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Médias

Léa Salamé, archange médiatique des grands patrons

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-04-16 14:52
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH91/salamearnault-7afdf.jpg?1776672967' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt="" / div class='rss_chapo'pPour restaurer son image, le grand patronat peut toujours compter sur Léa Salamé./p/div div class='rss_texte'pLe 23 février 2026, Marc-Olivier Fogiel reçoit une invitée « exceptionnelle » sur RTL : la pianiste Hélène Mercier-Arnault, « épouse de Bernard Arnault » (c'est précisé dans le titre). À cette occasion, elle déclare notamment que « iles clochards/i » le seraient par « ichoix de vie/i ». Si ces propos ne sont pas diffusés par RTL, ils sont exhumés près d'un mois plus tard par a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/les-sdf-choisissent-leur-vie-le-passage-censure-au-montage-dhelene-mercier-arnault-sur-rtl-2d1UQcs3Tk-8zWvpvXpdYQ" class="spip_out" rel="external"Blast/a et a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/190326/etre-sans-abri-un-choix-de-vie-helene-mercier-arnault-coupee-au-montage-sur-rtl" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a (19/03). Face au tollé, Hélène Mercier-Arnault a pu compter sur Léa Salamé pour restaurer son image./p pC'est le 4 avril, dans l'émission d'infotainment à paillettes « Quelle époque » (France 2), qu'on a pu assister à la contrition poignante d'Hélène Mercier-Arnault… Après l'inévitable promotion du disque de l'invitée – plus de vingt (longues) minutes de complaisance –, Léa Salamé introduit la séquence qui l'intéresse réellement :/p blockquote class="spip" pstrongLéa Salamé :/strong Vous avez donné une interview il y a un peu plus d'un mois à RTL, à Marc-Olivier Fogiel. Dans cette interview-là, qui a duré plus de 20 minutes, elle a été montée, ce qui arrive souvent – donc ils ont gardé 10 minutes qu'ils ont diffusées. Et puis, il y a un extrait qui a fuité, dans la presse, dans Mediapart notamment, où on vous entend dire les mots suivants […] : « Ce que je vais vous dire va peut-être vous choquer, les SDF j'y pense pas tous les jours. La première fois où j'ai vu des clochards, c'est quand je suis arrivée à Paris. C'est aussi, j'ai l'impression, un choix de vie. Un choix de vie avec des gens [...] qui ont décidé de lâcher la société. C'est un retrait du monde. » Vous comprenez que cette phrase ait choqué beaucoup de monde ?/p /blockquote pLa façon dont Léa Salamé revient sur les événements est intéressante : elle insiste d'abord sur le montage et les coupes, « iça arrive souvent/i », puis parle de « ifuite […] dans Mediapart/i » – alors même que l'intéressée se trouvait dans un dispositif d'interview explicite chez RTL, donc en situation de parole publique. De quoi distiller l'impression qu'Hélène Mercier-Arnault a pu être piégée, que les choses n'ont pas été réglo, justifiant ainsi la maladresse ? Il s'agit, précisément, d'une séance de rattrapage en bonne et due forme :/p blockquote class="spip" pstrong- Hélène Mercier-Arnault :/strong Il m'a posé plein de questions, des questions sur Trump, sur Macron ; et moi je pensais qu'il allait me poser des questions complètement différentes. Je devais présenter mon disque, et toutes les questions qu'il m'a posées pratiquement étaient des surprises. Mauvaises surprises. Mais en même temps, je pensais que c'était un sketch, quoi. Rien de… Vous voyez, quoi. C'était une mise en scène./p pstrong- Léa Salamé :/strong Mais sur cette réponse-là, on s'est dit « oh la la ! Elle est complètement déconnectée »./p pstrong- Hélène Mercier-Arnault :/strong Non. Alors il faut dire, le montage n'est pas du tout bien fait, il y a beaucoup de choses qui ont été coupées là-dedans, c'est juste des parties qu'on entend./p /blockquote pPourtant, selon Blast, le passage indélicat a été censuré par RTL suite à la demande expresse de son attachée de presse. Cette défense pour le moins confuse laisse place ensuite au véritable morceau de bravoure qui, lui, ne sera pas coupé au montage par France 2. Trémolos grandissants dans la voix, moulinets submergés d'émotions avec les mains, la pianiste poursuit :/p blockquote class="spip" pstrong- Hélène Mercier-Arnault :/strong Et dès qu'il m'a parlé des SDF [...], j'ai eu un espèce de retour en arrière de ma vie, quand j'avais 16 ans, quand j'habitais avec ma sœur à Nanterre, où elle avait un amoureux SDF. Et elle voulait aller vivre avec lui dans la gare du RER à Nanterre. Donc tout de suite ça m'est venu quand il m'a parlé de ça, j'ai eu besoin de dire « j'y pense pas tous les jours » parce que c'était insupportable, tout d'un coup, cette violence. Alors je suis désolée de pleurer à la télévision. En fait, c'est honteux. Et puis c'est très impudique, vous voyez là. Désolé, mais…/p /blockquote pL'explication, quoique originale, ne suscite aucune relance de Léa Salamé. Sans doute parce qu'elle apparaît secondaire face au geste d'Hélène Mercier-Arnault : essuyer des larmes à ses yeux, hélas invisibles à l'écran malgré le plan serré du réalisateur. Mais l'essentiel est fait : Léa Salamé tient son « moment », une contre-séquence calibrée pour tourner sur les réseaux sociaux./p /br h3 class='article_intertitres'Dépolitiser l'époque/h3 p/brQuant à savoir pourquoi les paroles initiales de madame Arnault sont « choquantes », la question est traitée de manière superficielle, essentiellement pour la forme : « iDe ces dernières années, il y a une telle inégalité, entre les 1% qui gagnent tellement de milliards et les gens qui galèrent […] et qui se disent que des gens comme vous, comme votre mari, sont totalement déconnectés et vivent dans leur petit monde, et ne comprennent pas les vraies souffrances des gens, et c'est peut-être ça qui a résonné dans cette phrase-là/i » désamorce Léa Salamé. Réponse de l'intéressée : « iMais mon mari travaille tellement, il ne profite jamais de la vie, c'est pour ça je suis ravie de faire autant de piano, il travaille, il construit, il donne des emplois…/i » Relance de Léa Salamé : « iOui./i »/p pHugo Clément, l'autre « journaliste » de l'émission, tente alors un relai : « iCe ressentiment qu'il y a dans une partie de la population, envers les ultra-riches et ces fortunes qui augmentent, vous le comprenez, quand même ?/i » Réponse : « iJe comprends, parce qu'il y a souvent des attitudes de gens très riches qui se croient tout permis, au-dessus de tout le monde, qui sont très arrogants, c'est insupportable./i » Un problème d'éducation, donc. Relance du contradicteur : « iCe n'est pas le cas de votre mari, donc, selon vous./i » « iNon/i », se contente de répondre l'épouse. Fin de l'échange, on en restera là./p pOn ne débattra pas davantage des inégalités qui sévissent en France, de la hausse de la pauvreté sous la présidence du mari de la « icopine/i » d'Hélène Mercier-Arnault, sur la persistance des SDF dans la 7e économie mondiale, ni des ressorts de la fortune de Bernard Arnault, que Léa Salamé présente d'ailleurs d'emblée comme l'« iun des plus grands chefs d'entreprise français/i », qui « icrée plein d'emplois/i » (et « iqui suscite beaucoup de fantasmes/i »). Car « Quelle époque » n'est pas tant là pour éclairer l'histoire que pour dépolitiser ses enjeux./p pEn l'occurrence, en dehors de la séquence commedia dell'arte, c'est une trentaine de minutes de bavardages people qu'il faut subir. Sur sa love story avec Bernard et la tenue dans laquelle il se couche, sur sa sœur Madeleine qui fumait du cannabis et qui s'est suicidée, sur ses voyages et sa manière de faire sa valise, sur son horreur des dîners mondains et la guéguerre de succession entre progénitures dorées…/p pTandis que Léa Salamé et son acolyte font étalage de leurs qualités d'intervieweurs. Florilège : « iVotre mari, quand vous le rencontrez, vous lui dites très clairement "désolé, moi j'aime pas les hommes d'affaires, c'est que des voleurs ou des menteurs"/i » (Léa Salamé) ; « iJe crois que c'est votre mari, Bernard Arnault, qui vous a sorti de ce deuil, en vous disant une phrase qui vous a fait l'effet d'un électrochoc ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ?/i » (Hugo Clément) ; « iMême à votre mari, vous lui dites "je peux claquer la porte" ?/i » (Léa Salamé) ; « iEst-ce qu'il vous joue toujours ça, l'Étude révolutionnaire de Chopin ?/i » (Hugo Clément) ; « iCeux qui disent qu'il est hautain, qu'il est froid, qu'est-ce que ça vous fait ?/i » (Léa Salamé) ; « iVous allez faire vos courses au supermarché ?/i » (Hugo Clément) ; « i35 ans d'amour, c'est quoi le secret de la longévité ?/i » (Léa Salamé) – jusqu'alors silencieux, le journaliste Julian Bugier, invité, tente une relance : « iOn est tous intéressés par la réponse/i »./p pEn définitive, l'ensemble de la séquence consacrée à Hélène Mercier-Arnault vise à humaniser la grande bourgeoisie, rattraper ses maladresses et dépolitiser ses positions. Par la chronique mondaine, Léa Salamé s'échine à déréaliser les rapports de pouvoir en anesthésiant les rapports de classe./p /br div class='spip_document_16507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/salamearnault.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH304/salamearnault-ca5c6.jpg?1776672967' width='500' height='304' alt='' //a /figure /div/br h3 class='article_intertitres'Merci pour ce moment/h3 p/brAncienne égérie de la matinale de France Inter et a href="https://www.acrimed.org/Starification-des-journalistes-le-cas-Lea-Salame"désormais star/a du 20h de France 2, Léa Salamé cultive le mélange des genres. Dans « Quelle époque », une émission de divertissement présentée comme un talk-show sur l'actualité, on ne sait plus trop si on a affaire à une journaliste de premier plan ou à l'animatrice glamour du show-business./p pCe mélange des genres est utile : il lui permet de reverser la légitimité symbolique associée à la crédibilité journalistique (et au service public) sur son rôle de faire-valoir des grands et des grandes de cette époque. En l'espèce, apporter le gage de sérieux à ce sketch de seconde zone et replacer le cadrage de la polémique dans les bornes consensuelles de l'ordre établi./p pCe qui en fait une ressource de premier plan pour la classe dominante. On pourrait d'ailleurs imaginer que cette séance de rattrapage offerte sur un plateau à madame Arnault vise à rabrouer les mauvaises manières d'un concurrent (Marc-Olivier Fogiel). Et ainsi de se placer avantageusement dans le portefeuille de faveurs d'un grand patron de presse ? Car Bernard Arnault détient aussi, par l'intermédiaire de son groupe de luxe LVMH, le groupe Les Échos-Le Parisien./p pMais c'est aussi une manière de réaffirmer un credo qu'elle exprimait sans détours en mai 2024, dans une interview vidéo pour Konbini : « iMoi, mon obsession le matin sur Inter par exemple, c'est qu'il y ait un moment. Ce n'est pas d'aller chercher, déceler la vérité./i » CQFD. La starification journalistique ne passe pas par des enquêtes au long cours dignes du prix Albert-Londres, mais par l'exhibitionnisme des connivences auprès des puissants./p /br h3 class='article_intertitres'L'archange médiatique des grands patrons/h3 p/brNaturaliser la bonne fortune du grand patronat : Léa Salamé est coutumière du fait. Il y a dix ans déjà, en décembre 2016, elle consacrait une longue interview « embedded » à… Bernard Arnault, pour l'émission « Le doc Stupéfiant » (France 5). Le reportage introduit son sujet avec neutralité et distance toutes journalistiques : « iC'est l'une des plus belles expositions du moment, elle est visible à Paris, la collection Chtchoukine, c'est à la Fondation Louis Vuitton, chez le milliardaire Bernard Arnault, que ça se passe. Et du coup on pose cette question : quand l'État est à sec, est-ce que ce sont les milliardaires qui vont sauver le monde de l'art ? […] Une rencontre exclusive./i »/p pD'emblée, le biais idéologique est clair : les milliardaires, bons samaritains d'une époque marquée par le démantèlement de l'État (comme s'il n'y avait aucune corrélation entre les deux). Puis le reportage rappelle que Bernard Arnault a suscité la polémique quelques mois plus tôt, en demandant la nationalité belge pour des raisons fiscales. Sauf que « ile milliardaire a cette fois les honneurs de la République/i », nous rassure la voix off./p pLà encore, Léa Salamé semble bien orchestrer une séance de rattrapage afin de redorer le blason meurtri de la sainte bourgeoisie. D'ailleurs, dès l'entame de la discussion avec le discret milliardaire, Léa Salamé met les pieds dans le plat : « iVous en avez marre d'être critiqué ?/i », avant de laisser son interlocuteur déballer péniblement ses éléments de langage (en France on n'aime pas la réussite, igrosso modo/i) tout en opinant du chef. Quand le bienfaiteur de la création évoque « il'esprit socialo-marxiste qui prédomine en France/i », elle oppose un « ioulah/i » badin, avant de changer de sujet prestement, visiblement rassurée : « iQuand je dis socialo-marxiste, je ne parle pas de vous, Léa Salamé./i »/p pPour le reste, les vingt minutes hagiographiques du reportage retracent le parcours exemplaire du milliardaire et sa passion – lucrative – pour l'art (on les voit s'extasier devant un Basquiat « iqui vaut des millions/i » et lui appartient personnellement, acquis « idans des conditions intéressantes/i » à l'époque, c'est-à-dire entre 10 000 et 20 000 dollars), ponctuées par une conversation confondante de déférence, dans laquelle Léa Salamé, volontiers sémillante, interroge par exemple le nabab sur son goût – manifestement limité au marketing de sa fondation – pour le rap US, après une séance de piano supposément improvisée (l'homme a du génie décidément), ou sur sa manière de rester en contact avec la « idureté du monde/i » (il dîne de temps en temps avec des salariées). Avec un délicieux final à propos du mécène implicite de l'exposition en cours à la Fondation Louis Vuitton, le brave président russe, où affleure une pointe de jalousie : « iVous l'avez déjà rencontré, Vladimir Poutine ? Il est comment ?/i »/p pRebelote en janvier 2020 où elle décroche pour France Inter un entretien avec a href="https://www.acrimed.org/Affaire-Carlos-Ghosn-le-journalisme-se-fait-la"Carlos Ghosn/a au Liban, le patron déchu de Renault-Nissan, en cavale depuis une semaine après un mandat d'arrêt du Japon. Pour blanchir le grand patron, plutôt que de revenir sur la situation du groupe automobile ou les chefs d'accusation pesant sur l'homme d'affaire, Léa Salamé va concentrer l'entretien sur la planification et le déroulement de l'évasion, en lui donnant une consonance glamour : « iVotre évasion fascine le monde entier, pour beaucoup d'enfants vous êtes l'homme qui a voyagé dans la malle. Vous avez vraiment voyagé dans la malle ?/i » insiste-t-elle, sourire béant. « iLa malle, pas la malle, allez, un petit indice. Tout le monde rêve de savoir ça/i » relance-t-elle. « iEn tout cas vous ne dites pas que c'est faux, la malle/i » conclut-elle, pugnace./p pEnfin, comme avec Hélène Mercier-Arnault, vient le recours aux émotions individuelles pour susciter l'empathie et dissoudre le caractère politique de l'affaire : « iVous avez eu peur, lors de cette cavale ?/i » « iMais vous avez eu peur ou pas ? Peur de mourir ?/i »/p /br h3 class='article_intertitres'Grands patrons, grande parole/h3 p/brÀ écouter Léa Salamé, on voit se dessiner la figure du grand patron en une sorte d'oracle sécularisé dont les paroles occupent le sommet de la hiérarchie discursive. Ils incarnent le pouvoir, le vrai. Un pouvoir immuable et naturel. Quand elle officiait à France Inter, plusieurs pontes du CAC 40 ont ainsi défilé agréablement dans sa matinale, pour livrer parole d'évangile à la plèbe./p pRien que pour la grande distribution, Léa Salamé a ainsi pu y interroger Dominique Schelcher (Sytème U) le 12 septembre 2023, a href="https://www.acrimed.org/Thierry-Cotillard-nouveau-patron-prefere-des"Thierry Cotillard/a (Intermarché, Bricorama) le 27 février 2024, Alexandre Bompard (Carrefour) le 17 octobre 2024 et Michel-Édouard Leclerc (centres E. Leclerc) le 28 avril 2025. Non pas pour les confronter aux contradictions du capitalisme (comme la crise environnementale ou la hausse de la pauvreté), mais pour solliciter leurs avis bien avisés sur la conjoncture économique – et plus largement géopolitique : inflation, déficit budgétaire, droits de douane, pouvoir d'achat, crise agricole, Trump, etc./p pC'est le même Michel-Édouard Leclerc que l'on retrouvait invité dans la séquence entretien du 20h inaugural de Léa Salamé sur France 2, le 1er septembre 2025, pour deviser sur l'humeur des Français. Ou encore mardi 14 avril 2026, pour disserter sur l'inflation du prix des carburants. Juge et partie ? Non, baromètre implacable. Lors de sa dernière interview à la radio publique, Léa Salamé poussait même celui qu'elle présente comme l'un des grands patrons « les plus emblématiques » à franchir le Rubicon de la politique : « iNon mais Michel-Édouard Leclerc, vous dites que vous voulez être utile. On vous entend. Mais vous nous l'aviez dit à cette place-là il y a un an, au moment des européennes, "je n'exclue pas d'y aller", et finalement vous n'y allez pas, quoi./i »/p pUne obligeance qui contraste avec le ton employé pour interroger ceux dont la fonction est de défendre les salariés face au patronat. Comme ce jour où, en pleine mobilisation sociale contre la réforme des retraites, le leader de la CGT de l'époque, Philippe Martinez, a href="https://www.acrimed.org/Retraites-Nicolas-Demorand-et-Lea-Salame-chiens"se retrouve en garde à vue face à elle et Nicolas Demorand/a, qui lui enjoignent de participer à la table des négociations. Avec cette remarque élégante à l'adresse du syndicaliste en lutte : « iOn dirait un disque rayé./i »/p /br centerstrong***/strong/center p/brOn voit bien, derrière cette pratique journalistique, les biais idéologiques implicites : une vision a href="https://www.acrimed.org/Le-20h-de-France-2-en-passe-de-gagner-le-concours"réactionnaire/a de l'ordre social, avec les hiérarchies symboliques qu'il convient de maintenir, au sommet desquelles trônent les rois et reines du système économique. Dans le 20h de France 2, où officie Léa Salamé depuis la rentrée 2025, a href="https://www.acrimed.org/Le-20h-de-Salame-l-info-en-mode-zapping"la pauvreté est d'ordinaire naturalisée/a. Dans son traitement de l'actualité économique, l'influence politique du grand patronat n'est jamais mise en question. Que ce soit dans le cadrage, le choix des sujets, la hiérarchie des faits ou dans l'interaction elle-même, Léa Salamé prêterait presque la neutralité axiologique du journaliste au grand patronat. Avec lequel elle a donc pris l'habitude de construire des « moments » pour l'audiovisuel public./p p/brstrongClément Sénéchal/strong/p/div
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Pourquoi il nous faut davantage d'arrêts maladie

