Pourquoi parle-t-on encore des « miracles » de Franco, Pinochet et Médici ? Principalement parce que leur mise en avant était devenue le seul moyen de survie de ces régimes, par le biais d'un récit adroitement ficelé : ce n'est pas l'éradication du communisme qui a justifié cette parenthèse autoritaire, mais bien ce bond économique, qui en valait la chandelle, et qui justifiait notamment que la classe ouvrière soit mise au pas, pour son propre bien.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Le Grand Continent/a/b/div
Le projet éditorial Petite Casbah édité par les éditions Bayard Jeunesse, tiré du dessin animé éponyme, a subi de nombreuses interventions en cours d'écriture. La doctorante Laura Orban, un temps coautrice, explique pourquoi elle a décidé de retirer sa signature, et analyse en quoi cette expérience est un révélateur de logiques plus générales à l'œuvre dans l'écriture et dans la transmission de l'histoire coloniale, notamment celle de l'Algérie.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/orient-xxi"Orient XXI/a/b/div
Contraction des mots « June » (juin) et « nineteenth » (dix-neuvième), le Juneteenth, qui marque l'émancipation des esclaves aux États-Unis, est devenu un jour férié en 2021. L'histoire de cette fête nationale nous rappelle que des lois très répandues dans le Sud interdisaient aux esclaves le droit à l'éducation et que le combat pour la liberté va de pair avec l'accès au savoir.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"The Conversation/a/b/div
L'indépendance des États-Unis n'a pas été déclarée le 4 juillet 1776. Elle l'a été le 2 juillet. Que s'est-il passé le 4 ? Le Congrès a adopté un texte. Un texte qui allait devenir, en deux siècles et demi, le document le plus sacré d'une nation qui ne se réclame d'aucune religion d'État. Le 4-Juillet est moins une date qu'un récit.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"The Conversation/a/b/div
La décolonisation de l'après-seconde guerre mondiale n'a pas seulement légué aux nouveaux États indépendants des frontières arbitraires, des économies extraverties et des institutions façonnées par la domination coloniale. Elle leur a également transmis, dans de nombreux cas, les dettes contractées par les puissances coloniales pour administrer, exploiter et consolider leur domination. Ce transfert constitue l'un des aspects les plus méconnus de l'histoire de la dette internationale.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/cadtm"CADTM/a/b/div
div class='rss_chapo'piLa Provence/i, entre journalisme de préfecture et antitsiganisme./p/div
div class='rss_texte'pLe 14 juin 2026, une tentative d'installation de 170 caravanes de « gens du voyage » sur un hippodrome défraie la chronique dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le seul média apparemment présent sur place le soir de l'événement est le quotidien régional iLa Provence/i. Dans la foulée, ses journalistes publient en ligne a href="https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/1103858921399215/un-convoi-de-gens-du-voyage-tente-d-entrer-sur-l-hippodrome-d-oraison-circulation-bloquee-et-secteur-a-eviter" class="spip_out" rel="external"un premier article/a, basé presque exclusivement sur des sources officielles : gendarmerie, préfecture, mairie. « iCirculation bloquée/i », « isecteur à éviter/i », iLa Provence/i ne lésine pas sur le sérieux du drame qui frappe la petite ville d'Oraison (2 800 habitants), un dimanche soir. « iReste à voir quelle sera la situation ce lundi matin, à l'heure des départs au travail…/i » s'inquiète le quotidien. Et de conclure avec un petit teasing sur une potentielle escalade de la situation, puisque « ile recours à la force publique est évoqué par le maire/i »./p
pFinalement, le convoi quittera la commune dans la nuit, sans avoir pu pénétrer sur l'hippodrome. Mais le soufflé médiatique ne retombe pas pour autant – au contraire. Dès le lendemain, la préfecture convoque une conférence de presse à l'hippodrome. Les « gens du voyage » étant repartis, les seuls interlocuteurs face aux micros tendus sont les officiels : la préfète, le maire de la commune, et le président de l'agglomération./p
pLeurs déclarations alimentent alors une nouvelle salve de sujets dans la quasi-totalité des médias locaux. Qui s'alignent sur un même narratif : la « ifermeté des autorités/i » aurait empêché une installation illégale, titre l'hebdomadaire a href="https://www.hauteprovenceinfo.com/actualite-50297-gens-du-voyage-la-fermete-des-autorites-empeche-une-installation-illegale-a-oraison" class="spip_out" rel="external"iHaute-Provence Info/i/a. « iGens du voyage à l'hippodrome : Oraison dit non/i », a href="https://www.facebook.com/BFMDICI/videos/2778234885877603/" class="spip_out" rel="external"annonce de son côté/a la filiale locale de BFM-TV (BFM DICI). iLa Provence/i publiera dans la foulée a href="https://www.laprovence.com/article/societe/91329956673765/gens-du-voyage-tentent-denvahir-lhippodrome-doraison-un-comportement-irresponsable-pour-la-prefete" class="spip_out" rel="external"un deuxième article/a, intitulé : « Des gens du voyage tentent d'envahir l'hippodrome d'Oraison : "Un comportement irresponsable", pour la préfète ». À l'unisson, les différents médias locaux reprennent les propos des officiels qui dénoncent le « imanque de respect/i », « il'irresponsabilité/i » et « il'intransigeance/i » des Voyageurs. Quant aux occupants des caravanes, ils n'auront jamais la parole – pas plus que les riverains supposément impactés./p
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div class='spip_document_16589 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/laprovence1506.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L450xH561/laprovence1506-f4554-0a739.jpg?1782974796' width='450' height='561' alt='' //a
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p/brQu'un tel événement, impliquant plusieurs centaines de protagonistes, débouche finalement sur une version médiatique unique, prémâchée par une poignée d'autorités locales, n'est pas anecdotique. Ce type de couverture, qui ne donne jamais la parole aux personnes mises en cause, tout en reprenant massivement des discours officiels qui les stigmatisent, est symptomatique de l'antitsiganisme qui imprègne une bonne partie des médias – notamment régionaux – et façonne les récits médiatiques entourant les « gens du voyage »./p
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h3 class='article_intertitres'Journalisme de préfecture et antitsiganisme/h3
p/brLe terme « antitsiganisme » (ou « antitziganisme ») ne figure pas dans la plupart des dictionnaires françaisspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Ni dans le Larousse, ni dans le Petit Robert." id="nh1"1/a]/span. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) a href="https://www.dilcrah.gouv.fr/sinformer-et-etre-accompagne/sinformer-sur-la-loi/lantitsiganisme" class="spip_out" rel="external"l'emploie/a pour désigner les « imanifestations d'expression et d'actes individuels, de politiques et de pratiques institutionnelles de marginalisation, d'exclusion, de violence physique, de dévalorisation des cultures et des modes de vie des gens du voyage, et des personnes considérées ou se considérant comme Roms/i ». Il convient ici de noter que le terme « gens du voyage » est en réalité une catégorie administrative qui englobe de nombreux groupes distincts : Roms, Gitans, Tsiganes, Sintis, Yéniches... Dans les médias, le terme est d'ailleurs utilisé aussi bien pour désigner des personnes nomades que sédentaires, pour peu qu'elles soient associées à une origine « nomade » supposée./p
pLes différents groupes de « gens du voyage » partagent surtout un vécu de stigmatisation, auquel les récits médiatiques dominants contribuent activement. Le juriste William Acker, délégué de l'Association nationale des gens du voyage citoyens (ANGVC) et auteur d'iOù sont les « gens du voyage » ?/i (éditions du Commun, 2021), remarque après avoir analysé l'équivalent d'un mois de production journalistique que l'écrasante majorité des articles de presse couvrant les « gens du voyage » les dépeignent sous un angle négatif. Les médias ont tendance à parler de ces derniers via un prisme sensationnaliste, en s'emparant quasi-systématiquement du sujet des installations illégales ou en mentionnant systématiquement l'origine d'un suspect issu d'une communauté de « gens du voyage » lors d'un fait divers. Tout en oubliant généralement de s'intéresser aux autres problématiques que rencontrent ces personnes : exclusion sociale, insuffisance des infrastructures d'accueil, relégation dans des zones de vie polluées.../p
