img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/pigasse-363e5.png?1779463850' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pRetour sur la dernière tournée m'as-tu-vu de Matthieu Pigasse, le « ibanquier de gauche/i » qui se vit comme un rempart face à l'empire Bolloré et un héraut de la « ibataille culturelle/i », « ià disposition/i » pour 2027. Ou comment convertir un capital économique en capital médiatique et politique. Et le journalisme dans tout ça ?/p/div
div class='rss_texte'pLe paysage médiatique français ne manque pas de milliardaires (ou de multimillionnaires) passionnés par la presse au point d'investir leur fortune dans cette activité certes peu rentable, mais bien pratique pour défendre les intérêts de leur groupe industriel, promouvoir leur image publique ou influencer la vie politique. De ce point de vue, le banquier d'affaires Matthieu Pigasse est loin d'être un nouveau venu : en 2005, il négocie la vente de iLibération/i à Édouard de Rothschild ; en 2007, il tente, sans succès, de s'emparer de la présidence du conseil de surveillance du iMonde/i ; groupe Le Monde qu'il rachète en 2010, avec Xavier Niel et Pierre Bergé, avant de céder ses parts a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie/250122/le-monde-matthieu-pigasse-vend-la-moitie-de-ses-parts-xavier-niel" class="spip_out" rel="external"en 2019 puis 2022/a ; il est aujourd'hui propriétaire de Radio Nova et des iInrockuptibles/i, actionnaire du Huffington Post et de la société de production Mediawan (« C à vous », « C dans l'air », etc.)span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Mediawan détient plusieurs boîtes de production, comme Maximal, Réservoir (…)" id="nh1"1/a]/span ; et il envisagerait, selon les informations du site a href="https://www.satellifacts.com/news/revue-de-presse/matthieu-pigasse-groupe-combat-en-piste-pour-lancer-une-chaine-d-info-en-continu-de-gauche-sur-la-tnt" class="spip_out" rel="external"Satellifacts/a, de « ilancer une chaîne d'info en continu de gauche sur la TNT/i »…/p
pMais depuis quelques mois et dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, celui que toute la presse de droite présente dorénavant comme « ile Bolloré de gauche/i » ne se contente plus de mener son « combat » (c'est le nom de son groupe de presse) via l'influence supposée de sa radio ou de ses journaux : après avoir été en bonne place dans les cabinets de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius au ministère des Finances entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 sous les gouvernements Jospin – dont on retiendra d'ailleurs quelques faits d'armes assurément très « à gauche »span class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple un aperçu de son CV dont s'enorgueillissait Le Monde en (…)" id="nh2"2/a]/span… –, le banquier cherche de nouveau à se ménager une place de premier plan sur la scène politique. Il se « itient prêt/i », « in'écarte aucune hypothèse/i », « iest à la disposition de la gauche/i » et se démultiplie dans les médias pour le faire savoir./p
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h3 class='article_intertitres'« iUn banquier de gauche/i » qui « ise tient prêt/i »/h3
p/brUn capitaliste qui possède des titres de presse dispose de plusieurs façons d'exercer son pouvoir. Matthieu Pigasse, lui, semble se servir de son « aventure éditoriale » (et du succès des humoristes qu'il finance) pour se fabriquer une image publique de « banquier de gauche », mais aussi de « présidentiable » et s'octroyer au passage une place démesurée dans le débat politique. Une place que lui accordent sans rechigner journaux et télévisions, et que le banquier d'affaires ne peut accaparer ique/i du fait de sa position sociale… et parce qu'il investit dans la presse./p
pLe voici donc en tournée médiatique pour, dans le même souffle, parler des audiences de Nova et des échéances de 2027. Si le marathon n'est pas aussi intense qu'a href="https://www.acrimed.org/La-tournee-mediatique-triomphale-de-Matthieu-Pigasse"en 2014/a – lors de la parution d'un ouvrage que iLes Échos/i décrivaient déjà avec quelque cocasserie comme « ile cri d'alarme d'un banquier de gauche/i » –, Matthieu Pigasse n'en est pas moins reçu avec les honneurs dans des cases « prestigieuses » et parmi les plus exposées de l'audiovisuel, comme « Quotidien » (TMC, 21/04) ou encore les « Matins » de France Culture (23/04). Au cours de ces entretiens, Pigasse est présenté alternativement comme un « ibanquier de gauche/i », « ile banquier qui veut taxer les riches/i », voire un banquier… « icontre le capitalisme/i » ! Il se pose tantôt en spécialiste de l'économie, tantôt en analyste de la géopolitique ; il se fait pourfendeur des inégalités et chevalier de la « ibataille culturelle/i » ; il parle de la « ibonne et de la mauvaise finance/i », mais aussi de « il'union de la gauche/i » ; et n'oublie jamais de signaler qu'il est « idisponible/i » pour 2027./p
