Ils veulent votre visage. Ils appelleront cela « sécurité », « vérification » ou « confirmation de l'âge ». Avant de pouvoir parler, publier ou lire, vous devez d'abord prouver qui vous êtes. Ils ne cherchent pas à connaître votre âge. Ils cartographient votre visage. Il ne s'agit pas d'une vérification de l'âge. Il s'agit d'une vérification de l'identité. Observez le glissement sémantique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"Dans les algorithmes/a/b/div
Le gouvernement envisage d'instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Dans la dernière mouture du texte, adopté en janvier 2026, toutes les hypothèses sont visées par la présomption : « lorsqu'ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l'un des cas autorisés ». Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d'un blanc-seing donné aux forces de l'ordre.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Flagrant déni/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH85/montage_bloch-4d178.jpg?1782721441' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt="" /
div class='rss_chapo'pMarc Bloch et son épouse Simonne Vidal sont entrés au Panthéon mardi 23 juin, sous un cortège de commentaires dépolitisants et de falsifications de la mémoire de l'historien résistant./p/div
div class='rss_texte'pFrance Culture, jour de panthéonisation. Guillaume Erner reçoit l'historien au Collège de France Patrick Boucheron, qui signe la postface de iMarc Bloch, l'histoire en résistance/i (Seuil, 2026). Les premières questions du présentateur des « Matins » sont convenues et attendues, en ce jour de célébration républicaine. Boucheron déroule sur la « irévolution/i » apportée par Bloch dans la méthode historique, son ouverture aux autres sciences sociales et sur l'héritage épistémologique de ce dernier. Après le journal de 8h, Boucheron est rejoint en studio par l'historienne Alya Aglan, qui signe iLa double mort de Marc Bloch/i (Champs, 2026). L'entretien se poursuit sur de bons rails et la spécialiste de l'histoire de la Résistance se montre particulièrement éloquente. Jusqu'ici, tout va bien./p
/br
h3 class='article_intertitres'Guillaume Erner, ou l'art de saboter une interview/h3
p/brC'est après 30 minutes que l'entretien dérape : comme souvent, Guillaume Erner ne peut s'empêcher de ramener la discussion a href="https://www.acrimed.org/Guillaume-Erner-et-la-critique-des-medias"à ses obsessions personnelles/a. Le présentateur tente ainsi très maladroitement de s'appuyer sur une célèbre citation extraite de iL‘étrange défaite/i – ouvrage dans lequel Bloch évoque son rapport au judaïsme – pour essayer de faire réagir ses invités à sa petite analyse sur l'antisionisme contemporain. Le rapport ? Il n'y en a aucun. Ce qui va avoir le don d'agacer les deux historiens./p
blockquote class="spip"
pstrongGuillaume Erner :/strong [Marc Bloch] conclut : « Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. » Or, Patrick Boucheron en ce moment, il y a une résurgence – en tout cas, c'est mon analyse – de l'antisémitisme, et d'un antisémitisme qui parfois utilise d'autres visages, avec un certain nombre de termes. Comme l'antisémitisme est devenu un crime, l'antisémitisme politique n'est plus envisageable, alors on utilise d'autres termes, on traite des gens, par exemple, qui n'ont jamais pris de position particulière par rapport à Israël, de « sioniste » voire de « génocidaire »… Qu'est-ce que ça vous inspire cette période particulière, Patrick Boucheron ?/p
/blockquote
pLe professeur au Collège de France se montre une première fois décontenancé par cette question très alambiquée, sans rapport avec Marc Bloch. Sa réponse est nette :/p
blockquote class="spip"
pstrongPatrick Boucheron :/strong Et donc, il faudrait dire que Marc Bloch est sioniste parce que… ? […] C'est une faute, c'est une faute historique que de le dire, puisque objectivement, il ne l'est pas »/p
/blockquote
pErner, n'accepte pas cette tentative de recadrage et insiste lourdement :/p
blockquote class="spip"
pstrongGuillaume Erner :/strong La question que je posais est différente, Patrick Boucheron […]. C'est celle de savoir tout simplement si un certain nombre d'effacements que l'on voit aujourd'hui et qui sont bien réels dans l'université française, effacements de personnes qui sont traités de « sionistes » […], est-ce que ceci ne s'assimile pas tout simplement à de l'antisémitisme ? Et la glorification de Marc Bloch n'est-elle pas l'une des stratégies de récupération […] ? Mais aussi une forme de célébration d'un juif mort qui est, dans ce contexte, moins gênant que d'autres juifs vivants ?/p
/blockquote
p« iNe recommençons pas l'assignation/i », cingle alors l'historienne Alya Aglan, qui rappelle que « isous Vichy, c'est la loi qui […] désigne [Marc Bloch] comme juif/i ». Ce nouveau recadrage ne suffit pas à Guillaume Erner, qui revient à la charge. Cette fois, le très mesuré Patrick Boucheron refuse de coopérer :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Guillaume Erner :/strong Mais Patrick Boucheron, les résonances actuelles ?/p
pstrong- Patrick Boucheron :/strong Non, non, mais ça, on vous laisse parler tout seul./p
pstrong- Guillaume Erner :/strong Mais pourquoi ?/p
pstrong- Patrick Boucheron :/strong Mais parce qu'aujourd'hui on est dans un autre sujet…/p
/blockquote
pL'échange installe un malaise dans le studio. Mais Erner n'entend rien et tente une relance évasive. Boucheron refuse à nouveau de mordre à l'hameçon : « iQuelle est la question ? Je vous ai répondu…/i » Rien n'y fait : le présentateur s'obstine à (re)demander si l'antisionisme n'est pas « itout simplement de l'antisémitisme/i » en prenant une nouvelle fois l'historien panthéonisé en caution, lequel faisait dialoguer l'histoire avec le présent. « iOui, mais avec une responsabilité vis-à-vis du passé, et vis-à-vis du présent/i », rebondit sèchement Patrick Boucheron… Bref : Guillaume Erner, ou a href="https://www.acrimed.org/Guillaume-Erner-face-a-Francesca-Albanese"l'art de saboter une interview/a./p
/br
h3 class='article_intertitres'« iNi droite, ni gauche/i » : opération dépolitisation/h3
p/brLe matinalier de France Culture n'est pas le seul éditocrate à avoir brillé au cours de cette séquence. Beaucoup vont notamment reprendre à leur compte le cadrage qui s'était imposé partout les jours précédents au cours d'un énième épisode de dépolitisation journalistique, sur fond d'appel à « l'unité nationale » : fallait-il exclure l'extrême droite de la cérémonie de panthéonisation, comme l'a expressément demandé la famille de Marc Bloch ?/p
pPoser une question aussi absurde revient normalement à y répondre. Sur France Inter (23/06), Duhamel la formule quand même face à Suzette Blochspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Benjamin Duhamel : « Pourquoi est-ce que vous avez considéré que le RN (…)" id="nh1"1/a]/span, petite-fille de Marc Bloch et dépositaire de son œuvre. « iC'est naturel/i, répond cette dernière. iLe RN sont les héritiers des Waffen-SS qui ont tué mon grand-père. […] Il faut être clair : Marc Bloch était antifasciste. […] c'était clairement un homme de gauche./i » Voici donc ce qu'ont tenté de faire oublier les journaux et les plateaux des jours durant./p
pIl y a d'abord ceux qui, comme iLibération/i (20/06), ont judicieusement tendu le micro à un homme politique… de droite, Édouard Philippe en l'occurrence, lui permettant de ne retenir de Bloch que ce qui l'arrange – ici le soldat et le patriote. Il y a ceux, ensuite, qui ont profité de l'événement pour écrire l'hagiographie non pas de l'historien résistant et antifasciste… mais d'Emmanuel Macron ! Ce fut le cas de Daïc Audouit sur France Info, par exemple, pour lequel « isituer politiquement l'héritage politique de Marc Bloch n'est pas aisé/i », et qui est donc allé demander de l'aide à un ancien ministre macroniste (aujourd'hui député, membre de Place publique) pour ce faire : « iBloch, c'est ni droite, ni gauche/i »… dixit Aurélien Rousseau. Corinne Lhaïk creusait déjà le même sillon dans iL'Opinion/i (22/06), dans un article supposément consacré à la panthéonisation de Marc Bloch, mais en réalité totalement à la gloire du président de la République, au terme duquel la journaliste cite anonymement « iun ancien conseiller de l'Élysée/i » : « iMacron, c'est Marc Bloch, capable de théoriser nos angles morts, nos points aveugles. Et il en est victime./i »/p