pEt d'ailleurs, le premier article consacré par iLa Provence/i à l'installation avortée du 14 juin est catégorisé comme un « fait divers » sur le site du journal, et traité de cette façon par les journalistes. Ainsi, bien qu'un journaliste se soit rendu sur place pour prendre des photos (de loin) des caravanes, le média ne s'embarrasse pas à recueillir leurs témoignages – la version des gendarmes, du maire et de la préfecture étant considérée comme suffisante pour vérifier les faits. La position de la « communauté » de Voyageurs, dont les journalistes expliquent qu'elle refuse de s'installer sur une aire de grand passage située à proximité, tient en deux phrases, reléguées en pied d'article : « iDu côté de la communauté évangéliste, on indique qu'il n'est pas possible d'aller sur cette aire, trop petite pour leur convoi. La proposition de s'étendre sur un terrain à côté de l'aire a également été refusée./i »/p
pDans les articles publiés par la suite par les autres médias locaux, les Voyageurs mis en cause n'auront pas davantage la parole – un classique dans la couverture des installations illégales. Comment l'expliquer ? Citée dans a href="https://larevuedesmedias.ina.fr/gens-du-voyage-voyageurs-journalistes-presse-locale-aire-accueil-faits-divers-william-acker-lubrizol" class="spip_out" rel="external"un article de La Revue des médias/a, la journaliste Léa Gasquet, de StreetPress, émet l'hypothèse que les rédactions de presse régionale ne considèrent pas les « gens du voyage » comme des lecteurs potentiels. La journaliste évoque aussi une forme d'autocensure de la part des journalistes, qui ne veulent pas « ise couper/i » des sources politiques locales en remettant en question leur version des faits. D'autres journalistes évoquent le manque de temps pour se rendre sur place, et la difficulté d'identifier des « porte-parole » pour s'exprimer au nom des Voyageurs. Biberonné aux sources institutionnelles, le journalisme de préfecture se heurte ici à l'écueil du réel : à qui s'adresser quand les protagonistes d'un événement n'ont pas de porte-parole « officiel » pour faire entendre leur voix ?/p
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h3 class='article_intertitres'Une couverture complaisante envers les élus locaux/h3
p/brDans le récit médiatique qui émerge le 15 juin 2026, un argument revient en boucle : une aire de grand passage vient d'être inaugurée sur la commune. Or, les gens du voyage ont refusé de s'y installer, ce que les officiels présentent immédiatement comme un « imanque de respect/i »./p
pPourtant, il aurait été intéressant d'examiner plus en détail cet argument, qui révèle aussi les défaillances historiques des pouvoirs locaux en termes d'accueil, dans un département où de nombreux « grands passages » de Voyageurs sont enregistrés chaque été. L'article de iLa Provence/i du 14 juin reprend brièvement l'argument avancé par « la communauté » selon laquelle l'aire de grand passage existante serait trop petite pour le convoi. Mais cette affirmation n'est jamais confirmée ou infirmée, comme si l'argument n'avait aucune valeur./p
pPar la suite, dans son deuxième article, paru le 16 juin, iLa Provence/i fait la part belle à la version « officielle » livrée la veille par la préfète et les élus locaux en conférence de presse. Ces derniers y sont cités iin extenso/i à plusieurs reprises, leurs versions respectives s'étalant sur une page entière. Tous y mettent en scène leur « fermeté » face aux gens du voyage, un narratif qui sera repris par l'ensemble des médias locaux. Dans un reportage intitulé « "Nous avons résisté à l'envahissement" : des caravanes ont tenté d'occuper l'hippodrome d'Oraison », la chaîne TV BFM DICI a href="https://www.facebook.com/watch/?v=1527703095567288" class="spip_out" rel="external"reprend/a notamment un communiqué où le président de l'agglomération se félicite d'avoir « itenu une ligne d'autorité et de responsabilité/i » face à un « ienvahissement sauvage/i »./p
pCette petite phrase, prononcée par un élu connu pour a href="https://www.laprovence.com/article/societe/4039165655658514/campements-illegaux-a-manosque-la-majorite-sortante-defend-la-procedure-d-expulsion-visant-des-habitants" class="spip_out" rel="external"ses prises de positions hostiles/a aux gens du voyage, pourrait pourtant être nuancée par un retour aux faits… Par exemple en rappelant que l'agglomération en question, ainsi que le reste du département, accusent 25 ans de retard dans la mise en œuvre du schéma d'accueil des gens du voyage ?/p
pÀ l'inverse, le fait qu'une aire de grand passage – la première du département – ait enfin été mise en service en 2025, sert immédiatement d'argument pour souligner la mauvaise volonté de la communauté concernée. Dans un entrefilet en bas de page de iLa Provence/i, le 16 juin, on apprendra tout de même que l'aire en question ne fait que 2,7 hectares, en dessous des 4 ha prévus par la loi. Ce chiffre aurait pu être le point de départ d'un questionnement plus approfondi : l'aire d'accueil a-t-elle été sous-dimensionnée ? Est-elle adaptée aux besoins ? Combien de caravanes empruntent d'ordinaire cet axe chaque été ? À la place, les journalistes expédient le sujet en indiquant qu'une seconde aire d'accueil verra le jour, à une date inconnue./p
pCe n'est que le 25 juin 2026 que les lecteurs de iLa Provence/i en sauront plus sur les conditions d'accueil réelles de cette aire de grand passage, dans a href="https://www.laprovence.com/article/region/43130314923031/la-premiere-installation-imprevue-d-un-convoi-de-gens-du-voyage-dans-l-aire-de-grand-passage-a-oraison" class="spip_out" rel="external"un troisième article/a intitulé « La première installation imprévue d'un convoi de gens du voyage dans l'aire de grand passage à Oraison ». Après avoir rappelé que l'aire de grand passage « ia été boudée par la communauté des gens du voyage/i » pendant un an, l'article se réjouit qu'une vingtaine de caravanes et 40 voitures s'y soient enfin installées, y ayant été redirigées par les autorités locales. « iC'était préférable que de les laisser continuer à tourner, et finalement s'installer en force sur un équipement public ou sur le terrain d'un agriculteur/i », explique une élue de l'agglomération, qui ne se prive pas d'insinuer que l'intention initiale des Voyageurs était de s'installer illégalement ailleurs. Cette fois-ci, pourtant, le journaliste donne aussi la parole à une famille de Voyageurs accueillie sur l'aire, et peu satisfaite des conditions sur place : « iJe comprends pourquoi nous sommes les premiers à nous installer, et on sera sûrement les derniers vu l'état de cette aire [...]. Il n'y a pas de toilettes, et ce n'est pas de l'herbe ça./i » Quelques photos prises sur place montrent effectivement un sol très caillouteux, et révèlent que l'aire est exposée aux crues (un point qui ne sera pas évoqué dans l'article). L'absence de sanitaires évoquée par les Voyageurs ne sera pas vérifiée par le journaliste./p
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div class='spip_document_16592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L450xH560/laprovence2506-ab105-f43fd.jpg?1782974796' width='450' height='560' alt='' /
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h3 class='article_intertitres'Invisibiliser pour déshumaniser/h3
p/brL'effet produit par la reprise iad nauseam/i des éléments de langage « officiels » par les journalistes lors de la séquence médiatique du 14 au 16 juin est de déshumaniser les Voyageurs. Trois jours durant, au fil de multiples articles, ces derniers ont été présentés comme des « envahisseurs » sans nom et sans visage. Sur BFM DICI, le président de l'agglomération évoque un « ienvahissement sauvage/i » ; dans iLa Provence/i, la préfète parle elle aussi d'« ienvahissement/i ». Ces choix sémantiques éclipsent le fait que ces Voyageurs sont, dans ce cas précis, originaires d'un département limitrophe. En parallèle, le désintérêt pour les faits objectifs est tel qu'aucun journaliste ne se soucie de savoir combien de personnes étaient réellement présentes : « i120 familles/i » selon la préfète, 150 selon le maire, 170 caravanes selon la gendarmerie.../p
pLe registre lexical mobilisé par les élus cités dans les médias est celui de la peur et de l'émotion : « iÇa a été très tendu, je crois qu'ils n'ont pas accepté qu'on leur dise non. Ils sont arrivés à 150 sans s'annoncer, en essayant d'envahir un terrain public alors qu'il y a une aire de grand passage […]/i », explique ainsi le maire d'Oraison dans iLa Provence/i. Et au-delà des sources officielles, les journalistes eux-mêmes s'emparent de ce lexique. Ainsi, l'hippodrome aurait été « ivisé/i », ou encore « iciblé/i » par des gens du voyage (iLa Provence/i, 16/06) au cours d'une « inuit agitée/i », « isous tension/i ». Le quotidien reprend même en intertitre une déclaration du maire, qui parle de « iville en état de siège/i ». Pourtant, les reportages publiés dans la presse locale ne font état d'aucune dégradation matérielle, ni de débordements commis cette nuit-là./p
