial, où la désinformation le dispute à la dépolitisation médiatique de la politique./p
/br
h3 class='article_intertitres'Lecornu-mania/h3
p/br« iUn discours habité de Sébastien Lecornu/i » ! Il est 16h05 ce mardi 14 octobre et le discours de politique générale vient d'être prononcé par le nouveau-nouveau Premier ministre. Les éditorialistes de LCI, emballés, ne savent plus quels qualificatifs enfiler : le discours est une « iréussite/i » pour Élizabeth Martichoux, qui l'a trouvé « iinédit/i », par « isa forme, sa durée/i », « ison débit de mitraillette/i », mais aussi par « isa transgression, évidemment/i ». Patrice Duhamel le juge lui « iextrêmement efficace, sobre, d'un pragmatisme tout à fait exceptionnel/i ». « iTrès efficace/i », confirme Renaud Pila. « iRusé, habile, très original/i » ajoute le sondeur Fréderic Dabi : « iIl y avait du Rocard […], il y avait du Louis XI./i » Il y avait aussi du Chaban-Delmas pour Valérie Nataf : « iUn côté "nouvelle société" dans ce discours/i », qui était « id'une modernité absolument incroyable !/i ». « iNous sommes en plein compromis/i », se réjouit plus tard David Pujadas, « iet quel compromis ! Là, Sébastien Lecornu donne entière satisfaction !/i » L'enthousiasme bat aussi son plein sur BFM-TV, avec le grand frère de Patrice, Alain Duhamel, qui a trouvé le discours « iintelligent/i », « isobre/i » et « icourt/i ». Le journaliste Thierry Arnaud parle lui de « ila promesse tenue de la rupture/i ». Même ambiance sur Franceinfo, où nous sommes « iavec la crème de la crème de l'éditorialisme politique/i », dixit la présentatrice, à savoir Nathalie Saint-Cricq (épouse de Patrice Duhamel) et Gilles Bornstein. La directrice des rédactions nationales de France Télévisions a trouvé le discours de Sébastien Lecornu « iefficace/i », « isérieux/i », « iraisonnable/i », estime que « ic'est malin/i » et que « iça devrait marcher/i ». Gilles Bornstein voit quant à lui « iun style Lecornu qui est en train d'émerger/i », « isans esbroufe, sans emphase/i », « iavec les mots attendus/i »./p
pL'allégresse est partagée par une large partie de la presse écrite. iLibération/i a aussi trouvé Lecornu « iplus malin que ses prédécesseurs/i », et salue, sur la forme, la fin du « iton sentencieux/i » et des « ilogorrhées digressives/i » (14/10), et sur le fond un Lecornu « ihumble/i », « icombatif/i » et « irevenu de loin/i » (15/10). iLe Monde/i juge la déclaration de politique générale du Premier ministre « itout simplement décisive/i » (15/10). Dans son éditorial, titré « Savoir sortir d'une crise », le journal de référence se réjouit d'« iun pas important sur la voie du compromis/i », et prévient : « icensurer le gouvernement serait désormais incompréhensible/i » (15/10). Politico cite des sources parlementaires sans les nommer, qui permettent d'adresser des compliments indirects : « iIl a sorti le grand jeu/i », « iil a été extrêmement bon/i », etc. (15/10) Mêmes louanges au iProgrès/i, qui félicite un Lecornu « ipolitiquement habile/i », « iles mains dans le cambouis/i » (15/10), quand iLa Dépêche/i applaudit la « itactique du moine-soldat/i » (15/10). Pour iOuest-France/i, le discours « isobre/i », « iefficace/i » et « iimparable/i » du Premier ministre constitue « iune proposition qui ne se refuse pas/i ». L'extraordinaire uniformité de tous ces commentaires s'explique peut-être par ce qu'on apprend dans iMidi Libre/i (15/10) : « iMardi matin, un proche conseiller du chef de l'État sollicitait la presse quotidienne régionale pour commencer à faire l'exégèse du discours de politique générale./i » On peut le dire : opération réussie !/p
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h3 class='article_intertitres'Réforme des retraites : mise en scène… et désinformation en masse/h3
p/brAvec une presse si bien disposée à l'égard du pouvoir, nulle surprise à observer le journalisme de cour redoubler d'effort pour matraquer la martingale du moment, commune au gouvernement de Sébastien Lecornu et au Parti socialiste, son allié de circonstance : la « suspension de la réforme des retraites ». Désignée par le PS comme une condition isine qua non/i de la « non-censure », annoncée par le Premier ministre dans son discours de politique générale, scrutée par tous les journalistes de France et de Navarre comme le signe d'une stabilité retrouvée, la « suspension » est naturellement sur toutes les lèvres… et à la Une de la quasi-totalité des journaux./p
/br
div class='spip_document_16239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/lecornu.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH399/lecornu-76d3e-8e907.jpg?1760696725' width='500' height='399' alt='' //a
/figure
/div
p/brPeu importe qu'au moment de décider de tels gros titres, aucune rédaction ne connaisse les modalités concrètes de la mise en œuvre de cette « suspension ». Peu leur importe non plus – pour ne pas dire encore moins – que les plus fins connaisseurs du sujet aient immédiatement cherché à tempérer l'emballement, notamment en pointant l'usage équivoque du terme « suspension » : « iIl ne s'agit pas d'un gel de la réforme ("suspension") au sens où la réforme n'est pas arrêtée au point qu'elle a atteint en 2025/i », précise par exemple le chercheur Michaël Zemmour sur a href="https://blogs.alternatives-economiques.fr/zemmour/2025/10/14/analyse-a-chaud-l-annonce-du-premier-ministre-concernant-la-reforme-des-retraites" class="spip_out" rel="external"son blog d'Alternatives économiques (14/10)/a, évoquant plutôt « iun décalage du calendrier de la réforme de 2023, d'environ 3 mois pour les générations 1964 à 1968/i » – ce qui, convenons-en, est tout de suite moins spectaculaire… « iLa suspension annoncée est en réalité un décalage de son application de quelques mois seulement/i, a href="https://www.cgtservicespublics.fr/IMG/pdf/cp_de_la_cgt-_suspensionretraites-_141025.pdf?41068/932762b0767f1d59650e88528396abf855d5b742a72f1b0407b68d157a7aa123" class="spip_out" rel="external"ajoute la CGT/a, qui dénonce par voie de communiqué une nouvelle manœuvre « iau mépris de la mobilisation de millions de travailleurs et de travailleuses depuis 2 ans et demi. […] Décaler n'est pas bloquer, ni abroger/i ». Autant de voix qui pèsent peu dans le tohu-bohu médiatique : si, de la PQR aux chaînes d'info, des journalistes ont bel et bien cherché à nuancer l'emballement, on sentait les chefferies trop impatientes de surjouer le théâtre du « compromis » et de « l'abandon de la réforme des retraites ». Une comédie jouée à guichets fermés à peine le discours de politique générale terminé, dramatisation garantie./p
pSur LCI (14/10), la présentatrice Marie-Aline Meliyi s'emballe : « iLa suspension de la réforme des retraites, c'est LE point clef du discours de politique générale prononcé il y a quelques minutes par Sébastien Lecornu [...]. C'est une rupture !/i » Au même moment, à l'antenne de BFM-TV, son homologue Pauline Simonet dirait même plus : « iLa chute d'un totem d'Emmanuel Macron./i » Le mot d'ordre infuse partout. « iLa chute du totem, la fin d'un tabou/i », proclame iSud Ouest/i (15/10). « iLecornu fait tomber un totem/i » avance également en Une iLe Républicain lorrain/i. Du côté du iParisien/i (15/10), on multiplie aussi les hyperboles au moment d'expliquer aux lecteurs « ipourquoi Lecornu a lâché le totem/i », la rédaction évoquant tantôt un « i"bougé" majeur/i », tantôt une « iconcession majeure/i »./p
pL'AFP ne dément pas l'information, qui, par la voix du « spécialiste en communication politique » Philippe Moreau-Chevrolet, salue « iune concession majeure/i » d'Emmanuel Macron « isur ce qui devait être son testament politique/i » (14/10). Une « iconcession majeure de Matignon/i », confirme iL'Union/i (15/10). Une « idécision majeure/i », reformule iLibération/i (15/10), qui prend décidément son rôle de journal d'opposition très au sérieux. « iCette reculade macroniste est un tournant/i », se félicite d'ailleurs Paul Quinio, le directeur délégué de la rédaction, légèrement moins emphatique que iLe Berry Républicain/i, qui nous apprend quant à lui que Sébastien Lecornu « ia porté l'estocade finale à l'héritage de son bienfaiteur/i ». « iUn dogme de l'ère macroniste vient de tomber/i », lâche aussi Olivier Pérou dans iLe Monde/i (15/10). Le curseur de la dramatisation est poussé un cran au-dessus dans les pages du iFigaro/i. « iLecornu sacrifie les retraites/i », titre sans honte le quotidien (15/10), qui n'en démord pas : « iLa concession est immense/i ». Tellement immense que Guillaume Tabard parle d'un « iscalp de la réforme des retraites/i », là où son confrère Vincent Trémolet de Villers assimile le discours de politique générale à « iune grande braderie d'automne/i ». Le directeur délégué de la rédaction n'était pas au bout de ses capacités : « iLecornu a reculé comme un lion ; Emmanuel Macron est revenu à la source de sa vie politique : le socialisme./i » Carrément ! L'éditocratie radicalisée vit ce moment comme une telle révolution qu'Hubert Coudurier en a des sueurs froides : « iLe chef du gouvernement risque d'être victime de la surenchère des socialistes pour le vote du budget/i », tremble-t-il dans iLe Télégramme/i (15/10). Même son de cloche sur LCI : « iEst-ce que le Parti socialiste va rester sur une position de chantage et va trouver une nouvelle ligne rouge ?/i », s'inquiète Élizabeth Martichoux (14/10)./p
pRestent enfin quelques titres pour tester certaines formules plus innovantes au registre de la désinformation. iLa Voix du Nord/i (15/10) par exemple, qui soutient qu'« ien une demi-heure chrono, Sébastien Lecornu a enterré [...] la réforme des retraites/i » ; iPresse Océan/i, qui déclare en gros titre le « igel de la réforme/i » (15/10) ; iLe Figaro/i, qui parle de « il'abandon de la seule réforme de ce second quinquennat/i » (15/10) ou encore Stéphane Vernay qui, dans son éditorial à la Une de iOuest-France/i (15/10), annonce aux lecteurs « iune suspension complète de la réforme des retraites/i ». « iS'il n'est pas permis de sacrifier son roi aux échecs, le Premier ministre a quand même décidé de bazarder une pièce majeure du camp macroniste : la réforme des retraites/i », s'avance également iMidi Libre/i (15/10) qui, dans un article voisin, prétendait pourtant ne pas être dupe de la communication politicienne : « iLe Château veut montrer qu'Emmanuel Macron cède sur ses fondamentaux, que les concessions faites ébranlent ses totems, qu'il est près [sic] à tous les sacrifices pour sortir de la crise./i » Et comme d'habitude, il peut compter sur la presse française pour servir cette entreprise./p
pComme du temps de a href="https://www.acrimed.org/Faisons-battre-en-retraite-les-chiens-de-garde"la « pension minimale à 1200 euros »/aspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir également « Contre-réforme des retraites, éléments de langage (…)" id="nh1"1/a]/span, faux scoop et dramatisation tiennent donc lieu d'information. Et si quelques accidents de « vérité » surviennent, ils ne pèsent pas grand-chose face au bruit médiatique dominant. Car un éditocrate préfèrera toujours aux faits… la bonne vieille tambouille politicienne. Exemple sur RMC (15/10), où l'économiste Michaël Zemmour dévie à 180°C du cadrage fixé par son intervieweuse en lui donnant, sobrement, une leçon de journalisme :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Apolline de Malherbe :/strong Lorsque vous avez entendu ces mots de Sébastien Lecornu hier, lorsque vous avez vu qu'il était applaudi sur les rangs des socialistes, est-ce que, comme eux, vous diriez que c'est une victoire de la gauche ?/p
pstrong- Michaël Zemmour :/strong Euh… Ce que j'ai fait quand j'ai entendu le Premier ministre, c'est que j'ai essayé de comprendre quel était le contenu de la mesure./p
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pPrécisément la tâche à laquelle auraient dû se consacrer les rédactions. Las, sacrifiant toute déontologie sur l'autel de la dramaturgie politico-médiatique, les médias dominants signent une nouvelle fois le triomphe de la comm'. Il faut dire que l'enjeu était de taille… Tout à sa quête de stabilité – que lui commande sa fonction de gardien de l'ordre –, l'éditocratie n'avait qu'un seul cap depuis des semaines : éviter la censure d'un énième (et peut-être ultime) gouvernement macroniste. Et tout à ses obsessions politiciennes, a href="https://www.acrimed.org/Le-journalisme-politique-vit-son-moment"elle a par conséquent scruté les positions du principal levier/a capable d'assurer cet objectif : le Parti socialiste./p
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h3 class='article_intertitres'La gauche respectable et les méchants/h3
p/brÀ la recherche de tout indice permettant de nourrir l'espoir de survie du gouvernement Lecornu II, le journalisme politique s'occupe en commentant les moindres attitudes des uns et des autres : « iPendant le discours, on a vu François Hollande lancer les applaudissements/i », note LCI. « iLes sourires socialistes ne trompent pas/i, selon iLe Figaro/i (15/10), ile hochement de tête victorieux d'Olivier Faure encore moins/i ». « iPar ce hochement de tête, Olivier Faure acte sa victoire/i », confirme lui aussi David Pujadas (LCI, 15/10). « iSur les bancs socialistes, le soulagement et le contentement se lisent sur les visages/i », abonde iLe Monde/i (15/10). iValeurs Actuelles/i n'a lui discerné « iqu'un léger sourire/i » sur le visage d'Olivier Faure. La construction continue de la centralité du PS dans l'agenda et le commentariat médiatiques trahit le point de vue qu'adoptent à l'unanimité les rédactions : celui du gouvernement, suspendues qu'elles sont, comme lui, aux moindres faits et gestes des députés PS. À tel point que les journalistes leur courent après et le signifient à l'antenne. Guillaume Daret : « iAllez, on va faire les couloirs du palais Bourbon pour essayer de vous trouver un socialiste qui veut parler !/i » (BFM-TV, 14/10). Le landerneau politique se les arrache et leur réserve les plus hauts-lieux du PAF : « iToutes les caméras étaient bloquées sur vous aujourd'hui, c'est vous qui détenez la clef de la survie du gouvernement/i », résume Jean-Baptiste Boursier face à Olivier Faure, invité du 20h de TF1 (14/10). « iVous êtes le vice-Premier ministre/i », lui lance carrément Apolline de Malherbe, le lendemain matin, sur BFM-TV (15/10). « iLe Premier ministre, c'est lui/i », confirme Guillaume Tabard (iLe Figaro/i, 15/10). « iOlivier Faure savoure/i »… et iLibération/i profite : « iLes socialistes peuvent revendiquer une victoire symbolique/i », explique Charlotte Belaïch (15/10). « iUne victoire en forme de première étape/i », pour iLe Parisien/i (15/10). « iLes succès se font rares/i » pour le PS, note iL'Écho Républicain/i (15/10) : « iCelui glané hier dans l'Hémicycle est considérable./i » « iLe PS fait plier Lecornu sur les retraites/i » titre encore iL'Union/i (15/10). Journaliste… ou attaché de presse ?/p
pEt Élizabeth Martichoux de dévoiler un autre – si ce n'est le principal – motif de satisfaction parmi l'éditocratie (LCI, 14/10) :/p
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pstrongÉlizabeth Martichoux :/strong Je parlais d'une victoire d'Olivier Faure mais elle est double, parce qu'effectivement, ce sera le coup de grâce [pour les Insoumis] ! Et là évidemment, LFI va se déchaîner, mais le Parti socialiste aura fait ce qu'il a manqué de faire depuis des années, du point de vue de ceux qui défendent la social-démocratie, c'est-à-dire couper court à un accord avec Jean-Luc Mélenchon et ses députés./p
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pTrier le bon grain (« réformateur ») de l'ivraie (« jusqu'au boutiste ») ? Les prescriptions ordinaires de l'éditocratie. Diaboliser La France insoumise en applaudissant le « décrochage » du PS du NFP ? Son passe-temps depuis deux ans. a href="https://www.acrimed.org/Bernard-Cazeneuve-ou-la-gauche-dont-revent-les"Peser de tout son poids sur la définition de « la gauche »/a ? Son militantisme ordinaire. Ainsi les chefferies médiatiques profitent-elles de cette séquence de recomposition politique pour jouer les arbitres des élégances, bien décidées à s'assurer que le PS rentre dans le rang – l'avait-il déjà quitté ? « iIls ont été capables de montrer qu'ils pouvaient s'émanciper clairement de La France insoumise/i », les congratule la journaliste Marie-Aline Meliyi sur LCI (14/10). Rejointe sur cette ligne par sa collègue Ruth Elkrief, un peu plus tard dans la soirée :/p
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pstrongRuth Elkrief :/strong C'est une victoire politique très importante pour [le Parti socialiste] dans leur chemin d'autonomisation par rapport à LFI et dans le chemin de reprise de leur ascendant au sein de la gauche. C'est un moment clef ! Donc il faudra bien profiter de ce moment-là.../p