pLa presse écrite s'engouffre bien évidemment dans les portes laissées ouvertes, quand bien même elle ne tient là aucun « scoop ». Dans la période récente en effet, l'affairiste avait déjà affiché publiquement ses ambitions politiciennes : en janvier par exemple, il « in'exclu[ait] rien/i » au micro de la matinale de France Inter, déclarait vouloir « ipeser sur 2027/i », et tous les journaux s'en faisaient l'écho. Dépêche AFP, reprises dans iLibération/i ou iLe Monde/i, édito a href="https://www.lepoint.fr/editos-du-point/fog-lincroyable-m-pigasse-part-en-campagne-RMWUWCUAVVHHDP5TMJA4HVAIRM/" class="spip_out" rel="external"enflammé/a de Franz-Olivier Giesbert… En septembre 2025 encore, il était invité de l'émission « L'Événement » sur France 2, interrogé à propos de « il'instabilité politique/i » et de la « icrise budgétaire/i » par une brochette de quatre commentateurs, au même titre – et dans le strict même dispositif – que trois responsables politiques, en l'occurrence Jordan Bardella (RN), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et la ministre des Comptes publics de l'époque, Amélie de Montchalin (Renaissance)./p
pDepuis, la presse politique toutes tendances confondues n'a pas cessé de le positionner « dans la photo », souvent à propos d'une hypothétique « union de la gauche ». Dans la foulée de ses apparitions audiovisuelles, le voici à Liffré, « iau grand raout des sociaux-démocrates/i » (iLe Figaro/i, 29/04), en compagnie de la gauche qui se désigne elle-même comme « inon-mélenchoniste/i » (iLibération/i, 27/04). Le 26 avril, Matthieu Pigasse donne un grand entretien à iOuest-France/i, titré tout en finesse : « Je suis disponible pour la gauche ». Ce voyage en Bretagne va faire les choux gras de la presse politique, d'autant que cette dernière aura l'occasion de se mettre sous la dent une anecdotique « embrouille » entre Raphaël Glucksmann et Matthieu Pigasse – le premier aurait esquivé un débat avec le second. « iÀ quoi joue Matthieu Pigasse en ciblant Raphaël Glucksmann ?/i », se demande ainsi Antoine Oberdorff dans iL'Opinion/i (27/04). Le bruit médiatique nourrissant le bruit médiatique, la co-construction d'une éventuelle candidature de Matthieu Pigasse bat son plein, lequel figure d'ailleurs dans les énumérations des « candidats potentiels à gauche ». Les spéculations sont aussi bien entretenues dans iLa Tribune Dimanche/i (03/05) que dans a href="https://regards.fr/pigasse-sur-orbite-presidentielle/" class="spip_out" rel="external"iRegards/i/a (27/04) :/p
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pstrongCatherine Tricot :/strong Les socialistes ne manquent pas de prétendants mais aucun ne s'impose. Le flop du groupement Glucksmann/Jadot/Vallaud complique encore l'équation… alors que le temps presse. Un homme coche de nombreuses cases : le millionnaire Matthieu Pigasse. La fusée est sur le pas de tir./p
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pTristesse de la prose des journalistes politiques : la métaphore, à vocation performative, est identique à celle que mobilisait iL'Obs/i en mars 2016 pour propulser à la Une… « ila fusée Macron/i »./p
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h3 class='article_intertitres'« iDeux faces d'une même pièce/i » : Bolloré vs Pigasse ?/h3
p/brCela dit, difficile de parler ici d'unanimisme. À force de mettre en avant son activisme éditorial et de se positionner en dernier rempart contre l'extrême droite prédatrice, le banquier d'affaires s'est en effet attiré les foudres de la presse conservatrice et réactionnaire, fachosphère incluse. Le 10 mai notamment, une « polémique » est lancée sur les réseaux après une chronique humoristique de Pierre-Emmanuel Barré dans l'émission « La Dernière » (Radio Nova). Le groupe Bolloré (CNews, Europe 1, iLe JDD/i notamment), iLe Figaro/i, iLe Point/i, Géraldine Woessner, Sophia Aram, Eugénie Bastié… et bien plus largementspan class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir par exemple le billet de Daniel Schneidermann dans Libération (15/05)." id="nh3"3/a]/span : toutes et tous y vont de leur petite chronique ou de leur petite indignation. Radio Nova, qui n'est pas une radio d'information générale, serait ainsi le « iCNews inversé/i » (Caroline Fourest, X, 11/05) et Pigasse est campé en « iBolloré de gauche/i ». « iVous êtes comme les deux faces d'une pièce ?/i », demandait Yann Barthès à l'intéressé quelques semaines plus tôt (« Quotidien », 21/04)./p
pUne question reprise dans iFranc-Tireur/i (13/05) par Thierry Keller, qui livre du même coup sa réponse : « iQuand Bolloré soutient l'union des droites, quitte à faire monter l'extrême droite raciste, le second soutient l'union des gauches, quitte à faire grimper l'extrême gauche antisémite./i » L'hebdomadaire porte même Matthieu Pigasse à la Une, reconverti cette fois en « Bolloré de Mélenchon », tandis qu'en guise de consécration, le banquier d'affaires fait l'objet de la quasi-totalité de la chronique de Caroline Fourest dans « 24h Pujadas » (LCI, 12/05), où entre autres outrances, on entendra celle-ci : « iRadio Nova, il en a fait Radio Gaza./i »/p
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div class='spip_document_16537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/franctireur_pigasse.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH545/franctireur_pigasse-15a3c-9b706.png?1779463850' width='400' height='545' alt='' //a
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p/brPluralisme oblige, c'est dans iLes Échos/i (19/05) que la franc-tireuse Tristane Banon s'en va combattre « il'ultra-gauche décomplexée/i » sévissant au micro de Nova :/p