pIn fine, le récit médiatique qui a émergé du 14 au 16 juin dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le sillage de cette tentative d'installation, est tristement banal. Voilà des décennies que a href="https://shs.cairn.info/revue-lignes-2011-2-page-167?lang=fr" class="spip_out" rel="external"des chercheurs examinent/a la façon dont la plupart des médias s'emparent sans recul d'éléments de langage stigmatisants employés par des élus locaux envers les « gens du voyage », nourrissant ainsi les préjugés à leur égard. En 2021, William Acker identifiait la presse quotidienne régionale comme « ile principal vecteur du traitement stigmatisant/i » des Voyageursspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Cité dans « Les journalistes changent de regard sur les "gens du voyage" », (…)" id="nh2"2/a]/span. Mais les médias nationaux, s'ils couvrent moins souvent ce type de sujets, ne sont pas en restespan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Citons ainsi l'émission « Capital » du 9 octobre 2022, intitulée : « (…)" id="nh3"3/a]/span./p
pPourtant, une autre façon de médiatiser les Voyageurs est possible. En 2021 toujours, la journaliste Maya Elboudrari se penchait a href="https://larevuedesmedias.ina.fr/gens-du-voyage-voyageurs-journalistes-presse-locale-aire-accueil-faits-divers-william-acker-lubrizol" class="spip_out" rel="external"dans La Revue des médias/a sur les « inouveaux regards/i » journalistiques qui émergent autour de cet enjeu. Certaines rédactions se forment, adoptent des chartes, tentent d'évoquer la question des « gens du voyage » sous un autre prisme – comme a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/chauvigny/sur-l-aire-d-accueil-des-gens-du-voyage-de-chauvigny-une-chaleur-ecrasante" class="spip_out" rel="external"dans ce récent article/a sur l'impact de la canicule sur les habitants d'une aire d'accueil. Ces démarches consistent aussi à rendre la parole aux premiers concernés, à vérifier les faits sans biais, à respecter le contradictoire quand une « communauté » entière est mise en cause, bref, à en revenir aux bases du travail journalistique./p
p/brstrongMarion Moinet/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanNi dans le Larousse, ni dans le Petit Robert./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanCité dans « Les journalistes changent de regard sur les "gens du voyage" », a href="https://larevuedesmedias.ina.fr/gens-du-voyage-voyageurs-journalistes-presse-locale-aire-accueil-faits-divers-william-acker-lubrizol" class="spip_out" rel="external"La Revue des médias/a, 08/07/2011./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanCitons ainsi l'émission « Capital » du 9 octobre 2022, intitulée : « Forains, gens du voyage : révélations sur une économie secrète », qui relaie de nombreux stéréotypes, et qu'a href="https://www.arretsurimages.net/articles/capital-sur-les-gens-du-voyage-cest-un-coup-a-pousser-au-suicide" class="spip_out" rel="external"Arrêt sur images/a qualifie tout simplement « d'escroquerie médiatique »./p
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Le décret visant à exclure des aides au logement les étudiants hors Union européenne non boursiers a été publié le dimanche 28 juin, malgré l'opposition, fin mai, de l'ensemble des membres du conseil national de l'habitat. Les étudiants qui perdront près de 200 € par mois sont, contrairement à ce qu'affirme le Ministre du logement, très largement des étudiants pauvres.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/gisti"Gisti/a/b/div
div class='rss_chapo'pAu soir du 30 mai, une large partie des médias dominants s'est focalisée sur les violences qui ont émaillé les célébrations après la victoire du PSG en Ligue des champions. Le journalisme de préfecture tient le haut du pavé, au gré d'une rhétorique et d'un cadrage ayant fait la part belle au prêt-à-penser sécuritaire, autoritaire et raciste, produit de manière industrielle par CNews./p/div
div class='rss_texte'pAu soir de la victoire du PSG, des « iartisans du chaos/i » et des « ivoyous/i » « iensauvagés/i » ont déboulé dans Paris « ipar hordes entières/i ». À en croire le reportage du iFigaro/i (01/06), en tout cas, plongé le 30 mai au cœur d'une « inuit ensauvagée/i ». « iTous ont répondu à l'appel du tam-tam des boucles WhatsApp lancé depuis les cités voisines/i », ajoute le journaliste, bien en peine de réprimer ses élans racistes. Et de décrire le travail des policiers : « iDans la France de 2026, la violence est devenue leur routine et la haine ordinaire, une composante de leur quotidien./i » Même tonalité dans iLe Point/i (02/06), où l'expert sécuritaire Éric Delbecque fustige « iune partie de la jeunesse socialisée dans une culture de la destruction/i » et désespère de la « iculture de l'excuse et de l'impunité/i » qui règnerait en France./p
pAlors que le préfet de police de Paris fait état d'« iune baisse grosso modo de 30% des faits [de violence] par rapport à l'année dernière/i » (RTL, 01/06), de nombreuses rédactions n'ont d'yeux que pour les vidéos postées sur les réseaux sociaux. Et l'effet de loupe joue à plein : ce sera le grand théâtre de « l'ensauvagement ». « iDes images de chaos/i », un « idéchaînement de violence/i » : le JT de France 2 (01/06) synthétise a href="https://www.blast-info.fr/emissions/2026/le-psg-vainqueur-les-racistes-en-sueur-Js9bIitfTNmMqTha7Ij9yA" class="spip_out" rel="external"le ton des grands médias/a où défilent en masse les professionnels de la répression, des élus aux institutions coercitives. Un espace politico-médiatique qui s'est de fait « itransformé en un grand concours de bilan sécuritaire d'un côté, d'interpellations et d'outrances racistes sur les "hordes" de banlieusards venus envahir Paris, de l'autre/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Après la victoire du PSG, l'heure des pros de la surenchère », Mediapart, (…)" id="nh1"1/a]/span. Ainsi, tandis que la présentatrice Karine Le Marchand s'en prend aux « ipetits cons/i » sur les réseaux sociaux (Facebook, 03/06) et en appelle à de « ila taule/i », Charles Consigny a la solution toute trouvée sur BFM-TV (01/06) : « iSpontanément, je me suis dit que cela méritait des déchéances de nationalité./i » Sur le plateau de « C ce soir » (France 5, 02/06), la directrice de la rédaction de iMarianne/i Ève Szeftel campe la posture réactionnaire visiblement indispensable à la « bonne tenue » de l'émission :/p
blockquote class="spip"
pstrongÈve Szeftel :/strong Cette haine, elle vient d'où ? Cette haine de la France, qui peut s'exprimer à des moments via la haine des institutions, la haine du flic, la haine des femmes, etc. ? Elle vient d'où cette haine-là ? Elle vient aussi des millions déversés par le Qatar, par toutes ses officines, via les chaînes satellitaires, via aujourd'hui les réseaux sociaux, etc. […] Ce dont je parle, enfin, on ne peut pas faire semblant, c'est toute cette propagande islamiste, islamo-wokiste, via les réseaux sociaux, etc./p
/blockquote
pPolarisé par les saillies outrancières, le traitement médiatique dominant cède une fois de plus le pas au commentaire. Les fins limiers du journalisme rivalisent d'analyses au doigt mouillé quant à « un fait nouveau » (qui ne l'est pas) et « sans équivalent ailleurs » (bien qu'on en identifie en d'autres endroits). À de rares exceptions près, et comme l'an passéspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="« PSG 2025 vs France 98 : et si les vrais ultras étaient chez Bolloré ? », (…)" id="nh2"2/a]/span, la séquence révèle alors tout autant l'incapacité des médias à rendre compte des phénomènes sociaux – au profit d'une médiatisation sensationnaliste ponctuée de jugements moraux expéditifs – que leur refus de questionner les politiques de maintien de l'ordre – au profit d'un a href="https://www.acrimed.org/Aucune-violence-policiere-Jean-Michel-Aphatie"déni des violences policières/a, lesquelles ont été une nouvelle fois superbement minorées et invisibilisées, en dépit, notamment, de nouveaux éborgnementsspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Mediapart (11/06) rapporte qu'« au moins deux adolescents de 13 et 14 ans (…)" id="nh3"3/a]/span./p
pSi les événements sont largement couverts par les grands médias, la chaîne amiral de Bolloré saute instantanément sur l'occasion pour a href="https://www.acrimed.org/Politiser-la-haine-la-strategie-du-buzz"mettre en branle son industrie de la haine/a. « iVous savez à quoi ça me fait penser ? En moins grave, Dieu merci, ça me fait penser au 7 octobre/i », ose par exemple Paul Amar (04/06), après que son confrère Gauthier Le Bret s'est essayé la veille à un plagiat de Jordan Bardellaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Sur RMC (01/06), le responsable du RN a notamment déclaré : « Je dis aux (…)" id="nh4"4/a]/span :/p
blockquote class="spip"
pstrongGauthier Le Bret :/strong Ils sont montés dans les étages. Vous êtes une maman, vous êtes avec vos enfants et vous entendez tambouriner devant votre porte. Il y a plusieurs émeutiers de l'autre côté de la porte. Vous avez le droit d'avoir peur. La dernière protection, c'est la porte. Un jour, ils vont défoncer la porte. Un jour, ils seront dans votre salon. Un jour, ils seront dans votre chambre à coucher./p
/blockquote