pEt puis il y a surtout ceux qui ont parasité la couverture de la panthéonisation de Marc Bloch, en accordant une place démesurée à la « polémique » (attisée par les droites) sur la présence – ou non – de l'extrême droite à la cérémonie. La question a semblé cruciale à de nombreux journalistes, qui l'ont déclinée sur tous les tons. Froid et informatif : « Marc Bloch : sa famille ne veut pas voir l'extrême droite au Panthéon » (France Info) ; neutre et dépolitisant : « France : la panthéonisation de Marc Bloch soulève des débats » (RFI) ; ou encore, outré et sensationnaliste : « Croisade contre l'"extrême droite", héraut du souverainisme… Pourquoi l'héritage intellectuel de Marc Bloch fait polémique ? » (iLe Figaro/i) Quant à savoir pourquoi ce titre du iFigaro/i n'en a déclenché aucune…/p
pComme souvent, iLe Figaro/i s'est particulièrement distingué dans cet exercice. D'abord avec cet article du 24 mai, dans lequel Paul-François Paoli s'étonne que l'historien antifasciste, donné par des collabos français et abattu par la Gestapo, se fasse « iembarquer/i » par « ides historiens militants […] dans leur croisade contre "l'extrême droite"/i » – les guillemets à extrême droite sont authentiques. Puis, le jour de la panthéonisation, le même iFigaro/i publie un hommage somme toute classique, immédiatement modéré par un éditorial « contre-point » du rédacteur en chef, Guillaume Tabard (23/06). Son titre est sans appel : « Un hommage national ne peut exclure personne ». Son combat personnel ? Faire campagne pour que l'extrême droite puisse assister à l'hommage d'un homme qu'elle a assassiné il y a 90 ans : « iSi l'avis d'une famille compte, le propre d'une entrée au Panthéon n'est-il pas de faire accéder une figure particulière à une sorte de propriété nationale, donc collective ?/i » Pour la première fois de sa vie, Guillaume Tabard est favorable à la propriété collective. Gourmand, le journaliste ajoute une autre insanité : « iFaut-il interdire à un adversaire passé ou supposé de lui rendre hommage ?/i » Nous ne saurons pas qui, des fascistes français ou allemands, désigne Guillaume Tabard en parlant d'adversaire « ipassé ou supposé/i »…/p
/br
h3 class='article_intertitres'De réécritures de l'histoire en diabolisation de la gauche/h3
p/brLa « polémique » sur la présence ou non de l'extrême droite a pris tellement de place dans la presse qu'une partie des commentateurs se sont retrouvés comme une poule devant un couteau face aux images de la cérémonie. En effet, la famille de Marc Bloch s'y est affichée en photo tout sourire aux cotés de l'état-major de La France insoumise./p
/br
div class='spip_document_16576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-06-29_a_09.51_58.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH513/capture_d_e_cran_2026-06-29_a_09.51_58-cfaf0.png?1782721441' width='500' height='513' alt='' //a
/figure
/div
p/brPas de quoi étonner celles et ceux qui avaient entendu Suzette Bloch rappeler sur France Inter que son grand-père était « iclairement un homme de gauche/i », « iantifasciste/i », et que ses valeurs s'étaient « itransmises jusqu'à eux/i » ; mais de quoi provoquer un désarroi monumental chez tous les contempteurs de ce mouvement politique qui, comme Guillaume Erner, se sont auto-convaincus que l'antisémitisme était l'apanage des Insoumis – et le font savoir à grands cris./p
pSur le plateau de « 28 Minutes » (Arte, 26/06), Renaud Dély peine ainsi à contenir son agacement – « iC'est un acte politique, très clairement… C'est une forme de récupération…/i » – et s'empresse ensuite de couper court à la critique (sans doute un peu trop poussée à son goût) qu'exprime l'historien Léo Rosell à propos de la réécriture de l'histoire par l'extrême droite. La parole est à l'essayiste réactionnaire Noémie Haliouaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Membre du comité éditorial de La nouvelle revue politique, dont la (…)" id="nh2"2/a]/span, qui profite du tapis rouge et ne sera, elle, nullement interrompue :/p
blockquote class="spip"
pstrongNoémie Halioua :/strong La France insoumise ne représente pas du tout l'idéal républicain que portait Marc Bloch. […] La République, c'est l'intégration, c'est l'idée que les gens qui viennent d'ailleurs rejoignent l'idéal français. Or, la « nouvelle France » [de LFI], c'est exactement l'inverse ! C'est de dire : « Nous arrivons en France et nous voulons imposer nos codes aux autres. » Ce sont des logiciels extrêmement différents./p
/blockquote
pCroyez-en l'expertise de Noémie Halioua !/p
pSur le réseau social X également, les réactions déconfites pleuvent. Florilège du commentariat bourgeois en pleine panique, devant l'échec de son opération dépolitisation/récupération :/p
blockquote class="spip"
pstrong- Rudy Reichstadt :/strong Cette photo, j'avoue que je n'étais pas prêt. Je veux croire que c'est l'une de ces ironies de l'histoire sur lesquelles Marc Bloch aurait probablement écrit des choses lumineuses./p
pstrong- Géraldine Woessner :/strong Je n'ai jamais compris cette révérence grotesque, largement entretenue par les médias, envers les enfants ou petits-enfants d'untel ou unetelle… La vertu ne s'hérite pas. Elle n'est pas inscrite dans les gènes./p
pstrong- Eugénie Bastié :/strong Illustration de la capacité infinie à s'indigner des turpitudes d'hier en se donnant le beau rôle tout en s'aveuglant complaisamment sur celles d'aujourd'hui./p
pstrong- Denis Olivennes :/strong On dit Marc Bloch ou Marc Bloche ?span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Denis Olivennes fait ici très probablement référence à la « polémique » sur (…)" id="nh3"3/a]/span/p
pstrong- Frédéric Haziza :/strong Ainsi Manuel Bompard, le sous-chef de la meute « passionnément antisémite » ose se livrer à une opération de récupération politique en s'appropriant la mémoire de Marc Bloch assassiné par les nazis parce que né Juif. […]/p
pstrong- Jean Quatremer :/strong On est souvent trahi par sa descendance... L'intelligence, la vertu, le courage ne sont pas héréditaires./p
/blockquote
pEtc./p
pDans iCauseur/i (24/06), Élisabeth Lévy, jamais avare d'une outrance, s'indigne elle aussi : « iEmmanuel Macron, pourtant garant de l'unité de la nation […] en a donc profité pour faire la chasse à "l'extrême droite"/i » – les guillemets à extrême droite sont encore une fois authentiques. Dans iL'Opinion/i également, la panthéonisation de Bloch est l'occasion de parler de la « ipoussée des extrêmes/i » : « iÀ gauche avec Jean-Luc Mélenchon et le discours antisémite développé par La France insoumise. À droite avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella pour le Rassemblement national et ses penchants autoritaires et antieuropéens./i » Le « quotidien libéral » de Bernard Arnault ne met donc pas Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sur le même plan, il fait pire : le premier porterait un « idiscours antisémite/i », quand la seconde n'a que des petits « ipenchants/i » problématiques./p
pDans cette ambiance, la bride est lâchée sur CNews (24/06) : « iQu'est-ce qui restera de Marc Bloch hier ? La France Insoumise !/i », s'emballe Pascal Praud. Sa chroniqueuse Eugénie Bastié, recrutée par le service public pour les futures interviews des candidats à l'élection présidentielle, donne un avant-goût de sa finesse d'analyse : « iVoir Marc Bloch célébré par les centristes bureaucrates et le parti des nouveaux antisémites, il y a quelque chose de savoureux là-dedans./i » Fustigeant ensuite le « itropisme d'extrême gauche/i » de Suzette Bloch, elle ajoute : « iJ'ai trouvé très choquant qu'elle appelle à ce que le RN soit exclu de la cérémonie./i » « iC'est une honte totale/i », renchérit Éric Naulleau avec des accents maurassiens : « iQue cette cérémonie soit récupérée par ce qui est devenu un parti de l'étranger, c'est une honte pour la France./i » Bref, pendant 25 minutes, le plateau d'extrême droite n'a que faire de Marc Bloch et ne discute que de La France insoumise. Praud verbalise d'ailleurs son désintérêt pour Bloch : « iC'est-à-dire que c'est… Pfff… Y a vraiment, y a d'autres priorités, on va le dire comme ça…/i ». Et de livrer son bilan de l'événement : « iOn célèbre La France insoumise au Panthéon ! Emmanuel Macron célèbre La France insoumise au Panthéon ! On en est là…/i »/p