rezo.net - la sélection - mer, 2026-04-15 10:45
Le recul de l'âge de départ à la retraite est donc l'une des causes de l'augmentation des arrêts maladies, information que le gouvernement et les médias ne nous donnent jamais, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité du premier dans cette hausse qu'il dénonce. br /Comment expliquer le reste de la hausse ? D'abord, l'état général de santé de la population n'est pas bon. La hausse des cancers, notamment chez les moins de 40 ans, est forte partout dans le monde et en particulier en France. “Il faut se préparer à un tsunami”, déclarait le 22 janvier 2025 le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l'Institut Gustave-Roussy. Les cancers digestifs sont en forte hausse, et à mesure que les études se multiplient pour souligner l'exposition de la population au cadmium et à des cocktails de pesticides cancérigène présents dans l'air ou dans notre alimentation, une politique de santé publique préventive se pencherait sur ces causes et prépareraient notre protection sociale à des prises en charge nombreuses et donc coûteuses, y compris en termes d'arrêts de travail de longue durée, qui vont forcément augmenter si cette épidémie de cancer se confirme. Ce n'est pas la direction prise par le gouvernement, qui pense d'abord à culpabiliser et contrôler les malades. br /Le même déni existe en ce qui concerne le Covid long, qui touche 75 millions de personnes dans le monde depuis 2020, et dont l'OCDE pointe dans un récent rapport les coûts actuels et futurs, notamment pour la productivité du travail. Les évolutions contemporaines de la santé publique ne sont pas bonnes, notamment parce que les gouvernements pro-capitalistes refusent de s'en prendre aux secteurs qui causent ces dégâts sanitaires comme les industries polluantes et le secteur agroalimentaire. Le réchauffement climatique, et notamment les épisodes caniculaires de plus en plus longs et éprouvants, ont déjà des impacts avérés sur la santé des travailleurs, mais, là encore, c'est le déni qui règne. br /Mais rien n'est comparable au déni général de la dégradation de la santé au travail des salariés. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration/a/b/div

Pourquoi il nous faut davantage d'arrêts maladie

Rezo.net - mer, 2026-04-15 10:45
Le recul de l'âge de départ à la retraite est donc l'une des causes de l'augmentation des arrêts maladies, information que le gouvernement et les médias ne nous donnent jamais, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité du premier dans cette hausse qu'il dénonce. br /Comment expliquer le reste de la hausse ? D'abord, l'état général de santé de la population n'est pas bon. La hausse des cancers, notamment chez les moins de 40 ans, est forte partout dans le monde et en particulier en France. “Il faut se préparer à un tsunami”, déclarait le 22 janvier 2025 le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l'Institut Gustave-Roussy. Les cancers digestifs sont en forte hausse, et à mesure que les études se multiplient pour souligner l'exposition de la population au cadmium et à des cocktails de pesticides cancérigène présents dans l'air ou dans notre alimentation, une politique de santé publique préventive se pencherait sur ces causes et prépareraient notre protection sociale à des prises en charge nombreuses et donc coûteuses, y compris en termes d'arrêts de travail de longue durée, qui vont forcément augmenter si cette épidémie de cancer se confirme. Ce n'est pas la direction prise par le gouvernement, qui pense d'abord à culpabiliser et contrôler les malades. br /Le même déni existe en ce qui concerne le Covid long, qui touche 75 millions de personnes dans le monde depuis 2020, et dont l'OCDE pointe dans un récent rapport les coûts actuels et futurs, notamment pour la productivité du travail. Les évolutions contemporaines de la santé publique ne sont pas bonnes, notamment parce que les gouvernements pro-capitalistes refusent de s'en prendre aux secteurs qui causent ces dégâts sanitaires comme les industries polluantes et le secteur agroalimentaire. Le réchauffement climatique, et notamment les épisodes caniculaires de plus en plus longs et éprouvants, ont déjà des impacts avérés sur la santé des travailleurs, mais, là encore, c'est le déni qui règne. br /Mais rien n'est comparable au déni général de la dégradation de la santé au travail des salariés. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration/a/b/div

Peloton | Constantin Alexandrakis

Rezo.net - mer, 2026-04-15 07:28
À quoi diable servent les règles, les conventions, les doctrines, dans un combat à mort ? Préexistent-elles au combat, ou faut-il les inventer d'une façon ou d'une autre ? Faut-il les définir et les redéfinir à chaque fois, selon le contexte, dans un débat périlleux et incessant ? Ou au contraire, avoir des principes et s'y tenir ? div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

B comme Beauvoir | Christine Delphy

Rezo.net - mar, 2026-04-14 15:00
Le 14 avril 1986, Simone de Beauvoir décédait. Pour célébrer, 40 ans plus tard et de façon un peu décalée, cette immense écrivaine et philosophe féministe, nous republions la lettre B comme Beauvoir, qui figure dans l'Abécédaire de Christine Delphy. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div

Sortie du Médiacritiques n°58 : 30 ans de critique des médias

Acrimed : Action-Critique-Médias - mar, 2026-04-14 08:31
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L118xH150/une58-845ef.jpg?1776672967' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt="" / div class='rss_chapo'pLe iMédiacritiques/i n°58 sortira de l'imprimerie le 21 avril. À commander dès maintenant a href="https://www.acrimed.org/-Boutique-"sur notre site/a ou à retrouver en librairie. Et surtout, a href="https://www.acrimed.org/-Boutique-"abonnez-vous/a !/p/div div class='rss_texte'/br div class='spip_document_16499 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/une58.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH638/une58-b0a25-49791.jpg?1776672968' width='500' height='638' alt='' //a /figure /divdiv class='spip_document_16500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/sommaire58.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH638/sommaire58-99393-0a7cc.jpg?1776672968' width='500' height='638' alt='' //a /figure /div p/brCe numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans les librairies a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"listées ici/a, ainsi que sur a href="https://www.acrimed.org/-Boutique-"notre boutique en ligne/a./p pEt surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous a href="https://www.acrimed.org/-Boutique-"sur notre boutique en ligne/a. Vous pouvez également nous soutenir en a href="https://www.acrimed.org/-Boutique-"adhérant/a à l'association ou en a href="https://www.acrimed.org/-Don-"faisant un don/a./p pTous les anciens numéros sont (ou seront) a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-"en accès libre ici/a./p/div
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Rima Hassan et « la drogue » (2) : désinformation de Franc-Tireur et LCI