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piLibération/i ne boude pas non plus son plaisir : Charlotte Belaïch décrit ainsi les Insoumis comme des rabat-joie, « iconcentrés à dégonfler la victoire brandie par les roses/i » (15/10). Toujours aussi brillant. « iLes Insoumis [cherchent] à minorer la concession accordée ce mardi par Lecornu/i », regrette aussi iLe Parisien/i (15/10). L'article ne s'attarde pas sur les critiques insoumises, mais prend tout de même le temps de dire qu'elles sont « ibalayées par le PS/i ». L'espoir d'une relégation de LFI réjouit bien sûr au iFigaro/i, où l'on affirme que « iles socialistes se sont même offert le luxe de s'émanciper [...] des Insoumis et de leurs acolytes écologistes/i » (15/10), comme au iTélégramme/i (15/10), qui considère lui que les « isocialistes se dégagent de l'emprise des Insoumis et abordent les municipales en meilleure posture/i ». Comme souvent, la synthèse est livrée dans iLe Monde/i (15/10) : « iSigne que la piste [de la suspension de la réforme des retraites] n'est pas inintéressante, cette perspective a semblé gêner Jean-Luc Mélenchon./i » « Gêner LFI » devenu le critère d'appréciation des faits politiques dans toute la presse : aveu involontaire ? La meilleure version de ce refrain sera indubitablement chantée sur BFM-TV, dans une version crue et sans arrangements. Après que les députés Laurent Baumel (PS) et Alma Dufour (LFI) ont débattu en plateau, les journalistes-arbitres résument ce qu'ils veulent bien en retenir :/p
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pstrong- Alain Marschall :/strong [...] De ce qu'on peut voir sur notre plateau en direct, j'ai l'impression qu'en fait, la France insoumise va pourrir le débat parlementaire !/p
pstrong- Antoine Oberdorff (iL'Opinion/i) :/strong Va même souiller la copie en réalité !/p
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pLa presse est donc à l'unisson : la « suspension » de la réforme des retraites est une « victoire majeure » pour le PS, le signe prometteur d'une renaissance de la « gauche de gouvernement » et une chance inespérée pour la stabilité du pouvoir macroniste./p
pNaturellement, les plus éminents journalistes politiques savent être au rendez-vous de cette vaste séquence de dépolitisation. Dans iLe Monde/i (15/10), Olivier Pérou fait ainsi des « révélations », pas peu fier de nous faire profiter de son entregent ! Ayant visiblement accès aux SMS de François Hollande, la fine fleur nous narre les coulisses de cet accord de non-censure entre la macronie et le PS : théâtre dans le théâtre. Et comédie maximale sur LCI, où l'on ne sait plus quoi inventer pour prôner la non-censure. C'est Renaud Pila qui ouvre le bal : « iVous savez, je crois que plus on s'approche des fêtes de Noël, plus une immense majorité des Français va dire "mais c'est pas possible, on a la tête ailleurs, on a des problèmes de pouvoir d'achat". Et en novembre ou en décembre on va faire tomber le gouvernement ?!/i » Nous connaissions « les grèves doivent s'arrêter parce que Noël arrive », voici venu le temps de « Sébastien Lecornu doit rester parce que Noël arrive ». L'esprit de l'éditorialiste y voit néanmoins un lien logique, car qui dit stabilité retrouvée dit espoir de réforme :/p
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pstrong- Pascal Perri :/strong Je me réjouis qu'à court terme on ne rentre pas dans des guerres picrocholines... ou des élections... vous vous rendez compte ? Enfin, des élections... juste avant Noël, ou juste après Noël, dans un pays qui a une hypersensibilité politique.... on n'avait pas besoin de ça !/p
pstrong- David Pujadas :/strong Donc le jeu en valait la chandelle ? Céder sur toutes les exigences du Parti socialiste, le jeu en valait la chandelle ?/p
pstrong- Pascal Perri :/strong Oui, mais il faudra faire la réforme des retraites./p
pstrong- David Pujadas :/strong Plus tard ?/p
pstrong- Pascal Perri :/strong Dès que possible./p
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pDerrière les applaudissements de façade, les chiens de garde ruminent et veillent au grain. « iLe sort économico-politique du paquebot France, toujours en proie à la voie d'eau d'un déficit incolmatable, attendra/i », se désole-t-on par exemple au iBerry Républicain/i. « i[F]aire l'autruche ne sera pas plus à la hauteur demain/i », prévient aussi Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de iLa Provence/i (15/10). Même tonalité à la tête du iParisien/i (15/10), où le chef adjoint, Olivier Auguste, s'adresse fermement à tous les futurs candidats à l'élection présidentielle, lesquels « idevront [...] bien expliquer que, sauf à se diriger vers l'effondrement du système par répartition, il faut trouver des façons acceptables de prolonger la carrière des Français […]. À moins de leur faire croire que, de la prolongation du déni, naîtra une solution […]./i »/p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brÀ l'été 2024, les grands médias réussissaient à a href="https://www.acrimed.org/La-bataille-pour-Matignon-comment-les-medias-ont"faire oublier le résultat des élections législatives/a. Un an plus tard, obnubilé par la sauvegarde du gouvernement Lecornu, le journalisme de cour applaudit le sacro-saint « compromis » de la (non garantie) « suspension de la réforme des retraites »… pour mieux oublier tout le reste : accessoirement, un budget qui accumule les mesures anti-socialesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Une « violente cure d'austérité » selon la CGT (15/10). Lire « Austérité, (…)" id="nh2"2/a]/span et « idont les principales mesures ressemblent furieusement à celles du budget Bayrou/i », selon la très gauchiste iDépêche/i (15/10). Le tout au mépris du pluralisme, mais aussi de la déontologie la plus élémentaire. Manifeste, la co-construction de l'information politique bat son plein, à mesure que les commentateurs distribuent leurs bons (et mauvais) points au sein de « la gauche », adoubant le PS, diabolisant LFI. Et si l'exercice relève parfois de la pratique routinière et dépolitisée du journalisme politique, la plupart des chefferies médiatiques campent résolument leur rôle d'acteurs politiques dans la séquence, au service d'un seul et même objectif : préserver l'ordre./p
p/brstrongPauline Perrenot/strong et strongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanVoir également a href="https://www.acrimed.org/Contre-reforme-des-retraites-elements-de-langage"« Contre-réforme des retraites, éléments de langage médiatique »/a, 14/03/2023 et a href="https://www.acrimed.org/Retraites-les-debats-desequilibres-de-C-a-vous"« Retraites : les débats déséquilibrés de "C à vous" »/a, 16/02/2023./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanUne « iviolente cure d'austérité/i » a href="https://www.cgtservicespublics.fr/IMG/pdf/cp_de_la_cgt-_suspensionretraites-_141025.pdf?41068/932762b0767f1d59650e88528396abf855d5b742a72f1b0407b68d157a7aa123" class="spip_out" rel="external"selon la CGT/a (15/10). Lire a href="https://www.alternatives-economiques.fr/austerite-injustices-politique-de-loffre-un-budget-lecornu-rupture/00116581" class="spip_out" rel="external"« Austérité, injustices, politique de l'offre : un budget Lecornu sans rupture »/a, iAlternatives économiques/i, 16/10./p
/div/div
Découpé en trois parties, qui peuvent être regardées indépendamment ou à la suite, cet entretien avec Emmanuel Blanchard (historien) et Mogniss H. Abdallah (journaliste et réalisateur) tente de faire un état des connaissances vu de France sur cet événement.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Musée de l'histoire de l'immigration/a/b/div
Depuis la réélection de Donald Trump, les courants les plus réactionnaires de la Silicon Valley semblent occuper le devant de la scène à travers des figures comme Elon Musk, Peter Thiel ou Curtis Yarvin. Dans leur livre Apocalypse Nerds. Comment les techno-fascistes ont pris le pouvoir, Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet proposent une radiographie de ce courant politique qui allie vision du monde ultra-réactionnaire et mysticisme technologique exacerbé. Et dont les outils et les idées inspirent de plus en plus la politique de l'administration américaine.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/observatoire-des-multinationales"Observatoire des multinationales/a/b/div
Le développement personnel prospère sur le vide laissé par l'effondrement des collectifs, donc la réponse ne peut pas être individuelle. Il faut redonner aux gens le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand qu'eux comme une communauté, un projet ou un horizon partagé.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Le Poing/a/b/div
Avec l'arrivée des agents IA dans nos vies professionnelles et personnelles, les scientifiques commencent à évaluer les risques. Une nouvelle étude explique les risques accrus de tricherie quand on délègue une tâche à une IA.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"The Conversation/a/b/div
Présenté comme un « simple » outil facilitant le contrôle des frontières et dont la seule conséquence négative serait le temps d'attente aux postes frontières, le système d'entrée et de sortie de l'espace Schengen (EES) est en réalité un outil supplémentaire au service d'une surveillance généralisée des personnes en migration.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Anafé/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L118xH150/logo56-59f7c.jpg?1760517105' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt="" /
div class='rss_chapo'pLe iMédiacritiques/i n°56 sortira de l'imprimerie le 27 octobre. À commander dès maintenant a href="https://boutique.acrimed.org/mediacritiques" class="spip_out" rel="external"sur notre site/a ou à retrouver en librairie. Et surtout, a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"abonnez-vous/a !/p/div
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/une56.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH510/une56-53201-d7598.jpg?1760517105' width='400' height='510' alt='' //a
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/divdiv class='spip_document_16232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/sommaire56.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH510/sommaire56-a35f7-f61a9.jpg?1760517105' width='400' height='510' alt='' //a
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p/brCe numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans les librairies a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"listées ici/a, ainsi que sur a href="https://boutique.acrimed.org/mediacritiques" class="spip_out" rel="external"notre boutique en ligne/a./p
pEt surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"sur notre boutique en ligne/a. Vous pouvez également nous soutenir en a href="https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement" class="spip_out" rel="external"adhérant/a à l'association ou en a href="https://boutique.acrimed.org/don" class="spip_out" rel="external"faisant un don/a./p
pTous les anciens numéros sont (ou seront) a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"en accès libre ici/a./p/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH120/arton249556-b5436.png?1760446054' width='120' height='120' /
Faut-il être à ce point indifférent à la plus basique définition de la liberté d'expression pour se lancer dans ces entreprises insensées, mobilisant médias, législateurs et experts, pour nous empêcher de discuter, avec nos propres mots, de la réalité qui nous entoure, d'exprimer nos vécus et de dire nos aspirations ? Qui finalement fait, ou essaie de faire, la police du langage ?
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L141xH150/1_plantu-6c8d1.png?1760348265' class='spip_logo spip_logo_right' width='141' height='150' alt="" /
div class='rss_chapo'pSeptembre 2025. Bribes du naufrage, ici et là./p/div
div class='rss_texte'p/brstrongTF1 et France 2 · 5-14/09./strong C'est une hiérarchie de l'information ordinaire. Face à l'anéantissement méthodique de Gaza-ville, les JT de 13h et 20h assurent le service minimum. Entre le 5 et le 14 septembre selon a href="https://www.arretsurimages.net/articles/offensive-israelienne-a-gaza-ville-ce-que-les-jt-ne-vous-ont-pas-raconte" class="spip_out" rel="external"une étude d'Arrêt sur images/a, 13h et 20h cumulés, France 2 « iévoquera Gaza durant près de cinq minutes au total sur dix jours, quand TF1 y consacrera près de huit minutes./i » Confrontées à cette « iprésence modérée de Gaza à l'antenne/i », dixit iTélérama/i (23/09), les deux chaînes déroulent leur argumentaire dans les pages de l'hebdomadaire. Directrice adjointe de l'information à France Télévisions, Muriel Pleynet explique la « inécessité de respecter une forme d'équilibre entre les deux bords/i », « id'avoir une ligne très factuelle/i » et de ne pas « iêtre dans le parti-pris/i ». On apprend par ailleurs que France 2 « in'utilis[e] pas le mot "génocide" car, pour l'instant, le droit international ne parle pas de "génocide"/i ». Tout simplement. Du côté de TF1, Gilles Bouleau « ia utilisé pour la première fois ce mot mardi 16 septembre [2025]/i » pour citer les conclusions de la commission d'enquête indépendante de l'ONU. Le maigre traitement de Gaza ? Le présentateur et rédacteur en chef du 20h avance qu'« ion a choisi de ne pas feuilletonner, ni de tenir tous les jours la "chronique" de cette guerre/i ». Et de poursuivre en se disant attaché à ce que la rédaction de TF1 ne soit pas « iinstrumentalisée, que ce soit par le Hamas ou les autorités israéliennes/i » : « iIl nous faut des journalistes expérimentés, à équidistance, pas des militants/i ». Bref, l'autocritique journalistique est loin d'être à l'ordre du jour./p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brstrongSud Radio · 8/09./strong C'est un interrogatoire ordinaire. À peine évoque-t-elle la flottille humanitaire pour Gaza que la députée Clémence Guetté (LFI) affronte la hargne de son intervieweur :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Jean-François Achilli :/strong La flottille avec madame Adèle Haenel ? On parle de la même, hein ? i[Oui, exactement.]/i Vous savez qu'Adèle Haenel, c'est quand même une personnalité du monde du cinéma qui a compté au départ de MeToo, hein ? i[Oui...]/i Et vous trouvez normal qu'elle participe à une flottille qui va soutenir, quelque part, de fait, un mouvement terroriste qui a commis autant de féminicides le 7 octobre ?/p
/blockquote
pDurant la minute trente qui suit, Clémence Guetté est interrompue 14 fois, soit une fois toutes les six secondes : « iLe Hamas tient toujours Gaza hein !/i » ; « iRien à voir avec le Hamas ? Vous dissociez les choses ?/i » ; « iVous dites quoi [au] Hamas ? Vous dites quoi ?! "Rendez les otages" ?/i » ; « iNon, non, attendez ! [...] Vous dites quoi du Hamas ?! "Rendez les otages" ? "Arrêtez la guerre" ?/i » En boucle./p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brstrongLCI · 10/09./strong C'est une causerie ordinaire. Alors que l'État d'Israël vient de bombarder une résidence à Doha (Qatar), les journalistes en plateau lui donnent quitus. « iC'est la signature du Mossad et globalement d'Israël : nous frappons qui nous voulons, où nous voulons, quand nous voulons. Aucun agresseur d'un juif dans le monde ne sera épargné, ne sera à l'abri nulle part/i », affirme le lieutenant porte-parole… Christophe Barbier (10/09). L'éditorialiste poursuit en expliquant pourquoi le Qatar est certes un pays ici attaqué, mais surtout un « ipays ambivalent, hypocrite pourrait-on dire/i », qui « in'est pas la Suisse/i », ayant d'un côté « ide très bonnes relations avec […] la France de Sarkozy comme la France de Macron/i » et, de l'autre, « icapable de financer des mouvements terroristes/i ». La réaction de l'animatrice va ensuite délier les langues :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Anaïs Bouton :/strong Il joue un double-jeu franchement dégoûtant, non ? Et c'est la vie ?!/p
pstrong- Christophe Barbier :/strong Non mais attendez… nous sommes en Orient ! Nous sommes en Orient !/p
pstrong- Anaïs Bouton :/strong Ah ! i[Éclats de rire en plateau.]/i/p
pstrong- Christophe Barbier :/strong Ah oui ! C'est pas les mêmes critères !/p
/blockquote
p« Le journalisme ». Emmanuelle Ducros – qui affirmait un peu plus tôt n'être « ipas très sûre d'avoir compris tous les tenants et les aboutissants de cette affaire/i » – est naturellement chargée de conclure ce plateau dégoulinant de racisme, en pleine démonstration de sa supériorité « occidentale » :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Emmanuelle Ducros :/strong Ce qui est spectaculaire, c'est de voir que quelles que soient les ambitions du Qatar d'être cette Suisse ambivalente, c'est quand même un gruyère ! i[Ricanements en plateau.]/i Parce qu'on peut attaquer au cœur du pays et… et voilà !/p
pstrong- Anaïs Bouton :/strong Magnifique conclusion Emmanuelle Ducros, merci beaucoup ! C'est maintenant l'heure de [la chronique] « Y a qu'en France que ça se passe comme ça »./p