/br
h3 class='article_intertitres'Quand le pôle réactionnaire pousse son agenda/h3
p/brAu même moment sur France Inter, les deux matinaliers reçoivent le député RN Jean-Philippe Tanguy (24/06) et lui proposent… de répondre aux déclarations de Suzette Bloch, à sa place la veille. Mieux : la chaîne YouTube de France Inter met en scène cette réponse dans un « short » destiné à « buzzer » sur la plateforme américaine. Celui-ci est titré : « Jean-Philippe Tanguy répond à Suzette Bloch ». Ce qui nous amène à cette question : qu'aurait fait de différent la chaîne YouTube du Rassemblement National ?/p
pLes flots de commentaires réactionnaires entourant la panthéonisation de l'historien résistant ne vont malheureusement pas s'arrêter là. Après La France insoumise, c'est au tour de Patrick Boucheron d'être repeint… en odieux antisémite. La contradiction qu'il opposa à Guillaume Erner dans la matinale de France Culture et son refus de parler d'autre chose que de Marc Bloch – c'est-à-dire d'entériner l'analyse droitière du « inouvel antisémitisme/i », apanage de la gauche (et des musulmans) –, n'est pas passée dans les rédactions de droite./p
pLe jour même de l'entretien, une offensive est lancée depuis les pages du iPoint/i, rapidement relayée par iL'Express/i et Atlantico. Sous la plume de son « grand reporter » Saïd Mahrane, iLe Point/i est à deux doigts de qualifier Patrick Boucheron d'antisémite : « iSur France Culture, le professeur au Collège de France a refusé de répondre à une question sur la montée contemporaine de la haine contre les juifs./i » L'article, manifestement pondu à la hâte, parle de « itrahison des clercs/i ». Les sphères réactionnaires s'enflamment sur les réseaux et redoublent de commentaires outranciers. Tous les habitués du comptoir sont au rendez-vous : Sophia Aram, Gilles-William Goldnadel, Ferghane Azihari, Anne Rosencher, etc. Et dans la journée, un illustre toutologue franchit allègrement le pas (X, 24/06) :/p
blockquote class="spip"
pstrongJacques Attali :/strong Le silence de Patrick Boucheron est une marque d'antisémitisme aussi terrible que les insultes les plus explicites. Le professeur d'histoire au Collège de France perd toute dignité et toute légitimité./p
/blockquote
pComme d'habitude, ce commentariat radicalisé manie l'accusation d'antisémitisme avec une légèreté confondante et irresponsable, dont l'effet est de trivialiser un mot désignant un racisme pourtant bien réel – et dont Patrick Boucheron ne s'est évidemment pas rendu coupable en refusant, un jour de panthéonisation, d'avaliser les obsessions de Guillaume Erner et de toutes les sphères réactionnaires./p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brQue pouvait-on attendre du récit médiatique de la panthéonisation de Marc Bloch, dans des médias qui, il y a trois mois à peine, a href="https://www.acrimed.org/Antifascisme-et-LFI-les-medias-brutalisent-le"répétaient en chœur/a que « il'antifascisme est le nouveau fascisme/i » ? La réponse à cette question est, hélas, sous nos yeux : les mêmes biais et partis pris que n'importe quel autre jour de l'année. Mépris du savoir académique, falsifications historiques, diabolisation de la gauche et réhabilitation de l'extrême droite : un comble le jour où il s'agissait de rendre hommage à un universitaire de gauche assassiné par des fascistes./p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanBenjamin Duhamel : « iPourquoi est-ce que vous avez considéré que le RN n'avait pas sa place à cette cérémonie ?/i »/p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanMembre du comité éditorial de La nouvelle revue politique, dont a href="https://nouvellerevuepolitique.fr/qui-sommes-nous/" class="spip_out" rel="external"la composition/a signe une orientation allant de la droite radicalisée à l'extrême droite./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanDenis Olivennes fait ici très probablement référence à la « polémique » sur la prononciation du nom du pédocriminel Epstein, qui a valu à LFI un énième procès en antisémitisme : l'un des pires épisodes de diabolisation de ces trois dernières années./p
/div/div
Faced with constant electricity blackouts and a failing grid, people in Pakistan took matters into their own hands. The result is a lesson for the rest of the world, and also a warning
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"The New World/a/b/div
Emblématiques de certains quartiers de la capitale française, quelques salons de coiffure prisés par une clientèle afro-caribéenne finissent par se rebeller contre des patrons peu scrupuleux. Leur avenir est cependant menacé par l'ubérisation du secteur et la gentrification du voisinage.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Afrique XXI/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH67/arton249785-d6b96.png?1782551035' width='120' height='67' /
“Pour ou contre la clim” ? Voilà ce à quoi nous avons droit à chaque canicule. Le niveau zéro de la réflexion, du début du commencement d'un changement radical pourtant plus que jamais nécessaire. Cette fois-ci, cerise sur le gâteau, le RN a pu se balader sur tous les plateaux TV en se présentant comme le parti champion de l'écologie. Ne riez pas, c'est la petite musique que l'on entend partout depuis une semaine, y compris sur le service public. br /Voilà plusieurs années que je suis scrupuleusement le traitement médiatique des canicules chaque été et ce que j'ai écrit l'été dernier reste entièrement valable : le traitement médiatique du climat n'a jamais été aussi mauvais. Cette année il va falloir utiliser un autre adjectif : ils sont irresponsables. br /Par “ils”, lisez l'immense majorité des médias mainstream. Cela veut bien dire que de façon systémique, mis à part quelques exceptions, c'est une catastrophe. Vous en doutez encore et pensez que c'est une exagération ? Lisez plutôt.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Bon pote/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH67/arton249785-d6b96.png?1782551035' width='120' height='67' /
“Pour ou contre la clim” ? Voilà ce à quoi nous avons droit à chaque canicule. Le niveau zéro de la réflexion, du début du commencement d'un changement radical pourtant plus que jamais nécessaire. Cette fois-ci, cerise sur le gâteau, le RN a pu se balader sur tous les plateaux TV en se présentant comme le parti champion de l'écologie. Ne riez pas, c'est la petite musique que l'on entend partout depuis une semaine, y compris sur le service public. br /Voilà plusieurs années que je suis scrupuleusement le traitement médiatique des canicules chaque été et ce que j'ai écrit l'été dernier reste entièrement valable : le traitement médiatique du climat n'a jamais été aussi mauvais. Cette année il va falloir utiliser un autre adjectif : ils sont irresponsables. br /Par “ils”, lisez l'immense majorité des médias mainstream. Cela veut bien dire que de façon systémique, mis à part quelques exceptions, c'est une catastrophe. Vous en doutez encore et pensez que c'est une exagération ? Lisez plutôt.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Bon pote/a/b/div
SlowHeat ce ne sont pas des efforts ou des écogestes, ce n'est pas non plus une version amputée du système actuel de chauffage central, c'est une tout autre façon de concevoir et de penser le chauffage. SlowHeat est au chauffage central, ce que le vélo est à la voiture ; un saut d'échelle complet.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div