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-04-13 14:48
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/lci_drogue-4b859.png?1776672968' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" / div class='rss_chapo'pa href="https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique"Dans un précédent article/a, nous sommes revenus sur le fiasco médiatique généralisé autour de la prétendue découverte d'une « drogue de synthèse » dans le sac de Rima Hassan lors de sa garde à vue le 2 avril : un paroxysme de journalisme de préfecture. Alors que les rédactions observaient un silence gêné après avoir largement cotisé à cette séquence de désinformation massive, l'équipe de iFranc-Tireur/i dégaine à retardement et remet dix pièces dans la machine de dénigrement, 24 heures avant que l'on apprenne… le classement sans suite de cette (non-)affaire./p/div div class='rss_texte'pL'opération débute sur LCI, dans l'émission « 24h Pujadas » du 7 avril, où la chronique de Caroline Fourest permet de faire la promotion de l'hebdomadaire. En grande pompe :/p blockquote class="spip" pstrongDavid Pujadas :/strong Vous vous emparez de cette affaire de la drogue, qui peut apparaître de prime abord comme une affaire de vie privée, après tout, mais il y a une raison bien particulière à ce que vous révéliez, parce que ce sont des révélations, un aspect de cette affaire que l'on n'a pas vu./p /blockquote pCaroline Fourest ne boude pas son plaisir : ainsi annonce-t-elle que les « révélations » en question correspondent à « ides confidences et des messages/i » prêtés à Rima Hassan, datant d'« iune dizaine d'années, qui remontent à la sortie de ses études/i », et dont la cheffe de iFranc-Tireur/i indique qu'ils ont été recueillis par l'illustre Nora Bussignyspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir notamment les articles d'Élodie Safaris chez Arrêt sur images : « (…)" id="nh1"1/a]/span au cours de son enquête sur l'eurodéputée parue en septembre 2025. Toujours selon Caroline Fourest, Rima Hassan y « iraconte sa consommation de drogue dure et de drogue de synthèse/i ». Dans le numéro de iFranc-Tireur/i, Nora Bussigny ne dévoile pas les messages en question… mais assure qu'ils « isèment le doute/i », avant de faire le pont avec « l'affaire » en cours : « iLe test urinaire réalisé lors de [la] garde à vue [de Rima Hassan] n'en comporte aucune trace [de drogues dures]. Mais sa défense, elle, sent la poudre aux yeux./i » Traduisons : des messages (allégués) vieux de dix ans sont utilisés pour accréditer la fake news qui a été déversée dans les médias. Caroline Fourest n'en fait d'ailleurs aucun mystère :/p blockquote class="spip" pstrongCaroline Fourest :/strong Il n'y a peut-être rien de surprenant, j'allais dire de stupéfiant à retrouver de la drogue de synthèse dans les affaires de Rima Hassan, même en petite quantité, en l'occurrence là c'est du 3-MMC apparemment, au regard de ce que nous nous savions du parcours de Rima Hassan avant même qu'elle devienne parlementaire […]./p /blockquote pSauf que ce que nous savons, surtout, c'est que tout était faux : de drogue, il n'y avait point… et la procédure a été classée sans suite. Mais le procédé est éculé, en particulier s'agissant de Rima Hassan et de la question palestinienne en général : entretenir la suspicion et semer le doute./p pDans son édito de iFranc-Tireur/i, Caroline Fourest pousse même un cran au-dessus en faisant comme si « iune dizaine d'années/i » (selon ses propres dires) ne s'étaient pas passées entre les messages (allégués) et l'affaire en cours :/p blockquote class="spip" pstrongCaroline Fourest :/strong D'autres politiques, pris dans ces affres, admettent généralement un problème d'addiction, promettent de se soigner. Rima Hassan a choisi le déni et l'attaque. La procédure judiciaire en cours est publique et sa mauvaise foi, très politique. Voilà pourquoi nous décidons d'alerter. Pour que le citoyen ne soit pas dupé./p /blockquote pSans apporter de preuve tangible à même d'étayer un « iproblème d'addiction/i » chez Rima Hassan – ni hier, et encore moins aujourd'hui –, Caroline Fourest se contente de laisser courir le bruit en rejoignant de surcroît les deux « affaires ». Deux procédés manipulatoires supplémentaires. Mais a href="https://lmsi.net/-Soeur-Caroline-Fourest-et-ses-ami-" class="spip_out" rel="external"la journaliste n'en est sans doute plus à ça près/a... Car son but est ailleurs./p pDans sa chronique de LCI – comme dans son édito de iFranc-Tireur/i où elle dénonce « ile numéro de claquettes victimaire auquel se sont livrés Rima Hassan et son avocat/i » –, Caroline Fourest reconnaît en effet à plusieurs reprises sa volonté de peser dans l'enquête et le débat public en cours… dans une tirade ayant (déjà) très mal vieilli :/p blockquote class="spip" pstrongCaroline Fourest :/strong À l'époque, […] nous l'avions gardé pour nous ; nous décidons aujourd'hui de le publier parce qu'il y a une procédure en cours et parce qu'il y a eu un flagrant délit de possession de drogue de synthèse. Et surtout je vais vous dire plus encore, c'est une décision que nous avons prise suite à la défense […] qu'a choisie Rima Hassan, qui a été le déni, de crier au mensonge […], son avocat en a fait des tonnes là-dessus ! Les autres représentants de La France insoumise sont allés très très loin dans les accusations contre la presse, contre la police, contre la justice./p /blockquote pAussi la « journaliste » fait-elle valoir « iun but légitime d'informer/i » – défense de rire –, avant d'y insister plus tard : « iLà réellement, le but légitime d'informer, moi, me paraît réuni pour dire : "Attention, ne soyez pas dupes de cette défense"./i »/p /br h3 class='article_intertitres'« iLa France insoumise a usé et abusé de la post-vérité trumpiste/i »/h3 p/brLà est donc l'essentiel : discréditer point par point la défense de Rima Hassanspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Dans sa chronique de LCI, le contradictoire a d'ailleurs dû, là encore, se (…)" id="nh2"2/a]/span. Au moment même où s'accumulent des éléments qui devraient conduire les journalistes à faire profil bas, c'est au contraire la tête haute que Caroline Fourest désinforme. Ainsi répète-t-elle à plusieurs reprises et sans conditionnel qu'« ion avait retrouvé de la drogue, pas simplement du CBD mais aussi de la drogue de synthèse dans la valise lors de cette garde à vue de Rima Hassan/i ». C'était faux. Ainsi soutient-elle, par cinq fois, que « ile parquet confirme/i ». Ce qui est (encore) faux, le parquet ayant communiqué – au moyen d'une formule certes ambiguëspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="À propos de la communication du parquet, voir l'article de Mediapart, « Rima (…)" id="nh3"3/a]/span, mais qui aurait justement dû inciter les journalistes à la prudence – sur la présence de substances « is'apparentant à/i »./p pRima Hassan dénonce-t-elle des « iaccusations […] totalement fausses/i » en évoquant simplement du CBD ? « iC'est un mensonge/i, tonne Caroline Fourest. iDepuis on le sait, puisque le parquet a confirmé./i » La France insoumise monte-t-elle au créneau et l'avocat Vincent Brengarth dénonce-t-il des accusations au service d'un « irécit politique visant encore une fois à atteindre la réputation de Rima Hassan/i » ? Caroline Fourest parle d'une « ipetite musique qui est celle du complot politique/i », celle « ique font tous les populistes et les démagogues quand ils sont pris […] la main dans le sac/i ». Et de condamner : « idésinformation/i » et « imanipulation de l'opinion/i » ! Orwell. Mais personne ne l'arrête :/p blockquote class="spip" pstrongCaroline Fourest :/strong C'est scandaleux de monter sur les grands chevaux […] en traitant les journalistes qui avaient donné cette information de menteurs, parce que ça, ils [Les Insoumis] ont été pris encore une fois là en flagrant délit d'avoir essayé de manipuler l'opinion./p /blockquote pNaturellement, la défense de la corporation est totale : « iLes journalistes ont été traités de menteurs !/i », s'indigne-t-elle. Et plus tard : « iCe n'était pas un mensonge de la presse et pourtant, des politiques ont osé le dire !/i » Comme chacun a href="https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique"pourra le constater/a. Mathilde Panot (LFI) dénonce-t-elle la précipitation et le fiasco médiatique sur Franceinfo (7/04) ? Caroline Fourest désespère :/p blockquote class="spip" pstrongCaroline Fourest :/strong Le fait d'informer est considéré en soi comme un mensonge. Ça, c'est vraiment le signe d'un parti qui est en pleine dérive populiste, de manipulation de l'opinion, et pour le coup, oui, il est légitime d'essayer d'informer le public sur au moins le fait de la vraisemblance de ce qu'un parquet de la République a confirmé./p /blockquote pIl en va là, tout bonnement, d'un nouveau naufrage en règle pour Caroline Fourest. Un naufrage dont témoigne également l'éditorial qu'elle signe dans le numéro de iFranc-Tireur/i – « Stupéfiante Hassan » (8/04) – et sur lequel s'appuyait sa chronique de LCI. L'éditocrate n'y allait pas de main morte : « iLe fiel factieux est un poison que fabriquent les abeilles de la ruche populiste LFI/i », débute-t-elle, avant de s'acharner d'emblée contre « ila piquante Rima Hassan/i ». Et d'entretenir la fake news de la « idrogue de synthèse/i » en calomniant, sans trêve ni repos :/p blockquote class="spip" pstrongCaroline Fourest :/strong Dans cette affaire, La France insoumise a usé et abusé de la post-vérité trumpiste, jusqu'à répandre de fausses informations pour contrer le travail de la presse, jusqu'à nier les déclarations du parquet, jusqu'à clamer qu'il n'y avait pas de drogue dans ce sac, que c'était un « imensonge des médias/i » […]. Et bien sûr, la horde d'excités croit déjà à un complot du Mossad, puisque Rima Hassan elle-même l'habitue à le voir partout, même dans l'affaire Epstein. Qu'il s'agisse des Juifs ou des immigrés, la technique ancestrale du bouc émissaire permet toujours d'exacerber les fantasmes pour masquer ses démons, de gagner un public et du temps. L'autre option ? Mentir./p /blockquote pAccablant. Mais à l'heure où nous écrivons ces lignes, le pamphlet de Caroline Fourest ne comporte pas le moindre ierratum/i, contrairement à celui de Nora Bussigny, qui fut agrémenté d'une « imise à jour/i » en dépit du fait que, a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/100426/rima-hassan-la-drogue-et-les-medias-autopsie-d-un-fiasco" class="spip_out" rel="external"d'après Mediapart/a, cette dernière « ine renie rien/i »./p pAjoutons que le tout fut accompagné d'une titraille tapageuse et, sur les réseaux sociaux, d'un montage iconographique (réalisé par l'IA) qui subliment la débâcle…/p /br div class='spip_document_16495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH354/ft_drogue-8770c.png?1776672968' width='500' height='354' alt='' / /figure /div p/brEt ce n'est pas fini : deux jours plus tard (9/04), Christophe Barbier, membre (lui aussi) de iFranc-Tireur/i, disposant (lui aussi) de son rond de serviette sur LCI, se fend d'un éditorial (lui aussi) accusateur en relayant la fake news. Ainsi déplore-t-il qu'« ion ne parle plus ni de l'apologie du terrorisme, ni de l'affaire de la drogue qui a été trouvée dans les affaires de Rima Hassan/i » :/p blockquote class="spip" pstrongChristophe Barbier :/strong Et ici la défense de Rima Hassan est fragilisée ! Parce qu'au début, elle a commencé par nier les faits par la voix de son avocat Vincent Brengarth. i[Diffusion d'un extrait où ce dernier dit notamment : « Il n'y a strictement aucune drogue consommée par Rima Hassan. »]/i Ah, aucune drogue ? Et pourtant, c'est confirmé ! Le CBD, c'est légal certes, mais la drogue chimique, il faudra bien donner des explications ! La défense change de pied, ben… strongcontre l'évidence/strong. Évidence confortée par les révélations d'une journaliste, Nora Bussigny, dans iFranc-Tireur/i, le journal de Caroline Fourest auquel j'ai l'honneur de participer. […] Ah mais quand la vérité dérange, eh bien, faut organiser la diversion !/p /blockquote/br div class='spip_document_16498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/capture_d_ecran_2026-04-11_092932.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/capture_d_ecran_2026-04-11_092932-15323.png?1776672968' width='500' height='279' alt='' //a /figure /div p/brBref, comme l'a souligné Daniel Schneidermann (a href="https://x.com/d_schneidermann/status/2042214914651983964" class="spip_out" rel="external"X, 9/04/a), « ià quatre heures près, Barbier s'évitait une honte supplémentaire !/i » Et convenons-en, dans ce domaine, a href="https://www.acrimed.org/+-Christophe-Barbier-+"la liste est plutôt longue/a... Des excuses seront-elles présentées à l'antenne de LCI ? Pas dans la matinale du lendemain en tout cas : lorsque la présentatrice introduit les deux éditos de Christophe Barbier le 10 avril – successivement à 6h16 et à 7h18 –, personne ne revient sur les erreurs diffuséesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Non plus dans les journaux de 6h et 7h, alors que dans les deux cas, une (…)" id="nh4"4/a]/span. L'occasion de rappeler le dicton forgé par l'éditocrate lorsqu'en 2019, il refusait de s'excuser pour a href="https://www.acrimed.org/Affaire-Delevoye-les-plantages-en-serie-de"ses plantages en série dans l'affaire Delevoye/a : « iLa vérité de 6h50 n'est pas celle de midi./i »/p pDans la même veine, le tweet infamant d'une autre éditocrate est par exemple toujours en ligne./p /br div class='spip_document_16494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L437xH566/sophiaaram_drogue-2c9a9.png?1776672968' width='437' height='566' alt='' / /figure /div/br centerstrong***/strong/center p/brDe Caroline Fourest à Christophe Barbier en passant par Nora Bussigny, l'équipe de iFranc-Tireur/i choisit de booster une fake news au moment même où s'accumulent les éléments devant inciter les journalistes à la prudence… et seulement quelques heures avant que l'ensemble du récit médiatique tombe à l'eau. Cette « affaire » avait beau être frappée dès ses débuts d'invraisemblance, les francs-tireurs y ont vu, au contraire, une « iévidence/i » (Christophe Barbier). Une « évidence » confortée par l'opinion qu'ils (se) font de Rima Hassan… et par la campagne de dénigrement et de délégitimation ayant cours à son encontre, a href="https://www.acrimed.org/Acharnement-mediatique-contre-Rima-Hassan-video"depuis maintenant deux ans/a, dans la quasi-totalité des médias dominants. Dans le fiasco journalistique d'ensemble, cet épisode est un cas chimiquement pur de désinformation. En dépit de lourds bagages en la matière, les grands médias continuaient jusqu'à présent à dérouler le tapis rouge à Caroline Fourest et consorts. Combien de temps encore ?/p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p p/brstrongMise à jour, 15 avril 2026/strong/p pLe 14 avril, sur LCI, Caroline Fourest revient 4 minutes durant sur « l'affaire Rima Hassan ». Un semi imea culpa/i, au cours duquel elle rejette opportunément la faute sur l'AFP et déclare : « iIl nous tenait à cœur de rectifier parce que […] on est là toujours pour informer et quand on a été induit en erreur, il faut savoir le dire, même si tous nos confrères ont fait la même erreur./i » Ce qui inspire cette réflexion à David Pujadas : « iPeut-être qu'on a été vite en besogne, comme une partie de la presse aussi, donc c'est bien de faire ce rectificatif./i »/p pLe lendemain, dans iFranc-Tireur/i (15/04), Caroline Fourest met encore moins les formes : « iLa presse n'a pas à présenter ses excuses puisqu'elle a été induite en erreur par des sources fiables. En revanche, elle se doit de rectifier./i »/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanVoir notamment les articles d'Élodie Safaris chez Arrêt sur images : a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/calmos/pourquoi-la-journaliste-infiltree-chez-les-woke-est-devenue-un-meme" class="spip_out" rel="external"« Pourquoi la journaliste "infiltrée chez les woke" est devenue un même »/a (2/10/2023) et sa contre-enquête concernant le livre de Nora Bussigny, iLes nouveaux antisémites/i, en trois parties : a href="https://www.arretsurimages.net/articles/les-nouveaux-antisemites-un-livre-aux-conclusions-jamais-demontrees-1-3" class="spip_out" rel="external"volet 1/a, a href="https://www.arretsurimages.net/articles/les-nouveaux-antisemites-des-recits-contestes-par-les-protagonistes-2-3" class="spip_out" rel="external"volet 2/a et a href="https://www.arretsurimages.net/articles/les-nouveaux-antisemites-lobsession-rima-hassan-3-3" class="spip_out" rel="external"volet 3/a./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanDans sa chronique de LCI, le contradictoire a d'ailleurs dû, là encore, se contenter de la portion congrue : seulement deux extraits de la conférence de presse du 3 avril sont retransmis pour une durée cumulée… de 47 secondes (sur 9 minutes et 30 secondes consacrées à cette affaire par Caroline Fourest) !/p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanÀ propos de la communication du parquet, voir l'article de Mediapart, a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/100426/rima-hassan-la-drogue-et-les-medias-autopsie-d-un-fiasco" class="spip_out" rel="external"« Rima Hassan, la drogue et les médias : autopsie d'un fiasco »/a (10/04)./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanNon plus dans les journaux de 6h et 7h, alors que dans les deux cas, une brève fait état du classement sans suite./p /div/div
Catégories: Médias

Crise du pétrole : les banlieues américaines contre le reste du monde

rezo.net - la sélection - lun, 2026-04-13 10:24
Les tensions actuelles autour du pétrole du Moyen-Orient ne sont pas seulement géopolitiques. En menaçant de s'emparer des réserves pétrolières de l'Iran, quelques semaines après avoir fomenté un « coup d'Etat fossile » au Venezuela et menacé de saisir le Groenland et son riche sous-sol, le président des Etats-Unis dévoile la violence sur laquelle repose ce qu'Ulrich Brand et Markus Wissen qualifient de « mode de vie impérial » de l'Occident, et plus particulièrement des Etats-Unis. Rappelons qu'avec 17 tonnes équivalent CO₂ par habitant en 2024 (contre 7 pour l'Union européenne), les Etats-Unis figurent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde. br /Les transports sont leur premier poste d'émissions directes. Parmi ces derniers, les SUV, camions et voitures particulières en totalisent 80 %. Derrière ces chiffres se cache une organisation spatiale spécifique autour d'un des piliers majeurs de l'ordre social américain : les banlieues tentaculaires des grandes métropoles. Or le métabolisme suburbain sur lequel repose l'American way of life, avec son triptyque maison individuelle, centre commercial et voiture obligatoire, dépend d'une source absolument vitale : une énergie abondante et bon marché. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/nouvel-obs"L'Obs/a/b/div

Crise du pétrole : les banlieues américaines contre le reste du monde

Rezo.net - lun, 2026-04-13 10:24
Les tensions actuelles autour du pétrole du Moyen-Orient ne sont pas seulement géopolitiques. En menaçant de s'emparer des réserves pétrolières de l'Iran, quelques semaines après avoir fomenté un « coup d'Etat fossile » au Venezuela et menacé de saisir le Groenland et son riche sous-sol, le président des Etats-Unis dévoile la violence sur laquelle repose ce qu'Ulrich Brand et Markus Wissen qualifient de « mode de vie impérial » de l'Occident, et plus particulièrement des Etats-Unis. Rappelons qu'avec 17 tonnes équivalent CO₂ par habitant en 2024 (contre 7 pour l'Union européenne), les Etats-Unis figurent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde. br /Les transports sont leur premier poste d'émissions directes. Parmi ces derniers, les SUV, camions et voitures particulières en totalisent 80 %. Derrière ces chiffres se cache une organisation spatiale spécifique autour d'un des piliers majeurs de l'ordre social américain : les banlieues tentaculaires des grandes métropoles. Or le métabolisme suburbain sur lequel repose l'American way of life, avec son triptyque maison individuelle, centre commercial et voiture obligatoire, dépend d'une source absolument vitale : une énergie abondante et bon marché. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/nouvel-obs"L'Obs/a/b/div

Quand l'extrême droite devient végane | Élise Desaulniers

Rezo.net - dim, 2026-04-12 09:21
Réflexion sur les dérives identitaires du mouvement animaliste et les pâtes qui ramolliraient les peuples. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

Encéphalomyélite myalgique : une lutte à bout de force | Baptiste Mollard

Rezo.net - dim, 2026-04-12 09:15
L'encéphalomyélite myalgique touche au moins 450 000 personnes en France qui subissent directement le déni des autorités sanitaires, le sexisme du corps médical et le délaissement de l'État par l'absence de recherche de traitement et de protection sociale. La maladie est pourtant très répandue. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/ce-qu-il-faut-detruire"CQFD/a/b/div

Rima Hassan et « la drogue » : fiasco médiatique, apothéose du journalisme policier