p« iLa guérilla arrive !/i, prévenait déjà Pascal Praud. iParce que l'échelon supérieur, […] c'est dans les villes, au pied de vos immeubles, et après, le pillage, pillage partout !/i » (01/06) Dans cette ambiance, inutile de tenter un quelconque parallèle historique : « iL'argument "rien de nouveau sous le soleil" […] est insupportable/i », s'emporte Pascal Praud. Pourquoi ? Parce qu'« iil vise simplement à occulter le lien avec l'immigration/i » (03/06), le sujet phare aux yeux du présentateur, qui fustige par conséquent des « ijeunes gens qui cassent, qui pillent, qui attaquent et [qui] sont le plus souvent des enfants de l'immigration/i », (01/06) ou, dit autrement, « ides Français francophobes/i », « ides gens qui n'aiment pas la France/i » (02/06)./p
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h3 class='article_intertitres'CNews, l'industrie de la haine/h3
p/brLa peur fut entretenue de la sorte pendant plusieurs jours. Le visionnage de l'antenne au lendemain de la victoire du PSG, dimanche 31 mai, donne en ce sens un bon aperçu de la fonction « rouleau compresseur » qu'est capable d'endosser CNews lorsque ces dirigeants identifient un événement particulièrement propice au matraquage réactionnaire. Les mécanismes de cette machine de guerre sont désormais connus : monopole des plateaux de bavardage ; commentaire de tweets et de fragments choisis d'interviews de responsables politiques ; profusion de micros-trottoirs avec des riverains excédés ; surexposition d'images de « violences » commentées les unes à la suite des autres pour créer un « effet de masse », qu'elles soient piochées sur les réseaux sociaux ou rapportées par des journalistes dépêchés dans les rues pour filmer le grand saccage des villes de France – en duplex de la place Wagram à Paris, Nicolas Rogé décrit des individus venus « itout détruire, détruire tout ce qu'ils trouvent sur leur passage/i » ; posture théâtralisée des présentateurs/commentateurs, qui n'hésitent pas à surjouer un ton au choix catastrophé, indigné, courroucé ou acrimonieux. Le tout orchestré façon usine à gaz./p
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div class='spip_document_16586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bandeaux_cnews.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/bandeaux_cnews-50123.png?1782892236' width='500' height='281' alt='' //a
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p/brUn premier constat tient au pouvoir d'agenda de la chaîne : en dehors du programme d'actualité internationale « L'heure inter » et de l'interview « Le grand rendez-vous » – où le sujet a respectivement occupé un cinquième et un tiers du temps d'antenne –, les « iscènes de chaos/i » sont érigées en événement n°1 dans toutes les émissions de plateau diffusées entre 6h du matin et minuit. Elles occupent la moitié de « La matinale Week-End » (6h-9h) et constituent même le seul et unique sujet à l'agenda des sept autres programmes de commentaire de la journéespan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="En dehors des « flashs infos » qui ponctuent ces plateaux de commentaire, (…)" id="nh5"5/a]/span ! Même l'arrivée des joueurs du PSG sur le Champ-de-Mars et la levée du trophée n'ont pas raison des logorrhées sécuritaires, interrompues quelques minutes à peine : « iCe que je vous propose/i, annonce le présentateur Thomas Bonnet, ic'est qu'on mette ces images à l'antenne, qu'on continue de suivre évidemment ce qui se passe et qu'on revienne aussi sur ce qui a animé les dernières heures, c'est-à-dire les violences./i »/p
pUn deuxième constat tient à la structuration des programmes. Comme le veut la politique de la chaîne, la propagande s'y drape dans des « effets de réel » et des marques de distinction systématiquement amplifiés par les présentateurs/commentateurs. « iNous allons séquencer [et] vous montrer des images qui ne seront peut-être pas diffusées ailleurs/i, plastronne Eliot Deval. iL'idée, c'est de parler du réel, de ce qui s'est passé. C'est notre boussole […], ne pas détourner le regard./i » La même rhétorique prévaut tout au long de la journée. Là où Thomas Bonnet annonce aux téléspectateurs des images « ique vous ne verrez sûrement pas ailleurs/i » en prenant le contrepied des médias qui « itenteraient de minimiser un peu l'étendue des dégâts/i », Gilles-William Goldnadel célèbre sa chaîne et ses confrères : « iNous sommes […] pratiquement les seuls à montrer le vrai, à montrer le cru./i » Un fonctionnement en circuit fermé, renforcé par la mise à l'honneur d'autres marques du groupe Bolloré – « i[Le JDD] est le seul journal disponible dimanche [à offrir] en Une et l'aspect historique légendaire de cette finale […] [et à parler] des casseurs pathétiques/i » (Eliot Deval) –, mais également par les allers-retours permanents des journalistes d'une émission à une autre. Lorsqu'Eliot Deval n'est pas aux commandes de « L'heure des pros » (à 9h puis à 20h) ou de l'émission « Face à face » (19h) par exemple, il endosse le rôle de commentateur sur le plateau de « Midi News Week-End » et de « Punchline Week-End » – soit environ 5h30 de présence à l'antenne sur une seule journée !/p
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figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cnews_violences.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH278/cnews_violences-ce9b9.png?1782892236' width='500' height='278' alt='' //a
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p/brUn troisième constat tient à l'écrasement pur et simple du pluralisme. Outre le fait qu'aucun intervenant n'exprime de point de vue à l'encontre du prêt-à-penser ultrasécuritaire et racistespan class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="En dehors de quelques bégaiements de… Sarah Saldmann, qui tentera de mettre (…)" id="nh6"6/a]/span, le panel des invités se caractérise par une omniprésence des syndicalistes policiers. Avec un total de huit passages entre 6h et minuit – dont cinq pour Alliance –, ces derniers sont représentés sur tous les plateaux (en dehors de l'interview de 10h et du format « Face à face »), parfois secondés par des experts sécuritaires de haut-vol : l'ancien général de division de gendarmerie Bertrand Cavallier, par exemple, ou encore Claude Moniquet, présenté comme « ispécialiste terrorisme et renseignements/i ». De quoi largement infléchir la teneur (réactionnaire) et le ton (martial voire militarisé) du commentaire ambiant. Mais aussi sécuriser l'impasse sur le sujet des violences policières – le terme ne sera pas prononcé une seule fois – au profit d'une exaltation de la force… et des mutilations. « iOn nous a retiré les cartouches de LBD/i, se lamente Axel Ronde, porte-parole du syndicat CFTC Police IDF. iMaintenant, on a diminué l'impact, le joule : ça ne leur fait absolument rien ! C'est comme si on leur tirait [sic] avec un pistolet en mousse !/i » Aucun journaliste/présentateur en plateau n'émettra la moindre remarque./p
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h3 class='article_intertitres'« iGuerre civile/i » dans une « iFrance à feu et à sang/i »/h3
p/brEt pour cause… Dans un tel dispositif, l'atmosphère de la chaîne ne peut être que celle d'une surenchère permanente, reposant en l'occurrence sur une amplification systématique des faits de violence, d'une part, et, d'autre part, sur une altérisation/essentialisation/racialisation des auteurs. « iIl faut analyser ces images et ces faits pour ce qu'ils sont/i, prévient Thomas Bonnet. iCe ne sont pas des débordements en marge de célébrations du PSG, ce sont des scènes d'émeutes./i » « iDans les émeutes/i, déclarait son confrère Eliot Deval dans une précédente émission, ivous avez des crans […]. C'est Thibault de Montbrial qui alertait il y a quelques mois en disant qu'aujourd'hui, ils s'attaquent à des bâtiments publics, demain ils s'attaqueront aux bâtiments privés et aux honnêtes gens qui se barricadent./i » Confortés dans leur entre-soi, les commentateurs renchérissent les uns sur les autres. Anthony Favalli parle de « ila plus belle ville du monde saccagée/i », Kévin Bossuet évoque des « iimages de guerre civile/i », Karima Brick un « iprocessus de décivilisation/i » et Caroline Pilastre une « iFrance à feu et à sang/i », quand il ne s'agit pas plutôt d'une « iguérilla urbaine [qui] va véritablement se finir en guerre civile/i ». Présent sur la quasi-totalité des plateaux pour commenter une carte de France où sont répertoriées onze villes où auraient eu lieu des « iscènes de violence/i », le journaliste police-justice Tanguy Hamon gonfle les chiffres en affirmant que la victoire du PSG « ia fait s'embraser absolument toute la France/i » : « iVraiment, c'est vraiment toute la France. Il faut le dire ! C'est toute la France qui s'est embrasée […] pour commettre des violences urbaines./i »/p
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div class='spip_document_16587 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/cnews_carte.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cnews_carte-b6d17.png?1782892236' width='500' height='281' alt='' //a