Back in 2017, we did the math to figure out how much oil it takes to mine a single Bitcoin. The answer then was about 20 barrels of oil equivalent per coin. Today it's closer to 500. But Bitcoin is the warm-up act. The real energy story is artificial intelligence.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"OilPrice/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH68/arton249780-ff41e.jpg?1782472714' width='120' height='68' /
Une affiche parodique expliquant comment boire de l'eau sature les réseaux sociaux, révélant au passage une crise de confiance inédite envers une communication officielle de l'État perçue comme excessivement infantilisante.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Planet.fr/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/erner_intox-47069.png?1782401637' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" /
div class='rss_chapo'pFrance Culture, 24 juin./p/div
div class='rss_texte'pMercredi 24 juin, Guillaume Erner reçoit Marine Le Pen dans « Les Matins » de France Culture. Après 10 minutes de complaisance, Guillaume Erner en vient « iaux répercussions de ce conflit israélo-palestinien en France, avec la question de l'antisémitisme/i ». Pour ce faire, le présentateur lance alors un « sonore », qu'il indique avoir lui-même « itrouvé sur les réseaux sociaux/i ». Le principe de ce « ipetit montage/i » ? Dans les mots d'Erner : « i[comparer] Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marie Le Pen sur la question de l'antisémitisme »./i/p
pRésumons : Guillaume Erner tient face à lui une représentante du principal parti d'extrême droite ; ce parti a été fondé par des collabos et des Waffen-SS ; il s'est illustré tout au long de son histoire par son négationnisme et son antisémitisme ; on ne compte plus les déclarations pétainistes, antisémites ou racistes de nombre de ses élus. Dans cette situation, que fait le présentateur de la matinale de France Culture « isur la question de l'antisémitisme/i » ? Il diffuse un montage « itrouvé sur les réseaux sociaux/i » pour suggérer que le principal parti de gauche est aujourd'hui antisémite… et même tout autant que le parti d'extrême droite. Peut-être même plus ? Car Erner ne s'en tient pas là et tend une nouvelle perche à son invitée : « iQuand, Marine Le Pen, avez-vous décidé de rompre avec l'antisémitisme de votre père ?/i » La prémisse de sa question est très claire : le RN a rompu avec l'antisémitisme. Contrairement à la gauche, si l'on en croit le présentateur et son « ipetit montage/i »./p
pLe scandale ne s'arrête hélas pas là : le montage diffusé par Erner est en réalité… fallacieux. Il détourne des propos de Jean-Luc Mélenchon sur « iles élites/i », extraits d'un entretien avec Natacha Polony en 2017, dans lequel il n'était absolument pas question des juifs… Le montage trompeur a en fait été produit par le média numérique Léon, sorte de Franc-Tireur pour les réseaux sociauxspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Arrêt sur images le décrit comme un « média conservateur, défendant une (…)" id="nh1"1/a]/span./p
pLa séquence ne passe pas inaperçue : LFI a href="https://www.liberation.fr/politique/caste-et-juifs-lfi-saisit-larcom-contre-france-culture-apres-une-manipulation-des-propos-de-melenchon-20260625_LOF2IOXVV5GSPJQO2PVMER4JPY/" class="spip_out" rel="external"saisit l'Arcom/a et face aux réactions qui se multiplient, France Culture publie un correctif a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/marine-le-pen-est-l-invitee-des-matins-4247013" class="spip_out" rel="external"sur son site/a et a href="https://x.com/franceculture/status/2070066654080282653" class="spip_out" rel="external"sur X/a : « iDans "Les Matins" de ce mercredi 24 juin, l'extrait audio diffusé à 10:35, qui n'avait pas été sourcé à l'antenne, provient de "Léon le média". C'était un montage fallacieux, ce que nous avons réalisé a posteriori. Cet extrait n'aurait donc pas dû être diffusé. La direction de la chaîne et Guillaume Erner tiennent à présenter leurs excuses aux auditrices et auditeurs./i »/p
pMais comme le note a href="https://www.arretsurimages.net/articles/antisemitisme-face-a-le-pen-erner-diffuse-un-extrait-mensonger-sur-melenchon" class="spip_out" rel="external"Arrêt sur images (25/06)/a, « ini le 24 juin, une fois l'entretien terminé, ni le 25 juin, malgré la polémique suscitée, Guillaume Erner n'a jugé utile de corriger, nuancer, ou s'excuser à l'antenne dans son émission Les Matins/i ». a href="https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique"Comme de coutume/a, les « mea culpa » superficiels ne sont pas diffusés dans les mêmes conditions que l'intox : les réseaux sociaux pour les premiers, le direct d'une matinale pour la seconde./p
pDans la foulée du communiqué de la station, les sociétés de journalistes de France Culture et de Radio France « ise désolidarisent/i » a href="https://bsky.app/profile/sdjradiofrance.bsky.social/post/3mp4irwpuzs23" class="spip_out" rel="external"à leur tour/a de Guillaume Erner, et réclament contre le producteur « les mesures qui s'imposent »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Signalons aussi le communiqué du SNJ-CGT Radio France (25/06). Mise à jour (…)" id="nh2"2/a]/span./p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brNous documentons cette dynamique médiatique depuis de longues années : le blanchiment de l'extrême droite se fait notamment au prix d'une diabolisation de la gauche. Nous en sommes au stade où le présentateur de la matinale de France Culture peut diffuser un faux grossier, qu'il a repris les yeux fermés d'un obscur média pour tenter de faire croire que l'antisémitisme est aujourd'hui l'apanage de la gauche. Devra-t-on, cette fois encore, se contenter de piteuses excuses ?/p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p
p/brstrongAddendum (26/06) :/strong Vendredi 26 juin, France Culture diffuse sur son antenne le message suivant :/p
blockquote class="spip"
pstrongGuillaume Erner :/strong Bien que n'étant pas à l'antenne aujourd'hui – c'était prévu de longue date –, je tenais à revenir sur la matinale de mercredi, au sujet de laquelle je tiens à vous présenter mes excuses. À l'occasion de mon interview de Marine Le Pen, j'ai fait le choix de diffuser un montage audio, dans lequel on pouvait entendre des extraits de Jean-Marie Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. Ce que j'ai omis de dire, et c'est une première erreur, c'est que ce montage audio je l'avais trouvé sur les réseaux sociaux, il provenait de Léon le média, j'aurais dû préciser cette source. Qui plus est, je n'avais pas vérifié scrupuleusement le contenu de ce montage audio, il s'avère qu'il était fallacieux. Je l'ai constaté a posteriori et je le regrette. On a supprimé cet extrait audio du replay de l'émission, sur le site et l'application Radio France. Je tiens à nouveau à vous présenter mes excuses. Ça n'est pas conforme à mon éthique professionnelle. Je ferai tout ce qu'il faut, je serai vigilant à l'avenir, pour que ça ne se reproduise plus. C'est essentiel puisque que ça touche à ce que nous avons de plus précieux : le lien de confiance qui nous unit. Chers auditrices et auditeurs, j'ai fait deux erreurs et je m'en excuse./p
/blockquote/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanArrêt sur images a href="https://www.arretsurimages.net/articles/antisemitisme-face-a-le-pen-erner-diffuse-un-extrait-mensonger-sur-melenchon" class="spip_out" rel="external"le décrit/a comme un « imédia conservateur, défendant une ligne pro-israélienne et anti-LFI/i »./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanSignalons aussi a href="https://bsky.app/profile/cgt-radiofrance.bsky.social/post/3mp4mtldwfc2h" class="spip_out" rel="external"le communiqué/a du SNJ-CGT Radio France (25/06). iMise à jour (26/06) : voir aussi a href="https://fr.linkedin.com/posts/sylvain-bourmeau-ab8196183_marine-le-pen-%C3%A9tait-ce-mercredi-linvit%C3%A9e-activity-7475939675036160000-eAoL" class="spip_out" rel="external"le communiqué/a de la Société des Producteur·ices de France Culture (25/06)./i/p