/blockquote
pC'est peu de le dire./p
/br
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p/brstrongX · 14/09./strong C'est un Plantu ordinaire./p
/br
div class='spip_document_16229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH427/1_plantu-8fa12.png?1760347489' width='400' height='427' alt='' /
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p/brstrongRTL · 15/09./strong « iDans quelques jours, le président Macron va aller reconnaître l'État de Palestine à l'ONU. Ça vous inspire quoi ?/i » C'est une question ordinaire. Sauf que l'interviewé est chanteur et qu'en octobre 2023, il appelait à « idégommer/i » « ipeut-être physiquement/i » les membres de LFI (CNews, 10/10/2023). Un propos sans aucune incidence sur son capital médiatique : après deux ans d'interventions publiques constantes en soutien de l'État d'Israël, Enrico Macias se voit dérouler un énième tapis rouge pour soutenir que « iles Palestiniens ne veulent pas faire la paix/i » et que Netanyahou « ise défend contre les Palestiniens. C'est tout./i » Et c'est offert par RTL./p
/br
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p/brstrongFrance Info · 15/09./strong C'est un rappel à l'ordre ordinaire. Dans le cadre d'une discussion sur les actions du mouvement de solidarité en Espagne, Fabienne Messica, membre de la direction de la LDH, relève que le pays « ia été un des premiers […] à reconnaître qu'il y avait un génocide/i ». Grand seigneur, le présentateur Loïc de la Mornais n'interrompt pas sa prise de parole. Il se contente d'en attendre la fin pour la discréditer : « iEt je précise, vous avez employé le mot de génocide et c'est… voilà, les historiens le diront. […] En tout cas, ce n'est pas sur ce plateau que moi je vais le trancher. […] Chacun fera son travail plus tard./i » Voilà pour le coup droit. Le revers arrive avec l'intervention suivante, signée Patrick Martin-Genier, expert multimédias sur les « iquestions européennes et internationales/i » :/p
blockquote class="spip"
pstrongPatrick Martin-Genier :/strong Je crois malheureusement qu'on oublie qu'il y a eu le 7 octobre […], le plus grand pogrom depuis la seconde guerre mondiale. […] Je ne dis pas qu'il faut légitimer tout ce que fait Israël à Gaza mais en tout cas, on a oublié cela […]. Et je crois que lorsqu'on parle de la reconnaissance d'un État palestinien, mais strongc'est quoi l'État palestinien ?/strong Pour l'instant, c'est le Hamas qu'on n'a toujours pas éliminé […], strongc'est le Hezbollah également dans le sud Liban/strong et donc tous ces gens qui veulent la destruction d'Israël. Donc je ne veux pas tout justifier, mais on oublie l'histoire. L'histoire proche des Israéliens qui ont été assassinés, des bébés qui ont été brûlés, des femmes qui ont été éventrées, et je crois qu'on oublie cela./p
/blockquote
pD'une durée de deux minutes et trente secondes – sans la moindre interruption, fait rare sur un plateau –, cette tirade d'« expert » s'est conclue quant à elle en douceur : sans l'ombre d'un rappel à l'ordre./p
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p/brstrongLCI · 16/09./strong « iMerci colonel. Nous voulions passer ces quelques minutes avec un porte-parole de Tsahal pour mieux comprendre./i » C'est une révérence ordinaire : Éric Brunet vient de terminer son « interview » avec Olivier Rafowicz, auquel il donne tout du long du « imon colonel/i ». Après lui avoir passé les plats pour parler de « icette grande offensive qu'on attendait/i », Éric Brunet remet une couche de cirage au terme du duplex :/p
blockquote class="spip"
pstrongÉric Brunet :/strong [Olivier Rafowicz] a beaucoup parlé mais ça a permis à ceux qui regardent LCI de comprendre ce qui se passe en ce moment même à Gaza. strongNous avons eu tout à l'heure l'intervention de ce journaliste, qui a passé une nuit très difficile dans Gaza/strong, et nous suivrons de très très près sur LCI le sort des populations civiles dans cette offensive lancée ce matin par l'armée israélienne./p
/blockquote
pLe journaliste palestinien qu'Éric Brunet ne prend pas la peine de nommer est Rami Abou Jamous, dont un « face cam » enregistré – d'une minute à peine – a été diffusé par LCI avant l'interview, en direct, du porte-parole de l'armée israélienne. Bilan des courses ? Un temps de parole près de dix fois supérieur pour le second, et des conditions d'expression incomparablement meilleures. Rien à dire : LCI se donne effectivement tous les moyens de « isuivre de très très près le sort des populations civiles/i »./p
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p/brstrongFrance 5 · 16/09./strong C'est un expert médiatique ordinaire. Nous sommes le jour de la publication du rapport de a href="https://news.un.org/fr/story/2025/09/1157475" class="spip_out" rel="external"la commission d'enquête indépendante de l'ONU/a concluant à l'existence d'un génocide à Gaza, mais certains médias disposent de savants autrement mieux informés. Après avoir brillé le matin dans la matinale de BFM-TV/RMC, celui que Blast décrit comme a href="https://www.blast-info.fr/articles/2025/cher-frederic-encel-boxing-day-39-M2Q6DJ2WQ5i_AS-a5_bzcg" class="spip_out" rel="external"« iune sorte de généraliste spécialiste/i »/a, ialias/i Frédéric Encel, débarque dans « C à vous ». Pour refuser la qualification de génocide : « iNe galvaudons pas les termes ! Ou alors, il faut baptiser différemment ce qui s'est produit en 1915 [...] contre les Arméniens, pendant la Shoah, qui a concerné les juifs mais également les tziganes, et les Tutsis rwandais. Et j'ajoute l'ex-Yougoslavie. Donc je ne suis pas pour le galvaudage des termes./i » Juriste et historien : deux casquettes de plus à épingler au brillant CV du « géopolitologue » médiatique./p
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p/brstrongFrance Info · 17/09./strong C'est un journal d'actualité ordinaire. Diffusé à 15h, un bulletin d'information a encore été malencontreusement confondu avec un communiqué de l'armée israélienne : « iTsahal indique avoir frappé plus de 150 cibles, poussant des milliers d'habitants sur les routes. strongPour leur permettre de fuir ce matin/strong, Israël a annoncé l'ouverture d'une nouvelle route de passage temporaire./i »/p
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p/brstrongFrance Inter · 17/09./strong C'est une invitation ordinaire. « iBonjour Joshua Zarka, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, alors que l'armée israélienne a lancé hier son offensive terrestre sur la ville de Gaza./i » Face à Benjamin Duhamel, l'ambassadeur d'Israël en France n'en espérait sans doute pas tant. Netanyahou sous mandat d'arrêt international pour crimes contre l'Humanité ? La matinale radio s'obstine à octroyer une exposition de premier plan à l'un de ses porte-parole. Naturellement, il arrive ce qui devait arriver : « iCe n'est pas un génocide quand on demande à la population de se retirer de là où ont lieu les attaques./i » La promotion du n'importe quoi – qui valut à France Inter a href="https://x.com/amnestyfrance/status/1968303442855920034" class="spip_out" rel="external"une réaction immédiate d'Amnesty International/a – fait en prime les gros titres de l'émission : « iPour Joshua Zarka, le terme de génocide "est utilisé comme un terme politique, pas comme un terme légal"./i » Et l'information sur le rapport de la commission de l'ONU, dans tout ça ? Inexistante./p
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p/brstrongX · 17/09./strong C'est un crachat ordinaire. « iIsraël éradique le Hamas. Sans prendre de gants et brutalement. Mais tous les autres pays – même les pays arabes qui sont empoisonnés par les palestiniens depuis +80 ans – attendent juste qu'Israël finisse le job tout en s'indignant en façade. Ça déplaît mais c'est la réalité./i » Xavier Gorce. Le maître à penser des pingouins./p
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p/brstrongLCI · 17/09./strong Ce n'est pas un mea culpa ordinaire. « iTrès vite [après le 7 octobre], on s'est dit : "Où vont-ils ? Il n'y a pas d'objectif politique." Et puis, je fais partie des gens qui se sont trompés, c'est-à-dire qu'il y avait un objectif politique. On l'a vu, c'était en effet, finalement, une forme d'épuration ethnique, d'essayer de rendre Gaza invivable pour forcer les Gazaouis à partir./i » 23 mois : le temps d'un revirement public pour la grand reporter de iL'Express/i, Marion Van Renterghem. Où sont les équivalents parmi les commentateurs les plus en vue ?/p
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p/brstrongCNews · 18/09./strong C'est un commentaire ordinaire. Au beau milieu de bavardages (à charge) à propos de la mobilisation sociale du 18 septembre, le plateau se déchaîne contre les drapeaux palestiniens visibles dans le cortège parisien. Rachel Khan éructe :/p
blockquote class="spip"
pstrongRachel Khan :/strong Ce drapeau ne symbolise pas du tout le peuple palestinien, il symbolise dans nos rues une colonisation de l'espace public, une colonisation des esprits parce que derrière ce drapeau, c'est le palestinisme ! C'est la victoire du Hamas dans nos rues, c'est la haine d'Israël, c'est la haine des juifs, c'est la haine du peuple libre ! Et puis c'est un drapeau qui symbolise l'instrumentalisation des masses, l'instrumentalisation de nos jeunes. C'est aussi le drapeau qui efface le 7 octobre, c'est le drapeau qui efface l'ensemble des victimes./p
/blockquote
pDiscours quotidiens, quotidiennement tolérés par l'Arcom. Quelques jours plus tard, sur la même antenne : « i[Le drapeau palestinien] est vu aujourd'hui comme étant le drapeau de l'islamisme vainqueur, de l'islamisme conquérant […], des antisémites. Et c'est le drapeau d'un communautarisme. [...] Et derrière cette cause palestinienne, vous avez la cause djihadiste qui, naturellement, méprise les juifs mais au-delà des juifs, méprise l'Occident dans lequel cet islam-là s'est imprégné./i » Signé Ivan Rioufol. La haine, H24./p
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centerstrong***/strong/center
p/brstrongFrance Inter · 18/09./strong C'est un lundi matin ordinaire. Sophia Aram est en pleine forme. Et pour cause : une flottille est de nouveau en route pour Gaza. La boute-en-train renoue pour l'occasion avec le jeu des surnoms – « iLady Gaza/i » pour Rima Hassan ; « iMiss Krisprolls/i » pour Greta Thunberg –, et partage ses traits d'esprit, hilare face à un équipage qui « icontinu[e] ses ronds dans l'eau, avec à son bord deux kilos de pâté vegan, un pack de Palestine Cola et trois boîtes de protections périodiques/i ». La mission humanitaire ? « iSe dorer la nouille en Méditerranée sur des voiliers à 6 000 boules par jour co-financés par les proxys du Hamas./i » Mais encore ? Un « icirque pour aller chercher trois sandwichs et un vol retour auprès de l'armée israélienne/i ». À ce stade, la médiocrité annulerait presque l'indécence./p
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centerstrong***/strong/center
p/brstrong iLe Point/i · 18/09./strong C'est une pleine page ordinaire dans un hebdomadaire. À court d'éditorial, d'interview ou de tribune contre la reconnaissance de l'État de Palestine par la France ? Pas de panique ! La direction du iPoint/i a la solution toute trouvée : publier tel quel un communiqué du réseau « Agir ensemble » – « Et si tous les pays arabes reconnaissaient enfin Israël ? » –, à la pointe de la rigueur historiquespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="On y apprend par exemple que « le conflit israélo-arabe » a débuté au (…)" id="nh1"1/a]/span. Étonnant… ou pas : le communiqué en question fut projeté la veille, à Paris, lors du a href="https://www.agirensemble.org/rass-pour-la-verite" class="spip_out" rel="external"meeting « icontre la reconnaissance d'un État palestinien sans conditions/i »/a co-organisé par « Agir ensemble » et Elnet, l'un des principaux lobbies pro-Israël en France. Le tout en compagnie d'éminents représentants de CNews (Paul Amar, Rachel Khan, Michel Onfray, etc.) et de quelques personnalités politiques, de Manuel Valls à Caroline Yadan en passant par David Lisnard./p
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div class='spip_document_16228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH326/2_lepoint-30797.png?1760347489' width='500' height='326' alt='' /
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p/brstrong iLe Figaro/i · 19/09./strong/p
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div class='spip_document_16227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH315/3_lefigaro-0a8c4.png?1760347489' width='500' height='315' alt='' /
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p/brC'est un gros titre ordinaire. Et iLe Figaro/i fait d'une pierre quatre coups : convertir la question politique de l'État de Palestine en une question identitaire ; essentialiser les « iFrançais juifs/i » ; a href="https://www.acrimed.org/Dans-les-medias-la-reconnaissance-de-la-Palestine"invisibiliser les voix palestiniennes/a ; et établir un lien entre la reconnaissance et « iles niveaux très élevés/i » des « iactes antisémites/i » en France. Le niveau très élevé d'islamophobie culmine quant à lui dans les pages intérieures :/p
blockquote class="spip"
pstrongStéphane Kovacs :/strong Expert en stratégie numérique et coauteur de iLa Fin des juifs/i de France ?, Didier Long considère que quelque « i150 000 Juifs, vivant directement au contact de populations arabo-musulmanes, sont en danger aujourd'hui en France/i ». « iReconnaître la Palestine aujourd'hui, c'est mettre une cible dans le dos des Juifs du monde entier/i », craint-il./p
/blockquote
pEt l'avalanche raciste de se poursuivre – « icette décision qui vise à calmer les banlieues aura l'effet inverse : cela importera encore plus le conflit sur notre territoire, en y légitimant la violence/i » – sans le début du commencement d'une contradiction : iLe Figaro/i en roue libre./p
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p/brstrong iL'Éclair des Pyrénées/i · 20/09./strong « iEn quoi la reconnaissance d'un État palestinien facilitera la paix au Proche-Orient ? Voudrait-on importer en France le conflit israélo-palestinien qu'on ne s'y prendrait pas autrement./i » C'est un éditorial ordinaire. Signé Patrice Carmouze – et oui, il existe encore un journal pour le prendre au sérieux./p
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p/brstrongT18 · 20/09./strong C'est une démonstration de mépris ordinaire. Après que Pierre Jacquemain (iPolitis/i) a dénoncé le génocide à Gaza commis par « iune armée face à un peuple qui est démuni/i », Jean Quatremer lui saute à la gorge :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Jean Quatremer :/strong C'est insupportable ! Quand je vous entends dire que l'armée israélienne ne se bat contre personne mais contre le peuple palestinien... mais c'est un pur scandale de dire une chose pareille ! [...] Israël ne se bat pas contre le peuple ! Israël se bat contre le Hamas ! Si le Hamas demain rend les otages, dépose les armes, ça s'arrête. [...] Dire que c'est une guerre contre le peuple palestinien, c'est purement scandaleux ! [...]/p
pstrong- Pierre Jacquemain :/strong 60 000 civils… [Coupé]/p
pstrong- Jean Quatremer :/strong C'est pas 60 000 civils ! C'est 30 000 civils, et 30 000 combattants, déjà ! Rien que là-dessus, voyez, sur les chiffres ! Donc on peut continuer longtemps là-dessus la mauvaise foi./p
pstrong- Pierre Jacquemain :/strong [30 000], c'est quand même pas mal.../p
pstrong- Jean Quatremer :/strong Oui mais ça, c'est de l'importation du conflit justement et c'est tenter de tordre la réalité. strongJe vous demande de faire du journalisme/strong !/p
/blockquote
pC'est un expert qui parle : un mois plus tôt, a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/220825/l-offensive-gaza-fait-au-moins-83-de-morts-civils-selon-les-chiffres-de-l-armee-israelienne" class="spip_out" rel="external"une enquête conjointe de journalistes israéliens et britanniques/a, basée sur des données des services de renseignements israéliens, faisait état de 83% de civils tués à Gaza entre octobre 2023 et mai 2025 sur un bilan – par ailleurs largement sous-estimé – de 53 000 morts. En d'autres termes, au moins 44 100 civils. Mais à l'évidence, celui qui enjoint de « ifaire du journalisme/i » n'en est pas à 10 000 morts palestiniens près./p
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centerstrong***/strong/center
