Mis à jour : il y a 31 minutes 43 secondes
mer, 2026-02-25 09:44
« Il était grand temps que ça arrive » : le militant d'extrême droite interrogé par le média Lyon mag quelques jours après la mort de son camarade Quentin Deranque a du mal à cacher sa joie. Les militants d'extrême droite et néonazis qui se sont rués sur le drame n'ont pas non plus cherché à bien ajuster leur hommage puisqu'ils ont diffusé pendant plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, un visuel montrant un visage qui n'était pas celui de Deranque mais celui d'un militant RN des Pyrénées Atlantique qui a depuis porté plainte, sans que la diffusion de son portrait s'arrête pour autant. “L'hommage” à Quentin Duranque ainsi que les réactions politiques et médiatiques à sa mort se sont fait dans la précipitation, la précipitation de celles et ceux qui sont ravis qu'un tel événement survienne, car il leur a permis deux choses : d'abord, stigmatiser une fois encore la gauche incarnée par la France Insoumise. C'est-à-dire une gauche économiquement modérée – ce qui est insupportable à la bourgeoisie pour qui 2% de taxe Zucman est déjà intolérable – mais socialement très à contre-courant des récits dominants puisque ouvertement multiculturaliste. Mais surtout, en opérant cette stigmatisation et en lui donnant une nouvelle justification (l'extrémisme et la violence de ses partisans), ils blanchissent une bonne fois pour toute l'extrême droite et justifient ainsi une alliance des partis bourgeois avec elle. Le cordon sanitaire a été inversé : il est désormais placé contre la gauche, tandis que le RN et l'extrême droite ainsi victimisés sont accueillis à bras ouverts dans “l'arc républicain”.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Frustration magazine/a/b/div
jeu, 2026-02-19 10:03
On parle d'inversisme, c'est-à-dire un processus d'inversion des valeurs qui s'est petit à petit installé dans une forme de normalité, en banalisant les formes de discours qu'on ne questionne plus car elles feraient partie du sens commun. C'est ce que le philosophe Antonio Gramsci appelait la philosophie des non-philosophes. Ce processus d'inversion des valeurs s'inscrit dans un tournant qui a lieu dans les années 1980. Ce n'est alors plus la solidarité collective qui est valorisée, mais les responsabilités individuelles qui deviennent un mantra. « There is no such thing as society » (« la société n'existe pas »), affirmait Margaret Thatcher. C'est le moment d'émergence du révisionnisme, qui impose une relecture de l'histoire des opprimés et des luttes sociales. br /« Vouloir catégoriser l'antifascisme comme terroriste, c'est attaquer ce que ce mouvement représente : les droits démocratiques, la justice sociale et la solidarité avec les migrants » br /Dans les discours publics et politiques, cette inversion des valeurs a été favorisée par le fait que les mots ont été peu à peu vidés de leur sens. Le terme de « liberté » ne fait par exemple plus référence à la liberté des peuples, chèrement acquise, mais à celle des multimillionnaires qui dictent de plus en plus les règles du jeu. Elle est devenue un signifiant vide dont l'extrême droite peut se saisir. Ce processus de réécriture de la langue et de l'histoire a pleinement cours aujourd'hui.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/basta"Basta !/a/b/div
mer, 2026-02-18 18:23
Pour l'auteur, l'extrême droite a imposé à la ville un niveau de violences qui nécessite une réponse « par tout le monde ». « Le Planning familial ou un groupe de lesbiennes sont obligés de se former au service d'ordre ou à modifier leur parcours de manifestations en prévision d'actions de l'extrême droite. La question de l'autodéfense s'est posée pour tout le monde, ce n'est pas qu'une affaire d'antifas », détaille l'auteur. br /Car oui, en parallèle, la confrontation physique est également utilisée par certains et les affrontements existent, comme Terres de luttes l'explique. Dans les années 1990, c'est le Scalp. En 2013, la Gale émerge après la mort de Clément Méric, puis la Jeune Garde, en 2018. « Tous ces mouvements antifas ont été créés en réaction au fascisme, c'est dans leur nom. Les villes sans extrême droite ont très peu de présence antifasciste. Ces groupes se montent uniquement là où l'extrême droite agit », remarque Romain Jeanticou.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"20 Minutes/a/b/div
mar, 2026-02-17 21:08
De manière purement statistique, on ne saurait en toute bonne foi mettre dos à dos les collectifs antifascistes et d'extrême droite. Selon la chercheuse Isabelle Sommier, entre 1986 et 2021, sur 53 meurtres à caractère idéologique, 9 sur 10 étaient le fait de l'extrême droite. (Ce type d'assassinat constitue 13 % des violences politiques, qui restent dominées à 70 % par les attaques meurtrières perpétrées par des islamistes, concentrées pour plus du tiers sur l'année 2015). br /“Si les coups portés à Quentin Deranque ont été commis par des groupes antifascistes en raison de ses opinions politiques, ce serait la première victime d'un groupe de gauche depuis Action Directe dans les années 1980”, souligne par ailleurs la sociologue dans une interview au Nouvel Obs. br /Elle précise que le camp progressiste a davantage recours à des actions de type “vandalisme” et “affrontements avec les forces de l'ordre”, tandis que l'extrême droite est adepte “des agressions racistes, homophobes ou contre des adversaires politiques”. br /De quoi démentir l'affirmation de Marion Maréchal, selon laquelle “la violence d'extrême droite est dérisoire” et qu'elle “n'existe pas dans notre pays” (sur BFMTV, ce mardi 17 février). br /À l'inverse, LFI – qui a pourtant condamné “la violence physique d'où qu'elle vienne” – est désormais attaquée de toutes parts, accusée d'avoir attisé la violence ayant mené à la mort de Quentin Deranque. Un peu partout, on peut lire que LFI est dans “l'engrenage de la violence” (L'Opinion) ou encore qu'il existe “une complaisance de LFI pour la violence politique” (Gérald Darmanin, sur RTL).