/div/div
Il nous faut insister sur cette réalité simple et brutale : les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux, ils savent que leurs renoncements engendreront plus de drames et de morts. Notre trajectoire climatique nous mène, en France, vers dix fois plus de jours de vagues de chaleur par an et les 50 °C dépassés dans une ville comme Paris, peut-être dès 2050 ! br / Les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux br /Mais il est jugé plus raisonnable d'accepter ces catastrophes et de sauvegarder un système économique moribond, dont ne profite plus grand monde au-delà de la classe dominante. Au lieu de faire de la préservation d'un climat habitable un impératif catégorique, et d'adapter nos règles socio-économiques en conséquence, on fait l'inverse. L'accumulation capitaliste est non négociable, et advienne que pourra pour le climat. br /Là est la véritable violence.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/reporterre"Reporterre/a/b/div
Il nous faut insister sur cette réalité simple et brutale : les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux, ils savent que leurs renoncements engendreront plus de drames et de morts. Notre trajectoire climatique nous mène, en France, vers dix fois plus de jours de vagues de chaleur par an et les 50 °C dépassés dans une ville comme Paris, peut-être dès 2050 ! br / Les décideurs politiques ont les données scientifiques sous les yeux br /Mais il est jugé plus raisonnable d'accepter ces catastrophes et de sauvegarder un système économique moribond, dont ne profite plus grand monde au-delà de la classe dominante. Au lieu de faire de la préservation d'un climat habitable un impératif catégorique, et d'adapter nos règles socio-économiques en conséquence, on fait l'inverse. L'accumulation capitaliste est non négociable, et advienne que pourra pour le climat. br /Là est la véritable violence.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/reporterre"Reporterre/a/b/div
N'oublions pas qu'il ne s'agit que de droits minimums ! Même si la législation commence à évoluer, le droit du travail ne précise toujours pas de seuils de température clairs sur le lieu de travail pour déclencher des mesures de protection ! En conditionnant certaines mesures de protection en fonction des périodes officielles de vigilances Météo France, il en limite aussi la portée. Nous devons revendiquer des protections encore plus fortes face à des phénomènes météos toujours plus intenses et précoces ! (Voir notre communiqué : Le droit du travail n'est toujours pas « plus chaud que le climat » ! ) br /L'application effective des mesures existantes, dépend aussi beaucoup de l'action de terrain des équipes syndicales : organisons-nous !
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"CNT-SO/a/b/div
Le tribunal régional de Munich a jugé que Google était responsable des propos tenus par son intelligence artificielle (IA) dans les résultats de recherche, après que celle-ci a publié des propos faux au sujet de deux éditeurs. C'est un signal fort : la cour de justice rappelle à la plateforme sa responsabilité dans la construction du nouveau monde informationnel.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"RSF/a/b/div
Avec les LLM, l'alliance science et industrie est en train de prendre fin au profit d'une ingénierie toute puissante, assure le sociologue Dominique Boullier.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Dans les algorithmes/a/b/div
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L98xH120/arton249773-f0697.jpg?1782111911' width='98' height='120' /
Google a décidé de tuer l'internet des gens passionnés. Pendant 25 ans, le contrat était simple : produisez du contenu, google envoie du trafic, google se rémunère avec de la pub. En 2026, ce contrat est résilié unilatéralement. Désormais, google désindexe en masse. Sur mon site de 3000 pages, les derniers moments ont vu 2600 pages supprimées. Cependant en interne, il utilise encore mon contenu, même désindexé. C'est ce que j'appelle le paradoxe du « cannibale affamé ». Google a besoin du web pour nourrir son IA, mais en privant le web de trafic, il affame les créateurs qui produisent la matière première.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Tchorski/a/b/div
En mars 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a validé la condamnation de Mohamed Makni, entrepreneur, père de famille et adjoint au maire d'Échirolles. Le propos qui lui était reproché tenait en une phrase :« Ils s'empressent de qualifier de terrorisme ce qui, à nos yeux, est un acte de résistance évident. ». Cette phrase ne provenait pas d'un chef militaire palestinien ni d'un responsable du Hamas. Elle reprenait les propos d'Ahmed Ounaïs, ancien ministre tunisien des Affaires étrangères, une personnalité à mille lieues de toute rhétorique révolutionnaire. Pour avoir relayé cette analyse politique, Mohamed Makni a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et à quatre mois d'inéligibilité.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Lignes de crêtes/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH83/milliardaires-ec0e3.png?1781763965' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt="" /
div class='rss_chapo'pPour signer la pétition, a href="https://framapetitions.org/petition/org/acrimed/petition-degageons-les-capitalistes-des-medias" class="spip_out" rel="external"cliquez ici/a./p/div
div class='rss_texte'pEn 1944, le programme du Conseil national de la résistance (CNR) défendait la liberté de la presse et son indépendance « à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères »./p
p80 ans plus tard, le constat est alarmant : tout en captant la majorité des aides publiques à la presse et en bénéficiant de fréquences publiques, une poignée de capitalistes, pour la plupart milliardaires, contrôle les principaux médias du pays : Bouygues (TF1, LCI, TMC), Arnault (iLe Parisien/i, iLes Échos/i, iParis Match/i, iChallenges/i), Saadé (BFM-TV, RMC, iLa Provence/i, Brut), Bolloré (Canal+, CNews, Europe 1, iLe JDD/i, iCapital/i, iVoici/i), Kretinsky (iMarianne/i, T18, iFranc-Tireur/i, iElle/i), Dassault (iLe Figaro/i), Pinault (iLe Point/i), Niel (iLe Monde/i, iLe Nouvel Obs/i, iTélérama/i, iNice Matin/i), Pigasse (Radio Nova, iLes Inrockuptibles/i, Le HuffPost), etc./p
pCes capitalistes n'hésitent pas à peser de tout leur poids sur les orientations éditoriales de leurs médias, soit par des interventions directes, soit en nommant des directions aux ordres qui influent en cascade sur les productions ;/p
pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span ils instrumentalisent leurs médias pour mener des campagnes politiques et, par temps d'élections, peser sur le débat démocratique en promouvant leurs candidats ou en dénigrant ceux qui leur déplaisent – avec un pôle réactionnaire de plus en plus puissant, œuvrant dorénavant activement à la victoire de l'extrême droite ;/p
pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span ils mettent les médias qu'ils possèdent au service de leurs intérêts et de leurs activités économiques parallèles ;/p
pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span ils utilisent leurs médias comme un levier d'influence pour construire, promouvoir ou restaurer leur image publique ;/p
pÇa suffit !/p
pFace à la complaisance des pouvoirs publics et à la faillite des principales institutions chargées de « réguler » le paysage de l'information, libérer les médias du pouvoir de l'argent est une urgence démocratique./p
pC'est pourquoi, dans le but de contrecarrer la financiarisation des médias, la concentration du secteur et l'uniformisation des contenus qui en découle, nous revendiquons la mise en œuvre d'une loi visant à :/p
pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span interdire le contrôle des entreprises médiatiques par des firmes qui sont présentes dans d'autres secteurs d'activité économique et, en particulier, par des firmes qui dépendent de l'obtention de marchés publics ;/p
pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span interdire le contrôle de plus d'un média par un même propriétaire ;/p
pspan class="spip-puce ltr"b–/b/span interdire les concentrations verticales, en amont ou en aval de la chaîne de production et de diffusion de l'information et de l'édition (sociétés de production, infrastructures et opérateurs de télécommunications, agence de publicité, points de vente et de diffusion, etc.)/p
pCes revendications ne constituent ni des atteintes à la liberté de la presse, ni au pluralisme : elles sont au contraire des leviers indispensables pour les défendre. En particulier aujourd'hui, où loin de protéger l'exercice du journalisme, des capitalistes licencient en masse et dégradent davantage encore les conditions de travail./p
pL'objectif est simple : soustraire l'information à l'emprise des capitalistes milliardaires, sans la soumettre en retour au pouvoir politique. Mais la réappropriation démocratique des médias devra aller plus loin. Combattre les « puissances d'argent » implique aussi de leur opposer des alternatives et adopter ainsi un ensemble de mesures visant (entre autres) à renforcer les médias sans but lucratif – incluant le secteur public et le « tiers secteur » (médias associatifs, coopératives, etc.) – et à garantir les droits des journalistes et des salariés des médias. Un combat qui vaut aussi dans le champ culturel et de l'édition, avec les mêmes enjeux d'indépendance et de pluralisme./p
pL'information est un droit et la question des médias est une question politique de premier plan qui nous concerne toutes et tous. Ce ne sont pas de perspectives ou de moyens d'action dont nous manquons, c'est d'une mobilisation collective et d'une volonté d'action de la part des pouvoirs publics : il est temps d'agir !/p
pstrongPour signer la pétition, a href="https://framapetitions.org/petition/org/acrimed/petition-degageons-les-capitalistes-des-medias" class="spip_out" rel="external"cliquez ici/a./strong/p/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH82/illu_entretien_1806-a09cd.png?1781678962' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt="" /
div class='rss_chapo'pFace aux plans de licenciements en série dans la presse du capitalspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Pour un panorama non exhaustif, lire « Dans la presse écrite, les plans (…)" id="nh1"1/a]/span, l'intersyndicale organise a href="https://www.acrimed.org/Appel-a-mobilisation-le-18-juin-a-Paris-pour"une journée de mobilisation/a ce jeudi 18 juin et des préavis de grève sont déposés. Entretien croisé avec trois journalistes : Geneviève Thivat, journaliste à iLa Montagne/i ; Agnès Briançon, journaliste au iDauphiné Libéré/i et porte-parole du SNJ ; et Emmanuel Vire, journaliste à iGeo/i et porte-parole du SNJ-CGT./p/div
div class='rss_texte'pstrongAcrimed : Vous exercez dans trois groupes de presse différents qui mènent tous en ce moment des plans de licenciements. Quelle est la situation dans vos groupes de presse respectifs ?/strong/p
pstrongGeneviève Thivat :/strong Le groupe Centre France a annoncé un projet de suppression de 152 postes. Centre France, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est huit titres quotidiens, ainsi que des hebdos. Nous sommes autour de 1 500 salariés pour le groupe. Le siège, c'est le journal iLa Montagne/i, le navire amiral comme on dit, le titre historique du groupe. Nous sommes un peu moins de 500 en CDI aujourd'hui à iLa Montagne/i. Dans le cadre de ce PSE, ce sont 65 postes qui sont menacés, parmi lesquels 25 de journalistes, car évidemment, pour faire marcher un journal, il ne faut pas que des journalistes./p
p/brstrongLa situation est moins claire dans le groupe Ebra. Là, vous savez que des postes seront supprimés, mais le plan de licenciements n'a pas encore été lancé officiellement, c'est bien cela ?/strong/p
pstrongAgnès Briançon :/strong En effet, c'est ça. Nous le savons depuis le mois de septembre dernier et l'arrivée de la nouvelle présidente du groupe Ebra qui est Sophie Gourmelen. L'actionnaire principal du groupe Ebra est le Crédit Mutuel. Quand Sophie Gourmelen est arrivée, elle nous a bien expliqué que le Crédit Mutuel demandait un retour à l'équilibre sous 2 ans. Elle a donc parlé d'un « plan de transformation ». Et on sait bien ce que ça veut dire un « plan de transformation » : c'est un plan de licenciements, évidemment. Donc depuis septembre, les salariés sont dans l'angoisse d'attendre ce plan de licenciements. Quand est-ce qu'elle va l'annoncer ?span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Le PSE du groupe Ebra sera annoncé dans chaque titre le lundi 22 juin." id="nh2"2/a]/span Quelle sera l'ampleur de ce plan ? Qui est-ce que ça va toucher ? Des journalistes, des administratifs, des ouvriers du livre ? Est-ce qu'on ferme des rotatives ? Le groupe Ebra, c'est neuf titres qui couvrent toute la façade est et sud-est de la France : iLes Dernières Nouvelles d'Alsace/i, iL'Alsace/i, iVosges Matin/i, iL'Est républicain/i, iLe Républicain lorrain/i, iLe Progrès/i, iLe Journal de Saône-et-Loire/i, iLe Bien public/i, iLe Dauphiné libéré/i, et on descend jusqu'à iVaucluse Matin/i. Ce sont 800 000 exemplaires qui sont diffusés chaque jour. On compte 1 500 journalistes et environ 3 200 salariés au total. Depuis septembre, c'est l'inquiétude, et nous avons une multiplication des arrêts de travail liés à ce stress./p
p/brstrongNous arrivons maintenant à un cas un peu différent, celui du groupe Prisma. C'est donc un groupe qui a été racheté par Vincent Bolloré et c'est une véritable a href="https://www.acrimed.org/Censure-course-aux-clics-et-burn-out-dans-les"casse sociale/a depuis le rachat. Peux-tu nous faire un état des lieux ?/strong/p
pstrongEmmanuel Vire :/strong Oui, Prisma Media, c'est le leader de la presse magazine. 40 marques, plus de 40 millions de Français qui lisent, regardent ou écoutent une production du groupe chaque mois. C'est en gros 25% du marché de la presse magazine française, racheté en juin 2021 par Bolloré. À l'époque, ils ont laissé ouverte une « clause de conscience » pendant 18 mois pour les journalistes, ce qui était inédit et a abouti au départ de 47% des journalistes permanents. C'est-à-dire 197 journalistes, qui n'ont même pas été remplacés à 50%. Donc dès 2021, nous avions un PSE à bas bruit…/p
pBolloré ne fait pas grand-chose à part de la casse sociale avec Prisma Media. Il a mis à sa tête Claire Léost, passée par le groupe Lagardère et qui est restée PDG jusqu'à l'été 2025 – date à laquelle elle est devenue directrice de CMA Média (CMA-CGM). Elle a donc été remplacée il y a un an par Arnaud Lagardère. Et les Dalton sont arrivés, comme on les appelle, c'est-à-dire tout le staff Bolloré en plus d'Arnaud Lagardère : Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+, Serge Nedjar et Michel Sibony, membre des comités exécutifs des groupes Vivendi et Canal+, notamment. À partir de là, c'est la méthode Bolloré classique qui se met en place. D'abord, ils s'en prennent au magazine économique iCapital/i, dont ils changent la ligne éditoriale au profit d'une ligne d'extrême droite, avec des couvertures sur les migrants, la gabegie de l'audiovisuel public, etc. Et surtout, ils les déménagent en même temps rue des Cévennes, là où il y a le pôle facho avec CNews, iLe JDD/i, iLe JDNews/i, Europe 1. Il y avait 27 journalistes à iCapital/i, il n'y en a plus que 12 aujourd'hui. Idem au iJDD/i : avant la grève, il y avait 120 équivalents temps plein, aujourd'hui, il en reste 27. Quant à Prisma, nous étions 900 au moment du rachat de Bolloré, en juin 2021. Nous sommes tombés à 650 aujourd'hui, en sachant que sur ces 650, il reste moins de 300 journalistes. Le nouveau plan social qui a été annoncé, c'est carrément 40% des effectifs : 265 postes supprimés, ce qui nous ferait tomber à moins de 400./p
p/brstrongLes plans de licenciements que vous vivez s'inscrivent dans un contexte plus large. Il y a en ce moment une véritable vague de destruction d'emplois dans la presse. Quelles sont les raisons invoquées par vos actionnaires pour sabrer ainsi dans leurs activités médias ?/strong/p
