On ne s'essouffle pas, le sentier est encore long.
§265
Ultime scepticisme _ Que sont donc en fin de compte les vérités de l'homme ? Ce sont les erreurs irréfutables de l'homme.
Encore un aphorisme court. Celui-ci m'a l'air tout à fait limpide. Je paraphrase : l'homme appelle vérité des erreurs dont il n'a pu établir qu'elles l'étaient. L'homme use d’une logique qui veut que puisque ce n'est pas faux - au sens démontré comme étant faux - cela est vrai.
Après réflexion, cette aphorisme me pose un problème de logique, il n'avait que l'apparence de la limpidité. Le terme "vérité" est à lire en un sens relatif : c'est ce qui est admis comme telle. L'erreur irréfutable est ce qui est admis comme vérité ( au sens précédent ). Passons à la logique :
A = B où B est la vérité et B l’erreur i.e la vérité est une erreur où vérité et non vérité ( erreur ) sont la même chose, ce qui semble incohérent mais une relecture rapide de l'aphorisme m'ouvre les yeux : Nietzsche n'écrit pas "vérité" mais les "vérités des hommes", ce qui relativise le terme, d’autre part il n’écrit pas « erreur » mais « erreur irréfutable ». Ces nuances doivent être ce qui lèvent l’apparente incohérence de l’aphorisme.
L’incohérence est l’égalité des deux opposés « vérité » et « erreur ». Comment les nuances apportées par Nietzsche corrigent-elles cette incohérence apparente ?
Les « vérités de l’homme » n’en sont pas nécessairement dans l’absolu. Elles ne le sont que tant qu’on a pas démontré qu’elles étaient des erreurs. L’ erreur est à prendre dans son sens premier : erreur qui en est une et qui le restera non pas comme les « vérités de l’homme » qui pourraient se transformer en erreur. Qu’est-ce qu’une « erreur irréfutable » ? Qu’est qu’une erreur réfutable ? C’est une vérité et donc ce n’est pas une erreur ( si on croit au principe du tiers exclu ) et donc la formulation « erreur irréfutable » désigne une erreur absolue… ce qui me fait penser alors que le sens donné au mot « erreur » dans cette aphorisme n’est pas « premier », absolu comme je l’indiquais ci-dessus.
Ce qui me fait penser que je me suis égaré dans un labyrinthe de réflexions stériles. Je n’ai pas la clé de cet aphorisme. Il m’échappe finalement. Je crois qu’il doit être interprété à la lumière de la formule d’introduction « ultime scepticisme ». J’ai l’impression d’avoir réfléchi, écrit dans le vide. Un coup pour rien. Je vous fais part tout de même de ce raté. Il y en aura peut-être beaucoup d’autres. Ils constituent le terreau de ma réflexion globale d’être humain, de poch’.
Commentaires
A douter des mots, j'en ai mal aux neurones...
Si ce que tu dis n'est pas vrai ou si tu te trompes incontestablement en le prouvant, alors ce que tu dis est vrai, et voila donc ou est la vérité...
Finalement je pense que tu te rapproche de la vérité quand tu dis "Je crois qu’il doit être interprété à la lumière de la formule d’introduction « ultime scepticisme »" et Personnellement, j'ai plutôt tendance à douter des mots quand il s'agit à travers eux de trouver la vérité... On se perd alors dans la signification des mots (vérité, erreur, irréfutable) et c'est bien la l'incohérence de Nietzsche, quand il utilise ces 3 mots en une seule phrase pour décrire et définir ce que sont les vérités des hommes. Ce qui est irréfutable, c'est que les erreurs sont des étapes qui nous rapprochent de la vérité, mais est-ce le seul chemin pour y parvenir ?
-- Topette
Paroles de sagesse
Ce sont des paroles de sagesse.
Et :
Je ne cherche pas la Vérité dans les mots... Ne suis même pas sûr de chercher la Vérité, qui pour moi est une "notion limite" - à préciser dans un prochain billet peut-être -.
Tu l'auras remarqué, la forme a presque plus d'importance que le fond, mais cette vieille dichotomie, je crois qu'elle n'a plus de sens pour moi aujourd'hui.
Sur cette aphorisme, je crois que je me suis enduit d'erreur. Pas grave je passe à côté de celui-ci. A charge pour d'autres de me remettre sur les rails.
disjonction et sagesse chinoise
N'ayant plus grand chose à voir avec la tentative de compréhension de cet aphorisme si ce n'est le lien entre dialectique, philosophie et sagesse, et disjonction du vrai et du faux, j'en ai profité pour explorer le net à la recherche de "Sagesse ou philosophie selon les sagesses chinoises" et plutôt que de le mettre en commentaire, en ai fait un billet.
-- Topette
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