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-04-09 16:50
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/drogue-a39b0.jpg?1776672968' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pJeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l'une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n'ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police./p/div div class='rss_texte'pLe 2 avril, Rima Hassan est une nouvelle fois entendue dans le cadre d'une procédure pour « apologie du terrorisme » à la suite de plaintes et/ou de signalements déposés par un député d'extrême droite, des associations pro-israéliennes et le ministre de l'Intérieur. Auditionnée librement lors des convocations précédentes – treize procédures ont toutes abouti à un classement sans suitespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Dans une communication à la presse du 2 avril, le parquet de Paris indique (…)" id="nh1"1/a]/span –, la députée européenne est cette fois-ci placée en garde à vue pour un tweet effacé. L'affaire est instantanément (et massivement) médiatisée./p pDonne-t-elle lieu à une présentation des faits équitable et pluraliste ? À des interrogations quant au recul des libertés publiques et au caractère coercitif de cette garde à vue ? À un débat sur la judiciarisation à géométrie variable des expressions publiques relatives à la question « Israël-Palestine » ? À des mises en perspective sur la criminalisation de la solidarité avec la Palestine en général, et, en particulier, des activités politiques de la juriste franco-palestinienne ? La plupart du temps, non : le journalisme dominant ne se pose pas ces questions – ou alors dans ses margesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Une fois n'est pas coutume, signalons que le billet de Thomas Legrand dans (…)" id="nh2"2/a]/span. a href="https://www.acrimed.org/Convocations-policieres-pour-apologie-du"Comme au printemps 2024/a, les grands médias légitiment au contraire la (ré)pression et, dans la droite ligne du a href="https://www.acrimed.org/Acharnement-mediatique-contre-Rima-Hassan-video"traitement stigmatisant qu'ils réservent à Rima Hassan/a, participent pleinement à la co-construction d'une séquence à charge. Et tous les coups sont (de nouveau) permis./p /br h3 class='article_intertitres'De France Culture à CNews : l'emballement médiatique sur « la drogue »/h3 p/brTrès tôt, les moindres détails de la garde à vue de Rima Hassan fuitent dans la presse. Et ce qui devait arriver arriva : c'est en relayant sans distance un bruit de commissariat que les grands médias vont céder aux sirènes du sensationnalisme. « iIl y a une affaire dans l'affaire/i, s'emballe le journal de RTL à 18h, ipuisque les policiers ont trouvé dans son sac quelques grammes de drogue de synthèse/i ». L'« information » circulait en boucle sur BFM-TV dès 16h30 : la cheffe adjointe du service « police-justice », Alexandra Gonzalez, relayait alors « iune source proche de l'enquête confirmant une information de nos confrères du/i Parisien », tout en concédant ne pas savoir grand-chose, encore moins « ice que l'eurodéputée dit de strongces faits/strong i[nous soulignons]/i pour l'instant/i ». Et pour cause : cette dernière ne sortira de garde à vue que… sept heures plus tard./p pPeu importe : des 20h aux journaux radio, en passant par les chaînes d'information en continu, la presse audiovisuelle choisit de s'affranchir du contradictoire et de s'engager tête baissée dans le « scoop ». Florilège non exhaustif :/p /br centeriframe title="Rima Hassan et la drogue : journalisme de préfecture et fiasco médiatique" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/teu1Ss7zbMk3RTyHTSbX9W" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/bra href="https://x.com/v_brengarth/status/2041839765478072553" class="spip_out" rel="external"Comme nous l'apprendra six jours plus tard l'avocat de Rima Hassan/a, Vincent Brengarth, « ila procédure concernant la prétendue découverte d'un produit stupéfiant dans les affaires de madame Rima Hassan lors de sa garde à vue a fait l'objet d'un classement sans suite par le parquet du tribunal judiciaire de Paris. […] Le scellé ayant fait l'objet de la fuite abusivement présenté comme contenant de la "3-MMC" ne contient en réalité aucun produit stupéfiant/i »./p pUn fiasco médiatique dans les règles de l'art, donc, dont la palme revient comme souvent à CNews… et à l'émission de a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/cher-gauthier-le-bret-boxing-day-75-3yVRB3BpQZaxKUeXObx32g" class="spip_out" rel="external"Gauthier Le Bret/a en particulier. « iParti de drogués/i », « ivéritable séisme au sein de La France insoumise/i », « inouvel épisode de la triste série narco-LFI/i », « isentiment d'impunité absolument total/i », « icomportement de délinquant/i », « iproblème d'immigration/i » : le plateau du 2 avril s'est surpassé dans tous les domaines. Extraits montés :/p /br centeriframe title="CNews, 2 avril 2026" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/pbTVYads3mNnFobXfixcsQ" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brSi le vaisseau amiral du groupe Bolloré agite à l'extrême le cocktail racisme/misogynie, la quasi-totalité des médias audiovisuels sont impliqués dans l'emballement. BFM-TV, notamment, aura nourri la séquence avec roulements de tambourspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Le 7 avril, Manuel Bompard et Paul Vannier rendent public un courrier dans (…)" id="nh3"3/a]/span. Les présentateurs de toutes les émissions diffusées entre 16h30 et 21h ont en effet soigné leur mise en scène : « iQuand elle arrive en garde à vue, elle a ses petites affaires personnelles, et là… drogue dans le sac !/i », déclare Alain Marschall. Lorsque Marc Fauvelle prend l'antenne à 18h48, le journaliste en fait sa Une : « iBonsoir à tous, ravis de vous retrouver. Une garde à vue pour apologie du terrorisme et de la drogue retrouvée sur elle. Rima Hassan, l'étoile des Insoumis au cœur de la tempête ce soir./i » Idem lorsqu'à 20h18, la journaliste Julie Hammett abrège temporairement son édition spéciale sur l'Iran et s'amuse avant la page de pub : « iOn reviendra sur Rima Hassan qui a été placée en garde à vue pour apologie du terrorisme à Paris et qui avait pris dans son sac pour sa convocation quelques drogues de… quelques drogues de synthèse. Voilà ! "C'est ballot", dit Didier François ! On marque une courte pause, à tout de suite./i »/p pDans ce grand tohu-bohu, il ne se trouve presque aucun invité pour marquer ses distances à l'égard de ce qui est reçu et commenté comme une information certifiée : dans la roue du service « police-justice », c'est bien toute la chaîne rédactionnelle qui est impliquée. Ainsi, lorsqu'un présentateur soutient que « ic'est la deuxième fois qu'un député LFI se retrouve impliqué dans une affaire de drogue/i » (Olivier Truchot), l'éditorialiste politique rebondit sans le moindre doute : « iAbsolument !/i » (Guillaume Daret). Posté devant le commissariat du 10e arrondissement de Paris, le « reporter » y va lui aussi franco : « iOn sait que c'est une drogue de synthèse qui est plus communément appelée de la 3-MMC, qui fait les effets d'une drogue de synthèse qui peut s'apparenter entre la cocaïne, la MDMA, c'est une drogue de synthèse qui était dans son sac à main/i » (Maxime Brandstaetter). Et lorsqu'Alain Marschall demande à l'un de ses invités – en l'occurrence le maire de Béziers et pilier de comptoir sur BFM-TV – son sentiment sur le fait que Rima Hassan « iavait [dans son sac] des substances diverses et variées, bref, de la drogue/i », la saillie de Robert Ménard donne à la chaîne un titre de bandeau instantané : « Hassan/Ménard : "Ça fait beaucoup de drogués à LFI" »./p /br div class='spip_document_16490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/bfm_drogue.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH420/bfm_drogue-69ab1-5bd8d.jpg?1776672968' width='500' height='420' alt='' //a /figure /div/br h3 class='article_intertitres'Itinéraire d'une fake news, cas d'école de journalisme de préfecture/h3 p/brSi l'audiovisuel agit telle une caisse de résonance assourdissante, la fake news a surgi de la presse écrite, en l'occurrence d'un quotidien très en pointe dans le journalisme de préfecturespan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir, pour rappel, le fiasco du quotidien autour de l'affaire Dupont de (…)" id="nh4"4/a]/span. Dès 12h30 le 2 avril, iLe Parisien/i revendiquait en effet son exclusivité avec un gros titre tapageur : « Info Le Parisien. De la drogue de synthèse retrouvée dans le sac de Rima Hassan lors de sa garde à vue ». À l'origine de l'article, deux journalistes du service « police-justice », Denis Courtine et Jean-Michel Décugis. Se prévalant de « isources concordantes/i » n'incluant pas le parquet de Paris – dont les deux journalistes soulignent l'absence de réaction –, ces derniers sont formels et ne s'embarrassent d'aucun conditionnel :/p blockquote class="spip" p[Rima Hassan] était d'abord en garde à vue pour apologie du terrorisme. Elle l'est maintenant également pour usage, transport et détention de drogue. La députée européenne Rima Hassan est dans de sales draps. Quelques grammes de drogue de synthèse ont été découverts ce jeudi matin dans le sac qu'elle avait apporté pour sa convocation [...]. Une convocation pour apologie du terrorisme qui avait aussitôt débouché, sans surprise, sur un placement en garde à vue. Ce qui était, en revanche, beaucoup plus inattendu c'était donc la présence d'un produit stupéfiant dans le baise-en-ville de la femme politique. On ignore, pour l'heure, de quelle drogue de synthèse précise il s'agit et quelle est la quantité exacte./p /blockquote pLes « informations » avancées sont plus que parcellaires, mais les deux fins limiers ne se démontent pas. Au cours de la journée, le quotidien éditera cet article à plusieurs reprises en aggravant son cas. Les modifications, que nous avons réussi à identifier au fil de (trois) versions successives, sont en partie les suivantes :/p /br div class='spip_document_16487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/parisien_drogue.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH337/parisien_drogue-1f1ca.jpg?1776672969' width='500' height='337' alt='' //a /figure /div p/brBref, iLe Parisien/i ne sait rien avec certitude, mais n'hésite pas à gloser sur le chemsex avec un « expert » anonyme à l'appui : non seulement le journalisme est passé par-dessus bord, mais la pratique vise ici, très clairement, à nuire doublement à la réputation de Rima Hassan. Même pratique du côté de BFM-TV. Dans un article présenté comme factuelspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="« "Apologie du terrorisme", drogue de synthèse, immunité parlementaire : ce (…)" id="nh5"5/a]/span, auquel contribuent pas moins de quatre journalistes « police-justice » de la chaîne et sa cheffe adjointe, BFM-TV affabule au point d'inclure, l'air de rien, un ancien podcast sur les « ipratiques dangereuses/i » du chemsex dans le corps de l'article consacré à la garde à vue de l'eurodéputée :/p /br div class='spip_document_16493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bfm_drogue2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH234/bfm_drogue2-ae0ca.png?1776672969' width='500' height='234' alt='' //a /figure /div p/brIdem jusque dans iL'Indépendant/i, où un journaliste entretient la circulation circulaire de la fake news tout en écrivant ne rien savoir de la « inature de la drogue dont les traces ont été trouvées dans les urines de l'eurodéputée/i » – nous y reviendrons… –, mais en consacrant un paragraphe entier aux effets de la 3-MMC, avec les mots-clés tapageurs attendus :/p /br div class='spip_document_16489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/indep_drogue.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH312/indep_drogue-d0e1d.png?1776672969' width='500' height='312' alt='' //a /figure /div p/brLa faillite journalistique est totale./p pDans la foulée du iParisien/i, d'autres journalistes vont activer leurs réseaux policiers pour entretenir le « feuilleton » de la drogue. Et c'est une prime à celui ou celle qui dispose de la meilleure vue sur l'intérieur du commissariat ! À 13h57 le 2 avril, l'AFP « iconfirme les infos du Parisien/i » au présent de l'indicatif : « i"Quelques grammes de drogue" de synthèse ont été trouvés dans le sac de l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, lors de sa garde à vue à Paris pour "apologie du terrorisme", a-t-on appris de source proche du dossier./i » Notons ici l'emploi du mot « source » au singulier. La dépêche est reprise massivement et la « drogue de synthèse » figure dans tous les titres : iLibération/i, iLe Figaro/i, le HuffPost, France 24, Europe 1, 20 Minutes, iValeurs Actuelles/i, iOuest-France/i, iMidi Libre/i, iL'Indépendant/i, etc.span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Mise à jour, 10/04 : le 2 avril, Le Nouvel Obs reprend aussi la dépêche AFP (…)" id="nh6"6/a]/span/p pPuis, à partir de 15h43, c'est le journaliste « police-justice » du groupe TF1-LCI, Raphaël Maillochon, qui se transforme publiquement en courroie de transmission police-média. Sans aucun filtre : « iEn faisant la liste des biens personnels de la députée européenne lors de sa fouille, les [policiers] ont mis la main sur... des stupéfiants = GAV supplétive/i », écrit-il avec assurance sur X. L'inspecteur Maillochon ajoute : « iLa députée européenne avait donc en sa possession 1g de 3-MMC (drogue de synthèse) et du cannabis (test en cours pour savoir s'il s'agit de CBD)./i » Puis, il s'autocite quelques heures plus tard de manière à parfaire le voyeurisme, piétiner plus encore le contradictoire et ajouter à son tableau de chasse une autre « exclusivité » made in TF1 : « iLe test urinaire de [Rima Hassan] fait apparaître un résultat positif à une drogue./i » Résumons : la garde à vue est toujours en cours, mais des journalistes ont accès à des éléments particulièrement précis ne pouvant provenir que de l'intérieur du commissariat et décident de transgresser allégrement, au compte-gouttes et en direct sur les réseaux sociaux, le secret de l'instruction : présence de « stupéfiant », grammage et nature de la drogue, jusqu'au résultat du test urinaire !/p /br div class='spip_document_16488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/maillochon.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH284/maillochon-a99b7.png?1776672969' width='500' height='284' alt='' //a /figure /div p/brLes tweets de Maillochon connaissent un franc succès : sa consœur Ruth Elkrief le cite par exemple dans sa chronique du soir même sur LCI (« 24h Pujadas ») et juge ses déclarations assez solides pour se passer du conditionnel : « iIl y a une petite quantité de drogue de synthèse qui a été retrouvée dans le sac de Rima Hassan, des cristaux d'un dérivé de la 3-MMC./i » Dans la journée, le parquet de Paris communique lui-aussi : « iLa fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC./i » La plupart des journalistes ne s'attardent pas sur la curieuse expression : « s'apparentant à »span class="spip_note_ref" [a href="#nb7" class="spip_note" rel="appendix" title="Raphaël Maillochon tweete d'ailleurs le 3 avril en coupant la citation du (…)" id="nh7"7/a]/span. Ils se sentent, au contraire, confortés dans leurs « révélations » : si les informations se révèlent erronées, au moins n'auront-ils fait que relayer la parole officielle… Dans le sujet qu'il consacre à Rima Hassan le 3 avril dans l'émission « C à vous » (France 5), c'est d'ailleurs ce que sous-entend le courageux Paul Larrouturou, intervieweur du matin sur Franceinfo, en retraçant le déroulé des événements et ses prémices : « iUne affaire éclate dans l'affaire. Effectivement, le parquet annonce que du cannabis aurait été trouvé dans les affaires de l'eurodéputée./i » À quel communiqué se réfère ici le journaliste ? On ne saura pas… mais Paul Larrouturou croit en tout cas pouvoir exempter la presse de sa responsabilité : las, la fausse information sur la « drogue de synthèse » fut d'abord et avant tout divulguée par iLe Parisien/i (sans confirmation alléguée du parquet), avant d'avoir été répercutée dans la quasi-totalité des grands médias./p pDisons-le tout net : nous sommes ici devant un cas d'école de journalisme de préfecture. Et même devant un paroxysme du genre. Dépendance aux sources policières, croyance aveugle dans leurs « révélations », course à l'audience et au scoop, sensationnalisme, recoupement des sources inexistant, traitement dénigrant, instrumentalisations politiques : tous les ingrédients du fiasco sont réunis. Et celui-ci est de taille, car les éléments distillés par des « insiders » du commissariat vont bel et bien se révéler frelatés. Pour une bonne raison : des bruits de commissariat ou de « isource proche du dossier/i » – a href="https://www.acrimed.org/Les-sources-proches-de-l-enquete-un-paravent"selon la formule tristement consacrée/a –, ne constituent pas une « information ». En théorie, pour que ces bruits deviennent une « information », il faut les soumettre à des recroisements, puis à ce que le journalisme appelle « le contradictoire ». Ce qui, en l'occurrence, ne pouvait être fait puisqu'au moment où les journaux et les plateaux divaguaient sur la « idrogue de synthèse retrouvée dans le sac de Rima Hassan/i », celle-ci était encore au commissariat, d'où elle ne sortira qu'aux alentours de 23h./p /br h3 class='article_intertitres'Un rétropédalage à bas bruit/h3 p/brLe contradictoire arrive donc enfin le lendemain, 3 avril, lors d'une conférence de presse tenue en fin d'après-midi par Rima Hassan, son avocat Vincent Brengarth et le député LFI Paul Vannier. Dans celle-ci, au moins deux précisions d'importance sont apportées après 24h de matraquage médiatique à sens unique. D'une part, l'avocat déclare que les deux contenants saisis « icorrespondent à du CBD/i », que la députée européenne a indiqué s'être procuré de manière légale dans une boutique de Bruxelles, dont elle a en outre indiqué l'adresse à la police ; le « itest urinaire positif/i » – « scoop » rapporté par Maillochon et brandi par une partie de la presse comme preuve ultime du fait que la députée était « iune droguée/i » –, n'a fait que « i[confirmer]/i, rapporte son avocat, iqu'il n'y a pas de consommation de drogue ou de stupéfiant/i », celui-ci ne détectant chez Rima Hassan que de faibles traces de THC, correspondantes à une consommation… de CBD./p pEn bref : sept heures d'attente auraient suffi à ce que la presse ne s'engage pas dans un gigantesque emballement, avec, à la clé, un gloubi-boulga de raccourcis, fausses informations, mensonges par omission et élucubrations diverses et variées. Une séquence qui, toute bien pesée, aurait dû être un « non-événement » médiatique, mais qui s'est au contraire transformée en un violent déferlement de sensationnalisme, de fake news policières, de mise à l'index, de stigmatisation, de racisme et de misogynie. En peu de mots : une désinformation de masse./p pÀ la mi-journée le lendemain, sur BFM-TV (3/04), le présentateur Christophe Delay commence à douter en questionnant la formulation du parquet de Paris : « i"S'apparentant à une drogue de synthèse", c'est ce que disait hier le parquet./i » « iJe pense que c'est une question de vocable/i », rebondit la cheffe du service « police-Justice », Pauline Revenaz. « iFranchement, "s'apparentant", c'est pas très sérieux/i, s'agace le présentateur qui se sent sans doute dupé. iSoit c'est, soit c'est pas !/i » Pauline Revenaz en convient : « iC'est très bizarre de la part du parquet qui est très prudent en général… Gardons la prudence nous aussi de notre côté./i » Une consigne (et une exigence journalistique de base) bien trop tardives : comme à chaque fois dans pareils cas, le mal est déjà fait./p pEt ce d'autant que la chaîne ne va pas (du tout) dépenser autant d'énergie à médiatiser les démentis qu'elle n'en avait déployé la veille pour matraquer les informations erronées : alors que Christophe Delay avait par exemple annoncé que les téléspectateurs de BFM-TV pourraient « iévidemment/i » suivre la conférence de presse à partir de 17h, l'heure venue, la chaîne fait l'impasse et ne la diffuse que sur sa chaîne numériquespan class="spip_note_ref" [a href="#nb8" class="spip_note" rel="appendix" title="C'est-à-dire accessible sur internet et via les box des fournisseurs d'accès (…)" id="nh8"8/a]/span, BFM2 ! Si Franceinfo la donne à voir, LCI et CNews n'en retransmettront en revanche pas un mot en direct. Cette disproportion volontaire entre la médiatisation massive de la fake news et la mise en sourdine de son correctif s'illustre aussi dans la pratique du 20h de France 2. Le 3 avril, la rédaction se contente en effet d'un tweet de « imise à jour/i » posté sous le sujet qui, la veille, affirmait que « iles policiers font état d'une petite quantité de drogue retrouvée dans son sac/i ». Selon les chiffres de Médiamétrie, le 20h a été regardé par 3,43 millions de téléspectateurs ; à l'heure où nous écrivons ces lignes, le tweet de « mise à jour » apportant une partie du contradictoire cumule 3 913 vuesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb9" class="spip_note" rel="appendix" title="Contre plus de 130 000 vues pour le tweet ayant relayé le sujet du 20h." id="nh9"9/a]/span, dont rien ne garantit, en outre, qu'elles correspondent ne serait-ce qu'à une partie des téléspectateurs du 20h…/p piLe Monde/i, qui avait repris le 2 avril à 17h55 la dépêche de l'AFP rapportant les pseudo-« iconfirmations/i » du parquet de Paris sur la détention de « drogue », s'est vu lui aussi contraint de se doter d'une mise à jour mentionnant le contradictoire, le 3 avril, à 12h36. D'autres médias n'ont même pas eu cette élégance minimale : au lendemain de la conférence de presse, samedi 4 avril, iLe Parisien/i, BFM-TV et iL'Indépendant/i n'avaient par exemple toujours pas jugé bon de modifier les trois articles (en ligne) dont nous parlions plus haut, n'y d'y adjoindre le moindre ierratum/i… et encore moins d'excuse./p pPire : alors que les rédactions observent un silence gêné après avoir saturé leurs médias de fausses informations, la fine équipe de iFranc-Tireur/i revient à la charge… cinq jours plus tard. « Exclusif. Rima Hassan et la drogue. Révélations », annonce en manchette la Une de l'hebdomadaire (8/04), dont Caroline Fourest fait le service avant-vente sur LCI, à l'occasion de sa chronique attitrée dans l'émission « 24h Pujadas » (7/04). Si nous aurons probablement l'occasion de revenir sur cet épisode, contentons-nous de souligner, pour l'heure, qu'il s'agit de jeter la suspicion et de discréditer la défense de Rima Hassan… en (re)boostant la fake news. Au moment même où s'accumulent des éléments qui devraient inciter les journalistes à faire profil bas, c'est au contraire la tête haute que Caroline Fourest remet dix pièces dans la machine. En répétant par exemple dans sa chronique, à plusieurs reprises et sans conditionnel, qu'« ion avait retrouvé de la drogue, pas simplement du CBD mais aussi de la drogue de synthèse dans la valise lors de cette garde à vue de Rima Hassan/i ». Et tout en soutenant par cinq fois que « ile parquet confirme/i », ce qui est faux, comme le rapportera explicitement une dépêche AFP le 8 avril : « iCette information n'a pas été corroborée par le parquet à l'issue de la garde à vue, affirmant qu'il fallait attendre les résultats "d'analyses complémentaires" du produit pour se prononcer./i » Le 2 avril peu après 23h, la communication du parquet en question, répondant aux journalistes sollicités, était la suivante : « iLa fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières strongs'apparentant/strong d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC, sur lesquelles elle a été interrogée. Ces éléments sont disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte./i » Et nous avons aujourd'hui le fin mot de l'histoire : le sac de Rima Hassan ne contenait aucune drogue./p /br centerstrong***/strong/center p/brDans a href="https://www.acrimed.org/Les-medias-contre-la-gauche-6909"iLes médias contre la gauche/i/a, nous résumions en quelques mots le processus qui caractérise régulièrement les épisodes de journalisme de préfecture : « iPhase 1 : désinformation massive. Phase 2 : rétropédalage et demi mea culpa. Phase 3 : maintien des informations bidonnées./i » Dans le cas d'espèce, la deuxième phase fut généralement passée par pertes et profits. Intoxiqués aux sources policières, aveuglés par leur traitement ordinaire à charge contre Rima Hassan, incapables de tirer les leçons de leurs errements passés, les médias dominants ont sauté à pieds joints dans une nouvelle cabale. Le rythme instantané du traitement de l'« information » accélère le phénomène de circulation circulaire… et aggrave le pouvoir de nuisance : en seulement quelques heures, les mots-épouvantails ont fusé sans le moindre recul d'une chaîne à l'autre, d'une radio à une autre, d'une colonne à une autre. Restent les faits : la procédure pour prétendue « détention de drogue » contre Rima Hassan est classée sans suite ; le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé avoir saisi l'inspection générale de la justice a href="https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/53588-un-probleme-de-fuites-de-la-pj-jusqu-a-la-chancellerie" class="spip_out" rel="external"après un article du iCanard enchaîné/i (7/04)/a et une enquête est ouverte par la procureure de la République sur la « violation du secret de l'instruction »… que les médias ont massivement confondus avec le « journalisme »./p p/brstrongPauline Perrenot/strong et strongJérémie Younes/strong, avec strongFlorent Michaux/strong pour le premier montage vidéo./p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanDans une communication à la presse du 2 avril, le parquet de Paris indique que Rima Hassan est mise en cause dans « i6 autres procédures toujours en cours, soit au parquet, soit confiées à la BRDP [...]. Il n'y a pas de communication sur ces procédures toujours en cours/i »./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanUne fois n'est pas coutume, signalons que a href="https://www.liberation.fr/politique/garde-a-vue-de-rima-hassan-un-abus-de-droit-la-marque-dune-pente-autoritaire-et-une-immense-betise-politique-20260404_4ZQG72HS6JCNZG4UMUALG5CDXM/" class="spip_out" rel="external"le billet de Thomas Legrand dans iLibération/i (4/04)/a constitue une goutte de pluralisme au sein des grands médias./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanLe 7 avril, Manuel Bompard et Paul Vannier rendent public un courrier dans lequel ils annoncent qu'ils ont a href="https://x.com/PaulVannierFI/status/2041584381395947869" class="spip_out" rel="external"saisi l'Arcom/a. Le lendemain, les deux députés LFI adressent un courrier public à la direction de BFM-TV « ipour exiger un rectificatif clair au sujet des fausses informations diffusées en boucle le 2 avril/i » (a href="https://x.com/PaulVannierFI/status/2041902227502084389" class="spip_out" rel="external"X, 8/04/a)./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanVoir, pour rappel, le fiasco du quotidien autour de l'affaire Dupont de Ligonnès (a href="https://www.acrimed.org/Dupont-de-Ligonnes-Jour-1-le-naufrage-mediatique"jour 1/a et a href="https://www.acrimed.org/Dupont-de-Ligonnes-Jour-2-l-autocritique"jour 2/a), et bien d'autres cas de a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Parisien-+"journalisme de préfecture/a./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /span« "Apologie du terrorisme", drogue de synthèse, immunité parlementaire : ce que l'on sait de la garde à vue de Rima Hassan », BFM-TV, 2/04./p /divdiv id="nb6" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanMise à jour, 10/04 : a href="https://www.nouvelobs.com/justice/20260402.OBS113832/rima-hassan-en-garde-a-vue-pour-apologie-du-terrorisme.html" class="spip_out" rel="external"le 2 avril, iLe Nouvel Obs/i/a reprend aussi la dépêche AFP (et relaie l'article du iParisien/i), mais ne mentionne pas la « drogue de synthèse », contrairement à ce que nous écrivions./p /divdiv id="nb7" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh7" class="spip_note" title="Notes 7" rev="appendix"7/a] /spanRaphaël Maillochon tweete d'ailleurs le 3 avril en coupant la citation du parquet à l'endroit précis de cette formule… tout en postant une capture d'écran de la communication en question !/p /divdiv id="nb8" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh8" class="spip_note" title="Notes 8" rev="appendix"8/a] /spanC'est-à-dire accessible sur internet et via les box des fournisseurs d'accès et les télévisions connectées./p /divdiv id="nb9" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh9" class="spip_note" title="Notes 9" rev="appendix"9/a] /spanContre plus de 130 000 vues pour le tweet ayant relayé le sujet du 20h./p /div/div
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En Allemagne : le militarisme avance à marche forcée