pstrongAgnès Briançon :/strong Pour le groupe Ebra, l'objectif invoqué est vraiment le retour à l'équilibre financier, voire la rentabilité. Clairement, aujourd'hui, le Crédit Mutuel ne veut plus perdre d'argent avec sa branche média, même si elle représente peut-être 1% de tout son chiffre d'affaires. Dans son résultat d'exploitation, on ne représente rien, nos pertes ne représentent rien pour le Crédit Mutuel, mais il n'empêche : il faut revenir à l'équilibre et la directrice qui a été nommée n'a que deux ans pour le faire. On sait que pour revenir à l'équilibre en deux ans, il n'y a qu'une solution : couper, licencier. Il y a aussi eu, depuis, des tentatives d'avoir recours à l'IA, notamment à iL'Est républicain/i, et on sait qu'elle va nécessairement s'appuyer sur cela pour supprimer des postes. Toujours avec ce même objectif : avoir une branche média qui serait rentable…/p
pstrongGeneviève Thivat :/strong C'est un peu la même chose au groupe Centre France, et nous enchaînons les plans sociaux dans cet objectif depuis des années. On était sur un plan de départs volontaires autonome qui se terminait fin juin… et on en lance un nouveau avant même que celui-ci soit arrivé à son terme. Dans les causes structurelles qui plombent nos comptes, il y a bien sûr la baisse de la diffusion payée. À titre d'exemple, on est en dessous des 100 000 exemplaires vendus pour iLa Montagne/i. Quand j'ai été embauchée dans les années 1990, le journal était tiré à 250 000 exemplaires. Aujourd'hui, ce doit être environ à 120 000, et on doit en vendre peut-être 95 000. L'objectif d'avoir une part de chiffre d'affaires conséquent venant du numérique pour amortir cette baisse de diffusion payée n'a pas été atteint. C'est la conjugaison de tout ça qui fait qu'au final, ils tapent sur l'emploi./p
pLe problème, c'est que c'est un cercle vicieux. Supprimer des emplois, ça dégrade la qualité de l'information. Au iPopulaire du Centre/i par exemple, vont être fermées 2 agences locales, Bellac et Saint-Junien. L'an dernier : l'agence de Riom de iLa Montagne/i a été fermée. Trois personnes continuent de couvrir Riom, mais depuis Clermont-Ferrand, éloignant le titre de son lectorat. Dans les agences, vu la baisse des effectifs de journalistes et la surcharge de travail qui en résulte, il y a beaucoup de souffrance au travail. Les horaires de travail sont complètement délirants… En plus, désormais, la direction nous demande de tout miser sur l'« hyper proximité », mantra du directeur général qui est arrivé récemment à la tête du journal. Et dans les faits, où est-ce qu'on supprime des postes ? Encore dans les agences locales… C'est complètement absurde. Pour faire un journal de proximité et de qualité, il faut des moyens humains : ce n'est pas l'IA qui va aller interroger Mme Michu qui a repris une épicerie abandonnée depuis 30 ans, ou qui va aller couvrir une grève à La Souterraine./p
p/brstrongEn effet, cela ressemble à un cercle vicieux : on vous coupe les vivres parce que la diffusion payée baisse, mais en vous coupant les vivres, on dégrade la qualité de l'information, ce qui va continuer de faire baisser la diffusion payée. On peut penser qu'il faudrait faire exactement le contraire…/strong/p
pstrongAgnès Briançon :/strong On a des directions qui ne se rendent pas compte de l'importance de la presse quotidienne régionale et qui disent : « Il faut faire des papiers qui font du clic ». Or, les papiers qui font du clic, c'est du fait divers, c'est parfois le truc people, parfois les histoires d'animaux. Vous pouvez faire une jolie histoire avec un animal, un chien qui a été retrouvé 20 ans après, vous faites du clic à 100% avec ça. L'information pour le lecteur, elle est proche de zéro, mais ça fait du clic. On a par ailleurs moins de temps pour faire les reportages, donc forcément, on propose moins d'informations nouvelles, inédites, on révèle beaucoup moins de choses à nos lecteurs. Aujourd'hui, je reste une demi-heure voire trois quarts d'heure sur un reportage, alors qu'avant, je savais que je pouvais rester une heure et demie, deux heures, discuter avec les gens, trouver d'autres sujets, d'autres angles, d'autres contradictoires./p
pOn nous demande aussi d'être extrêmement polyvalents, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand un rédacteur part en reportage, il fait son reportage, ses photos, éventuellement un petit bout de son parce qu'il faudra en faire un podcast, mais aussi un petit bout de vidéo parce qu'il faudra faire de la vidéo ; puis attendez, la vidéo, il l'envoie tout de suite, parce qu'il faut que ça aille sur le web tout de suite. Quand il rentre, il faut faire le diapo, et puis seulement après, on se met à faire le papier. Vous imaginez bien qu'après tout ça, l'article, il n'est plus à la hauteur de ce qu'on peut imaginer./p
pDonc je pense qu'on propose à nos lecteurs une offre qui est tout simplement de moins bonne qualité, non par la faute des journalistes, mais parce qu'on n'a plus les conditions de travail qui nous permettent de faire notre métier correctement. Plutôt que de se dire « on met l'argent nécessaire pour aller chercher de l'information que les autres n'ont pas, qui apporte une vraie valeur ajoutée », eh bien non : on décide de faire au plus vite, au plus simple, parce qu'il faut remplir des pages, et parce que plus de pages, ça veut dire plus de potentiels encarts de pub./p
p/brstrongDu côté de Prisma, il n'y a même pas l'excuse de la rentabilité : le groupe est déjà bénéficiaire, mais licencie quand même…/strong/p
pstrongEmmanuel Vire :/strong Bolloré n'a en effet aucune raison de lancer un plan de cette ampleur-là. Il faut savoir qu'en 2025, comme chaque année depuis sa création en 1979, Prisma Media a été bénéficiaire avec 6 millions d'euros de bénéfices net. Mais évidemment, ça ne lui suffit plus. Il nous dit qu'il faut retrouver de la rentabilité, mais derrière, c'est un plan de décroissance et de fermeture de Prisma Media dont il est question. Un directeur m'a dit que la presse magazine, c'était fini, qu'elle n'avait aucun avenir et qu'il fallait arrêter avec ces conneries. Évidemment, nous, nous pensons tout à fait le contraire./p
pEt puis il y a un autre plan social dont on ne parle jamais, c'est celui qui touche les journalistes rémunérés à la pige, alors que la presse magazine ne pourrait pas fonctionner sans eux. C'est une armée de précaires qui fait les magazines du groupe Prisma. On avait 980 pigistes qui collaboraient avec Prisma Media en décembre 2020, c'est-à-dire avec un minimum d'une pige par an, pour une masse salariale de 6,5 millions d'euros par an. En décembre 2025, il n'en restait que 480 pour une masse salariale de 2,4 millions d'euros. Vous le voyez le PSE à bas bruit qui a couru sur les cinq dernières années ? On a liquidé tous les pigistes qui avaient peu de collaboration avec Prisma. Donc la seule question qui se pose ici et maintenant, c'est : pourquoi Bolloré a-t-il racheté Prisma Media ? Alors c'est une bonne opération financière : il l'avait racheté au groupe allemand Bertelsmann pour 170 millions… qu'il a récupérés rien qu'en vendant iGala/i et iParis Match/i. À ce moment-là, il était donc à zéro. Il a eu le coût des clauses de cession, 25 millions, mais avec le bénéfice total qu'il a pris entre 2021 et 2025, il a récupéré 60 millions d'euros grosso modo. On voit donc qu'il fait quand même une opération à plus 35 millions d'euros./p
p/brstrongVous n'êtes qu'un actif financier, en fin de compte…/strong/p
pstrongEmmanuel Vire :/strong Oui, et un instrument politique également puisque nous pensons que ces manœuvres ont un lien avec la présidentielle. La dernière lame qui nous est tombée dessus, il y a une semaine, c'est qu'ils veulent nous faire déménager nous aussi rue des Cévennes, avec le pôle facho dont je parlais tout à l'heure. Les journalistes de Prisma n'ont vraiment pas envie d'y aller. On imagine que ce sera plus facile de jouer avec certains de ses titres, en particulier les titres de presse « people » : on voit très bien les « couv' » de Bardella avec sa princesse qui pourraient arriver…/p