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pstrongTristane Banon :/strong [S]i une démocratie peut survivre à des organes de presse engagés, comment s'assurer qu'elle tienne bon face à des médias transformés en artillerie partisane. D'autant que le « combat » de Matthieu Pigasse épouse les contours d'une gauche radicalisée, fascinée par le bruit, la conflictualité permanente et l'indignation sélective. Quand il ne cautionne pas l'antisémitisme pur et dur, sous couvert de gaudriole. C'est une croisade culturelle qui puise ses idées dans le « mélenchonisme », avec sa dramaturgie du peuple offensé, et son goût du tribunal moral. […] [L]e débat public devient un ring où des médias radicalisés ne cherchent plus à éclairer, mais à galvaniser. C'est ainsi que meurent les nuances : dans le vacarme incessant de guerres culturelles indignes./p
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pAinsi Pigasse se retrouve-t-il au milieu de la photo, au cœur des éditos et des envolées de plateaux. La situation est pour le moins incongrue : les éditorialistes qui lui reprochent son engagement politique travaillent pour des médias appartenant à des magnats (Kretinsky, Dassault, Pinault, Arnault, etc.) qui en font tout autant – a href="https://www.acrimed.org/Monopole-mortifere-de-Bernard-Arnault-sur-la"si ce n'est bien plus/a –, et ne brillent pas spécialement par leur aptitude à la « nuance », ni par leur pondération. Ils sont donc ce qu'on appelle des « gatekeepers » : des acteurs opposés à ce que les participants du grand Monopoly de la presse prennent quelques libertés, mêmes infimes, avec les règles du jeu. Dans un paysage de l'information fonctionnant en circuit fermé – du « cercle de la raison » à l'extrême droite –, le « laisser-faire » de Matthieu Pigasse face à l'émission de « la bande à Meurice » lui attire par conséquent les rodomontades habituelles contre la gauche. Des cris d'orfraie qui nous rappellent d'ailleurs, s'il en était besoin, l'ADN autoritaire des commentateurs dominants, lesquels ne tolèrent pas la moindre existence d'expressions et de récits contestataires au sein des médias « légitimes »./p
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h3 class='article_intertitres'La triple ineptie d'un « iBolloré de gauche/i »/h3
p/brDire cela ne revient pas, en revanche, à accepter le (faux) débat entre « pro » et « anti » Pigasse, ou à valider le portrait (absurde) de Matthieu Pigasse en « Bolloré de gauche ». D'abord, parce que nous laissons aux commentateurs « neutres », « impartiaux » et forcément « raisonnables » la rhétorique fallacieuse des « extrêmes qui se valent », qui met sur le même plan, d'une part, un empire médiatique reposant sur le business de la haine raciste et jouant un rôle central dans la fascisation du débat public, et, d'autre part, une émission radiophonique hebdomadaire faisant la part belle à la satire sociale, à la pensée critique et aux contre-courants minorisés. Ensuite, parce que le signe égal placé entre Pigasse et Bolloré n'est ni plus ni moins qu'un jeu de dupes : en quoi deux ou trois émissions politiques hebdomadaires diffusées sur Radio Novaspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="En plus de « La Dernière », citons par exemple « La Riposte », animée par (…)" id="nh4"4/a]/span feraient-elles le poids face aux grilles quotidiennes de CNews et Europe 1 ? Les quelques pages généralistes des iInrocks/i – mensuel à dominante culturelle, par ailleurs assez peu connu pour ses inclinaisons communistes révolutionnaires – donnent-elles le « la » du débat public en France ? L'émission « La Dernière » influe-t-elle sur l'agenda médiatique au point de réussir à imposer certains de ses cadrages et invités dans le traitement mainstream de « l'actualité » ?/p
pL'idée, ou même, plus modestement, l'expression « Bolloré de gauche » relève à nos yeux d'une triple erreur de perspective :/p
p(1) Premièrement, parce que cela revient à entériner le istatu quo/i en enfermant la question de la propriété des médias dans le cadre capitalistique. Pour véritablement contrer les empires des milliardaires de droite et d'extrême droite, un groupe « de gauche » a forcément vocation à… grossir. C'est précisément dans cette logique que s'abîme l'interview menée par « Quotidien » (21/04). Ainsi, après que le plateau s'est demandé si Matthieu Pigasse était en capacité de rivaliser avec Bolloré, Yann Barthès prolonge « naturellement » le questionnement : « iEst-ce qu'il ne faudrait pas racheter d'autres marques ?/i » ; « iEst-ce qu'il va falloir grossir ?/i » À la concentration capitalistique des médias de droite et d'extrême droite, il faudrait donc opposer une concentration capitalistique des médias « de gauche » – qui ne pourra, par principe, jamais exister dans des proportions similaires. Mais imaginons que ça soit le cas. Nous aboutirions alors, et de manière caricaturée, à un paysage du type : Bolloré pour l'extrême droite, Dassault et Bouygues pour la droite radicalisée, Kretinsky, Saadé et Niel pour le « cercle de la raison » en voie de droitisation accélérée… et Pigasse pour « la gauche ». Est-ce ainsi qu'il faudrait concevoir le pluralisme en France ? Et plus encore : à quel moment le pluralisme (a href="https://www.acrimed.org/Pluralisme-de-quoi-parle-t-on"sous toutes ses formes/a) pourrait-il être déployé à forces égales par des industriels milliardaires ? Le rapport de forces témoigne d'un déséquilibre structurel qui penchera toujours en faveur des intérêts capitalistes, et pour cause…/p