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p/brVenu assister à certaines comparutions immédiates, a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/13/violences-apres-le-sacre-du-psg-loin-de-bandes-organisees-la-justice-dresse-le-constat-d-actes-spontanes-d-auteurs-aux-profils-diversifies_6701670_3224.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i/a (13/06) coupera court à la théorie des « ibandes organisées/i », en relatant notamment que « ila justice dresse le constat d'actes spontanés d'auteurs aux "profils diversifiés"/i ». Et d'ajouter : « iQuasiment pas d'armes, à l'exception notable de mortiers d'artifice. Et beaucoup moins de pillages et de dégradations de biens qu'en 2025/i. » Mais passés au tamis de CNews, ces faits se transforment. Et les mots d'ordre tels que les énonce le journaliste Joachim Le Floch-Imad forment le cadrage de toutes les émissions du dimanche : « iImmigration massive extra-européenne qui n'a pas été intégrée et qui a encore été moins assimilée/i » ; « idésarmement de l'exécutif par une justice toujours plus laxiste/i ». Ou, dans le langage fascisant d'Éric Naulleau :/p
blockquote class="spip"
pstrongÉric Naulleau :/strong Il y a une partie de la population qui agresse l'autre à la moindre occasion. Il faut défendre la population française. […] Une partie de la population française, ou disons, des gens qui vivent sur le territoire français, a fait sécession. Voilà. Ils se comportent avec leur propres règles, ils vivent selon leurs propres lois, ils pillent quand bon leur semble, ils volent quand bon leur semble, ils tirent sur les policiers quand bon leur semble et ils ne sont pas punis./p
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h3 class='article_intertitres'« Eux » vs « nous » : « iL'honnête se barricade ; le voyou exulte/i »/h3
p/brOutre la falsification du réel, on assiste à la criminalisation – voire à la pathologisation – à outrance des « fauteurs de trouble », constamment exclus du « corps social » dominant. La ligne directrice des propagandistes de CNews repose ici sur la fabrication d'antagonismes ethno-sociaux, utilisés comme autant de leviers pour mieux politiser et attiser la haine de « l'autre ». « iInjuste est cet instant où l'honnête se barricade [et] où le voyou exulte/i », synthétise Eliot Deval. Le présentateur Thomas Bonnet paraphrase en opposant « iles honnêtes gens d'un côté, ceux qui se lèvent, qui font tourner l'économie, qui ouvrent leurs magasins, et puis ceux qui en quelques secondes […] vont tout casser/i ». Même procédé chez sa consœur Élodie Huchard : « iOn se dit parfois, ces racailles, ces casseurs, ils ont presque gagné parce que nous, on change nos habitudes ; eux, en revanche, ils continuent./i »/p
pOmniprésent, le diptyque « eux » / « nous » se décline à l'envi, assorti d'un champ lexical idoine (recension non exhaustive) :/p
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div class='spip_document_16593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/eux_nous.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH425/eux_nous-35097.png?1782896534' width='500' height='425' alt='' //a
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p/brL'exacerbation du ressentiment et de la haine raciale est continue, qu'ils s'expriment sans détour ou « à demi-mot », sur des plateaux où tous les intervenants parlent quoi qu'il en soit le même langage. « iLes racailles, pour ne pas employer le mot "barbares" […], étaient de sortie/i », alerte Eliot Deval, là où Anthony Favalli décrit un Paris « iensauvag[é] par une partie de sa population qui n'aime pas la France, qui n'aime pas son propre pays/i ». Reconverti en commentateur tout-terrain, le général Bertrand Cavallier dépeint quant à lui « iune France […] malade d'une maladie contractée il y a plus de 40 ans, qui est aujourd'hui la maladie des zones de non-droit, la maladie de professeurs qui vivent dans une terreur, qui ne peuvent plus enseigner librement, de médecins qui quittent certains quartiers, […] un antisémitisme qui a gagné des zones entières/i ». « iIls ont la haine chevillée au corps/i », ajoute l'éditorialiste Caroline Pilastre sur un autre plateau, tandis que le journaliste Radouan Kourak les qualifiera plus tard encore de « iterroristes/i » : « iIls terrorisent la population, ils brûlent, ils cassent et vraisemblablement, ils peuvent tuer. […] Provoquer des incendies, provoquer de la casse met en danger la population./i »/p
pJoachim Le Floch-Imad ne prend lui non plus aucune pincette à l'heure d'en appeler à la « irecivilisation de la société tout entière/i ». « iL'essentiel d'entre eux est irrécupérable/i », soutient-il à propos de jeunes « iqui sont pour une grande partie d'entre eux issus de l'immigration extra-européenne non assimilée/i » et qui « ine se sentent pas culturellement Français pour la plupart/i » : « iOn a aujourd'hui une partie du pays, minoritaire certes, qui en déteste la majorité./i » Son confère Amaury Bucco confirme dans l'émission suivante : « iParfois, il y a des drapeaux algériens, moi j'ai vu des drapeaux africains, etc. Parfois, ils sont Français, mais je veux dire, on sent que leur identité revendiquée n'est pas française./i » Et de travailler le racisme sans relâche :/p
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pstrongAmaury Bucco :/strong Si les Japonais n'agressent pas d'autres Japonais dans la rue, ce n'est pas parce qu'ils ont peur de la garde à vue, c'est une question de mœurs avant tout. Et pour moi le problème en France, c'est une question de mœurs, c'est pas tellement une question de réponse sécuritaire./p
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pGilles-William Goldnadel est évidemment sur la même longueur d'ondes dans l'émission « Face à face », qui en profite pour célébrer les manifestations du « ivieux peuple anglais/i » contre « il'immigration invasive/i ». Pourquoi ? « iParce que le seul sujet, c'est celui-là ! Faut pas se tromper, c'est le seul sujet./i » Et l'agitateur d'ajouter ses obsessions personnelles à la bouillie raciste :/p
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pstrongGilles-William Goldnadel :/strong La France […] est le pays où sans doute, un parti taxé d'antisémite et d'anti-Français a chauffé à blanc – si j'ose dire ! – […] cette population jeune pour leur instiller, leur inculquer la haine de la France et des Français./p
/blockquote
pEt de stigmatiser sans relâche ces « ifils d'immigrés […] qui ont été dressés à mordre/i », notamment par La France insoumise, décrit comme parti politique « iraciste/i » et « ihaineux qui devrait être interdit à ce stade de la détestation de la France et des Français/i ». Le tweet de Clémence Guetté appelant à ne pas sombrer dans la « irépression violente/i » ? « iElle est là pour émasculer le pouvoir français/i, fulmine Goldnadel. iElle a réussi à émasculer le pouvoir français et elle demande à ce que le pouvoir français continue d'être émasculé./i » Il conclut en toute quiétude : « iJ'en veux beaucoup moins à cette population-là qui a été dressée contre les Français que contre les mauvais Français eux-mêmes qui leur ont inculqué la haine de la France et des Français./i »/p
pLe diagnostic étant unanimement partagé, ne reste plus aux commentateurs qu'à préconiser leurs « solutions ». Prison, peines planchers, loi anticasseurs et « casseur-payeur », massification des drones, assignations à résidence et interdictions de déplacements… De plaidoyers autoritaristes en surenchère pénale, en passant par une exaltation systématique de la force, le projet de société préconisé par CNews est parfaitement balisé. Il a d'ailleurs ses porte-parole tout trouvés : si Bruno Retailleau et le RN sont souvent cités en exemple par les journalistes, ces derniers ne manquent pas de s'en remettre aux syndicalistes policiers s'agissant du volet « revendicatif ». « iIl faut maintenant que cette haine dans notre pays, qui circule dans les veines de ces personnes, cette haine, elle doit vraiment être contenue/i », résume le syndicaliste Benoît Barret (Alliance) sous les regards bienveillants du plateau. Quant à savoir comment les pouvoirs publics comptent contenir la haine bien réelle déversée à flux continu par une chaîne d'extrême droite bénéficiant d'une fréquence publique…/p