Rezo.net - jeu, 2026-04-09 07:52
Un article de la loi sur le service militaire est encore plus inquiétant que la mesure elle-même. L'article 3 doblige tous les hommes de 17 à 45 ans à déclarer à l'armée tout séjour à l'étranger de plus de trois mois. Concrètement, cela veut dire que tous les hommes en âge de combattre subissent une séquestration implicite. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contre Attaque/a/b/div

Locuteurs et locutrices de langues minorées : ne donnez pas vos voix !

rezo.net - la sélection - mar, 2026-04-07 23:54
Nous soutenons au contraire que pour agir en faveur d'une langue, il faut qu'elle soit enseignée, pratiquée, utilisée pour la création littéraire ou artistique. Or, l'enfermer dans des logiciels d'intelligence artificielle c'est la condamner à n'avoir plus besoin de vecteurs humains pour la faire vivre. À intégrer des fragments de langues dans des machines, on risque surtout d'en faire des langues mortes dont on pourra restituer des ersatz qui n'ont plus rien à voir avec l'usage en cours ou l'usage qui a eu lieu à un moment. C'est le latin de la messe. Automatiser une langue, c'est déposséder à la longue ses locuteur·ices de leur pratique, de leur savoir. Ça revient à dire, pour parler breton je n'ai qu'à cliquer : à quoi bon l'apprendre ? Et c'est d'autant plus cynique que c'est aux locuteur·ices actuel·les que l'on demande de l'aide pour aller saboter leur propre langue ! Tout comme beaucoup de travailleur·euses dans de nombreux domaines se voient incité·es ou contraint·es d'introduire l'IA dans leurs pratiques professionnelles, assurant ainsi la dégradation de leurs conditions de travail et la perte de leurs savoir-faire. Tout ça contre la promesse d'avoir aujourd'hui un GPS en corse ou en alsacien, quand on condamne en même temps ces langues à disparaître. À la logique court-termiste qui propose comme autant de gadgets des « outils » pour tout résoudre tout de suite, nous opposons une pensée globale des langues et des cultures, qui sont des objets à la fois plus précieux et plus complexes que de simples données. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net" En chair et en os/a/b/div

Locuteurs et locutrices de langues minorées : ne donnez pas vos voix !

Rezo.net - mar, 2026-04-07 23:54
Nous soutenons au contraire que pour agir en faveur d'une langue, il faut qu'elle soit enseignée, pratiquée, utilisée pour la création littéraire ou artistique. Or, l'enfermer dans des logiciels d'intelligence artificielle c'est la condamner à n'avoir plus besoin de vecteurs humains pour la faire vivre. À intégrer des fragments de langues dans des machines, on risque surtout d'en faire des langues mortes dont on pourra restituer des ersatz qui n'ont plus rien à voir avec l'usage en cours ou l'usage qui a eu lieu à un moment. C'est le latin de la messe. Automatiser une langue, c'est déposséder à la longue ses locuteur·ices de leur pratique, de leur savoir. Ça revient à dire, pour parler breton je n'ai qu'à cliquer : à quoi bon l'apprendre ? Et c'est d'autant plus cynique que c'est aux locuteur·ices actuel·les que l'on demande de l'aide pour aller saboter leur propre langue ! Tout comme beaucoup de travailleur·euses dans de nombreux domaines se voient incité·es ou contraint·es d'introduire l'IA dans leurs pratiques professionnelles, assurant ainsi la dégradation de leurs conditions de travail et la perte de leurs savoir-faire. Tout ça contre la promesse d'avoir aujourd'hui un GPS en corse ou en alsacien, quand on condamne en même temps ces langues à disparaître. À la logique court-termiste qui propose comme autant de gadgets des « outils » pour tout résoudre tout de suite, nous opposons une pensée globale des langues et des cultures, qui sont des objets à la fois plus précieux et plus complexes que de simples données. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net" En chair et en os/a/b/div