p/brstrongPublic Sénat · 22/09./strong C'est un transfert ordinaire. Après Maël Benoliel, a href="https://www.acrimed.org/Gaza-une-inflexion-mediatique-en-trompe-l-oeil"recruté par le bureau « Moyen-Orient » de France Télévisions/a, voici qu'un autre journaliste d'i24News est embauché comme éditorialiste officiel sur le service public : Michaël Darmon, professionnel exigeant et passionné de droit international – la Cour internationale de justice rebaptisée « iconclave de l'inimitié juive/i », c'est de lui. Au cours de la saison 2024-25, il bénéficiait d'un a href="https://www.acrimed.org/i24News-un-rond-de-serviette-sur-France-Info"fauteuil sur France Info/a et officiait déjà sur Public Sénat sous le statut « éditorialiste i24News ». Il est depuis monté en grade, comme le laisse entendre son confrère Thomas Hugues au moment de présenter le plateau de l'émission « Sens Public » : « iBonsoir Michaël, bienvenue à vous. Éditorialiste politique pour "Sens Public", je rappelle que vous avez été vous aussi correspondant à Jérusalem./i » Puis éditorialiste pour une chaîne propagandiste et coutumière de discours génocidaires : dommage d'avoir oublié la précision./p
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centerstrong***/strong/center
p/brstrong iLe Parisien/i · 22/09./strong Ce n'est pas un éditorial ordinaire (mais un peu quand même). Déplorant « ile timing/i » de la reconnaissance de l'État de Palestine, « icar ceux qui se féliciteront bruyamment sont les bourreaux d'Israël/i », le directeur des rédactions Nicolas Charbonneau va jusqu'à se fâcher avec son Président chouchou : « iBien sûr, la France et ses alliés assureront que cette reconnaissance doit s'accompagner du démantèlement du Hamas – la blague –, mais ces discours à l'ONU iront bien droit au cœur des maîtres de Gaza./i » Et de poursuivre en suivant un lien de cause à effet pour le moins cavalier : « iQui peut […] croire que cette reconnaissance sans avoir obtenu jusqu'ici la moindre condition préalable strongmettra un terme à un antisémitisme débridé/strong ou aidera les populations civiles palestiniennes ?/i » Qui peut croire que quoi que ce soit mettra un terme à a href="https://www.acrimed.org/Cessez-le-feu-a-Gaza-les-oeilleres-et-les-partis"la couverture indigente que donne à voir jour après jour iLe Parisien/i depuis deux ans/a ?/p
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centerstrong***/strong/center
p/brstrongTMC · 22/09./strong C'est une consécration ordinaire. Et une double peine : « iÇa s'appelle/i Les nouveaux antisémites. Enquête d'une infiltrée dans les rangs de l'ultra gauche. iC'est sorti chez Albin Michel. Et voici le prochain numéro de/i Franc-Tireur iaussi, avec une nouvelle enquête signée de vous, et ça sort mercredi. Merci [Nora Bussigny] d'être venue sur le plateau de Quotidien !/i »/p
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div class='spip_document_16226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH368/4_bussigny-2d3ab.png?1760347489' width='500' height='368' alt='' /
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p/brNon, Yann Barthès ne reçoit pas l'extrême droite partisane sur son plateau. Par contre, il sert régulièrement la soupe aux commentateurs qui promeuvent activement ses obsessions, de l'islamophobie (bon teint) à la haine de la gauche et des « inouveaux inquisiteurs/i », selon le titre du précédent livre de cette « iinfiltrée en terres wokes/i » (chez Albin Michel, déjà)./p
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centerstrong***/strong/center
p/brstrongMediapart · 24/09./strong C'est une manipulation de l'information ordinaire. Fin juillet 2025, l'ambassade israélienne en France a organisé un voyage de presse tous frais payés en Israëlspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Aller-retour en avion, repas et nuits d'hôtel (de luxe). Seul le journal La (…)" id="nh2"2/a]/span. Alors que perdure le blocus de Gaza et que les journalistes internationaux y sont toujours interdits, il se trouve encore des journaux français pour répondre présent à ce type d'invitation. Cinq, en l'occurrence : iLe Journal du dimanche/i, iLe Figaro/i, iL'Express/i, iMarianne/i et iLa Croix/i. a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/240925/israel-paye-le-voyage-des-journalistes-francais-pour-faire-sa-propagande" class="spip_out" rel="external"Comme le rapporte Mediapart/a, « ihormis le quotidien catholique et/i L'Expressi, aucun des trois autres n'a jugé utile de préciser que leurs articles avaient été rédigés dans le cadre d'un voyage concocté par l'ambassade israélienne/i ». Dans iMarianne/i (7/08), la directrice de la rédaction, Ève Szeftelspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire son récent portrait paru sur Blast (11/10)." id="nh3"3/a]/span, livre même une caricature de « reportage embedded » au cœur d'« iune nation prête à rendre le moindre coup/i »… et au plus près des autorités militaires, dont le récit est recraché sans aucun recul. « iJe n'ai pas mentionné le cadre du voyage de presse car ce cadre n'était pas contraignant/i », affirme-t-elle à Mediapart. On n'en doute pas ! Et lorsque le journal lui demande si elle entrevoit « iun problème déontologique/i » dans sa démarche, la réponse est tout aussi tranquille : « iNon, et la preuve c'est que le papier que j'ai écrit était très équilibré./i »/p
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div class='spip_document_16225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH319/5_marianne-65174.png?1760347489' width='500' height='319' alt='' /
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p/brstrongMediapart · 29/09./strong C'est un management ordinaire. Le 18 septembre, la directrice de iMarianne/i Ève Szeftel, encore elle, était visée par une motion de défiance votée par 71 % de la rédaction. « iEn tête des griefs formulés : son positionnement personnel pro-israélien/i », a href="https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/290925/est-entres-dans-une-guerilla-marianne-fortes-tensions-autour-de-la-directrice" class="spip_out" rel="external"rapporte Mediapart/a, que la directrice commente avec toute la franchise qu'on lui connaît : « iMarianne traite avec le souci de la contradiction et du pluralisme tous les sujets, celui-là comme les autres./i » Les plaintes des journalistes disent pourtant le contraire, témoignant d'un interventionnisme débridé concernant tout sujet lié de près ou de loin à la question palestinienne et à ses répercussions en France. Éditoriaux caricaturaux ; « ientretiens téléguidés/i » avec ses « iinterlocuteurs fétiches […] généralement favorables à l'action de Tsahal/i » ; reprises en main éditoriales, comme ce jour où une proposition d'article mettant en scène deux juristes « pour et contre » la caractérisation de génocide est devenue, iin fine/i, « iun débat entre deux juristes, le premier choisi par la directrice, qui a ensuite lui-même désigné son contradicteur/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Le tout pour que tous deux se rejoignent à la fin sur le fait que le terme (…)" id="nh4"4/a]/span. Sans compter d'autres types de pratiques autoritaires, incluant un entretien sous forme de coup de pression avec une « ipigiste permanente/i », alors susceptible d'être promue rédactrice en cheffe du service culture :/p
blockquote class="spip"
pLa discussion s'était vite orientée sur la question israélo-palestinienne. Ève Szeftel a donné son point de vue – pour elle, « iil n'y a pas de génocide à Gaza/i » et les journalistes gazaoui·es, « ià partir du moment où ils ont des liens avec le Hamas, et ils en ont, sont des terroristes/i ». Pour offrir le poste à la journaliste, elle a posé comme condition que celle-ci soit alignée sur ses convictions. Raison avancée ? En tant que potentielle cheffe du service culture, la journaliste devrait recenser les boycotts en France d'artistes israélien·nes ou soutenant Israëlspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Une version, précise Mediapart, contestée par Ève Szeftel." id="nh5"5/a]/span./p
/blockquote
pSans commentaire…/p
p… et en attendant le mois prochain./p
p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanOn y apprend par exemple que « ile conflit israélo-arabe/i » a débuté au lendemain de la déclaration d'indépendance de l'État d'Israël, le 14 mai 1948, lorsque « ile monde arabe lui déclare la guerre pour l'effacer de la carte/i ». Ou encore qu'« ià sept reprises, les pays arabes puis les Palestiniens [ont] rejeté les propositions de paix et une "solution à deux États", toutes acceptées par l'État juif/i ». Entre autres./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanAller-retour en avion, repas et nuits d'hôtel (de luxe). Seul le journal iLa Croix/i a pris en charge le transport, selon Mediapart./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanLire a href="https://www.blast-info.fr/articles/2025/chere-eve-szeftel-boxing-day-51-KC4tdG6KQCuL52lAu1dC_g" class="spip_out" rel="external"son récent portrait paru sur Blast (11/10)/a./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanLe tout pour que tous deux se rejoignent à la fin sur le fait que le terme génocide « iest dans le cas de Gaza instrumentalisé et ne correspond pas à la situation sur place/i », ainsi que le décrit Mediapart./p
/divdiv id="nb5"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanUne version, précise Mediapart, contestée par Ève Szeftel./p
/div/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arfifauvelle-6409e.png?1760078876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" /
div class='rss_chapo'pLe 25 septembre 2025, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy est condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs avec exécution provisoire en raison d'un pacte de corruption noué avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart ayant largement contribué à documenter ledit pacte, est invité sur le plateau de Marc Fauvelle sur BFM-TV quatre jours plus tard./p/div
div class='rss_texte'p« iJ'étais sur le plateau de BFM où je n'aurais jamais dû aller pour parler de la condamnation de Nicolas Sarkozy/i », a publiquement regretté Fabrice Arfi (Bluesky, 29/09). En effet… Verrouillé par un présentateur reconverti en avocat de Nicolas Sarkozy – dont il mobilise les arguments de « défense » sous couvert de « questions qui fâchent » et de « nuances » –, le dispositif met le journaliste de Mediapart en situation d'être tantôt un « adversaire politique » de l'ancien président, tantôt le porteur d'une « opinion » parmi d'autres. Nourrir le confusionnisme tout en ayant l'air de servir le « pluralisme » et la « contradiction » : tel est le bilan de ce formatage du débat public, où les faits et l'information sont noyés sous un conducteur de fausses questions… et de vrais à-peu-près./p
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h3 class='article_intertitres'Un journalisme de diversion/h3
p/brAlors que le journaliste de Mediapart dénonce la stratégie médiatique de l'ancien président – accuser les médias « vendus à la gauche » et « les juges rouges » –, l'intervieweur relaie au contraire, dès sa deuxième question, l'un des principaux arguments de la défense Sarkozy : « iC'est LA note qui a lancé la machine judiciaire./i » Le lancement de Marc Fauvelle est sans équivoque : la première partie de son interview sera consacrée à la fameuse « note Moussa Koussa », du nom du chef des services secrets extérieurs libyens de Kadhafi, un document révélé en 2011 par Mediapart. « iQue contient cette note ?/i », demande le présentateur à Fabrice Arfi. Alors que le journaliste de Mediapart explique ce que contient ce document, qui a permis de révéler une rencontre secrète entre le terroriste et chef des renseignements libyens Abdallah Senoussi et les proches de Nicolas Sarkozy, Marc Fauvelle ne rebondit pas sur « l'extraordinaire gravité » des faits qui sont évoqués face à lui… mais sur les arguments de la défense de l'ancien président, qui s'acharne sans succès depuis plus d'une décennie à discréditer cette « note » :/p
blockquote class="spip"
pstrongMarc Fauvelle :/strong Nicolas Sarkozy dit que cette note est un faux. Il s'appuie d'ailleurs sur les mots de la présidente au moment de prononcer le jugement la semaine dernière, qui dit : « Il y a aucun élément qui a permis de corroborer le contenu de la note qui apparaissait déjà fragile. » Je cite les mots de la présidente du tribunal. Le plus probable est que ce document Mediapart soit un faux. Est-ce que vous vous êtes trompé ?/p
/blockquote
pSi la question est d'un premier abord légitime, Marc Fauvelle ne se contente pas de la réponse de Fabrice Arfi sur cette affaire pourtant déjà jugée 3 fois – à chaque fois pour donner raison à Mediapart. Au gré de relances incessantes, témoignant d'une relative méconnaissance du sujet qu'il aborde, l'animateur entre dans des considérations juridiques byzantines – pour ne pas dire de mauvaise foi – revenant, iin fine/i, à légitimer les arguments Sarkozy, ou, tout « au mieux », à semer le doute :/p
blockquote class="spip"
pstrongMarc Fauvelle :/strong Il y a eu procès, il [Nicolas Sarkozy] vous a attaqué pour faux… […] Il y a eu procès, enfin vous avez raison, il y a eu procès, il y a eu procès en appel. Vous avez gagné procès, procès en appel. Il y a une Cour de cassation… sur cette affaire et la Cour de cassation dit à la fin… elle a écarté l'accusation lancée par Nicolas Sarkozy. Elle dit « Ce n'est pas un faux mais on ne peut pas dire pour autant avec certitude qu'il s'agit d'un vrai ». […] On n'est pas plus avancé à ce moment-là./p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong […] Il y a ce qu'on appelle en droit une autorité de la chose jugée. Cette note est selon la justice française ni un faux matériel, ni un faux intellectuel. […]/p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Mais vous êtes d'accord pour dire que la Cour de cassation n'a jamais dit « il s'agit d'un vrai » ?/p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong La justice s'est saisie pour dire s'il s'agit d'un faux !/p
/blockquote
pLe présentateur conclut que cette question qu'il a lui-même posée… ne se pose pas – « iOui, elle [la Cour de cassation] n'a pas été interrogée pour dire si c'était un vrai/i » – sans en démordre pour autant :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Ouais… ça a son importance…/p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Mais non mais c'est le droit ! [M. F. : Oui…] La justice ne peut pas dire : « elle est authentique » ; elle dit : « il n'y a rien qui permet de dire que c'est un faux matériel et un faux intellectuel »./p
/blockquote
pMais rien n'y fait. Les questions suivantes se focalisent de nouveau sur la fameuse « note Moussa Koussa », comme s'il en allait du cœur du sujet, – ce que surlignent (lourdement) les bandeaux tout au long de l'interview…/p
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div class='spip_document_16222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bandeauxbfm.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH181/bandeauxbfm-be9b0.png?1760078876' width='500' height='181' alt='' //a
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/div
p/brAussi l'animateur embraye-t-il au quart de tour sur un détail, de façon à suggérer l'incompétence ou la manipulation de Fabrice Arfi :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Nous le disons depuis des années, il y a probablement une erreur dans la date [coupé]/p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong C'est ce que j'allais vous demander. Il y a une date sur ce document qui n'est pas la date du document, mais la date qui est… de la réunion Takieddine/Brice Hortefeux. Il est inscrit qu'elle aurait eu lieu le 6 octobre 2006. Ce jour-là, Brice Hortefeux était non pas à Tripoli mais à Clermont-Ferrand qui n'a pas grand-chose à voir. Comment expliquer une erreur de date comme ça sur un document aussi important ?/p
/blockquote
pFabrice Arfi met alors en évidence les contre-feux médiatiques allumés par Nicolas Sarkozy, centrés spécifiquement autour de ladite note, avant d'être à nouveau coupé par Marc Fauvelle : « iLa présidente du tribunal, elle n'est pas manipulée par Nicolas Sarkozy ?/i »/p
/br
h3 class='article_intertitres'Un journalisme d'accusation/h3
p/brAlors que l'échange se tend, Fabrice Arfi évoque l'hostilité (de longue date) des médias dominants à l'endroit de Mediapart dans cette affaire. Marc Fauvelle le rassure sur un ton piquant : « iVous n'êtes pas accusé Fabrice Arfi, je vous pose des questions parce qu'on se les pose, sans doute parce qu'on les voit passer partout. J'en ai plein d'autres à vous poser, si vous permettez./i » Las… c'est bien au procès de Mediapart que nous continuons d'assister :/p
blockquote class="spip"
pstrongMarc Fauvelle :/strong Bon, cette note, vous la publiez, vous, à Mediapart, le samedi 28 avril 2012. C'est pas une date anodine, on est pile poil entre les deux tours de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy est candidat. Il est finaliste. Il va affronter François Hollande quelques jours après. Pourquoi à ce moment-là ? Depuis combien de temps vous l'aviez cette note ?/p
/blockquote