p(2) L'expression « Bolloré de gauche » relève fondamentalement de l'oxymore. Car au-delà de l'idéologie véhiculée par tel ou tel groupe de presse, c'est bien la question centrale du pouvoir – et ici du pouvoir de l'argent – qui se pose... mais que les faux débats autour de ce prétendu « Bolloré de gauche » conduisent justement à évacuer. Peut-on se prétendre « de gauche » et souscrire à l'idée que détenir du capital serait une raison suffisante et légitime pour posséder des médias ? Que vient faire un banquier d'affaires dans le monde des médias et pourquoi peut-il en contrôler à sa guise ? De quelle légitimité peut-il se prévaloir pour avoir son mot à dire sur l'information et les conditions de sa production ? Autant de questions occultées, laissées dans l'angle mort des débats dépolitisés et polarisés par la guerre des titans milliardaires./p
p(3) Enfin, si une telle configuration du débat mène à l'impasse, c'est parce qu'elle revient à s'enfermer dans un paradigme strictement idéologique et à ne percevoir les médias que comme le marché de l'éditorialisme généralisé, en perdant de vue le combat pour la défense de il'information/i en tant que telle. Reprenant chez « Quotidien » le motif « tarte à la crème » de « la bataille culturelle », Matthieu Pigasse entendait définir cette dernière « ijuste en une phrase : c'est le fait de chercher à imposer ses thèmes, ses idées, ses expressions à travers les médias […] avec un objectif, qui est de gagner la bataille électorale/i ». Outre cette conception passablement réductrice et dévoyée du concept de Gramscispan class="spip_note_ref" [a href="#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="À propos de « la bataille des idées » ou de « la bataille culturelle », (…)" id="nh5"5/a]/span, cette déclaration transparente a au moins une utilité : elle nous rappelle encore une fois quel poids le capital entend faire peser sur le débat public en s'appropriant des médias – et les pouvoirs exorbitants qu'il prête à ces derniers. Ne vaudrait-il pas mieux, pour les forces « de gauche », poser la question des conditions matérielles qui permettraient de garantir l'exercice du journalisme en favorisant par exemple le reportage en bonne et due forme, l'enquête au long cours, la critique sociale, un véritable pluralisme, etc., plutôt que de réfléchir aux moyens d'égaler d'autres capitalistes dans le seul but de massifier un « commentariat de gauche » ?/p
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centerstrong***/strong/center
p/brDans la conjoncture actuelle, marquée par une extrême droitisation, par le haut, des médias dominants, Matthieu Pigasse a beau jeu de présenter son groupe de presse comme un « ivillage gaulois qui résiste à l'envahisseur/i » et « iaux forces du mal/i » (« Quotidien », 21/04). Il existe assurément un espace suffisant pour qu'un entrepreneur occupe un tel rôle, et puisse par conséquent en récolter les fruits : une marque de distinction dans le champ symbolique des idées, à faire potentiellement fructifier sur le marché politique. Jusqu'au jour où cet entrepreneur changera son fusil d'épaule… Dès lors, que les « idées » promues par le groupe de presse de Pigasse soient à l'instant T plus progressistes que celles portées par les groupes Dassault ou Bolloré ne change rien à l'affaire, ni au fond de l'analyse quant aux effets néfastes d'un tel accaparement capitalistique de l'information, de l'édition et de la culture. Plutôt que des catégories morales comme le « bien » et le « mal », considérons des catégories matérielles : les « iforces/i » dont il faut protéger la presse, ce sont « iles puissances d'argent/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Expression empruntée au programme du CNR de 1944, « Les jours heureux ». (…)" id="nh6"6/a]/span. Que Mathieu Pigasse incarne aussi bien que n'importe quel autre capitaliste de presse./p
p/brstrongJérémie Younes/strong et strongPauline Perrenot/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /spanMediawan détient plusieurs boîtes de production, comme Maximal, Réservoir Prod, 3e Œil, etc./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanVoir par exemple un aperçu de son CV dont s'enorgueillissait a href="https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/06/matthieu-pigasse-nouvel-actionnaire-du-monde_1436409_3236.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i en 2010/a, juste après l'entrée de Matthieu Pigasse au capital du quotidien : « iTravailleur, il se donne à fond dans la réforme des Caisses d'épargne, la privatisation de France Télécom et d'Air France, la création d'EADS et d'Areva.../i » Voir également « Ce que l'affaire Pigasse révèle sur le capitalisme parisien », a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/020912/ce-que-l-affaire-pigasse-revele-sur-le-capitalisme-parisien" class="spip_out" rel="external"Mediapart, 2/09/2012/a./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanVoir par exemple le billet de Daniel Schneidermann dans a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/humoristes-ecrabouillages-pour-de-rire-par-daniel-schneidermann-20260515_ABJ7QKSKFZDKXHSKWZOSYSFFKI/" class="spip_out" rel="external"iLibération/i (15/05)/a./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanEn plus de « La Dernière », citons par exemple « La Riposte », animée par Akim Omiri, et « Les Grands remplaçants », animée par Djamil le Shlag./p