p/brstrongPauline Perrenot/strong et strongNils Solari/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« Après la victoire du PSG, l'heure des pros de la surenchère », a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/010626/apres-la-victoire-du-psg-l-heure-des-pros-de-la-surenchere" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a, 01/06./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /span« PSG 2025 vs France 98 : et si les vrais ultras étaient chez Bolloré ? », a href="https://www.arretsurimages.net/chroniques/les-enerve-es/psg-2025-vs-france-98-et-si-les-vrais-ultras-etaient-chez-bollore" class="spip_out" rel="external"Arrêt sur images/a, 02/06/2025./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanMediapart (11/06) a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/100626/jordan-eborgne-par-un-tir-de-lbd-je-suis-alle-voir-le-match-du-psg-et-la-fin-de-la-soiree-j-ai-un-oeil-en" class="spip_out" rel="external"rapporte/a qu'« iau moins deux adolescents de 13 et 14 ans ont perdu un œil lors d'interventions de police/i » et fait état de « i1 832 cartouches de LBD […] tirées [en une nuit] en France hexagonale et outre-mer/i », c'est-à-dire « ipresque la moitié des 4 047 munitions de LBD tirées par la police française pendant toute l'année 2024/i ». Deux témoignages d'éborgnement supplémentaires ont été recueillis par Blast (a href="https://www.youtube.com/watch?v=TLgag9pSS0c" class="spip_out" rel="external"23/06/a et a href="https://www.youtube.com/watch?v=D3A2fp63vzo" class="spip_out" rel="external"25/06/a)./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanSur RMC (01/06), le responsable du RN a notamment déclaré : « iJe dis aux Français : réveillez-vous parce que dans quelque temps, ils casseront la porte des immeubles et ils rentreront dans vos appartements./i »/p
/divdiv id="nb5"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanEn dehors des « flashs infos » qui ponctuent ces plateaux de commentaire, totalement marginaux. Sont donc concernées les émissions suivantes : « L'heure des pros Week-End », « 100% Actu », « Midi News Week-End », « Punchline Week-End », « Face à face » et « L'heure des pros 2 Week-End », « 100% Politique Week-End »./p
/divdiv id="nb6"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanEn dehors de quelques bégaiements de… Sarah Saldmann, qui tentera de mettre un (semblant de) cadrage social sur la table !/p
/div/div
…ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire br /La récente canicule a ouvert des questions politiques et pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l'usage des cours d'eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du canal Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu'un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/lundi-matin"Lundi matin/a/b/div
Depuis 16 ans, environ 400 habitants participent à un projet autogéré et communautaire dans le quartier de Prosfygika, situé entre le commissariat central et le tribunal d'Athènes. Ils y occupent et font vivre huit blocs d'immeubles, comptant 228 appartements, construits dans les années 30. Depuis plusieurs mois maintenant, les autorités régionales de l'Attique cherchent à évacuer le quartier pour remettre la main sur ces immeubles dans le cadre d'un plan de rénovation urbaine. Face à ce qui a tous les traits d'une opération de gentrification, la communauté de Prosfygika ne se laisse pas faire et exige l'annulation de ce projet, lui préférant une rénovation autogérée et le maintien de leur auto-organisation.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Dialectik Football/a/b/div
Ciblage délibéré des enfants par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. br /C'est la conclusion d'un important rapport d'une commission de l'ONU publié ce 18 juin, repris à travers le monde et qui confirme qu'Israël commet un génocide à Gaza. br /Rappelons que plus de 20 000 enfants ont été tués dans la bande de Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025. Plus de 40 000 ont été blessés et plus de 58 500 ont aujourd'hui perdu au moins un parent ou sont devenus orphelins.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Là-bas si j'y suis/a/b/div
Ciblage délibéré des enfants par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. br /C'est la conclusion d'un important rapport d'une commission de l'ONU publié ce 18 juin, repris à travers le monde et qui confirme qu'Israël commet un génocide à Gaza. br /Rappelons que plus de 20 000 enfants ont été tués dans la bande de Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025. Plus de 40 000 ont été blessés et plus de 58 500 ont aujourd'hui perdu au moins un parent ou sont devenus orphelins.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Là-bas si j'y suis/a/b/div
À l'occasion d'une première tentative d'expression, en son nom propre, sur les réseaux sociaux, l'autrice fait l'expérience somme toute commune de recevoir une réponse problématique. En revenant sur quinze ans d'utilisation des réseaux sociaux, elle reparcourt l'usage qu'elle en a fait et partage sa (demi-)surprise quant à la violence antiféministe qu'elle reçoit.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div
Contrôlée par Vincent Bolloré, l'enseigne détient le quasi-monopole de la vente de presse et de livres dans les gares françaises, grâce à un contrat avec la SNCF renouvelé en 2023. La forte visibilité des titres d'extrême droite et le récent refus de distribuer un livre-enquête sur Bernard Arnault nourrissent les soupçons d'instrumentalisation politique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/observatoire-des-multinationales"Observatoire des multinationales/a/b/div
Les sénatrices de la délégation aux droits des femmes appellent à faire de la lutte contre le masculinisme « une priorité de politique publique ». Après sept mois d'enquête, elles décrivent un mouvement politique structuré, alimenté par les réseaux sociaux, qui menace l'égalité entre les femmes et les hommes et constitue, selon elles, un risque croissant pour « la démocratie ».
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Public Sénat/a/b/div
Un collectif de 27 femmes lance un appel direct aux hommes pour qu'ils prennent leur responsabilité dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"La Tribune dimanche/a/b/div
Ils veulent votre visage. Ils appelleront cela « sécurité », « vérification » ou « confirmation de l'âge ». Avant de pouvoir parler, publier ou lire, vous devez d'abord prouver qui vous êtes. Ils ne cherchent pas à connaître votre âge. Ils cartographient votre visage. Il ne s'agit pas d'une vérification de l'âge. Il s'agit d'une vérification de l'identité. Observez le glissement sémantique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"Dans les algorithmes/a/b/div
Le gouvernement envisage d'instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Dans la dernière mouture du texte, adopté en janvier 2026, toutes les hypothèses sont visées par la présomption : « lorsqu'ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l'un des cas autorisés ». Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d'un blanc-seing donné aux forces de l'ordre.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Flagrant déni/a/b/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH85/montage_bloch-4d178.jpg?1782721441' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt="" /
div class='rss_chapo'pMarc Bloch et son épouse Simonne Vidal sont entrés au Panthéon mardi 23 juin, sous un cortège de commentaires dépolitisants et de falsifications de la mémoire de l'historien résistant./p/div
div class='rss_texte'pFrance Culture, jour de panthéonisation. Guillaume Erner reçoit l'historien au Collège de France Patrick Boucheron, qui signe la postface de iMarc Bloch, l'histoire en résistance/i (Seuil, 2026). Les premières questions du présentateur des « Matins » sont convenues et attendues, en ce jour de célébration républicaine. Boucheron déroule sur la « irévolution/i » apportée par Bloch dans la méthode historique, son ouverture aux autres sciences sociales et sur l'héritage épistémologique de ce dernier. Après le journal de 8h, Boucheron est rejoint en studio par l'historienne Alya Aglan, qui signe iLa double mort de Marc Bloch/i (Champs, 2026). L'entretien se poursuit sur de bons rails et la spécialiste de l'histoire de la Résistance se montre particulièrement éloquente. Jusqu'ici, tout va bien./p
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h3 class='article_intertitres'Guillaume Erner, ou l'art de saboter une interview/h3
p/brC'est après 30 minutes que l'entretien dérape : comme souvent, Guillaume Erner ne peut s'empêcher de ramener la discussion a href="https://www.acrimed.org/Guillaume-Erner-et-la-critique-des-medias"à ses obsessions personnelles/a. Le présentateur tente ainsi très maladroitement de s'appuyer sur une célèbre citation extraite de iL‘étrange défaite/i – ouvrage dans lequel Bloch évoque son rapport au judaïsme – pour essayer de faire réagir ses invités à sa petite analyse sur l'antisionisme contemporain. Le rapport ? Il n'y en a aucun. Ce qui va avoir le don d'agacer les deux historiens./p
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pstrongGuillaume Erner :/strong [Marc Bloch] conclut : « Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. » Or, Patrick Boucheron en ce moment, il y a une résurgence – en tout cas, c'est mon analyse – de l'antisémitisme, et d'un antisémitisme qui parfois utilise d'autres visages, avec un certain nombre de termes. Comme l'antisémitisme est devenu un crime, l'antisémitisme politique n'est plus envisageable, alors on utilise d'autres termes, on traite des gens, par exemple, qui n'ont jamais pris de position particulière par rapport à Israël, de « sioniste » voire de « génocidaire »… Qu'est-ce que ça vous inspire cette période particulière, Patrick Boucheron ?/p