pEt pourquoi relancer, à ce moment-là, un débat qui s'est déjà tenu moult fois sur la place publique au cours des treize dernières années ? Fabrice Arfi joue néanmoins le jeu, entrant dans l'explication, arguant que la responsabilité des conséquences politiques de révélations journalistiques n'incombent pas aux journalistes d'investigation… mais aux personnalités politiques prises la main dans le pot de miel. Peine perdue : il est coupé après 7 secondes à peine. Et Marc Fauvelle de poursuivre, non plus en insinuations mais en accusation explicite : « iDonc c'est le 28 avril 2012 à une semaine du second tour que vous avez eu la preuve selon vous qu'elle était exacte ? Vous ne l'avez pas gardée sous le coude ?/i »/p
pAlors que Fabrice Arfi s'indigne, Marc Fauvelle le coupe à nouveau en prenant cette fois-ci explicitement la défense de l'ancien candidat UMP avec une affirmation pour le moins inexacte :/p
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pstrong- Marc Fauvelle :/strong Parce que vous savez qu'à cette date-là, on est dans une période en plus où le temps de parole est géré. Les candidats peuvent pas s'exprimer, très peu. C'est l'égalité, entre guillemets, il pouvait pas répondre aux accusations à ce moment./p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Bien sûr que si, il a répondu. On a contacté l'Élysée, on a contacté tous les acteurs…/p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Pas dans les médias audiovisuels. Vous savez, c'est la période de d'égalité entre les deux tours de la présidentielle./p
/blockquote
pMédias audiovisuels où Sarkozy disposait néanmoins… de vaillants porte-parole./p
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h3 class='article_intertitres'Un journalisme d'opinion/h3
p/brDernier volet des « questions » de Marc Fauvelle ? L'accusation de complot à l'endroit des juges et des journalistes. Interviewé la veille dans le iJDD/i de Bolloré, l'ancien président continue de donner le « la » de l'interview et ses élucubrations fournissent à l'intervieweur… son cadrage :/p
blockquote class="spip"
pstrongMarc Fauvelle :/strong Nicolas Sarkozy, hier, vous l'avez sans doute lu comme nous dans l'interview au JDD, dit « l'officier de police judiciaire qui enquêtait sur moi likait les articles de Mediapart et par ailleurs à chaque fois qu'il y avait une audition chez un magistrat par exemple, je l'apprenais quasiment en lisant Mediapart ». Est-ce qu'il y a, pour répondre aux accusations qu'il a lancées contre vous, un complot de la justice ou la police et Mediapart pour le faire tomber ? […] C'est le mot qu'il utilise, le terme « complot »./p
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pLa réponse de Fabrice Arfi pique de nouveau au vif l'avocat de Nicolas Sarkozy. Mais piètre avocat, qui ne connaît pas bien son dossier :/p
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pstrong- Fabrice Arfi :/strong On est en train de parler d'un homme qui a été définitivement condamné pour corruption. D'ailleurs, il a assisté…/p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Il a fait appel…/p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Non, non…/p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Ah oui pardon, pour corruption c'est l'autre volet…/p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Non, non, dans l'affaire Bismuth, il a corrompu un magistrat, il est définitivement condamné au regard du droit français. C'est un délinquant./p
/blockquote
pEt Marc Fauvelle d'allumer instantanément un nouveau contre-feu, dont il n'aurait certainement pas eu l'idée pour un condamné sans col blanc :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Donc il [ne] doit plus s'exprimer dans la presse ?/p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Mais pas du tout.../p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Non ? Bon…/p
/blockquote
pBrutale, la conclusion de l'entretien est à l'image de l'orientation des questions du journaliste : elles épousent le point de vue d'un avocat qui s'émancipe des faits et qui installe son confrère de Mediapart dans une posture de commentateur, lequel donnerait son avis « comme tout un chacun » :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Et là dans l'affaire libyenne, il est présumé innocent puisqu'il a fait appel. Merci beaucoup Fabrice Arfi strongd'être venu défendre ce point de vue/strong ce soir sur ce plateau./p
pstrong- Fabrice Arfi :/strong Les faits. Je défends les faits./p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong J'en ai rappelé d'autres aussi. J'essaie aussi, je vous assure. J'essaie aussi./p
/blockquote
pDisons plutôt que par ses choix éditoriaux (et ses angles morts), l'animateur a précisément dévalué ou noyé les faits, en instillant l'idée qu'il n'en existerait pas, que tout ne serait qu'« opinion » ou « point de vue » et que par conséquent, toutes les paroles se vaudraient. Une morale que Marc Fauvelle continue d'ailleurs de véhiculer alors que Fabrice Arfi quitte le plateau : « iOn va entendre à présent un point de vue assez différent, très différent même sur ce procès./i » Des dires du présentateur lui-même, c'est un avocat dénué de toute spécialisation dans cette affaire, Patrick Klugman, qui fait son entrée :/p
blockquote class="spip"
pstrongMarc Fauvelle :/strong Vous n'êtes pas dans le dossier Sarkozy […] de près ou de loinspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Un mensonge ? D'après Le Canard enchaîné, Patrick Klugman était en lien avec (…)" id="nh1"1/a]/span, et pourtant, vous avez un avis tranché [Marc Fauvelle aurait pu s'arrêter là pour justifier cette invitation ! NDLR] qui n'est pas celui de Fabrice Arfi sur cette affaire. Vous dites que « ce n'est pas une sentence qui a été rendue, mais une vengeance ». Qui se venge de qui ?/p
/blockquote
pCerise sur le gâteau : « il'avis tranché/i » en question n'est rien d'autre… qu'un tweetspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="« C'est pas une sentence c'est une vengeance. Et sous couvert de rendre la (…)" id="nh2"2/a]/span. Une métaphore du « journalisme » dominant ? Au fond, que peuvent bien valoir a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/l-argent-libyen-de-sarkozy" class="spip_out" rel="external"213 articles d'une enquête de treize ans/a face aux 166 caractères d'un « iavis tranché/i » ?/p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brNicolas Sarkozy étant un expert en contre-feux médiatiques, la séquence est tristement banale. Quel dommage toutefois, pour un média dit d'« information », de ne pas profiter de l'un des journalistes experts du dossier pour… informer, mais, au contraire, pour instruire le procès de ce dernier – et celui de son média –, tout en prenant la défense de Nicolas Sarkozy. Si les grands médias nous ont habitués de longue date à la reprise des éléments de langage de l'ancien président, il est regrettable de voir le même procédé se répéter, tout particulièrement depuis cette nouvelle condamnation, comme l'ont longuement documenté a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/plateau-tele/sarkozy-condamne-par-la-justice-blanchi-par-les-chaines-dinfo" class="spip_out" rel="external"Arrêt sur images/a ou Mediapart, a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/021025/condamnation-de-sarkozy-les-dessous-d-une-semaine-de-mensonges-en-continu" class="spip_out" rel="external"ici/a, a href="https://www.youtube.com/watch?v=ycvxHQPurSs" class="spip_out" rel="external"là/a ou encore a href="https://blogs.mediapart.fr/fabrice-arfi/blog/021025/affaire-sarkozy-kadhafi-la-manipulation-du-point" class="spip_out" rel="external"là/a. Se répéter, jusqu'à l'appel, la cassation, et au-delà ?/p
p/brstrongVincent Bollenot/strong, avec strongPauline Perrenot/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanUn mensonge ? D'après a href="https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/52070-l-ex-president-s-offre-une-operation-deminage-avant-son-embastillement" class="spip_out" rel="external"iLe Canard enchaîné/i/a, Patrick Klugman était en lien avec l'avocat de Nicolas Sarkozy autour d'un projet de tribune critique de la décision judiciaire. C'est même ce dernier qui aurait suggéré à BFM-TV d'inviter Klugman sur son plateau./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /span« iC'est pas une sentence c'est une vengeance. Et sous couvert de rendre la justice en s'éloignant de l'administration charge de la preuve on l'affaiblit dangereusement/i » (X, 25/09)./p
/div/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH127/marianne_chaudasse-a1dcd.png?1760017958' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='127' alt="" /
div class='rss_chapo'pEt iMarianne/i eut la riche idée d'établir un « imode d'emploi pour approcher une chaudasse/i »./p/div
div class='rss_texte'pOn croyait avoir à peu près tout lu au répertoire du sexisme médiatique. C'était sans compter une série estivale signée iMarianne/i – « Comment s'adresser à… » –, un format pensé pour remplir des pages et divertir les lecteurs. Le principe ? « iL'été, saison des rencontres. Mais avec le règne du tout-à-l'ego, les gens sont devenus d'une susceptibilité à vif. Chaque semaine, apprenons à identifier les personnalités difficiles et à les gérer habilement./i » Jusque-là, hormis quelques indices trahissant d'emblée le conservatisme de ces rédactions parisiennes pétries d'un certain sens du « c'était mieux avant », tout est seulement insignifiant. Au fil des semaines, les deux auteurs donnent donc dans le second degré pour expliquer aux lecteurs comment s'adresser à « iun people/i » (17/07), « iun con/i » (31/07), « iun fou/i » (14/08), mais aussi à « iune future retraitée/i » (7/08) – observons fatalement l'emploi du féminin – et le 24 juillet… à « iune chaudasse/i »./p
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div class='spip_document_16219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH423/marianne_chaudasse-038a5.png?1760017958' width='500' height='423' alt='' /
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p/br« iLe soleil et la plage incitent certaines créatures sans complexes et sans scrupule à adopter un comportement parfois très malaisant. Comment s'en dépêtrer ?/i » Sous couvert d'humour, dopés au prêt-à-penser masculiniste, les journalistes font étalage du sexisme le plus crasse. Florilège :/p
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p- Ne confondez pas […] la vraie chaude iopen bar/i avec l'innocente allumeuse en microshort, la modeuse déguisée en pole danseuse, l'ado qui secoue ses couettes ou encore la simulatrice égarée (cherche du travail dans l'événementiel)./p
p- Ne sous-estimez pas sa dangerosité. Il est rare qu'une « chaude » assumée soit une authentique hédoniste […]. Au mieux, vous avez affaire à une don Juane, qui vérifie sa séduction par le nombre. Au pire, une radasse sans foi ni loi qui veut atomiser votre frêle petit équilibre affectif et économique […]./p
p- Intéressé ? Jouez-là subtil […]. Offrez-lui l'occasion de s'épancher (sous son 85D, un gouffre de détresse existentielle) […]. Concrétisez sur-le-champ si le contexte est favorable. Allez à l'essentiel, tâchez de savoir si elle vit seule. Loin ? Frigo rempli ? Boissons fraîches ? Netflix ? Attention à la dimension hystérique de ce type de femme (cherche qui la fuit, fuit qui la cherche)./p
p- [C]e n'est pas une gentille. Elle veut contrôler de bout en bout la relation et vous prendra vite pour une merde si vous jouez les pachas ou les soumis./p
p- Si vous prenez le large le premier, attendez-vous à une pluie d'invectives (vous n'avez aucun goût, vous êtes prétentieux, misogyne, homo refoulé) et à affronter une furie, à deux doigts de la dénonciation #Metoo./p
p- La découverte de ce sentiment amoureux réveille en elle un romantisme niais qu'elle avait refoulé pour devenir une sex-killeuse. En deux minutes, c'est une mémère douce et câline./p
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pEt ainsi de suite. Jusqu'en légende de la photo accompagnant l'article : « iLa fameuse serial loveuse Jayne Mansfield, aux mensurations hors norme (102-53-91 cm) et au quotient intellectuel tout aussi exceptionnel (163 !)./i »/p
pComment les deux auteurs peuvent-ils plaider l'humour ? En particulier lorsqu'on constate que loin d'être un accident, cet article dessine une vision du genre (et du monde) que les deux auteurs ont eu préalablement l'occasion d'exposer, par exemple dans leur portrait de « ila femme Jackie Sardou/i » – « igrande gueule/i » à la « iféminité invincible/i » opposée aux « ifragiles obséquieux/i » et aux « inéoféministes éplorées/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Laurent Giraud et Stéphanie Milou, « Contre le wokisme, grande gueule, (…)" id="nh1"1/a]/span. Et ce, dans un hebdomadaire dont le passif est lourd en la matière, que l'on se remémore a href="https://www.acrimed.org/Affaire-DSK-6-les-journalistes-savaient-Mais-quoi"les positions de la direction de iMarianne/i lors l'affaire DSK/a, celles de son ancien chef Jean-François Kahn – qui évoquait alors un a href="https://lmsi.net/Violeur-au-dela-du-periph" class="spip_out" rel="external"« itroussage de domestique/i »/a sur France Culture –, mais aussi a href="https://www.acrimed.org/BalanceTonPorc-la-liberation-de-la-parole-sous"la flamboyance de Jacques Julliard à l'aube du mouvement MeToo/a, sans oublier, depuis, une croisade tout à fait franche contre « le wokisme », laquelle s'incarne régulièrement dans des articles qui s'imaginent sans doute « défier la bien-pensance » : « iComment faire pour que votre fille ne devienne pas une pouffe ?/i » (iMarianne/i, 22/09)/p
pCette livraison estivale met néanmoins la barre très haut, reproduisant parmi le pire des stéréotypes sexistes et véhiculant des commentaires et des représentations que ne renierait aucun groupuscule prospérant sur une véritable haine des femmes. Un texte comme celui-ci en dit donc surtout très long sur ses auteurs, sur les affects qu'ils entendent mobiliser au sein du lectorat qu'ils pensent être le leur, mais aussi sur la complaisance de la rédaction (et de sa direction) à l'égard de ce type de discours, où il ne s'est visiblement trouvé personne pour mettre le holà. Une chose est sûre : dans un paysage médiatique travaillé par des courants réactionnaires toujours plus puissants, nombre de refoulés misogynes ne demandent naturellement qu'à s'exprimer davantage et sans entrave. Et face au backlash, iMarianne/i ne sera jamais un rempart./p
p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div
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div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLaurent Giraud et Stéphanie Milou, « Contre le wokisme, grande gueule, féminité invincible… Rendez-nous la femme "Jackie Sardou" ! », iMarianne/i, 3/02./p
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Imaginons qu'un colis explosif soit envoyé à la permanence d'un député macroniste ou RN, voire à un commissariat. Vous en entendriez parler pendant des semaines. Cela ferait la Une de l'actualité, l'intégralité des médias tourneraient en boucle sur le « retour du terrorisme d'ultra-gauche » avec des policiers invités en plateau. Le Ministère de l'intérieur en ferait une actualité prioritaire et dissoudrait quelques collectifs au passage. br /Mais ici, un colis explosif a « juste » visé un élu Insoumis. Et puisque la vie des opposant-es, y compris élu-es, ne vaut plus grand chose, et qu'il est même encouragé de s'en prendre physiquement à la gauche, tout le monde s'en fout. Cette info n'a occupé que quelques lignes dans une poignée de journaux locaux.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contre attaque/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH132/tribune_agenda_logo-090e5.jpg?1759831688' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='132' alt="" /
div class='rss_chapo'pLe 22 septembre, une poignée de pays occidentaux dont la France a reconnu officiellement l'État de Palestine à la tribune de l'ONU, comme près de 150 autres pays avant eux. Une journée « ihistorique/i » selon les grands médias, mais un jour comme les autres dans la plupart d'entre eux, qui ont continué de faire ce qu'ils font de mieux depuis deux ans : effacer le peuple palestinien, criminaliser ses soutiens, parler de Gaza sans en parler vraiment, ou plutôt… depuis le point de vue israélien./p/div
div class='rss_texte'pAngles anecdotiques, invisibilisation des Palestiniens, dépolitisation et journalisme « par le haut », omniprésence de la propagande israélienne, éléments de langage complices, sondages d'opinion, bavardages de plateaux, digressions racistes, insultes et criminalisation des soutiens de l'émancipation : le récit médiatique n'a rien changé de ses vieilles habitudes pour raconter la reconnaissance, lundi 22 septembre, de l'État de Palestine par la France et quelques autres pays occidentaux lors de l'Assemblée générale des Nations Unies à New-York./p
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h3 class='article_intertitres'Drapeaux palestiniens : quand l'écume fait la vague/h3