Cadmium : les errements du Point

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-04-06 09:37
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/cadmium-3be0d.png?1776672969' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pLa contamination de notre alimentation par un métal lourd cancérogène, le cadmium, revient dans l'actualité périodiquement, présentée comme une « bombe sanitaire ». Retour critique sur le travail du magazine iLe Point/i, qui a pendant des mois traité cette information comme une « ifausse alerte/i »./p/div div class='rss_texte'pMercredi 25 mars, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu public a href="https://www.anses.fr/system/files/ERCA-2023-AUTO-0150-RA.pdf" class="spip_out" rel="external"un rapport/a « ialarmant/i », indiquant qu'une part significative de la population française était « iimprégnée/i » à des niveaux « ipréoccupants/i » par un métal cancérogène que l'on trouve dans les engrais phosphatés (et donc dans notre alimentation), le cadmium. L'information est largement relayée par la presse, quelle que soit la ligne éditoriale. La pollution de l'alimentation par le cadmium est « ipréoccupante/i » dans iLe Figaro/i comme dans iLibération/i, qui lui consacre sa Une (26/03). iLa Croix/i se demande « icomment réduire notre exposition au cadmium/i » (26/03), et iLe Parisien/i dresse une liste des aliments les plus contaminés (26/03). iLe Nouvel Obs/i explore la question de savoir « D'où vient le cadmium dans nos assiettes ? » (26/03), quand iLes Échos/i se demandent si nous avons là « iune nouvelle bombe sanitaire/i »./p pC'est la troisième fois en moins d'un an que le nom de ce métal lourd surgit dans l'actualité. La première occurrence, en juin 2025, se situait dans la foulée d'une alerte lancée par des « imédecins libéraux/i », parlant eux aussi d'une « ibombe sanitaire/i ». L'article du iMonde/i (5/06/25) était sans équivoque : « iLes Français, en particulier les enfants, sont massivement contaminés par ce cancérogène présent dans les engrais phosphatés, à travers la consommation de céréales, de pain ou de pâtes./i » Et le journal d'ajouter : « iSanté publique France fait le lien avec l'explosion des cancers du pancréas./i » À l'époque, si iL'Express/i, iLe Figaro/i et bien d'autres journaux de droite reprennent l'alerte, il se trouve déjà des titres de la presse réactionnaire pour relativiser le danger. Une journaliste très en vue sur les questions agro-industrielles a particulièrement creusé ce sillon à propos du cadmium dans l'alimentation, le présentant comme un « ifaux scandale/i » voire comme un complot russe : l'inévitable rédactrice en chef au iPoint/i, Géraldine Woessner./p /br h3 class='article_intertitres' iLe Point/i et le cadmium/h3 p/brNous sommes en octobre 2024. iLe Point/i produit une « ienquête du dimanche/i » (sic) sur la « géopolitique des engrais » (13/10/2024). Au détour d'un paragraphe, Erwan Seznec parle de « ila grande intox du cadmium/i » (c'est l'intertitre). Pour lui, c'est clair : « iEn Europe au moins, la situation est très rassurante/i », les émissions de cadmium dans l'atmosphère ayant chuté « ide 81%/i ». « iOn trouve aussi du cadmium dans les engrais phosphatés/i », ajoute-t-il aussitôt, avant d'avancer que les niveaux de cadmium présents dans les engrais marocains, que l'Europe consomme massivement, sont 3 à 5 fois supérieurs aux recommandations de la Commission européenne. Mais le journaliste n'insiste pas sur ce point et en vient à sa conclusion : « iLes phosphates russes, en revanche, sont naturellement pauvres en cadmium... À Moscou, on a senti l'aubaine !/i » C'est ici que Seznec nous expose sa thèse centrale : si les ONG et les médias s'intéressent au cadmium, c'est parce qu'ils ont « imarché/i » dans la campagne d'un lobby auquel participe un géant russe de l'agro-industrie. Indulgent, Seznec concède : « iLes activistes de l'écologie, bien entendu, n'entendaient pas faire le jeu des Russes./i » Mais avec ce principe de précaution élargi, ils ont tout de même tiré « iune balle dans le pied/i » de la France : « iNous sommes exemplaires, mais est-ce vraiment utile ?/i », s'interroge le journaliste./p pCe n'était pourtant pas la première fois que iLe Point/i parlait de cadmium. Et jusqu'alors, l'hebdomadaire ne se risquait pas à relativiser ses dangers. En 1999 déjà, le magazine titrait : « Marseille : alerte au cadmium ». Sous la plume du journaliste Thierry Noir, nous apprenions que, à la suite de rejets en cadmium d'une usine, les riverains marseillais étaient invités par les autorités sanitaires locales à « ine plus consommer les légumes de leurs jardins/i », car « iil est plus grave d'ingérer [du cadmium] que d'en respirer/i » (24/09/1999). En 2010 ensuite, dans une brève, le magazine nous apprend la disparition d'une espèce de plante, à cause de la contamination au cadmium (8/04/2010) : « iLa plante carnivore Sarracenia leucophylla aurait de bonnes raisons de porter plainte contre les insectes pour empoisonnement. En effet, Iain Green (université de Bournemouth) explique sa disparition par une contamination au cadmium. Celui-ci proviendrait des larves de mouche dont elle se nourrit, elles-mêmes contaminées par les engrais./i » En 2011, iLe Point/i publie une « ienquête exclusive/i », « Ces poisons qui polluent nos assiettes », basée (déjà) sur une alerte de l'Anses pointant 445 substances toxiques, dont le cadmium (30/06/2011) : « i15 % des enfants courent un risque de surexposition au cadmium, susceptible d'entraîner fragilité osseuse et lésions rénales en raison de leur forte consommation de pain et de pommes de terre/i ». En 2013 enfin, c'est un reportage en Chine que l'on pouvait lire dans les pages du magazine : « Le riz au cadmium sème la panique en Chine » (29/06/2013)./p /br h3 class='article_intertitres'Géraldine Woessner, le cadmium et les « ifausses informations/i »/h3 p/brMais Géraldine Woessner ne va pas s'inscrire dans cet héritage… et va préférer tirer le fil de son collègue Erwan Seznec. La rédactrice en chef s'y met dès février 2025 : « Cancer : alerte au "tsunami" de fausses informations » (12/02/2025). Elle écrit : « iCes dernières semaines, une avalanche d'alertes médiatiques sur les risques de cancer ont alimenté l'inquiétude : cadmium, PFAS , pesticides, aspartame, traces de mercure dans le thon , eau tritiée.../i » Si le cadmium figure bien dans son énumération de « ifausses informations/i », ce sera sa seule mention de tout l'article : Woessner ne pose aucune question à propos du cadmium au cancérologue qu'elle interroge, Jacques Robert, qui ne l'évoque pas lui-même./p pDeuxième occurrence en juin 2025. Comme ses confrères et consœurs préposés aux rubriques scientifiques, Géraldine Woessner rapporte l'alerte lancée par les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) à propos du cadmium dans l'alimentation (8/06/25). Toute la presse a trouvé « ialarmant/i » ce courrier envoyé au Premier ministre et rendu public ; Woessner l'a elle trouvé « itrès alarmiste/i » : « iL'alerte lancée jeudi 5 juin […] avait tout pour soulever une formidable tempête médiatique/i », regrette-t-elle. « iL'information n'est pourtant pas nouvelle/i », « ile cadmium est un métal cancérogène prouvé/i » depuis le début des années 1990. Mais « ini les autorités sanitaires ni le gouvernement n'ont sonné le tocsin/i », relativise encore la journaliste. Alors, « ipourquoi maintenant ?/i », s'interroge l'oncologue Jérôme Barrière, à qui Woessner tend cette fois le micro. Toute cette agitation médiatique ne serait-elle pas la résultante d'un « iaffrontement entre science, peur... et géopolitique/i » ? Géraldine Woessner est sur la piste russe : elle l'a remarqué, la « icampagne/i » des lanceurs d'alerte « ipointe un seul responsable de la "contamination au cadmium" : les engrais/i », et ne porte « iqu'une seule exigence/i », « il'abaissement immédiat de la limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés à 20 mg/kg, sans attendre 2034/i ». Un abaissement que propose l'Anses depuis… 2011 (Anses, février 2026) : les autorités sanitaires avaient donc bel et bien « sonné le tocsin », contrairement à ce qu'écrivait Woesner trois lignes plus haut. Peu importe, cette revendication unique des médecins libéraux signe leurs intentions selon la journaliste : faire du lobbying pour les engrais russes, moins contaminés que les engrais marocains. « iLa Russie se frotte les mains/i », écrit Woesnner : « iSes engrais ont une teneur en cadmium remarquablement basse, inférieure à 5 mg/kg. Et elle met tout en œuvre pour le faire savoir…/i » La campagne contre la contamination au cadmium tombe « ià point nommé/i », pour la journaliste./p pWoessner creuse encore la thèse russe deux semaines plus tard : « Emballement médiatique, intérêts russes : les dessous consternants du dossier cadmium » (18/06/25). Elle écrit : « iDeux semaines après l'alerte des médecins libéraux sur les dangers du cadmium dans les engrais phosphatés, l'enquête révèle une campagne de désinformation aux motivations géopolitiques. […] le soufflé retombe. Et pas qu'un peu./i » Persuadée d'avoir mis le doigt sur « iun emballement médiatique orchestré sur fond de rivalités géopolitiques/i », Géraldine Woessner donne alors la parole à un « igéant marocain des engrais/i » : « iCette campagne est complètement folle/i », estime celui-ci, aidé dans sa démonstration par la journaliste qui assure que les engrais marocains « is'avère[nt] bien moins sale[s] qu'annoncé/i ». Dans la suite de son papier, Géraldine Woessner nous fournit d'autres « idonnées rassurantes/i », qui ne sont, au fond, pas inintéressantes (nous y reviendrons) : teneur naturelle en cadmium des sols français, autres sources de contaminations que les engrais, variétés de plantes dans lesquelles le cadmium s'accumule moins vite. Mais très vite, « il'ombre de Moscou/i » revient : « iUn acteur se frotte les mains : la Russie./i » Celle qui, quelques lignes plus haut, fustigeait les « iconclusions simplistes/i » des activistes écologistes, se contente d'une concordance de dates pour crier au complot : « iEntre 2021 et 2024, les importations d'engrais phosphatés russes vont quasiment doubler […]. Avant que le Parlement européen […] n'adopte le 25 mai 2025 une surtaxe de 6,5 % visant précisément les engrais phosphatés […]. La campagne contre le cadmium, en France, rebondit quelques jours plus tard./i » « iLe timing est parfait/i » commente anonymement un « ihaut fonctionnaire européen/i ». Et Woessner de conclure son raisonnement par une dernière saillie « rassuriste » : il ne faut pas « icéder, chaque semaine, à une nouvelle panique, qu'elle soit ou non orchestrée/i ». Circulez !/p pQuelques mois plus tard, en décembre 2025, sur X, Géraldine Woessner est toujours persuadée que la contamination de l'alimentation au cadmium, et son possible lien avec certains cancers, est un « ifaux scandale/i » (28/12/25). Le 4 janvier 2026, elle décrète 2025 « iannée de la désinformation scientifique/i ». La journaliste du iPoint/i interroge pour cela l'épidémiologiste Catherine Hill, et réitère le procédé qu'elle avait employé précédemment : le cadmium figure bien dans son énumération de « ifausses alertes/i », mais aucune réponse de l'interviewée ne porte ispécifiquement/i sur le cadmium./p pPuis, le 8 février, iLe Point/i publie une tribune, expliquant que « La politisation des cancers est insupportable et mine la démocratie », rien que ça. Elle est signée par de nombreux interlocuteurs de Géraldine Woessner, les médecins Jérôme Barrière et Jacques Robert (encore eux), le présentateur de M6 et a href="https://www.arretsurimages.net/articles/mac-lesggy-le-savant-flou" class="spip_out" rel="external"« ipseudo-rationaliste/i »/a Mac Lesggy, l'ancien ministre et a href="https://lesjours.fr/obsessions/les-lobbyistes/ep31-colloque-de-rugy/" class="spip_out" rel="external"conférencier occasionnel pour le lobby des semenciers/a François de Rugy, ou encore le moins connu Gil Rivière-Wekstein, fondateur du site Agriculture Environnement, un site identifié comme « idiffus[ant] des propos climato-sceptiques/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Le lobbying de Monsanto : une attaque contre notre planète et la (…)" id="nh1"1/a]/span./p pBref, on retrouve là en grande partie ce que le sociologue Sylvain Laurens et les journalistes au iMonde/i Stéphane Horel et Stéphane Foucart décrivent comme l'écosystème des « marchands de doute »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Gardiens de la raison, La Découverte, 2020." id="nh2"2/a]/span. Leurs procédés rhétoriques s'articulent toujours de la même façon : moquer les « imarchands de peur/i », comme le faisaient les industriels du tabac au XXe siècle ; opposer « ila rationalité virile de la science/i » à « ila déraison environnementaliste hystérique/i » ; présenter les velléités de régulation au nom du principe de précaution comme plus dangereuses pour la démocratie que le laisser-faire ; pourfendre, au fond, tout ce qui relève de « ila critique du capitalisme agricole/i »./p /br h3 class='article_intertitres'Le cadmium revient dans l'actualité/h3 p/brLe 25 mars 2026, patatras ! L'Anses publie son nouveau rapport, et il est assez clair : les craintes à propos du cadmium sont confirmées. Les voies de la contamination humaine ? « iCette expertise confirme que l'alimentation est la source majeure de l'imprégnation humaine./i » Les sources de la contamination de l'alimentation ? « iIl en ressort qu'il faut agir avant tout à la source de la contamination des aliments, liée en grande partie à la présence de cadmium dans les sols agricoles/i », synthétise l'agence sanitaire. Le lien avec certains cancers ? « iCompte tenu de niveaux d'imprégnation […], des effets sanitaires du cadmium sur la santé (cancérogénicité certaine ou suspectée pour l'Homme selon le type de cancer […]) et du caractère bioaccumulable dans l'organisme […], la nécessité de réduire les sources d'exposition, telle que déjà formulée (Anses 2011 ; 2019) est réaffirmée./i » Bref, le discours « rassuriste » est largement balayé./p pComme l'ensemble de la presse, et à contre-courant de ce qu'elle avait produit jusque-là sur le sujet, Géraldine Woessner titre sur les « irisques réels/i » de l'exposition au cadmium. Mais elle relativise aussitôt par un cadrage sur le « idébat brouillé/i » : « Exposition au cadmium : risque réel, débat brouillé » (25/03). Et l'on sent bien, dès l'introduction, que c'est de ça dont a vraiment envie de parler la journaliste : « iDepuis plusieurs mois, le cadmium s'est imposé dans le débat public sur un mode inhabituellement tendu. […] À l'arrivée, une série d'alertes et de prises de parole alarmistes qui ont installé un climat d'inquiétude […]./i » Pas dégonflée, la journaliste ne lâche pas sa ligne « rassuriste » : « iSi aucune alerte sanitaire immédiate n'est identifiée, l'agence pointe une accumulation progressive préoccupante./i » Un risque sanitaire est identifié, l'accumulation progressive est préoccupante, mais l'alerte n'est pas immédiate ! Où l'on retrouve la logique fondamentale des « marchands de doute »… et la constance de leurs pratiques : ne jamais faire amende honorable, même lorsque l'on a pendant des mois, au nom de « la science », vendu le doute sur un risque pourtant avéré./p /br centerstrong***/strong/center p/brDans leur ouvrage iLes Gardiens de la raison/i, Stéphane Foucart, Stéphane Horel et Sylvain Laurens décrivent en ces termes l'action médiatique des « marchands de doute » : « iDans un monde traversé par l'incertitude et les fake news, les professionnels de l'influence investissent désormais dans la médiation scientifique. La tactique leur permet de se tenir au plus près des lieux de décision politique et de s'y présenter comme faisant œuvre utile. Revêtant leurs panoplies de fact-checkers face aux "marchands de peur", ils peuvent alors jouer le rôle de promoteurs de la "Science" auprès du grand public./i » Ce retour critique sur la production éditoriale du iPoint/i à propos du cadmium permet de voir que, sur ce sujet a href="https://rogueesr.fr/le-point/" class="spip_out" rel="external"comme sur d'autres/a, l'hebdomadaire a joué à plein son rôle de « marchand de doute », en appliquant les mêmes stratégies éculées (multifactorialité, instrumentalisation de l'incertitude, relativisation du risque). Ce parti pris constant, relativiste, favorable à l'agro-industrie, ne semble pas avoir écorné la crédibilité journalistique de ce magazine ou de ses rédacteurs en chef, qui continuent de bénéficier de leurs ronds de serviette à la télé et à la radio, où ils peuvent au contraire poser en « gardiens autoproclamés de la science » contre les « ipaniques inventées/i » (par la gauche, précisent-ils parfois). La « Science » ne dit pas jusqu'à quand cette imposture tiendra./p p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« a href="https://corporateeurope.org/fr/food-and-agriculture/2016/11/le-lobbying-de-monsanto-une-attaque-contre-notre-plan-te-et-la-d" class="spip_out" rel="external"Le lobbying de Monsanto : une attaque contre notre planète et la démocratie/a », Corporate Europe Observatory, 2/11/2016./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spaniLes Gardiens de la raison/i, La Découverte, 2020./p /div/div
Catégories: Médias

Quand est-ce que j'utiliserai l'IA ?