/divdiv id="nb5"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="appendix"5/a] /spanÀ propos de « la bataille des idées » ou de « la bataille culturelle », (re)lire a href="https://www.acrimed.org/Gramsci-critique-des-medias"notre entretien/a avec le philosophe Yohann Douet, spécialiste d'Antonio Gramsci, et sa recension de l'ouvrage a href="https://www.acrimed.org/Lu-Le-journalisme-integral-d-Antonio-Gramsci"iLe journalisme intégral/i/a (Éditions Critiques, 2022)./p
/divdiv id="nb6"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="appendix"6/a] /spanExpression empruntée au programme du CNR de 1944, « Les jours heureux ». Lire : « a href="https://www.acrimed.org/Petite-histoire-des-ordonnances-de-1944-sur-la"Petite histoire des ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse et de leur destin/a »./p
/div/div
img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/bernardarnault_2025_rs2-47516.png?1779289946' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt="" /
div class='rss_chapo'pÀ propos de la mainmise de Bernard Arnault sur la presse économique./p/div
div class='rss_texte'pLe phénomène de concentration capitalistique des médias vire au monopole dans certains secteurs de l'information. Concernant le journalisme économique, un constat suffit à mesurer l'ampleur du désastre : la quasi-totalité de la presse économique est aujourd'hui détenue par le milliardaire Bernard Arnault et son groupe LVMH./p
pPropriétaire du seul quotidien économique de France, iLes Échos/i, depuis 2007, Bernard Arnault a avalé en 2025 plusieurs « gros » titres de l'information économique, accélérant cette concentration qui tend aujourd'hui au monopole. En juillet 2025 d'abord, LVMH annonce le rachat de Bey Médias, la structure de Nicolas Beytout qui éditait le quotidien iL'Opinion/i (lancé en 2013 avec, déjà, le soutien financier du groupe de luxe) et le journal d'information financière, iL'Agefi/i. Puis, en décembre 2025, Bernard Arnault concrétise une arlésienne et met la main sur les Éditions Croque Futur, qui éditent entre autres le magazine de « ison ami/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="« Bernard Arnault : dans les médias, l'économie, c'est lui », Mediapart, 12/02." id="nh1"1/a]/span Claude Perdriel, iChallenges/i./p
pSi le rachat de Bey Médias se déroule sans accroc – Nicolas Beytout a été PDG du groupe Les Échos –, celui de iChallenges/i, dont LVMH était déjà pourtant un actionnaire important, ne va pas sans polémiques et recours judiciaires. RSF et les syndicats de journalistes (SNJ et SNJ-CGT) a href="https://rsf.org/fr/concentration-des-m%C3%A9dias-la-france-prise-en-d%C3%A9faut-rsf-et-les-syndicats-saisissent-le-conseil-d" class="spip_out" rel="external"saisissent/a en référé le Conseil d'État, brandissant « il'article 22 du règlement européen/i » relatif au contrôle des concentrationsspan class="spip_note_ref" [a href="#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="L'article 22 du règlement 139/2004 du Conseil." id="nh2"2/a]/span ; en parallèle, les syndicats de journalistes a href="https://snj.fr/rachat-de-challenges-par-lvmh-double-offensive-de-rsf-et-des-syndicats-pour-faire-respecter-le/2545" class="spip_out" rel="external"saisissent/a l'Autorité de la concurrence pour « iabus de position dominante/i ». Mais le 18 mars 2026, le Conseil d'État a href="https://www.la-croix.com/culture/apres-le-rachat-de-challenges-des-organisations-de-journalistes-alertent-contre-la-concentration-des-medias-20260312" class="spip_out" rel="external"rejette/a leur requête : « iAucun texte ne donne, en l'état actuel du droit français, compétence à une quelconque autorité, notamment pas à l'ARCOM, pour évaluer les effets d'une cession […] sur le pluralisme des médias et l'indépendance éditoriale/i », a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-03-18/512800" class="spip_out" rel="external"explique/a la haute autorité administrative. La cession de iChallenges/i est donc actée, et le groupe LVMH devient totalement hégémonique sur la presse économique et financière./p
pRésumons le « portefeuille » d'actifs du groupe de presse de M. Arnault :/p
/br
div class='spip_document_16530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'
figure class="spip_doc_inner" a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/bernardarnault_2025.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH409/bernardarnault_2025-99024.png?1779289946' width='500' height='409' alt='' //a
/figure
/div
centersmallExtrait de la carte « a href="https://www.acrimed.org/Medias-francais-qui-possede-quoi"Médias français : qui possède quoi ?/a », Acrimed et iLe Monde diplomatique/i, déc. 2025./small/center
p/brComme le note a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120226/bernard-arnault-dans-les-medias-l-economie-c-est-lui" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a (12/02), les seuls titres « iprestigieux/i » de la presse économique qui ne lui appartiennent pas sont iCapital/i (propriété de Vincent Bolloré) et iLa Tribune/i (propriété de Rodolphe Saadé, journal qui avait déjà connu une a href="https://www.acrimed.org/Suppression-de-la-macroeconomie-a-La-Tribune"mise au pas/a il y a une dizaine d'années). Dans ce paysage dévasté, ne subsistent que quelques médias spécialisés indépendants, comme iAlternatives économiques/i, édité par une société coopérative dijonnaise depuis 46 ans, ou encore L'Informé, fondé par un ex de iCapital/i./p