p/brLe cadrage dominant de cette « séquence médiatique » va s'imposer dès le 14 septembre, à la faveur d'un a href="https://www.acrimed.org/Surenchere-antisemite-Olivier-Faure-a-son-tour"épisode ubuesque/a qu'Acrimed a déjà raconté. Ce jour-là, le secrétaire du PS Olivier Faure propose sur X de « ifaire flotter le drapeau palestinien/i » sur les mairies le 22 septembre... et se voit aussitôt accusé de divers méfaits, antisémitisme compris. Pour une large partie de la presse audiovisuelle, cette énième « polémique » ne présente que des avantages : elle offre un nouveau tour d'injures et d'amalgames contre les soutiens de la cause palestinienne et donne un prétexte a href="https://www.arretsurimages.net./articles/offensive-israelienne-a-gaza-ville-ce-que-les-jt-ne-vous-ont-pas-raconte" class="spip_out" rel="external"pour ne pas parler/a des massacres qui s'intensifient à Gaza, ou des rapports qui, l'un après l'autre, confirment leur nature génocidaire. Bref, comme à leur (triste) habitude, les chefferies éditoriales ont préféré l'accessoire à l'essentiel : cadrer les discussions sur a href="https://www.acrimed.org/Drapeaux-palestiniens-Franceinfo-fait-du-CNews"un sujet annexe (et anecdotique)/a, lequel fait œuvre de diversion et donne le la du bruit médiatique : fallait-il pavoiser les mairies de drapeaux palestiniens ?/p
pPendant toute la semaine qui a précédé le 22 septembre, cette « question » va donc constituer la porte d'entrée principale pour aborder la reconnaissance par la France d'un État de Palestine : reportages, débats, tribunes, éditos, interviews, tous les genres du journalisme y passent. Adressée aux responsables de gauche, la question « Fallait-il pavoiser les mairies de drapeaux palestiniens ? » est une question accusatoire, qui réactualise les griefs ordinaires – « iimportation du conflit/i », « iclientélisme/i », « isymbole/i » inutile ; pour les responsables de droite et d'extrême droite, en revanche, c'est l'occasion rêvée de dérouler leur pensée automatique. Illustration le 22 septembre, sur BFM-TV : au matin de la reconnaissance de l'État de Palestine par la France, Julien Arnaud organise un « imatch/i » entre Ian Brossat (PCF) et Aleksandar Nikolic (RN). Sujet ? Les drapeaux aux frontons des mairies. Quoi d'autre ?/p
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pstrong- Aleksandar Nikolic :/strong C'est instrumentalisé, ils essayent de plaire à un électorat… La place du conflit et les tensions que ça peut amener en France sont dangereuses./p
pstrong- Julien Arnaud :/strong C'est jouer avec le feu de faire ça ?/p
pstrong- Aleksandar Nikolic :/strong Sincèrement, quand on voit la montée de l'antisémitisme, il y a un sondage qui est sorti avant-hier… mettre en avant ce drapeau, d'un pays qui est dirigé par le Hamas […] c'est évidemment un problème./p
pstrong- Ian Brossat :/strong Le sujet, c'est la Palestine…/p
pstrong- Julien Arnaud :/strong Non, le sujet, c'est les drapeaux sur les frontons des mairies./p
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pL'échange est furtif, mais il synthétise en trois phrases la mécanique permise par ce cadrage : l'élu d'extrême droite récite ses antiennes favorites, surfe sur les amalgames, jongle avec des sondages douteux et les éléments de langage propagandistes. L'élu de gauche, lui, tente de recentrer la discussion sur l'essentiel, mais le journaliste-animateur, qui relance avec entrain l'élu d'extrême droite, l'interdit formellement. Une dynamique ordinaire, iinscrite/i dans ce cadrage défectueux, et qui s'observe sur de nombreux plateaux. Sur la même chaîne (21/09), Marc Fauvelle campe le rôle à la perfection face à la députée Clémentine Autain :/p
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pstrong- Clémentine Autain :/strong [Hisser le drapeau palestinien], je le ferai par l'expression simple d'une solidarité humaine avec un peuple qui subit un assaut effroyable, 60 000 personnes sont mortes, des civils sont morts, et nous sommes là à nous demander si nous allons hisser ou pas un drapeau en signe de solidarité […] alors qu'il y a un génocide qui est en train d'être perpétré ?/p
pstrong- Marc Fauvelle :/strong Pardonnez-moi d'affiner ma question Clémentine Autain : vous le ferez, [hisser le drapeau], même s'il y a une décision de justice administrative qui l'interdit ?/p
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p« Affiner la question »… ou verrouiller le « débat » ?/p
pLa même mésaventure arrive à Mathilde Panot (LFI) sur Franceinfo face à Agathe Lambret, jamais à court d'outrances (17/09) :/p
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pstrong- Mathilde Panot :/strong La question n'est pas juste de pavoiser avec des drapeaux […]. Sans sanction, sans embargo sur les armes […], nous serons en train de reconnaître un cimetière… Emmanuel Macron a les moyens d'agir…/p
pstrong- Agathe Lambret :/strong On vous entend Mathilde Panot, mais sur cette histoire des drapeaux, pourquoi pas deux drapeaux ? Drapeau palestinien, drapeau israélien… Yonathan Arfi, le président du CRIF, a répondu à Olivier Faure qu'il n'avait pas le souvenir qu'Olivier Faure avait demandé aux mairies d'afficher par exemple des portraits des otages à Gaza… Est-ce qu'il y a un deux poids, deux mesures ?/p
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pContre une telle hiérarchie de l'information, Élizabeth Martichoux poussera tout de même un cri du cœur sur LCI (22/09) : « iDrapeaux palestiniens : on perd du temps !/i » Avant de consacrer son « humeur du jour » et de longues minutes de son émission… aux drapeaux palestiniens. CQFD./p
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h3 class='article_intertitres'L'effacement des Palestiniens/h3
p/brSi les plateaux télés ne voient aucun problème à bavarder si longuement sur des drapeaux au lieu de documenter le génocide en cours, ils n'en voient pas non plus à parler des Palestiniennes et Palestiniens en leur absence. Il faut dire que, pour certains éditorialistes de la presse française, le peuple palestinien n'existe tout simplement pas. C'est ce que soutient par exemple Nicolas Baverez dans iLe Figaro/i (22/09) : « iPour pouvoir faire l'objet d'une reconnaissance, un État doit disposer d'un peuple, d'un territoire et d'un gouvernement effectif. La Palestine ne remplit aucun de ces critères./i » Une assertion (scandaleuse) qui n'est pas sans rappeler celle d'un autre expert en la matière, qui le devançait de quelques semaines dans le registre suprémaciste (X, 10/07) :/p
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div class='spip_document_16209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/gorce-4.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH175/gorce-4-cfdaf.png?1759831215' width='500' height='175' alt='' //a
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p/brEn niant ainsi l'existence même d'une population, ces toutologues se retrouvent ide facto/i alignés sur la ligne du ministre fasciste israélien, Bezalel Smotrich, qui, de passage en France en mars 2023, déclarait déjà que « iles Palestiniens n'existent pas, parce que le peuple palestinien n'existe pas/i » (iTimes of Israel/i, 20/03/23). Raphaël Enthoven s'était « contenté » de nier l'existence de journalistes palestiniensspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Il n'y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants (…)" id="nh1"1/a]/span, Baverez et Gorce vont encore un cran plus loin./p
pMais les Palestiniennes et Palestiniens ne sont pas absents que des éditos de Baverez. On aurait pu imaginer qu'un événement diplomatique si attendu ouvre une brèche sur les plateaux et permette à des voix palestiniennes de s'exprimer, dans leur diversité. C'était apparemment trop attendre des directions éditoriales. Quelques heures avant le discours d'Emmanuel Macron à l'ONU, dans les matinales radio et télé, pas un seul Palestinien en vue – ou presque, nous y reviendrons... « iCe soir, la France va reconnaître l'État de Palestine, est-ce que c'est une bonne nouvelle ?/i » lance Apolline de Malherbe sur BFM-TV à… Sarah Knafo, députée européenne du parti d'extrême droite Reconquête. Sur Europe1/CNews les auditeurs en quête de pluralisme pouvaient entendre Marion Maréchal. À l'antenne de Sud Radio, l'invitée est la députée européenne de droite Nathalie Loiseau, suivie d'un débat entre Françoise Degois et un autre commentateur d'extrême droite, Robert Ménard. Sur Public Sénat, dans « Bonjour Chez Vous ! », la matinale réalisée avec la presse régionale, les invités sont Rémi Féraud, député PS, et Laurent Jacobelli, député RN. TF1 ? Le ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. France 2 ? Bernard Guetta. Franceinfo ? Yaël Braun-Pivet. Sur France Culture, les invités ne sont toujours pas Palestiniens, mais l'émission est tout de même d'une autre qualité, avec le professeur au collège de France Henry Laurens et le professeur de droit public Béligh Nabli. En dehors de cette émission et de la table ronde organisée par France Interspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="En présence d'Ofer Bronchtein, président du « Forum international pour la (…)" id="nh2"2/a]/span, c'est donc un casting 100% « politique français » qui parade dans les studios – comme s'il était question d'une banale affaire franco-française de politique intérieure –, avec un net penchant pour la famille des droitesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Une série d'outrances se voient alors naturellement diffusées sans guère de (…)" id="nh3"3/a]/span, que France Inter équilibrera le lendemain en invitant… Louis Aliot, maire RN de Perpignan./p
pSur RTL, si la grande interview de Marc-Olivier Fogiel est consacrée au procès Jubillar, il y aura bien 10 petites minutes concédées à Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de Palestine en France, interviewée peu avant 8h. L'occasion de féliciter la radio ? Pas vraiment… Car passée la première minute où Thomas Sotto évacue deux questions de bienséance – « iQue signifie cette reconnaissance pour vous ?/i » ; « iC'est un symbole ou ça peut vraiment changer les choses ?/i » –, le journaliste transforme les neuf suivantes en véritable guet-apens :/p
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centeriframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/3V8W8xWHsCA?si=2h7wtQK1sDCWWwOG" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen/iframe/center
p/brPrises à partie, invectives, défiance permanente, injonctions, interruptions constantes… : embourbé dans le prêt-à-penser, figé au 7 octobre 2023, Thomas Sotto coche toutes les cases de a href="https://www.acrimed.org/Acharnement-mediatique-contre-Rima-Hassan-video"l'interrogatoire audiovisuel/a infligé sans discontinuer aux Palestiniens – et à leurs soutiens – depuis maintenant deux ans./p
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h3 class='article_intertitres'Un traitement différencié des acteurs en présence/h3
p/brQuel que soit le bout par lequel on attrape la couverture de la reconnaissance de l'État de Palestine, un constat s'impose : la parole palestinienne est presque totalement effacée et le point de vue israélien, spectaculairement sur-représenté. Il est intéressant, pour fonder cette analyse, de comparer les trajectoires médiatiques de deux équivalents fonctionnels : Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France, et Hala Abou Hassira, ambassadrice de Palestine en France. Sans surprise, la surface médiatique occupée par le premier est sans commune mesure avec celle de la seconde. Entre le 17 et le 25 septembre, Joshua Zarka a pu intervenir sur la matinale de RTL (23/09), celle de France Inter (17/09), en iprime time/i sur BFM-TV (21/09), RFI (22/09) et Franceinfo (23/09), ou encore TV5 Monde (25/09). À chaque fois, il est reçu en plateau entre 10 et 20 minutes, interrogé sans grande contradiction par les intervieweurs « stars », Thomas Sotto, Marc Fauvelle, Benjamin Duhamel... Au cours de ses divers entretiens, Joshua Zarka a pu nier le qualificatif de « igénocide/i », demander aux maires de « irenoncer à [l']idée/i » des drapeaux, dire que la reconnaissance de la Palestine « ine sert à rien/i », que « ila France devient un agent déstabilisateur du Moyen-Orient/i » et menacer à mots couverts de représailles diplomatiques. Ses déclarations font évidemment l'objet de reprises à travers la presse : ceux qui n'ont pas eu leur lot de Joshua Zarka s'en trouvent satisfaits. Sur la même période, Hala Abou Assira n'a pas connu les mêmes conditions d'expression. Quelques interviews dans la presse écrite (iL'Humanité/i, iLe Point/i, iL'Express/i, 22/09), une interview de 6 minutes sur « RTL Soir » avec Anne-Sophie Lapix (22/09), un passage en plateau sur RFI (24/09) – dans les mêmes conditions que Joshua Zarka, ce sera la seule fois –, et puis quelques interviews en duplex à des « carrefours » moins fréquentés : sur France 24 (22/09), Public Sénat (22/09) ou France Info (23/09)./p
pCette disproportion – sur-représentation du point de vue israélien iversus/i effacement des voix palestiniennes – est en outre aggravée par la production au rabais des chaînes d'information en continu et de l'audiovisuel en général. Outre l'insondable médiocrité de choix éditoriaux consistant à solliciter le point de vue de l'animateur Arthur ou du chanteur Enrico Macias sur la reconnaissance de l'État de Palestine à des heures de grande écoutespan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Comme ce fut le cas par exemple dans la matinale de France Inter pour le (…)" id="nh4"4/a]/span, les grilles des télévisions diffusent souvent tel un disque rayé. Le 22 septembre sur BFM-TV, dans les journaux qui entrecoupent les bavardages, deux petits sujets sont multidiffusés à partir de la mi-journée : le premier porte… sur les drapeaux aux frontons des mairies ; le second est un sujet d' « analyse » – « Qu'est-ce que la reconnaissance de la Palestine par la France pourrait changer » ? Deux chercheurs sont interrogés, David Rigoulet-Roize et Maya Khadra, respectivement 19 secondes et 22 secondes, puis la voix-off lance Marine Le Pen, seule réaction politique… Ce sujet sera diffusé pas moins de sept fois au cours de la journée./p
pAprès deux années où les chefferies médiatiques ont complétement normalisé le fait que n'importe qui puisse discuter du sort des Palestiniens en leur absence, sans doute ne faut-il pas s'étonner que la couverture de la reconnaissance de leur État suive la même pente. De fait, face à un événement qui concerne les Palestiniens au premier chef, les rédactions semblent avoir une inclinaison beaucoup plus spontanée à se demander comment réagissent et ce qu'en pensent… les Israéliens, n'hésitant pas à multiplier les sujets consacrés à « ila colère des Israéliens/i » (Franceinfo, 23/09) ou encore les interrogations sur ce « ià quoi vont ressembler les relations franco-israéliennes/i » désormais (BFM-TV, 27/09)./p
pSi, dans ce marasme, les reportages donnant directement la parole aux Palestiniens ont le mérite d'exister, le format du micro-trottoir y demeure, la plupart du temps, indépassable. Le cadrage excluant les voix palestiniennes au profit des points de vue israéliens a en outre des effets si puissants que, quand par miracle l'une d'entre elles parvient à percer le dispositif, les journalistes en plateau en sont désarçonnés. Sur LCI le 22 septembre, un reportage de bonne facture réalisé à Tulkarem, un camp de réfugiés en Cisjordanie, donne à entendre deux témoignages de Palestiniens favorables à la reconnaissance de leur État. Mais au moment de rebondir en interrogeant la journaliste à l'origine du reportage – Gwendoline Debono, présente en duplex –, la présentatrice insiste pour lui faire dire autre chose… :/p
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pstrong- Amélie Carrouër :/strong Au regard de ce que vous avez vu sur le terrain, pensez-vous que la décision française peut être de nature à d'une certaine manière aggraver la situation des Palestiniens ?/p
pstrong- Géraldine Débono :/strong Alors, non… cette reconnaissance elle est saluée ici… Ce que vous disent les Palestiniens, c'est que de toute façon le gouvernement israélien met en place cette annexion depuis plusieurs mois, et vous le constatez en Cisjordanie […], il y a des avant-postes de colons qui se multiplient, des colons qui attaquent les villages palestiniens sans que rien ne soit fait pour les arrêter…/p
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pQuelques secondes de parole concernée qui, néanmoins, ne feront pas dévier le ton de l'émission. À peine dix minutes plus tard arrive l'invité principal, Élie Korchia, président du consistoire israélite central de France. Et Amélie Carrouër en revient aux fondamentaux : « iJe n'y vais pas par quatre chemins. [À propos des drapeaux palestiniens] Il faut les condamner ces maires ?/i »/p