Rezo.net - sam, 2026-04-04 15:10
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH120/arton249733-0cb0c.png?1775311893' width='120' height='120' / Chaque jour, nous subissons des injonctions toujours plus fortes pour utiliser l'IA générative dans nos métiers. Chaque jour, ceux et celles qui refusent s'entendent dire qu'elles ou ils n'ont pas essayé récemment, qu'elles ou ils vont rester en arrière, qu'elles ou ils ne comprennent rien, qu'elles ou ils sont des luddites.br class='autobr' / Alors voilà ma réponse à tout ça ; non je ne suis pas borné, et je suis tout à fait prêt à utiliser l'IAg. Une fois que ces quelques problèmes seront résolus. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Relevé sur le Net.../a/b/div

Racisme contre les nouveaux maires : Franceinfo change de sujet

Acrimed : Action-Critique-Médias - jeu, 2026-04-02 15:27
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH84/franceinfo310326-aabe1.png?1776672969' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt="" / div class='rss_chapo'pEffet de cadrage, pouvoir de nuisance./p/div div class='rss_texte'pQue peut-on attendre d'un plateau de Franceinfo réunissant les quatre journalistes Agathe Lambret, Renaud Dély, Alix Bouilhaguet et Étienne Girard ? Le 31 mars dans l'émission « Les informés du matin », le bandeau semblait à première vue très clair : « Le maire de Saint-Denis victime d'attaques racistes ». Un agenda salutaire compte tenu de a href="https://snjcgt.fr/2026/04/01/quand-cnews-emmene-la-meute/" class="spip_out" rel="external"la déferlante raciste/a qui, bien au-delà des médias Bolloré, s'abat contre plusieurs nouveaux maires de communes notamment franciliennes comme a href="https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/nouveaux-maires-de-banlieue-les-violences-imaginaires-des-teles-francaises" class="spip_out" rel="external"Bally Bagayoko (Saint-Denis), Aly Diouara (La Courneuve) ou Demba Traoré (Le Blanc-Mesnil)/a et, par extension, contre les habitants racisés des quartiers populaires. Sauf qu'on le comprend très vite, ce sujet n'est pas auto-suffisant, ni même ce dont semblent vouloir réellement parler les « informés ». La présentatrice Agathe Lambret synthétise le cadrage d'entrée de jeu :/p blockquote class="spip" pstrongAgathe Lambret :/strong Pourquoi le maire de Saint-Denis est-il la cible d'attaques racistes et pourquoi LFI investit le champ identitaire avec son concept de « nouvelle France » ?/p /blockquote pIci,« l'effet de cadrage » donne instantanément la mesure de son pouvoir de nuisance : la problématique est suffisamment mal posée pour que tout le plateau dérive et s'enlise, lentement mais sûrement. D'une part, en mettant strictement sur le même plan des attaques racistes et le concept de « nouvelle France » développé et promu par les responsables LFI. D'autre part, en réduisant ce concept à la célébration d'une « inouvelle France racisée/i » – ainsi que le soutiendront frauduleusement Agathe Lambret et Renaud Dély à plusieurs reprisesspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Si l'on trouve l'expression de « nouvelle France racisée » dans un tweet de (…)" id="nh1"1/a]/span – et en assimilant la volonté de faire des discriminations raciales un sujet politique de premier plan à un discours « iidentitaire/i », comparé de surcroît au corpus doctrinal des courants politiques réactionnaires et, singulièrement, de l'extrême droite./p pPour qui n'avait pas compris le projet de l'émission, Renaud Dély paraphrase sa consœur et monte d'un cran :/p blockquote class="spip" pstrongRenaud Dély :/strong Alors pourquoi [Bally Bagayoko] est-il d'abord la cible de ces attaques racistes ? Est-ce qu'il y a eu comme un déclic, une libération de la parole raciste avec son élection, est-ce qu'en ce sens il est d'ailleurs un symbole de ce climat ce nouveau maire de Saint-Denis ? Et d'autre part, pourquoi est-ce que la direction de La France insoumise et plus précisément Jean-Luc Mélenchon semble, lui, recourir aussi à un vocabulaire visant à racialiser le débat politique, au risque donc d'ailleurs de susciter aussi ces réactions racistes qu'on a […] entendues ces derniers jours en réaction ?/p /blockquote pDe là à rendre Jean-Luc Mélenchon responsable des propos racistes, il n'y a qu'un pas… que Renaud Dély franchit allègrement. « iJean-Luc Mélenchon, en investissant ce terrain [identitaire], joue avec le feu ou met de l'huile sur le feu/i », insiste plus tard l'éditocrate, avant d'en appeler doctement à « idistinguer le feu et l'huile/i », c'est-à-dire d'une part « ile feu raciste/i » et, d'autre part, « l'huile » supposément « iidentitaire/i » que LFI déverserait par bidons entiers sur la société et le débat public. Une précaution d'usage sur un plateau qui, de toute évidence, s'inquiète bien davantage de « l'huile » que du « feu ». La preuve ? Les toutologues ont consacré :/p p- environ 5 minutes à commenter – parfois de (très) loin – l'avalanche de racisme à l'encontre des nouveaux maires ;/p p- environ 8 minutes et 30 secondes à divaguer sur le concept (mal compris) de « nouvelle France », à étriller le projet politique (déformé) et les stratégies (fantasmées) de La France insoumise, sans oublier de cultiver un affrontement (factice) entre Jean-Luc Mélenchon et Bally Bagayoko./p pAinsi Renaud Dély insiste-t-il à plusieurs reprises sur le fait que Bally Bagayoko « irécuse ce terme de "racisé" qui est utilisé en particulier par Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il défend sa "nouvelle France", lui se dit plutôt un Français "héritier de l'immigration"/i », avant de reprocher à Jean-Luc Mélenchon d'« iinstrumentaliser y compris des élus insoumis qui eux récusent ces termes/i ». Sans doute le grand penseur croit-il ici tenir son « eurêka ! », sans avoir bien l'air de se rendre compte qu'au-delà de choix sémantiques différenciés, une ligne politique commune est défendue sur le fond./p /br h3 class='article_intertitres'« iLes Insoumis, ils ont flatté les discriminations et les relents identitaires/i »/h3 p/brAprès avoir donc soigneusement laissé de côté le sujet principal – le racisme en roue libre –, les commentateurs se raccrochent avec une spontanéité déconcertante au prêt-à-penser médiatique : c'est le temps des divagations autour du concept de « nouvelle France ». L'inénarrable Alix Bouilhaguet s'y colle la première. Et contre toute attente, ça commence plutôt « bien »… ou en tout cas moins mal qu'on l'attendait : cette dernière évoque en effet « iune France […] on peut dire plus jeune, plus populaire, plus urbaine, qui est issue de la diversité, qui est donc plus métissée/i », avant de souligner : « iÇa, c'est pour ceux qui portent ce combat et notamment La France insoumise./i » Las… Apparemment dotée d'une lucidité hors-norme lui permettant de lire dans les entrailles insoumises, la journaliste politique reprend immédiatement le dessus et prétend dévoiler la véritable signification de cette ligne politique :/p blockquote class="spip" pstrongAlix Bouilhaguet :/strong Après, on peut voir les choses d'une autre manière : on peut aussi se dire que ce sont deux France qui s'opposent. En clair, la France des blancs contre la France des diversités. Dire qu'il y a une « nouvelle France », c'est dire qu'il y a une « ancienne France » qui serait à mettre finalement à la poubelle et on est plus dans une lecture communautariste des choses. On n'est pas dans le vivre ensemble, on n'est plus dans le vivre ensemble, et finalement, la couleur de peau fracture l'unité nationale, et ça effectivement, ça pose un problème./p /blockquote pUne interprétation qui ne repose sur aucun élément concret mais à laquelle se rattache l'ensemble du plateau par la suite, comme en témoigne d'ailleurs la relance d'Agathe Lambret : « iEn tout cas, Jean-Luc Mélenchon a investi le champ identitaire qui était plutôt délaissé par la gauche et occupé surtout à droite et à l'extrême droite./i »/p pQuiconque a écouté ou lu ne serait-ce qu'un semblant des développements de responsables insoumis à propos de la « nouvelle France » sait que l'exégèse qu'en propose Franceinfo est faussée. Sans réclamer aux « informés » de longues lectures, une formation accélérée aurait pu consister à parcourir la note synthétique publiée la veille de l'émission sur le blog de Jean-Luc Mélenchon sous un titre apparemment encore trop abscons pour retenir leur attention : a href="https://melenchon.fr/2026/03/30/quest-ce-que-la-nouvelle-france/" class="spip_out" rel="external"« Qu'est-ce que la nouvelle France ? » (30/03)/a. Mais on le sait : les ifast-thinkers/i ont la science infuse. Cette note mentionne-t-elle « id'importantes mutations sociologiques, économiques et même anthropologiques/i » et esquisse-t-elle différents « igroupes sociaux émergents, en pleine dynamique et particulièrement visés par le système économique et politique/i » ? L'éditocratie n'en retient qu'un seul et accuse du même coup LFI d'« obsession identitaire ». Qui est obsédé ?/p pAuto-intoxiqué par son propre commentaire, ses raccourcis permanents et ses idées reçues – lesquelles sont assises sur le prêt-à-penser de a href="https://www.acrimed.org/La-quete-du-vote-musulman-anatomie-d-un-recit"« la quête des quartiers »/a durablement installé par a href="https://www.acrimed.org/Flatter-les-banlieues-musulmanes-dans-la-presse"des années de matraquage/a –, le plateau ne cesse ainsi de dériver :/p blockquote class="spip" pstrongAlix Bouilhaguet :/strong Il n'y a pas plus clivant que ce concept dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon parce qu'en fait, il faut le traduire quand même comme grosso modo une France racisée versus une France raciste. Enfin… je caricature un peu mais c'est les deux France qu'il veut quand même opposer. Alors naturellement, on peut dire que dans cette stratégie de La France insoumise, il y a une volonté de dénoncer un racisme décomplexé, il y a une volonté de politiser les discriminations pour finalement mettre le doigt dessus. Après, on peut aussi dire le contraire ! On peut aussi dire que ce grand remplacement, ça veut bien dire qu'il y a une forme de revanche à prendre, de revanche sur les gens qu'on doit remplacer et c'est pour ça que certains peuvent dire : bah voilà, ils ont fait preuve de clientélisme électoral, les Insoumis, ils ont flatté les discriminations et les relents identitaires pour pouvoir effectivement étendre leur mainmise./p /blockquote pL'incarnation du n'importe quoi tient lieu de « journalisme ». Le reste est en effet du même tonneau, témoignant des plus spectaculaires renversements dont est capable, 24h/24, le commentariat ordinaire. Florilège :/p /br centeriframe title="Franceinfo, 31 mars 2026" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/2jnmiC3Pq22sCxtDUCDuyX" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brRésumons :/p p- Quand un plateau de Franceinfo prétend rendre compte des attaques racistes subies par le maire de Saint-Denis, les journalistes évacuent le sujet au profit d'un autre – « iEst-ce qu'il est dangereux ce concept de "nouvelle France", […] a minima clivant ?/i » (Agathe Lambret) – et sur la base de cette inversion victime/coupable, en font le « problème » n°1./p p- Une fois installé, le commentaire sur le concept de « nouvelle France » peut être déformé (à l'unisson) par quatre journalistes « respectables », lesquels communient dans la désinformation et décrètent qu'il en va là d'une « istratégie identitaire/i ». Les questions de la représentativité ethno-sociale des élus et des discriminations raciales, notamment, sont passées par pertes et profits, interprétées comme autant d'éléments à charge contre LFI./p p- Sur la base de ces interprétations frauduleuses, les journalistes peuvent ressortir le prêt-à-penser des « extrêmes qui se valent », en réussissant le tour de force de dresser une équivalence entre la « nouvelle France » et le « grand remplacement »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Ils s'appuient pour ce faire sur l'un de leurs procédés favoris, éprouvé (…)" id="nh2"2/a]/span – un fantasme raciste et complotiste a href="https://www.acrimed.org/Zemmour-un-artefact-mediatique-a-la-Une"légitimé par les grands médias/a –, c'est-à-dire à banaliser l'extrême droite dans un sujet supposément consacré au racisme qu'elle déverse à torrent continu contre des élus noirs et arabes. Terminus de ce grand voyage accéléré au pays des éditocrates ? « iJean-Luc Mélenchon sert en fait l'extrême droite/i ». Dixit Renaud Dély./p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanSi l'on trouve l'expression de « inouvelle France racisée/i » dans un tweet de Jean-Luc Mélenchon (a href="https://x.com/JLMelenchon/status/1842269224288375142" class="spip_out" rel="external"X, 4/10/2024/a), c'est aux côtés d'autres versants que recouvre précisément le concept de « nouvelle France », au rang desquels par exemple « ila nouvelle France des femmes/i » ou encore « ila nouvelle France des villes/i »./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanIls s'appuient pour ce faire sur l'un de leurs procédés favoris, a href="https://www.nouvelobs.com/politique/20260129.OBS111942/melenchon-et-le-grand-remplacement-la-logique-de-la-fracturation.html" class="spip_out" rel="external"éprouvé très largement/a, à savoir sélectionner des bouts de déclarations de Jean-Luc Mélenchon pour soutenir qu'il fait lui-même ce rapprochement, alors que son propos, tenu lors d'un meeting à Toulouse le 22 janvier, visait précisément (et classiquement) à retourner le stigmate./p /div/div
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Recherche et responsabilité | Pınar Selek

Rezo.net - mar, 2026-03-31 14:15
Le 2 avril 2026 aura lieu une nouvelle audience, nouvelle étape de la vingt-huitième année de harcèlement judiciaire subie par la sociologue et militante Pinar Selek. Accusée de terrorisme après une explosion mortelle au marché aux épices d'Istanbul en 1998, acquittée à quatre reprises, elle est à nouveau renvoyée devant les juges, sans motivation, alors qu'une demande de mandat d'arrêt et d'extradition à son encontre est réitérée. L'origine de cette répression ? Une recherche sociologique. div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div