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h3 class='article_intertitres'Le pouvoir de l'actionnaire/h3
p/brSi Bernard Arnault étend son emprise sur la presse économique, sans que les autorités de régulation n'y trouvent à redire, ce n'est pas par passion pour l'information. Cette maîtrise capitalistique des journaux et magazines lui offre un pouvoir qu'il entend bien exercer. Ainsi, dès le rachat de iChallenges/i, le nouveau propriétaire impose un changement de ligne éditoriale : de magazine défendant selon sa charte « il'économie sociale de marché/i », iChallenges/i devient un magazine favorable à « il'économie libérale de marché/i ». Les journalistes sont priés de signer cette nouvelle charte ou d'aller voir ailleurs si Bernard y est. Une a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/10/motion-de-defiance-de-challenges-sciences-et-avenir-et-la-recherche-contre-lvmh_6666209_3234.html" class="spip_out" rel="external"motion de défiance/a est votée par 84% des salariés des Éditions Croque Futur le 10 février./p
pLe 27 février, a href="https://www.lalettre.fr/fr/medias_presse-ecrite/2026/02/27/challenges--le-cadeau-a-double-tranchant-aux-journalistes,110669435-art" class="spip_out" rel="external"La Lettre/a fait part d'un « icadeau à double tranchant/i » pour les salariés de iChallenges/i : « iEn accordant de généreuses indemnités de départ aux journalistes de Croque Futur dans le cadre de la clause de cession, le groupe de luxe entend réduire les effectifs de Challenges/i », en le recentrant notamment sur son site web. Deux mois plus tard, c'est le directeur de la rédaction Pierre-Henri de Menthon qui annonce son départ sur fond de « idivergences/i » avec le nouvel actionnaire. Puis, fait inédit, la rédaction de Challenges se met a href="https://www.challenges.fr/entreprise/medias/challenges-en-greve-pour-la-premiere-fois-de-son-histoire_642882" class="spip_out" rel="external"en grève/a, à un niveau tel qu'elle empêche la parution du numéro du 22 avril – une première dans l'histoire de ce magazine fondé en 1982. Quatre mois après le rachat, les syndicalistes craignent toujours « iun accident industriel/i » (a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/16/a-challenges-la-redaction-se-met-en-greve-et-redoute-un-accident-industriel_6680481_3234.html" class="spip_out" rel="external"iLe Monde/i/a, 16/04), « ile dispositif qui permet de quitter un média après un changement de propriétaire faisant craindre des départs en masse/i » (a href="https://www.liberation.fr/economie/medias/les-journalistes-de-challenges-en-greve-contre-leur-nouveau-proprietaire-lvmh-20260421_V4O3AQCDNNABZKNIVSMNIAGU64/" class="spip_out" rel="external"iLibération/i/a, 16/04)./p
pCette brutalité dans la reprise en main d'un magazine – qui n'est pourtant pas connu pour être une officine marxiste – marque un raidissement « idans la gestion de la presse par le capital/i », comme le notent Romaric Godin et Mathias Thépot dans a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120226/bernard-arnault-dans-les-medias-l-economie-c-est-lui" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a (12/02) :/p
blockquote class="spip"
pJusqu'ici, à quelques exceptions notables près, le mode de domination passait par l'autocensure, largement pratiquée par les directions éditoriales effrayées par la pression de l'actionnaire et qui, pour conserver leurs postes et – souvent – d'épais salaires, prenaient les devants. Ce qui rendait les interventions directes largement inutiles./p
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pIl semble que le seuil de tolérance des capitalistes de presse ait reculé. Dans la presse économique, même une ligne « iéconomie sociale de marché/i » est désormais bannie – quand bien même celle-ci n'était que pur affichage et correspondait davantage à une orientation classiquement néolibérale et pro-patronale, option « ideuxième gauche/i »span class="spip_note_ref" [a href="#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="D'après la présidente de la SDJ de Challenges, citée dans Stratégies (…)" id="nh3"3/a]/span./p
pDevant la commission d'enquête sur la concentration des médias, en 2022, Bernard Arnault s'était contenté a href="https://www.acrimed.org/Ballet-de-philanthropes-mediatiques-au-Senat"de déclarer/a qu'il serait « iextrêmement gêné/i » si ses rédactions se mettaient à défendre « il'économie marxiste/i »…/p
pOutre la maîtrise (et l'imposition) d'une ligne éditoriale, le quasi-monopole d'Arnault sur la presse économique lui permet également d'éteindre la critique contre ses marques avant même qu'elle ne naisse. Qui pourra critiquer LVMH quand toute la presse économique appartiendra à LVMH ? « iOn risque de devenir un outil de propagande au service [...] des intérêts du groupe de luxe/i », déclare la présidente de la SDJ de iChallenges/i, Delphine Déchaux, citée dans a href="https://reporterre.net/Le-milliardaire-anti-ecolo-Bernard-Arnault-rachete-Challenges-et-deux-journaux-scientifiques" class="spip_out" rel="external"Reporterre/a./p