pLe reportage de LCI est encore le meilleur des cas… Dans l'émission « C à vous » (22/09), Patrick Cohen consacre la seconde partie de son édito au « irejet unanime en Israël/i », et diffuse lui aussi un micro-trottoir, composé de trois témoignages israéliens recueillis par l'AFP à Tel-Aviv, tous défavorables à la reconnaissance d'un État palestinien. Ni l'avant, ni la suite de sa chronique ne contient de témoignage palestinien. « iQu'en dit-on en Israël ?/i », le lançait fort à propos sa consœur Anne-Élisabeth Lemoine, laquelle n'a pas non plus cherché à savoir ce qu'« on en disait »… en Palestine./p
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h3 class='article_intertitres'« L'après » : les conditions dont on discute… et celles dont on ne parle pas/h3
p/brL'invisibilisation structurelle des acteurs palestiniens conduit naturellement à marginaliser – pour ne pas dire à évincer – leurs intérêts, leurs points de vue et leurs questionnements d'un débat pourtant consacré à leur souveraineté politique. L'exemple le plus flagrant de ce deux poids, deux mesures concerne les articles et les émissions sur « l'après » et la « faisabilité » concrète de l'État de Palestine./p
pDans un réflexe suiviste assez classique, l'agenda journalistique est ici calqué sur celui de la diplomatie française. Un biais médiatique majeur réside alors dans la disproportion entre les questions qui ne se posent quasiment jamais… et celles qui sont abordées de façon systématique. Au soir du 22 septembre, la présentatrice de « C dans l'air » (France 5) synthétise le périmètre de la pensée autorisée en cette matière :/p
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pstrongCaroline Roux :/strong J'essaye d'y voir clair sur les conditions posées par la France. Et le président insiste beaucoup là-dessus. Il dit « ce qui compte, c'est le jour d'après […]. Attention, soyez vigilants, regardez ce qu'on a imposé comme conditions ». Donc démilitarisation du Hamas, non-participation du Hamas dans l'État de Palestine, réforme de l'Autorité palestinienne et libération des otages, naturellement, en premier./p
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pC'est donc « naturellement » dans ce cadre que discutent la quasi-totalité des commentateurs : « iQui va démilitariser le Hamas ?/i », s'interroge en cœur la table ronde de France Inter (22/09), sur base d'une question de David Khalfa ; « iQui peut aujourd'hui assurer la démilitarisation du Hamas ?/i », questionne encore Anne-Élisabeth Lemoine dans « C à vous » (22/09) ; « iEt le changement de gouvernance palestinien ?/i », ajoute Patrick Cohen, qui prescrivait un peu plus tôt : « iIl faudrait que noir sur blanc, [le Hamas] renonce à la violence. C'est ce qui est dans le plan franco-saoudien : pas de place pour une solution politique aux organisations qui ne renonceraient pas à la violence./i » Le considérant vaut-il pour l'État d'Israël, actuellement en train de perpétrer un génocide ?/p
pOn l'aura compris : partout ou presque, le « débat » sur « l'après » est réduit à ce que devrait faire et concéder la partie palestinienne, excluant du périmètre toute réclamation à la partie israélienne, et plus avant, toute sanction concrète à son endroit. Polarisé par les « conditions » d'un « après » tel que le pense – et cherche à le mettre en œuvre – la diplomatie française, le bruit médiatique dominant réussit le tour de force de reléguer une nouvelle fois dans ses marges la question des droits nationaux et démocratiques des Palestiniens, pourtant consacrés par le droit international, au moment même où la question d'un État de Palestine est à l'étude. Le tout au bénéfice de la domination coloniale : comment contraindre l'occupé au nom de « la sécurité » de… son occupant ? Voilà, au bout du compte, ce à quoi lecteurs et téléspectateurs doivent penser pour « l'après », conformément, du reste, à la tendance persistante du (mal nommé) « processus de paix »./p
pMajoritairement hors-champ, les réflexions sur le retour des réfugiés, la décolonisation ou encore les termes « apartheid » et « occupation militaire » n'arrivent ainsi dans le débat que par effraction. Ce fut le cas dans l'émission de « C dans l'air » précédemment citée, ivia/i une question de téléspectateur lue par Caroline Roux : « iSi l'État palestinien est reconnu internationalement, les colons israéliens devront-ils quitter les territoires qu'ils occupent en Cisjordanie ?/i » Temps de la discussion en plateau ? 30 secondes : un quasi hors-sujet pour France 5. Autre fulgurance de la présentatrice, quelques minutes plus tard : « iPour certains, strongon peut quand même le préciser/strong, ça ne va pas assez loin… Emmanuel Macron aurait dû imposer, à l'échelon européen ou pas, des sanctions à l'égard d'Israël […]./i » Espace concédé aux récalcitrants maximalistes ? 1 minute et 10 secondes : le temps du pluralisme sur le service public./p
piA contrario/i, les médias dominants n'hésitent pas à accorder une surface éditoriale démesurée à ceux qui pensent que « ça va trop loin ». Dans iLe Figaro/i (19/09), une tribune collective dite de « i20 personnalités/i » – parmi lesquelles Raphaël Enthoven, Arthur, Joann Sfar, BHL ou Charlotte Gainsbourg – appelle ainsi à ne pas reconnaître l'État de Palestine avant la libération des otages et le démantèlement du Hamas./p
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div class='spip_document_16215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/tribune_agenda.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH438/tribune_agenda-b20aa-1ca8f.jpg?1759831215' width='500' height='438' alt='' //a
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p/brLa notoriété et l'entregent des signataires garantissent au texte un très bel écho dans la presse, de iLibération/i – « "Une victoire symbolique pour le Hamas" : des personnalités et des instances juives alertent Macron sur la reconnaissance d'un État palestinien » (19/09) au iJDD/i (19/09), en passant par TF1 (20/09), iLe Point/i (19/09), RTL (19/09), mais aussi iPublic/i (20/09), iGala/i (20/09) et les magazines du service public comme « C à vous » ou « C dans l'air ». Discuté sur l'ensemble des chaînes d'information en continu, « l'appel des 20 » fait l'agenda au point d'être relayé par les journalistes auprès des autorités compétentesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Au cours des deux dernières années, moult pétitions et tribunes ayant (…)" id="nh5"5/a]/span. Ainsi d'Adrien Gindre face à Jean-Noël Barrot, ministre démissionnaire des Affaires étrangères, dans la matinale de TF1 (22/09) : « iLe chef de l'État a été interpellé ce week-end par vingt personnalités […] avec ces mots : "Affirmez […] que cette reconnaissance ne prendra effet qu'après la libération des otages et le démantèlement du Hamas." Alors, éclairez-nous : est-ce que la reconnaissance sera effective dès ce soir ou est-ce qu'elle reste soumise à ces conditions ?/i » Non convaincu par les réponses, le journaliste y reviendra par deux foisspan class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Son confrère Bruce Toussaint bouclera la boucle… et de quelle manière : « Je (…)" id="nh6"6/a]/span. En revanche, il n'adressera au ministre aucune question sur la colonisation, l'occupation militaire ou les sanctions contre Israël./p
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h3 class='article_intertitres'D'une propagande à l'autre/h3
p/brL'omniprésence du point de vue israélien dans les médias français a permis, enfin, qu'un leitmotiv soit largement diffusé : la reconnaissance d'un État de Palestine est-elle un « icadeau pour le Hamas/i » ? Ce questionnement, qui n'est en fait qu'un tour de rhétorique propagandiste du gouvernement israélien, comme le montrera le discours de Netanyahou à la tribune de l'ONU quelques jours plus tard, va rapidement s'imposer dans le débat public, et même devenir une véritable ligne éditoriale des médias Bolloré, soutiens les plus acharnés de l'État d'Israël dans le paysage médiatique. Le flot de boue culmine comme souvent sur CNews (22/09), peu après le discours d'Emmanuel Macron à l'ONU, avec une intervention surréaliste de Rachel Khan, en larmes :/p
blockquote class="spip"
pstrongRachel Khan :/strong Je pense aux familles d'otages, à ces femmes qui se battent […], qui ont été en première ligne du terrorisme. Comment elles vivent ce soir ces familles-là ? Soi-disant on doit fêter Roch Hachana, la fête… et on a un président soi-disant d'une des plus grandes démocraties du monde qui fait ce discours-là… Ce discours est à vomir… Véritablement… C'est un discours qui est inhumain, qui est dégradant, pour l'ensemble des personnes qui veulent maintenir les Lumières en France. Aujourd'hui à l'Hôtel de Ville, on voit des drapeaux… justement, des drapeaux de la haine… Ce qui est consacré aujourd'hui c'est le palestinisme ! Et en fait ce discours-là, il est en train de détruire la société française et notre fraternité. […] Je pense à ces otages, je pense à ces familles, je pense au Dôme de Fer, je pense aux roquettes, tous les jours je pense aux enfants qui sont traumatisés… [Macron] dit « une vie égale une vie », mais strong« une vie égale une vie », c'est la propagande du Hamas/strong./p
/blockquote
pOn peut difficilement prendre au sérieux le gloubi-boulga de Rachel Khan, mais il faut admettre qu'elle synthétise, à elle seule, en semblant lancer des mots au hasard, un bon nombre d'inepties ayant circulé sur les antennes. Florilège :/p
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centeriframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/GLkkpxcLveY?si=IVFY9mbAmpyzjsZU" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen/iframe/center
p/brLa « séquence » médiatique, déjà mutilée par des cadrages défaillants, des angles impertinents et des invités en roue libre, se conclut le 26 septembre avec le discours de Benyamin Netanyahou à l'ONU. Alors que l'Assemblée générale des Nations Unies le hue et se vide devant lui, deux chaînes d'info choisissent au contraire de diffuser en direct et en intégralité son discours : CNews et… Franceinfo. Quel autre chef de gouvernement, visé par un mandat d'arrêt international pour crimes contre l'humanité, pourrait bénéficier d'une telle exposition sur le service public ? Comment prétendre rééquilibrer l'antenne derrière un tel tunnel de propagande ? Était-il nécessaire d'entendre ce discours, dont les arguments principaux sont déjà fort bien portés dans la presse française ?/p
pPlus ou moins suivistes à l'égard de la diplomatie française, les grands médias se rejoignent en tout cas, pour l'essentiel, sur un dernier biais journalistique très classique, facilement repérable sur les Unes du 22 septembre : l'ultra personnalisation de l'événement et la focalisation sur Emmanuel Macron, son « ipari risqué/i », « isa lente conversion/i », sa « igrande victoire diplomatique/i », son « igeste fort/i »./p
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div class='spip_document_16216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/unes_macron.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH448/unes_macron-4464e-7a4ec.jpg?1759831215' width='500' height='448' alt='' //a
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p/brDans le registre, les médias du groupe CMA-CGM (Rodolphe Saadé), mettent les bouchées doubles./p
pD'un côté, le média « Brut », récemment racheté, accompagne le président de la République dans son avion privé, direction New-York, et le met en scène « ifinalis[ant] son discours sur la reconnaissance de la Palestine/i ». De l'autre, les équipes de BFM-TV livrent un documentaire « embedded » – « Macron à l'ONU. Les coulisses d'une décision » – incarné par le journaliste politique Mathieu Coache, qui « ia pu se glisser dans la délégation française/i ». Ce qui méritait, convenons-en, une promotion en grande pompe – option « journalisme d'investigation » – à l'antenne :/p
blockquote class="spip"
pstrongNicolas Poincaré :/strong Comment ça s'est passé ? Vous avez vraiment pu tout filmer ? […] Quand on regarde ces images, on se demande toujours quelle est la part de spontanéité, de réel, ou de comm'. Parce qu'Emmanuel Macron, il sait que vous êtes là pour BFM, vous êtes pas euh… bon. Quand dans la rue par exemple il décide d'appeler Donald Trump, est-ce qu'il joue avec vous ou est-ce que vraiment, il appelle Donald Trump ?/p
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div class='spip_document_16214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/cma_cgm.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH378/cma_cgm-5bc90.jpg?1759831215' width='500' height='378' alt='' //a
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p/brUne propagande peut en chasser une autre… Et qu'elle soit israélienne ou française revient, finalement, au même : comment parler de la Palestine sans parler des Palestiniens./p
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centerstrong***/strong/center
p/brDurant une longue semaine, et dans la grande tradition du a href="https://www.acrimed.org/Informer-sur-le-Proche-Orient-le-syndrome-de-Tom-et-Jerry"« journalisme de diplomates »/a, l'attention journalistique sur la Palestine a été majoritairement calquée sur l'agenda du gouvernement français, reléguant la colonisation de la Cisjordanie et le génocide à Gaza au second plan. La reconnaissance de l'État de Palestine par la France n'aura pas été l'occasion de réellement infléchir les lignes éditoriales, mais au contraire d'en approfondir les biais habituels : « polémique » au détriment de l'information ; invisibilisation et déshumanisation des Palestiniens ; complaisance à l'égard de la propagande israélienne ; dépolitisation, alignement sur la diplomatie française et, iin fine/i, accompagnement de la domination coloniale… Dans ce marasme, il aura fallu une nouvelle fois se tourner vers la presse indépendante, française ou américaine, pour trouver d'autres sons de cloche : depuis les contributions d'éminents juristes analysant comment la France pourrait en pratique « isceller l'abandon du droit international concernant la Palestine/i » (a href="https://orientxxi.info/magazine/palestine-a-new-york-la-subversion-du-droit-international,8453" class="spip_out" rel="external"Orient XXI, 3/09/a), jusqu'aux angles critiques qui n'ont pas semblé intéresser les médias dominants : « iCes pays viennent de reconnaître la Palestine mais continuent de livrer des armes à Israël/i » (a href="https://theintercept.com/2025/09/25/palestine-statehood-israel-arms-sales/" class="spip_out" rel="external"The Intercept, 25/09/a)./p
p/brstrongJérémie Younes/strong et strongPauline Perrenot/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« iIl n'y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d'otages avec une carte de presse/i » (Raphaël Enthoven, X, 15/08). Un mois plus tard il écrira qu'il n'aurait « ijamais dû écrire/i » cette phrase (X, 10/09)./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanEn présence d'Ofer Bronchtein, président du « Forum international pour la paix » conseillant Emmanuel Macron, Rym Momtaz, rédactrice en chef de la plateforme Strategic Europe chez Carnegie et David Khalfa, co-Directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la fondation Jean-Jaurès./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanUne série d'outrances se voient alors naturellement diffusées sans guère de contradiction, depuis la reconnaissance d' « iun siège à l'ONU pour le Djihad/i » (S. Knafo) à celle du « iHamasland/i » (L. Aliot) et de « il'État terroriste/i » (L. Jacobelli), en passant par la « irécompens[e] au Hamas/i » (M. Maréchal)./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanComme ce fut le cas par exemple dans la matinale de France Inter pour le premier (30/09) et dans celle de RTL (15/09) pour le second – qui, faut-il le rappeler, appelait il y a deux ans à « idégommer ces gens-là/i », « ipeut-être physiquement/i » en parlant des élus LFI./p
/divdiv id="nb5"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanAu cours des deux dernières années, moult pétitions et tribunes ayant interpellé le président de la République pour son inaction en Palestine auraient aimé connaître le même sort, mais aussi pouvoir compter sur des journalistes animés d'une telle ténacité !/p
/divdiv id="nb6"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanSon confrère Bruce Toussaint bouclera la boucle… et de quelle manière : « iJe reviens un instant à cette tribune qu'évoquait Adrien Gindre. Reconnaissez que vous n'avez pas convaincu la communauté juive en France./i »/p
/div/div
Plantations, barrages, réserves : les empires coloniaux ont façonné la nature autant que les sociétés. Une domination parsemée de révoltes et de négociations, montrent les historiens Guillaume Blanc et Antonin Plarier dans un livre collectif.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/reporterre"Reporterre/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH83/taxezucman-9849b.png?1759739348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt="" /