Dans l'audiovisuel, un tapis rouge pour l'ambassadeur d'Israël

Acrimed : Action-Critique-Médias - lun, 2026-03-30 17:10
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/ambassadeurtv-60553.png?1776672969' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" / div class='rss_chapo'pAu lendemain de a href="https://www.acrimed.org/Iran-l-editocratie-en-renfort-d-une-guerre-juste"l'agression israélo-américaine contre l'Iran/a, le 28 février 2026, l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka, débute une intense tournée médiatique. Propagande à foison, invisibilisation des victimes, contradiction atone : a href="https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-"on pensait avoir tout vu, tout entendu/a. C'était sans compter une séquence inédite, qui se répétera sur trois plateaux différents en dix jours…/p/div div class='rss_texte'pEntre le 1er et le 11 mars 2026, l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka, a cumulé 19 interviews dans l'audiovisuel. Alors qu'il est accusé de génocide devant la Cour internationale de justice et que son Premier ministre est sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, l'État d'Israël voit son ambassadeur défiler dans les médias français à une fréquence inégalée. Aucun de ses homologues ne bénéficie d'une telle caisse de résonance… ni d'une telle complicité médiatique. La complaisance des chefferies éditoriales, comme des journalistes les plus en vue, est vertigineuse./p /br h3 class='article_intertitres'Dix-neuf cocons de propagande/h3 p/brLe 1er mars, au lendemain de l'agression israélo-américaine contre l'Iran, le présentateur de Franceinfo, Renaud Blanc, revendique son « exclusivité » : « iC'est la première fois qu'un représentant d'Israël prend la parole à l'international/i », lance-t-il aux auditeurs, avant de remercier son invité « id'avoir choisi/i » la radio de service public. S'ensuivent quinze longues minutes de propagande, racontées dans le détail par a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/sur-le-gril/iran-propagande-israelienne-en-exclusivite-sur-franceinfo" class="spip_out" rel="external"Arrêt sur images (7/03)/a. « L'exclusivité » Franceinfo ne fut pas garantie très longtemps puisque l'ambassadeur a l'occasion de réitérer son laïus quelques heures plus tard sur BFM-TV, sans plus de contradiction. Joshua Zarka déplore-t-il lors de cette édition spéciale que le pouvoir iranien « i[fasse] en sorte d'essayer de toucher le plus possible des civils pour qu'il y ait un coût humain à cette guerre/i » ? La répartie de la présentatrice est impitoyable : « iVous voulez dire qu'il n'y a pas d'objectif militaire dans les frappes iraniennes ?/i »/p pLe lendemain, 2 mars, Joshua Zarka est l'invité de la matinale de TF1, dont il quitte les studios pour rejoindre ceux de RTL : deuxième matinale… et nouvelle promenade de santé, ponctuée d'une seule timide interruption (en dix minutes) de la journaliste Céline Landreau. Cette dernière ne manque pas d'évoquer les « ipremiers décès de soldats américains/i » ni d'interroger l'ambassadeur quant au « ibilan humain qui est déjà lourd/i », mais la journaliste fait ici référence aux dix victimes israéliennes : les centaines de civils iraniens et libanais tués, les écolières de Minab écrasées sous les bombes deux jours plus tôt n'auront pas droit à un seul mot. L'ambassadeur déclare-t-il à deux reprises que l'objectif d'Israël, « ic'est [de] vivre en paix dans notre petit coin du Moyen-Orient et qu'on nous laisse tranquilles/i » ? Cela ne suscite chez la journaliste aucune relance. La veille sur BFM-TV, Joshua Zarka avait du reste éprouvé mot pour mot cet élément de langagespan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Qu'il répétera à l'envi au cours des interviews suivantes." id="nh1"1/a]/span, enrichi d'un commentaire du même calibre – « iOn veut […] que nos voisins, proches et lointains, cessent d'essayer de nous exterminer/i » –, sans déclencher le moindre holà en plateau, où, comme ailleurs, le génocide des Palestiniens relève à l'évidence de l'histoire ancienne… quand il n'est pas purement et simplement nié./p pLe 3 mars, on retrouve Joshua Zarka sur CNews, où il s'était déjà rendu la veille, et (de nouveau) sur BFM-TV. Au cours de cette dernière interview de près de quinze minutes, Maxime Switek et Ulysse Gosset poseront 21 questions à l'ambassadeur d'Israël. Aucune ne mentionnera les victimes civiles des bombardements en Iran et au Libanspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Ulysse Gosset évoquera toutefois les réfugiés libanais." id="nh2"2/a]/span. En seulement deux jours, les 2 et 3 mars, on comptabilise déjà pas moins de sept apparitions sur six médias différents (TF1, RTL, CNews, LCI, BFM-TV, RMC). Ce n'était là qu'un début…/p pLe 4 mars, Joshua Zarka bénéficie d'un nouvel entretien sur Europe 1 ; le 5, dans la matinale de France 2 mais aussi sur Radio J et le 6, dans la matinale de Radio Classique, où le journaliste Marc Bourreau s'illustre lui aussi par son mordant – et sa défense à tout crin du droit international –, en particulier lorsque Joshua Zarka jure la main sur le cœur que le but d'Israël « in'est pas d'envahir des pays voisins […], malgré toutes les rumeurs que certains antisémites, qu'ils soient en France ou autres, aiment publier ; notre but n'est pas de prendre des territoires, d'agrandir notre territoire/i ». Alors qu'Israël envahit alors le Liban et accélère le processus d'annexion de la Palestine, tant à Gaza qu'en Cisjordanie occupéespan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Lire le dernier reportage de Jean Stern, « Palestine. À Naplouse, "pour (…)" id="nh3"3/a]/span, la réaction du journaliste est là encore à couper le souffle : ce sera un silence radio… agrémenté d'un hochement de tête./p pLe 7 mars, l'ambassadeur d'Israël poursuit sa tournée médiatique sur Franceinfo puis, pour la troisième fois en une semaine, sur CNews. Le 9, il est invité sur le plateau de France 24, mais aussi dans l'émission spéciale de France 2, « L'événement », présentée par Caroline Roux. Puis, quand il ne félicite pas les experts tout terrain sur X en relayant ici une outrance de Jean Quatremer (11/03), là une chronique de Sophia Aram sur France Inter qui se moque de « iceux qui réduisent les bombardements contre un régime islamique à une "offensive contre le droit international"/i » (10/03), ou encore une « itrès bonne analyse/i » d'Alain Bauer sur LCI (10/03), il continue son défilé sous les auspices des hauts gradés du journalisme./p pLe 10 mars, il est ainsi convié une deuxième fois par Apolline de Malherbe, cette fois-ci dans le fauteuil le plus exposé de la matinale de RMC, diffusée simultanément sur BFM-TV, et le lendemain, Europe 1 le gratifie d'une seconde invitation dans ses studios. « iNous n'avons aucune dispute avec le Liban, rien/i, soutient Joshua Zarka face à Apolline de Malherbe. iNous n'avons pas de dispute territoriale, c'est un pays qui pourrait être un pays ami, nous avions même un accord de paix en 1983 ; la seule raison pour laquelle il y a ces hostilités, c'est le Hezbollah qui est dirigé par le Ha… par l'Iran./i » Dans pareil cas, une journaliste refuserait de tenir le haut-parleur : elle rappellerait a href="https://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/guerredulibanb" class="spip_out" rel="external"2006/a, au moins, l'occupation du sud du Liban par l'armée israélienne pendant vingt-deux ans à partir de 1978, surtout, et, s'agissant de la période récente, se saisirait instantanément des innombrables ressources mises à disposition par les Nations unies (en général), la Finul (en particulier) et les ONG afin de contrecarrer ces éléments de langagespan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="En faisant valoir, par exemple, les violations quotidiennes du « (…)" id="nh4"4/a]/span. Comment a donc réagi Apolline de Malherbe ? En posant la question suivante : « iPourquoi vous n'avez pas prévenu la France ?/i » CQFD./p /br h3 class='article_intertitres'Treize interviews sans aucune référence aux victimes civiles en Iran/h3 p/brNous avons écouté la totalité de ces interviews. Comme on a commencé à l'entrevoir, le journalisme est aux abonnés absents à peu près partout. Aussi ces dispositifs ont-ils contribué à doper a href="https://www.acrimed.org/Iran-l-editocratie-en-renfort-d-une-guerre-juste"un récit médiatique aligné sur la propagande israélo-américaine/a, dont l'un des versants consiste à invisibiliser les crimes commis par ces deux États. Les médias dominants jouent ici brillamment leur partition : dans treize interviews sur dix-neuf, les journalistes aux commandes se sont dispensés, par exemple, de toute référence aux victimes civiles iraniennes./p /br div class='spip_document_16479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/ambassadeur.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH228/ambassadeur-445f4.png?1776672969' width='500' height='228' alt='' //a /figure /div p/brDans les six cas restants, la moisson n'est guère plus glorieuse. Sur Franceinfo, si Renaud Blanc évoque bien « i200 morts [et] 500 blessés/i », la question qui accompagne ce bilan se passe de commentaire : « iEst-ce que vous avez un message, si je puis dire, aux Iraniens qui ont été durement frappés, […] à la population iranienne ?/i » Le 4 mars, la démarche du journaliste d'Europe 1 est sensiblement la même : passer les plats pour mieux blanchir les crimes. « iOn sait qu'il y a déjà des pertes civiles/i, avance le journaliste Charles Luylier. iEst-ce qu'une réflexion est menée pour qu'elles soient aussi faibles que possible ?/i » L'occasion, pour l'ambassadeur, de disserter sur la capacité fort connue d'Israël à « icibl[er] seulement les institutions gouvernementales et bien sûr les institutions militaires/i » et à « iminimiser au maximum les pertes civiles/i » sous les acquiescements du studio – alors que dans le cas d'espèce, l'un comme l'autre des propos a href="https://orientxxi.info/Iran-Le-visage-de-la-guerre" class="spip_out" rel="external"étaient déjà démentis par les faits/a./p pSur France 2 cinq jours plus tard (9/03), c'est encore pire. Si la journaliste de France 24 Mariam Pirzadeh tente d'ouvrir le chapitre du bombardement américain de l'école de Minab, celui-ci est clos instantanément par Joshua Zarka… avec le renfort de la présentatrice Caroline Roux, qui relaie en prime la fake news (déjà débunkée) de Donald Trump :/p blockquote class="spip" pstrong- Mariam Pirzadeh :/strong Si vous dites que vous vous coordonnez [avec les États-Unis], ça veut dire que vous avez des informations sur l'école de fillettes à Minab, il y a plus de 160 petites filles qui ont été… [coupée]/p pstrong- Joshua Zarka :/strong Ce n'était pas Israël./p pstrong- Mariam Pirzadeh :/strong Ce n'était pas Israël, donc ça veut dire que c'est les Américains./p pstrong- Joshua Zarka :/strong Ce n'était pas Israël. C'est tout./p pstrong- Mariam Pirzadeh :/strong Quand vous vous êtes décidé d'attaquer… [coupée]/p pstrong- Caroline Roux :/strong Donald Trump a dit, juste, il a été interrogé sur cette question hier et il a dit : c'est les Iraniens./p /blockquote pFin de l'histoire. Personne ne bronche. Personne n'y reviendra./p /br div class='spip_document_16482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center' figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/ambassadeur_france2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/ambassadeur_france2-44df3.png?1776672969' width='500' height='279' alt='' //a /figure /div p/brCet entretien et celui de RMC (3/03) – au cours duquel Joshua Zarka évoque par deux fois « iune erreur de frappe iranienne/i » sans être contredit – seront les deux seuls cas (sur dix-neuf) où des auditeurs et téléspectateurs entendront parler, pendant quelques secondes, du massacre de Minab. L'ambassadeur d'Israël a beau s'enorgueillir à longueur d'antenne d'une « icoordination totale/i » (France 2, 9/03) entre les armées israélienne et américaine, les journalistes ne lui réclament aucun compte. Mention spéciale au chroniqueur de France Inter Pierre Haski qui, en toute fin d'interview lors de l'émission spéciale de France 2, fait part à l'ambassadeur « ides informations qui nous parviennent tous les jours de la violence des colons en Cisjordanie, pendant que tout le monde a les yeux fixés sur l'Iran/i ». Sa question est donc « logiquement » la suivante :/p blockquote class="spip" pstrongPierre Haski :/strong Est-ce que ce qui se passe en Cisjordanie, et l'armée laisse faire visiblement, n'est pas totalement contre-productif du point de vue israélien ?/p /blockquote pSidérant./p pSi les victimes civiles au Liban sont évoquées un peu plus fréquemment par les journalistes – dans huit entretiens sur dix-septspan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Nous avons exclu du décompte les deux interviews du 1er mars puisque les (…)" id="nh5"5/a]/span –, elles sont la plupart du temps, elles aussi, mentionnées de manière périphérique, sans considération réelle, à l'exception d'Apolline de Malherbe (sur BFM-TV/RMC le 10 mars) et d'Achren Verdian (sur France 24 le 8 mars), les deux seules intervieweuses à insister davantage sur leur cas, à trois reprises. Pas de quoi contrebalancer l'imaginaire des « dommages collatéraux », néanmoins. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'agit presque jamais d'avancer ces faits dans les termes et le cadre du droit international humanitaire, ce qui favorise iin fine/i a href="https://www.acrimed.org/Palestine-Des-victimes-sans-visages-des-crimes"le récit dominant de « crimes sans criminels »/a. Ainsi les journalistes neutralisent-ils systématiquement leurs interviews en les dépouillant du fond, c'est-à-dire de tout rappel concret au génocide des Palestiniens et de toute référence solide au droit international, auxquels les journalistes préfèrent généralement des considérants inoffensifs du type : « Jusqu'où Israël est-il prêt à aller ? » ; ou ses variantes : « iJusqu'à quel objectif allez-vous continuer à frapper ?/i » (TF1) ; « iJusqu'où Israël va poursuivre ses opérations dans le pays ?/i » (France 24)/p /br h3 class='article_intertitres'« iVous dites quoi à vos enfants qui vivent avec ces alertes en permanence ?/i »/h3 p/brLas… Non seulement le tapis rouge fut presque systématiquement de mise, mais pour couronner le tout, ce défilé a donné lieu à une séquence à notre connaissance inédite dans l'histoire de la télévision. « iBonsoir Joshua Zarka, merci d'être avec nous/i, l'accueille Maxime Switek sur BFM-TV (3/03). iJe vous ai vu tout de suite regarder votre téléphone portable en arrivant dans ce studio. Pourquoi ?/i » L'ambassadeur évoque alors « iune application qui sonne à chaque fois que des missiles tombent sur [ses] enfants/i ». Sic. Les journalistes l'écoutent attentivement, la compassion est de mise. Ils en feront tout autant lorsque son téléphone sonnera quelques secondes plus tard, comme leurs confrères et consœur sur Franceinfo et CNews, où l'épisode se répétera (en pire) le 7 mars. Trois séquences qui résument, à elles seules, les a href="https://www.acrimed.org/Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-2-doubles"compassions sélectives/a et a href="https://www.acrimed.org/Liberations-en-Israel-Palestine-le-deux-poids"la hiérarchie raciste des vies humaines/a auxquelles se livrent, consciemment ou non, les commentateurs les plus en vue. Pour le croire, mieux vaut le voir :/p /br centeriframe title="Ambassadeur d'Israël sur les plateaux TV, mars 2026" width="560" height="315" src="https://videos.globenet.org/videos/embed/3uVJaCqk4Ezc1vwRyR2Wht" style="border: 0px;" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"/iframe/center p/brLa télévision française est obscène./p /br centerstrong***/strong/center p/brDébut mars 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) recensait a href="https://www.ochaopt.org/content/reported-impact-snapshot-gaza-strip-11-march-2026" class="spip_out" rel="external"21 283 enfants palestiniens massacrés par Israël à Gaza depuis octobre 2023/a. Selon a href="https://www.unicef.fr/article/gaza-plus-de-100-enfants-ont-ete-tues-depuis-le-cessez-le-feu/" class="spip_out" rel="external"l'Unicef (13/01)/a, « iplus de 100 enfants [y] ont été tués […] depuis le cessez-le-feu début octobre [2025]/i », soit « ienviron un enfant tué chaque jour/i ». L'ONG a href="https://www.savethechildren.net/news/gaza-20000-children-killed-23-months-war-more-one-child-killed-every-hour" class="spip_out" rel="external"Save the children (6/09/2025)/a fait état de dizaines de milliers d'enfants blessés, souffrant d'un handicap permanent, portés disparus ou présumés ensevelis sous les décombres. Dans la nuit du 14 au 15 mars 2026, en voiture de retour de Naplouse, Mohamed et Othman, respectivement âgés de 5 et 6 ans, ont été assassinés avec leurs parents par l'armée israéliennespan class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir « Après le meurtre d'une famille par l'armée israélienne, la terreur à (…)" id="nh6"6/a]/span, portant à 233 le nombre d'enfants palestiniens tués par Israël en Cisjordanie occupée entre le 7 octobre 2023 et le 15 mars 2026span class="spip_note_ref" [a href="#nb7" class="spip_note" rel="appendix" title="Selon l'agrégateur de données du Bureau de la coordination des affaires (…)" id="nh7"7/a]/span. Pour tous ceux-là, a href="https://www.lorientlejour.com/article/1499758/la-guerre-au-liban-tue-et-blesse-lequivalent-dune-classe-denfants-par-jour-denonce-lunicef-depuis-beyrouth.html" class="spip_out" rel="external"pour ceux du Liban/a et d'Iran, le temps des chaînes d'info ne s'est jamais suspendu. Et aucune alarme n'a retenti sur les plateaux de télévision./p p/brstrongPauline Perrenot/strong/p/div hr / div class='rss_notes'div id="nb1" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanQu'il répétera à l'envi au cours des interviews suivantes./p /divdiv id="nb2" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanUlysse Gosset évoquera toutefois les réfugiés libanais./p /divdiv id="nb3" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanLire le dernier reportage de Jean Stern, « Palestine. À Naplouse, "pour tenir, il ne faut plus penser au lendemain" », a href="https://orientxxi.info/Palestine-A-Naplouse-pour-tenir-il-ne-faut-plus-penser-au-lendemain" class="spip_out" rel="external"Orient XXI, 24/02/a et « Dans la bande de Gaza, l'enfer de la "ligne jaune" », a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/06/dans-la-bande-de-gaza-l-enfer-de-la-ligne-jaune_6669702_3210.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i, 6/03/a./p /divdiv id="nb4" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanEn faisant valoir, par exemple, a href="https://www.lorientlejour.com/article/1486124/infographies-plus-de-12-000-violations-israeliennes-au-liban-en-un-an-de-cessez-le-feu.html" class="spip_out" rel="external"les violations quotidiennes du « cessez-le-feu »/a par l'État d'Israël depuis sa mise en place le 27 novembre 2024 ; les a href="https://digitallibrary.un.org/record/4095082?ln=env=pdf" class="spip_out" rel="external"adresses répétées du représentant permanent du Liban auprès des Nations unies/a concernant les atteintes à la souveraineté du Liban, parmi lesquelles « ila construction d'un mur [qui] aura pour effet de grignoter des terres libanaises d'une superficie estimée à 4 100 mètres carrés/i » (25/11/2025) ; mais aussi les alertes d'ONG libanaises et internationales concernant les (multiples) violations du droit international humanitaire par Israël, recensées succinctement dans une lettre ouverte aux autorités libanaises (a href="https://www.amnesty.fr/communiques/liban-les-victimes-de-crimes-de-guerre-doivent-obtenir-justice-verite-et-reparations/" class="spip_out" rel="external"Amnesty International, 27/02/a)./p /divdiv id="nb5" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanNous avons exclu du décompte les deux interviews du 1er mars puisque les bombardements israéliens n'avaient pas encore « (re)commencé » du point de vue de l'histoire… médiatique./p /divdiv id="nb6" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanVoir a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/180326/apres-le-meurtre-d-une-famille-par-l-armee-israelienne-la-terreur-son-paroxysme-en-cisjordanie" class="spip_out" rel="external"« Après le meurtre d'une famille par l'armée israélienne, la terreur à son paroxysme en Cisjordanie »/a, Mediapart, 18/03./p /divdiv id="nb7" pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh7" class="spip_note" title="Notes 7" rev="appendix"7/a] /spanSelon a href="https://www.ochaopt.org/data/casualties" class="spip_out" rel="external"l'agrégateur de données/a du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, qui, au total, recensait 1 071 Palestiniens tués au 15 mars 2026./p /div/div
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