pDe quoi approfondir encore les logiques repérées par le sociologue Julien Duvalspan class="spip_note_ref" [a href="#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Julien Duval, Critique de la raison journalistique, Seuil, 2004." id="nh4"4/a]/span : financiarisée, soumise aux logiques commerciales, ne s'adressant qu'à un lectorat de « décideurs » et de « CSP+ », la presse économique ne cherche plus (sauf dans ses marges) à expliquer le monde ou les rouages de l'économie : « iL'objet est moins d'informer des citoyens sur le système économique capitaliste dans lequel ils vivent que de donner à des individus les recettes pour évoluer au mieux à l'intérieur de ce système/i », disions-nous dans a href="https://www.acrimed.org/Journalisme-economique-40-ans-de-catechisme"notre chronique vidéo/a consacrée au journalisme économique./p
/br
h3 class='article_intertitres'L'économie « sérieuse »/h3
p/brC'est dans ce contexte d'écrasement du pluralisme de l'information économique que l'un des économistes français les plus en vue, Philippe Aghion, a cru bon de peser de tout son poids académique pour marginaliser le seul titre de presse qui incarne une ligne non-néolibérale, iAlternatives économiques/i. Auditionné devant le Sénat le 16 avril, le titulaire du prix de la Banque de Suède (frauduleusement présenté comme un « prix Nobel ») n'y est pas allé de main morte :/p
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pJ'ai refait complètement les programmes de SES. Avant, ils lisaient iAlternatives économiques/i. Maintenant, on fait de l'économie sérieuse au lycée. Je suis assez content d'avoir fait ça […]. Maintenant on a de vrais programmes d'économie et de SES dignes de ce nom. […] En économie, il y avait des gens qui voulaient que ce soit des trucs mondains, où on discutait des inégalités, ou de ci ou de ça./p
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pQue des enseignants aient jugé que les articles d'iAlternatives économiques/i soient suffisamment intéressants « ipour être le support de cours/i » est une chose insupportable pour M. Aghion. Dans sa a href="https://www.alternatives-economiques.fr/serieusement-monsieur-aghion/00118513" class="spip_out" rel="external"réponse/a (13/05), la rédaction d'iAlter éco/i écrit :/p
blockquote class="spip"
pÀ l'heure des plans sociaux massifs qui déciment les rédactions, au moment où les fake news envahissent l'espace public et où les milliardaires de droite et d'extrême droite enchaînent les rachats de médias, est-il vraiment sérieux, monsieur Aghion, de s'attaquer au dernier journal économique indépendant de France ?/p
/blockquote/br
centerstrong***/strong/center
p/brLe pluralisme de l'information économique est, on le voit, combattu à tous les niveaux : de l'organisation de la production à ses effets concrets dans la diffusion, si modestes soient-ils. Si, comme le prétend le Conseil d'État, « iaucun texte/i » n'existe pour interdire une telle concentration et démanteler un tel monopole sur l'information, alors il est urgent de les écrire. Les a href="https://www.acrimed.org/-Transformer-les-medias-Nos-propositions-"propositions/a et les exemples historiques ne manquent pas./p
p/brstrongJérémie Younes/strong/p/div
hr /
div class='rss_notes'div id="nb1"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="appendix"1/a] /span« Bernard Arnault : dans les médias, l'économie, c'est lui », a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120226/bernard-arnault-dans-les-medias-l-economie-c-est-lui" class="spip_out" rel="external"Mediapart/a, 12/02./p
/divdiv id="nb2"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="appendix"2/a] /spanL'article 22 du règlement 139/2004 du Conseil./p
/divdiv id="nb3"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="appendix"3/a] /spanD'après la présidente de la SDJ de iChallenges/i, citée dans a href="https://www.strategies.fr/actualites/medias/LQ5417486C/challenges-defend-son-independance.html" class="spip_out" rel="external"iStratégies/i/a (21/11/2025)./p
/divdiv id="nb4"
pspan class="spip_note_ref"[a href="#nh4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="appendix"4/a] /spanJulien Duval, a href="https://www.acrimed.org/Lire-sur-la-presse-economique-Critique-de-la-raison-journalistique-de-Julien"iCritique de la raison journalistique/i/a, Seuil, 2004./p
/div/div
Réflexions sur le combat antispéciste et la question de classe.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/les-mots-sont-importants"Les mots sont importants/a/b/div
Durement réprimée lors des manifestations du début de l'année, la société iranienne doit aussi faire face aux bombardements israélo-états-uniens sur le pays, pour l'instant suspendus. Elle compose avec leurs conséquences économiques, et tient une position complexe : réinvestir l'espace public tout en défendant l'intégrité souveraine du pays.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/orient-xxi"Orient XXI/a/b/div
La police de Rochester, dans l’État de New York, a suspendu deux policiers impliqués dans l’interpellation d’une enfant noire âgée de 9 ans et de sa mère. Les images de leurs caméras-piétons montrent qu’ils ont menotté la fillette et ont utilisé une bombe lacrymogène contre elle.