div class='rss_chapo'piNous publions sous forme de tribunespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Les articles publiés sous forme de « tribune » n'engagent pas collectivement (…)" id="nh1"1/a]/span une contribution de l'économiste Michel Rocca./i/p/div
div class='rss_texte'pL'idée de a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/09/19/taxe-zucman-six-questions-pour-comprendre-le-debat_6641888_4355770.html" class="spip_out" rel="external"la taxe Zucman/a agite fortement le débat politique au moment où des choix budgétaires difficiles du Premier ministre sont attendus. Pour une meilleure justice fiscale, l'économiste Gabriel Zucman propose en effet la création d'un impôt annuel minimal de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros./p
pEn France, « toucher » au patrimoine des citoyens riches est toujours un moment où l'hystérisation tente de prendre le pas sur l'information et le débat citoyen./p
pDans une déclaration au iSunday Times/i publiée le 20 septembre 2025, Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et première fortune de France, qualifie ainsi l'économiste Gabriel Zucman de « imilitant d'extrême gauche/i ». « iOn ne comprend pas les positions de M. Zucman si l'on oublie qu'il est d'abord un militant d'extrême gauche. A ce titre, il met au service de son idéologie (qui vise la destruction de l'économie libérale, la seule qui fonctionne pour le bien de tous) une pseudo-compétence universitaire qui, elle-même, fait largement débat/i », déclare-t-il./p
pUne partie des observateurs s'inquiète évidemment de la forme, tout en rappelant que l'idée que les milliardaires contribuent davantage aux charges communes est très majoritaire dans l'opinion, quelle que soit l'orientation politique des citoyens. « iDe la part du premier contributeur potentiel, environ 3 milliards d'euros annuel, on aurait aimé des faits, des arguments, pas cette diatribe qui convint davantage de la panique des ultra riches que de l'ineptie de la mesure/i » (Patrick Cohen, France Inter, 22/09/2025)./p
pMais l'habituel train de l'hystérisation du débat public sur la question de la taxation des riches est bel et bien lancé. Redoutable d'efficacité, cette hystérisation (ou exaltation exagérée) a une dynamique : elle est comme un ensemble de vannes qui libèrent des flots. Des flots d'exagérations dans le but de réduire à néant l'idée de Gabriel Zucman.br class='autobr' /
/br/p
h3 class='article_intertitres'Zucman, Piketty et les autres : de « véritables amateurs »/h3
p/brEn évoquant la « ipseudo compétence universitaire/i », le procès médiatique en amateurisme est légitimé. C'est la première vanne./p
pAgnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation libérale IFRAP, est sans nul doute la plus offensive. a href="https://www.dailymotion.com/video/x9r348y" class="spip_out" rel="external"Le 24 septembre sur BFM Business/a : elle a recalculé et les chiffres sont faux. Et d'ailleurs, il n'y a pas de taxation relativement faible des riches en France. Le 17 juin 2025 sur la même chaîne, elle parlait déjà « a href="https://www.youtube.com/watch?v=3ceRGt21ENw" class="spip_out" rel="external"d'une manipulation des chiffres/a ». Zucman et son mentor Piketty s'appuient donc sur des données fausses./p
pMême si l'attaque est menée de manière plus civilisée, les opposants académiques à la taxe Zucman montent également au créneau en estimant, plus généralement, que l'idée ne tient pas./p
pPour la journaliste Géraldine Woessner dans a href="https://www.lepoint.fr/societe/taxe-zucman-un-sondage-revele-le-grand-malentendu-des-francais-sur-les-riches-et-les-inegalites-24-09-2025-2599522_23.php" class="spip_out" rel="external"iLe Point/i du 24 septembre/a, « isi la taxe Zucman est plébiscitée par 68 % des Français, un sondage de l'institut Cluster17 pour "Le Point", révèle aussi une certaine confusion : on veut taxer les riches sans savoir vraiment qui ils sont/i ». Dans le même numéro du iPoint/i, Antoine Lévy, professeur à Berkeley, estime d'ailleurs que « iles inégalités n'ont pas massivement augmenté/i ». Bref, il n'y a pas de problème de contribution insuffisante des riches à la solidarité nationale./p
pPour Christian Saint-Etienne, Professeur d'économie, c'est encore plus simple : « iLes fondements théoriques et politiques de la taxe Zucman sont faux./i » (iL'Opinion/i, 23/09)/p
pPrésident du Conseil d'analyse économique, Xavier Jaravel explique pour sa part sur a href="https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/on-peut-avoir-un-patrimoine-eleve-mais-pas-de-revenu-le-president-du-conseil-d-analyse-economique-detaille-les-nombreux-exemples-ou-la-taxe-zucman-rate-ca-cible_AV-202509250356.html" class="spip_out" rel="external"BFM-TV le 25 septembre/a qu'il serait plus efficace de proposer « iun package de mesures/i » pour une meilleure justice fiscale plutôt qu'un dispositif inédit et « ipas ciblé/i » comme la taxe Zucman. Ne voyant pas s'appliquer la taxe Zucman, il la considère comme une sorte de fenêtre d'Overton laissant la place à d'autres dispositifs… nécessairement plus efficaces./p
pMais, dans tous les cas, ces interventions médiatiques ouvrent la première vanne du discrédit de l'économiste Zucman. Et, étrangement, le plein soutien de plusieurs Prix Nobel (Esther Duflo, Paul Krugman et Joseph Stiglitz) ne compte pas pour les médias. Les entrepreneurs peuvent dès lors déployer leur habituelle critique de la vérité du terrain entrepreneurial : les économistes ne connaissent rien à l'économie, « ic'est pas ça la vraie vie/i » comme le rappelle a href="https://www.youtube.com/watch?v=yi1hNk2TS8g" class="spip_out" rel="external"Pierre Gattaz/a, ancien président du Medef sur Boursorama./p
/br
h3 class='article_intertitres'Des « gens » qui font de la politique…/h3
p/brEn instillant l'idée – grossièrement fausse – que Gabriel Zucman est un « imilitant d'extrême gauche/i », Bernard Arnault ouvre encore plus la deuxième vanne de l'hystérisation. L'ensemble des médias réactionnaires se voit conforté dans ses messages./p
pAinsi, le 21 septembre 2025, le plateau a href="https://www.youtube.com/watch?v=vuBdas4oe44" class="spip_out" rel="external"d'Europe 1/a animé par Eliot Deval, journaliste sur Europe 1 et CNews, disserte sur « il'audiovisuel public qui a comploté avec la gauche pour imposer le débat sur la taxe Zucman/i »./p
pEn vérité, c'est le pedigree, évidemment caché, de Gabriel Zucman qui est scruté en recherchant les indices d'un activisme politique malsain./p
pAinsi, le a href="https://www.lejdd.fr/politique/gabriel-zucman-le-gourou-fiscal-de-la-gauche-et-du-service-public-162104" class="spip_out" rel="external"iJournal du Dimanche/i du 20 septembre/a « dévoile » que Gabriel Zucman « ia également participé aux programmes économiques de la Nupes puis du Nouveau Front populaire, tous deux bâtis sur une explosion supplémentaire de la fiscalité dans un pays déjà champion du monde des impôts. Son nom circule aussi à l'Institut La Boétie, laboratoire d'idées mélenchoniste. Quant à l'UE Tax Observatory, qu'il dirige, il est financé par l'Open Society Foundations du milliardaire et philanthrope de gauche George Soros. Autant de détails rarement mentionnés quand il prend la parole sur les chaînes publique/i ». Visiblement, apporter un soutien de citoyen-universitaire à un programme économique proposé au suffrage électoral est devenu un acte fondamentalement subversif, empêchant toute compétence et devant être rappelé à chaque prise de parole./p
pComme le synthétise Jules Torres dans la même livraison du iJDD/i, la taxe Zucman est « iune arnaque fiscale/i »… « iC'est le nouvel oracle fiscal. Gabriel Zucman n'est pas un chercheur neutre, mais un pur produit de la gauche intellectuelle. Élève de Thomas Piketty, prophète de "l'impôt-monde", professeur en Californie, directeur d'un observatoire financé par Bruxelles : bref, la caution académique d'une idéologie qui ne connaît qu'un seul verbe depuis vingt ans – taxer/i ». Avoir une sensibilité politique empêche de raisonner./p
pEt de conclure, « ila France n'a pas besoin d'une taxe Zucman, elle a besoin d'un grand coup de tronçonneuse/i ». Chacun comprend que l'aspiration aux méthodes du libertarisme argentin constitue la toile de fond./p
pMais, après avoir successivement ouvert les vannes de l'amateurisme et de la politisation de Gabriel Zucman, il restait encore une dernière vanne de l'hystérisation du débat que Bernard Arnault semble bien franchir par l'allusion à « iune pseudo-compétence universitaire qui elle-même fait largement débat/i ». Il s'agit de la vanne de la calomnie sur la personne. C'est sans nul doute la plus terrible tant l'histoire nous montre qu'elle peut, très vite, avoir des conséquences tragiques par les flots qu'elle libère./p
pLorsque Bernard Arnault évoque presque incidemment l'existence d'un « débat », il fait en fait allusion au refus de l'université de Harvard d'embaucher Gabriel Zucman... en 2018. Même si l'article du a href="https://www.huffingtonpost.fr/politique/video/l-argument-debile-de-thierry-breton-contre-gabriel-zucman-etrille-par-ces-economistes_254845.html" class="spip_out" rel="external"Huffington Post du 15 septembre 2025/a, montre très bien que cette pseudo-information n'est qu'une fake news émanant d'un groupe de réflexion libertarien conservateur (déjà très violemment critique des travaux de Thomas Piketty), la calomnie se répand. Harvard n'aurait pas recruté Zucman, déjà professeur dans la grande université publique de Berkeley… car il n'est tout simplement pas bon ! N'importe quel apprenti économiste sait évidemment que Zucman comme Piketty sont de très brillants économistes, mondialement reconnus et parmi les meilleurs de leurs générations./p
pPourtant, les flots sont libérés. Ainsi, Thierry Breton sur France Info le 15 septembre 2025 n'hésite pas à reprendre « l'information » pour discréditer la qualité du promoteur de la taxe Zucman. a href="https://www.lepoint.fr/monde/pourquoi-harvard-n-a-jamais-voulu-de-gabriel-zucman-17-09-2025-2598863_24.php" class="spip_out" rel="external"iLe Point/i du 17 septembre/a relaie cette calomnie en rappelant, en chapô de l'article, cette « information », et indique, par ailleurs, que Bernie Sanders avait même renoncé à reprendre les idées de Zucman. Si même son « camp » le désavoue, alors.../p
/br
h3 class='article_intertitres'Quand la calomnie tourne au tragique/h3
p/brCette vanne de l'hystérisation par la calomnie de la personne qui porte l'idée de taxer les riches est malheureusement habituelle dans l'histoire du capitalisme. L'hystérisation du débat sur la taxation des riches a d'ailleurs une histoire parfois tragique./p
pAinsi, à la veille de la Première guerre mondiale, 1% des plus riches concentrent 55% de la valeur des patrimoines déclarés. Plusieurs tentatives infructueuses de créer un impôt sur le revenu échouent du fait d'opposants dénonçant une « iinquisition fiscale/i » comme le rappelle a href="https://www.lepoint.fr/eureka/du-sang-et-des-larmes-qui-a-cree-l-impot-sur-le-revenu-16-02-2024-2552606_4706.php" class="spip_out" rel="external"iLe Point/i du 16 février 2024/a. Aujourd'hui, nombre d'intervenants sur les plateaux des chaînes d'information en continu évoquent très vite « l'expropriation » que représenterait l'application de la taxe Zucman./p
pLe 15 janvier 1914, Joseph Caillaux, de nouveau ministre des Finances du gouvernement Doumergue, dépose un projet d'impôt annuel sur le capital, dans un but de solidarité nationale. Inspecteur des finances, spécialiste reconnu de fiscalité publique, précurseur de la lutte contre les paradis fiscaux, il revient, une nouvelle fois, avec un projet déjà maintes fois discuté puis rejeté politiquement dans les années 1900-1910./p
pMais la calomnie (avérée ou pas) de la personne de Caillaux aura une nouvelle fois raison de son projet et de sa carrière. iLe Figaro/i publie en effet une lettre qu'il adresse en 1901 à sa première femme. Cette lettre laisse apparaître une posture hypocrite de Caillauxspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="À lire le texte de Benoît Jean-Antoine de 2018 montrant de manière très (…)" id="nh2"2/a]/span : « iJ'ai remporté un très beau succès : j'ai écrasé l'impôt sur le revenu en ayant l'air de le défendre/i » dit-il. Cet article s'inscrit en fait dans une stratégie violente de quotidiens de droite et du iFigaro/i qui publie, à lui seul, 138 articles en 95 jours sur le projet de Caillaux./p
pLe 16 mars 1914, soit deux mois après l'annonce du projet d'impôt, Henriette Caillaux, seconde épouse du ministre, assassine d'un coup de revolver Gaston Calmette, directeur du iFigaro/i. Caillaux démissionne immédiatement et le projet est abandonné. Lors de son procès, elle justifie son geste par le caractère insupportable de la campagne de presse calomnieuse dont son conjoint est la cible. C'est en 1916, après un chemin législatif encore compliqué, que l'impôt général sur les revenus sera finalement appliqué pour la première fois./p
pLes attaques de la presse de l'année 1914 ne sont en rien liées aux débats sur les problèmes techniques, politiques ou économiques que poseraient l'adoption d'une taxe nouvelle./p
pC'est systématiquement la moralité de la personne qui est visée jour après jour pendant des semaines. Ainsi, le 29 janvier 1914, le directeur du iFigaro/i publie en première page un article intitulé « iles combinaisons secrètes de Monsieur Caillaux/i ». Au moment où ce dernier présente son « ifameux projet de fiscalité anti française et d'inquisition vexatoire/i » (l'impôt sur le revenu), l'article se propose de montrer, « ichiffres à l'appui […] comment le Ministre des Finances a toujours été préoccupé d'obtenir les prébendes bien rétribuées, et que le souci des intérêts privés dont il s'est donné la garde […] l'a constamment porté à se concilier les sympathies agissantes des banques…/i ». Et chaque jour de ce début d'année 1914, iLe Figaro/i aura cette posture. Et aucune parution des mois de janvier et février 1914 ne manquent de revenir sur la moralité, les étranges habitudes ou les prétendues errances du ministre Caillaux./p
pSi l'histoire de la taxation des riches n'est pas toujours aussi tragique (ici pour celui qui hystérise), l'hystérisation par la calomnie du porteur de projet reste par contre l'arme fatale dans le débat./p
pSous l'ère progressiste aux États-Unis, par exemple, le projet de « recréer » un impôt sur le revenuspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Aux États-Unis, l'impôt sur le revenu a été créé en 1861 afin de générer des (…)" id="nh3"3/a]/span porté par les travaux du célèbre économiste progressiste Richard T. Ely dans les années 1880 fut ainsi très sévèrement combattu. Fait très inhabituel, le débat se déplaça de la sphère académique - il y avait des articles dans la revue iScience/i - à la sphère médiatique. Et la violence du propos fut tout aussi inhabituelle pour le monde universitaire américain de la fin du 19e siècle./p
pLe plus écouté des libéraux de l'époque, Simon Newcomb, signa un article en 1886 dans iThe Nation/i, l'un des premiers magazines d'opinion américains à large diffusion. Critiquant plus globalement l'œuvre d'Ely, ses penchants socialistes et le caractère peu scientifique de ses travaux, le texte réclamait publiquement que Richard T. Ely soit chassé de l'université John Hopkins où tous deux étaient collègues. Et il fut entendu./p
pProposer que la solidarité par l'impôt, en particulier celui des plus aisés, soit une règle de vie vertueuse en société est toujours risqué, en particulier pour celui qui le propose./p
p/brstrongMichel Rocca/strong/p/div
hr /
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pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanLes articles publiés sous forme de « tribune » n'engagent pas collectivement l'association Acrimed./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanÀ lire a href="https://books.openedition.org/igpde/5250" class="spip_out" rel="external"le texte de Benoît Jean-Antoine/a de 2018 montrant de manière très intéressante les évolutions parfois étranges de la pensée de J. Caillaux./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanAux États-Unis, l'impôt sur le revenu a été créé en 1861 afin de générer des revenus pour la guerre civile. Le Congrès a abrogé la taxe en 1872. L'impôt fédéral sur le revenu est finalement mis en place par l'intermédiaire du 16e amendement ratifié le 3 février 1913./p
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Depuis plusieurs mois, les jeunesses des quatre coins du monde se mobilisent pour porter des mouvements contestataires endogènes, libres et autonomes, qui trouvent leur souffle dans les réseaux sociaux.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Blast/a/b/div