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Bon pote/a/b/div
dim, 2026-02-15 10:39
« Il est important de préciser que l'envoi de la lettre des députés Renaissance au ministre est intervenu après que, sur le réseau social X, plusieurs comptes ont relayé la fausse nouvelle à partir du 8 février, rappelle Patrick Zahnd, président de Juristes pour le droit international. Tel est notamment le cas des comptes de Mme Caroline Yadan, première signataire de la lettre et de Mme Shannon Seban. » br /Les deux élues sont notamment visées par le signalement, pour avoir « persévéré dans leurs affirmations fallacieuses », malgré la rediffusion du passage de Francesca Albanese dans son intégralité sur X. Les juristes derrière le signalement estiment donc que les députés signataires de la lettre, le ministre des Affaires étrangères et plusieurs médias sont fautifs de « délit de diffusion de fausse nouvelle », comme expliqué dans l'article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette dernière prévoit une amende qui peut aller jusqu'à 45 000 euros.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/l-humanite"L'Humanité/a/b/div
mar, 2026-02-10 10:04
img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://rezo.net/local/cache-vignettes/L107xH120/arton249668-3cb3d.jpg?1770710797' width='107' height='120' /
« Nous optons pour un antifascisme de masse parce que l'histoire nous montre que le fascisme n'a pas besoin de l'adhésion active d'une grande majorité, il lui suffit que la résistance fasse défaut. La désobéissance civile nous permet de devenir un obstacle concret, massif et direct à sa montée. C'est quelque chose de très palpable que j'ai moi-même ressenti lors des blocages à Giessen, lorsque j'étais entouré de milliers de personnes et que, face à nous, les nazi·es ne passaient pas. Cela permet à chacun·e de prendre conscience de sa propre puissance et de continuer à s'engager. De plus ces actions envoient un signal fort à la société : des milliers de personnes sont prêtes à faire un pas supplémentaire dans la lutte contre l'extrême droite en s'y opposant avec leur corps et en dépassant le cadre légal. En ce qu'elles sont facilement compréhensibles et accessibles pour les personnes qui n'ont jamais manifesté, ces actions peuvent toucher beaucoup de monde. »
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/ce-qu-il-faut-detruire"CQFD/a/b/div
sam, 2026-02-07 18:53
Même lorsqu'un tribunal reconnaît le bien-fondé de la demande d'un auteur âgé, l'organisme fait appel, prolongeant de plusieurs années une procédure déjà éprouvante. « Que signifie faire appel contre un auteur de 85 ans ? interroge un auteur proche du dossier. Espérer que le temps fasse son œuvre ? Que la fatigue, la maladie ou la mort mettent fin au litige ? C'est ignoble. »
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Actualitté/a/b/div
ven, 2026-02-06 09:57
L'utopie, à mon sens, n'est pas une représentation mais une opération visant à révéler les limites de notre propre imagination du futur, les lignes que nous ne semblons pas capables de franchir en imaginant des changements dans notre vie et notre monde (sauf dans le sens de la dystopie[2] et de la catastrophe). br /S'agit-il alors d'un échec de l'imagination, ou bien d'un scepticisme fondamental quant aux possibilités du changement en tant que tel, indépendamment du caractère désirable des visions de ce vers quoi le changement est censé aboutir ? Plutôt qu'à l'appauvrissement de notre propre sens du futur, ou à l'affaiblissement de la pulsion utopienne, ne touchons-nous pas là à ce qu'il est convenu d'appeler la raison cynique ?