La plateforme de jeux vidéo en streaming du géant n’a pas eu le succès escompté. Conséquence : Google change la formule et ferme ses studios internes de développement.
Désarroi sur la Toile chinoise : ces derniers jours, les principaux réseaux sociaux du pays ont averti leurs utilisateurs que seuls les comptes disposant d’une licence ad hoc seraient désormais autorisés à publier des contenus originaux sur des sujets tels que la politique ou la défense.
Le ministère de l’Éducation chinois souhaite protéger les plus jeunes des effets négatifs des appareils mobiles, notamment sur la vue et l’attention. Une nouvelle loi interdit aux enfants l’utilisation du téléphone portable dans toutes les écoles du pays. Elle défend également aux professeurs d’y avoir recours en classe.
Neuf étoiles découvertes dans la galaxie Toucan II suggèrent qu’elle est plus grande qu’on ne le pensait et qu’elle contient davantage de matière noire.
L’association de défense des droits humains réclame que les vaccins contre le Covid-19 soient distribués dans l’ensemble du pays, notamment dans les zones du Nord-Est contrôlées par les Kurdes et échappant au pouvoir syrien.
Il est rarissime que le patron des services secrets français prenne la parole. Et c’est pour mettre en garde l’Afrique de l’Ouest que le chef de la DGSE, Bernard Émié, est sorti de sa réserve, le 2 février. Selon lui, après s’être enracinés au Sahel, les groupes djihadistes visent une expansion vers le Bénin et la Côte d’Ivoire. Une sortie qu’analyse emAujourd’hui au Faso/em.
Sous l’impulsion de son gouverneur républicain Ron DeSantis, l’État du sud-est des États-Unis a cherché àem “atténuer les risques liés à la pandémie comme les dommages économiques qui en découlent”./em Pour l’hebdomadaire conservateur emThe Washington Examiner/em, l’attractivité du Sunshine State, souvent décrié, n’a jamais été aussi forte.
La chancelière a donné une interview mardi soir à la télévision allemande pour rassurer l’opinion sur la stratégie vaccinale en Allemagne. Le quotidien populaire emBild/em s’insurge contre l’incurie du gouvernement.
Les instagrammeurs Julia Rose et Jack Tenney ont changé, lundi 1er février, deux lettres du célèbre panneau de Los Angeles pour y inscrire “sein” en lettres majuscules. Une action présentée comme une réponse à la censure, dont Julia Rose se dit victime sur le réseau social, ainsi qu’un message de sensibilisation au cancer du sein.
Le président américain a signé mardi 2 février un décret créant un groupe de travail chargé de réunir les familles de migrants séparées à la frontière avec le Mexique. Des centaines d’enfants, qui ont fait les frais de la politique migratoire très dure de Donald Trump, sont concernés.
Après l’échec des négociations pour confirmer Giuseppe Conte à la tête du gouvernement transalpin, le président de la République a fait appel à l’ancien président de la BCE pour bâtir un exécutif d’“union nationale”. Une mission qui s’annonce extrêmement compliquée.
Paris peut se permettre de formuler ouvertement ses critiques au projet de gazoduc quasiment achevé, explique le quotidien allemand emFrankfurter Allgemeine Zeitung/em. De fait, l’Hexagone dépend bien moins du gaz que ses voisins.
Depuis la première manifestation de soutien à l’opposant Alexeï Navalny le 23 janvier, des milliers de personnes ont été interpellées à travers le pays. Les administrations policière et judiciaire ne peuvent suivre un tel rythme, ce qui entraîne de graves entorses aux procédures et au droit, estime le journal d’opposition emNovaïa Gazeta./em
L’annonce de la condamnation de l’opposant russe Alexeï Navalny à trois ans et demi de prison, le mardi 2 février au soir, a fait éclater dans plusieurs villes russes des manifestations spontanées. Celles-ci ont été durement réprimées, comme le montrent les images relayées sur les réseaux sociaux, donnant parfois lieu à des altercations violentes entre les forces de l’ordre et les manifestants.
Dans le projet de loi de finances, présenté lundi 1er février, des enveloppes très importantes ont été réservées par le gouvernement Modi aux infrastructures des États où se dérouleront des scrutins régionaux au printemps.