pstrongAgnès Briançon :/strong Je pense qu'il y a là quand même une différence : le cas que vit Emmanuel à Prisma est quand même très particulier. Le motif économique n'existe pas de son côté. On parle d'une entreprise bénéficiaire. C'est le cas également avec Infopro Digital, où il n'y a pas de motif économique non plus. Dans leurs cas, on est sur de la spéculation, des manœuvres politiques et d'influence, une vraie concentration à visée politique./p
p/brstrongFace à cette situation, vous avez lancé a href="https://www.acrimed.org/Appel-a-mobilisation-le-18-juin-a-Paris-pour"un appel intersyndical/a à la grève le 18 juin./strong/p
pstrongEmmanuel Vire :/strong Ce qui est intéressant, c'est qu'on essaie d'agréger une réaction collective à des plans sociaux et à des destructions de l'information un peu partout. On essaie de se regrouper pour mener un front commun : aussi bien presse écrite que presse audiovisuelle, sans oublier les non-journalistes, parce que sans eux, on n'existe plus. C'est la raison pour laquelle le 18 juin est une journée très importante pour nous. C'est le début d'un mouvement qu'on espère plus large. Il s'agit de réagir, de réfléchir et aussi dire aux citoyens que pour nous non plus, ce n'est plus possible – on sait le niveau de défiance envers les journalistes./p
pstrongAgnès Briançon :/strong La mobilisation commune, c'est une idée lancée par le SNJ en effet, mais à laquelle l'ensemble des syndicats de journalistes et des professions du monde de l'information ont adhéré immédiatement. C'est un peu une prise de conscience. Au SNJ, les militants sont habitués à nous envoyer leurs accords, les annonces de plans sociaux, etc. puis à ce qu'on les accompagne et les conseille. Là, c'est la première fois que je voyais autant de plans arriver en même temps. Nous nous sommes dit : « C'est pas possible, on ne peut pas continuer à se battre chacun dans son entreprise, il faut que ça se sache. ». Le journaliste qui ne dit rien, qui se tait, qui accepte tout, c'est fini ! Il est temps qu'on dise ce qui se passe dans nos entreprises de presse, il est temps surtout qu'on se mobilise tous ensemble. Nous les journalistes avons parfois l'image de bourgeois qui ne nous mêlons pas au reste de l'entreprise de presse. Je l'ai entendu, et c'est faux. Aujourd'hui, on est tous dans la même merde, donc on s'est dit : « On se bouge, on alerte et on revendique, parce qu'on a plein d'idées à proposer. ». On aimerait, pour une fois, se faire entendre. Les éditeurs pensent qu'ils ont les réponses à toutes les questions, mais leurs réponses ne sont pas les bonnes, sinon on n'en serait pas là. On sait aussi que la solution, elle vient du public, parce qu'eux nous lisent, eux écoutent nos reportages, eux savent ce qu'ils ont envie de lire, ce qu'ils ont envie de voir, savent ce qui les intéresse, ce qu'ils nous demandent./p
pPour se faire entendre, il faut aller à Paris, il faut se montrer ; donc on vient tous à Paris le 18 juin. C'est le moment : si on laisse faire cette fois-ci, si on ne dit rien, c'est mort. La rupture est là : on est vraiment à la limite d'une mort de l'information et de la démocratie derrière, parce que s'il n'y a plus d'information, eh bien votre démocratie, elle va s'appuyer sur quoi ?/p
pstrongGeneviève Thivat :/strong De notre côté, ce n'est pas si facile de mobiliser pour une cause générale en plein PSE. À iLa Montagne/i, tout le monde est un petit peu sous le choc de la situation, donc j'espère réussir à mobiliser pour le 18. C'est ce que disait Agnès tout à l'heure : quand on vit un PSE, c'est bien normal qu'on ait la tête dedans…/p
p/brstrongEst-ce que cette crise de la presse qu'on décrit depuis tout à l'heure n'oblige pas à (se) poser des questions fondamentales, notamment sur la forme de propriété des entreprises de presse ? Est-ce que ça ne devrait pas être des entreprises à but non lucratif ? Ce sont des questions qui émergent périodiquement, mais est-ce que la période de crise aiguë que nous traversons n'est pas propice à un débat public beaucoup plus large sur ce sujet ?/strong/p
pstrongAgnès Briançon :/strong On peut se poser ces questions-là, tout comme on peut peut-être imaginer la presse de proximité comme un bien commun, celle qui a vocation à être un pilier de la démocratie et à permettre à tout le monde d'avoir une information fiable et de qualité. On doit arrêter de dire à nos éditeurs : « Vous gagnerez de l'argent en faisant de la presse. ». Une entreprise de presse n'est pas une entreprise comme une autre, ce n'est surtout pas un bien marchand. Je me marre encore en repensant à notre ancien PDG, Philippe Carli, qui avait vendu des machines à laver dans le passé et qui voulait appliquer les mêmes recettes au groupe Ebra... Non, non : un journal, ce n'est pas des machines à laver, on ne vend pas les deux de la même façon. Donc il faudrait peut-être imaginer un statut à part pour les entreprises de presse en effet, qu'on accepte de ne pas gagner d'argent parce que ces entreprises remplissent une mission publique. C'est un peu ce que ressentent les lecteurs : nous ne sommes pas un service public, mais nous remplissons une mission publique indispensable. Ils ont besoin de cette information./p
pstrongEmmanuel Vire :/strong Vous connaissez les positions du SNJ-CGT à ce sujet ! Nous voulons avancer sur nos deux jambes, je dirais. D'abord, évidemment, comme tu le dis, casser la concentration qui devient très inquiétante. Est-ce qu'il faut en arriver à un homme = un média ? Parce qu'il faut là aussi être clair : on ne cassera pas comme ça la libre propriété dans ce pays… Évidemment, il faut des systèmes à but non lucratif pour les entreprises de presse. Il y a beaucoup de choses à réfléchir là-dessus. Mais surtout, n'oublions pas notre deuxième jambe, à savoir la proposition que tous les syndicats poussent depuis maintenant 15 ans : la reconnaissance juridique de l'équipe rédactionnelle. Il faut que dans nos rédactions, les journalistes reprennent du poids par rapport à l'actionnaire ; qu'on ait notamment à dire sur la désignation des directeurs, mais ça va en réalité beaucoup plus loin que ça./p
pJe trouve qu'il y a quand même une hypocrisie sans nom de nos éditeurs, dont beaucoup sont des milliardaires, des banquiers ou des industriels. Nous, on n'est pas du tout étonné de la situation. Ça fait très longtemps qu'on dit que les milliardaires ne nous sauveront pas, bien au contraire. En 10 ans, on a déjà perdu 5 000 cartes de presse : on avait failli atteindre les 40 000, on en est à moins de 35 000 cartes. Les milliardaires disent avoir toutes les solutions, mais ils ont été incapables de négocier le virage du numérique, de développer des modèles payants solides comme iLe Monde/i a su le faire par exemple. Je suis dans le magazine iGeo/i et quand tu regardes le site, tu tombes de ta chaise. C'est d'un niveau lamentable. Et pourtant, ils cherchent quand même à récupérer de l'argent et des subventions. Donc je suis quand même assez scandalisé par l'attitude de tous ces éditeurs, qui ne font que pleurnicher et qui en plus d'être de très mauvais stratèges, détruisent désormais massivement l'emploi./p
p/brPropos recueillis par strongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanPour un panorama non exhaustif, lire « Dans la presse écrite, les plans sociaux se multiplient, l'audience et la publicité étant vampirisées par les géants du Web », a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/20/dans-la-presse-ecrite-les-plans-sociaux-se-multiplient-l-audience-et-la-publicite-etant-vampirisees-par-les-geants-du-web_6681607_3234.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i, 20/04/a./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanLe PSE du groupe Ebra a href="https://www.lalettre.fr/fr/medias_presse-ecrite/2026/06/16/ebra--sophie-gourmelen-lance-un-important-plan-de-departs-volontaires,110802665-art" class="spip_out" rel="external"sera annoncé/a dans chaque titre le lundi 22 juin./p
/div/div