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"Contretemps/a/b/div
ven, 2026-01-30 16:04
En 2023, de retour aux États-Unis, il décroche un poste d'acheteur dans une entreprise de Lancaster (Pennsylvanie), liée à l'exploitation minière. Dès l'entretien, le ton est donné : « J'ai eu du mal à expliquer au DRH que j'avais passé 4 ans en Europe », raconte-t-il. « Là-bas, c'est suspect. » Au travail, ses collègues le surnomment vite « le traître ». « Au début, c'est pour déconner. On m'a même demandé sérieusement si je n'avais pas passé ces dernières années en prison, et si je ne me serais pas inventé des voyages en Europe pour brouiller les pistes. » Un jour, dans l'open space, Matthew téléphone à un confrère québécois. « Par courtoisie, je lui parle en français. C'est sa langue maternelle et moi je la pratique. Prétextant un obscur règlement interne, mon boss me signifie qu'au boulot, il est interdit de parler une autre langue que l'américain. Les quolibets suivent. On me dit qu'il faut vraiment être un sacré con pour apprendre le français. La France ? Savent-ils seulement où ça se trouve ? » br /Quelques mois plus tard, le même boss demande à Matthew d'espionner un concurrent dans le cadre d'un appel d'offre. Après tout, puisque Matthew est un « traître », il saura bien en trouver un autre en face pour lui soutirer des infos. Matthew refuse au nom de « ses valeurs ». Licenciement immédiat. Exit la brebis galeuse.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/dans-la-presse"Dans la presse/a/b/div
jeu, 2026-01-29 10:03
En octobre 2024, la Quadrature et 14 autres associations ont déposé un recours au Conseil d'Etat pour faire reconnaître l'illégalité de l'algorithme utilisé par la CAF (elles sont désormais 25 et la Quadrature a rendu disponible son mémoire). Le Défenseur des droits qui a été interrogé par le Conseil d'Etat en octobre a produit des observations (non publiées) dans lesquelles le Défenseur parle de présomption de discrimination et estime que la CAF n'a pas démontré l'absence de discrimination indirecte à l'encontre de populations protégées. Mediapart, rapporte les constatations du Défenseur qui estime que le traitement algorithmique : « paraît produire un surcontrôle des populations les plus précaires et donc constituer une différence de traitement fondée sur la particulière vulnérabilité économique. Une présomption de discrimination indirecte semble établie ». br /Les indus sont souvent liés à des erreurs de déclaration plus qu'à de la fraude. En 2022, la CAF indiquait que sur l'ensemble 100 milliards de prestations, il y avait un peu moins d'un milliard d'indus retrouvés et 350 millions de fraude constatés, ce qui, proportionnellement à la surveillance générale de la population produite par ce scoring, semble un résultat assez anecdotique. « L'algorithme va chercher là où c'est le plus efficace d'aller trouver des indus, c'est-à-dire là où les prestations sont complexes », rappelle Le Querrec, donc cible les personnes les plus précaires, celles qui dépendent d'un faisceau d'aides pour survivre.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/spip.php?page=rubriqueid_rubrique=0"Dans les algorithmes/a/b/div
mer, 2026-01-28 20:51
From the founding of America, gun laws were written in racially tinged ink. In the colonial South, militias and slave patrols were created to control Black people and suppress rebellion. As early as 1704, organized slave patrols roamed Southern colonies, arming white men and tasking them with the perpetual surveillance and disarmament of enslaved populations. By the mid-18th century, this system was codified into law: As legal historian Carl Bogus recounts, between 1755 and 1757, Georgia law required every plantation's armed militia to conduct monthly searches of “all Negro houses for offensive weapons and ammunition.” br /Gun ownership in America did not initially materialize as a personal right to self-defense so much as an underpinning of white security. As slave revolts spread across the Atlantic world — culminating in the first successful Black revolution in Haiti — lawmakers moved to further codify these fears. Colonial statutes explicitly barred Black people from keeping or carrying weapons, embedding racial hierarchy directly into early American gun policy. As historian Carol Anderson told Democracy Now, each slave revolt triggered “a series of statutes that the enslaved, that Black people, could not own weapons.”
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/en-anglais"The Intercept/a/b/div
sam, 2026-01-24 21:22
Dites et pensez ce que vous voulez de l'université mais gardez en tête que tout cela concerne d'abord vos enfants. Trois millions d'entre eux. Le monde dans lequel vos gosses (et les miens) vont devenir des adultes n'aura plus rien de commun avec celui que nous avons connu. Dérèglement climatique, conflits internationaux, escalades militaires, brutalisation des démocraties et des institutions, désinformation massive, arrivée au pouvoir de régimes autoritaires, illibéraux, montée des nationalismes et des fascismes. Donc on ne va pas seulement avoir besoin de discipliner les corps via la remilitarisation qui s'annonce, mais on va aussi avoir besoin, et besoin comme jamais d'avoir des gens capables de réfléchir et de penser le monde, leur monde, avec toute la distance et les connaissances que cela implique.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"affordance.info/a/b/div
sam, 2026-01-24 09:57
Le risque n'est pas une disparition du travail, mais une expansion continue de la production dans un contexte où la demande solvable n'augmente pas au même rythme, voire se contracte sous l'effet même de l'automatisation et de la compression de la masse salariale. L'économie peut produire toujours plus, mais rien ne garantit que les revenus, et donc la capacité d'achat, suivront. Ajoutons enfin l'hypothèse classique selon laquelle une part des profits procède du travail humain. On voit dès lors comment sa disparition, si elle devait s'étendre à l'ensemble de l'économie, finirait par miner la possibilité même de leur réalisation.
div class='source'Source: ba href="https://rezo.net/sources/releve-sur-le-net"CONTRETEMPS/a/b/div