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pLe professeur au Collège de France se montre une première fois décontenancé par cette question très alambiquée, sans rapport avec Marc Bloch. Sa réponse est nette :/p
blockquote class="spip"
pstrongPatrick Boucheron :/strong Et donc, il faudrait dire que Marc Bloch est sioniste parce que… ? […] C'est une faute, c'est une faute historique que de le dire, puisque objectivement, il ne l'est pas »/p
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pErner, n'accepte pas cette tentative de recadrage et insiste lourdement :/p
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pstrongGuillaume Erner :/strong La question que je posais est différente, Patrick Boucheron […]. C'est celle de savoir tout simplement si un certain nombre d'effacements que l'on voit aujourd'hui et qui sont bien réels dans l'université française, effacements de personnes qui sont traités de « sionistes » […], est-ce que ceci ne s'assimile pas tout simplement à de l'antisémitisme ? Et la glorification de Marc Bloch n'est-elle pas l'une des stratégies de récupération […] ? Mais aussi une forme de célébration d'un juif mort qui est, dans ce contexte, moins gênant que d'autres juifs vivants ?/p
/blockquote
p« iNe recommençons pas l'assignation/i », cingle alors l'historienne Alya Aglan, qui rappelle que « isous Vichy, c'est la loi qui […] désigne [Marc Bloch] comme juif/i ». Ce nouveau recadrage ne suffit pas à Guillaume Erner, qui revient à la charge. Cette fois, le très mesuré Patrick Boucheron refuse de coopérer :/p
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pstrong- Guillaume Erner :/strong Mais Patrick Boucheron, les résonances actuelles ?/p
pstrong- Patrick Boucheron :/strong Non, non, mais ça, on vous laisse parler tout seul./p
pstrong- Guillaume Erner :/strong Mais pourquoi ?/p
pstrong- Patrick Boucheron :/strong Mais parce qu'aujourd'hui on est dans un autre sujet…/p
/blockquote
pL'échange installe un malaise dans le studio. Mais Erner n'entend rien et tente une relance évasive. Boucheron refuse à nouveau de mordre à l'hameçon : « iQuelle est la question ? Je vous ai répondu…/i » Rien n'y fait : le présentateur s'obstine à (re)demander si l'antisionisme n'est pas « itout simplement de l'antisémitisme/i » en prenant une nouvelle fois l'historien panthéonisé en caution, lequel faisait dialoguer l'histoire avec le présent. « iOui, mais avec une responsabilité vis-à-vis du passé, et vis-à-vis du présent/i », rebondit sèchement Patrick Boucheron… Bref : Guillaume Erner, ou a href="https://www.acrimed.org/Guillaume-Erner-face-a-Francesca-Albanese"l'art de saboter une interview/a./p
/br
h3 class='article_intertitres'« iNi droite, ni gauche/i » : opération dépolitisation/h3
p/brLe matinalier de France Culture n'est pas le seul éditocrate à avoir brillé au cours de cette séquence. Beaucoup vont notamment reprendre à leur compte le cadrage qui s'était imposé partout les jours précédents au cours d'un énième épisode de dépolitisation journalistique, sur fond d'appel à « l'unité nationale » : fallait-il exclure l'extrême droite de la cérémonie de panthéonisation, comme l'a expressément demandé la famille de Marc Bloch ?/p
pPoser une question aussi absurde revient normalement à y répondre. Sur France Inter (23/06), Duhamel la formule quand même face à Suzette Blochspan class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Benjamin Duhamel : « Pourquoi est-ce que vous avez considéré que le RN (…)" id="nh1"1/a]/span, petite-fille de Marc Bloch et dépositaire de son œuvre. « iC'est naturel/i, répond cette dernière. iLe RN sont les héritiers des Waffen-SS qui ont tué mon grand-père. […] Il faut être clair : Marc Bloch était antifasciste. […] c'était clairement un homme de gauche./i » Voici donc ce qu'ont tenté de faire oublier les journaux et les plateaux des jours durant./p
pIl y a d'abord ceux qui, comme iLibération/i (20/06), ont judicieusement tendu le micro à un homme politique… de droite, Édouard Philippe en l'occurrence, lui permettant de ne retenir de Bloch que ce qui l'arrange – ici le soldat et le patriote. Il y a ceux, ensuite, qui ont profité de l'événement pour écrire l'hagiographie non pas de l'historien résistant et antifasciste… mais d'Emmanuel Macron ! Ce fut le cas de Daïc Audouit sur France Info, par exemple, pour lequel « isituer politiquement l'héritage politique de Marc Bloch n'est pas aisé/i », et qui est donc allé demander de l'aide à un ancien ministre macroniste (aujourd'hui député, membre de Place publique) pour ce faire : « iBloch, c'est ni droite, ni gauche/i »… dixit Aurélien Rousseau. Corinne Lhaïk creusait déjà le même sillon dans iL'Opinion/i (22/06), dans un article supposément consacré à la panthéonisation de Marc Bloch, mais en réalité totalement à la gloire du président de la République, au terme duquel la journaliste cite anonymement « iun ancien conseiller de l'Élysée/i » : « iMacron, c'est Marc Bloch, capable de théoriser nos angles morts, nos points aveugles. Et il en est victime./i »/p
pEt puis il y a surtout ceux qui ont parasité la couverture de la panthéonisation de Marc Bloch, en accordant une place démesurée à la « polémique » (attisée par les droites) sur la présence – ou non – de l'extrême droite à la cérémonie. La question a semblé cruciale à de nombreux journalistes, qui l'ont déclinée sur tous les tons. Froid et informatif : « Marc Bloch : sa famille ne veut pas voir l'extrême droite au Panthéon » (France Info) ; neutre et dépolitisant : « France : la panthéonisation de Marc Bloch soulève des débats » (RFI) ; ou encore, outré et sensationnaliste : « Croisade contre l'"extrême droite", héraut du souverainisme… Pourquoi l'héritage intellectuel de Marc Bloch fait polémique ? » (iLe Figaro/i) Quant à savoir pourquoi ce titre du iFigaro/i n'en a déclenché aucune…/p
pComme souvent, iLe Figaro/i s'est particulièrement distingué dans cet exercice. D'abord avec cet article du 24 mai, dans lequel Paul-François Paoli s'étonne que l'historien antifasciste, donné par des collabos français et abattu par la Gestapo, se fasse « iembarquer/i » par « ides historiens militants […] dans leur croisade contre "l'extrême droite"/i » – les guillemets à extrême droite sont authentiques. Puis, le jour de la panthéonisation, le même iFigaro/i publie un hommage somme toute classique, immédiatement modéré par un éditorial « contre-point » du rédacteur en chef, Guillaume Tabard (23/06). Son titre est sans appel : « Un hommage national ne peut exclure personne ». Son combat personnel ? Faire campagne pour que l'extrême droite puisse assister à l'hommage d'un homme qu'elle a assassiné il y a 90 ans : « iSi l'avis d'une famille compte, le propre d'une entrée au Panthéon n'est-il pas de faire accéder une figure particulière à une sorte de propriété nationale, donc collective ?/i » Pour la première fois de sa vie, Guillaume Tabard est favorable à la propriété collective. Gourmand, le journaliste ajoute une autre insanité : « iFaut-il interdire à un adversaire passé ou supposé de lui rendre hommage ?/i » Nous ne saurons pas qui, des fascistes français ou allemands, désigne Guillaume Tabard en parlant d'adversaire « ipassé ou supposé/i »…/p
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h3 class='article_intertitres'De réécritures de l'histoire en diabolisation de la gauche/h3
p/brLa « polémique » sur la présence ou non de l'extrême droite a pris tellement de place dans la presse qu'une partie des commentateurs se sont retrouvés comme une poule devant un couteau face aux images de la cérémonie. En effet, la famille de Marc Bloch s'y est affichée en photo tout sourire aux cotés de l'état-major de La France insoumise./p
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div class='spip_document_16576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-06-29_a_09.51_58.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH513/capture_d_e_cran_2026-06-29_a_09.51_58-cfaf0.png?1782721441' width='500' height='513' alt='' //a
/figure
/div
p/brPas de quoi étonner celles et ceux qui avaient entendu Suzette Bloch rappeler sur France Inter que son grand-père était « iclairement un homme de gauche/i », « iantifasciste/i », et que ses valeurs s'étaient « itransmises jusqu'à eux/i » ; mais de quoi provoquer un désarroi monumental chez tous les contempteurs de ce mouvement politique qui, comme Guillaume Erner, se sont auto-convaincus que l'antisémitisme était l'apanage des Insoumis – et le font savoir à grands cris./p
pSur le plateau de « 28 Minutes » (Arte, 26/06), Renaud Dély peine ainsi à contenir son agacement – « iC'est un acte politique, très clairement… C'est une forme de récupération…/i » – et s'empresse ensuite de couper court à la critique (sans doute un peu trop poussée à son goût) qu'exprime l'historien Léo Rosell à propos de la réécriture de l'histoire par l'extrême droite. La parole est à l'essayiste réactionnaire Noémie Haliouaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Membre du comité éditorial de La nouvelle revue politique, dont la (…)" id="nh2"2/a]/span, qui profite du tapis rouge et ne sera, elle, nullement interrompue :/p
blockquote class="spip"
pstrongNoémie Halioua :/strong La France insoumise ne représente pas du tout l'idéal républicain que portait Marc Bloch. […] La République, c'est l'intégration, c'est l'idée que les gens qui viennent d'ailleurs rejoignent l'idéal français. Or, la « nouvelle France » [de LFI], c'est exactement l'inverse ! C'est de dire : « Nous arrivons en France et nous voulons imposer nos codes aux autres. » Ce sont des logiciels extrêmement différents./p
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pCroyez-en l'expertise de Noémie Halioua !/p
pSur le réseau social X également, les réactions déconfites pleuvent. Florilège du commentariat bourgeois en pleine panique, devant l'échec de son opération dépolitisation/récupération :/p
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pstrong- Rudy Reichstadt :/strong Cette photo, j'avoue que je n'étais pas prêt. Je veux croire que c'est l'une de ces ironies de l'histoire sur lesquelles Marc Bloch aurait probablement écrit des choses lumineuses./p
pstrong- Géraldine Woessner :/strong Je n'ai jamais compris cette révérence grotesque, largement entretenue par les médias, envers les enfants ou petits-enfants d'untel ou unetelle… La vertu ne s'hérite pas. Elle n'est pas inscrite dans les gènes./p
pstrong- Eugénie Bastié :/strong Illustration de la capacité infinie à s'indigner des turpitudes d'hier en se donnant le beau rôle tout en s'aveuglant complaisamment sur celles d'aujourd'hui./p
pstrong- Denis Olivennes :/strong On dit Marc Bloch ou Marc Bloche ?span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Denis Olivennes fait ici très probablement référence à la « polémique » sur (…)" id="nh3"3/a]/span/p
pstrong- Frédéric Haziza :/strong Ainsi Manuel Bompard, le sous-chef de la meute « passionnément antisémite » ose se livrer à une opération de récupération politique en s'appropriant la mémoire de Marc Bloch assassiné par les nazis parce que né Juif. […]/p
pstrong- Jean Quatremer :/strong On est souvent trahi par sa descendance... L'intelligence, la vertu, le courage ne sont pas héréditaires./p
/blockquote
pEtc./p
pDans iCauseur/i (24/06), Élisabeth Lévy, jamais avare d'une outrance, s'indigne elle aussi : « iEmmanuel Macron, pourtant garant de l'unité de la nation […] en a donc profité pour faire la chasse à "l'extrême droite"/i » – les guillemets à extrême droite sont encore une fois authentiques. Dans iL'Opinion/i également, la panthéonisation de Bloch est l'occasion de parler de la « ipoussée des extrêmes/i » : « iÀ gauche avec Jean-Luc Mélenchon et le discours antisémite développé par La France insoumise. À droite avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella pour le Rassemblement national et ses penchants autoritaires et antieuropéens./i » Le « quotidien libéral » de Bernard Arnault ne met donc pas Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sur le même plan, il fait pire : le premier porterait un « idiscours antisémite/i », quand la seconde n'a que des petits « ipenchants/i » problématiques./p
pDans cette ambiance, la bride est lâchée sur CNews (24/06) : « iQu'est-ce qui restera de Marc Bloch hier ? La France Insoumise !/i », s'emballe Pascal Praud. Sa chroniqueuse Eugénie Bastié, recrutée par le service public pour les futures interviews des candidats à l'élection présidentielle, donne un avant-goût de sa finesse d'analyse : « iVoir Marc Bloch célébré par les centristes bureaucrates et le parti des nouveaux antisémites, il y a quelque chose de savoureux là-dedans./i » Fustigeant ensuite le « itropisme d'extrême gauche/i » de Suzette Bloch, elle ajoute : « iJ'ai trouvé très choquant qu'elle appelle à ce que le RN soit exclu de la cérémonie./i » « iC'est une honte totale/i », renchérit Éric Naulleau avec des accents maurassiens : « iQue cette cérémonie soit récupérée par ce qui est devenu un parti de l'étranger, c'est une honte pour la France./i » Bref, pendant 25 minutes, le plateau d'extrême droite n'a que faire de Marc Bloch et ne discute que de La France insoumise. Praud verbalise d'ailleurs son désintérêt pour Bloch : « iC'est-à-dire que c'est… Pfff… Y a vraiment, y a d'autres priorités, on va le dire comme ça…/i ». Et de livrer son bilan de l'événement : « iOn célèbre La France insoumise au Panthéon ! Emmanuel Macron célèbre La France insoumise au Panthéon ! On en est là…/i »/p
/br
h3 class='article_intertitres'Quand le pôle réactionnaire pousse son agenda/h3
p/brAu même moment sur France Inter, les deux matinaliers reçoivent le député RN Jean-Philippe Tanguy (24/06) et lui proposent… de répondre aux déclarations de Suzette Bloch, à sa place la veille. Mieux : la chaîne YouTube de France Inter met en scène cette réponse dans un « short » destiné à « buzzer » sur la plateforme américaine. Celui-ci est titré : « Jean-Philippe Tanguy répond à Suzette Bloch ». Ce qui nous amène à cette question : qu'aurait fait de différent la chaîne YouTube du Rassemblement National ?/p
pLes flots de commentaires réactionnaires entourant la panthéonisation de l'historien résistant ne vont malheureusement pas s'arrêter là. Après La France insoumise, c'est au tour de Patrick Boucheron d'être repeint… en odieux antisémite. La contradiction qu'il opposa à Guillaume Erner dans la matinale de France Culture et son refus de parler d'autre chose que de Marc Bloch – c'est-à-dire d'entériner l'analyse droitière du « inouvel antisémitisme/i », apanage de la gauche (et des musulmans) –, n'est pas passée dans les rédactions de droite./p
pLe jour même de l'entretien, une offensive est lancée depuis les pages du iPoint/i, rapidement relayée par iL'Express/i et Atlantico. Sous la plume de son « grand reporter » Saïd Mahrane, iLe Point/i est à deux doigts de qualifier Patrick Boucheron d'antisémite : « iSur France Culture, le professeur au Collège de France a refusé de répondre à une question sur la montée contemporaine de la haine contre les juifs./i » L'article, manifestement pondu à la hâte, parle de « itrahison des clercs/i ». Les sphères réactionnaires s'enflamment sur les réseaux et redoublent de commentaires outranciers. Tous les habitués du comptoir sont au rendez-vous : Sophia Aram, Gilles-William Goldnadel, Ferghane Azihari, Anne Rosencher, etc. Et dans la journée, un illustre toutologue franchit allègrement le pas (X, 24/06) :/p
blockquote class="spip"
pstrongJacques Attali :/strong Le silence de Patrick Boucheron est une marque d'antisémitisme aussi terrible que les insultes les plus explicites. Le professeur d'histoire au Collège de France perd toute dignité et toute légitimité./p
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pComme d'habitude, ce commentariat radicalisé manie l'accusation d'antisémitisme avec une légèreté confondante et irresponsable, dont l'effet est de trivialiser un mot désignant un racisme pourtant bien réel – et dont Patrick Boucheron ne s'est évidemment pas rendu coupable en refusant, un jour de panthéonisation, d'avaliser les obsessions de Guillaume Erner et de toutes les sphères réactionnaires./p
/br
centerstrong***/strong/center
p/brQue pouvait-on attendre du récit médiatique de la panthéonisation de Marc Bloch, dans des médias qui, il y a trois mois à peine, a href="https://www.acrimed.org/Antifascisme-et-LFI-les-medias-brutalisent-le"répétaient en chœur/a que « il'antifascisme est le nouveau fascisme/i » ? La réponse à cette question est, hélas, sous nos yeux : les mêmes biais et partis pris que n'importe quel autre jour de l'année. Mépris du savoir académique, falsifications historiques, diabolisation de la gauche et réhabilitation de l'extrême droite : un comble le jour où il s'agissait de rendre hommage à un universitaire de gauche assassiné par des fascistes./p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanBenjamin Duhamel : « iPourquoi est-ce que vous avez considéré que le RN n'avait pas sa place à cette cérémonie ?/i »/p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanMembre du comité éditorial de La nouvelle revue politique, dont a href="https://nouvellerevuepolitique.fr/qui-sommes-nous/" class="spip_out" rel="external"la composition/a signe une orientation allant de la droite radicalisée à l'extrême droite./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanDenis Olivennes fait ici très probablement référence à la « polémique » sur la prononciation du nom du pédocriminel Epstein, qui a valu à LFI un énième procès en antisémitisme : l'un des pires épisodes de diabolisation de ces trois dernières années./p
/div/div
Faced with constant electricity blackouts and a failing grid, people in Pakistan took matters into their own hands. The result is a lesson for the rest of the world, and also a warning
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"The New World/a/b/div